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Le Pouvoir , la Violence et le sacré
chapati a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans Philosophie
Désolé DroitDeRéponse, mais il m’est impossible de raisonner en faisant comme si le sacré primitif pouvait dire le même type d’émotion que le sacré de la révolution (et autre). Ainsi pour moi ça n’a pas de sens de disserter du remplacement (ou pas) du sacré par le politique (puisque le second sacré n’a me semble-t’il en rien recouvert ou prolongé au premier). Je ne sais pas duquel on parle. Pour les questions en suspens, je pense avoir répondu à la troisième, à savoir celle concernant en quoi procède la crise du politique. Répondu en parlant de la schizophrénie du rapport aux mots qui semblent aujourd’hui faire office de sens (tout comme le second sacré prétend le faire). Il faudrait ensuite bien sûr ajouter ce que tout le monde sait, à savoir que le politique ne peut être qu’en crise puisqu’il ne gouverne plus grand chose, en tous cas pas la main-mise de la finance sur l’économie du monde, et surtout n'a pas même le moindre projet de société à nous soumettre. Le monde de la finance se comporte comme le pire des dictateurs, affamant et détruisant tout ce qui pourrait faire obstacle à sa religion à lui : le fric, le fric, le fric en guise de trinité. En ce sens on ne peut reprocher à Hollande d’avoir laissé parler son cœur, d’ailleurs dans un beau discours qui, j’en ai peur, restera le point culminant de son quinquennat. Et quand je lis ici des jeunes (et d'autres) le traiter de menteur, qu’ils sachent quand même que les autres aussi le sont, puisque à vrai dire ils n’ont pas le choix (et nolibar n’a pas si tort que ça) : il faut baratiner les gens, et en particulier la jeunesse, pour la pousser à voter... et le baratin, le fait est que ça marche ! En clair, ça veut dire que si Hollande n’avait pas fait ce genre de discours, il n’est pas exclu qu’il n’ait pas été élu, tout simplement. À ce stade, je dois aussi répéter que quand on choisit pas les bons candidats à chaque primaire, il ne faut pas s’étonner d’avoir la classe politique qu’on a... ce qui montre les déficiences de la démocratie actuelle et le spectacle pitoyable qu’elle nous offre. C’est un cercle vicieux, les gens votent idéologique, croient à des mots qui ne répondent pas aux vrais problèmes, et la classe politique tout autant que les autres. Manque un peu d’intelligence philosophique pour remettre les pendules à l’heure, et là encore les médias sont accaparés par des guignols. Autant dire que je ne suis pas optimiste pour sortir de ce merdier, et que je n’ai pas de réponse à votre dernière interrogation sur comment surmonter la crise politique. De quoi procède le pouvoir ? J’ai différencié plus haut le croyant et l’homme de raison en nous (sans me prononcer pour l’un ou l’autre). Le pouvoir en tous cas devrait procéder de la raison du peuple, et ce n’est pas plus le peuple qu’une soi-disant "élite" qui déconne avec les mots, tous sont à mettre dans le même sac. À part ça donc, c’est-à-dire si on formulait les vraies questions et non des ersatz idéologiques à la place, je ferais alors beaucoup plus confiance au peuple pour y réfléchir, et donc pour voter de façon responsable. Mais vu que tout le monde est focalisé sur des mots qui en plus (!) se sont enferrés eux-même dans des impasses idéologiques, on n’est pas sorti de l’auberge. Enfin le sacré (dans le sens primitif) a-t-il vraiment été évacué de nos sociétés ? Sans doute pas vraiment mais c'est bien difficile de répondre. Mais peut-on voire doit-on, aurait-on du l’évacuer complètement ? Ce que j’en pense, c’est que de toutes façons les résidus qu’il pourrait en rester ne recouvrent plus les émotions premières. Quant à démêler de ces émotions assez lointaines ce qui pour nous pourrait encore faire du sens ou pas, on peut bien en parler, mais ça risque de durer un moment... -
Le Pouvoir , la Violence et le sacré
chapati a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans Philosophie
En fait, je ne comprends pas bien où va ce fil, ni quelle est la question qu’il pose. Aussi je vais prendre un dernier exemple et tenter de le commenter. Peut-être alors le sujet m’apparaîtra plus clairement... Vous dites (DroitDeRéponse) : la question est de savoir si cette perte du sacré vient du pouvoir ou du "Monde". J’ai déjà noté que le sacré n’a pas été ici défini de façon claire, et rappelé que pour moi c’est un sentiment très ancien (primitif, soit d’avant les religions) qu’il est difficile de faire coïncider avec les rares valeurs actuelles dites elles aussi "sacrées", qui semblent plus des évolutions culturelles que des résidus de mémoires ancestrales. Aussi ai-je envie de répondre que la perte du sacré me semble être une conséquence plutôt naturelle de la religion : en nommant, c’est-à-dire explicitant (ou "gérant", comme vous le dites) le sentiment du sacré, elle en a fait une représentation mentale, et donc en bute à la raison, alors que celle-ci est aux antipodes de ces émotions primitives. Bref, en faisant passer le registre du sacré vers la représentation, l’homme a rapporté des peurs, des croyances émotionnelles sur le registre du langage, et s’est enfermé et enferré dans le registre des mots. Les mots étant en général impuissants à résoudre les interrogations mystiques de l’humanité, il n’y a rien d’étonnant à ce que leur usure ait dans ce registre aussi fait son office, et que les religions aient aujourd’hui un temps de vie semble-t-il plutôt compté. C’est en tous cas mon explication sur le pourquoi de la perte du sacré : on est passé d’une croyance envers les émotions à une autre envers les mots, et passé l’adhésion à un imaginaire religieux riche en perspectives diverses (et particulièrement intellectuelles), le soufflé commence à dégonfler. (je ne vois pas particulièrement ce que vient faire le politique là-dedans) -
Le Pouvoir , la Violence et le sacré
chapati a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans Philosophie
Effectivement. C'est vrai que mon acception habituelle du sacré part d'avant la religion pour plus ou moins disparaître à la fin de celle-ci. Je n'ai pas imaginé un "sacré" actuel... Cependant, vous vous appuyez plus haut sur Zarka en disant que pour lui, le politique "se substituerait au théologique". Et là encore, je ne vois pas bien comment, au niveau individuel, le citoyen en nous pourrait se substituer à l'individu religieux, pourrait comme "prendre sa place". À mon avis, on a affaire à deux facettes très différentes de l'humain. ... mais cela relève peut-être de la même cause. : il est vrai que j'ai du mal à percevoir ce qu'il reste de sacré dans notre civilisation. (ceci dit, j'attends avec intérêt la suite de votre intervention avec Gauchet, que je n'ai pas lu) -
Le Pouvoir , la Violence et le sacré
chapati a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans Philosophie
En ce qui me concerne, j'avoue avoir du mal à voir comment on passerait du sacré au politique. Du sacré à la religion, c'est jouable. La représentation joue le rôle d'explication, de levier de compréhension, tout en préservant la dimension de la croyance. A la fin du religieux, il me semble que c'est la morale qui assure un fil conducteur de transcendance qui préserve vaguement la dégradation du fort sentiment collectif établi par le religieux. Mais que vient faire le politique là-dedans ? Du temps des rois peut-être, c'est peut-être discutable. Mais aujourd'hui ? Aujourd'hui, il me semble que chacun est installé plutôt en conscience dans son rôle de citoyen, et je ne vois pas bien en quoi le politique serait sacralisé... ou alors à la même échelle que le joueur de foot ou la star du show-biz. Bref, tout ça me paraît assez loin du sacré. Quant au bouc émissaire, il n'y a pas besoin de bouc émissaire pour se rendre compte qu'on se fait rouler dans la farine. Maintenant la responsabilité en incombe-t'elle au politique, ça semble plus compliqué que ça : au système capitaliste serait plus juste (et aux insuffisances de la démocratie sans doute aussi). Sinon, j'ai rien contre cette idée du bouc émissaire qui me semble intéressante, mais de là à devoir s'octroyer la responsabilité des errements actuels du politique, il faudrait être maso quand même ! On est surtout dans un système complètement bouffé par le populisme où rien ne semble à même de suppléer la bêtise ambiante qui choisit (aux primaires de gauche par exemple, c'est flagrant) les marchands de vent plutôt que les rares types sérieux. Et les gens sont tellement cons que quand ils tiennent un type qui fait plutôt du bon boulot (je pense à Jospin), ils le foutent dehors en demandant la lune... complètement amnésiques. La lune ils risquent de se la prendre de face un de ces quatre avec MLP, puisqu'ils ont aussi oublié d'où celle-ci vient ! -
Le Pouvoir , la Violence et le sacré
chapati a répondu à un(e) sujet de DroitDeRéponse dans Philosophie
Aubry a assez bien résumé la situation : Sarkozy a détruit la République, et nous on a détruit le politique.
