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Maroudiji

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Tout ce qui a été posté par Maroudiji

  1. Maroudiji

    la vie ne m'apprend rien

    On croirait entendre paraphraser J. Attali sur la chance que la technologie et la science offrent de merveilleux comme perspective d'avenir aux jeunes. "Le meilleur est le plus probable" titrait-il un de ses billets dans L'Express. Un des slogans favoris des progressistes comme lui c'est de clamer haut et fort les statistiques qui prouvent que la durée de vie des humains augmente. "Ne boudons pas notre plaisir.", conclut-il. Et là, j'aurais placé une image d'habitude, que je n'ai pas sous la main. C'est un gars qui s'écrase un cornet de crème glacée sur la tête.
  2. Désolé pour la mise en page, je n'ai pas la latitude pour mieux faire... C'est au sujet de mes commentaires sur la Bhagavad-gita, que vous pouvez retrouver pour la plupart sur mon blog. Merci pour votre attention. « Le Seigneur Bienheureux dit : J'ai donné cette science impérissable, la science du yoga, à Vivasvan, le deva du soleil, et Vivasvan l'enseigna à Manu, le père de l'humanité. Et Manu l'enseigna à Iksvaku. » Après avoir résumé ce chapitre, le quatre, je reviens au premier verset pour attirer l’attention sur le yoga et la notion de temps, tels que l’envisageaient les sages de cette lointaine période: là, le début de l’humanité se calculait en centaines de millions d’années. Et ils s’y connaissaient en calcul, ces indiens. Leur notion change toute la vision que l’on porte sur le monde. En Europe, pendant des siècles, influencés par la Bible, nous étions convaincus que le monde était apparu il y a quelques milliers d’années seulement. Cette conception était si naïve et inculte qu’on pouvait les compter sur les doigts des deux mains. Quoi que nous ayons parcouru beaucoup de chemin depuis, la difficulté à nous extirper de ce paradigme restrictif demeure palpable. Le yoga n’a pas été inventé il y a 2500 ans, comme veulent nous le faire accroire les indianistes qui étudient l’Inde à partir de leur fascination pour la Grèce ou le modèle bouddhiste, sans parler de ces érudits chrétiens qui cultivent une répulsion pour le paganisme et le polythéisme. Le yoga, ne leur en déplaise, existe depuis la nuit des temps, du moins depuis le début de l’humanité. Dans ce verset Krishna dit imam vivasvate yogam, cette science du yoga (que reçut) Vivasvan. Notez le prochain vers qui accentue l’aspect personnel de la relation entre ces êtres exceptionnels : proktavan aham avyayam. aham signifie ‘je’, proktavan ‘instruisis’ et avyayam ‘impérissable’. Ce verset explique clairement que la transmission du savoir entre le déva du soleil et Manu se fit oralement et de personne à personne. praha, dans l’avant dernière ligne, se traduit également ‘dit’. Le dernier vers nous révèle que Manu transmit la science du yoga au roi de la terre, Iksvaku. Pour formuler cette idée Krishna utilise à nouveau le verbe abravit, ‘dit’. Quatre fois ce verset exprime l’idée de transmission par des verbes qui ont un sens individuel et personnel : uvaca, proktavan, praha et bravit. Il y a deux façons d’appréhender le monde; au moyen d’une révélation provenant d’une source qui nous est extérieure, comme livrée sur un plateau, ou par nos propres efforts, à l’aide des sens et du mental; une méthode qui a culminé dans le slogan ni maître ni dieu. La Bhagavad-gita nous apprend qu’à l’origine le yoga, cette science qui traite de la relation de l’homme avec le divin, a été enseigné par le dieu du soleil, qui l’avait reçu de Dieu. Cette science du yoga arriva par transmission orale jusqu’ à Manu, le premier homme, le père de l’humanité. Et ainsi il parvint jusqu’à nous. Mais, toujours selon la Bhagavad-gita, ce savoir peut devenir difficile d’accès à cause des affres du temps et autres phénomènes négatifs. L’homme lui-même n’étant pas étranger à cette réalité ; en maintes occasions il s’est acharné à l’éradiquer de la surface de la terre. Les monothéistes, par exemple, ne toléraient pas ce genre de connaissance. « Savoir suprême, transmis de maître à disciple, voilà comment les saints rois l'ont reçu et réalisé. Mais au fil du temps, la succession disciplique s'est rompue, et cette science (le yoga), en son état de pureté, semble maintenant perdue. » (2) L’enseignement laïc et moderne fait remonter la source du savoir philosophique aux Grecs, notamment à l’éminent Thales. Ce savoir avait été une acquisition spéculative et empirique. Il dérivait surtout de l’observation des faits. Et de matérialiste il devint résolument athée, bien que pendant presque 2000 ans il fut imprégné des croyances religieuses des monothéismes aux racines judaïques. Il y a donc deux visions fondamentales du monde qui se sont toujours affrontées. L’une affirme que l’esprit génère la matière et l’autre tout le contraire. C’est cette dernière qui s’est imposée officiellement, la matière produisant la conscience. La technologie lui a donné des ailes. La conséquence directe de cette position a été une ignorance et un désintérêt quasi total pour la conscience et ses symptômes. Aujourd’hui, au 21e siècle, on mesure un peu mieux le gouffre que cette lacune a causé. On en est par exemple encore à se demander si les animaux en ont une véritablement, comme autrefois on se demandait si les femmes avaient une âme… Et ne parlons même pas des plantes, encore moins des rivières ou des océans, des montagnes ou des planètes ! Bref, les savants ignorent presque tout de la conscience. Du yoga et de l’âme.
  3. Madeleine Biardeau, sur la composition du Mahabharata : « Pour moi, il est l’œuvre d’un poète probablement unique. » Quelle autre nation a jamais produit une telle création, aussi gigantesque, en vers de surcroît ? Mais aujourd’hui, des milliers d’années plus tard, cet accomplissement artistique et spirituel, d’une importance anthropologique incontournable, ne semble guère impressionner grand monde, on préfère l’ignorer. David Hume écrivait (1757): « Toutes les parties de l’univers sont pour ainsi dire d’une seule pièce. Tout est ajusté à tout. Il y a un ajustement symétrique de toutes les choses qui le constituent. Un seul dessein règne partout. Et cette uniformité conduit l’esprit à reconnaître un auteur unique ; car la conception de plusieurs auteurs avec les mêmes attributs et la même action ne fait qu’embarrasser l’imagination et la rendre plus perplexe sans satisfaire l’entendement. » L’histoire naturelle de la religion.
  4. « Ceux qui vouent leur culte aux dévas renaîtront parmi les dévas, parmi les spectres et autres esprits ceux qui vivent dans leur culte, parmi les ancêtres les adorateurs des ancêtres; de même, c'est auprès de moi que vivront mes dévots. » (25) Rien n’est laissé au hasard dans la cosmogonie hindoue. Les innombrables espèces qui y sont mentionnées, comme ici les spectres et autres esprits, les Pitas par exemple, qui sont les ancêtres, ou alors les gobelins et les fantômes, entre autres, aussi bizarres soient-ils, ont leur raison d’être, et leurs origines et leurs rôles sont expliqués avec force détails dans les écrits tels les Puranas. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler dans le prochain chapitre. Dieu, en tant que père de tous les êtres, ne favorise personne, encore moins une classe, il est impartial. Peu importe la situation de l’âme conditionnée, « fut-elle de basse naissance, une femme, un paysan ou même un sudra », la Gita explique que Dieu portera cependant une attention particulière à celui ou à celle qui cherche à prendre refuge en lui, même s’il a été un grand pécheur. Il en donne la preuve on ne peut plus claire, qui s’inscrit en faux avec les rituels védiques : « Que l’on m’offre, avec amour et dévotion, bhaktya, une feuille, une fleur, un fruit, de l’eau, et cette offrande je l’accepterai. » (26) « Que dire alors des brahmanas, des justes, des bhaktas et des saints rois, qui, en ce monde éphémère, en ce monde de souffrances, me servent avec amour et dévotion. » (33) Et du même souffle, Krishna conclut ce chapitre sur cette exhortation : « Emplis toujours de moi ton mental, deviens mon dévot, offre-moi ton hommage et voue-moi ton adoration. Parfaitement absorbé en moi, certes tu viendras à moi. »
  5. Krishna tient donc, encore une fois, à clarifier les choses. Il dit : « Mais c'est moi qui suis le rite et le sacrifice, l'oblation aux ancêtres, l'herbe médicinale et le mantra. Je suis et le beurre, et le feu, et l'offrande. De cet univers, je suis le père, la mère, le soutien et l'aïeul. Je suis l'objet du savoir, le purificateur et la syllabe Om. Je suis également le Rig, le Sama et le Yajus (les trois Védas). Je suis le but, le soutien, le maître, le témoin, la demeure, le refuge et l'ami le plus cher. Je suis la création et l'annihilation, la base de toutes choses, le lieu de repos et l'éternelle semence. Je contrôle la chaleur, la pluie et la sécheresse. Je suis l'immortalité, de même que la mort personnifiée. L'être et le non-être, tous deux sont en moi, ô Arjuna. C'est indirectement qu'ils m'adorent, les hommes qui étudient les Védas et boivent le soma (la boisson de l’immortalité), cherchant ainsi à gagner les planètes de délices. Ils renaissent sur la planète d'Indra, où ils jouissent des plaisirs des dévas. Quand ils ont joui de ces plaisirs célestes, quand leurs mérites se sont épuisés, ils reviennent sur cette Terre mortelle. Un bonheur fragile, tel est donc, après avoir suivi les principes des Védas, le seul fruit qu'ils récoltent. » (16 à 21) Tous les chemins mènent à Rome, dit-on souvent, ainsi toutes les voies conduisent à Dieu, ultimement. Mais le temps est déterminant, car la frustration, la souffrance et le mal-être lui sont concomitants, sachant qu’il faut plus de temps pour parcourir certaines voies que d’autres. Et tant que l’on ne connaît pas Krishna et ses désirs, la quête s’avérera longue et difficile.
  6. Il peut se passer de béquilles, notre ami ! Mais il ne peut même pas se passer d'air ou d'eau mais notre superman peut se passer de béquilles. Si c'est pas marrant ! Alors, t'es devenu plus cool quand tu te rends à la cafétéria ? Tu acceptes finalement l'idée que tout le monde ne veut pas "bouffer" de ton porc ?
  7. Et qu'est ce qu'il fait alors au lieu de prier, il tire un dernier coup avec sa voisine, si elle veut bien ?
  8. C’est par lui, Krishna, que ce monde et sa diversité sont possibles. La nature entière agit sous sa direction, et il en est la source. Par son ordre, elle est créée, puis anéantie, dans un cycle sans fin. Tous les êtres sont en lui, mais l’inverse n’est pas vrai : personne, aucune chose, ne peut le contenir. Et quoi que fasse Dieu, ses actes ne sauraient le lier : « À jamais détaché d’eux, j’y demeure comme neutre. » (9) « Les sots me dénigrent lorsque sous la forme humaine je descends en ce monde. Ils ne savent rien de ma nature spirituelle et absolue, ni de ma suprématie totale. » (9-11) Ces gens égarés chérissent des vues démoniaques et athées. Ils ne croient pas en l’âme, seul le corps est réel. Le monde, pensent-ils, leur appartient et ils n’ont aucun devoir ou sacrifice à rendre envers lui ou Dieu. Pour eux, l’Univers n’est qu’un objet, exploitable à souhait, contrairement aux croyants, aux grandes âmes, que l’on désigne par le vocable de mahatmas, et qui remercient constamment le Seigneur par leurs actes et leurs prières. (14) Entre les athées et ces grandes âmes, il y a toute une variété de spiritualistes qui adorent le Suprême d’une manière ou d’une autre, par exemple sous sa forme universelle -le panthéisme, ou dans sa conception moniste ; là, Dieu est perçu comme l’existence unique ; en dernier ressort, ces spiritualistes s’identifient à lui : l’Âme suprême et l’âme infinitésimale ne faisant plus qu’une.
  9. Persévére, cela te fera sûrement beaucoup de bien.
  10. Chapitre 9 Arjuna possède une qualité indispensable à la compréhension de cet éminent savoir tel qu’enseigné dans la Bhagavad-gita : il ne nourrit aucun ressentiment envers Dieu, en tant que Personne suprême ; Arjuna est anasuyave, dénué d’envie, de jalousie. Par conséquent, il est qualifié pour recevoir la sagesse la plus secrète, cette science royale susceptible de le délivrer de ce mal omniprésent et inhérent au monde matériel. De plus, ce secret d’entre les secrets, raja-guhyam, cette voie qui mène à la perfection des actes et de la pensée est d’application facile et joyeuse, susukham. Mais, insiste Krishna, une telle personne doit avoir la foi, sinon son initiative consistant à atteindre à la plus haute vérité sera vouée à l’échec, mrityu-samsara-vartmani, elle restera prise dans la roue des morts et des renaissances.
  11. Il faut dire deux mots sur ces deux états que sont le brahman et le Brahman avec majuscule, une notion qui mène à beaucoup de confusion. Dans le premier cas, toute âme est brahman ; brahman et atman sont quasiment synonymes. Théoriquement, puisque la vie est brahman et qu’elle est partout, tout est brahman. Brahman, avec une majuscule, est l’état suprême d’éternité, sans l’influence de l’énergie matérielle, que les âmes atteignent après s’être extirpées de leur condition karmique. Krishna dira dans le 14e chapitre brahmano hi pratistaham (27) : « Car c’est moi, le fondement du Brahman. » Yoga et méditation, pratiqués sérieusement, permettent de réaliser que toute la manifestation cosmique, et les êtres qui la peuplent, tels les dieux sur les planètes supérieures, n’est qu’un aspect du Seigneur suprême, en l’occurrence Krishna, l’instant de la mort étant le test final : la pensée à ce moment-là doit être concentrée sur Dieu car c’est ainsi que l’on entre le monde spirituel. Un fois ce test réussi, jamais on ne revient ici-bas, ce lieu de souffrance, aussi édénique soit-il. Le cas de Brahma et de sa planète sont mentionnés. Cette dernière est la plus évoluée de l’univers et ses habitants vivent jusqu’à des âges qui leur font pratiquement oublier leur mortalité. Curieusement, cet aspect de la cosmogonie de l’Inde ancienne, si riche en détails, n’est jamais mentionné par les philosophes, les scientifiques ou les religieux contemporains, ils préfèrent l’ignorer et se référer aux conceptions mythologiques des Mayas, des Grecs, des Égyptiens, des juifs ou des peuples tribaux de quelques forêts profondes. Pourtant il n’y a pas photo, l’Inde, en ce domaine, se distingue haut la main. Par exemple, les versets suivants donnent brièvement ces détails qui sont expliqués exhaustivement en maints autres endroits de la littérature védique : « Un jour de Brahma vaut mille des âges que connaissent les hommes ; et autant la nuit. Avec le jour de Brahma naissent toutes les variétés d’êtres ; et que vienne sa nuit, toutes sont annihilées. Sans fin, jour après jour, renaît le jour, ô Arjuna, et chaque fois, des myriades d’êtres sont ramenés à l’existence. Sans fin, nuit après nuit, tombe la nuit, et avec elle, les êtres, dans l’anéantissement, sans qu’ils rien n’y puissent. »
  12. Il est tout de même intriguant qu’Arjuna pose de telles questions, sur le Brahman par exemple, avec un B majuscule. Tous les gens instruits de son époque devaient savoir, depuis leur plus jeune âge, en quoi cela consiste. Arjuna a grandi dans un milieu royal et Krishna était son cousin et son ami. La mise en scène qui se déroule ici ne serait-elle prétexte qu’à pondre la Bhagavad-gita, qui deviendra le livre des livres en matière d’éducation spirituelle ? Car, il faut bien l’avouer, douter à ce point, alors que Krishna est son ami intime, laisse songeur, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais peut-il en être autrement quand tous deux se conduisent en êtres ordinaires, assujettis aux codes moraux de leur époque ? C’est là que réside la grande énigme concernant la personnalité de Krishna, très différente des avatars précédents. Nous l’avons dit : la Bhagavad-gita est un tournant majeur de l’évolution spirituelle hindoue. Si l’on ne comprend pas cet événement, on ne comprend pas grand-chose à la spiritualité védique et à son développement. Dans le verset suivant, Arjuna interpelle Krishna en l’appelant Madhusudana, celui qui a tué le démon Madhu. Les commentateurs de la Bhagavad-gita, notamment Bhaktivedanta Swami Prabhupada auquel j’emprunte sa traduction pour la plupart des versets, ont souligné cette singularité : « De tels doutes sont semblables à des monstres malfaisants; c'est pourquoi, en cette occasion, Arjuna fait appel à Madhusudana, Krishna, vainqueur du monstre Madhu, afin qu'il tue tous ces doutes démoniaques, Lui, si habile à exterminer les êtres maléfiques. » Des doutes peuvent surgir inopinément, la vie est ainsi faite que nous avons toujours des choix à prendre capables de bousculer nos habitudes, mais la connaissance et l’action juste aident à les surmonter aisément ; Krishna dixit.
  13. Chapitre 8 Arjuna ouvre ce chapitre par une succession de questions sur la nature du brahman, de l’atma, du karma, de la manifestation matérielle, des dévas, etc. Il semble, au premier abord, que le doute l’ait quitté, car il ne s’adresse plus à son cher ami par le nom auquel il est habitué, c’est-à-dire Krishna ou d’autres aussi familiers tels que Janardhana, Keshava ou Govinda*, mais par celui de purusottama, qui signifie Dieu, la Personne suprême, ce qui est fort différent : on ne doute pas quand Dieu lui-même vous instruit. Poser la question sur ce qu’est le brahman, entité indifférenciée, abstraite et transcendantale, alors que celui-ci est décrit par tous les anciens écrits sacrés comme l’aboutissement des diverses voies spirituelles, tout en s’adressant à Krishna en tant que Personne suprême, possédant une forme, de surcroît, est un tournant crucial à ce stade de l’évolution de la tradition védique, -c’est un événement. La Bhagavad-gita annonce une nouvelle dynamique spirituelle qui se distingue par une relation personnelle entre l’âme infinitésimale et l’Âme suprême et dont l’échange intime se caractérise par le service pragmatique et l’amour. On appelle cette forme de yoga la bhakti. La relation n’est possible qu’entre deux personnes éternelles, deux âmes immortelles et distinctes l’une de l’autre, lesquelles se font entièrement confiance. * Il est connu pour posséder 1000 noms fameux, sahashra nama, que l’on récite dans les temples durant des cérémonies religieuses.
  14. Maroudiji

    Le combat

    Parce que le sacrifice ne signifie pas uniquement la mise à mort du bouc émissaire. Le sacrifice peut être non violent... Pour le reste, pour ce qui concerne l'effort qu'il a mis à trouver une explication à la violence, comme tu le dis, je suis d'accord, c'était une bonne tentative, sauf la réserve que j'ai faite plus haut. --Bien à toi.
  15. Un grand romantique, Friedrich Schlegel, admirateur de l’Inde ancienne, écrivait déjà au 18e siècle : « C'est une opinion généralement répandue, que l'homme a commencé par un état complet de barbarie, et que, poussé par le besoin et par beaucoup de causes d'excitations extérieures, il est parvenu peu à peu à l'acquisition d'une certaine intelligence. Mais, quand on ne ferait pas attention combien ce point de vue est tout à fait opposé à une saine philosophie, il faudrait avouer encore que, loin d'être fondé en rien sur les plus anciens résultats de l'histoire, ce n'est plus qu'une opinion chimérique, arbitraire, qui s'évanouit aisément devant la réalité. » Ah, la réalité, comme si les philosophes s’en souciaient ! Quant aux scientifiques, l’Univers leur apparaît comme un ordinateur cosmique dans lequel ils cherchent naïvement à comprendre le mécanisme ou à trouver la boîte noire.
  16. Maroudiji

    Le combat

    Je ne sais pas pour Blaquière et de ses idéologues, mais l'idéal du confort participe de la même mauvaise graine que les autres, le confort n'étant que le fruit amer. Du peu que j'ai lu sur ce fil, vous tournez en rond. Si l'on prend René Girard, qui est une tentative pour toi de sortir de ce cercle vicieux, il n'est pas si original que ça; il se sert de la mort de Jésus pour construire tout son système de pensée; ce qui signifie que la pulsion de mort violente est la condition sine qua non des sociétés humaines. Ce faisant, pour se dédouaner du barbarisme dont sa religion est empreinte, il généralise à tort le sacrifice du bouc émissaire à toutes les autres sociétés. Vite dit.
  17. Maroudiji

    Le combat

    Si on te suit bien toutes les sociétés sont déterminés par la volonté de combattre, sauf la nôtre, parce que l'idéal est le confort ? C'est bien ce que tu dis ?
  18. « Ainsi, dans les légendes mythologiques du Popol-Vuh maya, les dieux proclament : "Nous ne tirerons aucune gloire ni honneur de tout ce que nous avons créé jusqu’à ce qu’apparaisse l’homme et qu’il soit doué de raison." Un texte égyptien typique daté de 2000 ans avant J.-C. énonce quant à lui : "Les hommes, le troupeau de Dieu, ont été bien pourvus. Il [le dieu Soleil] a créé le ciel et la Terre pour votre profit." Enfin, dans une fable du philosophe taoïste chinois Lieh Yû-K’ ou (vers 400 ans av. J.-C.) un personnage s’exprime en ces termes : "Le ciel fait pousser les cinq sortes de grains et pourvoit les espèces à nageoires et à plumes tout spécialement pour notre bénéfice."» Maintenant que vous me connaissez, vous voyez où je veux en venir ? Allez, on fait comme si vous ne saviez pas ; on ne change pas une culture simplement en pointant ses défauts. Pourquoi donc ces grands penseurs, quand ils font le tour des anciennes « légendes mythologiques de l’histoire de l’humanité », n’incluent-ils pas l’Inde, la plus fameuse des civilisations antiques et qui traite des dieux et de cosmogonie comme nulle autre, c’est-à-dire très sérieusement et à foison ? Pourquoi donc ce constant oubli et ce penchant pour des croyances à peine construites ? Pour mieux les dénigrer, évidemment, pour mieux monter au pinacle le profit de leurs propres conclusions soi-disant scientifiques. Les fans ne trouvent rien à redire, ils opinent simplement du bonnet et sont tout béats devant tant de culture. Celle-ci leur enseigne que leurs ancêtres étaient des bêtes vivant dans les cavernes et qui, à la vue du soleil levant se mettaient à danser et à l’adorer. Voyez donc le chemin parcouru !
  19. Je termine ce pamphlet par cet obscurantisme si cher à nombre d’intellectuels adulés et à leurs fans, obscurantisme omniprésent qui s’étale en toute bonne conscience et qui penche du côté par lequel il va tomber. Prétendant faire le tour de l’histoire des idées de l’humanité depuis ses débuts, que ce soit Hawking ou n’importe quel autre vulgarisateur vedette, voici un exemple parmi d’autres de cette technique éculée jusqu’à la corde qui tire les plans de la comète : « Cette idée d’Univers, écrit Hawking, conçu pour abriter l’humanité se retrouve dans des théologies et mythologies aussi bien vieilles de plusieurs millénaires que récentes. » Un instant, je vous prie… J’interromps la lecture pour que vous compreniez bien ce qu’il est en train de dire, de nous apprendre ; cet immense guide de l’humanité, qui semble connaître l’univers mieux que quiconque, en plus de nous aider à penser, dévoile ici sa méthode de travail lui permettant de trouver les informations nécessaires à ses recherches ; il se base sur elles pour en faire une synthèse. Les cas soumis ici ont une valeur particulière puisqu’ils ont été choisis par une des intelligences les plus brillantes de l’Univers. Les scientifiques ont généralement très bonne réputation concernant le sérieux de leurs entreprises et l’intégrité dont ils font preuve pour rester objectif. Lisons la suite...
  20. Je sais la force de la croyance mais, peut-être que tu ne m'as pas encore lu quand je le soulignes que je suis un rationaliste : je pars des faits, de l'histoire et des lois. Je ne partage pas ta manière de voir les choses ; pour moi, la beauté est universelle, tout le monde est capable de l'apprécier à sa juste valeur. Pour la médecine, je ne reviendrai pas dessus, je t'ai dit ce que je pensais. --Bien à toi
  21. « Pour moi, déclare Fred Hoyle, tout scientifique ayant examiné ces faits ne peut manquer d’en conclure que les lois de la physique nucléaire ont été délibérément conçues dans le but de produire les conséquences qu’elles ont au cœur des étoiles. » Mais, rectifie tout de suite Hawking, « les connaissances en physique nucléaire étaient alors insuffisantes pour réaliser à quel point le hasard issu de ces lois physiques précises était miraculeux. » « Sans une série de coïncidences étonnantes portants sur certains points précis des lois physiques, il semble que ni les êtres humains ni les formes de vie similaires n’eussent jamais pu émerger. » Alors, « il n’est pas impossible qu’une forme de vie ait pu évoluer, en balançant rythmiquement la queue de droite à gauche dans des bassins d’ammoniaques liquides… » (p.191) J’ai tenu à mettre le numéro de la page tellement c’est perdu dans les espaces : en balançant rythmiquement la queue de droite à gauche. Elles l’avaient l’affaire, hein, ces premières cellules !? Et c’est ce babillage que l’on enseigne dans les écoles en guise de science pour former les esprits à mieux réfléchir. Un athée ou un bigot sont capables d’imaginer des robots vivants, mais pour ce qui est de la planète Terre, du Soleil, ou de l’Univers tout entier, ils ne peuvent les concevoir comme des êtres vivants individuels, mais seulement comme des objets. Et on ne cesse de nous rabâcher que l’homme progresse…
  22. Bonjour, l'amour n'est pas régi par des lois, et le bon sens ne s'applique pas à lui. Pour ce qui est du lait, si tu vas voir ton médecin et qu'il te dise de cesser de fumer sinon tu risques de mourir, il vaut mieux que tu l'écoutes, c'est le bon sens et non une question de croyance, le système respiratoire est le même pour tous. -- Bien à toi.
  23. Merci pour tes remarques. Le point c'est qu'avec des si, on peut imaginer ce que l'on veut. Les lois sont stables. Le soleil et la lune agissent de même depuis toujours. On ne peut pas imaginer ce que tu dis, le monde n'est pas le résultat de notre esprit. En tout cas, c'est la position que je défends. Je ne partage pas du tout ce relativisme en conclusion. Le bon sens est ou ne l'est pas, cela dépend de notre culture. Boire du lait par exemple quand on a la toux est un non-sens. -- Bien à toi.
  24. « Bien qu’il soit possible d’imaginer des organismes "vivants" tels que des ordinateurs intelligents… » Stephen Hawking, ce misérable individu devenu le phare du monde, l’espérance des nouvelles générations en mal de transformateurs plus efficaces encore, ajoute un rectificatif : « Il faudrait plusieurs chapitres rien que pour narrer comment un Univers primordial constitué d’hydrogène, d’hélium et d’un peu de lithium a évolué pour finalement déboucher sur notre Univers qui abrite au moins une forme de vie intelligente. » Darwin n’est pas loin, cet autre prophète du monde contemporain. Et on le croit sur parole. Juste plusieurs chapitres en sus et il nous explique le prodige de la vie. « Enfin, continue-t-il plus loin, les lois de la nature doivent agir pour que ces… » Les lois de la nature ? Qui les a créées, ces lois ? Les scientifiques nient l’existence d’intelligences supérieures qui seraient à l’origine de ces lois, tout en postulant que la nature, par le tumulte chaotique des atomes, et, de surcroit, sans aucune intention, sinon par la nécessité anti-divine, les a créées, comme ça, par Magie ! Et la lumière fut !
  25. Face à ces conceptions puériles sur l’identité de Dieu, les athées font des gorges chaudes. En règle générale, toute l’analyse philosophique spéculée par les chrétiens en regard à la nature de ce Dieu se base sur les élucubrations d’Aristote, en accord avec lui ou contre lui. Vous comprendrez alors qu’on tourne en rond depuis deux mille ans, mais cela semble bien nous arranger ; je parle d’obscurantisme. « L’ADN est comme un programme d’ordinateur, mais bien plus avancé que n’importe quel logiciel jamais créé. » Bill Gates. Sauf, qu’il est vivant et que les lois qui régissent ce logiciel n’ont pas été créées par une intelligence humaine. Le hasard, vous dites ? Ah, oui, le fameux hasard...
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