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eklipse

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Tout ce qui a été posté par eklipse

  1. 01 Février 2011 Par Thomas Cantaloube C'est bien la jeunesse qui est à l'origine de l'immense mouvement populaire en Egypte, des trentenaires qui n'ont jamais connu que Moubarak président. Rencontre avec ceux qui ont trouvé dans «les mouvements de jeunesse tunisiens, une motivation inestimable». De notre envoyé spécial au Caire Le soleil est presque à son zénith sur la place Tahrir («Libération») du Caire, le point de convergence des manifestants de la capitale égyptienne, quand plusieurs centaines d'hommes s'organisent en rangées successives et s'agenouillent sur le sol. C'est l'heure de la prière. Et c'est une image qui a été diffusée dans le monde entier depuis une semaine, offrant un cliché saisissant des révoltés contre le pouvoir séculaire d'Hosni Moubarak interrompant toute activité pour se tourner vers La Mecque. Mais c'est aussi une image trompeuse, car autour de ce groupe de prière, dix, vingt, quarante fois plus de manifestants continuent de discuter, de crier et de brandir leurs pancartes sans se préoccuper d'Allah. Sans doute soucieux de dissiper tout malentendu, Ahmad el Fouly, un jeune préparateur en pharmacie aux petites lunettes rectangulaires, se précipite pour expliquer: «Ce n'est pas une révolution islamique, c'est une révolution de la jeunesse!» © (Thomas Cantaloube) En effet, même si l'on croise toutes les tranches d'âge parmi les manifestants cairotes, la force dominante est clairement composée de ceux qui n'ont connu que Moubarak comme président toute leur vie ¿ 60% des Egyptiens ont moins de 30 ans. Amira, une jeune femme qui enseigne l'arabe à des étrangers, et parle un anglais et un français remarquables, ne peut s'empêcher de s'indigner: «Tous mes étudiants ont connu plusieurs présidents. J'ai 32 ans, et je n'en ai connu qu'un seul. Il faut que cela change.» «Nous avons encore de l'espoir, c'est pour cela que nous sommes dans la rue jour après jour. Nous communiquons les uns avec les autres, par internet ¿ quand cela fonctionnait encore ¿ ou par téléphones portables. C'est comme cela que nous avons la force de continuer, en nous soutenant mutuellement», estime un ingénieur de 28 ans tenant contre sa poitrine un écriteau «Moubarak, va en enfer!». «Les gens plus âgés ont perdu tout espoir. Ils n'osent pas protester, ils pensent que cela ne servira à rien. Ce régime les a tués à l'intérieur», poursuit-il. La liste des griefs de la jeunesse révoltée est longue. Yassir, un ingénieur agricole de 31 ans rigole quand on lui demande les raisons pour lesquelles il manifeste ¿ «Vous avez un carnet de notes assez long?», interroge-t-il avec malice ¿, mais c'est le désespoir économique qui domine majoritairement. «Cela fait dix ans que j'ai terminé mes études, de bonnes études, et je n'ai trouvé que des petits boulots», entame Yassir. «La plupart des gens qui manifestent gagnent 100 à 150 dollars par mois (80 à 110 euros). C'est insuffisant pour vivre. Nous ne pouvons pas faire de projets, nous n'avons aucune sécurité.» Un homme à peine plus âgé l'interrompt. Sa voix déborde de sanglots. Il brandit avec insistance une minuscule photo d'identité de sa fille de 8 ans: «Je n'ai pas d'argent pour son éducation, et j'ai encore deux autres filles plus jeunes. Je ne sais pas comment je vais faire. Je ne peux pas les envoyer à l'école.» Il est garçon de café pour trente euros par mois et vit dans une maison «sous terre». «Cette élite vieillissante et leurs enfants» © (Thomas Cantaloube) Derrière son niqab, Amira, l'enseignante, s'estime mieux lotie que la plupart des gens qui défilent à ses côtés: «Je travaille dans le privé et j'appartiens ce que l'on qualifie normalement de classe moyenne. Mais je travaille dix-huit heures par jour et je ne peux même pas m'acheter une maison. Je suis obligée de louer. Si je vivais en Europe, j'aurais une sécurité sociale pour me soigner, mais ici je n'ai rien. Il y a des très riches et des très pauvres en Egypte, mais presque personne au milieu. Nous sommes une société sans ballast.» On a beaucoup dit que la chute de Zine al-Abidine Ben Ali avait été provoquée par l'immense degré de corruption de son régime clanique, devenu insupportable aux yeux de la majorité des Tunisiens. Même si l'élite égyptienne et l'entourage de Moubarak n'ont pas la réputation d'être aussi népotiques et rapaces, c'est malgré tout un ressentiment identique qui habite la jeunesse. Les plus chanceux évoquent des diplômes sans grande valeur, des années de galère pour décrocher un vrai travail qui paye mal, l'impossibilité de mener une vie décente, de s'acheter une voiture ou de voyager. Les moins chanceux savent qu'ils sont perpétuellement à deux doigts de crever dans la rue. Et en face d'eux, ils observent des gouvernants qui sont également devenus des businessmen, qui ont profité des privatisations de ces dernières années pour grossir leur compte en banque et vivre une existence de nantis. Gamal Moubarak, le fils du raïs en est l'exemple incarné: banquier d'affaires, cacique du parti-état et, jusqu'à récemment, destiné à succéder à son père. «Nous ne sommes pas une République, nous sommes un royaume», répètent à l'envi de nombreux protestataires. « Je prends ces inégalités de manière très personnelle », raconte Marwa, une jeune militante qui juge avoir un bon salaire et de bonnes conditions de vie. « Mon meilleur ami est mort dans un accident de voiture parce que la route sur laquelle il conduisait n'avait pas été réparée depuis des mois alors que tout le monde savait que c'était très dangereux. Juste à côté, vivait un membre du gouvernement qui s'est plaint que la rue passant devant sa maison était en mauvais état : elle a été re-goudronnée en une semaine¿ C'est partout pareil dans le pays. Dans mon quartier, il n'y a pas de ramassage d'ordures, dans les quartiers bourgeois, c'est impeccable. » © (Thomas Cantaloube) Dans ces conditions, les élections truquées, la privation des libertés ou les méfaits d'une police répressive deviennent autant d'éléments supplémentaires qui empêchent littéralement les jeunes de respirer. Contrairement à leurs aînés, grâce à internet, ils sont bien plus conscients de ce qui se passe en dehors de leurs frontières, aussi bien en Occident¿ qu'en Tunisie. Le mouvement du 6-avril est l'un de ces groupes de jeunes qui a émergé sur Facebook en 2008. Il est à l'origine des premières mobilisations il y a une semaine, et il a lancé un appel à une manifestation de grande ampleur mardi 1er février. On trouve ses organisateurs dans un vieil immeuble délabré du centre du Caire, avec un ascenseur en panne, des vitres cassées et des portes condamnées par des années de toiles d'araignées accumulées. Sans internet, ils mobilisent désormais par téléphone, par le bouche à oreille et par des distributions de tracts. «Tous les vieux ne cessaient de se plaindre depuis des années, mais ils n'avaient pas le courage de descendre dans la rue. C'est la jeunesse qui a démarré ce mouvement. Nous ne voulons pas un simple toilettage du gouvernement, mais un vrai changement de régime», raconte Mohamed Aiden, qui reçoit pieds nus dans une pièce où une jeune fille dort par terre. «Nous avions prévu de nous mobiliser cette année en anticipation des élections présidentielles de septembre, mais ce qui s'est passé en Tunisie a accéléré les choses. Nous avons beaucoup communiqué avec les mouvements de jeunesse tunisiens et ils nous ont offert une motivation inestimable.» Le départ de Moubarak est le slogan de ralliement de toute la jeunesse et au-delà, mais tout le monde ou presque est conscient qu'il ne s'agit que d'une première étape. «Il faut commencer par cela, mais tout le reste doit venir ensuite: le respect des lois, des élections libres, l'apprentissage de la démocratie, changer la loi qui impose d'avoir 30 ans pour être candidat à une élection», complète Mohamed Aiden. Mais qu'est-ce qui leur fait croire qu'un changement à la tête du pays améliorera la situation économique de tout un chacun? «L'Egypte n'est pas un pays pauvre. Nous avons des ressources: du pétrole, du gaz naturel, des gens éduqués», plaide Marwa, la jeune militante. «Mais tout l'argent est détourné par cette élite vieillissante et leurs enfants.» Sur la place Tahrir, Ahmad Zaki, qui a fait des études à Oakland en Californie, raconte une histoire. Cela fait trois mois qu'il essaie de faire renouveler son permis de conduire, sans succès: «Je fais toutes les démarches que l'on me demande, j'ai même été récupérer des documents jusqu'à Alexandrie, mais rien n'avance. A chaque fois que je me fais contrôler par un policier, je lui montre mes papiers prouvant que je fais le nécessaire, mais cela ne sert à rien. Mon seul choix est de donner un bakchich. Tout le système est ainsi, rien ne fonctionne. On est soit humilié, soit forcé de donner un pot -e-vin.» Autour de lui, tout le monde opine du chef, tout le monde a une histoire du même acabit à raconter. «La situation économique ne peut que s'améliorer si nous avons une bonne démocratie transparente, à la place de ce système de dépouilles qui nous tient lieu de gouvernement», insiste Ahmad el Fouly, le préparateur en pharmacie. «Nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des ressources humaines.» Cette dernière phrase (prononcée en anglais) peut sembler étrange, mais elle reflète parfaitement le sentiment de cette jeunesse qui se sent exclue de tout processus de participation ou de toute chaîne productive. Pour elle, ces manifestations contre Moubarak et son régime ne sont pas juste une révolte, mais une manière d'exister et de compter, enfin. http://www.mediapart.fr/journal/internatio...e-dune-jeunesse
  2. eklipse

    11 Septembre 2001

    "La guerre des Bush" de Eric Laurent "Une nouvelle guerre se prépare en Irak. George W. Bush invoque avec insistance la lutte "du bien contre le mal". Que cache ce discours? Une vérité troublante, immorale, des questions dérangeantes. Pourquoi l'actuel président américain et son père entretiennent-ils depuis plus de vingt ans des relations avec la famille Ben Laden? Pourquoi un puissant banquier saoudien, beau-frère d'Ousama Ben Laden, soupçonné d'avoir financé les réseaux d'Al Quaeda, a-t-il constamment aidé George W. Bush dans ses activités pétrolières, le sauvant même de la faillite? Comment expliquer l'acharnement du père, lorsqu'il était président, à armer, financer Saddam Hussein, provoquant peut-être l'invasion du Koweit? Puis, douze ans plus tard, l'acharnement du fils à vouloir détruire ce même Hussein? La Guerre des Bush plonge le lecteur au coeur des secrets les plus inavouables et éclaire toutes ces zones d'ombre. Après ce livre, plus personne ne pourra jamais croire à la vérité officielle." Eric Laurent est Grand reporter au Figaro et spécialiste de politique internationale. Il est l'auteur de nombreux documents à succès dont "La guerre du Golfe" avec Pierre Salinger.
  3. eklipse

    11 Septembre 2001

    "Répétez un mensonge assez fort et assez longtemps et les gens le croiront". Joseph Goebbels, ministre de la propagande du Reich http://www.syti.net/GulfWarTwo.html http://www.dailymotion.com/video/x14mcb_di...news#from=embed "Je suis inquiet pour la sécurité de notre belle nation; pas tant à cause d'une quelconque menace de l'extérieur, mais d'avantage à cause des forces incidieuses qui y opèrent de l'intérieur." Général Douglas MacArthur, commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale "La direction du Bureau du Président a été utilisée pour fomenter un complot pour anéantir la liberté des Américains, et avant que je ne quitte le Bureau, je dois informer les citoyens de ces conditions." John Fitzgerald Kennedy, dans un discours fait à l'Université Columbia le 12 novembre 1963, dix jours avant son assassinat "Si c'était une dictature, ce serait beaucoup plus facile, tant et aussi longtemps que je serais le dictateur." George W. Bush, 12 décembre 2000 "Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial." David Rockefeller, fondateur du Groupe de Bilderberg et de la Commission Trilatérale "Aujourd'hui, l'Amérique serait outrée si les troupes entraient dans Los Angeles pour restaurer l'ordre. Demain ils en seront reconnaissants! Ceci est particulièrement vrai s'il leur était dit qu'un danger extérieur, qu'il soit réel ou promulgué, menace leur existence. C'est alors que les peuples du monde demanderont à être délivrés de ce mal. L'unique chose que tous les hommes craignent est l'inconnu. Confrontés à ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés au profit de la garantie de leur bien-être assuré par le gouvernement mondial." Henry Kissinger, à la réunion 1992 du Groupe de Bilderberg, à Evians (France)
  4. eklipse

    11 Septembre 2001

    Nanothermite Le terme nanothermite désigne en anglais des Nanomatériaux "Intermoléculaires" Métastables (NIM). Ils se distinguent par la très grande quantité de chaleur produite lorsqu'ils sont enflammés. Les nanothermites sont un mélange très fin, à l'échelle nanométrique, d'un oxydant et d'un réducteur. Leur combustion est donc une réaction d'oxydo-réduction. Les NIM, y compris la nanothermite, sont des "substances dangereuses" étudiées et mises au point dans un but militaire ou non, pour des applications pyrotechniques, comme ergols ou explosifs. Ce qui distingue les NIM des aluminothermiques courants est que l'oxydant et le réducteur, aluminium et oxyde de fer en général, ne sont pas à l'état de fine poudre micrométrique mais plutôt de nanoparticules, ce qui augmente considérablement « le degré de mélange des réactifs », autrement dit leur « surface de contact » et donc leur vitesse de réaction. Les invraisemblances de la version officielle De plus en plus d'éléments troublants et concordants vont dans le sens d'une remise en question de la thèse officielle et soulèvent la possibilité d'une immense et inquiétante manipulation. - projets de la mafia Bush pour envahir l'Irak avant même son arrivée à la Maison-Blanche - recherche d'un prétexte pour justifier cette invasion - liens entre Ben Laden et la CIA pendant l'occupation russe de l'Afghanistan - liens financiers entre les familles Bush et Ben Laden (notamment au sein du groupe Carlyle) - visite d'un agent de la CIA à Ben Laden hospitalisé à Dubai 2 mois avant les attentats - surveillance des réseaux islamistes délibérément mis en veilleuse pendant les mois précédent les attentats - avions de chasse empêchés d'intervenir pour intercepter les boeings détournés - nombreuses invraissemblances de la version officielle (impossibilité de retrouver intact le passeport de Mohamed Atta dans les décombres, impossibilité d'un impact d'avion contre le Pentagone...) - lois liberticides prêtes à etre adoptées seulement 6 jours après les attentats - absence d'enquête du FBI sur les attentats ( la police et le FBI ont été écartés de l'enquête qui a été confiée à l'armée et classée secret défense) - enterrement de l'enquête pour retrouver ceux qui étaient manifestement au courrant que les attentats allaient avoir lieu et qui avaient spéculé en bourse sur la chute des actions des compagnies aériennes et des assurances... - absence totale d'enquête sur l'effondrement de l'immeuble 7 - l'effondrement des deux twins towers et de l'immeuble 7 présentent toutes les caractéristiques d'une démolition contrôlée par explosifs
  5. eklipse

    11 Septembre 2001

    ah ouais et c'est les terroristes qui ont bourrés d'explosifs les tours??? et les traces de nanothermite??? sont super fort je te renvoie le compliment >>> préférer croire le mythe de trois tours qui s'effondrent grâce à l'impact de deux avions...faut être bien peu clairvoyante Puis s'ils ont rien à cacher pourquoi ne pas accepter une nouvelle enquête INDEPENDANTE ...hein alors ton jugement à deux balles sur les humains...tu peux le mettre où je pense!!
  6. eklipse

    11 Septembre 2001

    celle là aussi est ...on voit les explosifs
  7. eklipse

    11 Septembre 2001

    sauf que quand on a un minimum d'empathie ou d'humanité, on fait sortir les personnes du bâtiment...mais ces gens là non plus d'humanité...ils ont sacrifiés des vies, pour réaliser leurs sombres désirs crime de trop...goutte d'eau qui fait déborder le vase...à eux désormais de rendre des comptes à la société!
  8. eklipse

    11 Septembre 2001

    c'est ce qu'on appelle de la démolition contrôlée!
  9. Les forces armées égyptiennes ont assuré qu'elles n'utiliseraient pas la force contre les manifestants, a rapporté lundi la télévision d'Etat, à la veille d'une "marche d'un million" de personnes prévue ce mardi pour réclamer la chute du président Hosni Moubarak. http://www.bfmtv.com/video-infos-actualite...a-force-890138/ yes!!
  10. eklipse

    11 Septembre 2001

    D'ailleurs combien il y a eu de morts le 9/11...tout ça pour des stratégies géopolitique et pécuniaire et que sais je encore!! Et après on nous bassine avec les petits dealers de drogue(d'ailleurs devinez qui leur procure la drogue, hein!!...elle passe sous l'oeil des douaniers comme par enchantement ..hein , ben voyons mdr!!), condamnent avec sévérité les divers crimes des "petits"...alors que certaines personnes qui gouvernent le monde, sont des criminels en puissance, sans états d'âme...justice et loi à deux vitesses Si c'est pour de la stratégie géopolitique et l'hégémonie de leur dogme...les oligarques s'octroient le droit de préméditer un crime et tuer des milliers d' innocents!! à gerber!! puis sont dédouanés, ou non inquiétés par la justice... car la justice c'est eux qui la contrôlent! un petit rappel: deux mille neuf cent quatre-vingt-quinze sont mortes1, dont trois cent quarante-trois pompiers et soixante policiers new-yorkais4, et les dix-neuf pirates de l'air1.
  11. eklipse

    11 Septembre 2001

    merci Shogun pour la vidéo sur l'association des architectes courageux qui demandent la réouverture de l'enquête 9/11.
  12. 15h. A défaut d'autre chose, dans les rues plus calmes du centre ¿ il y en a où l'on peut même croiser des touristes japonais mal renseignés sur l'actualité de leur destination de vacances ....mdr ¿, on regarde le poste de télévision annoncer la mise aux arrêts de Baradei, et les soulèvements dans d'autres quartiers du Caire ¿ le Sud, la Vieille Ville. Un pharmacien distribue des masques verts aux passants, censés protéger des gaz. 21h, l'armée a pris le contrôle de la ville En fin d'après-midi vendredi, toutes les rues sentent la fumée et le ciel du Caire n'a jamais été aussi gris. L'appel à la prière de muezzins à la voix triste ponctue la fin de journée. Les voix des manifestants s'éloignent parfois pour revenir avec plus de force un quart d'heure plus tard. Le mouvement ne faiblit pas et, malgré le danger, la motivation des présents, non plus. De la fumée émane d'immeubles au loin, on murmure avec satisfaction dans la foule que deux bâtiments du gouvernement ont été touchés. A 17h30, on annonce à la télévision qu'un couvre-feu sera effectif dès 18h, et ce jusqu'à 10h du matin. Mais l'absence quasi totale de moyens de communication fait que la plupart des manifestants ne sont pas au courant de l'application du couvre-feu avant plusieurs heures et, jusqu'à 19h30, les cris de foule et les explosions de gaz continuent à la même cadence que plus tôt dans l'après-midi. Finalement, vers 20h, le calme semble se faire dans la rue et des hélicoptères circulent au-dessus de la capitale, achevant de donner au Caire une couleur de guerre intestine. A 21 heures, on annonce à la télé que l'armée a pris le contrôle de la ville. Moubarak doit donner un discours qui n'arrive pas. Difficile de dire à quoi va ressembler la journée du lendemain. Samedi matin, au Caire© Reuters Ce samedi matin, sur la place Tahrir, on croise Ahmed, chercheur en communication, cicatrice sur la tempe héritée d'une balle en caoutchouc de la police, une autre, plus grande, lui zébrant la main. Quand son portable sonne, il sourit: «Ma femme va me tuer!» Ahmed espère que les manifestations vont continuer, que le peuple va réussir à se débarrasser de Moubarak mais il n'aime pas la comparaison avec la Tunisie. «Ici, il y a deux facteurs très importants: Israël et les mouvements islamistes.» Pourtant, les Frères musulmans se sont-ils joints aux manifestations? «Oui, les partis étaient là, la Wafd, les Frères musulmans... mais les seuls qui peuvent faire la différence aujourd'hui, ce sont tous les jeunes de la génération Facebook.» Le message est clair: cette révolution est la leur, le peuple égyptien n'a pas l'intention de la laisser échapper bêtement. Dans la rue, aucun signe de chaos urbain, si ce n'est quelques carcasses de fourgons calcinés. Les façades des maisons, les vitrines des boutiques sont intactes. Ce sont les ministères qu'on brûle. http://www.mediapart.fr/journal/internatio...e-desarment-pas
  13. Les Egyptiens savent que les "frères musulmans"" islamistes chercheront à leur piquer leur révolution et prendre le pouvoir...le peuple sera peut être vigilant et se laissera pas faire...
  14. eklipse

    11 Septembre 2001

    Le 14 décembre 2002, Laurence Alavoine, ingénieur chez Schneider Electric, disparaît dans la Dent de Crolles, une montagne voisine de Grenoble. Trois mois plus tard, le premier article consacré à cette disparition nous apprend que cette marcheuse aguerrie, mariée et mère de famille, craignait pour sa vie et sa famille. « Diplômée de Polytechnique et des Mines, habilitée secret défense, elle a intégré la société en 1991, après trois ans passés chez Matra, où elle a participé au projet spatial Hermès. Chez Schneider, elle rejoint un des départements les plus sensibles : SES, pour Safety Electronics and Systems, également appelé Sécurité Nucléaire. Entre 1996 et fin 2000, date à laquelle, elle quitte SES pour rejoindre des activités civiles, elle gère le montage technique et financier de rénovation de plusieurs centrales nucléaires dans les pays de l'Est. Après Tchernobyl, des financements de la Communauté européenne ont favorisé l'exportation du savoir-faire de Schneider vers l'Est. (¿) A l'été 2001, puis en novembre, elle évoque ses craintes de « disparaître », sa connaissance « d'une affaire dangereuse » » (Libération, 29 mars 2002) Elle parle notamment d'une mission qui aurait mal tourné en Ukraine, elle est suivie, se sent en danger. « Un autre membre de Schneider a raconté à Olivier Alavoine (NDR : son mari, lui-même ingénieur électronique) l'épisode d'une mort suspecte sur un site nucléaire ukrainien. En juin, elle s'interroge sur l'envoi de matériel nucléaire en Afghanistan, une hypothèse troublante dont elle fait part à son mari. » (Libération. 29 mars 2002) Les Nouvelles du Nucléaire font dire à ce mari qu'« Elle était au courant « d'histoires sensibles », notamment d'un envoi de matériel nucléaire en Afghanistan et de l'équipement électrique de bureaux appartenant au père d'Oussama Ben Laden » (http://resosol.org/TamTam/2002/Ttam0602Nuc.html). Ce qui, on en conviendra, est presque trop beau. « A cette époque encore, elle archive de façon inhabituelle à son domicile les notes de frais de ses missions en Ukraine, Bulgarie, République Tchèque, ainsi que des copies de cartes de visite des personnes rencontrées lors de ces séjours. » (Libération. 29/03/02) En avril 2002, elle confie à sa s¿ur « qu'elle savait trop de choses, que c'était pire que l'affaire Elf. Cela m'a frappée car il s'agissait de la seule conversation sur son travail que nous ayons eue ces dernières années. » (Libération. 29/03/02) Le lendemain de sa disparition, son mari trouve dans la table de nuit un texte de douze pages où Laurence Alavoine « décrit quelques épisodes du département SES », « suggère aussi des faits troublants concernant la négociation de certains marchés, rapporte des propos de cadres sur des promesses de commissions. Le texte s'achève par une note biographique sur douze de ses collègues. » (Libération. 29/03/02) En recherchant le fichier dans l'ordinateur familial, Olivier Alavoine découvre que ce texte a été enregistré vers 11 heures, le matin même de la disparition de sa femme. Vers 15 heures, après avoir consulté la météo et averti son mari, elle part en montagne. En décembre, à Grenoble, le soleil se couche à 17 heures. Après coup, son mari juge bizarre cette balade tardive, en Chartreuse, à une demi-heure de voiture et dans un coin mal connu de sa femme, alors qu'elle a coutume de marcher dans le Vercors, juste au-dessus de chez eux. Mais nous avons tous nos coups de tête, et d'ailleurs un promeneur la voit sur le sentier du Trou du Glas, un site de spéléologie. Le lendemain, 15 décembre, Olivier Alavoine alerte la gendarmerie. On retrouve la voiture de Laurence Alavoine au col du Coq, sous la Dent de Crolles, « garée sur la pente » , s'étonne son mari, alors qu'elle a, dit-il, « la hantise que le frein à main lâche. » (Le Monde. 5 avril 2002) Pendant trois mois, « Olivier Alavoine utilise ces archives pour mener son enquête, contacte les personnes dont il a trouvé chez lui la carte de visite, approche des congrégations du massif de la Chartreuse réputées abriter des personnes se sentant en danger. Il a pu visiter le bureau de son épouse, sans pouvoir consulter la mémoire de son ordinateur professionnel. Il a fait lire le texte de son épouse à deux enquêteurs. Peu de commentaires en retour, l'attente de la fonte des neiges pour avoir davantage de certitudes. Par une ancienne relation, Olivier a pris contact avec un membre de la DGSE qui semble s'intéresser à cette disparition. » (Libération. 29/03/2002) Le Monde ( 5 avril 2002) rapporte que dans son texte, Laurence Alavoine faisait allusion à « une enquête de la direction financière » à propos d'un versement « d'environ 200 kF » en Bulgarie, mais la direction de Schneider Electric à Grenoble se refuse à tout commentaire. Presque aussitôt après ces articles, le 12 avril 2002, un randonneur découvre le corps de Laurence Alavoine, « sous un sapin, dans un pierrier raide, recouvert en grande partie par la neige. » (Le Daubé. 13 avril 2002) « L'autopsie révèle plusieurs fractures aux jambes. Mais aucune trace « suspecte », c'est à dire, ni coup, ni blessure par balle ou arme blanche, ni poison. En revanche, selon le médecin légiste, Laurence Alavoine aurait perdu connaissance à la suite de sa chute mais sa mort aurait été provoquée par le froid. » (Objectifs Rhône-Alpes. Mai 2002) Le procureur de la République ne voit rien dans les circonstances de cette mort qui justifie l'ouverture d'une information, mais « Une enquête discrète des services spéciaux français serait aujourd'hui en cours. Le mari de Laurence Alavoine aurait même été longuement interrogé. Et le texte de 12 pages rédigé par la victime minutieusement décortiqué. (¿) « Non, je n'ai subi aucune pression » assure Olivier Alavoine qui tient des propos beaucoup plus prudents et nuancés qu'il y a quelques semaines. » (Id) Il se peut fort bien que Laurence Alavoine soit morte d'un accident, au même titre que n'importe quel simple citoyen, et que certaines bizarreries et coïncidences entourant son décès ne soient rien d'autre. Par exemple, la découverte de son corps, dans une zone déjà ratissée par une centaine d'hommes, au moment où la publication d'articles sur sa disparition pointait l'attention sur les affaires nucléaires du groupe Schneider. Mais toutes sortes de liens, comme on dit sur la toile, s'activent autour de cet accident. Le Grenoblois se souvient que Schneider, c'est l'ancienne société Merlin-Gérin qui dans les années 1960, remportait déjà de gros contrats d'électro-mécanique de sous-marins nucléaires. Le lecteur de journaux se rappelle des morts plus que suspectes, sans coup ni blessure par balle, arme blanche ni poison, dans l'affaire des « Frégates de Taïwan » par exemple ¿ une affaire de rétro-commissions ¿ où l'on vit un capitaine de vaisseau, un ex-agent de la DGSE, et un dirigeant bancaire, tomber de leur fenêtre. Le simple citoyen ne s'étonne pas que la voisine d'à-côté soit « habilitée secret défense », ni d'apprendre à quelles troubles et périlleuses activités se livre l'un des plus gros employeurs locaux. Il en serait plutôt fier comme un esclave peut avoir l'esprit maison. Le mari ne voit pas de meilleure raison à la disparition de sa femme que ces activités. Il enquête. Il a une relation qui a des relations avec un service secret. C'est à dire qu'il a des relations avec ce service secret où l'on prend ses raisons au sérieux. Soudain, c'est l'autre normalité, celle qui d'ordinaire va sans dire, qui déchire les apparences et fugitivement reprend le dessus. Dans ce monde tacite et réel, il va de soi que les m¿urs des affaires, et surtout dans le secteur stratégique des hautes technologies, sont celles de sociétés criminelles avec lesquelles elles s'hybrident de plus en plus. C'est qu'à partir du moment où la guerre devient une branche des hautes technologies, celles-ci ne peuvent plus être que le théâtre de cette guerre. Mais dès les origines, trafic et piraterie n'étaient que deux variantes d'une même activité, suivant les opportunités. III Les courtisans d'aujourd'hui ne se formalisent plus d'entendre dire que le roi est nu, ni qu'ils travaillent pour le crime organisé. Ils sourient juste qu'on puisse enfoncer pareille porte ouverte. Insistez, et le plus irrité lâchera, comme une bombe à couper le souffle, le mot de fantasmes. Dans la langue du pouvoir, les fantasmes désignent toutes opinions négatives sur ses vices tacites. Parmi les plus communs, le soupçon qu'il pourrait sciemment, ou non, empoisonner les populations avec des produits industriels : fibres d'amiante, ondes électro-magnétiques, rejets de dioxine. Que des connivences d'intérêts pourraient souder les cercles du pouvoir, scientifiques, industriels, militaires, médiatiques, contre ces populations. Que des dispositifs législatifs, manipulatoires, et coercitifs, de mieux en mieux combinés et performants, pourraient être employés contre les récalcitrants. Que des services, privés ou publics, légaux ou non, mais toujours obscurs, pourraient épier, léser, ou autrement incapaciter, les plus rétifs aux vérités officielles. A ce propos, et en gage de loyauté, on voudrait signaler les soldats de l'opération Daguet qui s'indignent tardivement d'avoir servi de cobayes au Centre de Recherche du Service de Santé des Armées. (Le Monde. 18/19 décembre 2005) Bien du bruit pour quelques comprimés de modafinil, un inhibiteur du sommeil. Les malades imaginaires de Grignon, en Savoie, doutent encore, malgré les études de l'Institut National de Veille Sanitaire, que l'incinérateur voisin de Gilly-sur-Isère ne soit pour rien dans les 85 cas de cancer affligeant une seule et même rue de leur localité. (Le Daubé. 3/12/06) Il faudrait y aviser. Les curieux ne peuvent s'empêcher de noter qu'en-dehors de « l'affaire des frégates de Taïwan », il y a des morts qui tombent bien. Celle du promoteur Jean-Claude Méry aura enterré avec lui l'affaire Chirac, dite « des HLM de Paris ». Sans doute ne suffit-il pas d'être le bénéficiaire d'une mort pour en être coupable, est-il abracadabrantesque d'imaginer qu'on puisse provoquer le cancer d'un gêneur ? Un homme qui fait pschitt, et c'est tout un dossier qui disparaît. Mais pour les initiés, le vrai fantasme serait de croire qu'on puisse par la nomination de magistrats scrupuleux, et la sage lenteur de leurs procédures, retarder jusqu'à l'oubli du public et l'extinction des gêneurs, les procès embarrassants. On peut poser en principe qu'un fantasme est une évidence qui n'a pas franchi un certain seuil d'admission. Avant ça ne se dit pas, après ça va sans dire. Avant, c'est un fantasme de dire que les nanotechnologies servent un projet d'homme-machine dans un monde-machine. Après, c'est une évidence que cet irrésistible progrès n'ira pas sans une vigilante kyrielle de « mesures d'encadrement », « comités d'éthique », et « conférences citoyennes ». Avant, on ne peut pas dire que la société industrielle nuit à l'homme, puisque « l'espérance de vie augmente ». Après, il va de soi que l'épidémie de stérilité dûe à la pollution chimique, la fragilité des nouvelles générations, et la destruction du milieu, menacent l'espèce humaine. Et donc, à quoi bon épiloguer sur le sujet, ou sur les responsabilités des dénégateurs, ou sur le moment et les motifs de leur volte-face ? On peut aussi clamer ces nouvelles évidences pour effacer ses dénégations de la veille et se poser en lanceur d'alerte. Il est suave d'entendre un ancien vice-président des Etats-Unis, un président français, protecteur de la chimie européenne et du nucléaire hexagonal, et les scientifiques du Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'Evolution du Climat, nous mettre en garde contre les conséquences de la révolution industrielle, tels Rachel Carson ou une assemblée d'anti-nucléaires voici trente printemps. En revanche, ce qui reste du fantasme, c'est de dire que le complexe militaro-scientifique américain travaille sur « l'arme climatique », et que si l'on parle tant cette année du réchauffement planétaire, c'est parce que ce complexe a enfin ses propres solutions techniques à imposer. Disons-le donc, puisque le rôle des ingénus est de transformer certains fantasmes en évidences, ou si l'on veut, de renverser les évidences. Car la langue va où la dent fait mal et le pouvoir ne peut se contenter de demi-mensonges. Au moindre accroc, c'est toute la trame qui file. Il lui faut donc inverser les mots et les choses pour ne pas se contredire. Dans ce carnaval permanent et cette fatrasie universelle, cela devient un jeu de société que de retourner les mensonges de la domination, comme l'on remettrait un costume à l'endroit. On rit d'entendre dire que le soleil, la pluie, les montagnes environnantes, sont responsables des pics d'ozone, des inondations, et des nuages de pollution plutôt que les rejets automobiles et industriels, la déforestation et le bitumage des sols. On s'étouffe d'entendre appeler « ferme », une usine à dindes de mille salariés, et qu'on puisse attribuer aux oiseaux sauvages, plutôt qu'à ces incubateurs industriels, l'origine de la grippe aviaire. Il faut être un pur produit du système Bokanovsky pour gober qu'un parc puisse être « naturel », la nature et l'intelligence « artificielles », les machines « intelligentes », la réalité « virtuelle ». On exige de plus en plus des scientifiques et des industriels la preuve de l'innocuité de leurs produits, plutôt qu'on exige de leurs victimes, la preuve de leur nocivité. Chacun son illumination. Les uns découvrent qu'il n'y a pas de question immigrée dans les quartiers « sensibles », mais un problème raciste dans les quartiers insensibles. Les autres que l'Aide Publique au Développement relève strictement du double pillage, des bailleurs et des destinataires, au profit de nos grandes compagnies. On note que l'Agence Inter-gouvernementale pour l'Energie Atomique organise la prolifération nucléaire sous couvert de la combattre. Ce pourquoi elle reçoit le prix Nobel de la paix, comme le criminel de guerre, Kissinger. Des penseurs s'avisent que le dysfonctionnement est devenu le fonctionnement par un autre nom de toute la machine sociale, comme l'état d'exception devient bientôt sa règle. pour combattre les islamistes toto...renseigne toi mieux...suis plus fouine que toi ...tu crois qu'ils auraient besoin d'implanter du nucléaire en Aghanistan pour combattre des islamistes...oula reveille toi...fais l'effort de lire le pavé au dessus pour une fois.
  15. eklipse

    11 Septembre 2001

    je trouve plus la traduction...mais apparemment il sont aussi en conflit avec l'Urss (qui ont eux aussi une haute technologie militaire) création d'un gros bloc économique et militaire(...l'europe jdc jdr)
  16. eklipse

    11 Septembre 2001

    Je pense que ce crime!! a profité à plusieurs "forces occultes"...financiers et élites(oligarques), certains parlent aussi des sionistes
  17. Un moment historique est en train de se jouer...qui aura des répercussions sur le monde Des manifestants au Caire : « Le pouvoir fait dans son froc ! » Reportage place Tahrir, au c¿ur de la capitale égyptienne et des manifestations contre le Président Moubarak. Ne pouvant transmettre par Internet, toujours coupé en Egypte, la journaliste Marion Guénard, qui vit au Caire, nous a dicté cet article au téléphone. Elle a passé la journée sur la place Tahrir, lieu central de rassemblement des manifestants. Alors qu'elle finit de dicter son article, elle s'interrompt et regarde par la fenêtre : une colonne de tanks est en train de remonter sa rue. Voici son reportage. (Du Caire) Une tâche de sang flotte sur le cortège. C'est le corps d'un jeune homme, porté par des milliers de mains, aussitôt élevé en martyr. Des cris d'horreur fusent. Sur les visages, les larmes coulent. « Les policiers tirent sur nous, ce sont des chiens ! », hurle un manifestant. Pour la cinquième journée consécutive, plusieurs milliers d'Egyptiens sont réunis sur la place Tahrir, la place de la libération. Plus déterminés que jamais malgré la présence des tanks, malgré les détonations qui claquent dans l'air, malgré le nombre des victimes qui augmente. Derrière eux, le siège du Parti national démocrate, le parti du raïs, incendié la nuit derrière, flambe encore. « Je ne veux plus de ce gouvernement qui me suce le sang » Ola Shabaan, une jeune femme de 32 ans, assure, les yeux brillants d'espoir : « Même si on doit en payer le prix, nos vies, je ne pense pas que ce soit cher payé. Ce qui se passe aujourd'hui est une victoire pour l'Egypte, pour nos enfants et pour les générations futures. » Les coups de feu s'intensifient. Dans les rues adjacentes, des affrontements ont lieu entre la police et les manifestants. Plusieurs dizaines de blessés s'extraient de la ligne de front la tête ensanglantée, le corps et les jambes parfois criblés de petites balles en plastique. Des culots de balles réelles circulent de mains en mains. Bousseina Said en serre un dans son poing. Vendredi, elle était en première ligne. « J'ai été touchée au coude, à la cuisse, et une balle a effleuré ma tête », raconte cette coiffeuse de 35 ans, le bras bandé et la joue égratignée. « Mais je m'en fiche, je ne veux plus de ce gouvernement qui me suce le sang ! » Plus loin, des manifestants interpellent les militaires, juchés sur leurs chars. « Nous vous respectons, nous aimons l'armée ! Mais nous ne voulons plus de Moubarak. Qu'il dégage ! », lance un civil avant de prendre dans ses bras l'officier qui lui fait face. « Nous aussi, nous aimons les Egyptiens », lui répond le gradé. Vendredi soir, le Président a appelé l'armée en renfort pour faire taire l'insurrection. Mais à aucun moment elle ne s'est montrée menaçante. Sami Khattab, 30 ans, habitant du quartier populaire de Shubra, dans le nord du Caire, s'interroge : « On ne sait pas quel camp a choisi l'armée, le peuple ou le Président. On a besoin de l'armée. Avec elle, le Président tombe, comme en Tunisie. » Le règne de la confusion A mesure que la nuit approche, la situation devient de plus en plus confuse. Les rumeurs circulent. « Il faut partir, l'armée a reçu l'ordre de tirer sur les personnes qui ne respecteront pas le couvre-feu », lance un manifestant. Soudain, une immense clameur monte de la foule. Un cri de joie collectif. Les manifestants s'embrassent et se prennent les mains. Mais la liesse est de courte durée. Tous ont cru qu'Hosni Moubarak avait quitté le pays. L'information était fausse. « C'était une ruse pour nous faire reculer », explique une manifestante, convaincue. Armée, violence, désinformation¿ peu importe, Bahaa est confiant. Cet Egyptien de 52 ans est un habitué de la contestation. Il était déjà là en 1977, lors des émeutes contre l'augmentation du prix du pain, lesquelles avaient fait vaciller le régime : « On a déjà gagné. Ils ont coupé Internet et le téléphone. Ils usent d'une violence inouïe contre nous : c'est sûr, ils font dans leur froc ! » Photos : des militaires et des manifestants place Tahrir au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters) ; capture d'écran d'Al Jazeera : des manifestants portent le corps d'un mort place Tahrir, au Caire, le 29 janvier ; des manifestants porte un Egyptien blessé sur la place Tahrir, au Caire, le 29 janvier (Yannis Behrakis/Reuters). http://www.rue89.com/2011/01/29/des-manife...son-froc-188132
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