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Note : - - - - - Le génocide arménien Synthèse sur les massacres de 1915

11 septembre 2008 - 21:28 #1

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Qualifier les évènements suscite encore une polémique : le terme génocide a longtemps été utilisé pour désigner l'anéantissement d'une race, c'est pourquoi il est employé plutôt pour l'holocauste nazi ou les massacres du Rwanda, mais aujourd'hui, comme le grec génos veut dire « race, famille, nation », on commence à élargir les génocides de l'histoire au massacre des Arméniens en 1915, car il s'agissait bien d'un projet d'anéantissement de toute leur nation.


Quelques repères chronologiques :
  • 1894-1896 : massacres hamidiens. Quelques manifestations et insurrections paysannes anti-fiscales et anti-kurdes donnent lieu à une riposte enclenchée par Abdul Hamid.
  • 1905-1907 : guerres arméno-tartares. Luttes interethniques sur les frontières de la Turquie et de la Russie.
  • Juillet 1914 : la Turquie ottomane entre en guerre aux côtés de l'Axe et surtout contre la Russie, son ennemie traditionnelle. Au 8e Congrès d'Erzerum, des Arméniens refusent de remplir leur devoir de citoyens de s'engager dans l'armée.
  • Octobre 1914 : près de 5000 volontaires, sous le commandement du prince Arghoutian et de chefs fédaïs, sont mises sur pied pour aider à la libération de l'Arménie turque.
  • Janvier 1915 : les soldats arméniens sont désarmés, affectés à des bataillons de travail puis exécutés. Les fonctionnaires sont démis de leur poste et privés de passeport intérieur.
  • Mars 1915 : déclenchement d'un plan d'éradication totale de la « race » arménienne sous prétexte d'une insurrection à la citadelle de Van.
  • 24 avril 1915 : rafle de 650 notables dans la capitale.
  • Mai 1915 : Talaat Pacha donne l'ordre de déplacer les Arméniens, accusés de trahison et d'espionnage « des zones de guerre vers des centres de réinstallation ».


On cherche encore toutes les explications à ces évènements, mais on peut déjà dégager deux axes, les effets de la guerre contre la Russie, les Arméniens étant taxés de pro-Russes, et le développement d'un courant ultra-nationaliste hostile à l'état-mosaïque de l'époque. Les Arméniens constituaient un peuple replié sur lui-même, plutôt rural (90% se trouvent en zone rurale) et attaché à des valeurs traditionnelles, mais aussi très ouverts dans les villes aux progrès techniques développés dans les cités européennes. De confession chrétienne, il ne correspondait pas au modèle pro-musulman que cherchait à développer le gouvernement Jeunes-Turcs.

Au XIXe siècle, les Arméniens se concentrent dans le sud de l'empire russe et une partie de l'empire ottoman (deux millions dans la zone dite « Plateau arménien », une partie de la Galicie et de l'Asie Mineure, ainsi que Constantinople) : ils font déjà l'objet de massacres en 1894-1896, représentant selon les officiels turcs la punition de « séditieux ». Malgré leur nombre, ils sont considérés comme une minorité. Près de 80% vivent dans des vilayet (villages) de zones hostiles et développent pour leur survie un mode de vie autarcique, autour d'un patriarche (les « maisonnées » comportent jusqu'à soixante-dix personnes, avec prédominance des hommes liés au patriarche, le danouder. Les hivers rudes font que ces populations vivent d'élevage, d'apiculture et d'artisanat, lequel est développé par certaines familles dans des cités turques.
Ce qui a déclenché des représailles contre ces populations ce sont les échecs des offensives turques contre la Russie notamment durant l'hiver 1914-1915. On généralise la défection des Arméniens (ils furent moins nombreux à déserter en tout cas que les Turcs). Les officiers humiliés utilisent les Arméniens comme boucs émissaires et c'est l'armée qui enclenche les déportations à partir de la région d'Erzerum, région où se concentre l'essentiel des combats, en commençant par prendre en otage deux cents Arméniens des environs d'Otli, internés ensuite à Erzerum avant d'être exterminés. Il s'en suit trente pendaisons après la défaite de Sarikamis.
Le 10 février, Sétrak Pastermadjian, le directeur adjoint de l'agence de la Banque ottomane d'Erzerum, est assassiné ; son frère, député, travaillait pour le compte des Russes. Comme les Arméniens ne bronchent guère, les pillages et les viols se généralisent dans les zones rurales, réalisés par les bataillons de çete (membres de « l'Organisation spéciale ») . La raison invoquée ce sont les 30 181 villageois (sur deux millions d'Arméniens) qui ont rejoint les forces russes en profitant du repli des troupes.
Les opérations obéissent à un schéma récurrent dans le Haut plateau, puis dans les autres zones et les grandes villes : on rafle les notables en justifiant d'une insurrection (il s'agit d'obtenir par la torture des « révélations compromettantes » censées justifier ce qui va se produire). Le ministère de l'Intérieur prétexta la découverte de bombes et d'une conspiration pour commander des déportations de population. Les fonctionnaires ayant été destitués, les autorités utilisent notamment le télégraphe pour donner des ordres qui ne laissent pas de traces. De mai à juin 1915, les régions sont vidées une à une, les populations sont triées puis traînées, après liquidation des hommes de plus de quinze ans, vers les déserts de Syrie et d'Irak, où elles sont parquées dans des camps ou entassés dans des cavernes, parfois brûlées vives ou entassées sans nourriture. Bien peu survivront.
é partir de l'hiver 1915-1916, les derniers groupes en Cilicie et provinces occidentales sont acheminés vers les déserts dans des wagons à bestiaux, puis à pied.

Selon les Arméniens, près de 1 500 000 d'entre eux périrent ; 800 000 selon les autorités turques. Entre 600 000 et 800 000 rescapés ont fui vers le Caucase ou l'Iran. Certaines familles turques ont caché des femmes et des enfants arméniens.
La question du génocide arménien, remise en lumière par la demande d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, peine à être éclaircie. La Turquie hésite encore à reconnaître l'ampleur des massacres et à ouvrir ses archives.

L'utilisateur est hors-ligne Ocytocine   VIP
en toute félinité, 41 ans


À l'Instant

14 septembre 2008 - 19:31 #2

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super sujet Lili_greycat! :snif:



j'ai eu un apprenti armenien et lui et son peuple sont encore tres marque par ce genocide
un fait trop peu connu a ce jour donc encore merci pour cette mise en lumiere!

L'utilisateur est hors-ligne grododo
Forumeur alchimiste, 29 ans


14 septembre 2008 - 20:07 #3

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Merci pour cette synthèse, je connaissais assez mal le sujet :snif:

L'utilisateur est hors-ligne Belizarius   VIP
Mangeur de fromage, 34 ans


14 septembre 2008 - 20:23 #4

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En première, des amis avaient choisi ce sujet pour leur TPE. J'avais été très étonnée (puis choquée) de n'en avoir jamais entendu parler.

Merci beaucoup pour ce sujet, et pour le temps que tu y as passé. J'adore quand tu nous fais des sujets historiques :snif:

L'utilisateur est hors-ligne Kinwena   Membre+
Patate fossilisée, 27 ans


29 avril 2011 - 17:39 #5

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La Turquie a entamé aujourd'hui le démontage d'un imposant monument célébrant l'amitié avec l'Arménie près de la frontière entre les deux pays, après que le Premier ministre eut tourné en dérision la statue et demandé son enlèvement.

L'entreprise chargée par la ville de Kars (nord-est) de démanteler le "Monument de l'Humanité" - une statue en béton de 30 mètres de haut représentant un homme coupé en deux dont les deux faces s'opposent - a démonté une des deux têtes de la statue, a déclaré un témoin présent sur les lieux.

Le bloc, d'un poids de 19 tonnes, a été découpé puis déposé au sol par une grue, a déclaré cette source, interrogée par téléphone.

La statue, érigée en 2008, sera divisée en 18 morceaux qui seront remisés dans un hangar de la municipalité, a indiqué l'agence de presse Anatolie. Les travaux devraient prendre 10 jours.

Une panne d'un des instruments de découpe et un fort vent ont retardé le début des travaux, qui auraient autrement commencé hier, au lendemain des célébrations par les Arméniens du 96e anniversaire des massacres de leurs ancêtres sous l'Empire ottoman.

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait déclenché un torrent de critiques lors d'une visite à Kars en janvier au cours de laquelle il avait fustigé la statue comme "une monstruosité... une drôle de chose érigée" à proximité de la tombe d'un érudit musulman.

Les autorités font valoir que cette oeuvre devait être détruite parce qu'elle a été érigée dans une zone interdite à la construction afin de préserver la nature et les monuments historiques environnants.

En 2009, la Turquie et l'Arménie avaient signé des accords historiques pour mettre fin à des décennies d'hostilité, établir des relations diplomatiques et rouvrir leur frontière.
Mais ce processus s'est enlisé dans des accusations mutuelles et l'Arménie a gelé la ratification des accords l'an dernier.


source

L'utilisateur est hors-ligne dihyia
Forumeur alchimiste


04 mai 2011 - 20:40 #6

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Le Sénat français a rejeté ce mercredi par 196 voix contre 74 une proposition de loi socialiste qui visait à réprimer la négation du génocide arménien de 1915 par les Turcs. Le Sénat a rejeté ce texte en votant une motion de procédure le déclarant «irrecevable». Les groupes se sont divisés entre partisans et opposants à ce texte, le gouvernement par la voix du ministre de la Justice, Michel Mercier, s'en remettant «à la sagesse du Sénat».

Cette proposition de loi du sénateur PS Serge Lagauche (Val-de-Marne) prévoyait de punir la négation du génocide arménien par un an de prison et une amende de 45.000 euros. Ce texte reprenait mot pour mot une proposition de loi déposée par les députés socialistes et qui avait été adoptée le 12 octobre 2006 par l'Assemblée nationale, ce qui avait provoqué de vives réactions d'Ankara.

Le chanteur Charles Aznavour ou bien encore l'écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy étaient venus soutenir ce texte par leur présence dans les tribunes du public de la haute assemblée. Plusieurs dizaines de membres de la communauté arménienne étaient venus manifester devant le Sénat pour soutenir cette proposition de loi. Le Parlement français a reconnu publiquement le génocide arménien avec la loi du 29 janvier 2001.


source


L'utilisateur est hors-ligne dihyia
Forumeur alchimiste


01 juin 2011 - 22:44 #7

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je vous conseille le tres bon documentaire "aghet" sur Dailymotion mais le choc sera rude....la turquie n'avoueras jamais sa culpabilité..moi qui suis kurde de turquie je porte le peuple armenien dans mon coeur

L'utilisateur est hors-ligne helin
Baby Forumeur, 31 ans


09 septembre 2011 - 17:37 #8

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La Turquie se prépare à contrer les célébrations du 100 ème anniversaire

Compte tenu des préparatifs de la diaspora arménienne à l’occasion du centième anniversaire du génocide des Arméniens de 1915, le minstère turc des Affaires étrangères se prépare de son côté a annoncé le site internet Haberturk.

source

L'utilisateur est hors-ligne dihyia
Forumeur alchimiste


06 octobre 2011 - 20:34 #9

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A Erevan, Sarkozy appelle la Turquie à reconnaître le "génocide arménien"

Le président français Nicolas Sarkozy a appelé jeudi la Turquie à "revisiter son histoire" en reconnaissant le "génocide arménien" de 1915 au cours de sa visite d'Etat en Arménie, première étape d'une tournée qui le conduira vendredi en Azerbaïdjan et en Géorgie.

"La Turquie, qui est un grand pays, s'honorerait à revisiter son histoire comme d'autres grands pays dans le monde l'ont fait, l'Allemagne, la France. On est toujours plus fort quand on regarde son histoire et le négationnisme n'est pas acceptable", a lancé Nicolas Sarkozy.

Comme le veut la tradition, M. Sarkozy a débuté son séjour en rendant hommage, avec son homologue arménien Serge Sarkissian, aux centaines de milliers de victimes du massacre ottoman perpétré en 1915 et 1916 en Turquie, en plantant un arbre dans le jardin du mémorial qui domine Erevan.

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L'utilisateur est hors-ligne dihyia
Forumeur alchimiste


28 février 2012 - 18:06 #10

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La loi a été censurée : La loi sur la négation des génocides jugée inconstitutionnelle

L'utilisateur est hors-ligne Grenouille Verte   XBannisX
Tu n'auras d'autre batracien devant ma face, 98 ans



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