yves-1902, le mercredi 21 novembre 2007 à 20:17, dit :
L'idée de Sarkozy de défiscaliser et décharger ces heures sup permettaient de palier à ces handicaps pour permettre à tout un chacun d'avoir des heures de travail, et donc du revenu, supplémentaire.
Tu sais bien que c'est sur ce passage que cette réforme part déjà du mauvais pied.
D'ailleurs sa mise en oeuvre le prouve, même si les entrepreneurs sont majoritairement pour ces défiscalisations, peu peuvent proposer ces heures supplémentaires. Et, quitte à répéter un refrain tant entendu, c'est rarement l'employé, le tout un chacun, qui choisit de bosser plus.
Citation
On comprend que les chefs d'entreprises veulent "pèter" bon nombres de verrous qui les empêchent d'être compétitifs,
Quels sont ces verrous ?
Pourquoi somme nous moins compétitifs en France ?
D'ailleurs, sommes nous aussi peu compétitifs qu'on peut le croire ?
Encore au risque de me répéter, tous les documents que je trouve concernant le coût du travail en France ne vont pas dans le sens des discours qu'on entend un peu partout dans les médias : les charges exorbitantes que paieraient les entrepreneurs ? Le coût du travail trop cher ?
Mais pourtant nous sommes loins d'avoir la main d'oeuvre la plus chère d'Europe. Et nous avons une des meilleurs productivité par unité de travail. Et nous sommes l'une des premières destinations à l'international pour l'installation de nouvelles entreprises, particulièrement les sièges sociaux.
Pourquoi n'entendons nous jamais cela ??
Un petit lien :
http://www.senat.fr/.../r98-48346.html
Surtout ce passage, éloquent :
Citation
En effet, si on se réfère aux pays de l'Union européenne, on constate que ceux qui ont les charges sociales les plus lourdes (France, Espagne, Suède) ont le plus souvent des salaires nets relativement faibles de sorte que le coût du travail n'y est pas spécialement plus élevé que dans les pays où les charges sociales sont plus faibles (Danemark et Pays-Bas). Comme le souligne Euzéby (1997), les coûts de main-d'oeuvre se présentent comme un tout, peu importe la manière dont ils se décomposent entre salaires directs et charges sociales
En d'autres termes, si nous pouvons effectivement critiquer quelquechose en France, ce serait les bas salaires, mais le coût de la main d'oeuvre ??
S'il s'agit de nous parler d'une fuite "des 'cerveaux", ou de profils moins bien rémunérés, cela laisserait entendre qu'on a plus aucun cadre compétent dans notre pays, tous ayant préféré emigrer en angleterre (je vous rassure, ce n'est pas le cas

).
De plus, les charges qui "abaissent" nos salaires sont destinées à l'usage des services publics, du financement de nos retraites, de notre sécurité sociale. Ce sont des rétributions indirectes, qui nous garantissent d'ailleurs parmi les meilleurs systèmes sociaux et éducatifs au monde (même si effectivement c'est loin d'être parfait, ce n'est pas pour cela que c'est pas pire ailleurs ^^). Et faut-il rappeler que ces domaines participent à l'attractivité du pays ?
La fin du document présente une différence avec le Danemark: là bas, les habitants recoivent davantage de salaire, les cotisations sociales étant moins élevées. Par contre, à l'autre bout, l'impôt sur le revenu est bien plus ... imposant. Ce qui au final revient au mêmes mesures de pouvoir d'achat. On peut certe comparer après les deux démarches.
Tiens, un autre lien sur l'attractivité, plus subjectif, forcément, c'est de la pub pour notre beau pays, mais ce sont surtout les arguments qui sont intéressants :
http://www.invest-in-france.org/internatio...-en-France.html
Bref, la France est-elle si pauvre, si peu compétitive ?
J'ai, personnellement, plutôt l'impression que la France est une jolie table de jeu où passe de gros jetons, mais qu'au final la captation de ces richesses ne se fait plus, et que sur ce qu'elle produit, la France ne ramasse que peu.
Enfin, c'est une impression.
Bon, cette description est certes un poil angélique, naïve, mais à force de lire la version armagedonienne, ce serait bien d'arrêter de lancer des vérités ou des aprioris qui sont souvent peu fondés, si ce n'est dans un imaginaire collectif masochiste. Et avoir une vision plus objective.
Concernant les "verrous" pour les employeurs, on a peut-être à faire des progrès niveau paperasserie et tout ça.
Mais si par "verrous" on entend les limites qui garantissent un certain respect des salariés, s'il s'agit d'ajuster des paramètres pour exploiter plus facilement le péquin moyen, appuyer un peu plus sur le citron et jeter la peau après, je pense qu'au vu des résultat lorsqu'on compare la position des pays, ca ne vaut certainement pas le coup.
Donc, Mme Parisot a beau jeu de se soucier du pouvoir d'achat des Français, j'ai comme la légère impression que sa grande mansuétude n'est pas placée où elle le laisserait croire.
Bref, la France ne présente peut être d'aussi bonnes notes sur le papier que ses voisins, mais elle reste pour moi un bien meilleur endroit où vivre pour une majorité de personnes qui n'ont pas eu la chance de naître dans un 300m2 à Neuilly.
Ce message a été modifié par Pheldwyn - 22 novembre 2007 - 01:03.