Version complète : l'alphabet des écrivains et de leurs oeuvres
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chirona
Voilà, comme j'adore la littérature et que j'aime en faire la promotion, je vous propose l'alphabet des écrivains. Il faut donner le nom d'un écrivain et proposer une de ses oeuvres : cela peut-être l'extrait d'un livre, un résumé, un poème...


a comme Hans Christian Andersen (1805-1875) : La petite sirène

Et voici l'extrait où la petite sirène va voir la sorcière:

Elle arriva dans la forêt à un espace visqueux où s'ébattaient de grandes couleuvres d'eau montrant des ventres jaunâtres, affreux et gras. Au milieu de cette place s'élevait une maison construite en ossements humains. La sorcière y était assise et donnait à manger à un crapaud sur ses lèvres, comme on donne du sucre à un canari. - Je sais bien ce que tu veux, dit la sorcière, et c'est bien bête de ta part ! Mais ta volonté sera faite car elle t'apportera le malheur, ma charmante princesse. Tu voudrais te débarrasser de ta queue de poisson et avoir à sa place deux moignons pour marcher comme le font les hommes afin que le jeune prince s'éprenne de toi, que tu puisses l'avoir, en même temps qu'une âme immortelle. A cet instant, la sorcière éclata d'un rire si bruyant et si hideux que le crapaud et les couleuvres tombèrent à terre et grouillèrent.

- Tu viens juste au bon moment, ajouta-t-elle, demain matin, au lever du soleil, je n'aurais plus pu t'aider avant une année entière. Je vais te préparer un breuvage avec lequel tu nageras, avant le lever du jour, jusqu'à la côte et là, assise sur la grève, tu le boiras. Alors ta queue se divisera et se rétrécira jusqu'à devenir ce que les hommes appellent deux jolies jambes, mais cela fait mal, tu souffriras comme si la lame d'une épée te traversait. Tous, en te voyant, diront que tu es la plus ravissante enfant des hommes qu'ils aient jamais vue. Tu garderas ta démarche ailée, nulle danseuse n'aura ta légèreté, mais chaque pas que tu feras sera comme si tu marchais sur un couteau effilé qui ferait couler ton sang. Si tu veux souffrir tout cela, je t'aiderai.
- Oui, dit la petite sirène d'une voix tremblante en pensant au prince et à son âme immortelle.
- Mais n'oublie pas, dit la sorcière, que lorsque tu auras une apparence humaine, tu ne pourras jamais redevenir sirène, jamais redescendre auprès de tes sœurs dans le palais de ton père. Et si tu ne gagnes pas l'amour du prince au point qu'il oublie pour toi son père et sa mère, qu'il s'attache à toi de toutes ses pensées et demande au pasteur d'unir vos mains afin que vous soyez mari et femme, alors tu n'auras jamais une âme immortelle. Le lendemain matin du jour où il en épouserait une autre, ton cœur se briserait et tu ne serais plus qu'écume sur la mer.
- Je le veux, dit la petite sirène, pâle comme une morte.
- Mais moi, il faut aussi me payer, dit la sorcière, et ce n'est pas peu de chose que je te demande. Tu as la plus jolie voix de toutes ici-bas et tu crois sans doute grâce à elle ensorceler ton prince, mais cette voix, il faut me la donner. Le meilleur de ce que tu possèdes, il me le faut pour mon précieux breuvage ! Moi, j'y mets de mon sang afin qu'il soit coupant comme une lame à deux tranchants.
- Mais si tu prends ma voix, dit la petite sirène, que me restera-t-il ?
- Ta forme ravissante, ta démarche ailée et le langage de tes yeux, c'est assez pour séduire un cœur d'homme. Allons, as-tu déjà perdu courage ? Tends ta jolie langue, afin que je la coupe pour me payer et je te donnerai le philtre tout puissant.
- Qu'il en soit ainsi, dit la petite sirène...
Kinwena
Très bonne idée chirona... Euh, là j'ai pas du tout le temps, je pars en partiel, mais je viendrai fouiner ici ce soir smile.gif
chirona
Je continue mais j'espère que je ne serai pas la seule à illustrer ce topic crying8vr.gif

b comme Honoré de Balzac : La peau de chagrin

Raphaël veut mourir. Le jeune homme entre par hasard dans la boutique d'un mystérieux antiquaire qui lui offre une peau de chagrin. Cette dernière est capable de réaliser tous les désirs. Cependant, à chaque voeu exaucé, l'objet magique rétrécit et la vie de son propriétaire raccourcit également...
grododo
bien sur que non tu seras pas seule!!! thumbsup.gif

donc, C

j'ai fait amstragram pour choisir, (en esperant qu'on fera plusieurs fois le tour de l'alphabet pour mettre mes autres auteurs adores en C!!)

Tracy Chevalier "La jeune fille a la perle"

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l'âge d'or de la peinture hollandaise. Griet s'occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s'efforçant d'amadouer l'épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.

Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l'introduit dans son univers. À mesure que s'affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville... Un roman envoûtant sur la corruption de l'innocence, l'histoire d'un cœur simple sacrifié au bûcher du génie

voila!! wink1.gif smile.gif

chirona
Merci Grododo, je n'en attendais pas moins de ta part smile.gif . Je ne peux m'empêcher d'illustrer ton exemple par le magnifique tableau évoqué par ce roman.

Kinwena
Rah, les filles, vous choisissez que des bouquins que j'aime heart.gif

Bon, allez, je me bouge biggrin.gif

Alors D... Soyons classique, Dumas...

Avec ses Trois Mousquetaires (oui, je sais, je me fatigue pas trop... Mais vous avez vu l'heure? tongue.gif)

" Rien ne fait marcher le temps et n'abrège la route comme une pensée qui absorbe en elle-même toutes les facultés de l'organisation de celui qui pense. L'existence extérieure ressemble alors à un sommeil dont cette pensée est le rêve. Par son influence, le temps n'a plus de mesure, l'espace n'a plus de distance. On part d'un lieu, et l'on arrive à un autre, voilà tout. De l'intervalle parcouru, rien ne reste présent à votre souvenir qu'un brouillard vague dans lequel s'effacent mille images confuses d'arbres, de montagnes et de paysages."
grododo
E

Umberto Eco "le nom de la rose"


An de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et partisans d'un pape amateur de richesses. Dès son arrivée, il se voit prié par l'abbé de découvrir au plus vite la raison de la mort violente d'un de ses moines, retrouvé assassiné. L'inquisiteur Bernard Gui, dont la réputation de cruauté n'est plus à faire, est attendu, et l'abbé craint pour l'avenir de son abbaye. Tel un ancêtre de Sherlock Holmes, Baskerville se met à l'ouvrage, assisté du jeune Adso de Melk. D'autres morts vont venir compliquer sa tâche.


c'est le seul que j'avais chez moi en E!

@chirona, merci pour le tableau, je le trouve vraiment magnifique! j'ai appris que c'est lui qui avait fait la laitiere, tableau qui a inspire une celebre marque de yaourt!! biggrin.gif

@kinwena: j'adore les trois mousquetaires!!!un vrai regal!
Kinwena
Alors, en F

Je propose R.E. Feist, l'auteur des sublimissimes Chroniques de Krondor (oui, oui, je prépare les fiches biggrin.gif)

Avec le résumé du premier tome, Pug l'apprenti (j'aurais bien mis le résumé de mon tome préféré, mais vous n'y auriez rien compris biggrin.gif)

"Des forêts côtières du royaume des Iles, Pug l'orphelin vient étudier avec le maître mage Kalgan. Mais bien que son courage lui vaille la reconnaissance de la cour ainsi que le coeur d'une adorable princesse, l'approche traditionnelle de la magie ne le satisfait pas.

Pourtant l'étrange pratique de la magie de Pug changera un jour et à jamais les destinées de deux mondes. Car de sombres entités d'un monde reculé au-delà du temps et de l'espace ont ouvert une faille dans la matière même de la réalité, suscitant à nouveau l'antique affrontement entre les forces de l'Ordre et du Chaos"

@ grododo: Et moi j'adore Le nom de la rose wink1.gif
grododo
alors en G, j'ai beaucoup hesite aussi mais vu que beaucoup connaissent anna gavalda j'ai choisi

Jostein Garder, "Le mystere de la patience" un livre fantastique!

avec ce roman, construit autour des 52 cartes du jeu de la patience, Jostein Gaarder met en scene Hans-Thomas, un enfant de 12 ans. Accompagne de son pere, il part a la recherche de sa mere qui a quitte le foyer pour vivre en Grece. Et au fil de ce parcous initiatique vers le pays des philosophes, l'univers imaginaire du contenu va peu a peu entrer en resonance avec l'itineraire d'un enfant curieux des mysteres de notre monde. Entre voyage reel et periple merveilleux, Le mystere de la patience met en lumiere les vertus de la reflexion de la tolerance, de l'independance d'esprit et, bien sur, de la patience. Mais c'est aussi, et surtout, une initiation subtile aux grandes questions de la philosophie, celle que pose le Joker: "Qui sommes-nous? D'ou venons-nous?"


@kinwena: je pensais que tu mettrais Jim Fergus!! tongue.gif
Kinwena
J'aurais pu grododo... Mais Feist est vraiment au dessus tongue.gif

Bon alors, en H... Parce que j'ai pas le temps de réfléchir... Victor Hugo...

Avec un poème que j'adore: Les Djinns (désolée, c'est long, mais on peut pas couper un morceau, une des interêts principaux de ce poème est sa structure...

Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit.

La voix plus haute
Semble un grelot.
D'un nain qui saute
C'est le galop.
Il fuit, s'élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d'un flot.

La rumeur approche,
L'écho la redit.
C'est comme la cloche
D'un couvent maudit,
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule
Et tantôt s'écroule
Et tantôt grandit.

Dieu! La voix sépulcrale
Des Djinns!... - Quel bruit ils font!
Fuyons sous la spirale
De l'escalier profond!
Déjà s'éteint ma lampe,
Et l'ombre de la rampe..
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu'au plafond.

C'est l'essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant.
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau lourd et rapide,
Volant dans l'espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près! - Tenons fermée
Cette salle ou nous les narguons
Quel bruit dehors! Hideuse armée
De vampires et de dragons!
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu'une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée,
Tremble, à déraciner ses gonds.

Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure!
L'horrible essaim, poussé par l'aquillon,
Sans doute, o ciel! s'abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l'on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu'il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon!

Prophète! Si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J'irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs!
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d'étincelles,
Et qu'en vain l'ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs!

Ils sont passés! - Leur cohorte
S'envole et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L'air est plein d'un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés!

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît.
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l'on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d'une voix grêle
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d'un vieux toit.

D'étranges syllabes
Nous viennent encor.
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s'élève,
Et l'enfant qui rêve
Fait des rêves d'or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leur pas;
Leur essaim gronde;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu'on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s'endort,
C'est la vague
Sur le bord;
C'est la plainte
Presque éteinte
D'une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit...
J'écoute: -
Tout fuit,
Tout passe;
L'espace
Efface
Le bruit.

grododo
I comme Irving John et "Une priere pour Owen"
un livre "decale" mais prenant et renversant!


une petite citation:

Citation
Quand meurt,de façon inattendue, une personne aimée,on ne la perd pas tout en bloc; on la perd par petits morceaux,et ça peut durer très longtemps.Ses lettres n'arrivent plus, son parfum qui s'efface sur les oreillers et sur les vêtements. Progressivement, on additionne les pièces manquantes. Puis vient le jour où l'un de ces manques fait déborder la coupe du souvenir; on comprend qu'on l'a perdue, pour toujours..»
Kinwena
Jolie citation smile.gif

Euh, pas le temps de poster un auteur, je suis encore en retard... Mais je remonte quand même le sujet...
grododo
Citation (Kinwena @ vendredi 16 mai 2008 à 15:09) *
Jolie citation smile.gif

Euh, pas le temps de poster un auteur, je suis encore en retard... Mais je remonte quand même le sujet...



merki wink1.gif

alors je suis desolee masi je n'ai pas trouve d'auteur en J, je laisse cette lettre en suspens pour celui qui voudra bien combler cette lacune!

je passe donc a la lettre K avec Daniel Keyes bien sur!! souvenez vous notre premiere lecture collective!!! pour ceux qui ne connaissent pas c'est ici

Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie.

C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jours les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner â l'état de bête...

voila!! cool.gif
Vyvyan
James Joyce;

Ulysses

Le roman relate les pérégrinations apparemment banales de son héros, Leopold Bloom, petit bourgeois sans histoire, d'origine juive (mais dont les parents se sont convertis au protestantisme), à travers des lieux réels de Dublin. L'action se déroule sur la journée du 16 juin 1904, de 8 heures du matin à 3 heures dans la nuit.

La construction du roman fait en réalité référence à l'Odyssée d'Homère, les voyages d'Ulysse étant figurés, et parodiés, par les déplacements de Léopold dans la ville. Chaque chapitre fait référence de façon cachée aux aventures d'Ulysse, mais aussi à un organe du corps humain, à une couleur, à un art et à un symbole. Les 18 épisodes sont regroupés en trois grandes parties suivant le plan de l'original: la Télémachie, l’Odyssée, le Nostos. Les trois chapitres de la Télémachie ne font pas référence à un organe, mais sont centrés sur un autre personnage, Stephen Dedalus, ami de Léopold. Dedalus figure Télémaque, mais aussi James Joyce lui-même, et également l'auto-biographe de Portrait de l'artiste en jeune homme (1915), quelques années plus tard. Ce roman comporte ainsi plusieurs niveaux de lecture, selon les différentes clés qui le décodent.

La construction et les différentes techniques d'écriture utilisées, qui changent à chaque épisode, obtinrent un large écho lors de sa parution. Rédigé entre 1914 et 1921, il fut publié par épisodes dans une revue américaine, puis censuré. La première parution eut lieu à Paris en 1922, seule parution de la librairie Shakespeare and Company, fondée par une Américaine (Sylvia Beach).

Dans cette œuvre Joyce réinvente le roman plusieurs fois, par les changements de style, en s'affranchissant des barrières du langage, et en déplaçant l'objet du roman: de la narration des événements à la narration elle-même et aux pensées intérieures des personnages. On y suit les pensées telles qu'elles apparaissent, se transforment. Le roman s'achève par le monologue-fleuve de la femme de Léopold, long de 38 pages et découpé en seulement huit phrases.

Ulysse est une œuvre somme, très savante, parodie des épisodes d'Ulysse par des descriptions très basiques et précises des moments de la vie quotidienne, ainsi que du flux des pensées qui en découle chez les différents personnages. Ces descriptions tentent en effet de capturer « ce qu'est la vie », dans le contexte de la modernité du début du XXe siècle.

La première traduction française a été commencée dès 1924 et fut faite principalement par Auguste Morel, avec une participation et une supervision de Valery Larbaud. Sa publication date de 1929[1].
carnifex
Karl Marx

Le manifeste du parti communiste

Citation
Les prolétaires n'ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !



- c'est pas de la littérature, mais c'est toujours un "K" de trouvé -
grododo
c'est drole chez moi Karl Marx c'est la lettre M! whistling1.gif tongue.gif

donc on passe au L... je choisi Primo Levi "si c'est un homme"
un livre qu'il faut connaitre absolument et surtout ne pas oublier


Ce livre est sans conteste l'un des témoignages les plus bouleversants sur l'expérience indicible des camps d'extermination. Primo Levi y décrit la folie meurtrière du nazisme qui culmine dans la négation de l'appartenance des juifs à l'humanité. Le passage où l'auteur décrit le regard de ce dignitaire nazi qui lui parle sans le voir, comme s'il était transparent et n'existait pas en tant qu'homme, figure parmi les pages qui font le mieux comprendre que l'holocauste a d'abord été une négation de l'humain en l'autre. Si rien ne prédisposait l'ingénieur chimiste qu'était Primo Levi à écrire, son témoignage est pourtant devenu un livre qu'il importe à chaque membre de l'espèce humaine d'avoir lu pour que la nuit et le brouillard de l'oubli ne recouvrent pas à tout jamais le souvenir de l'innommable, pour que jamais plus la question de savoir "si c'est un homme" ne se pose. De ce devoir de mémoire, l'auteur s'est acquitté avant de mettre fin à ses jours, tant il semble difficile de vivre hanté par les fantômes de ces corps martyrisés et de ces voix étouffées.



chirona
Merci à tous ceux qui ont participé à ce topic et j'espère que vous serez encore nombreux thumbsup.gif

Alors, pour le K je propose Franz Kafka avec La Métamorphose

L
a Métamorphose est une nouvelle écrite par Kafka en 1912, alors que l'auteur, un simple fonctionnaire de Prague, était âgé de 29 ans. Ce récit, probablement le plus connu de Kafka, est également le plus énigmatique.
Sur une centaine de pages, l'auteur nous fait la narration de la nouvelle vie de Grégoire Samsa, simple représentant de commerce qui s'est éveillé un beau matin "transformé en une véritable vermine". C'est à dire que Samsa est devenu un insecte humain. Etant la seule source de revenus ou presque de sa famille (ses 2 parents et sa soeur), il va devoir faire face aux difficultés que crée sa nouvelle situation, dont bien entendu l'impossibilité de toute vie sociale... et familiale.

J'ai lu cette nouvelle quand j'étais étudiante et je l'avais trouvée assez particulière : je ne peux pas dire que j'ai aimé mais je ne peux pas non plus dire le contraire. En tout cas, l'histoire interpelle.

En M, je choisirai le grand Molière. J'avoue que je garde un très bon souvenir de Tartuffe.
Tartuffe est un imposteur, un aventurier laïc qui, sous couvert de dévotion, tente de diriger les consciences d'une famille bourgeoise afin d'accaparer ses biens. Molière vise dans cette pièce les faux dévots, notamment la puissante Compagnie du Saint-Sacrement qui, si elle n'était pas approuvée par le roi, jouissait du soutien de la reine-mère. L'auteur prend ici beaucoup de risques et radicalise sa satire sociale.

Voici un extrait : Acte III, scène 2



Voici une scène particulièrement forte sur un plan dramatique. En effet, le spectateur aura dû attendre la scène 2 de l'acte III pour enfin voir, en chair et en os, ce Tartuffe dont tout le monde parle depuis le début de la pièce.
SCÈNE 2. TARTUFFE, LAURENT, DORINE.

TARTUFFE, apercevant Dorine.

Laurent, serrez ma haire avec ma discipline,
Et priez que toujours le ciel vous illumine.
Si l'on vient pour me voir, je vais aux prisonniers
Des aumônes que j'ai partager les deniers.


DORINE

Que d'affectation et de forfanterie !

TARTUFFE

Que voulez-vous ?

DORINE

Vous dire...

TARTUFFE. Il tire un mouchoir de sa poche.

Ah ! Mon Dieu, je vous prie,
Avant que de parler prenez-moi ce mouchoir.

DORINE

Comment ?

TARTUFFE

Couvrez ce sein que je ne saurais voir :
Par de pareils objets
les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.


DORINE

Vous êtes donc bien tendre à la tentation,
Et la chair sur vos sens fait grande impression ?
Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte :
Mais à convoiter, moi, je ne suis point si prompte,
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas.


TARTUFFE

Mettez dans vos discours un peu de modestie,
Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.


DORINE

Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repos,
Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots.
Madame va venir dans cette salle basse,
Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.


TARTUFFE

Hélas ! Très volontiers.

DORINE, en soi-même.

Comme il se radoucit !
Ma foi, je suis toujours pour ce que j'en ai dit.


TARTUFFE

Viendra-t-elle bientôt ?

DORINE

Je l'entends, ce me semble.
Oui, c'est elle en personne, et je vous laisse ensemble.




grododo
donc on passe au N, avec Amelie Nothomb et son fameux "Metaphysique des tubes" (je pense que tu es d'accord avec moi chirona! wink1.gif biggrin.gif )


"Il existe des êtres qui ne subissent pas la loi de l'évolution. Ce sont les légumes cliniques", ou des tubes par où circule seule la nourriture. Ces tubes ne sont pas pour autant sans cervelle puisqu'il arrive que celle-ci, suite à un "accident fatal", se réveille soudain, et déclenche la vie. C'est exactement ce qu'a vécu la (très) jeune narratrice de Métaphysique des tubes durant les deux premières années de sa vie qui furent muettes, immobiles, végétatives, bref divines. Au sens propre, car ce singulier bébé n'ignore pas qu'il est Dieu lui-même, méditant sur ce monde qu'il hésite à rejoindre. Sous forme de monologues intérieurs, considérations philosophico-drolatiques, on déguste le récit de ces trois premières années d'une vie française au Japon, pays merveilleux où de la naissance à la maternelle, l'enfant est un dieu.
Kinwena
Euh... Pas d'idée pour le O là tout de suite... Et même si j'en avais une, je posterais pas, parce que je veux pas faire de double post, et qu'on se le dise, le P est à moi biggrin.gif (attention, je mords si je peux pas placer Pullman tongue.gif)

Du coup je fais remonter le topic ^^
chirona
Merci Grododo pour ton choix d'Amélie Nothomb et spécialement Métaphysique des tubes qui est excellent. Je continue à dire que ses meilleurs romans sont ceux d'inspiration autobiographique.
Je continue donc avec George Orwell et son célèbre 1984.

"La souffrance par elle-même ne suffit pas toujours. Il y a des cas où les êtres humains supportent la douleur, même jusqu'à la mort. Mais il y a pour chaque individu quelque chose qu'il ne peut supporter, qu'il ne peut contempler. Il ne s'agit pas de courage ni de lâcheté. Quand on tombe d'une hauteur, ce n'est pas une lâcheté que de se cramponner à une corde. Quand on remonte du fond de l'eau, ce n'est pas une lâcheté que de s'emplir les poumons d'air. C'est simplement un instinct auquel on ne peut désobéir."


C'est avec plaisir que je te laisse le P Kinwena thumbsup.gif
Kinwena
Merci Chirona wink1.gif

Alors donc, en P, Philip Pullman... Dont la série la plus connue est les trilogie A la Croisée des Mondes, mais qui a aussi écrit d'autre livres moins connus, comme la série des Sally Lockhart... Et qui est un de mes auteurs préférés (même si oui, c'est plutôt un auteur jeunesse... Que j'aime toujours autant en grandissant).

Donc allez, un chtit extrait... Vaguement spoiler...

"Viens, lui dit-elle, on est tous là, on n'est pas blessés. Et maintenant, on voit ou on va. Alors, continue d'avancer, continue. On ne peut pas faire autrement que de contourner ce...( Elle désigna l'abîme à ses pieds.) On est obligés de continuer. Je te jure que Will et moi, on ira jusqu'au bout. Alors, n'aie pas peur, n'abandonne pas, ne traine pas derrière. Fais passer le message aux autres. Je ne peux pas me retourner sans cesse, je dois regarder ou je mets les pieds. Je dois être sûre que tu nous suis, d'accord?
Le petit fantôme hocha la tête. Alors, dans un silence angoissé, la colonne des morts reprit son chemin en longeant le gouffre. Combien de temps il leur fallut, ni Will ni Lyra n'auraient su le dire; à quel point c'était effrayant et dangereux, pas une seconde ils ne pouvaient l'oublier. L'obscurité était si intense dans le gouffre qu'elle semblait attirer le regard vers elle, et une sensation de vertige terrifiante s'emparait d'eux dès qu'ils regardaient en bas. Chaque fois qu'ils le pouvaient, ils fixaient devant eux une pierre, une prise, une saillie, une plaque de graviers instables, et ils évitaient ainsi de regarder l'abîme, mais celui-ci les tentait, il les appelait. Ils ne pouvaient s'empêcher d'y jeter un coup d'oeil et, aussitôt, ils se sentaient vaciller, leur vision se mettait à tournoyer, et une horrible nausée les submergeait."
chirona
Pour la lettre Q je propose Yann Queffelec avec Les Noces barbares

Résumé
Le chant d'amour de Ludo, enfant d'un viol, haï par sa mère, enfermé dans un grenier puis dans un centre psychiatrique... Un roman âpre et poignant sur la relation d'une mère et de son fils.

Je n'ai toujours pas eu le courage de lire ce roman qui dort dans ma bibliothèque depuis un certain temps. Je trouve le thème de l'histoire très difficile. Cela me fait penser à L'été meurtrier.



Citation (Kinwena @ lundi 19 mai 2008 à 06:25) *
Merci Chirona wink1.gif


Mais de rien Kinwena wink1.gif
Kinwena
Alors en R... Je résiste pas Ronsard, que j'adore...

Et je cite (dur de choisir entre l'ode à Cassandre et les sonnets pour Hélène tongue.gif)


Mignonne, allons voir si la rose
A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.


Chirona, le livre dont tu parles à l'air effectivement très interessant... et pourtant je te comprends.. Y'a des livres qui sont durs à ouvrir...


grododo
bravo chirona pour la lettre Q, je n'arrivais pas a trouver!! tongue.gif

donc pour le S je propose Schmitt Eric-Emmanuel avec Oscar et la dame rose
un des plus beau roman que j'ai lu a ce jour!!


Voici les lettres adressées à Dieu par un enfant de dix ans. Elles ont été retrouvées par Maorie Rose, la dame rose qui vient lui rendre visite à l'hôpital pour enfants. Elles décrivent douze jours de la vie d'Oscar, douze jours cocasses et poétiques, douze jours pleins de personnages drôles et émouvants. Ces douze jours seront peut-être les douze derniers. Mais, grâce à Mamie Rose qui noue avec Oscar un très fort lien d'amour, ces douze jours deviendront légende.

j'espere qu'il y aura un autre tour de l'alphabet car il y a d'autes auteurs en S que j'adore! wink1.gif
chirona
Un grand merci à Kinwena et à Grododo qui font vivre ce topic thumbsup.gif

Je rajoute un merci à Kinwena qui m'a permis de relire un poème de Ronsard que j'adore.

En T, je propose Jean Tardieu.

"Le tombeau de Monsieur Monsieur"

Dans un silence épais
Monsieur et Monsieur parlent
c'est comme si Personne
et Rien dialoguait.
L'un dit : Quand vient la mort
pour chacun d'entre nous
c'est comme si personne
n'avait jamais été.
Aussitôt disparu
qui vous dit que je fus ?


- Monsieur, répond Monsieur,
plus loin que vous j'irai :
aujourd'hui ou jamais
je ne sais si j'étais.
Le temps marche si vite
qu'au moment où je parle
(indicatif-présent)
je ne suis déjà plus
ce que j'étais avant.
Si je parle au passé
ce n'est pas même assez
il faudrait je le sens
l'indicatif-néant.


- C'est vrai, reprend Monsieur,
sur ce mode inconnu
je conterai ma vie
notre vie à tous deux :
A nous les souvenirs !
Nous ne sommes pas nés
nous n'avons pas grandi
nous n'avons pas rêvé
nous n'avons pas dormi
nous n'avons pas mangé
nous n'avons pas aimé.


Nous ne sommes personne
et rien n'est arrivé.







Kinwena
Un grand merci à toi pour l'avoir créé Chirona... J'adore ce sujet, vraiment smile.gif

Bon par contre, toujours pas trouvé en U... Je cherche encore un peu, puis je reviens biggrin.gif


Edit: Bon, je trouve toujours pas... On m'a suggéré Uderzo quand j'ai demandé autour de moi...
grododo
moi non plus je n'ai pas trouve en U

je passe discretement au V whistling1.gif

donc un petit clin d'oeil a chirona avec Vargas Fred et "Pars vite et reviens tard" wink1.gif

Pour avoir rossé un armateur responsable de la mort de deux marins, Joss Le Guern, capitaine du chalutier Le Vent de Norois, a connu la prison, puis le chômage avant d'échouer à Paris et de devenir "crieur", place Edgar Quinet. Trois fois par jour, Joss relève les messages, accompagnés de pièces ou de billets, que ses clients ont déposés dans sa boîte et, trois fois par jour, perché sur une estrade, il crie les nouvelles devant les habitués du quartier. Un jour, Joss découvre dans sa boîte une étrange missive qui se révèle inquiétante. C'est tout au moins ce que pense Hervé Decambrais, un septuagénaire qui allie à la broderie de napperons une érudition peu commune. Et comme ces messages bizarres continuent d'arriver trois fois par jour, il va déployer tous ses efforts pour en détecter le sens caché.
Le commissaire principal Jean-Baptiste Adamsberg, qui vient d'être affecté à l'antenne du XIIIe arrondissement de la brigade criminelle, reçoit Maryse. La jeune femme est affolée d'avoir découvert peint en noir sur presque toutes les portes de son immeuble un grand 4 inversé accompagné des lettres CLT. Le policier se décide à prendre l'affaire au sérieux lorsque des tags similaires sont découverts dans un autre arrondissement et qu'un cadavre est retrouvé, la peau enduite de charbon. Bientôt les deux affaires vont se recouper.
aya
En "u" il y a Honoré d'Urfé qui a écrit l'Astrée :

« Auprès de l’ancienne ville de Lyon, du côté du soleil couchant, il y a un pays nommé Forez, qui en sa petitesse contient ce qu’il y a de plus rare au reste des Gaules… Plusieurs ruisseaux en divers lieux vont baignant la plaine de leurs claires ondes, mais l’un des plus beaux est Lignon, qui vagabond en son cours, aussi bien que douteux en sa source, va serpentant par cette plaine depuis les hautes montagnes de Cervières et de Chalmazel jusque à Feurs où Loire le recevant, et lui faisant perdre son nom propre, l’emporte pour tribut à l’Océan. »
Kinwena
En W, James Welch... Ecrivain amérindien...

Avec le résumé de L'hiver dans le sang:

Le narrateur de ce beau conte, parfois si étrange, est un jeune homme sensible, mais auto-destructeur, qui vit dans la réserve des Blackfoot, dans le Montana. Il est hanté par des souvenirs, celui d'un frère ainé, mort à l'âge de quatorze ans; celui de son père (qui faisait rire les hommes blancs au bar local), retrouvé mort congelé dans la neige; et ceux de son héritage, jadis fier. Il accomplit son travail en somnambule, et se console avec les femmes. Les visions qu'il a, et les échos qu'il entend sont avalés par le vaste vide du Montana. Et pourtant il se bat contre ce vide, cherchant quelque chose qui le lierait à la terre de ses ancêtres.

(Je vous aurait bien mis un extrait, mais je ne l'ai qu'en version anglaise... tongue.gif)


Grododo, on dira rien pour le petit bond en avant wink1.gif
aya
En X, y a Xénophon d'Ephèse qui a écrit les Ephésiaques.

"Les Ephésiaques, ou les Amours d'Abrocome et d'Anthée, roman grec, en 5 livres, de Xénophon d'Éphèse, auteur que quelques savants placent au IIe siècle après J.-C., mais qu'on rapporte plus communément au IVe ou au Ve. On suit dans cet ouvrage l'histoire de deux jeunes époux d'Éphèse, qui, voyageant pour prévenir l'effet de sinistres prédictions, se trouvent bientôt séparés, et qui, au milieu des contrées diverses où la fortune les conduit, malgré des séductions et des périls de toute sorte, conservent la fidélité conjugale. Le livre ne manque ni de facilité ni d'agrément. Le style en est plutôt nu que simple, et sa clarté a quelque chose de pâle et d'un peu vulgaire. Le fond est à peu près le même que celui des Babyloniques, sauf les scènes de sorcellerie; et les aventures sont beaucoup moins invraisemblables."
source
grododo
Citation (Kinwena @ jeudi 22 mai 2008 à 21:04) *
Grododo, on dira rien pour le petit bond en avant wink1.gif



merki! heureusement aya a bien rattrape le coup! biggrin.gif
aya
Pour el U et le X j'ai trouvé une fois, je garantis pas que je retrouverai la prochaine biggrin.gif
Kinwena
En Y, Yeats, poète et écrivain Irlandais...

Avec un extrait du recueil La Tour (oui, je vous ai fait grace de la VO, j'ai trouvé une version traduite ^^)



Les nouveaux visages
Maintenant que vous êtes vieille, si vous veniez à mourir
La première, ni le catalpa, ni le tilleul odorant n’entendraient
Mes pas de vivant, et je ne retournerais pas où nous forgeâmes
Des œuvres que le Temps ne pourra entamer.
Que les nouveaux visages, dans les salles anciennes, déploient
Tous les tours qu’ils veulent ; la nuit peut l’emporter sur le jour,
Nos ombres vagabondes errer encore dans les allées de gravier,
Et les vivants, qui sait, paraître moins vivants que les ombres


Et si tu bloques, grododo, saute pas, j'ai un Z sous la main tongue.gif
chirona
Merci pour le poème Kinwena, il est très beau.

En Z, je propose un auteur que j'aime beaucoup : Emile Zola.
Voici le résumé de mon roman préféré. Je vous en recommande vivement la lecture :
Au bonheur des dames : Le Second Empire vise à faire de Paris la capitale de la mode et du luxe. La ville se modernise. Les boutiques du Paris ancien laissent place peu à peu aux grands magasins, dans le voisinage des boulevards et de la gare Saint-Lazare. La nouvelle architecture illustre l'évolution des goûts : on entre dans le royaume de l'illusion. Octave Mouret, directeur du Bonheur des Dames, se lance dans le nouveau commerce.

Au Bonheur des Dames est publié en 1883, c'est le 11ème volume de la série les Rougon-Macquart. À travers une histoire sentimentale à l'issue inhabituellement heureuse, le roman entraîne le lecteur dans le monde des grands magasins, l'une des innovations du Second Empire. Le modèle du personnage de Octave Mouret est Auguste Hériot, co-fondateur des Grands Magasins du Louvre.

Voici un extrait :

"Denise hocha la tête. Elle avait passé deux ans là-bas, chez Cornaille, le premier marchand de nouveautés de la ville; et ce magasin, rencontré brusquement, cette maison énorme pour elle, lui gonflait le coeur, la retenait, émue, intéressée, oublieuse du reste. Dans le pan coupé donnant sur la place Gaillon, la haute porte, tout en glace, montait jusqu'à l'entresol, au milieu d'une complication d'ornements, chargés de dorures. Deux figures allégoriques, deux femmes riantes, la gorge nue et renversée, déroulaient l'enseigne: Au Bonheur des dames. Puis, les vitrines s'enfonçaient, longeaient la rue de la Michodière et la rue Neuve-Saint-Augustin, où elles occupaient, outre la maison d'angle, quatre autres maisons, deux à gauche, deux à droite, achetées et aménagées récemment. C'était un développement qui lui semblait sans fin, dans la fuite de la perspective, avec les étalages du rez-de-chaussée et les glaces sans tain de l'entresol, derrière lesquelles on voyait toute la vie intérieure des comptoirs. En haut, une demoiselle, habillée de soie, taillait un crayon, pendant que, près d'elle, deux autres dépliaient des manteaux de velours."


aya
En "A" : Guillaume Apollinaire
Poèmes à Lou


XXIII

Quatre jours mon amour pas de lettre de toi
Le jour n'existe plus le soleil s'est noyé
La caserne est changée en maison de l'effroi
Et je suis triste ainsi qu'un cheval convoyé

Que t'es-t-il arrivé souffres-tu ma chérie
Pleures-tu Tu m'avais bien promis de m'écrire
Lance ta lettre obus de ton artillerie
Qui doit me redonner la vie et le sourire

Huit fois déjà le vaguemestre a répondu
« Pas de lettres pour vous Et j'ai presque pleuré
Et je cherche au quartier ce joli chien perdu
Que nous vîmes ensemble ô mon cœur adoré

En souvenir de toi longtemps je le caresse
Je crois qu'il se souvient du jour où nous le vîmes
Car il me lèche et me regarde avec tendresse
Et c'est le seul ami que je connaisse à Nîmes

Sans nouvelles de toi je suis désespéré
Que fais-tu Je voudrais une lettre demain
Le jour s'est assombri qu'il devienne doré
Et tristement ma Lou je te baise la main
Kinwena
En B, Dee Brown... Auteur de Enterre mon coeur à Wounded Knee, livre retraçant la fin des combats entre américains et amérindiens.
Je n'arrive pas à trouver d'extrait (c'est un livre qui date un peu), mais je vous conseille vraiment de le lire si vous en avez l'occasion... C'est une pure merveille.
Dee Brown est allé fouiller dans des archives, et récolter de nombreux témoignages, rendant ce livre semi documentaire criant de réalisme.
grododo
alors pour le C, je choisis un des livres qui m'a le plus bouleversee l'annee derniere Philippe Claudel "La petite fille de monsieur Linh"

un livre bouleversant, magnifique, 100 pages d'emotions et la fin... thumbsup.gif


C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul désormais à savoir qu'il s'appelle ainsi.
Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays,
celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaître à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.

Kinwena
En D, Maurice Druon...

Et un extrait des (sublimissimes) Rois Maudits:

Petit dialogue entre Edouard II d'Angleterre et sa femme, Isabelle, "la Louve de France", fille de Philippe le Bel:

" -Car c'est me narguer, vous me conviendrez, continuait Edouard en fouettant l'air de la main, que de s'évader en perçant les murs d'une tour que j'ai fait moi-même construire pour qu'on ne s'en échappe pas.
-Peut-être, Sire mon époux, dit la reine, vous êtes-vous plus occupé quand vous la bâtissiez de la gentillesse des maçons que de la solidité de la pierre."
aya
En "e", Paul Eluard

La terre est bleue
(in L'amour La poésie)

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s'entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d'alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d'indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L'aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté.

Oeil de sourd
Faites mon portait.
Il se modifiera pour remplir tous les vides.
Faites mon portrait sans bruit, seul le silence,
A moins que - s'il - sauf - excepté -
Je ne vous entends pas.

Il s'agit, il ne s'agit plus.
Je voudrais ressembler -
Fâcheuse coïncidence, entre autres grandes affaires.
Sans fatigue, têtes nouées
Aux mains de mon activité.
Kinwena
En F, William Faulkner

Avec un petit extrait de As I Lay Dying (Tandis que j'agonise)

La fille aînée de la famille, enceinte, va trouver celui qu'elle pense être le pharmacien (et qui n'est en réalité que son aide), pour "C'était ma nuit, de toute façon. J'ai donc aidé le vieux cornard à tout ranger. Je lui ai mis son chapeau sur la tête et je l'ai poussé dehors à huit heures et demie environ. Je l'ai accompagne jusqu'au coin, et je l'ai regardé passer sous deux réverbères et disparaître. Après ça, je suis retourné au magasin, et j'ai attendu jusqu'à neuf heures et demie, et puis j'ai éteint la devanture, j'ai fermé la porte à clef, ne laissant qu'une lampe allumée dans le fond, et je suis allé mettre de la poudre de talc dans six capsules, j'ai déblayé un peu la cave et, après ça, j'étais prêt.
Elle est arrivée à dix heures juste, avant que la pendule ait commencé à sonner. Je l'ai fait entrer et elle s'est avancée rapidement. J'ai regardé dehors, mais il n'y avait personne, sauf un gamin en salopette, assis sur le bord du trottoir. "Tu veux quelque chose ?" lui dis-je. II m'a regardé sans répondre. J'ai ferme la porte à clef, j'ai éteint la lumière, et je me suis dirigé vers le fond du magasin. Elle m'y attendait. Elle ne me regardait pas.
"Où c'est-il ?" dit-elle.
Je lui donnai la boite de capsules. Elle garda la boite dans ses mains, les yeux fixés sur les capsules.
"Vous êtes sûr que ça fera de l'effet ? dit-elle.
- Tout à fait sûr, dis-je, après que je vous aurai appliqué le reste du traitement.
- Où faut-il que j'aille pour ça ? dit-elle.
- En bas, dans la cave", dis-je."
aya
En "G", Anna Gavalda

Ensemble c'est tout


Non, Paulette Lestafier n'était pas folle du tout. Elle savait que ses bleus énormes qui ne partaient jamais allaient lui causer bien des ennuis un jour...
Elle savait comment finissent les vieilles femmes inutiles comme elle. Celles qui laissent venir le chiendent dans leur potager et se tiennent aux meubles pour ne pas tomber. Les vieilles qui n'arrivent pas à passer un fil dans le chas d'une aiguille et ne se souviennent même plus de comment on monte le son du poste. Celles qui essayent tous les boutons de la télécommande et finissent par débrancher l'appareil en pleurant de rage.
Des larmes minuscules et amères.
La tête dans les mains devant une télé morte.

Alors quoi? Plus rien? Plus jamais de bruit dans cette maison? Plus de voix? Jamais? Sous prétexte qu'on a oublié la couleur du bouton? Il t'avait mis des gommettes pourtant, le petit... Il te les avait collées les gommettes! Une pour les chaînes, une pour le son et une pour éteindre ! Allons, Paulette! Cesse de pleurer comme ça et regarde donc les gommettes !

Arrêtez de me crier dessus vous autres... Elles sont parties depuis longtemps, les gommettes... Elles se sont décollées presque tout de suite... Ça fait des mois que je cherche le bouton, que j'entends plus rien, que je vois juste les images avec un tout petit murmure...
Criez donc pas comme ça, vous allez me rendre sourde encore en plus...

Kinwena
En h, Nathaniel Hawthorne... Auteur de La lettre écarlate (The Scarlett Letter) ou de la nouvelle "The May Pole of Merry Mount" ( heart.gif )

Une petite phrase extraite de La lettre écarlate:

"Personne ne peut longtemps présenter un visage à la foule et un autre à lui-même sans finir par se demander lequel est le vrai."
aya
En "i", Jacques Izoard

België


Je me souviens de ma mémoire,
des roses rouges dans mes cheveux
et d'une histoire dans l'histoire
qui ne finissait pas bien.
Je me demande avec angoisse
nagerais-je dans toutes les ourthes ?

Mémoire affilée, à ciseaux ouverts
avec tes veines métalliques
et tes amours boréales,
tu me fais perdre la raison.
O mémoire à chaux et à sable !


Mais liquide amitié languide
vient soudain laper le lait,
vient caresser à douceur
dormeur, logeur, voleur.
On se pâme avec délicatesse !
On déchire la soie …
grododo
je vais donner un auteur que j'ai dans ma bibliotheque mais que je n'ai pas encore lu...desolee sinon j'avais personne! tongue.gif

alexandre Jardin et "le zebre"

Ce livre raconte l'histoire d'un homme qui va mettre tout en oeuvre pour reconquérir l'amour de sa femme. Il va user des plus ingénieux strastagémes pour la reconquérir et faire renaître de cette manière la flamme de leur amour
chirona
J'ai commencé à lire Fanfan d'Alexandre Jardin et j'ai laissé tomber car j'ai trouvé cela un peu trop mièvre. J'avoue que je ne retenterai pas un autre roman. En revanche, je trouve que c'est génial tout ce que fait cet écrivain pour sensibliliser les jeunes à la littérature.

En K, je propose moi aussi un auteur que je n'ai jamais lu : Joseph Kessel.
Je vous propose le classique des classiques : Le Lion.

Le Lion est le roman qui apporta la gloire internationale à l'écrivain-voyageur. Au coeur de la savane, entre les animaux sauvages et les hommes passionnés, un drame se joue. La petite fille se lie d'amitié avec le lion du Kilimandjaro. Une histoire de confiance et d'amour se noue.

grododo
il donne envie Kessler!

alors pour le L je propose un livre que j'ai trouve passionnant puisqu'il offre une vision qui mele science, decalage et humour sur la prehistoire:

Roy Lewis "Pourquoi j'ai mange mon pere"


Ce roman vous convie à l'hilarante évolution de pithécanthropes entre deux feux, pétris de culture et qui font référence aux classiques, de La Bible à Shakespeare, en passant par Tristan et Iseult. Vous les verrez prendre feu dans des débats passionnés et passionnants sur l'évolution de l'espèce, jouer parfois un peu trop avec le feu, mais finalement se découvrir tout feu tout flamme à la vue de jeunes femmes " aux fesses d'hippopotame " ! Ce texte est avant tout une réflexion sur notre monde, servie par une écriture d'une grande force comique. Le décalage constant entre la situation (préhistorique) et l'énonciation (contemporaine) invite à une réflexion sur la science, L'humanité, l'altérité ou encore la guerre.


passionnant et tordant!! un savoureux melange qui ne laisse pas de glace! wink1.gif
aya
En "M", Toni Morrison
Extrait de Love

Les jeunes… Doux Jésus… Est-ce qu’on appelle toujours ça s’enticher ? Ce coup de hache magique qui fait disparaître le monde, laissant seul le jeune couple tout tremblant ? Quel que soit le nom qu’on donne à ça, ça saute sur tout, ça prend le plus gros fauteuil, la plus grosse part du gâteau, ça dirige les choses partout où ça va, que ce soit dans une noble demeure ou dans un marécage, et cet égoïsme lui donne toute sa beauté. Avant d’en être réduite à mon petit chantonnement, j’ai vu toutes sortes d’unions. Souvent, des histoires de deux nuits qui voudraient durer toute une saison. Certaines, le genre raz de marée, prétendent avoir seules le droit au vrai nom, même si tout le monde se noie dans leur sillage. Les gens sans imagination nourrissent ça avec le sexe, ce clown de l’amour. Ils ne connaissent pas les vraies unions, les meilleures, quand on sait limiter les pertes et que tout le monde y trouve son compte. Il faut une certaine intelligence pour aimer ainsi – doucement, sans béquilles. Mais le monde est un tel trésor, c’est peut-être pour cela que les gens essaient toujours de ne pas être en reste, de mettre sur la scène tout ce qu’ils ressentent, juste pour prouver qu’ils peuvent aussi inventer des choses : de belles choses effrayantes, comme les luttes à mort, comme l’adultère, ou comme mettre le feu aux draps. Ils échouent, bien sûr. Le monde est vainqueur chaque fois.
chirona
Je vais mettre sur ma liste le livre de Roy Lewis car il a l'air très intéressant. Merci Grododo wink1.gif

En N, je propose Gérard de Nerval et je vous offre à lire un poème que je trouve magnifique : "El desdichado"




El Desdichado
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phoebus ?... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
J'ai rêvé dans la Grotte où nage la Sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.


Kinwena
En effet, Chirona, superbe smile.gif

En O, Ovide, et ses Métamorphoses (ça devient une manie, de citer des bouquins pas lus biggrin.gif)

Et un petit extrait de La Faim:

"Elle cherchait la Faim : elle la vit dans un champ pierreux, d'où elle s'efforçait d'arracher, des ongles et des dents, de rares brins d'herbe. Ses cheveux étaient hirsutes, ses yeux caves, sa face livide, ses lèvres grises et gâtées, ses dents rugueuses de tartre. Sa peau sèche aurait laissé voir ses entrailles ; des os décharnés perçaient sous la courbe des reins. Du ventre, rien que la place ; les genoux faisaient une saillie ronde énorme, et les talons s'allongeaient, difformes, sans mesure..."
chirona
En P, je propose le grand Jacques Prévert et ses inoubliables "feuilles mortes".



Les Feuilles mortes

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes,
Des jours heureux quand nous étions amis,
Dans ce temps là, la vie était plus belle,
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Tu vois je n'ai pas oublié.
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi,
Et le vent du nord les emporte,
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié,
La chanson que tu me chantais...
C'est une chanson, qui nous ressemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable,
Les pas des amants désunis.
Nous vivions, tous les deux ensemble,
Toi qui m'aimais, moi qui t'aimais.
Et la vie sépare ceux qui s'aiment,
Tout doucement, sans faire de bruit.
Et la mer efface sur le sable
Les pas des amants désunis...

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