Simplicius
jeudi 30 août 2007 à 08:31
Deux choses !
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Sur ma neutralité :
Comment peut-on militer "contre un Dieu qui n'existe pas" si justement on est incapable de répondre définitivement aux questions métaphysiques traditionnelles et notamment celle de l'existence de l'Univers et de tout ce qui existe ? Dieu est peut être (sans doute ?) une hypothèse farfelue. Mais je conçois mal comment tu pourras convaincre un croyant de sa non existence en disant simplement "c'est ainsi et pas autrement" et en répondant par le silence à ses questions existentielles.
Un athée fait également profession de croyance, par l'étymologie même de sa doctrine, comme le signale la définition du dictionnaire de l'Académie française.
ATHÉE n. XVI
e siècle. Emprunté, par l'intermédiaire du latin chrétien
atheos, «
qui ne croit pas en Dieu », du grec
atheos, « qui ne croit pas aux dieux ».
Personne qui
nie l'existence de toute divinité.
Un athée est un CROYANT du vide. Sa religion est celle de l'absence. En quoi sa position est-elle plus aboutie que celle du déiste ?
Stein se réfugiait derrière ses galéjades sur le père Noël ou les schtroumpfs (eux, je les connais

). Sauf que ce qu'il pensait être une pique spirituelle est une absurdité. On peut facilement démontrer qu'on peut rester jusqu'à la consommation des siècles devant sa cheminée, sauf à avoir un clochard un peu ludique et somnambule dans son quartier, on n'y verra débouler aucun gros barbu habillé en rouge.
De même, on peut abattre toutes les forêts du globe, la probabilité pour découvrir des créatures correspondant aux schtroumpfs de Peyo est des plus ténues. Quoique... stein serait bien malin (ou borné comme le furent beaucoup d'esprits académiques de tout temps, auxquels furent en butte un Colomb ou un Harvey ?

) s'il pouvait dresser un état exhaustif des espèces vivantes. On a bien découvert des squelettes de "Hobbits".
http://fr.wikipedia.org/wiki/Homo_floresiensisTrêve de plaisanterie. Stein se fondait sur l'empirisme. La connaissance de l'origine de l'Univers, de ce qui existe et pourquoi cela existe plutôt qu'autre chose, ne peut absolument pas être empirique. Sauf à être d'une vanité incomensurable. On ne peut faire l'expérience, autrement qu'en rêve, de la notion d'éternité, de création originelle ou même d'absence de création. Ce ne sont que des hypothèses.
Un agnostique, en étant plus honnête intellectuellement en déclarant simplement que, la question étant impossible à trancher, il est vain de professer des opinions certaines, aura plus de crédit auprès d'un croyant non fanatique qu'un athée qui lui dit : "tu es dans l'erreur, Dieu n'existe pas, c'est empiriquement IMPOSSIBLE" (j'attends toujous la glorieuse démonstration de stein sur le hasard accoucheur de l'Univers avec preuves empiriques à l'appui

). Au final, il ne convaincra à la rigueur que les plus extrêmistes passant d'un extrême à l'autre (Dieu tout puissant, Vide absolu) sans davantage faire fonctionner leur raison raisonnante.
De plus, pourquoi me fatiguerais-je à vouloir "militer" contre les croyances des uns et des autres ? Ca rassure les uns d'imaginer un Père barbu ? Grand bien leur fasse. Ca conforte l'égo des autres de songer que le fruit du hasard a débouché sur leur merveilleuse personne ? Tant mieux pour eux.
En quoi cela me concerne-t-il ? Pourquoi ferais-je preuve de terrorisme intellectuel, en employant leurs propres armes ridicules, à coup d'arguments d'autorité n'existant que dans leur tête ? Pourquoi tel un matamore assénerai-je "c'est faux", "c'est absurde" alors que je ne peux avoir aucune lueur sur ces questions impénétrables ? Pour leur ressembler ? Non merci ! Pour moi, un athée qui jette l'anathème sur l'existence d'un principe supérieur (Dieu, Nature, Grand Schtroumpf cosmique, que sais-je encore ?) est aussi fanatique et fat qu'un religieux qui fait l'inverse. Chacun des deux raisonne sur une foi. Et évidemment chacun prétend posséder l'explication suprême.
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Sur ma vigilance :
Maintenant, ma passivité quant aux croyances farfelues des uns et des autres n'est effective que quand il s'agit de constater que leur esprit tourne à vide, dans un cadre purement privé et personnel, sur des questions qu'ils pourront répéter en boucle jusqu'à ce que notre soleil devienne une naine rouge.
En revanche, cette neutralité "théologique" ne me conduit pas à la soumission. Qu'un groupe de fanatiques essaie d'imposer à l'Etat sa religiosité fumeuse m'est intolérable. Et je me bats avec toutes les armes dont je dispose (espérant secrétement m'en tenir aux seules armes juridiques pour ne pas avoir à connaitre les affres d'une guerre civile véritable) pour arrêter leur course.
J'ai applaudi des deux mains à la loi sur l'interdiction des signes religieux à l'école et me félicite que leur port soit prohibé pour TOUT AGENT du SERVICE PUBLIC.
Je ne tolère pas que des groupes veuillent imposer à la Nation entière des pratiques rituelles ou dogmatiques, obligeant les services publics à se soumettre à leurs desiderata (et contenter les porcophobes pour les menus des cantines scolaires, et renoncer aux examens universitaires le jour du sabbat et blablabla).
En ce sens, je suis prêt à m'allier aux athées car leur foi, pour ne pas être plus convaincante, est infiniment plus cotoyable, leurs préceptes rituels et leurs interdits dogmatiques se limitant à la portion congrue pour ne pas dire à zéro.
Mon souci premier est surtout de préserver les enfants de la gangrène du dogmatisme croyant. Car les conditionner au jeune âge a évidemment pour but d'en faire des fanatiques très difficilement "déprogrammables". Pensez-donc ! Se voir inculqué une pensée magique serinée dès l'âge tendre. Difficile d'en sortir totalement intact. En ce sens, je me méfie comme d'une peste des établissements confessionnels. Et l'ouverture d'un établissement musulman en région lyonnaise est une terrible nouvelle en ce sens. Le recteur Morvan a été sacrifié par un gouvernement irresponsable sur la question.