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Jimmy Olsen

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  1. Jimmy Olsen

    Faut-il se priver des OGM?

    FAUT-IL SE PRIVER DES OGM ? La question est réellement importante parce qu'au-delà de l'aspect purement scientifique, elle nous place devant un choix philosophique et face au progrès qui n'est plus compris comme tel. Comme je l'ai tant expliqué sur mon blog d'information internationales En France, depuis dix ans, les décisions publiques sur les OGM ont reposé sur des dizaines d'évaluations scientifiques du risque, non pas sur leur dangerosité, mais sur la perception du risque qu'en a la population. Dans les années qui ont suivi, de nombreux pouvoirs publiques européens ont suivi le modèle français. Ainsi, à travers cette stratégie, a été dévelopée une réaction transeuropéenne quasi épidermique envers les OGM. Aussi, les appréhensions des populations se sont nourries d'analyses scientifiques viciées. Et la situation se radicalise de plus en plus : les européens ne veulent pas d'OGM dans leur alimentation, ni voir des champs de blés transgéniques à proximité des cultures que nous pourrions alors qualifier, à tord, de bio. Si cette animosité se maintenait à ce niveau, non seulement elle serait compréhensible, mais légitime. Pourtant, le problème est qu'elle concerne également l'expérimentation en plein champ. J'entends par là non pas la culture intensive, mais la recherche empirique en plein air, condition quasi siné-qua-non à sa validité scientifique. Depuis quelques années, le terme de « contamination » s'est également imposée dans l'esprit des populations contre toute logique scientifique. Cette anomalie sémantique s'est nourrie, à nouveau, d'études scientifiques traitant du facteur risque dans la perception des populations, mais également de la réthorique pas très pertinente, voir souvent, osons le mot, « d'imbécile » utilisée par de plus en plus de parlementaires. Le terme de « contamination » tel que compris dans cette perspective, pose un énorme problème. La contamination implique obligatoirement deux facteurs : le premier est celui de la diffusion d'un élément « contaminant » au-delà de son aire initiale et le second de transmission de cet élément qui est nocif. Dans le cas qui nous intéresse, nous pouvons à la limite reconnaitre que le potentiel de diffusion des OGM à des cultures dites « bio » est réel (et non pas encore prouvé, nous parlons bien ici de potentialité), mais celui de nocivité n'est nullement démontré. En effet, après plus de dix années de recherche scientifique sur le maïs Bt, aucune n'est parvenue à nous démontrer que les OGM sont bel et bien nocifs. Il s'agit d'une véritable question de logique. Ce produit (le maïs Bt), en se diffusant, deviendrait nocif puisqu'il ne le serait pas avant la dissiménation. Donc, la question n'est pas la nocivité pour les populations, mais une dissémination qui ne pourait pas être maitrisable. . Ce qui pose encore une autre difficulté : la dissémination est un phénomène largement répondu dans l'environnement. Il y a des millions de déssémination de toute sortes d'éléments génétiques à chaque minute. Alors, qu'entend-t-on par « contamination » ? Il y a contamination lorsque des agents nocifs, infectieux ou/et toxiques (chimiques, bactériologiques, nucléaires¿) sont disséminés au-delà de leur périmétre initial où ils devraient être confinés, entrainant des dommages sanitaires (importants ou pas). Or, tel n'est absolument pas le cas des OGM, comme, pour reprendre notre exemple, le maïs Bt, puisqu'ils ne peuvent acquérir d'effet nocif par le seul déplacement du lieu de culture d'origine à un champ voisin. Aussi, nous parlons bien de perception du risque par les populations, largement alimentée par des études que nous pouvons qualifier d'orientés et par des discours politiques flirtant avec le populisme le plus basique. Il est un fait que ce phénomène largement irrationnel est récurant dans les sociétés européennes, et principalement française. Un nouveau produit est trop souvent perçu comme menaçant. Ce qui n'est pas connu n'est pas maitrisé, donc doit obligatoirement être interdit sur le principe¿ de précausion. Que cela soit justifié ou non, là n'est pas la question. Par ailleurs, il a été démontré qu'il existe une relation inverse entre le risque et les bénéfices perçus. Plus les bénéfices d'un produit sont considérés comme négligeables, plus la perception du risque que représenterait ce produit est élevée. Ainsi, dans les pays européens riches, la culture des OGM n'est pas perçue comme un acquis important. Le citoyen, étant avant tout un consommateur (puisque adoptant une position de consommateur sur le sujet), ne comprend pas que le maïs dit « traditionnel » largement produit en Europe (et protégé par la Politique Agricole Commune), puisse être mis en concurrence avec le transgénique puisqu'il n'y a pas de pénurie et que son prix demeure abordable. Puisqu'il n'y a pas besoin d'OGM, quantativement et qualitativement, pourquoi prendre le moindre risque, aussi hypothètique puisse-t-il être ? Ce rapport à la nouveauté perçue comme négligeable est donc largement irrationnel et les craintes nourries au c¿ur d'un mouvement de résistance active renforce ce sentiment. En somme, c'est l'idée même de progrès qui est devenue quasi synonyme de menace. Et cela est des plus pénalisant pour les développements scientifiques et industriels de l'économie européenne. La vraie question que cela pose, est de savoir si les OGM ont des potentiels scientifiques, financiers et industriels prometteurs en Europe, alors que dans d'autres pays (Etats-Unis, Brésil, Canada, Australie¿), ils font l'objet de toutes les attentions et bénéficient de financements dans des volumes hallucinants. Surtout que le monde vient d'entrer dans une période, sans doute longue, de pénurie des matières premières alimentaires entrainant une multiplication des révoltes de la faim à travers le monde. En d'autres termes, l'Europe paralysée par le populisme de certains gouvernements, prend un retard de plus en plus important dans la course à la compétitivité sur le marché mondial. Et tout cela à cause d'une perception d'un risque qui n'a jamais été démontré. En effet, lorsqu'on déclare qu'un produit est nocif, il convient de le prouver. La subjectivité n'a guère de place dans la démonstration scientifique. Il va y avoir des choix à faire et, surtout les assumer. Alors que l'Europe s'enferme dans une discussion d'enfants gâtés, l'Asie, l'Afrique et le Moyen-Orient commence à crier famine
  2. Jimmy Olsen

    La fin des pays à bas coûts

    Il est bien évident que la fin des pays à bas coût n'est pas encore pour tout de suite, mais elle devient de plus en plus une perspective à moyen terme. Prenons le cas des économies européennes surgies des ruines du bloc communiste. Depuis peu, la Pologne et la Roumanie s'ouvrent aux luttes ouvrières dans la droite ligne des conflits que l'Ouest connaissaient encore dans les années 70. Je ne reviendrai pas sur le cas polonais (voir mes articles sur mais le cas roumain est assurement un cas d'école autrement pluis intéressant et révélateur du retournement de la situation. L'usine Dacia, qui produit à une centaine de kilomêtres de Bucarest la Logan, vient d'en faire les frais. En effet, ses ouvriers ont repris le travail ce lundi, mais contre l'assurance d'une douloureuse hausse de 28 % des salaires (Une revalorisation de 50% avait été initialement réclamée à Renault, le constructeur automobile propriétaire de Dacia). C'est le deuxième cas de ce type dans l'automobile en quelques mois. Et certainement pas le dernier. L'américain Ford a installé une usine à Vsevolosk, en Russie, près de Saint Petersbourg, pour produire le nouveau modèle Focus. Or, il y a quelques mois, l'usine en question a essayé plusieurs arrêts de travail consécutifs. Les grévistes exigeaient une hauss ede 30 % de leurs salaires avec pour objectif de maitnenit leur pouvoir d'achat déjà pas très mirobolant et rongé par une inflation russe à deux chiffres. La Focus produite en Russie a rencontré un succès époustouflant (tout comme la Logan de Dacia), mais il n'en demeure pas moins que l'usine est encore loin de son seuil de rentabilité. L'investissement dans l'outil de production étant conséquent, il faudrait au moins deux années de production pour que le site de production commence à rapporter de l'argent. Il n'en demeure pas moins que Pour Ford, comme pour Dacia/Renault, cette rentabilité est désormais menacée. Le changement du climat social à Pitesti et à Vsevolosk n'est en rien surprenant. La vie sur place est très dure malgré le fait que durant les cinq dernières années, au moins, les pouvoirs d'achat ont été consiédarablement améliorés. Mais pas suffisemment. Loin de là. Pire, le grand rêve européen qui en a conduit les 105 millions d'est européens à entrer dans l'Union européenne depuis 2004, à savoir vivre selon les standards ouest européens, s'effrite de plus en plus. En cela, ils voulaient connaitre un miracle à l'irlandaise, lorsqu'un habitant de Dublin gagnait deux fois moins qu'un français ou qu'un allemand et qui aujourd'hui gagne plus qu'un anglais. Le problème, c'est que le miracle irlandais a cessé d'exister pour les mêmes raisons. Le faible coût du travail et la faible fiscalité ne sont plus aussi attrayant pour les compagnies qui délocalisent. En 15 ans, à savoir depuis la chute du mur de Berlin, le PIB par habitant d'Europe de l'Est n'a progressé que de 15 %, d'où un réel et profond désenchantement constaté récemment par un sondage réalisé par la Banque Européenne pour la Reconstructiopn et le Développement. Jusqu'à récemment, les investisseurs des pays occidentaux, mais également japonais et coréens ne se sont pas trop inquiètés de ce désamour. Et pour cause. Si les populations se disaient fatigués de conditions de vie aminima, leurs gouvernements rivalisaient de faibles fiscalités et de contrôle des contestations sociales pour les convaincre qu'investir en Europe de l'Est demeurait et demeurera sur le long terme très rentable. Par ailleurs, dans certains secteurs, si la grogne s'intensifiait, les ministères de l'économie concernés organisaient des sous-traitance dans les pays voisins qui renvoyaient ultérieurement l'acensseur. Les marges de rentabilité étaient ainsi assurées. A présent, le système est sérieusement remis en cause. Les politiques de délocalisation des grands groupes internationaux se heurte à une nouvelle réalité : le monde économico-financier est fini. La formidable extention territoriale ouverte au libéralisme qui a succédée à la chute de l'Union soviétique est achevée. Aujourd'hui, les multinationales sont implantées dans tous les pays à bas coût et ne peuvent plus trop délocaliser des productions sans faire face à une multiplication des revendications salariales pour le maintien de pouvoir d'achat en chute libre dans ces pays. N'oublions pas que du Sénégal au Vietnam, du Burkina Faso à Haïti, d'Egypte à la Birmanie, les manifestations de la faim se succèdent et ne sont certainement pas à la veille de se terminer puisque les perspectives économiques mondiales sont très mauvaises et que le prix des matières premières énergétiques et alimentaires devraient encore s'enflammer dans les douze prochains mois. D'ailleurs, Nike vient d'en faire l'amère expérience et reconnaitre son incapacité à reconduire les bonnes vieilles méthodes de délocalisation pour régler son problème. Au Vietnam, l'un des pays les plus pauvres de la planête, et donc l'un des derniers pays où il est possible de délocaliser (en l'occurrence dans le secteur textile), la firme emploit plus de 15 000 ouvriers dans l'usine taïwanaise Vietnam Ching Luh Schoes, entité sous contrat située au Sud du pays, non loin de l'ancienne Saïgon. Or, ces ouvriers autrefois bien dociles, viennent de se mettre en grève pour réclamer une augmentation de salaire pour faire face à une exponentielle inflation des prix de l'alimentaire. Il y a moins de deux ans, Nike n'aurait eu aucune difficulté à délocaliser sa production en Inde ou en Chine, mais tel n'est plus la cas puisque dans ces pays également, depuis près d'un an, des revendications de plus en plus préssantes de meilleurs salaires et protections sociales se multiplient sans compter que les réservoirs de main-d'¿uvre qualifiée commencent à s'assécher et que la compétition pour obtenir ses services commencent à devenir féroce Pour le moment, les multinationales et les investisseurs étrangers continuent de se ruer dans les pays dits émergeants, mais leurs attractivités ne sont certainement plus ce qu'elles étaient il y a encore deux ans ? Les beaux jours se terminent. Ils devront payer de plus en plus chers pour obtenir des unités de production de qualité et rentables et ce, partout où ils se tourneront. Pour les consommateurs des pays occidentaux, japonais et coréens, le problème sera que l'inflation des prix va se poursuivre sur le long terme tandis que les salaires dans les pays dits émergeants ne suffiront jamais à couvrir le rythme de cetta inflation. Si les beaux jours sont derrière les multinationales et les investisseurs étrangers, les consommateurs aux pouvoirs d'achat déjà malmenés vont passer du crépuscule à la nuit noire. Et il est difficile de déterminer qui serait gagnant dans un monde économique parvenu à saturation.
  3. Jimmy Olsen

    L'ISLAMISME DEFIE UNE EUROPE INDECISE

    L'ISLAMISME DEFIE L'EUROPE Récemment Oussama Ben Laden s'en est pris au Pape Benoit XVI lorsqu'il a baptisé un musulman, Magdi Allam, au christianisme et que celui-ci, reporter d'origine marocaine en Italie, a affirmé que l'Islam portait en elle les germes du mal (physiologiquement violent et historiquement conflictuel, pour être exact). Résultats, Ben Laden a averti les leaders européens qu'ils devraient faire face à leurs responsabilités « s'il n'y a pas de contrôle de votre liberté de parole, alors soyez prêts dans vos c¿urs à la liberté de nos actes ». Bien entendu, l'occident c'est habitué à ce genre de diatribe et a pris les mesures nécessaires (mais non infaillibles) pour que les attentats ne frappent pas. Le problème se situe plutôt à un autre niveau. En fait, la diatribe devenue coutumière dans le texte et dans le ton de Ben Laden s'en prend directement à la liberté d'expression qui est l'un des fondements inaliénables des sociétés occidentales. Il convient alors d'organiser la résistance. En cela, Benoit XVI a montré l'exemple en faisant montre d'esprit en bravant la Charia qui interdit l'apostasie. Il n'est qu'un des exemples qui se multiplient depuis des mois dans la société civile. Parallèlement, Nicolas Sarkosy a annoncé l'envoie d'un contingent d'environ 700 militaires en Afghanistan pour soutenir l'OTAN. Par là, il ne montre pas uniquement qu'il souhaite peser d'avantage face aux alliés en vue d'obtenir des garanties stratégiques si la France réintégre intégralement la structure, mais également qu'il souhaite que l'Occident réussisse à remettre le pays sur de bons rails (et pas forcement en instaurant une démocratie à l'européenne). En soutenant l'effort de l'OTAN, ce n'est pas seulement l'Afghanistan qu'il soutient, mais il démontre une volonté de défendre la civilisation française, et par extension, la civilisation européenne. Donc, la liberté d'expression. Pourtant, il est un problème de lisibilité dans la démarche de Sarkosy. Quid de Ayaan Hirsi Ali ? Pour rappel, il s'agit d'une députée néerlandaise démocratiquement élue, d'origine somalienne, qui a du prendre le maquis pour échapper à la vindicte islamiste et à sa fatwa. Pour être juste, elle a été proprement lâchée par l'Union européenne. Alors qu'elle était reçue à Paris, en février dernier, par Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des Droits de l'homme, elle avait délcaré : « j'ai besoin de votre aide maintenant. Je serais honorée d'avoir la possibilité de devenir française ». Si elle avait reçu le soutien de Rama Yade, le reste du gouvernement n'avait pas suivi. Autre problème épineux sur lequel les gouvernements européens devront se pencher sous peu : la Charte pour les musulmans d'Europe, adopée en janvier dernier par les organisations islamiques, qui entend affirmer la présence de l'Islam partout dans la société. Pour être plus clair, et reprendre un de mes articles paru sur mon blog www.jimmyolsen.skyrock.com, si dans 15 à 20 ans Bruxelles devenait à majorité musulmane, rien n'empécherait cette Charte, qui fait ouvertement référence au Djihad, de s'y appliquer. Ce révéle que l'Europe, si elle tend à prendre quelques initiatives, n'en demeure pas moins parfois quelque peu endormie. Elle ne parvient pas à identifier les signes avant-coureurs d'une attaque plus généralisée contre la alïcité. Il convient de prendre en exemple le cas turque. Il y a quelque semaines, le l'AKP du Président Recep Erdogan, a réinstauré le port du hijab à l'université tandis que parallèlement, il réaffirmait la volonté du parti : « Le parti aspire, à terme, à un système fondé sur la Charia plutôt qu'à un Etat de droit. C'est ce que vient de dénoncer le procureur de la Cour de cassation d'Ankara qui pourrait introduire une demande, pure et simple d'interdiction du parti politique. Néanmoins, il n'en demeure pas moins qu'interdire un parti politique ne résoud pas les problèmes puisque, rappelons-le, l'AKP est l'héritier de deux autres partis politiques résolument islamistes démentellés dans les années 90. Problème, si les populations, à une très grande majorité, (frisant les 70% en Autriche, en Allemagne, en France, les 60% en Belgique et encore en Italie) sont contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, les gouvernements les ont peu à peu désaisi de leurs droits de regard sur le problème, instituant en somme une dictature soft pour imposer des politiques d'extension territoriales de l'Union jusqu'à ce que cela en devienne risible. Sarkosy, après avoir floué les français sur le mini-traité européen, s'apprète clairement à faire de même en remettant en cause un article de la Constitution imposant au gouvernement de soumettre tout projet d'adhésion future à l'Union au référendum. Incohérence, quand tu nous tiens¿ Mais l'ambiguité ne s'arrête en pas si bon chemin, achevant de rendre le tout illisible. En rencontrant le Pape et en évoquant devant lui l'héritage chrétien de l'Occident, il contribue également à remettre en cause la laïcité. Comment peut-il , dès lors, condamner les réactions violentes contre les caricatures de Mahomet, les demandes de pénalisation du blasphème et l'interdiction de la critique du Coran puisque dans quelques générations, certains pourraient arguer du fait que l'Islam est un des piliers de l'Europe, comme les chrétiens le revendiquent aujourd'hui ? La marge de man¿uvre est quelque peu étroite et, surtout, très glissante. Et ce n'est malheureusement pas tout. De plus en plus, en Occident, et dans de nombreux pays asiatiques tels que la Thaïlande, le Vietnam, le Japon, la Corée du Sud¿ soulever la question de l'incompatibilité entre la Charia (donc le Coran et la Sunnah) et la démocratie vaut d'être étiqueté comme raciste. Pire, il est de mauvais goût de protester contre les massacres de chrétiens en Irak ; les rapts et conversions de force des coptes en Egypte ; les pressions du hezbollah sur les maronites du Liban ; la quasi impossibilité de se rendre à Nazareth et à Bethléem pour s'y recueillir ; le rabaissement de sous-citoyens des chrétiens en Mauritanie, en Algérie, au Maroc (même s'il y a du mieux législativement parlant, non dans la pratique), en Lybie ou encore en Iran. Et ces mêmes pays ne se privant pas de protester vigoureusement lorsque la liberté de parole s'exerce en Occident et que cela concerne l'Islam¿ Sans que cela n'émeuvent les gouvernements européens. Dans ce contexte, Geert Wilders, député néerlandais, qui voit dans le Coran « un livre fasciste » (voir mon article de novembre dernier sur mon blog www.jimmyolsen.skyrock.com) publie sur internet un mini film qui démonce la nature violente du Coran (après que Théo Van Ghoh ait produit un film sur la violence faite contre les femmes musulmannes, en collaboration avec Ayaan Hirst Ali, ce qui lui a fallu d'être lâchement assassiné). Soyons clair, le film en question est d'une mièvreté indescriptible et sans aucun intérêt autre que propagandiste, mais là n'est pas le problème. Il vient plutôt du fait qu'avant sa diffusion, le monde musulman dans son intégralité (ou presque) l'a condmané sans l'avoir visionné, tandis que des islamistes radicaux en Belgique et aux Pays-Bas menacaient de mort Wilders. Cela a fait dire à l'écrivain algérien Boualem Sansal : « la frontière entre islamisme et nazisme est mince ». En France, ce genre de dérive est également institutionnel. Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime) a été limogé pour avoir exprimé ouvertement son anti-sionisme sur le site francophone www.oumma.com. En réaction, le Mrap, l'association bien connue contre le racisme et l'anti-sémitisme, a déclaré que l'Etat avait fait une « manoeuvre d'intimidation » et que « La critique de la politique d'Israel relève d'un tabou qu'il est toujours dangereux de transgresser. De son côté, le sous-préfet dénoncait une « hystérie verbale et « une prose haineuse » dans une pétition dénonçant les dérives du Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, finissant un article en comparant l'Etat hébreux au Reich. Cela revient à se demander s'il n'y a pas deux poids deux mesures et si certains, dans tout ce délire, n'en oublient pas ce qu'ils sont sensés être¿ Info internationales : www.jimmyolsen.skyrock.com
  4. Jimmy Olsen

    Où en est le Kirghistan?

    Bichkek, 24 mars 2005. Tous les jours, en examinant les événements de la veille, les kirghiz pouvaient dire qaue le pire était désormais arrivé. Pourtant, ce n'était jamais le pire. Une fois il s'agissait d'un braquage d'une banque de Jalal-Abad, de l'incendie de la direction de la police municipale, du vol d'armes automatiques, de la transformation du siège de l'administration régionale en état-major des manifestants... Les troubles sont partis de Och, à Talas et ont fini par atteindre Bichkek. Entrant presque sans aucune résistance dans le Palais de la République, la foule a totalement perdu la tête. Les gardes sont restés stoïques devant les intrus, ayant reçu l'ordre de ne pas ouvrir le feu et de ne pas céder à la provocation. Les plus ardents ont enfoncé les portes des bureaux et ouvert les fenêtres afin de pouvoir saluer leurs compagnons réunis sur la Place centrale. Le principal bâtiment institutionnel du pays a été entièrement saccagé. Des "futés" ont conduit la foule jusqu'au cabinet du président, espérant l'y trouver, et se sont heurtés à la première tentative de résistance courageuse. Elle a été opposée par une femme habituellement très aimable, prénommée Bouroul, qui n'était autre que l'assistante du président. Le soir, le Palais de la République ne ressemblait plus qu'à un vaste taudis. Les Kirghiz ont découvert le vandalisme et la sauvagerie primitive d'une foule sans contrôle. Entrant dans la Maison du gouvernement, la foule avait l'intention d'y trouver le président Askar Akaïev, même si de nombreuses personnes savaient déjà qu'il n'y était pas. On ne le trouva ni dans sa résidence officielle, ni dans les bureaux de l'OSCE et de l'ONU. Rapidement, tout le monde apprit qu'il avait quitté le pays. La fuite du président au moment le plus critique de l'histoire du jeune pays a été la pire chose qui pouvait alors arriver au Kirghizstan. On a appris par la suite qu'un groupe de « terroristes » avait l'intention de liquider Askar Akaïev, s'ils parvenaient à lui mettre la main dessus. Mais en partant, le premier président-dictateur en place depuis l'indépendance du Kirghizstan, et la fin de l'Union soviétique, a sauvé ces gens et leurs inspirateurs de cette tentation et accéléré la fin de cette crise politique qui ne cessait de s'aggraver en évitant toute effusion de sang. Le fait est qu'Askar Akaïev était catégoriquement opposé à l'emploi des armes. C'est un intellectuel libéral soviétique typique : on ne tue pas, on rééduque. L'accélération du pillage et de la dévastation Vers minuit, la foule qui avait investi le bâtiment gouvernemental s'est apaisée, mais ce sont les cols blancs qui ont pris le relais: eux savaient où chercher ce qui avait une réelle "valeur". Ils se sont attaqués aux coffres-forts des banques et des administrations. On ne saura probablement jamais combien d'argent a été pillé cette nuit-là sous prétexte de la protection du secret d'Etat. Sur le bureau des nouveaux dirigeants, il ne restait que quelques bagatelles comme les carnets du président Akaïev ou autres documents sans importance. Entre-temps, les maraudeurs se sont mis en chasse à Bichkek ; écornant par là-même l'image du pays. La révolution devenait un vaste mouvement de pillage. Un jounal titra alors : "Vive la révolution! Qu'elle soit maudite!" La capitale ne put longtemps se remettre du choc subi. Suivirent un nouveau repartage des biens, l'appropriation illégale de terrains, de biens immobiliers. Mais pour les leaders de la "révolution des tulipes" le plus difficile a été de partager le pouvoir. Ceux qui se sont retrouvés sans portefeuilles et sans postes importants se sont immédiatement proclamés comme appartenant à l'opposition. L'absence de tradition étatique et l'inexpérience se sont fait instantanément sentir. Les actions des nouveaux dirigeants ont nettement montré que les kirghiz n'étaient encore récement des nomades. Ils n'ont pas soufflé mot sur la continuité en matière de politique intérieure et étrangère, pas plus que dans les domaines d'activité stratégiques. Depuis 2005, la Constitution a été remaniée trois fois, cinq gouvernements se sont succédé, et les ministres, responsables des structures de force et autres fonctionnaires de haut rang ont été remplacés à plusieurs reprises. Le Kirghizstan s'est maintes fois retrouvé à la limite d'un nouveau renversement du pouvoir d'Etat. La population commence déjà à s'habituer aux crises politiques, qui coïncident avec les bonnes saisons: le printemps et l'automne. L'hiver, les hommes politiques se préparent à la campagne du printemps, l'été, à celle de l'automne. Et ainsi de suite, sans trop de but ni de stratégie. Le Kirghizstan sans Akaïev : quel avenir ? En fait, il s'est avéré extrêmement difficile de diriger un petit Etat comme le Kirghistan. L'ère Akaïev fera encore longtemps l'objet de critiques à l'intérieur du pays comme à l'extérieur. Les raisons ne manquent pas pour cela. Mais personne ne pourra nier qu'il a accompli sans aucune violence ouverte une révolution réformatrice, avant tout dans les esprits, en débarrassant peu à peu les kirghiz de leur mentalité d'esclaves. Il les a inscrits solidement dans le paysage global de l'économie de marché (même si chaotique) et de la démocratie (même si dirigée en bonne tradition soviétique libérale gorbatchevienne), alors que il aurait très bien pu les confiner en dehors du contexte international, comme un allogène, si quelqu'un d'autre avait été à sa place, par exemple, un communiste orthodoxe (tel que NazerbaIev). Le premier président du Kirghizstan souverain a été renversé, il vit aujourd'hui en exil. Il y a maintenant un véritable risque que ce précédent ne devienne une tradition kirghiz. Les coups d'Etat baptisés pathétiquement "révolution", le nihilisme juridique, les graves conflits interrégionaux, etc. peuvent également devenir une tradition. En tout cas, la stabilité n'est pas pour demain, et c'est là le plus triste et le plus dangereux. Depuis les événements de mars 2005, le temps est passé très vite. C'est pourquoi, aujourd'hui, alors que de nouveaux troubles couvent à Bichkek, de nombreuses personnes ne sont pas prêtes à subir une nouvelle tempête par peur du saccage. D'autant que la "révolution des tulipes" n'a pas apporté le bien-être attendu. La baisse hallucinante du pouvoir d'achat, le taux d'inflation de 21%, le chômage et la misère croissante sont devenus des maux que beaucoup considèrent déjà comme chronique. Néanmoins, tout n'est pas noir au pays des nomades. Le Kirghizstan suit tant bien que mal la voie tracée pour tous les pays de la CEI (Communauté des Etats indépendants). Il est membre de toutes les structures d'intégration de la communauté et cherche à s'appuyer sur des partenaires internationaux, parmi lesquels la Russie reste le plus fiable et le plus conséquent (héritage de l'Union soviétique et du clientèlisme centralisateur). Il faut également reconnaitre que le développement des rapports russo-kirghiz est invariablement présent dans les plans de l'Etat. Mais une question se pose: est-ce qu'une amélioration de la situation est encore possible ? Est-ce que le Kirghistan saura surmonter la scission régionale, l'impuissance des hommes d'affaires et l'apathie des administrations ? Le risque est bien que la permanence de cette situation risque de conduire à de nouvelles révolutions.
  5. Jimmy Olsen

    Armée et Lutte Armée?

    En faisant le bilan des troubles qui se sont déjà apaisés au Tibet, la plupart des observateurs réagissent aux faits les plus évidents: combien de personnes ont été tuées ou blessées, quelles ont été les méthodes employées par les autorités chinoises pour obtenir un tel résultat, étaient-elles justifiées ou injustes, etc. Mais dans ce cas, tout est simple. Il est évident que ce ne sont pas les personnalités officielles chinoises qui ont organisé l'incendie de plusieurs échoppes d'un marché de Lhassa, la capitale tibétaine. Les autorités, elles, rêvaient du contraire, à savoir que l'anniversaire des événements de 1959 (insurrection des Tibétains contre la politique communiste des autorités chinoises) se déroule aussi calmement que possible. Inutile de discuter de la manière dont il convient de réagir aux manifestations de masse. Lorsque la foule descend dans la rue (quelles qu'en soient les raisons ou les causes), l'obligation sacrée de tout type de pouvoir dans n'importe quel pays est de neutraliser, en ayant recours aux moyens les plus rigoureux, les menaces pour la vie et la propriété de ses habitants, de rétablir l'ordre et, après seulement, d'en éclaircir les causes. Derrière tous ces événements, on ne perçoit pas encore le nouveau phénomène de portée historique et globale qui pourrait se profiler. Entre autre, l'apprition sur la scène mondiale d'un bouddhisme agressif (dans la variante la plus modérée, politiquement actif). Or, cette expression même ["bouddhisme agressif"] est un non-sens absolu. L'essence du bouddhisme réside dans la doctrine de la non-violence, dans le détachement par rapport à la violence et aux souffrances du monde. Les moines bouddhistes ne cultivent pas la terre afin de ne pas nuire, par inadvertance, à un ver. Ce sont les particularités de cette philosophie qui l'ont rendue extrêmement populaire de nos jours en dehors du monde bouddhiste. Cette religion a tout de même réussi à éviter que soient commises les mêmes fautes historiques que le christianisme, avec ses bûchers de l'inquisition et sa justification des guerres et des conquêtes. Il ne connaît pas de sectes extrémistes semblables à celles qui ont pratiquement placé islam et terrorisme sur un pied d'égalité. En somme, le bouddhisme semblait, jusqu'à récemment, être la religion mondiale idéale, celle qui améliorait davantage le prestige de la "civilisation bouddhique", à laquelle appartiennent la Chine, le Japon, la Thaïlande et d'autres pays. "Le bien doit avoir des poings": tel était l'une des deux thèses opposées faisant l'objet de vives discussions entre intellectuels soviétiques dans les années 1960. Pour ce qui est du bien, la question est difficile, mais il ne peut y avoir, semble-t-il, un "bouddhisme doté de poings". Sinon, il ne s'agirait justement plus de bouddhisme. Néanmoins, il y a moins d'un an, les moines bouddhistes se sont retrouvés en pleine vague de manifestations de masse en Birmanie et aujourd'hui, ils participent aux événements se déroulant dans la capitale tibétaine. Ceci mérite au moins notre attention que parce que la possibilité (même purement théorique) de l'apparition d'une branche extrémiste du bouddhisme constituerait déjà en soi un changement sérieux et imprévu de l'ensemble du monde qui nous entoure. Ici, on doit bien entendu émettre nombre de réserves, et souligner qu'il faut distinguer les représentations générales que nous avons du "bouddhisme" de ses multiples détails. Si l'on étudie l'histoire de l'Asie, on pourra y trouver bien des choses intéressantes, et constater par exemple que les leaders bouddhistes jouaient un rôle politique particulier auprès de la cour de certains empereurs chinois (aux VIIe et VIIIe siècles), alors qu'ils étaient persécutés par d'autres empereurs. Parmi ces "détails", on peut noter le fait que le lamaïsme tibétain est loin de représenter le bouddhisme dans son ensemble, et qu'il n'en est qu'une branche spécifique, de même que les chiites iraniens ne représentent qu'une partie du monde musulman. Les événements mentionnés ci-dessus, survenus en Birmanie l'année dernière, ne peuvent avoir aucun rapport avec les désordres qui ont eu lieu à Lhassa, car aucun lien organisationnel ne peut être constaté. A la différence des catholiques, les bouddhistes ne connaissent pas de hiérarchie globale et unique, à l'exception du Tibet. On peut également émettre une autre réserve importante quant au fait que personne n'a encore réussi à prouver que ce sont les moines - en Birmanie et au Tibet - qui ont été à l'origine des désordres survenus dans la rue. Lhassa, de même que Rangoon, capitale de la Birmanie, n'est pas uniquement peuplée de moines. Ce sont d'habitude d'autres personnes qui provoquent des bagarres, leurs procédés sont bien connus, tandis que les moines et autres personnes pacifiques deviennent des victimes innocentes que l'on rend coupables dans ce genre de situation. A Lhassa, répétons-le, tout a commencé par des incendies volontaires, qui sont à l'origine de la majorité des décès et des blessures. Il y a également eu des bagarres avec les forces de l'ordre, qui ont fait, semble-t-il, autant de victimes parmi les policiers que parmi les civils. Aujourd'hui, même les autorités chinoises ont sans doute une idée vague de ce qui s'est passé et de qui en est à l'origine. Dans une telle situation, il est encore prématuré de tirer des conclusions, mais on pourrait, en attendant, écrire un polar politique. Dans cette oeuvre, le sujet en tant que tel est secondaire: c'est par le contexte des événements qu'il faut commencer. Ce contexte est le suivant: la Chine, et l'Asie en général, gagnent trop vite en importance sur la scène internationale et il existe très peu de moyens susceptibles ne serait-ce que de ralentir ce processus. La Chine a deux points faibles. L'un est le Xinjiang, peuplé d'Ouïgours musulmans, l'autre le Tibet (qui couvre, on l'oublie souvent, une superficie de 1/5 de la Chine), peuplé de Tibétains bouddhistes. Tout d'abord, le Xinjiang paraissait être le point le plus sensible. Mais ce n'est plus le cas. Car à l'heure actuelle, le flirt avec les organisations subversives musulmanes est plutôt mal vu, et il n'est plus aussi simple de le mener depuis le territoire afghan. En outre, est apparue l'Organisation de coopération de Shanghai, qui regroupe des pays ayant des frontières communes avec le Xinjiang: cette organisation, avec sa composante antiterroriste, a couvert les arrières de la Chine au Xinjiang. Pour notre thriller, il ne reste que le Tibet et le bouddhisme, en particulier parce qu'une bonne partie de la population de la Chine est constituée de bouddhistes. Il faut également prendre en compte que le chef des bouddhistes tibétains, le Dalaï-lama, est en exil depuis 1959, et qu'une multitude d'organisations bouddhistes, créées par on ne sait pas qui dans on ne sait quel but, déploient leurs activités à travers le monde. Il ne faut pas oublier non plus que l'attaque contre le régime birman fait partie de la politique de "dissuasion" envers la Chine. On pourrait achever le livre par l'histoire de la formation d'une "Al-Qaïda" bouddhiste qui se débarrasse du contrôle de ses créateurs. J'ai comme l'impression qu'un tel Thriller sur mon blog perso www.jimmyolsen.skyrock.com devrait rencontrer un grand succès.
  6. Comme il fallait s'y attendre, les négociations russo-américaines de deux jours qui ont eu lieu à Moscou selon la formule "2+2" (ministres des Affaires étrangères et de la Défense) ne resteront pas gravées dans les mémoires comme une avancée sur les problèmes les plus épineux: le bouclier antimissile américain (ABM) en Pologne et en République tchèque et le contrôle futur des armements. Nous ne sommes pas parvenus à une entente sur la défense antimissile et la limitation future des armements offensifs stratégiques, bien que "certaines préoccupations aient été levées...", a déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à l'issue des négociations du 18 mars. "Les consultations se poursuivront", a ajouté la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. Bref, ce sont là des euphémismes diplomatiques somme toute habituels, qui expliquent en général l'absence de lumière au bout du tunnel. Le principal objectif de Condoleezza Rice et Robert Gates était apparemment de "voir" Dmitri Medvedev et d'essayer de percevoir des signes attestant que le nouveau président agira dans l'arène internationale autrement que son prédécesseur, qu'il sera plus conciliant et plus doux. Il s'agissait même, en quelque sorte, de l'encourager à manifester cette douceur. Washington souhaiterait bien sûr qu'elle apparaisse le plus vite possible. Mme Rice a fait, au cours d'un entretien avec les journalistes à bord de l'avion qui l'amenait à Moscou, la suggestion suivante. Les Russes, a-t-elle dit, "suivent attentivement la campagne électorale aux Etats-Unis et espèrent conclure une transaction ou, au moins, avancer tant que la Maison Blanche est occupée par des visages connus". "Sur le plan général, les gens veulent faire le maximum de choses aujourd'hui, car l'intuition leur suggère que la politique américaine pourrait bien devenir imprévisible". Cette altération des faits de la part d'une Condy habituellement prudente est certainement une exagération. Moscou n'a aucune raison de se presser de donner son accord pour les projets américains de troisième zone du bouclier antimissile en République tchèque et en Pologne. En effet, pour l'instant, il n'est pas du tout évident que celui qui arrivera au pouvoir sera un partisan de l'ABM encore plus ardent que le président actuel, par conséquent, il ne faut pas se presser. Et si l'on tient compte du fait que toute nouvelle administration apporte des changements dans les plans de celle qui l'a précédée, alors on peut se dire que le temps presse encore moins. D'ailleurs, il est quelque peu étrange de voir l'Occident espérer que Dmitri Medvedev puisse prendre ses distances avec le discours prononcé l'année dernière par Vladimir Poutine à Munich, dans lequel le président actuel a nettement déterminé les principaux intérêts de la Russie dans le monde actuel. Le plus intéressant est que si Dmitri Medvedev aspire effectivement à une libéralisation en matière de politique intérieure, il ne peut pas se permettre d'être en même temps conciliant dans les rapports avec les partenaires occidentaux. C'est un des paradoxes de la Russie actuelle. L'histoire témoigne pourtant de ce que la "poigne" en politique intérieure a habituellement appuyé la rigidité de la position russe dans l'arène internationale. Et vice versa. Les Etats-Unis s'y sont habitués. Cela est conforme à leur conception du monde. Il n'est donc pas étonnant que les déclarations libérales faites par Dmitri Medvedev au cours de la campagne électorale aient suscité en Europe et en Amérique l'espoir que la Russie dirigée par un nouveau président serait plus conciliante. Jusqu'à présent, nombreux sont ceux qui ont du mal à se représenter une situation où le dégel à l'intérieur du pays ne se répercute en aucune manière sur la défense des intérêts de la Russie en matière de politique étrangère. Le principe "la liberté vaut mieux que l'absence de liberté" peut être appliqué réellement dans l'économie, mais il n'est pas obligatoire qu'il soit appliqué sur le plan international. L'absence de liberté économique (et autre) à l'intérieur peut entraîner des problèmes économiques, un malaise social, et cela serait évidemment imputé au président nouvellement élu. Aux yeux des millions de Russes, ce ne serait qu'une nouvelle confirmation des vieux stéréotypes, une preuve que "l'absence de liberté" vaut tout de même mieux. Les uns en accuseraient Dmitri Medvedev, d'autres reprocheraient à Vladimir Poutine d'avoir mal choisi son successeur, d'avoir fait confiance à un homme de tendance "pro-occidentale"... Il est évident que Dmitri Medvedev ne peut pas se permettre d'être conciliant en matière de politique étrangère. Sinon, la notion de valeurs démocratiques "en tant qu'instrument d'influence de l'Occident" s'enracinera dans la société russe non pas pour longtemps, mais pour toujours. Pour les milieux occidentaux qui sont habitués à raisonner selon les vieux schémas, il y a un danger d'évaluer la situation de façon incorrecte. La politique étrangère de Vladimir Poutine n'est rigide que de l'avis de l'Occident, alors que de l'avis de la majorité des Russes, opposition comprise, elle est raisonnable, juste et nécessaire. Les grandes entreprises sont également satisfaites de la façon dont M. Poutine a défendu leurs intérêts dans l'arène internationale. Et si les corporations superpuissantes qui contrôlent l'économie russe souhaitent des changements en politique étrangère, elles ne la veulent pas plus conciliante, bien au contraire. Le nouveau président russe ne peut négliger ce point de vue. Certes, le facteur des rapports personnels est lui aussi important. Si les Etats-Unis avaient fait plus tôt un compromis sur l'ABM et les traité START et FCE, cela aurait été considéré comme une victoire pour Vladimir Poutine. Si cela a lieu plus tard, après l'investiture de Dmitri Medvedev, ce sera comme une révérence faite au nouveau président, dans une certaine mesure, en contrepoids à Vladimir Poutine. Alors que si cela avait été fait aujourd'hui, les deux présidents russes auraient pu considérer ce geste comme opportun. Hélas.
  7. Il y a quelques semaines, les Etats-Unis, une grande majorité de l'Union européenne (hormis la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie) ont reconnu un Etat qui n'a aucune viabilité économique, sociologique, insitutionnelle et historique, qui s'appelle le Kosovo, et cela en violant le droit internationale. A présent, au Tibet, une révolte est en cours contre l'occupation chinoise et contre la politique d'assimitation par le peuplement. Ce pays, qui en est réellement un, veut son indépendance et devrait l'obtenir au regard du droit international. Alors pourquoi le Kosovo l'a obtenu en toute illogisme et que le Tibet ne l'obtient pas en dépit de toute logique ? Pour le Kosovo, il est évident que son positionnement en Europe est stratégique et surtout il est voisin de la Serbie qui est considéré comme la tête de pont de la Russie dans la région. Il fallait donc contrer l'influence grandissante de la Russie qui se rapproche de plus en plus de la Grèce, de la Roumanie et de la Bulgarie. Ces trois pays sont d'ailleurs parties prenantes du projet de Gazoduque qui doit relier la Mer Noire à la Serbie via ces pays. D'aillieurs, il y a deux mois, la Russie a damé le pion à l'Union européenne en convainquant la Grèce que ses avions de combat étaient meilleurs que leurs homologues américains et européens. Donc, l'Union européenne a reconnu l'indépendance du Kosovo pour ouvrir un pare feu face à la menace slave. En représaille, la Russie a investi massivement dans l'économie serbe, lui fourni du gaz à prix réduit, a signé des contrats d'armements avec Belgrade, et a décidé qu'il y aurait des augmentations conséquents du tarifs du gaz pour les seuls pays européens qui ont reconnu le Kosovo. Mauvais calcul d'une Union européenne dont la somme des pays est égale à la pire cacophonie que l'histoire européenne ait connu. Le cas du Tibet est plus délicat. Qu'est-ce que la Chine ? La manufacture du monde dont le marché domestique s'ouvre aux produits et aux investisseurs occidentaux. Pire, avec 1 800 milliards de fonds souverains, Beijing rachète par compagnies semi-privées ou publiques interposées des fleurons des industries européennes et américaines. Pire, avec la grave crise économique qui s'en vient pour cause de dollar sous-évalué, de prix du baril qui ne cessera pas de grimper en 2008, de manque de liquidité du système financier mondial, les faillites bancaires, la consommation occidentale qui va se réduire, aucun pays occidenal ne peut trop protester contre la répression chinoise au Tibet. Concrètement, Beijing tient l'occident pieds et poings liés. Non seulement l'occident ne peut pas trop protester avec virulence (quelques déclarations timides et quasi confidentielles), mais il ne peut même plus s'opposer à l'explosion du budget militaire chinois et à l'hégémonie de l'Empire du Milieu qui nait en Afrique (pillage des matières premières, importation massive de travailleurs chinois au détriment des africains -d'où mes pogroms anti-chinois au Sénégal et au Gabon cet été) et aussi en Asie où l'objectif à moyen terme est de museler la Corée du Sud et le Japon, puis de les pousser à s'écarter de la protection américaine pour pouvoir ensuite "récupérer" Taïwan, y compris par la force. Pourquoi comparer le Kosovo et le Tibet ? Tout simplement parce que le défit posé par l'Union européenne à la Russie dans les Balkans poussent aujourd'hui Moscou de se rapprocher de Beijning et de soutenir la Chine et sa répression. L'impuissance occidentale est telle est qu'un boycotte (qui n'est, en somme, qu'une action symbolique) des Jeux Olympiques de Pekin n'est plus possible. Nous nous trouvons bien loin du boycotte des JO de Moscou en représailles de l'invasion soviétique en Afghanistan.
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