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  1. Le contraste de la situation française avec le monde anglo-saxon est également saisissant parce que les institutions légitimantes en matière de langue y sont fortement centralisées : si les guides d’accompagnement à la rédaction non discriminante existent depuis les années 1970 dans les pays francophones du Nord (Québec, Confédération Suisse, Belgique), ceux-ci n’ont pas été pris en compte par la puissance publique en France (1999 pour le guide officiel Femme, j’écris ton nom). La politique linguistique de la République française, en la matière, reste fermement enfermée dans le cadre national. Paradoxalement, cette fermeté est associée à un caractère plutôt velléitaire : les dispositifs législatifs favorisant la non-discrimination linguistique sont jusqu’alors promulgués sous forme de décrets, alors que les politiques visant à consolider la situation existante sont formalisées sous forme de lois, à la puissance contraignante plus forte. En outre, cette politique progressiste, attentive à rendre visible linguistiquement la place des femmes dans la vie publique, est plus que fermement critiquée, elle est violemment combattue par l’Académie française, pendant les décennies 1980-2010 (sur ce point, voir Viennot et alii, 2016). Face à cette position incertaine de la puissance publique, les guides de rédaction se multiplient dans les entreprises, les associations, mais sans que ces préconisations et recommandations aient l’autorité légitimante des institutions étatiques. https://www.cairn.info/revue-mots-2017-1-page-9.htm
  2. Le masculin n’est pas une forme « neutre » La circulaire affirme que « dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre, qu’il convient d’utiliser pour les termes susceptibles de s’appliquer aussi bien aux femmes qu’aux hommes ». C’est faux : le masculin est l’un des deux genres qui composent la langue française, laquelle ne connaît pas le neutre, contrairement à l’allemand, par exemple. « L’une des contraintes propres à la langue française est qu’elle n’a que deux genres : pour désigner les qualités communes aux deux sexes, il a donc fallu qu’à l’un des deux genres soit conférée une valeur générique afin qu’il puisse neutraliser la différence entre les sexes », expliquait l’Académie française dans une mise au point sur la féminisation des noms de métiers et de fonctions. C’est la même logique qui préside à l’accord où le masculin l’emporte, une règle contre laquelle se sont élevés plus de 300 enseignants, jugeant que « la répétition de cette formule aux enfants à partir de l’âge de 7 ans […] induit des représentations mentales qui conduisent femmes et hommes à accepter la domination d’un sexe sur l’autre, de même que toutes les formes de minorisation sociale et politique des femmes ». http://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/11/22/les-contradictions-de-la-circulaire-sur-l-ecriture-inclusive_5218818_4355770.html
  3. Le 1 % logement au secours du gouvernement L’Etat et Action logement ont trouvé un accord permettant de mobiliser 3 milliards d’euros par an au service de la politique du gouvernement. Le ministre de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, et le président d’Action logement, Jacques Chanut, ont, le 21 novembre, scellé un accord qui les engage théoriquement pour cinq ans, jusqu’en 2023. Un accord dont le gouvernement est le grand gagnant. Action logement, organisme paritaire entre syndicats de salariés et d’employeurs, collecte le 1 % logement que paient les entreprises de plus de 20 salariés, fonds qui doivent, en principe, servir au logement des salariés. Mais, depuis 1998, les gouvernements successifs ont pris l’habitude de piocher allégrement dans cette ressource qui, en 2016, s’élevait à 3,4 milliards d’euros. L’accord conclu cette semaine mobilise trois milliards d’euros par an – un record – au service de la politique de l’Etat. Ainsi, 100 millions d’euros iront, chaque année, aux bailleurs privés pour rénover leurs logements mal isolés, les fameuses « passoires thermiques ». Les gérants tels que Foncia ou Nexity seront rémunérés pour identifier les propriétaires volontaires et l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat (Anah) pilotera les chantiers. En contrepartie, Action logement pourra réserver des locations aux salariés dans le cadre du projet « Louer pour l’emploi ». Aider le parc privé est une première pour le « 1 % Logement » et permet aussi au gouvernement d’honorer sa promesse de renforcer les crédits de l’Anah sans débourser un sou du budget de l’Etat. ... Accélérer les ventes Action logement va aussi aider les bailleurs sociaux à vendre chaque année 1 % de leur parc, soit 40 000 logements, contre à peine 8 000 actuellement. C’est un souhait du gouvernement d’accélérer ces ventes pour dégager des fonds à réinvestir pour en construire de nouveaux. Une filiale sera donc créée pour acheter des immeubles aux bailleurs sociaux, revendus ensuite aux locataires, par appartement, en cinq à dix ans. « C’est un nouveau service que nous proposons aux organismes HLM, basé sur le volontariat », rassure M. Chanut qui compte mettre 300 millions d’euros par an dans cette mission. Pour ne pas freiner les maires soucieux de respecter leur quota de 25 % de logements sociaux dans leurs communes, la loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) sera modifiée pour permettre que, pendant dix ans, ces appartements, bien que soustraits au parc social, soient comptabilisés comme tels. ... http://abonnes.lemonde.fr/logement/article/2017/11/22/le-1-logement-au-secours-du-gouvernement_5218536_1653445.html
  4. « Le mouvement à l’offensive pour imposer l’écriture inclusive est éminemment idéologique, égalitariste et même paranoïaque : il se perd dans les détails à force de voir de l’inégalité partout, y compris quand un homme fait preuve d’attentions en société envers une femme. A côté de la plaque, il ne voit plus les combats bien réels à mener pour défendre les femmes, comme celui de la lutte nécessaire et urgente contre la pratique des mères porteuses », lit-on encore sur le site de la Manif pour tous tandis que l’article déjà cité du Figaro s’indigne d’une « nouvelle concession à un féminisme militant ». De son côté, le député LR Julien Aubert s’émeut de voir « la dénaturation de la langue française […] ainsi accompagnée d'une politisation du langage comparable à ce que (l'écrivain britannique) George Orwell avait prédit avec sa fameuse 'novlangue' », utilisée par un État totalitaire pour empêcher toute pensée subversive, dans son roman 1984. Il reproche à l’écriture inclusive de prendre « en otage les écoliers pour transformer, sous couvert d'apprentissage à l'égalité, notre langue à des fins idéologiques».
  5. La novlangue c'est quand tu nous fais du franglais pour nous expliquer que jamais le marketing ne crée la demande.
  6. Ecriture inclusive : pourquoi tant de haine ? La condamnation de l'écriture inclusive: un univers de discours centré sur la tradition La condamnation par le ministre de l’éducation (qui ne répond néanmoins pas à la demande d’interdiction du manuel) de l’utilisation à l’école de l’écriture inclusive repose sur trois arguments principaux : celle-ci crée des polémiques inutiles, elle complexifie la tâche des élèves et des enseignants dans un contexte où les difficultés d’apprentissage des petit.e.s Français.es rendraient nécessaire un retour aux fondamentaux de l’enseignement de la langue, elle abîme notre langue. Pour résumer, l’écriture inclusive, pourtant reconnue comme un outil d’égalisation, n’est pas une priorité à l’école. Si l’on peut s’étonner de l’argument, dans un régime démocratique, de l’inutilité des polémiques, il est néanmoins intéressant de prendre au sérieux les deux autres arguments, qui semblent relever d’un univers de discours relativement familier quand on aborde les questions scolaires. Il s’agit du discours prônant le retour à la tradition scolaire, qui se confond néanmoins ici avec deux autres discours de préservation de la tradition : un discours de préservation de la pureté de la langue et un discours de préservation de la pureté des mœurs. Cet univers de discours, porté par des acteurs politiques de droite, s’appuie plus largement sur une mise en avant de l’individu contre l’Etat. ... Faut-il protéger la langue de la politique? Le discours de l’Académie française sur la question de l’instrumentalisation politique de la langue comme outil de transformation sociale (l’égalisation des conditions des femmes et des hommes) s’appuie ainsi sur deux lignes argumentaires différentes mais complémentaires. La première est d’ordre linguistique, la seconde, sous couvert d’autonomie du monde académique, d’ordre institutionnel. La position de l’Académie française est plus ancienne que la question de l’écriture inclusive, puisqu’elle renvoie à un débat plus ancien, né en 1986 (et renouvelé en 1998) autour de la volonté politique de féminiser les noms de métiers, de fonctions et de titres. Dans leur Déclaration du 10 octobre 2014 sur « la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades ou titres », les Immortel.le.s insistent en effet sur l’incapacité de la langue française, de par ses caractéristiques grammaticales propres, historiquement construites dans l’usage, à accueillir certaines formes de féminisation. S’appuyant sur l’autorité scientifique de Claude Lévi-Strauss et de Georges Dumézil, ils dénoncent toute entreprise de féminisation systématique des noms de fonction et des titres. Trois arguments principaux sont avancés. Le premier, d’ordre grammatical, porte sur la déstabilisation des règles linguistiques. Le second, d’ordre fonctionnel, insiste sur le caractère non fondamentalement sexué du genre grammatical, dont les fonctions linguistiques sont bien plus diverses que l’attribution du sexe. Le dernier, d’ordre sémantique, insiste sur le caractère abstrait des noms de fonction et de titres, qui désignent des fonctions exercées et non des identités personnelles. Ces arguments viennent à l’appui d’une insistance sur la neutralité, celle du genre (la langue française ne comptant que deux genres, elle a donné à l’un de ces deux genres, le masculin, la fonction de neutre), mais aussi celle des fonctions, distinctes des individus qui les exerce. Complémentaire de la précédente, la seconde ligne argumentaire est d’ordre institutionnel. Elle insiste sur l’autonomie de la langue et de l’institution qui la représente depuis 1635 : l’Académie française, et refuse toute ingérence du pouvoir politique, toute volonté de législation sur la langue. L’usage de la langue, ses règles, et la consécration académique, en fonction de ces règles, des usages, doivent rester ses uniques modes de régulation. Le discours insiste sur la volonté de l’académie de rester en phase avec les évolutions de la langue, notamment en acceptant la féminisation (de fait et non de principe) des titres et noms de fonction si elle répond à une demande personnelle de l’intéressée et à condition qu’elle se limite aux appellations de la vie courante. Le discours académique sur la langue, qui s'appuie sur une toute autre logique que celle des discours politico-idéologiques que nous avons présentés plus haut, repose sur un postulat implicite : celui d’une naturalité et d’une autonomie de la langue, qui aurait son fonctionnement et son évolution propres, produits de l’usage, indépendamment du monde social dans lequel a lieu cet usage. C’est précisément sur le postulat inverse d’une imbrication du linguistique dans le social et des représentations sociales dans la langue que repose la volonté de changer le monde en changeant la langue qui est à l’origine de la promotion de l’écriture inclusive. ... La question qu'on peut se poser, c'est si le féminisme linguistique n'est pas une façon de rappeler à la société française que la langue est un produit social. Un produit social, c'est ce qui est produit, au-delà des comportements individuels, par une structure sociale donnée. https://www.nonfiction.fr/article-9087-ecriture-inclusive-pourquoi-tant-de-haine.htm
  7. Chansons françaises

  8. Parce que la langue a toujours évolué et continuera de le faire. « Le masculin l’emporte sur le féminin » n’est pas une règle intemporelle, elle est au contraire relativement récente puisqu’elle n’est entrée en vigueur qu’au XVIIIe siècle, pour des raisons qui n’ont rien de linguistique : il fallait asseoir la supériorité masculine dans la langue, comme l’indiquait Claude Favre de Vaugelas (1585-1650), membre de l’Académie française à l’époque. C’est ainsi que disparut la règle de proximité en matière d’accord, qu’utilisait par exemple Jean Racine en 1691 : « ces trois jours et ces trois nuits entières ». C’est ainsi que disparut, aussi, l’utilisation au féminin de nombreux métiers et de nombreuses fonctions : autrice, doctoresse, administresse, etc. Donc oui, les langues évoluent en partie en fonction des usages spontanés, au fil de l’Histoire ou au gré de décisions politiques qui résultent de rapports de force. http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2017/11/20/l-ecriture-inclusive-n-ayons-pas-peur-d-une-mesure-de-progres_5217491_3232.html
  9. La gauche dans le piège de Guilluy

    Ne fais pas semblant de poser des questions quand c'est toi qui donne la bonne lecture dans ta vision cohérente de la bonne marche du monde.
  10. Qu'écoutez-vous en ce moment ?

    https://chlorinefree.bandcamp.com/track/lifelines-feat-nya
  11. "Comment connaître ce qui est juste"

    Cette crispation sur l'ordre symbolique ainsi entendu par Lévi-Strauss et ses épigones vise à verrouiller efficacement toute tentative d'effraction de ce système bien ordonné censé épuiser la totalité des formes de sociabilité humaine possibles. Par lui en effet il devient impossible d'affirmer (ce qui est pourtant le cas) que même si la hiérarchisation des sexes était universellement observée sur la planète et à travers l'Histoire (ce qui est loin d'être le cas), cela ne prouverait aucunement qu'elle soit un indépassable mais simplement qu'elle correspond à un état particulier et provisoire de l'évolution de nos cultures et de nos sociétés. De la même manière, le fait que l'esclavage ait été durant plusieurs millénaires un fait universellement accepté et une pratique normale ne signifie aucunement que l'esclavage ait une valeur ni une signification universelle c'est-à-dire qu'il puisse être considéré comme un invariant structurel, ce que, si l'on chausse les lunettes structuralistes, il devrait être au titre de pratique reposant sur un système de signes marqué par la différenciation et l'opposition fondamentale (elle-même issu du schème linguistique) blanc/noir. https://genrehistoire.revues.org/769