Aller au contenu

Alister

Membre
  • Contenus

    10
  • Inscription

  • Dernière visite

À propos de Alister

  • Rang
    Forumeur balbutiant
  • Date de naissance 12/22/1992

Informations Personnelles

  • Sexe
    Homme
  • Pays
  1. Je n'ai pas assez suivi le débat pour porter un jugement si hâtif, Kégéruniku 8, cependant il me semble clairement avoir lu à plusieurs reprises le terme de vérités religieuses. Il est parfois une vérité en soi que l'on a raison, et pourtant il ne s'agit pas d'une vérité absolue. Est-ce pour autant une catégorie de vérité ? Je ne le pense pas. Car la vérité en soi peut-être aussi inclus dans la vérité religieuse. Un croyant est persuadé de détenir la vérité : c'est une vérité religieuse et une vérité en soi que Dieu existe. La vérité religieuse, c'est la foi. Et avoir foi en son jugement, c'est porter un sentiment religieux à ce dernier, et peut constituer une vérité de sentiment religieux.
  2. Votre sujet est très intéressant, permettez-moi de vous faire partager une interview : Interview de Marc de Launay, philosophe, chercheur au CNRS et directeur de collection aux Éditions Bayard. « Toute vérité est-elle démontrable ? Nous voici face à un double problème : la diversité de la vérité et le lien entre vérité et démonstration. Quand on parle de vérité démontrable , on pense au modèle mathématique. Mais dans le domaine scientifique, il existe une histoire de la démonstration. On n'a pas toujours tout démontré. Il faut du temps pour progresser dans la démonstration. Nous pourrions développer alors la réflexion sur le rapport de la vérité à l'histoire : que reste-t-il de vrai à travers l'histoire, et non malgré l'histoire ? De Newton à Einstein, il n'y a pas eu réfutation de la vérité mais marginalisation de la théorie de Newton. Il faut aussi considérer ce que l'on peut entendre par vérité esthétique, politique, religieuse... Dans ces domaines, nous nous situons à l'opposé de la vérité démontrable . Le miracle, par définition, échappe à toute démonstration. De même la beauté d'un tableau, un principe moral ou politique ne peuvent être démontrables. Mais, alors que les vérités démontrables sont faibles, ces vérités de foi ou de croyance peuvent être assez puissantes pour encadrer toute une existence. S'agit-il de vérité moindre ? Non, car nous vivons dans un monde où la conviction et la croyance jouent un rôle essentiel. Enfin, on doit s'interroger sur la vérité philosophique qui prétend être le résultat d'une démonstration logique. Un argument philosophique n'est valide que s'il recueille un assentiment universel. Mais cette démonstration logique de la vérité philosophique n'exclut pas l'histoire ou la dimension temporelle. La vérité philosophique admet les deux pôles : celui de la réflexivité humaine avec sa finitude, sa limitation dans l'histoire. Et en même temps la capacité à élaborer des concepts transhistoriques. La question qui se profile en arrière-plan est de savoir quelle vérité nous sommes capables de produire. Incontestablement, il existe des vérités au sens faible du terme qui sont les vérités scientifiques. Nous pouvons les produire car nous sommes capables de conceptualiser des phénomènes. Mais les vérités qui décident de notre vie en général nous obligent à les reconstruire sans cesse ; nous pouvons le faire car notre réflexivité, elle, est une capacité qui traverse l'histoire. » Nous pouvons remarquer que Marc de Launey différencie lui aussi les vérités démontrables des vérités indémontrables, et admet donc qu'il existe plusieurs vérités tout au long de cet extrait.
×