Imaginons un petit être humain. Appelons le par convention Moi. On aurait pu l'appeler Moi je où Auguste, qu'importe. De quoi se rend t-il compte en s'analysant un minimum? Que certains de ces actes ne sont pas de sont fait même. Se brosser les dents est une convention. Se lever le matin (tôt de preference), moucher son nez, dire bonjour à la dame sont des actes qu'il fait (et de bonne grace souvent) car il est un petit d'homme et qu'il vit dans une société qui lui préexiste et à laquelle il va bien falloir qu'il s'adapte. C'est un animal civilisé. Bon. Il arrive tout de même dans cet univers qui se voudrait réglé au millimetre, qu'il accomplisse un acte qui semble dépendre de sa seule volonté. Un acte gratuit pourrait-on dire. Par exemple, en se rendant docilement à son petit emploi, Auguste donne un coup de pied dans une boite de conserve qui se trouvait là, on ne sait trop d'ailleurs comment.. Peut-être qu'un autre Auguste préposé au balayage de nos rues et usant lui aussi de sa liberté l'aura laissée là.. on ne sait et cela n'est pas la propos. Qu'en est-il donc de cet acte gratuit sans aucune finalité apparente et dont l'explication ne s'impose pas à priori. Certains lui parleront de son cerveau, d'autres de son environnement, d'autres, plus malins, lui parleront psychologie et psychisme, enfin bref de tas de jolies choses qui le laisseront déterminé et incapable de renvendiquer le moindre petit acte car celui ci sera toujours supposé explicable. Mais c'est là ou le bât blesse justement. En se penchant sur la question, car il est dur à un Moi de se nier en tant que sujet de ses propres actes, il verra que cette croyance en une determination n'est justement qu'une croyance, qu'un postulat à priori. Un postulat necessaire et qui permet de voir plus clair en Moi mais qui n'en vient pas à bout et dont quelques zones d'ombres subsistent. Rhaa, zut et screugneugneu : ça ne va pas du tout. Là, viendront les autres Moi qui, avec un air mauvais au fond du regard lui parleront du Mal et des infinies possiblités monstrueuses dont il est capable, lui, le moi. Il lui parleront d'animal dénaturé, de responsabilité et de Morale. Tremblottant, un peu écrasé par tant de responsabilités nouvelles et ce poid si lourd sur ses frèles épaules, pressentant l'enfer et la damnation éternelle, il se refugiera dans la premiere église venue et priera pour le salut de son âme. Mais les premiers reviendront et lui souffleront que là non plus il n'y a pas de certitude, que cette liberté, ce libre arbitre est une illusion, son illusion, la plus grande et la plus necessaire soit mais... Alors perdu, îvre de chagrin et d'absence de certitude, il prendra parti. Se creera son petit coin de reflexion au coin du feu mais craignant quand meme dans ses pantoufles que le vent glacial de l'hiver ne vienne l'y en déloger.