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  1. Analyse idéologique du Joker Un chef-d’oeuvre. Une véritable et immense œuvre d’art, qui sera sans aucun doute retenue par la postérité. Et qui malgré le désespoir qu’elle contient, offre un espoir pour l’Art, et donc pour l’Humanité. La première scène montre un homme maquillé en clown, et qui utilise ses doigts pour ouvrir de force sa bouche. Son métier est en effet d’être joyeux. Et il devrait être aidé par le sort, car sa maladie psychique est de rire souvent, sans raison apparente. Mais ce rire est affreux, glaçant : il produit un son très aiguë et désagréable, et qui se transforme ensuite en hoquet particulier-celui que nous avons dès fois lors d’une crise de pleurs- qui néanmoins continue continue d’alterner avec ce rire. La plus grande partie du film est occupée par ce son sorti directement des derniers cercles des enfers. Pourquoi une production à plusieurs dizaine de millions de dollars, destinée à la consommation de masse, masse aujourd’hui avide de violence et d’érotisme, donne-t-elle une si grande importance au symptôme particulier d’un malade mentale ? Le marché que représente ces derniers est-il juteux ? Sans doute pas. Sommes-nous tous fou ? A divers degré, probablement que oui, et il est vrai que nos poils peuvent hérisser à la pensée que l’on pourrait être contaminé par la maladie d’Arthur Fleck. Ou plutôt, n’est-ce-pas la société qui est devenue folle ? Oui, c’est évident, et ce film le prouve. Mais alors pourquoi la folie du rire, et non d’autres plus communes et impressionnantes, comme la schizophrénie ? Car ce qui caractérise notamment notre société par rapport à celle de nos ancêtres, c’est omniprésence, la prédominance du rire. Dans un monde où l’hédonisme règne, où le but individuel et collectif est de se faire plaisir, il est en effet logique que le rire, autant voir d’avantage que le sexe, soit roi. Comme au ‘héros’ de cet histoire, chaque individu est aujourd’hui soumis à l’exhortation continuelle d’être joyeux. Comme pour lui, notre réussite en société passe forcément par faire rire. Comme lui, une de nos principales distractions est de regarder des humoristes, dans toutes les formes, et que nous envions souvent. En effet comme à Gotham, les animateurs du rire occupent le haut de la hiérarchie. Et c’est ainsi une dictature du rire que nous subissons sans en prendre conscience, une dictature qui censure bien-sûr, en imposant des règles qui encadrent strictement la pratique, mais surtout une dictature totalitaire : une immense part de notre société, de notre vie, de notre esprit, doit être occupée par ce plaisant réflexe. Tout sérieux, toute tristesse, est donc rejeté et banni. Mais c’est évidemment une folie, une absurdité extrême de l’aboutissement de la modernité. Le rire est certes une capacité importante de l’être humain, qui égaie nos vies maussades et nous empêche de sombrer dans la dépression et le désespoir. Mais il n’est qu’un de nos nombreux états psychiques, qui doivent alterner ensemble pour trouver un certain équilibre :la mélancolie est par exemple tout autant essentielle à l’être humain. C’est la domination absolue du rire qui finit par rendre le joker-qui a la malchance d’être dépourvue du talent d’humoriste, mais qui pourtant s’obstine à en devenir un à cause d’une société qui ne lui offre aucune autre possibilité d’ambition-totalement déséquilibré. Et c’est aussi une des causes de la catastrophe qui s’abat sur la ville, avec -ironiquement- cette armée de clowns en colère. Mais évidemment le propos du film ne se limite pas au rire : de nombreux autres aspects critiques de notre monde sont brillamment mis en lumière. Il y a d’abord évidemment le gouffre qui sépare les riches des pauvres. L’immense majorité vit dans des immeubles lugubres et excentrés, sous des conditions précaires, aggravées par l’austérité budgétaire. La minorité de fortunés vit elle dans un univers à part, où elle y construit une insouciance luxueuse, dont elle essaie de cloisonner et d’éloigner au plus possible des bêtes humaines, qu’elle dédaigne et méprise. Cette minorité est incarné par Thomas Wayne, qui traite le peuple de Gotham de clowns, et qui dévoile toute son arrogance dans son dialogue avec Arthur, où il finit par gifler ce pauvre fou qui l’irrite. C’est lui, en tant qu’incarnation de l’élite exploitante et insolente, qui excite la flamme de rage du Joker et du peuple. Mais cette analyse marxiste, bien qu’assez pertinente, ne peut-être un système d’explication total. C’est pourquoi de nombreux moment du film nuancent voire contredisent la pensée de la gauche radicale. Il y a notamment cette scène extraordinaire dans le métro, où trois jeunes hommes ivres, arrogants et riches embêtent une jeune femme, puis s’en prennent d’abord légèrement puis très violemment à Arthur, dont le seul tort était d’avoir ris involontairement. Alors, à terre, roué de coups, il presse sur la détente de son pistolet(qu’un collègue lui a donné), tuant un de ses agresseurs. En voyant cela nous sommes du côté de la misérable victime, et nous pensons que le fils de riche l’a bien mérité. Mais ensuite le Joker en tue un deuxième, tire sur la jambe du troisième, et dans un accès de rage sanguinaire il le pourchasse impitoyablement jusqu’à l’abattre froidement, à bout portant. Il est ainsi bien difficile pour même les plus extrêmes communistes de justifier cette violence par la lutte des classes. Un autre grand thème du film est le climat d’indifférence, de peur et d’hostilité qui règne dans les rapports entre les gens. Beaucoup de temps est utilisé à montrer la vie quotidienne, dans la rue, le bus, l’ascenseur… Là l’individu est anonyme, personne ne lui parle ou même ne le regarde, et la seule véritable norme imposé, dans cette société qui a cherché à déconstruire toutes les contraintes sociales, est celle de ne pas interagir avec les inconnus, même si c’est son voisin. Un moment très touchant est celui où un jeune enfant fixe des yeux(ce qui est très commun à cet âge) Arthur, qui répond en faisant des grimaces. Le rire de l’enfant alerte la mère, qui force son enfant à se détourner, et insulte méchamment(le traitant notamment de pervers) l’étranger qui a osé jouer avec son fils. Cette scène continue encore plusieurs longues et pesantes secondes, afin de bien nous faire ressentir l’atmosphère de malaise dans le bus, où tout ces gens ternes et silencieux, avec le regard baissé, tente d’oublier la présence de ce fou qui les gêne tellement. Je me suis rappellé, comme beaucoup j’imagine, que je réagis de la même manière lorsque des individus dérangés, au même juste des mendiants, sont autour de moi. Il est en effet logique que dans une société qui glorifie la différence et la déviance le véritable marginal nous dérange au plus haut point : il est la preuve de la dangerosité de l’altérité. Il est aussi la contradiction vivante de l’idéologie moderne, qui est bâtie sur la croyance de la rationalité de l’être humain, qu’on peut toujours guérir grâce à la science lorsqu’il se comporte irrationnellement. Et alors que le progrès exalte la déconstruction de toutes les frontières collectives, il crée des individus barricadés dans leurs propres îlots de relations, d’opinions et de télévisions ; des ‘safes-places’ individuels, que naturellement la présence du fou menace. Cela est visible dans l’ascenseur, où de nouveau une mère et son enfant doivent subir l’étroite proximité d’Arthur Fleck. Celui-ci, pas encore vraiment sociopathe, semble avoir lui-même honte de la gêne qu’il provoque : il baisse les yeux tandis que la jeune femme prend la main de son fils, qu’elle éloigne du monsieur bizarre. Le silence pesant qui s’installe est connu de tous ceux qui ont déjà pris l’ascenseur avec un inconnu. Toutefois elle brise la glace lorsque le mécanisme déraille : elle se plaint brièvement du bâtiment en se mimant de se tirer une balle dans la tête. C’est une occasion rêvée pour notre loup solitaire de créer une relation, ce dont il a cruellement besoin : à la sortie de l’ascenseur, il mime lui aussi le suicide, afin de les faire rire. Mais, après l’avoir regardé d’un regard terriblement jugeur, elle se retourne brusquement et se précipite dans l’appartement avec son fils. Dans cette scène, c’est moins sa folie qui crée l’hostilité, mais son simple,naturel et nécessaire désir de nouer des relations avec ses voisins. Cela est d’autant moins acceptable pour la jeune femme(pourtant célibataire) qu’il est un homme ; dans notre nouveau siècle puritain, il est interdit à l’homme d’aborder une femme. Les solitaires sont donc condamnés à se résigner à leur triste situation : sans doute que cela aggrave beaucoup la folie d’Arthur. C’est aussi à cause de cette solitude désespérante qu’il se plonge dans un monde imaginaire, où ses désirs de reconnaissances, d’amour et de vengeance se transforment en illusions si similaires au réel que le spectateur lui même a du mal à les distinguer. Une grande partie de l’histoire n’est bien sûr qu’une invention de l’esprit du Joker, mais la révélation brutale qu’il a totalement imaginé son histoire d’amour avec sa voisine est un choc véritablement terrible pour le spectateur qui s’est laissé tromper par son désir de romance. Ce film ne soulève donc pas seulement le problème de la place du fou, qui au Moyen-Age avait un rôle en tant qu’idiot du village, mais que les sociétés modernes excluent totalement, se contentant de le bourrer au médicament ou de l’enfermer dans un asile. Il montre aussi le fossé presque infranchissables entre les individus aujourd’hui, et l’absence de contacts entre ceux même en grande proximité physique. Chacun sait que, si le sort lui était aussi défavorable qu’à Arthur, il pourrait facilement sombrer dans la solitude infinie, et, éventuellement, dans la folie totale. D’où toute l’empathie que nous ressentons malgré tout pour le Joker. Il faut aussi parler du nihilisme, essentiel pour comprendre tous les crises contemporaines. J’utilise ici la signification traditionnel du nihilisme : la négation de toute valeur, de toute croyance, de toute transcendance… C’est le cœur de notre modernité. L’anéantissement de l’identité, de l’idéologie et de la religion a en effet laisser place à un gigantesque vide. Les ambitions, les pulsions et ,les passions individuels de chacun ne sont ainsi plus régulées, plus contrôlées ; elles sont libres de se déchaîner sans aucunes limites-ni de la moralité collective, ni de la conscience individuelle. Il faut voir le nihilisme aujourd’hui non pas comme une doctrine que les individus choisiraient volontairement d’adopter, mais comme l’état d’esprit que le système, ou plutôt(pour na pas utiliser ce terme galvaudé)la structure de la machine contemporaine, impose inconsciemment à ses membres. Par le simple fait de vivre dans le monde moderne, l’individu est mécaniquement contaminé par le nihilisme(à part s’il remet totalement en cause ce monde-ci, et y trouve un substitut, ce que très peu veulent et parviennent à faire). La vie même d’Arthur n’a en effet aucun sens : son métier est de mettre un masque de clown dans la rue pour faire de la publicité, sa seule famille est une mère folle qui l’a brutalisée durant son enfance et qu’il doit maintenant servir, il n’a aucune possibilité de lier des relations amicales et intimes(à cause notamment d’un travail sans véritables collègues, puis du chômage sans doute sans fin), aucun récit d’interprétation du monde qui lui expliquerait son malheur, afin de la justifier ou de le dépasser, aucun espoir de rejoindre une vie idéale après la mort...La société moderne ne propose à ses membres aucune raison de vivre. C’est pourquoi le Joker dit à la télé qu’il n’a plus rien à perdre. Et, pour le malheur de tous, agit aussi ainsi… Notons aussi l’influence sur son propre état d’esprit de tous ses bourreaux, incarnant à leur manière le nihilisme, qui rend l’individu totalement indifférent, égoïste et cynique: il y a les petits voyous qui gratuitement détruisent sa pancarte puis le tabassent, son collègue lui ayant donné l’arme qui le dénonce au patron, les bourgeois qui se divertissent en étant cruels avec lui, Thomas Wayne qui le traite avec mépris avant de le gifler, et enfin Murray Franklin qui l’humilie à distance et en direct pour amuser le public... Donc Arthur Fleck n’est pas une sorte de diable qui aurait lui-même nié le bien et le mal afin de répandre le crime et la haine, et qui aurait ainsi formé une armée de démons déguisés en clowns afin de renverser l’ordre établi(à l’image du Satan de Mitlon dans son Paradise Lost). C’est bien d’avantage une victime malheureuse, d’abord de sa folie, de sa misère, de sa solitude, puis surtout du nihilisme, qui transforme son légitime sentiment de tristesse et de ressentiment en une rage sanguinaire, un désir de chaos et une jouissance de l’horreur… Enfin parlons de l’une des dernières scènes, celle magistrale où le Joker est l’invité de l’émission de Murray Franklin. Toute sa vie il s’est préparé à ce moment, qui devrait être son dernier, et donc son chef-d’œuvre : il a en effet écrit sur son journal intime « I hope my death will be better than my life ». Cette phrase sublime m’a d’ailleurs tout de suite fait penser aux martyrs, au premier chef Jésus Christ, dont l’essentiel de la gloire réside dans la mort spectaculaire. Arthur Fleck réalise en effet d’abord parfaitement son plan : il entre avec grâce et humour, déguisé comme sa vie, en anonyme, faisant des réponses justes et touchantes à Murray. Mais il oublie sa ‘blague’, qu’il avait concocté pour se suicider théâtralement ; il doit donc sortir son carnet, où il relit sans doute au passage les mots de haine et de violence ; surtout Murray en profite pour se moquer de lui. La scène classique qu’il avait construite pour mourir avec splendeur et honneur est ainsi totalement déraillée. Il fait à la place une autre blague, très morbide, qui lui vaut les remontrances moralisatrices du plateau. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase : comment cette élite qui jouit du confort et de la célébrité, et qui vit sur la moquerie dont raffole cette société sans morale , ose-t-elle le censurer ? Ne voit-elle pas que tandis qu’elle prêche le bien et le mal, lui-et tant d’autres- vit dans un univers misérable et hostile, où toute notion de civisme a disparu ? Et ne remarque-t-elle pas que son indignation est toujours de deux poids deux mesures, que si elle s’émeut tant de ces trois bourgeois assassinés, elle ne prendrait même pas attention à lui s’il était en train de mourir dans la rue ? Ce réquisitoire résonne avec puissance à l’oreille du contemporain, qui doit subir la nouvelle censure des héritiers des immoralistes, cette meute de gauchistes aveuglée par la bien-pensance, régnant sans partage dans la sphère public. Toute cette engeance, qui, tout en glorifiant à l’extrême la liberté individuelle, l’émancipation du joug de la morale traditionnelle, la résistance à l’oppression sociale, s’efforce de sauver son système-mis en danger par la vérité-en bâtissant un nouvel ordre moral, afin de réprimer sans pitié tous ses opposants et de pardonner tous à ses soutiens. Mais leur plan(sans doute inconscient, ils n’ont ni l’intelligence, ni la lucidité, ni la perspective requises pour imaginer quoi que ce soit d’élaboré) est voué à l’échec : on ne crée pas des nouveaux bien et mal dans un monde sans substance, sans mythe, sans Dieu. Et c’est pourquoi de plus en plus d’individus, souvent les jeunes hommes abandonnés que les moralistes américains appellent avec mépris les « Incels »(célibat involontaire), s’oppose à l’actuelle bien-pensance, en l’ignorant, la provoquant ou la haïssant. Le Joker a ces trois attitudes : il l’ignore dans ses blagues, la provoque en avouant fièrement et justifiant ses crimes , et la haït lorsqu’il dévoile à Murray toutes ses hypocrisies, avant de le tuer sans trembler. Et le spectateur, même s’il est très bien intégré dans cette société, dont il soutient l’idéologie, est mis sans qu’il ne se rende compte dans le camp de ces hommes débordant de haine. Cette prouesse de cette oeuvre a été réalisé en nous faisant comprendre et même ressentir la colère d’Arthur contre l’immoralité, l’injustice et l’absurdité de la modernité, dont l’incarnation est l’humoriste télévisuel. Nous finissons même par vivre ce film en accord avec sa formule « I thought my life was a tragedy, but now I realize, it’s a comedy » ; en effet, non seulement nous pensons qu’il a bien fait de tirer, mais en plus nous sourions voire même rions durant cette scène pourtant dramatique. Nous applaudissons la folie, le crime et le chaos qui viennent troubler l’interminable et l’assommante fête moderne. Le meurtre de Murray Franklin est le 21 Janvier 1793 du despotisme de l’homo-festivus. Et ainsi que le peuple de Paris rassemblé place de la bastille, nous acclamons le régicide. Sauf que celui-ci symbolise la fin non de l’Ancien, mais du Nouveau Régime. Le Joker est donc une œuvre révolutionnaire, non pas contre la monarchie catholique-dont il ne reste aujourd’hui qu’un tas de cendres-mais contre la République ironique. Qui est aujourd’hui encore dans son confortable carrosse traversant les rues sans voir le peuple affamé, mais qui sera demain, s’il continue d’ignorer la colère qui gronde, dans le chariot en bois menant à la guillotine. Je conclurais cette tentative d’extraire la très riche et très substantifique moelle du Joker en répondant à la plus vigoureuse adressée contre ce film. Il serait un appel à la destruction, au meurtre et au terrorisme ! Cette réaction de la part du nouvel ordre moral est tout a fait légitime : les personnes même les plus en saines et les plus normales ne sont-elles pas ressorties de la séance perturbées au plus profond de leurs âmes, sous le choc d’une telle proximité avec le personnage le plus fou et le plus anti-social qui soit ? Les individus déjà marginaux n’ont-ils pas trouvés le meilleur encouragement et la meilleure motivation pour transformer leur rage en sang ? Oui, tout cela est vrai, et le réalisateur Todd Phillips ne devrait pas le nier comme une critique absurde. Plutôt que de se défendre contre les bien-pensants, il devrait retourner leurs accusations contre eux-mêmes. En effet, si ce film a tant bousculé nos consciences, ce n’est pas par quelconques procédés de propagande, de manipulation ou de sorcelleries, qui auraient persuadés comme par magie les spectateurs à se révolter contre la société ; non, c’est car il nous révèle la profondeur de la corruption de notre monde, que nous connaissions au fond de nous-même mais que nous ne pouvions, ni en réalité voulions, exprimer- aux autres bien-sûr mais aussi à nous-même. Et ce sont nos élites et leurs ancêtres qui ont construit ce monde corrompu jusqu’à la moelle. A la place de s’indigner contre le Joker, ou juste de l’ignorer avec mépris, je conseils donc à tous les responsables du trou noir dans lequel nous sommes engouffré de regarder avec attention ce film, et de vite en tirer les conséquences. Avant qu’il ne soit trop tard… A moins que cela soit déjà trop tard ; alors ce chef d’œuvre n’en deviendrait pas stérile pour autant : seul l’Art peut en effet donner de la grâce à une civilisation qui s’effondre. Et seul l’Art peut faire éternellement répandre et rayonner les dernières étoiles du génie humain...
  2. On est d'accord que Joker est le meilleur film de l'année. On est d'accord que Joaquin Phoenix mérite un putain d'oscar. On est d'accord que le rire, le costume, les gestuelles du Joker sont parfaits. Non ?
  3. Propulsé par l'interprétation de Joaquin Phoenix, le film de Todd Phillips invente avec éclat son propre espace peuplé d'ombres et de monstres, entre réalisme déjanté et univers de super-héros. Un film inspiré de l'univers des BD de super-héros qui remporte le Lion d'or au Festival de Venise après avoir reçu l'approbation de la quasi-totalité des critiques présent·es, c'est pour le moins inhabituel. Mais Joker, qui réussit à offrir ce que les amateurs du genre attendent de ce type de produit sans rien sacrifier en matière d'ambition et de complexité mérite en effet cet accueil. À quoi cela tient-il? Inévitablement, à un grand nombre des composants de sa mise en scène, de natures très variées, mais qui fonctionnent tous sur deux principes associés: une affaire de rythme et une affaire de distance. Source et suite de l'article
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