yves-1902
lundi 04 juin 2007 à 16:41
CITATION(Gwenn Ha Du @ dimanche 20 mai 2007 à 21:37)

En 24 ans je n'ai jamais rencontrer de Breton qui ne boit pas plus que de raison en soirée. Si t'en connais denonce le vite à la prefecture de ton departement: c'est surement un espion !
Man, j' suis breton depuis 46 ans et n'ai pourtant jamais pris de biture... désolé et je ne suis pas le seul, loin de là.
Je n'ai vu mon père saoul, au plus l'ais-je vu, comme mon grand père, un peu plus bavard le dimanche après "l'après-messe".
Je pense que cette réputation nous vient du fait que les occasions de sortir et de trinquer sont nombreuses.
Dans le village où je suis né et où j'habite désormais, il y a quarante ans de cela il y avait 11 ou 12 bistrots, pour 1200 hab. Aujourd'hui 1 seul, pour moins de 1000h.
Chaque bistrots tenait une activité parallèle que ce soit épicier, marchand de beurre, forgerons, négociants en légumes (choux-fleurs, artichauts, patates...) coiffeurs, marchand de charbon, etc... ce qu'il faudrait plutôt dire, c'est que, en fait, chaque commerçant et artisan avait un débit de boisson, donc une salle avec quelques tables et quelques chaises.
Nos petits bourgs étaient répartis en contrées ou quartiers qui se retrouvaient souvent pour le travail (fauchage, battage,...) ou pour les fêtes, pardons, mariages, ou les veillées en hiver.
La préparation de l'aire de battage était à elle même une occasion de se retrouver pour danser, car il fallait tasser le sol, et chaque région avait ses propres danses et une journée de fête était organisée, après la moisson, avant le battage, où l'on dansait sur la nouvelle aire pour qu'elle soit la plus plane et la plus dure possible (dans' al leur nevez), que ce soit dans le pays gavotte, plinn ou vannetais.
Autant le paysan breton était dur au travail, autant il savait consacrer du temps pour la religion et la fête.
Il y 50 ans et plus, les noces comptaient au moins 500 convives (1000 n'étaient pas rares) et duraient trois jours, il faut dire que, comme toujours d'ailleurs, chacun versait son écot.
D'ailleurs, la mariée (an eured) avaient trois tenues de mariage (1er, 2ème et 3ème jour de noces)
Les noces se passaient en extérieur, on creusait des tranchées dans un champ pour faire asseoir les convives :

le côté des femmes.

...et le côté des hommes

jeune mariée (du Léon bien sûr)

jeune marié.
L'alcool a bien été un fléau avant plus que maintenant, les paysans se déplaçaient beaucoup, pour multiples raisons, vente de produits de la ferme, marchés, foires, visites..., et il n'était pas pensable de passer chez quelqu'un sans qu'on y boive un coup. Et cela a engendré bien des misères dans certains foyers où le mari manquait de caractère ....... ou de femme autoritaire.