Kira Yamato
jeudi 12 juin 2008 à 08:55
Ouch ! -_-;
Je pense que la grande erreur sur ce sujet est de confondre d'une part le terme qui qualifie les faits et d'autre part les faits eux-mêmes (cause(s), déroulement, finalité et que sais-je encore). Or, ce sont
deux choses radicalement différentes. Le mot guerre, l'exemple par excellence, n'est rien de plus qu'une étiquette somme toute généraliste. Ce mot ne se suffit pas à lui seul, c'est à dire qu'il ne donnera jamais d'information sur le déroulement de tel ou tel événement (si tel n'était pas le cas, je n'aurais qu'à écrire "c'était une guerre" pour un sujet sur la Deuxième Guerre mondiale pour avoir 20/20

).
Or, si on va au-delà du mot, on remarque bel et bien que l'Histoire ne se répéte jamais. Il n'y a pas de fait qui puisse regarder un fait antérieur comme il se regarderait dans un miroir.
La conception de l'histoire cyclique remonte à loin, et aujourd'hui encore nous en conservons des traces. Je prendrais l'exemple du mot Révolution (qui qualifie entre autre les événements de 1789). Ce terme appartiens avant-tout à la physique et qualifie une rotation complète, donc un cycle qui s'achève. Ainsi l'a t-on utilisé pour qualifier les événements en Angleterre en 1688, car ainsi les Anglais renouaient avec ce qui avait été perdu, en gros une monarchie plus juste. Idem pour 1789 : il s'agit de revenir à ce qui a été perdu de vue, la monarchie parlementaire (et non plus l'absolutisme). Mais que s'est-il passé ? On a viré en République... Quelle répétition !
De même, le cycle impliquerait sinon l'exactitude, du moins la quasi exactitude mathématique dans le temps de la répétition des faits. Là encore j'attend des exemples (jusque là, je n'en ai pas trouvé).
Enfin, qu'est-ce qui ne va pas pour moi dans cette notion ? Le fait qu'elle implique le mouvement uniforme, unanime de l'histoire mondiale. Malheureusement, toutes les nations n'ont pas évolué de la même façon, surtout dans le temps (cela ne sous-entend pas quelque jugement de valeur de ma part). Quand je dis évolution, c'est déroulement des faits. Par exemple si un pays rompt avec la monarchie pour un autre régime, puis qu'il revient à la monarchie, je ne considère pas cela comme une régression.
Pour le sujet de base, personnellement, je ne penche ni pour l'un ni pour l'autre. Je pense avoir montré pourquoi je ne suis pas la théorie cyclique de l'Histoire. Je ne suis pas non plus la seconde car, à l'instar de seth rotten, je trouve que cette vision prend l'histoire pour une notion qui transcende l'homme. Or, c'est l'homme qui fait sa propre histoire ! (les animaux ne font pas leur histoire) Et le comportement humain est ce qu'il y a de plus imprévisible sur cette terre. Donc rien de linéaire selon moi.
Je crois que c'est Bergson qui voyait dans l'Histoire un cheminement entrepris par l'être humain vers la Liberté ; l'idée a également été développée par Guizot et consort dans la première moitié du XIXème siècle, avec la Réforme comme libéralisation culturelle, suivie de la Révolution de 1789 comme libéralisation politique. Ce qui me gène là-dedans, c'est la caricature des ères passées que ça implique, c'est à dire que les premiers temps de l'ère humaines seraient des périodes de tyrannie et autre summum de la privation de la Liberté. Je doute que ce fut le cas...
Donc, pour moi, l'histoire n'est qu'un enchaînement de fait, enchaînement sur lequel il n'y a que peu de qualification réductrice à mettre (et surtout pas régression ! ce qui peut être, à chaud, considéré comme une régression apparaît en général sur le long terme comme une expérience tout à fait utile).