![]() | Référendum pour une plus grande autonomie au GroenlandMardi 25 novembre - 18:35 |
Les Inuits du Groenland devraient voter massivement mardi en faveur d'une autonomie élargie proposée par leurs dirigeants, leur ouvrant la voie à l'indépendance totale vis-à-vis du Danemark, qui règne sur ce territoire stratégique de l'Arctique depuis près de trois siècles.
Tous les partis, à l'exception d'un seul, les démocrates (minoritaires), ont appelé à voter " Aap " (oui) lors de ce référendum décisif, négocié âprement avec le Danemark et qui confère pour la première fois au Groenland le droit à l'autodétermination et lui assure d'être reconnu en tant que peuple. Quelque 39.000 électeurs sont appelés à voter. Les bureaux ont ouvert mardi à 13 heures (heure française) dans 80 villes et villages du Groenland et devraient fermer à minuit tandis que les résultats sont attendus vers 4 heures mercredi matin. Selon un dernier sondage paru lundi, le "oui" l'emporterait massivement à 61 % contre 15 % de "non". 19 % demeurent cependant encore indécis et 5 % ont dit leur intention de ne pas voter.
Position stratégique
Le Groenland, 57.000 habitants (dont 50.000 Inuits et 7.000 Danois de la métropole), bénéficie d'un statut d'autonomie interne depuis 1979. Si le "oui" l'emporte, le gouvernement local (sociaux-démocrates et libéraux) obtiendra le droit non négligeable de contrôler les ressources minérales (pétrole, gaz, or, diamants, uranium, zinc, plomb) de l'île. Cette île, la plus grande du monde, occupe en outre une position stratégique dans l'Arctique entre l'Europe et les états-Unis. Elle abrite d'ailleurs une base radar américaine à Thulé, au nord-ouest, qui devait jouer un rôle essentiel dans le programme antimissile de l'administration du président américain Bush.
Un "oui" n'aura pas d'influence sur la politique étrangère et de sécurité de l'île, qui demeure du ressort de Copenhague, ni sur l'avenir de la base américaine de Thulé, assure toutefois le gouvernement de Nuuk. Un accord a été signé en 2004 à Igaliku (Groenland) sur la modernisation de l'accord de défense de 1951 passé par Copenhague et Washington. Il met cette base radar à niveau dans le cadre du système antimissile américain, a ainsi rappelé Josef Motzfeldt, ancien ministre groenlandais des Affaires étrangères. Motzfeldt était signataire à l'époque de cet accord avec son homologue danois Per Stig Moeller et l'ex-secrétaire d'état américain Colin Powell, signe d'un nouveau droit de regard du Groenland sur les affaires le concernant.
lepoint.fr (avec AFP)
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