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mardi 14 octobre 2008 à 18:56
Message
#1
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Rania Ibrahim devait semer la mort et la terreur le 24 août sur le marché de Bakouba, une ville située 50 km au nord de Bagdad. Cette adolescente irakienne de 15 ans, au visage joufflu et aux cheveux bouclés, n'avait qu'à actionner le détonateur de la bombe qu'elle portait sous son abaya, sa longue robe noire. Mais au moment de devenir une kamikaze au milieu de la foule qui se pressait au milieu des étals des marchands, elle n'a pas pu. Ou plutôt elle n'a pas voulu. La suite de l'histoire a fait ensuite le tour du monde. Rania a été repérée par les hommes de la milice d'Al-Sahwa à un check-point. Ses gestes confus et son regard paniqué l'ont trahie. Les miliciens sunnites payés par l'armée américaine n'ont eu aucun mal à trouver sa ceinture d'explosifs sous sa longue robe noire. Les 20 kilos de TNT que la jeune femme transportait devaient provoquer un bain de sang auquel l'Irak est habitué depuis l'intervention américaine en 2003. Elle n'a pas eu le courage Pour la première fois, le terrorisme irakien a trouvé un visage. Celui de Rania qui croupit depuis dans une prison de Bagdad. Mais qui est cette femme-enfant qui aurait dû être la 31e femme bombe humaine d'Irak cette année? Pourquoi a-t-elle finalement refusé d'accomplir sa mission jusqu'au bout? Etait-elle une terroriste isolée? Ou faut-il y voir la patte d'al-Qaïda, qui contrôle la région de Bakouba, devenue l'une des plus dangereuses du pays? En Irak, les avis sont partagés. Pour beaucoup, Rania est une criminelle. Et elle mérite la mort. «En fait, elle n'a pas eu le courage d'aller jusqu'au bout. C'est tout», tranche Moundir, journaliste à Bagdad. «Quand on porte une ceinture d'explosifs, c'est qu'on y croit. C'est pour semer la terreur. En outre, elle n'a pas hésité à marcher de chez elle à la place du marché. Et s'il n'y avait pas eu une fusillade entre les hommes d'Al-Sahwa et des insurgés, elle se serait fait exploser. C'est une folle.»Faux, rétorque Bessaed Selmane, la mère de Rania, en pleurs à l'autre bout du fil. «Ma fille est innocente. Elle n'a pas compris ce qui lui arrivait.» La sexagénaire a la voix amère de colère des mamans en détresse. «Elle a eu peur pour elle et les autres. C'est pour cela qu'elle a fait marche arrière et qu'elle est revenue vers moi pour que je la débarrasse de la bombe.» C'est d'ailleurs ce que Rania a raconté aux miliciens d'Al-Sahwa au moment de son arrestation. «Je ne veux faire de mal à personne», leur a-t-elle répété inlassablement. «Moi, je veux devenir docteur ou enseignante. Pas kamikaze. Ceux qui m'ont fait porter le gilet ne m'ont jamais dit que cela allait faire du mal. Je veux voir ma mère.» Son mari l'a guidée Rania, une victime? La justice irakienne tranchera. Mais avant, elle aimerait bien mettre la main sur Hamid, le mari de l'apprentie kamikaze. Ce chômeur d'une vingtaine d'années a disparu depuis l'attentat manqué. Et selon la maman de Rania, c'est lui le cerveau du massacre manqué de Bakouba. «C'est lui la source de nos malheurs. Il a obligé ma fille à devenir kamikaze», poursuit Bessaed Selmane dont la voix déraille régulièrement. «Il l'a endoctrinée pour la transformer petit à petit en terroriste.»Un processus qui a débuté dès le mariage il y a neuf mois, raconte Alaa Al-Djabouri, un des seuls journalistes irakiens autorisés à rencontrer régulièrement Rania. «Son mari l'a guidée pas à pas sur le chemin de la mort. Avec une idée: faire d'elle une bombe humaine». SID AHMED HAMMOUCHE Suite de l'article...
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