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dimanche 31 août 2008 à 20:40
Message
#1
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Ismaïl Ahmed est l'un de ces nouveaux venus. La quarantaine débonnaire, ce père de famille qui a fui les massacres du Darfour a ouvert début avril un petit cybercafé. Les enfants soudanais s'y rassemblent pour d'interminables parties de jeux en réseau. Le soir, Ismaïl donne des cours d'anglais et d'informatique à leurs parents. Le succès venant, il s'apprête à changer son parc d'ordinateurs. A la devanture, il a accroché une guirlande de drapeaux frappés de l'étoile de David. Le signe de la reconnaissance qu'il voue à son pays d'adoption. Le témoin du parcours inespéré qu'il a effectué en l'espace d'un an. C'est le 1er juillet 2007 qu'Ismaïl a posé le pied en Israël, avec sa femme Halima et leurs quatre enfants. "A onze heures moins le quart, précisément", dit-il. Après sept heures de marche harassante dans le Sinaï, la famille avait réussi à tromper la vigilance des troupes égyptiennes et à se faufiler derrière la clôture barbelée qui marque la frontière avec l'Etat juif. "On est partis du Caire, entassés à l'arrière du pick-up de notre passeur bédouin, une couverture sur la tête", raconte Ismaïl. Après vingt-quatre heures de repos dans un campement à proximité de la frontière et une ultime marche dans la caillasse, les réfugiés sont en vue de la délivrance. "Il y avait un ravin d'environ 60 mètres de long, complètement à découvert. On a abandonné toutes nos affaires,même les bouteilles d'eau. Le guide nous a dit que si l'on entendait des coups de feu, il fallait continuer à courir.On a fait une brève prière, j'ai pris un enfant sur le dos,un autre par la main, et on s'est élancés. Cinq minutes plus tard, on était sur un chemin de sable, de l'autre côté de la frontière. On a fait exprès de laisser de grosses empreintes de pas. Une heure plus tard, une jeep de l'armée israélienne nous récupérait. On était sauvés." Benjamin Barthe Suite de l'article...
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