Version complète : Le journal de bord de plimsoll
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Plimsoll
Chose promise chose due, voici donc l'explication de ma disparition de ces derniers mois :

Le 8 septembre, journée radieuse (j'aurais aimé dire que le depart se fit sous la pluie avec une foule epleurée mais ce ne fut pas le cas) je pris l'avion direction singapour pour rejoindre le navire, ce fut l'anniversaire le plus bref que j'ai connu puisque avec la rotation de la terre il ne dura que 14heures.
Après 13heures et des brouettes de vol assisté par avion nous atterimes a singapour le 9 a 7h,
Singapour, ville très propre, habitants aimant le friture, odeur en consequence, langue très musicale cohabitant avec l'anglais, ancienne colonie oblige, végétation luxuriante, population a l'identique.
Après midi libre, ce qui m'a laisser l'occasion d'essayer les pousse-pousse (qui n'ont pas l'air de se dire push-push en anglais)



C'est vers 23h que je quittais la terre ferme pour rejoindre le pont du navire qui etait en train de faire des soutes au mouillage (disons qu'il "faisait le plein" pour ceux qui n'aurais pas compris)

Les plus observateur remarqueront qu'il fait jour, ce qui difficile a 23h, c'est simplement que la photo a été prise a antifer un mois et demi plus tard, je ne mentione pas le nom du navire pour eviter le flicage mais vous pouvez tout simplement le lire dessus. Question chiffre ça donne 332m de long pour 58 de large avec un tirant d'eau avoisinant les 21m en charge, transportant environ 2millions de barils de petrole brut, le tout propulsé par un moteur lent deux temps de 34650 chevaux entrainant une helice de 9,8m de diametre et dirigé par un gouvernail d'une superficie de 131,85m², bref une grosse peniche.

Ce fut le depart pour 95 jours de bords en suivant a peu près ce trajet :

Pardonnez l'ecriture deplorable mais numeroter a la souris ce n'est pas tres commode (louis XV)

J'ai été affecté a la machine pour cet embarquement donc pas de vision de dauphins sautillant ou de baleine bondissante ou encore de wilson a la derive, mais le doux murmure du moteur, le gemissement des turbosoufflantes dans la fraicheur de la salle machine (40 degré en moyenne)


Dans les premières semaines, pas grand chose, on se familiarise avec le navire, les equipements de securité, les different role qu'on occupe en cas d'incendie, d'abandon, d'homme a la mer, de pollution, de soirée mousse etc.... Et on suit les tuyaux des differents circuit de la machine (c'est pas ça qui manque).
Point de vue personnel :
-Un capitaine (français)
-Un second capitaine (français)
-Trois lieutenants (un français et deux bulgares sont dans une barque....)
-Un bosco (bul)
-Un pompiste (shaddock bulgare)
-quatre matelots (bul)
-un cuisto (bul)
-deux garçons (bul)
-un chef mecanicien (français)
-un second mecano (français)
-un troisieme meca (français)
-un quatrième meca (bul)
-un fusible (electricien français)
-un soudeur (bul)
-un tourneur (bul)
-un nettoyeur (bul)

Point de vue horaire : Tout les jours de 7h30 a 12h et de 13h30 a 18h, seul le dimanche après-midi est libre sauf en cas d'operation commerciale (chargement, dechargement) et pas pour tout le monde (un officier de quart a la machine, rotation normale pour les officier de quart a la passerelle)
Le troisième jour de bord, catastrophe mon ordi se met en grève et sabote sa carte mère (le fils indigne), ca peut paraitre benin mais ça se traduit par :
-plus de musique pour se detendre
-plus de jeux pour se changer les idées
-plus de film pour se distraire
Et ce pendant trois mois, autant dire que les soirées furent longues une fois que j'eu fini la dixaine de livre emporté (En tant que marin nous avons le droit d'emmener 40kg en avion au lieu de 20, donc j'en ai un peu profiter heureusement)
Du coté de la nourriture ce n'etais pas terrible, cuisto bulgare avec une formation de cuisinier d'une semaine. La diversité n'etait pas au rendez vous, frite riz en alternance.
Pendant ce temps la on se dirigeait vers le golfe persique pour proceder au chargement.
Le 26 septembre nous nous amarrions a la SBM de jueymah au sud de l'iran.
Alors une SBM (single buoy mooring) c'est une bouée sur laquelle on s'amarre au large des côtes sans les voir, a cette bouée est raccordée une manche que nous connectons pour remplir les citernes.
Durant le chargement petit probleme au niveau du reducteur, legère fuite donc arret de deux heures pour changer de reducteurs, resultat amende de 45000$ (j'aimerais etre payer autant!)
Fin de chargement 36heures plus tard.

A suivre

Dans le prochain episode : (ca fait tres serie tv, je sais)
-de l'action et du danger avec le Le passage de suez
-des frissons a rotterdam (ben oui il fait pas chaud)
-une operation de sauvetage a antifer (sans pamela et mich par contre)
-une sombre enquete toujours a antifer (que d'action du coté du havre)
-et plein d'autre truc

En cas de de questions, reclamations, plaintes, avis de recherche, ou demande de rançons n'hesitez pas.

Chapacha
thumbsup.gif l'idée du journal de bord ! Et bon retour à bord du ForumFr boat, captain plimsoll !
Vivement la suite ! wink1.gif
Lili_greycat
La foule éplorée n'était peut-être pas au départ, mais elle était sur ForumFr. whistling1.gif Contente de revoir notre Picard marin. wink1.gif

C'est quoi une soirée mousse? huh7re.gif
Belizarius
Génial ce topic! smile.gif
Merci Plimsoll, on connait peu cet univers et c'est donc forcément une découverte smile.gif
Elaïs
Super thumbsup.gif
usagi
whistling1.gif salut camarade , je compatie pour tes longues soirées sans distractions biggrin.gif

Plimsoll
Merci a tous,
alors la soirée mousse, c'est une suggestion que j'avais proposée au commandant qui aurait consister a declancher le systeme d'extinction par mousse dans un des local machine pour organiser une soirée mousse un samedi soir comme dans les boites. Le tonton a refusé, je me demande pourquoi....whistling1.gif
Bigre Usagi tu me fais penser que j'ai oublier de parler de l'alcool a bord, là encore un mythe va s'ecrouler le navire etait semi-sec weep.gif
Un navire sec est un navire ou l'alcool est interdit a bord, le semi-sec comme nous ça se traduisait par une bière ou un verre de vin par jour et par personne a condition d'etre a plus de 48h des operations commerciales. Ca peut paraitre raisonnable mais d'une part le vin etait plus proche de la villageoise qu'autre chose et d'autre part ca supprime un aspect de la vie en communauté : on ne se retrouve plus avant le repas du soir pour prendre l'apero, chacun reste dans sa cabine en attendant le repas et du coup il y a moins de convivialité dirons-nous.

Sinon où en etais-je ? Fin de chargement au golfe persique

Donc nous partimes chargé et inerté vers la mer rouge pour rejoindre le canal de suez.

Inerté, c'est a dire que nos citerne contenait la cargaison sous forme liquide et du gaz dit inerte formé a partir de gaz d'echappement lavés et refroidis ne contenant pas plus de 5% d'oxygène afin d'eviter de se trouver dans la zone d'inflamabilité. Bref ca evite de se transformer en barbecue géant.

Rejoindre la mer rouge n'est pas compliqué en terme de navigation mais il convient de prendre certaine precaution :
si on passe trop pres des cotes il y a les kamikazes du yemen (du même acabit que ceux qui avait envoyer un zodiac chargé d'explosif contre le limburg un petrolier en 2002 voir photo ci dessous, 36h d'incendie et un mort)


Et si on passe trop loin on se choppe les pirates de somalies qui ne ressemble pas a ça :


Mais a ceci :

Pour lutter contre les kalashnikoffs de notre coté nous avons ceci :


Notre defense consiste donc a aller a la vitesse maximum, 14 noeuds a peu près soit 26km/h en doublant la veille pour reperer les embarcations suspecte (qui vont deux fois plus vite que nous), si jamais elles approchent on les arroses avec nos jolies manche incendies en evitant les balles pour que nos assaillant ne mettent pas les pieds sur le pont, si jamais ils y arrivent, on se barricade a l'interieur en esperant qu'ils ne savent pas le code des cadenas a trois franc six-sous qui garde l'accès aux accomodations. Si jamais ils entrent a l'interieur on tente de provoquer un suicuide collectif en passant du lorie en boucle, en cas d'echec on capitule.
Que recherche ses pirates ? Plusieure possiblitées :
-L'argent liquide du bord, ce qui equivaut a deux mois de salaires de l'ensemble de l'equipage, officiers inclus. Donc un joli magot
-La prise d'otage, les rançons ça rapporte en ce moment
-Une douche
-De temps en temps ils prennent le navire avec la cargaison mais sans l'equipage et revende le tout.

Bref voilà le principal danger dans ce coin là (sommalie, yemen et mer rouge)

Tout les forbans du secteur on été évité, et nous nous somme prensenter a la SBM de Ain Sukhna un peu avant le canal le 6 octobre afin de proceder a l'allegement du navire. L'allegement consiste a decharger une partie de la cargaison afin de faire passer notre tirant d'eau de 22m a 16 pour pouvoir franchir le canal sans toucher le fond.

Coup de chance nous n'avons pas eu d'attente ni pour aller sur la bouée, ni pour prendre place dans un convois pour franchir le canal. Le convois se compose d'une dizaine de navire avec a peu près un remorqueur entre chaque navire et une paire de pilote sur chaque navire. Le pilote est un officier qui connait la zone où il est affecté a la perfection, il embarque pour conseiller le commandant mais celui-ci reste le seul maitre a bord.
Une fois qu'on a eu embarqué notre première paire de pilote (venus en pilotine, nom donné a leur embarcation qu'on peut voir sur la photo ci dessous), la demi-douzaine de techniciens que les egyptiens nous oblige a prendre et les camelots qui montent a bord pour nous vendre des veste en peau de chèvre retournée avec l'odeur, et des pyramides en resine (good quality, good quality !)


Nous nous engame dans le canal qui à a peu près cette forme

Pas facile a voir mais on distingue les lacs où les convois montant et descendant peuvent se croiser
Je revis donc la terre après 28jours de mer. (ça fait etrange au debut)
Géopgraphiquement nous somme entre israel et l'egypte (d'où les pyramide en resine)
Point de vue paysage on a d'un côté une rive verdoyante et de l'autre un desert (devinez a qui appartient le canal sachant que le prix de passage pour un navire comme le notre avoisine les 700.000€)


Par contre le message d'aceuil n'est pas top


Beaucoup de petite embarcation de pecheur dans le canal, a un moment on a croiser un hotel jouxtant une plage de nudiste, curieusement a cet endroit nous avons eu une penurie de jumelles (curieux n'est-ce-pas ?)
On passe aussi entre deux monument dediés a la guerre des six-jours (http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_des_Six_Jours) une sorte d'obelisque côté egyptien et une sorte de grande bayonnette côté israelien)
Sinon tout c'est bien derouler, on a reussi a passer le canal sans se faire taxer une seule cartouche de cigarette par les pilotes, technicien..., le navire de la compagnie qui etait un jour devant nous en a lacher 51. En revanche on s'est fait piquer les draps de la cabine des techniciens ainsi que les serviettes heureusement les combinaisons de survie et les gilet de sauvetage avaient été retiré avant. Petit problème également au momment de remetre a l'eau les marchands de tapis : utilisant notre grue pour remettre a l'eau leurs embarcation nous avons utilisé un bout (prononcé BOUTE, il s'agit d'une grosse corde dirait un citadin) pour stabiliser leur embarcation le temps de la descente, mais une fois a l'eau ils s'y sont accroché dans l'espoir qu'on lacherait le bout de notre coté pour qu'il le recupere (et le revende avec profit bien sur). L'installation de la manche incendie les a fait lacher, plutot dissuasif non ?

Après une dizaine d'heure de traversée nous arrivions dans les eaux de la mediterranée en direction de Sidi Kerir notre port de rechargement (ben oui il faut bien recharger ce que nous avons decharger, moins les "fuites egyptiennes" comme disait le vieux.) que nous atteignimes le 9 octobre.

Voila pour aujourd'hui, la prochaine fois je vous conterais notre remontée vers rotterdam, ma visite a l'hopital du bord, comment jouer au poker sans jetons et je vous donnerais la presque recette des merveilleux dessert bulgare (a ne pas faire quand vous inviter des amis sauf si bien sur vous voulez vous en debarrassez pour une raison X ou Y).
Chapacha
huh7re.gif blink.gif shok.gif laugh.gif laugh.gif Voilà par quoi je suis passée en te lisant, tu racontes trooooooop bien, tin des vrais pirates et tout ! Je suis juste un peu déçue par le manque de... convivialité... whistling1.gif tongue.gif

On attend la suite ! thumbsup.gif

lazy
on ne croirait pas que la vie de marin est aussi trépidante ... enfin ce qui est drôle c'est qu'il y a un côté assez pépère avec des horaires de bureau par exemple (pas de quart ?) et un autre côté où tout peut dégénérer avec des pirates ou une mutinerie à cause du cuisinier bulgare biggrin.gif

moi aussi j'attends la suite avec intérêt thumbsup.gif
usagi
whistling1.gif ton cuistot bulgare me rappele un truc :

ici

biggrin.gif biggrin.gif
Plimsoll
Le quart ? c'est vrai j'ai oublier d'expliquer ça alors pour commencer differençons le pont et la machine ainsi que le quart en mer du quart au port:
En mer :
-A la machine nous faisons les horaires decris un peu plus haut mais quand les mecanos ne sont pas a la machine il y a un officier mecanicien de quart, pour lui ça se traduit par le fait qu'il doit effectuer une ronde vers 22-23h et qu'en cas d'alarme machine ça sonne dans sa cabine et il gagne le droit de descendre voir ce qui se passe (généralement je descendais avec lui, apprentissage oblige).
-Au pont a la passerelle les trois lieutenants se relaient par quart de 4h (nommé communement le 0 a 4, le 4 a 8 et le 8 a 12 ) les quarts de nuit se font assisté par un matelots qui est sensé regarder dehors. Le reste des matelots, bosco, pompiste font les même horaire que la machine
Au port (ou sur boué suivant le cas)
-A la machine : le troisième meca et le quatrième tourne en 6/6, le chef et second sont là en cas de besoin. le reste de l'equipe machine est requisitionner par le pont (et oui l'effectif est juste pour les operations commerciale)
-Au pont les lieuts continue leur rotation mais au pc cargaison et non a la passerelle, le reste de l'effectif tourne en 6/6 a divers poste (sureté, surveillance de pression dans les lignes, ronde, surveillance du mouillage ou de l'ammarrage....)

En esperant avoir été clair (j'ai beau relire plusieur fois pour verifier que tout est comprehensible, il est possible que certaine mystere demeurent donc n'hesitez pas a demander)

La mediterranée, pas eu grand chose de trepidant, le passage de gibraltar dans la nuit du 13 octobre s'est passé sans encombre.

Fait notable, fatigué d'avoir les cheveux devant les yeux (l'effet briard, comme le chien) et de transpirer dessous je me decidais a reduire le cuir chevelu mais suite a un incident de tondeuse je fut obliger d'y laisser tout mon scalp (heureusement depuis ça a repousser)
L'atlantique s'est avéré aussi calme que l'indien et la mer rouge. C'est en passant au large du portugal que le tonton decida de se debarrasser du cuiso, non pas en le balancant au requin depuis une planche soudé sur le pont (deçu ? nous aussi c'eut été divertissant whistling1.gif) mais en demandant son debarquement. Faut dire que le repas du dimanche a été mémorable, traditionnelement le dimanche midi on se remplis la panse avec joyeuseté avant de pratiquer le sieste ethylique dominicale, là deja pour la sieste ethylique c'était a l'eau (au propre comme au figuré) mais coté repas ce fut :
-sardine en boite a l'entrée
-steack haché frite
-fromage pasteurisé (le vrai fromage n'aparaissait que sur la table des bulgares)
-dessert : l'apotheose, c'etait une espece de pate feuillettée recouverte d'une couche gelatineuse et recouvrant des haricots rouges, le tout froid, (miam miam thumbdown.gif )

C'est un peu après le cap finistere que je me suis cassé la margoulette dans une echelle, ce qui m'a laisser une douleur au coqsix (pas sur de l'orthographe) durant trois semaines, ça a permis de faire quelque blague graveleuse egalement, maintenant ça va mieux mais sur le coup c'est pas rassurant car point de vue pharmacopée nous somme equipée mais le lieutenant chargé de l'hopital (et non de l'infirmerie) tenait du marabout, d'autre part il semblait faire le toucher rectal sans les mains whistling1.gif Mefiance mefiance....

Petite precision lexicale :
Sur les navires on utilise un vocabulaire avec certaine singularité :
Ce que a terre vous appellez un escaliers, a bord nous le nommons echelle
De la même façon un couloir devient une coursive, un etage de vient un pont, une fenetre un sabord ou un hublot, le lit une banette etc.....
Bref
C'est arrivé a proximité de la manche que les emmerdes a la machine commencèrent :
Quand nous somme en europe du nord nous sommes obligé d'utiliser du fuel a plus faible teneur en souffre qu'habituellement, d'un coté nous polluons moins mais de l'autre le fuel "low sulphur" a la particularité d'encrasser nos filtres très rapidement donc nous avons fait du nettoyage de filtre a un rythme soutenu (faire le même filtre trois a quatre fois le même jour c'est penible, d'autat plus que ce fuel fait comme des filament qui se prennent dans les mailles du filtre et qu'on n'arrive a revoir seulement en utilisant un produit bien mechant tant pour les filament que pour les mains)

Nous arrivames quand même a rotterdam le 18 d'octobre, pour decharger, faire les vivres, les soutes, recuperer des pièces, effectuer une relève, et une inspection de l'affreteur en bonus (l'affreteur est celui qui "loue" le navire, l'armateur est celui qui equipe le navire tant en matériel qu'en homme, on dit qu'il "arme" le navire, on trouve aussi le proprietaire du navire qui n'est pas toujours l'armateur et le chargeur qui charge le navire en cargaison mais qui ne possède pas forcement cette cargaison. Donc vous imaginez le micmac que ça peut donner : Un navire proprieté de X, armé par Y, affreté par Z, chargé par A avec la cargaison de B pour l'amener a C, maintenant si le navire coule a qui la faute ? (penser alors a rajouter une poignée d'assureur, l'etat du pavilion, la société de classification qui a suivi le navire.....) Joyeu meli melo non ? biggrin.gif

Malgrès la quantité de chose realisée en même temps on a reussis a decharger sans problème. Comment ?
C'est vrai j'ai oublier d'en parler, pour charger on se contente a bord du navire d'ouvrir les bonnes vannes et de surveiller tout en deballastant , c'est la terre qui fait circuler le petrole.
Pour decharger en revanche on utilise nos 3 turbopompes de dechargement, turbo car mu par une turbine a vapeur que voila

Après il vient se rajouter le problème de l'assechement des citernes mais je prefère ne pas rentrer dans les details car c'est d'une part pas facile a expliquer et d'autre part long a expliquer puisqu'il faudrait alors detailler le circuit cargaison, expliquer les limites de fonctionnement des pompes centrifuges, rentrer dans la thermodynamique bref beaucoup de chose pas ininterressantes mais laborieuse et comme je suis en congé j'en profite (normal non cool.gif ?)
Et en même tant qu'on decharge on ballaste, si bien qu'il existe deux cas de figure pour un petrolier :
-Chargé et deballasté
-Dechargé et ballasté

C'est dans le soleil couchant que nous quittames rotterdam en direction d'antifer
Cette phrase sert uniquement a trouver un pretexte pour inserer cette photo

Ca en valait pas la peine ?

C'est au matin du 20 octobre que nous arrivames a antifer, port en eaux profonde situé près du havre (ou près de le havre comme disent certain)

(encore un pretexte, euh en quelque sorte oui)
Point de vue manoeuvre 7 heures furent necessaire pour nous mettre a quai, aidé en cela de quatre remorqueur, le creneau c'est pas notre truc whistling1.gif

C'est a antifer que j'avais planifié une vaste operation (impliquant deux personne et un kangoo) pour sauver mon pc (cf la première partie, d'ailleur ce même pc vient de me reclaquer entre les pattes pas plus tard qu'hier, j'ai un bol monstrueux avec l'informatique) avant que la garantie n'expire.
Cela a permis a mes parents de voir où je travaillais et de mettre les pieds sur un navire, et d'immortaliser mon derapage de tondeuse fort heureusement attenué par le temps.

Le truc jaune qui pend a ma poche n'est pas un tamtam mais un detecteur de sulfure d'hydrogène (H2S) gaz mortel, pratiquement inodore contenu dans les vapeur de petrole brut notament a plus ou moins forte concentration, au dessus de 10ppm (part par million) c'est cuit donc le bipeur nous previent avant et a ce moment la on se met a l'abri. Il fait arti de l'equipement de protection individuel qu'on doit porter sur le pont en operation commerciale (Avec en plus le casque, les lunettes, les chaussures de secu, le talkie et les gants.)

Et la sombre enquete promise alors ?

J'allais l'oublier, elle eut pour origine la mort d'un matelot suite a une chute dans un ballast sur un petrolier similaire au notre en amerique du sud. Comme le navire battait pavillion belge c'est la justice belge qui est venu mais comme nous bation pavilion français la justice française est venue aussi. Pourquoi, j'y arrive, sur le corps du matelots il a été trouvé des marques dut a des objets tranchants, (mieux que les experts non ?) et l'objet de nos visiteur etait de voir si dans un ballast il existe des structures pouvant expliquer ses marques mais comme le navire ne passe jamais près de la belgique et que les belges n'ont pas voulu envoyer leur representant en voyage lointain, ils les ont envoyé a antifer (cité balneaire) pour aller visiter nos ballast. La conclusion de l'affaire ?
J'en sais fichtre rien (ben oui je suis pas inspecteur....) mais c'est sombre non ? On pourrait même dire que c'est vaseux, tout cmme le ballast d'ailleur.


Le 21octobre nous repartions (sans mes parents, ils etaient parti le soir avec ma machine infernal, et sans les visiteurs belges), avec un nouveaux commandant, un nouveau chef, de nouveau bulgare et surtout un nouveau cuisinier, en direction de l'angola.


Voila pour cette fois,
Dans le prochain episode :
-Le nouveau cuisto redressera-t-il la reputation de la cuisine bulgare ?
-le separateur nous livrera ces mystères
-visite de l'interieur d'une chaudière, suivez le guide
-L'attaque des grillons angolais
-le barbecue mythe ou realité ?
usagi
whistling1.gif ben dit donc t'a une vie trepidante biggrin.gif

Plimsoll
Usagi aurais-tu travailler dans les service après vente ?
C'est plus ou moins les tracas qu'ont eu mes parents en leur telephonant. Le service après vente ça me fait toujours penser a un album d'asterix, je ne sais plus lequel, celui où il y a le pavilon des fous et ses formulaires.

Ou en etais-je ?
Depart d'europe (je fais les questions et les reponses pour des raisons de rapidité)

C'est lors de la descente vers l'angola que nous eumes des problemes avec les separateurs.

Le separateurs est une machine disposée sur le circuit fuel entre la caisse de decantation (qui nous sert a purger le fuel de l'eau) et la caisse de service qui alimente les moteurs (en passant par des series de filtre, de rechauffeur...), elle est utilisé pour separer (d'où son nom) les impuretés solide (appellées boue) du fuel.

Le principe repose sur celui du vase florentin (mais si vous savez ce que c'est, la saucière qui d'un côté donne le gras de l'autre le maigre) mais on utilise la force centrifuge qui est plus efficace que la gravité. Il existe different mode d'exploitation du separateur, dans notre cas il etait utilisé avec du fuel lourd (point de vue qualité c'est juste un peu au dessus du macadam), en simplifiant ça tournait, les solides s'acumule en peripherie et a intervale regulier le "bol" (la chambre où le fuel est contenu) s'ouvre et les boues sont evacuées dans une caisse specifique.
Le problème que nous avons eu a été le suivant : Les assiettes qui servent a effectuer cette separation s'encrassaient plus vite que la normal, en consequence le separateur "degueullait", c'est a dire qu'il envoyait du fuel avec les boues, point de vue economie c'est pas terrible. Cet encrassement provenait du fuel que nous avons chargé a rotterdam qui etait plus degueu que d'habitude.
Le remède consiste a nettoyer ces assiettes et a changer tout les joints du bol, le tout dans le local a 52 degrés wacko.gif
En gros on fait la vaisselle

Avec un gant car le produit ça picote
D'une manière générale dès qu'un separateur deconne on demonte, on remplace les joints et on remonte. On a beau connaitre le fonctionnement on arrive jamais a trouver exactement la cause, mystique cette machine.

Pendant ce temps le navire continuait sa route au sud, mais comme nous allions plus vite que prevu nous en profitions pour stopper en pleine mer afin de travailler sur le moteur principal ou la chaudière recuperatrice (chaudière constituée d'un faisceau de tube d'eau placé a l'echappement dumoteur de propulsion, elle fournit suffisament de vapeur pour alimenter les rechauffeurs et la clim, le tout sans utiliser de fuel) et même sur une des chaudières principales (bien qu'il ne soit pas necessaire de stopper pour travailler sur cette dernière)

Voisi d'ailleur une photo de l'interieur, c'est spacieux et il y fait chaud



Tout en haut on peut voir le bruleur a fuel lourd, a coté et non visible se trouve un bruleur a diesel qui sert a allumer ce dernier.

Du côté de la cuisine, la première semaine après antifer, le cuisto fit des merveilles : diversité et saveur étaient au rendez vous. Un samedi nous fîmes un barbecue sur l'arrière du navire juste en dessous de la passerelle (donc c'est une realité et non une mite) et voici ce qu'il nous fit comme dessert :

Malheureusement pour nous, deux semaines après avoir embarqué le cook perdis sa motivation et ne fis plus que du boeuf trop cuit et du porc saignant. Le soir il instaura une routine soupe/salade, quand mes dents atteignirent le plancher je pris la decision d'arretter la salade.

Sur la route je vis un banc d'une cinquantaines de dauphin mais comme j'avais pas mon apparreils j'ai pas de photo weep.gif

Au passage de l'equateur j'ai tenté de ressoudre un des mystères qui me tarabusque :
dans l'hemisphere sud l'eau du lavabo tourne dans le sens horaire, dans l'hemisphere nord il tourne dans le sens antihoraire (ou retrograde pour les disque-mondeux), qu'en est-il a l'equateur ?
Et bien le mystère est levé : l'eau ne tombe pas droite mais tourne toujours (après quelque recherche internet il semblerait que le sens de rotation dans votre lavabo est plus du a la forme du lavabo qu'a la force de coriolis, a moins que vous n'ayez un lavabo d'une dizaine de km de diamètre biggrin.gif, c'est expliqué ici)
Le 5 novembre nous arrivions a girrasol (situé au large de la province angolaise de cabinda) pour charger un million de barril de petrole le tout sur bouée.
La vue etait pas terrible


Chargement sans encombre
Le 8 de novembre nous achevions notre chargement a malongo, sans problème egalement (ça foire pas toujours heureusement)

Notre prochaine destination : le cap de bonne esperance

Nous eume gros temps avant le cap, le navire roulait comme une barrique ce qui etait inconfortable mais au bout de deux jours on s'y fait (pour ceux qui se demande "le roulis" c'est dans quel sens ?" j'ai fait un petit dessin que j'espère assez clair, si ce n'est pas le cas signalez le)

Le 16 de novembre nous passions le cap, effectuant au passage une relève





Après l'atlantique, retour en indien, traversée de 20 jours en croisant deux navires seulements (le chiffre a été donné par les pontus, a la machine on pense plutot qu'on n'a rien croisé et que le chiffre a été inventé pour donner l'impression que le pont ne se tournait pas les pouces)

C'est lors de telle traversée que l'esprit gamberge, surtout quand on contemple l'horizon le soir après le service
Jules Supervielle (aucun lien de parenté avec superman) a ecris :
Citation
Marins qui rêvez en haute mer, les coudes appuyés sur la lisse, crainez de pensez longtemps dans le noir de la nuit à un visage aimé.

Il n'avait pas tort, quand on pense trop longtemps a ce qu'on a laissé a terre c'est la porte ouverte a la mélancolie.


La prochaine fois j'essairais de terminer ce voyage, surtout que mes congés se rapproche de la fin et que j'ai horreur de laisser un travail inachevé, fut-ce-t-il vaint.

Il reste donc a parler :
-du passage du detroit de la sonde, ruche de pêcheur la jour, pirate la nuit
-du dechargement en chine et de ses diverses complications
-de la fin tout simplement
Chapacha
laugh.gif Plimsoll, tu es un enchantement à lire ! laugh.gif Aah, le médecin sans les mains, la photo-prétexte, le petit dessin du roulis... C'est drôle, plein d'infos sérieuses, bien écrit, belles photos, suis fan !
T'as écrit en rentrant ou tu écrivais le soir ?
Merci ! thumbsup.gif

*Alexandra *
super sympa ton topic smile.gif
lazy
quelques réactions en vrac :

les couchers de soleil en mer c'est les plus beaux, on sent l'infini et l'infiniment beau plus que n'importe où ailleurs heart.gif

pour ce qui est des petits problèmes de fuel, j'avoue que c'est un peu du charabia tout ça j'ose espérer que ton capitaine n'est pas de ceux qui dégazent sauvagement et lâchement en haute mer thumbdown.gif mais je suis sûre du contraire smile.gif

quand tu parles d'une relève au cap, qu'entends-tu par là, de matelots ?

pour le roulis, j'ai du mal à voir ce que ça fait sur un gros bateau comme le tien, mauvais temps ? des creux de combien de mètres ?

et puis aussi je te préfère avec les cheveux longs tongue.gif

t'as une prime de salisssure ? whistling1.gif

et tu repars bientôt ? crying8vr.gif

bon j'arrête l'interrogatoire pour l'instant sleep8ge.gif
Plimsoll
Citation (Chapacha @ mardi 08 janvier 2008 à 22:42) *
Plimsoll, tu es un enchantement à lire ! Aah, le médecin sans les mains, la photo-prétexte, le petit dessin du roulis... C'est drôle, plein d'infos sérieuses, bien écrit, belles photos, suis fan !
T'as écrit en rentrant ou tu écrivais le soir ?
Merci !

Ayant jetter l'encre en partant, j'ecris juste avant de poster, c'est pour cela que ça fait plusieur episodes au lieu d'un long metrage

Citation (*Alexandra * @ mardi 08 janvier 2008 à 22:46) *
super sympa ton topic

Merci

Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 22:47) *
quelques réactions en vrac :

quand tu parles d'une relève au cap, qu'entends-tu par là, de matelots ?

La relève c'est le remplacement d'une partie de l'equipage, ainsi au cap nous avons changé le bosco, le quatrième mecaniciens, un ouvrier meca et une paire de matelots (il y avait bien une promotion deux matelots changé, le troisième offert mais on n'avais pas la carte de fidelité)
Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 22:47) *
pour le roulis, j'ai du mal à voir ce que ça fait sur un gros bateau comme le tien, mauvais temps ? des creux de combien de mètres ?

Le roulis se traduisait pour nous par une oscilation ample (environs 20degré de chaque bord) mais lente donc une fois qu'on a reussi a se caller sur le rythme c'est tranquille (sauf pour tout ce qu'on a laissé trainer sur le bureau whistling1.gif)
Les creux etaient de quatre mètre mais le soucis etait que nous recevions la houle de côté avec un vent de force 9 ( environ 80km/h)
Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 22:47) *
et puis aussi je te préfère avec les cheveux longs

Je prend note biggrin.gif
Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 22:47) *
t'as une prime de salisssure ?

Même pas, mais j'ai le savon gratuit !
Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 22:47) *
et tu repars bientôt ?

Mon embarquement est prevu le 19, avec toute la ponctualité dont est capable un navire (A quatre jours près)
Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 22:47) *
bon j'arrête l'interrogatoire pour l'instant

D'accord....tu peux me detacher ?
lazy
Citation (Plimsoll @ mardi 08 janvier 2008 à 23:41) *
D'accord....tu peux me detacher ?


biggrin.gif

tu ne vas pas me faire croire qu'un matelot comme toi ne va pas réussir à défaire ces quelques noeuds tongue.gif ou alors tu le fais exprès biggrin.gif
Belizarius
génial ! thumbsup.gif
Tu as des fans ici, super topic!
Plimsoll
Citation (lazy @ mardi 08 janvier 2008 à 23:51) *
Citation (Plimsoll @ mardi 08 janvier 2008 à 23:41) *
D'accord....tu peux me detacher ?


biggrin.gif

tu ne vas pas me faire croire qu'un matelot comme toi ne va pas réussir à défaire ces quelques noeuds tongue.gif ou alors tu le fais exprès biggrin.gif



je sais que la tradition veut que tout marin ai au moins sa b*te et son couteau mais j'ai oublié la moitié du materiel (je te laisse deviner laquelle whistling1.gif)
pascalin
Re-bienvenue à bord Plimsoll thumbsup.gif

ton topic est très sympa ,très agréable à lire ,belles photos, ouais vraiment sympas thumbup.gif et le cap de bonne espérance ,aah (là je t'envie vraiment) c'est beau ,nom magique qui évoque l'aventure! bon vent à toi Matelot!
Au grand plaisir de te lire thumbsup.gif
lazy
Citation (Plimsoll @ mardi 08 janvier 2008 à 23:55) *
je sais que la tradition veut que tout marin ai au moins sa b*te et son couteau mais j'ai oublié la moitié du materiel (je te laisse deviner laquelle whistling1.gif )


le physique du capitaine et la voix de la castafiore blink.gif je commence à mieux te cerner biggrin.gif
koubo
je viens de découvrir le topic et c'est super intéressant à lire ! thumbsup.gif

j'aime aussi beaucoup les multiples utilisations de la lance à incendie laugh.gif

Plimsoll
Allez ce coup-ci je termine (peut etre)
Mais avant tout je me suis aperçu que j'ai annoncé des sujets sans les aborder par la suite
comme ici :
Citation
-L'attaque des grillons angolais


Bon c'est pas que c'est essentiel mais faut bien y revenir sinon je perd en credibilité non ?

Donc revenons en arrière

erèirra ne snonever cnod ....:*:.:*:.:*:.:*:.:*:.....
Au passage vous pouvez remarquez les sublimes effets speciaux que tout Oliwoud m'envie whistling1.gif

L'attaque au lieu dans le golfe de guinée, c'est en remontant de la machine aux alentours de 2h du mat suite a une alarme sur un separateur a huile, que l'eclaireur des gryllidés se fit entendre. Ne parlant pas grillon je n'ai rien compris, mais c'est le lendemain que j'ai compris qu'il devait passer une invitation et qu'il avait une famille nombreuse et bruyante (un grillon isolé c'est un soliste agréable mais plusieurs dizaine et ça se transforme en concert de kyo). Leurs cacophonie a peuplé la nuit jusqu'au cap de bonne esperance a peu près.

Ceci fait revenons a la traversée de l'indien (ayant depensé tout le budget pour l'effet du flashback je ne ferais pas d'effet de come back, toutefois pour les plus exigeant il est toujours possible de loucher sur le texte, ça devient flou et ça peut passer pour un artifice au moins aussi convaincant que les effets speciaux de l'ancien godzilla whistling1.gif)

Bref, la traversée fut donc calme pour les pontus, a la machine pas de problème, on etait a jour dans la maintenance et rien ne deconnait. C'est dans cette atmosphere sereine et paisible que par une belle nuit comme celle-ci (un pretexte encore ? euh pas totalement blush.gif )


Qu'un bouchon de purge situé sur la traverse eau de mer sauta.
Et alors ? Pour bien saisir les consequences il convient d'expliquer ce qu'est la traverse eau de mer (pour le bouchon ça ne me semble pas utile si ?).
Cette traverse est le tuyau ou toutes les aspirations des pompes eau de mer (qui servent a refroidir ceux l'eau de refrigerations des moteurs, refroidir les turbos mais aussi alimenter le bouilleur qui transforme l'eau de mer en eau douce......)sont situées. Bref un circuit vital avec un debit important, c'est a dire que pendant que je vous explique ça la cale se remplit d'eau shok.gif .
Heureusement nous somme alerté a l'aide des alarmes puisard (le puisard comme son nom l'indique c'est un petit puit dans lequel est situé l'aspiration de la pompe d'assechement et un flotteur qui donne l'alerte en cas de montée. Il y en a deux a l'avant du compartiment machine et un a l'arrière). L'alarme resonant le quatrième qui etait de service ce soir là descendit et eu le bon reflexe d'aveugler la fuite pendant que j'allais chercher un bouchon de rechange. A tout casser la voie d'eau n'a durée qu'une demi-douzaine de minute mais ça a etait suffissant pour mettre 50cm de flotte dans la cale (quand je vous disais que c'etait un gros debit).
Pour assecher la cale on ne peut pas balancer la flotte directement par dessus bord, elle contient en effet l'huile et la graisse qui se trouvait sur le parquet machine. Donc pour s'en debarrasser on met tout ça dans une caisse specifique, on decante et après on balance a la jaille en passant par le 15ppm.....que voilà :

Le principe de fonctionnement n'est pas compliqué, on passe sucessivement par trois elements filtrant, a la sortie de l'appareil se trouve un capteur qui mesure la teneur en hydrocarbure (en se basant sur l'opacité ce qui fait qu'avec une eau boueuse ou contenant de la rouille ça merde)
si celle-ci est inferieure a 15part par million (15ppm d'où son nom) il actionne la vanne de sortie pardessus bord, si elle est superieure la vanne de recirculation s'ouvre et celle de decharge se ferme. Autant dire que l'eau qui sort par dessus est tout a fait limpide.

Ce qui m'amène a parler du degazage, quel rapport ?
Et bien ce que les journaleux appelle, a tort, degazage c'est le rejet de cette eau sans passer par le 15ppm (ou aussi le rejet des eaux de lavage de la citerne sans passer par un dispositif similaire, dans le temps ils aplliquaient ça aussi au rejet de ballast sale mais depuis que tout les petroliers sont a ballast separé ça ne tient plus).
Alors que le vrai degazage consiste a evacuer les gaz d'hydrocarbure present dans une citerne afin de pouvoir y penetrer et d'en sortir vivant. Pratique legale, qui se fait et pour laquelle le second capitaine a même une prime ! biggrin.gif

En esperant avoir fait le jour sur cette zone d'ombre.

Où j'en etions avec tout ça ? huh7re.gif

........Ah oui problème reglé, pas d'autre incident de ce genre durant le reste de l'indien.

C'est vers debut decembre que nous passions le detroit de la sonde en ayant remis en place toute nos mesure anti pirate (les lance-incendie, les cadenas, le cd de lorie et sans doute le plus efficace dont k'ai oublié de parler : le bout tendu dans les echelles exterieurs, ça fait très "maman j'ai raté l'avion" non ?)
Bref au soleil couchant nous etions pret a affronter le passage du detroit en evitant :
-les pecheurs qui pêchent
-les pirates qui flibustent
-les pecheurs qui flibustent (ben oui certain pecheur travaille a mi-temps)

D'après l'etat de la coque après la sonde on a reussi un sans-faute. thumbup.gif

Nous pouvions donc remonters vers la chine.
La remontée fut un peu angoissante car je n'avais toujours pas reçu mon ordre de relève, et si je n'etais pas relevé lors de notre passage a singapour ça repoussait mon debarquement jusqu'au 26 decembre dans le golfe persique (autant dire que pour noel je me serais fait enguirlandé, les boules non ? whistling1.gif )
C'est le 8 decembre dans le nuit que nous atteignimes Zhanjiang, port du sud de la chine situé a l'est du golf du tonkin et de l'ile d'hainan.
Ce coup-ci le dechargement ce fit ammaré a quai en rivière.
Je fut affecté au quart machine du troisième meca, de minuit a 6 et de midi a 18.
Ce fut un long dechargement, d'une part parceque la cadence demandée par la terre etait faible mais aussi parceque nous eumes pas mal d'ennuis.
Ceux-ci commencerent a la machine, la regulation du niveau d'eau d'une de nos chaudière s'envoya en l'air, sachant que la regulation du niveau d'eau est la chose la plus importante et donc la plus complexe sur une chaudière c'etait pas la joie. Aussi mon premier quart consista a remplacer cette regulation. C'est complexe en automatique mais en manuel il suffit d'avoir du doigté whistling1.gif et une bonne communication avec la personne qui s'amuse avec les pompes de dechargement. Par la suite le chef trouva une astuce qui nous evita de laisser quelqu'un en place (le chef est malin et c'est bien pour ça qu'il est chef)
Le second problème fut pour le service pont : une fissure sur le corps d'une des pompes, comme l'entente etait cordiale entre les deux service ils ont essayé de nous mettre ça sur le dos. Manque de bol la dernière ronde que nous avions menée sur la turbine associée a cette pompe (j'espère que je vous ai pas perdu sur ce passage là huh7re.gif , la turbine entraine la pompe, la pompe est du coté du pont mais la turbine, elle, est dans la salle des machines, le pont controle les paramètres sur la pompe et nous sur la turbine) datée de moins de dix minute est tout etait normal. La consequence fut que nous n'avions plus que deux pompes pour decharger au lieu de trois.
L'ultime problème survint a la fin du dechargement, lors de la deconexion du bras de chargement (de dechargement dans notre cas mais ne chipotons pas sur les mots), la terre avait oublié de souffler la ligne donc il restait encore du petrole....qui se deversa sur notre pont....et aussi un peu dans l'eau. Heureusement un peu seulement et a cause de la terre.
Et la chine comment c'etait ?
blink.gif ben j'en sais rien, n'ayant que six heures entre mes quarts je n'ai pas pu descendre a terre, a la fin du dechargement j'etait sur les rotules, j'imagine pas ce que ça aurait donner avec 6 heures de sommeil en moins. Je n'ai même pas vu l'exterieur, quand je descendais a minuit il faisait noir (en chine aussi, curieux non ?), en remontant a six il faisait pas encore jour, a midi j'avais pas le temps et a 18 la nuit etait tombée.

Le 12 nous repartions tout de même. Et ma relève fut annoncée !
En consequence j'assistais au phénomène de distorsion temporelle, en effet le temps semble se rallonger en debut et en fin d'embarquement, doit y avoir de la têtologie la dessous sleep8ge.gif .
Pour nous occuper on s'est refait un separateur avec le troisième (j'avais eu le malheur de dire que je n'en ferais plus de l'embarquement..)

Le 14 nous nous arretions au large de singapour et je descendis la coupé vers la barcasse qui conduirait les debarquant a terre.
Voici la dernière vue du navire donc

Sans doute la plus agreable a voir.
Après une heure de barcasse je touchais terre après 96jours de bord. Le mal de terre ? Pas eu, par contre la foule ça m'a mis dans mes petits souliers, sans etre agoraphobique quand vous avez vu la même vingtaine de personne pendant trois mois et que vous debarquez dans une foule c'est pas rassurant.
La suite ? Aeroport, avion dans lequel j'ai recuperé un peu de sommeil (pas de grasse mat' pendant trois mois sad.gif ) et ensuite le foyer familiale...et le fofo biggrin.gif

Ainsi se termine le recit de cet embarquement.
Bientot je repartirais de nouveau, et reviendrais vous conter de nouvelle aventures.
Mais d'ici là si vous avez des questions n'hesitez pas (si vous avez aussi une carte graphique, une choppe de bière ou un recueil de contes n'hesitez pas non plus biggrin.gif), il me reste quelque jours a trainer sur le forum wink1.gif

VersionAnnSo
t'as du passé une aventure hors du commun shok.gif
moi je fais pitié avec mes petits voyages de 3 mois en espagne biggrin.gif à glander xD
usagi
biggrin.gif

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Au dépourvu tans pis
J'ai eu si mal au cœur
Sur la mer en furie
Qu' j'ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
J' me suis cogné partout
J'ai dormi dans des draps mouillés



biggrin.gif biggrin.gif


Belizarius
Merci capitaine pour ce voyage! tongue.gif
Très instructif, c'est un milieu que l'on ne connait guère smile.gif
lazy
oui le mal de terre ... j'ai toujours trouvé ça très drôle ... les marins qui débarquent après de longs jours de navigation, on a l'impression qu'ils sont saouls ... en fait c'est le roulis et à force de s'appuyer sur ses appuis pour trouver un équilibre smile.gif ça te le fait non ?

en tout j'espère bien que tu reviendras nous en raconter d'autres thumbsup.gif
Plimsoll
Citation (VersionAnnSo @ lundi 14 janvier 2008 à 02:38) *
t'as du passé une aventure hors du commun shok.gif
moi je fais pitié avec mes petits voyages de 3 mois en espagne biggrin.gif à glander xD

Pitié ? mais,pas du tout ! pendant trois mois tu as l'occasion de te meler a la population locale tandis que de mon coté ce que je connais des pays traversé c'est plutot minime, quelque discusion avec le loading master (le type qui surveille qu'on charge bien) portant plus sur la quantité de petrole qu'on a a bord que sur l'histoire de son pays. Et sinon au risque de decevoir les eaux chinoise ressemblent fort aux eaux europeene ou angolaise, il n'y a bien que l'homme pour tracer des lignes et declarer sienne ce qui n'appartient a personne.

Citation (usagi @ lundi 14 janvier 2008 à 13:16) *
biggrin.gif

C'est pas l'homme qui prend la mer
C'est la mer qui prend l'homme
Moi la mer elle m'a pris
Au dépourvu tans pis
J'ai eu si mal au cœur
Sur la mer en furie
Qu' j'ai vomi mon quatre heures
Et mon minuit aussi
J' me suis cogné partout
J'ai dormi dans des draps mouillés
biggrin.gif biggrin.gif

Jolie chanson, quant a savoir si c'est l'homme qui prend la mer ou si c'est la mer qui prend l'homme je ne saurais dire huh7re.gif

Citation (Belizarius @ lundi 14 janvier 2008 à 13:30) *
Merci capitaine pour ce voyage! tongue.gif
Très instructif, c'est un milieu que l'on ne connait guère smile.gif

Merci a toi, peu connu c'est vrai car nous sommes peu a exercer ce metier, partir loin et longtemps ça ne convient pas a tous, surtout que contrairement a ce que l'on pourrait penser un marin doit etre plus casanier qu'aventurier car une fois a bord on ne peut partir ailleur, même si on est bon nageur.

Citation (lazy @ mercredi 16 janvier 2008 à 17:10) *
oui le mal de terre ... j'ai toujours trouvé ça très drôle ... les marins qui débarquent après de longs jours de navigation, on a l'impression qu'ils sont saouls ... en fait c'est le roulis et à force de s'appuyer sur ses appuis pour trouver un équilibre smile.gif ça te le fait non ?

en tout j'espère bien que tu reviendras nous en raconter d'autres thumbsup.gif

Ca ne me l'a pas trop fait vu qu'on a pas eu de gros temps (sauf avant le cap de bonne esperance mais là encore ce n'etait pas du gros gros temps, juste un grain passager. Ce qui met mal a l'aise en debarquant c'est surtout :
-L'absence de vibration (a bord c'est continuel)
-La foule (ce qui m'a le plus indisposé, etrange non ?)
-Le monde qui vous rattrappe, en effet pendant l'embarquement la santé du moteur et de la coque ont priorité sur la politique nationale ou internationale, exception faite des zones que l'on traverse, ce qui fait que quand on rentre on est surpris de tout ce qui a pu ce passer durant notre abescence.
-La terre, fouler un sol qui ne se derobe pas sous vos pied c'est etrange.

Sinon l'impresion d'ebrieté n'est pas toujours qu'une impresion whistling1.gif
Ben oui après trois mois où l'on a bu qu'une biere de temps en temps le premier apero ça vous met morzif rapidement.

Je reviendrais vous narrer mes aventures, n'ayez craintes.
Chapacha
Tiens, quelques chopinettes pour la route :


Et merci pour ces aventures magistralement narrées, et pour les belles photos (oooh la photo de nuit... thumbsup.gif ) et vivement la suite !!
Bonne route cap'tain !
Lili_greycat
z'en veux encore... blush.gif


"J'irai revoir ma Picardie, c'est le pays qui m'a donné le joouuuuuuuuuuur"

content que tu sois revenu (et pas pressée que tu repartes). merci pour ce passionnant récit. thumbup.gif La prochaine fois, si tu veux rentrer plus vite, emmène un bon vieux Maroilles de notre chère patrie, et oublie-le quelque part dans le bateau... (quoique, ils vous mettraient peut-être en quarantaine crying8vr.gif )

biz heart.gif
generallee
Je n'aurais qu'un mot pour ce topic...





... GENIAL !!!!!

Vivement la suite... thumbsup.gif thumbup.gif
guillom
Je viens de découvrir ce topic ( pseudo-blog ) , excellente idée !

A quand les prochaines aventures du capitaine ! biggrin.gif

Visiblement tu repars, donc bon voyage wink1.gif
lazy
j'ai cru remarqué que notre moussaillon avait mis le pied à terre whistling1.gif

alors on attend avec gourmandise le récit de son voyage tongue.gif smile.gif
Plimsoll
Salutation a toutes z'et a tous. Reviendus depuis peu et repartant bientot je passe plus ou moins en coup de vent vous livrer la suite (peut être attendue, dans tout les cas inédite) de ce journal de bord.
N'ayant pas été victime d'aléa informatique ce coup-ci j'ai eu le temps de peaufiner le récits en conséquence cela risque d'être un chouïa plus long.
Voici donc sans attendre ce que l'on pourrait appeller la première partie du livre II. Récit qui vous menera du cap d'Antifer jusqu'aux Emirats arabe Unis en passant par la Chine et d'autre contrées mais je ne vais pas m'étendre là car sinon il y aurait plus de surprise.....


20 Janvier

« Bienvenue a bord »

La lumière décline sur le cap d’Antifer balayé par les vents lorsque j’approche du navire. Je l’ai quitté il y a un mois a peine a Singapour et je le retrouve sous une autre latitude, toujours aussi imposant ses 332 mètres accostés à l’abris de la jetée; son enfoncement m’indique que le déchargement est commencé depuis peu.

Traînant mes pesantes valises (le poids de mes valises s’explique de bien des façons : Partant pour un minimum de 80jours il faut emmener tout ce dont on aura besoin pendant ce temps car en mer point de supermarché ni de librairie. C’est ainsi que s’entassait pêle-mêle une douzaine de livre, un jeu de tarot, du matos informatique qui espérait que le pc ne plante pas cette fois, mes diplômes maritimes, des victuailles etc…. Il existe des personnes qui arrive a voyager léger, seulement une petite valise où tout y est rangé au carré, pas un truc qui dépasse, pas une roue grinçante ou bloquée par une feuille. Je n‘en fais pas parti), je franchis la coupée, décline mon identité auprès du matelot de quart et dirige mes pas vers les aménagements. Au pc cargo où je me présente l’effervescence règne comme toujours pendant le déchargement. Je retrouve des têtes connues et lie connaissance avec les nouvelles. Le navire étant surpeuplé, 33 personnes sont a bord et nous ne disposons que de 29 cabines; je dépose mes valises dans la cabine double que j’occuperais avec le nouvel élève en attendant que nous reprenions la mer. On me remet l’équipement de sécurité habituel, bleus de travail blanc immaculés pour le moment, chaussure de sécu trop grandes et inodores là aussi pour le moment, casque antibruit, casque antichoc, gants de protection, et me voilà paré pour prendre mon poste une fois de plus.

C’est la première fois que j’embarque deux fois sur le même navire, j’ai déjà parcouru ces ponts et coursives durant trois mois autant dire que je suis comme a la maison…. Chaque marin qui passe sur un navire y laisse sa marque, pas un coeur gravé dans la peinture du gaillard avant a la petit cuillère mais plutot des petit arrangements, astuces qui facilite la tâche jusqu'a ce qu'ils tombent en désuétude...Ce fut assez rgiolo de retrouver les miens tantôt perfectionné, parfois abatardis...



21Janvier

« Et ils pompaient, pompaient »

Les Shadocks

Enfer et dame nation ! Le cuistot débarque pour urgence médicale, pas de remplaçant en vue. Pour plomber d'avantage le moral le camion de vivre est en panne a 150 bornes du navire. Je parle souvent du cuistot car c'est un des éléments clef du navire, un estomac plein et des papilles heureuses rendent la vie a bord plus agréable. La réciproque est également vrai, passez trois mois a manger une tambouille infâme et un rien mettra le feu aux poudres (sur un pétrolier c'est plutôt gênant), sans compter des problèmes digestif que ça occasionne.

Le déchargement se poursuit sans encombre.

Et l’ascenseur est toujours en panne depuis 19mois…Quoi ? Un ascenseur ? Sur un navire ? Quel intérêt ?


Petit plan approximatif, ça fait quelque ponts (étages dirait-on a terre), 63m de haut a peu près, et vous passez votre temps a passer d’un pont a un autre. Pour info le mess c'est l'endroit où l'on se nourrit de l'infâme tambouille du cuisinier et le carré c'est l'endroit où l'on prend l'apéro imaginaire pour supporter le passage au mess.....

A l’embarquement dernier après 95jours a me taper les échelles j’étais rincé j’espère que ce coup-ci il sera réparer avant que je débarque….



22 Janvier

« Parez a larguez ! »

Fin de l'opération commerciale

Nous quittons le quai, un dernier regard sur les falaises française tandis que nous contournons la digue et nous voilà de nouveau en mer en route vers l’Angola pour notre prochain chargement.

Nous partons sans cuistot et sans nouvelle de son remplaçant, soirée sandwiches (curieusement ce fut agréable car le coq précédent n'était pas terrible)

23 Janvier

« Qui voit Ouessant, voit son sang »

Dicton breton

Dans la matinée nous passons ouessant. Le service rata s'est organisé et nous mangeons de nouveau normalement, du moins selon les critères du bord (soupe en boite, viande hachée, frappée et cuite dans son jus et l'incontournable riz)

Ça y est j'ai réussi a dégeullasser mes bleus, j'ai beau essayer de les garder présentable je n'y arrive jamais, quand je pense qu'il y en a qui arrive a rester blanc immaculé j'ignore comment ils font. Depuis tout petit je n'arrive jamais a garder une tenue irréprochable plus de quelque heures, avant c'était l'herbe et la terre, maintenant l'huile, la graisse, la peinture et le pétrole. Tout change ou presque.

24 Janvier

Le cap Finistère est derrière nous, la nouvelle tombe, un cuisinier nous attends aux canaris (le veinards, embarqué aux canaris c'est tout de même mieux que le havre non ?)

En attendant le moment est venu (le grappin..!!! Non pas celui là voyons..) de faire une présentation en bon et due forme de l’équipage qu’on retrouve a bord des navires de commerce, histoire que vous voyez qui fait quoi.
Je sais il me semble avoir déja fait un semblant de présentation il y a quelque mois mais ce coup-ci c'est définitif et en mieux (du moins j'espère.... huh7re.gif )


-Le capitaine, qu’on appelle commandant lorsqu’on s’adresse à lui et pacha, singe, vieux, tonton lorsqu’il est hors de portée acoustique. Il est le « chef de l’expédition maritime », qu’on dit, en clair c’est lui qui dialogue avec la compagnie et qui nous dis où on charge et décharge. En cas de pépin c’est lui qui prends en premier.

Le département pont :

-Le second capitaine, c’est lui qu’on appelle capitaine a bord. Il dirige le service pont, prépare les plans de chargement, déchargement, dirige l’entretien du pont…

-Les lieutenants, au nombre de trois, ils se répartissent le quart tant à la mer qu’en opération cargo. Un quart = 4 heures.

Le 00 à 04 tient a jours les cartes marines et documents nautiques du bord, c’est également lui qui prépare les traversées, itinéraire, distance, rapport….

Le 04 à 08 est en charge de tout ce qui a trait a la sécurité, ce qui se résume en deux groupes : le matériel incendie et le matériel abandon.

Le 08 à 12 s’occupe de la maintenance des équipements radio, de l’hôpital et de la cave (sorte de superette détaxée)

-Le bosco, maître d’équipage il supervise le travail des matelots sur le pont

-Les matelots, à bord nous en avons 4, leur principale activité implique l’utilisation d’un pinceau. Durant les heures nocturne chaque lieut dispose d’un matelot a la passerelle pour la veille visuelle.

-Le pompiste est en charge du circuit cargo, il dispose les vannes avant, pendant et après les opérations commerciales, effectue la reconnaissance de citerne avant et après les chargements/déchargement, entretien les canons de lavage….

Le département machine

-Le chef mécanicien, grand gourou du service machine.

-Le second mécanicien qui est en charge du moteur principal et des ses auxiliaires

-Le troisième méca est responsable des groupes électrogène ainsi que des circuit fuels, séparateurs et d'une manière générale de tout ce qui tache et salit….

-Le quatrième méca gère les chaudières, l’incinérateur, les wc, le bouilleur qui produit l’eau douce et le dispositif de pompage et de traitement des eaux de cales

-L’électricien, surnommé le fusible ou fufu simplement, dès qu'un truc électrique fait des siennes on lui refille… il est aussi responsable de la clim

-Les ouvriers machines, deux sont disponible, l’un est sensé savoir tourner et l’autre souder, il aide au démontage, nettoyage, fabrique de pièce…

-Le nettoyeur, il nettoie (étonnant non ?) la machine de haut en bas et de bas en haut et quand il a finit il recommence.

-Les élèves. On distingue l’élève stagiaire de l’élève officier, l’un a obtenu le diplôme d’élève officier après trois années d’étude, de festivités et un examen composé de deux écrits, deux simulateurs, onze oraux et cinq tp le tout portant sur quatorze matières, l‘autre pas encore. Dans les deux cas on le surnomme le zef. Actuellement j’occupe la fonction d’élève officier polyvalent c’est-à-dire pont z’et machine. Le zef est chargé de préparer les crêpes une fois par semaines, le samedi après midi quand il est malin, le dimanche tandis que tout le monde fait la sieste quand il cherche les faveurs du tonton. J’ai opté pour le samedi après-midi car il faut quand même pas déconner.

Et pour finir le service rata

-Le cuisinier, fort d’une formation cuisine de six semaines en bulgarie, c’est de la grande cuisine, pas en qualité mais en quantité….

-Les garçons, un pour l’équipage et un pour les officiers, ils servent a table, débarrassent, lavent la cuisine, les cabines officiers, les literies…



25 Janvier

«Ça gaz ? »

Nous commençons a dégazer deux citernes afin de les inspecter (j'ai déjà parler du dégazage aussi n'ai-je pas a revenir dessus. Si jamais ce n'était pas assez clair n'hésitez pas a demander je ne râlerais pas (trop)). Pour se faire nous faisons tout d'abord circuler du gaz inerte, le laissant s'échapper par les panneaux ouvert.



26 Janvier

Les canaris, on stoppe juste au large le temps de hisser le cuistot a bord et c'est reparti.

Il paraît que certaine touriste pratiquaient le bronzage intégral sur la plage mais me trouvant a la barre ben je ne peux pas vous le confirmer. Ce qui me permets de mettre fin a une autre idée reçue, la barre ce n'est plus le gros truc en bois bien cirée avec des dorures qu'il faut être a deux pour manoeuvrer (sauf dans les films où les acteurs sont assez balèze pour barrer en faissant un point astro sans astre tout en enlaçant l'héroïne de la noblesse qui a fuit un mariage forcé et se fera kidnapper au millieu du film histoire de relancer l'intrigue......)
mais ce petit volant que vous pouvez voir. Ça fait très volant de jeu vidéo sauf que au bout vous contrôlez un navire de 332 mètres sur 58, autant dire que ça ne réagit pas pareil, et pour l'héroïne c'est a l'eau aussi.

Le dégazage se poursuit, nous mettons maintenant en place des ventilateurs actionner par des manches a incendies (encore une utilisation des manches !), pour oxygéner la citerne.



28 Janvier

« Quand t'es dans le dessert.... »

Ce que j'ai pris pour de la brume dans le petit matin c'est avéré être du sable charrié du Sahara par le vent. Nous sommes portant a 80 miles (150km environs) des côtes mais notre pont se recouvre peu à peu de sable. La visibilité en est réduite aussi passons nous le Cap vert sans le voir.


Ça y est une des citernes remplit les condition requises pour qu'on puisse rentrer dedans (21% d'oxygène, 0% d'explosivité, et pas de gaz nocif genre benzène....) aussi chaussons nous les bottes et c'est parti. Comme il n'est pas possible de photographier la visite (sauf si on est un aficionados de la roulette russe) je vais tenter de vous emmener avec moi. (mais non ce n'est pas un kidnapping whistling1.gif )

Prêt ?

Vous avez votre détecteur quatre gaz (oxygène, sulfide d'hydrogène, limite d'explosivité et carbone),vos bottes, votre talkie et votre lampe approuvée ?

Vos poches sont vides ?

Alors c'est partis, on enjambe l'écoutille et on se rattrape a l'échelle pour descendre d'un mètre.

Attention dans l'escalier qui suit, des sédiments sont restés collé sur les barreaux constituant les marches et les ont rendu glissant. Une marche de loupée et on se retrouve dix mètres plus bas.

L'odeur ? Tout va bien c'est normal on sent le pétrole brut, l'odeur est moins entêtante que le gazole mais plus tenace.

Ça y est la lumière du jour ne nous atteint plus, seul le faisceau de nos lampes coupe l'obscurité. En bas de l'escalier une couche de boue d'hydrocarbures, même texture que la boue mais plus visqueuse et noire, rien d'anormale le canon de lavage a du mal a atteindre les recoins et puis nous lavons au pétrole brut. Longeons la cloison et nous trouverons un autre escalier, le voilà, prenez garde celui ci est plus grand mais tout aussi traître, le ronronnement du ventilo vous accompagne dans la descente, si jamais il se coupe soyez prêt a remonter. Si votre détecteur sonne rejoignez dare-dare le pont.

« CHIEF ? »

Tout va bien c'est le matelot posté près de l'écoutille qui demande des nouvelles. Si il n'a pas de vos nouvelles pendant plus de cinq minutes il envoie la cavalerie. Vous vous étiez peut être demandez a quoi servait la civière et les appareils respiratoire a l'entrée ? Et bien maintenant vous savez....Nous voilà en bas de l'escalier, descendez l'echelle sur votre droite et vous vous retrouverez sur le fond de la citerne. Le pétrole vous arrive maintenant a mi-botte, normal nous somme sur l'arrière de la citerne et le navire a de l'assiette sur le cul (c'est a dire qu'il a un tirant d'eau plus fort a l'arrière qu'a l'avant). Vous voyez ce tuyau dont vous n'arrivez pas a faire le tour avec vos bras ? Et bien c'est celui qui sert a remplir et a vider cette citerne. N'approchez pas du petit ! Un puisard se trouve autours, rapprochez vous et on vous retrouve une soixantaine de centimètre plus bas avec une jambe en moins. Le petit ? Oui celui qui fait une quarantaine de centimètres de diamètre, il sert pour assécher la citerne, je vous expliquerais plus en détail une autre fois.

Allons vers l'avant, le pétrole liquide fait place aux boues et aux sédiments, maintenant levez votre lampe. Vous distinguez le plafond ? C'est grand n'est-ce pas ? Ben oui 13169,7 m3 tout de même. Les structures apparaissent de ci de là mais moins que ce que l'on pourrait croire, elles sont plutôt dans les ballasts latéraux ou les double fonds.

Tout est en bon état, une vingtaine de mètre cube de sédiments et de boues au total, ils seront enlevé au prochain passage en cale sèche. La corrosion ? Rien d'alarmant, un millimètre d'acier donne 13 millimètre de rouille. Ici nous avons moins d'un mm de rouille donc pas de soucis.

On est repartis pour l'ascension, on fait le chemin en sens inverse, éclairé dans les échelles par celui qui vous suit, pas de bol quand vous êtes le dernier.

L'air frais vous fouette le visage, ne courez pas partout ! Vous étés noir des pieds jusqu'à la tête, n'allez donc pas salopez le pont ! Laissez vos bottes dans le fut plein de sable et retourner dans votre cabine prendre une douche. Vous puez.


Voila pour ce premier trait, dans l'épisodes/chapitre suivant nous continurons a affrontez le sable saharien, nous mettrons le feu au navire et je tenterais de vous refiler un ou deux tuyau sur le chargement d'un pétrolier......

Belizarius
C'est toujours absolument génial smile.gif smile.gif smile.gif
Bravo Plimsoll, super plume, on s'y croirait... un topic indispensable! thumbsup.gif
anariel
oh non, j'ai finit la lecture sad.gif

encore plimsoll, encore !!

... et un gros merci pour le récit de ce mode de vie franchement atypique !!

au fait, le cuisto, il est comment ? biggrin.gif
Lili_greycat
Quelle idée de vous donner des bleus blancs? wacko.gif

Sinon, je voudrais savoir:vous vous causez dans quelle langue? Parce que dans notre bonne vieille patrie, tu as dû apprendre que le ch'ti est à la mode... laugh.gif
Ilan
Un topic super interessant, franchement, ça me passionne!!!

Les photos de couchers de soleil sur la mer sont magnifiques smile.gif(la lune aussi smile.gif ).
Plimsoll
Pour le bleu blanc je pense que l'armateur s'est dit derrière son bureau un vendredi matin avant de partir en week-end que le blanc ferait classieux pour les officiers mais a du oublier que vu l'effectif qu'il y a bord si l'officier reste les mains dans les poches le navire n'avance pas... Ainisi le bleu est blanc, puis le temps et le fuel aidant vire sur le noir/gris avant de se stabiliser sur le noir/marron..
Pour la langue on parle "anglais", entre guillemets car nous parlons un anglais maritime donc fonctionnel, avec une prononciation aproximative et une grammaire approximative. Pour ma part je le parle avec un accent picards qui a découragé plus d'un prof de collège/lycée.

Reprenons donc le récit ici : (j'ai trouvez comment faire des auto-citation pour differenciez le présent du passé, si ça c'est pas de la science tout de même !)

Citation
29 janvier

« Suivez le guide »

Toujours dans le sable

La citerne centrale n°3 est prête pour la visite !

Vous en êtes ?

Inutiles de vous rappeler les règles de sécurité, je suis sur que vous les avez assimilées.

C'est repartis pour une succession d'échelle sombre et traîtresse, mais maintenant que vous y étés habitués profiter donc pour jettera un coup d'oeil pendant la descente. Vous discernez comme des poutres d'acier ? Le terme poutre ne leur rend pas justice tant elles sont imposante, on les appelles des barres sèches, disposées transversalement elle évite que le navire ne se déforme comme une boite d'allumette sous les pressions exercées. Pourquoi sèche ? Simplement parce qu'elles ne supporte pas de pont, si c'était le cas on les nommerait alors barrots (non ce n'est pas une faute de frappe). La descente prend fin, le plancher est fichtrement glissant, seule une fine pellicule de pétrole demeure. Finit de s'observer les pieds levez la tête ! C'est une véritable cathédrale d'acier que nous avons sous les yeux, les membrures se dressent dans la pénombre, les pas résonnent, nul voûte en ogive cependant mais un anneau porqué, ceinture métallique imposante. Le puit de lumière que génère le panneau de cale ouvert coupe l'obscurité, lame de lumière s'émoussant sur le formica du plancher. 32.452,5m3, une chouette piscine non ? Beaucoup plus de tuyau que dans la latérale, forcement l'hydraulique qui actionne les vannes immergés passe par la centrale avant de desservir les citernes latérales. D'ailleurs c'est l'une des raisons de notre descente, un actuator (mécanisme servant a manoeuvrer la vanne) est a remplacer. Quelle est l'autre ? Euh...on vient aussi recuperer l'echantillionneur que le pompiste a perdu lors du dernier chargement...Allons a sa recherche d'ailleurs, de l'arrière vers l'avant. On voit bien les zones d'ombres des canons de lavage, on passe de la tôle lisse a une couche de sédiments, la frontière circulaire est nette. Et VLAN, une gamelle, forcement a trop contempler les parois on finit par glisser.... Toujours rien ? Retour a l'arrière alors et gare aux pie...trop tard ! Bah vous pouvez toujours essayer de vous laissez glisser sur le ventre si ça vous amuse, mais comptez pas sur moi pour vous portez jusqu'en haut en cas de pépin! Là ! Ce tube métallique, c'est ce que nous cherchons. On donne deux coups de tournevis sur l'actuator, on agrémente de deux ou trois bordées d'injure et on remonte (Là encore certain arrive a réparer sans pousser un seul juron, les même que ceux qui ont de petite valise bien rangées et légère et qui arrive a rester propre). Un dernier coup d'oeil en passant par l'écoutille et on peut désormais refermer ce sanctuaire. La douche ? Oui...


30 janvier

Le mur de sable se fait plus dense. Visibilité 2M



31janvier

« J'veux du soleil...... »

Et voilà après trois année d'étude mon premier point astro concluant. Faut dire que j'ai renoncé a comprendre le processus en détails, le mouvement des astres par rapport a la terre qui tourne, précessione, révolutionne, etc.. le tout mixé avec le mouvement du navire, la position et l'age du capitaine, ca fait un sacré merdier a comprendre. Alors qu'en fait il n'y a que deux trois formules et convention a appliquer. Et aussi le sextant a dresser...



Pour expliquer brièvement le point astro :

Imaginez qu'un astre agisse comme un projecteur, projetant un cône de lumière, il dessine alors un cercle de lumière a la surface de la terre , en relevant l'angle que forme l'astre et l'horizon a l'aide du sextant nous somme capable de nous situer sur ce cercle. Celui-ci est tellement grand que a l'échelle des cartes que nous utilisons en navigation on peut assimiler ce cercle a une succession de droite. Et fort de ce constat en ayant une position « estimée » on peut arriver a se situer sur une seule droite. En répetant la manoeuvre avec trois astres différent ou alors avec le même astre mais a diverse heures on peut trouver notre position. C'est un peu simplifié mais l'idée est là, si jamais vous n'avez pas saisi ou si vous souhaitez en savoir d'avantage n'hésitez pas a questionnez.

L'intérêt du point astro a l'ère du gps ? Disons que le gps est précis mais pas intègre, c'est a dire qu'il ne signale pas ses erreurs, de plus il est facilement brouillable. Tandis que votre sextant n'a pas besoin d'électricité, pas besoin de satellite américain et il donne une apparence professionnelle.



Petite précision vestimentaire, les grosses godasses avec le short c'est simplement car je n'ai pas réussi a trouver une paire de tongues au mois de décembre, inouïs non ?
Le Sable se dissipe enfin, de son passage ne subsiste que l'allure saharienne du pont.


2 février

« Tout feu tout flamme »

Aujourd'hui exercice incendie, on en fait régulièrement car d'une part c'est obligatoire et d'autre part c'est évite les surprises, la formation a la lutte incendie qu'on reçu certain matelots laissait a désirer lors de mon précèdent embarquement mais a force d'exercice et de gueulante c'était en amélioration. Mais on ne se fait pas d'idée en cas de réel incendie la moitié filera directement aux embarcations, c'est déjà arrivé sur d'autre navire...
Enfin cet exercice ne s'est pas trop mal passé et le soir venu nous n'avons pas volé notre repos.


D'accord la phrase du dessus n'est encore qu'un pretexte photographique blush.gif



3 février

« Un bon tuyau …..ou plus si affinité »

Chargement girassol. Bon pour bien aprehender le chargement il va bien falloir parler des citernes et des lignes plus en details. Attention la migraine ! Alors commençons par les citernes, elles sont au nombre de 15, 5 centrales et 10 latérales, auxquelles se rajoute deux autres citernes latérale, les slops. Je les nommes a part car leur disposition diffère des autres. Donc un total de 17 citernes. Chacune contient un radar, transmettant le ullage au pc cargo (ullage= hauteur libre dans la citerne), deux alarmes, une a 95% et l'autre a 98%; des canons de lavages ( Deux a trois canon de surface pour les latérales, quatre de surface et un de fond pour les centrales); deux trous d'homme pour pouvoir descendre dedans, un ou deux panneaux pour ventiler en cas de descente, un trou pour prendre le ullage et plusieurs prise de sonde.

Concernant les lignes simplifions les choses en disant qu'il existe des lignes de fonds et des lignes de pont. Ces deux types de lignes sont reliées entre elles directement par les « drops lines » qui servent au chargement et aussi par les « risers » situés après les pompes qui servent au dechargement. Déjà là je ne suis pas sur d'avoir été clair donc voici un schéma simplifié a l'extrême qui devrait permettre de mieux se représenter la chose. Les espèces de sablier représente des vannes.



Simplifié car le schéma exact serait celui-ci :



Vous voyez la nécessité de la simplification maintenant ? J'en étais sur...


Le chargement se déroule ainsi :

On prend le pilote qui nous guidera vers la bouée ou le quai, ensuite on s'amarre ou on accoste. En compagnie du surveyllor mandé par le chargeur nous effectuons l'inspection qui consiste a prendre les sondes de toute les citernes afin de déterminer l'OBQ (on board quantity, c'est a dire la quantité de pétrole présent dans les citerne avant chargement, cette quantité sera défalquée du total au moment du paiement).


Ceci fait nous connectons le ou les bras de chargement a la traverse de chargement puis on dispose les vannes nécessaire pour que la cargaison, mue par les pompes de terre, aille de la traverse vers les lignes de fond des citernes.

Pendant que les citernes se remplissent on ne se tourne pas les pouces, l'officier de quart est au pc cargo en train de surveiller que les citernes qui le doivent monte mais que les autres reste vide, il s'occupe aussi de rentrer les données pour calculer les débits, déballaste en suivant le plan de chargement et en surveillant les efforts exercés sur le navire, histoire de ne pas le tordre voir le rompre...



Jolis cadran non ?

Un matelots reste a la traverse de chargement pour surveiller la pression et un autre reste a l'avant pour surveiller la bouée (non pas pour la protéger d'un larcin mais plutôt pour évite qu'on ne l'arrache) un troisième larron se ballade sur le pont pour vérifier que nos tuyau sont étanches. Une fois les citernes remplies, on déconnecte le bras et nous refaisons une inspection en prenant ce coup-ci le ullage (pour évite de salir 25 mètres de ruban), la température a plusieurs hauteur. La présence d'eau est aussi contrôlé (je vous passe les details de la sonde UTI, Ullage Interface Température, qui sert a cela). Ensuite commence la grande valse des papiers, là encore je vous en fait grâce. Les papiers les plus étrange sont les lettres de protest ou chacun de son coté se plaint de l'autre, ces lettres vont ensuite au service juridique a terre qui règle les différents.

Voilà qui règle la question du chargement, j'espère avoir été assez clair sans en avoir été soporifique. En cas de question ou d'insomnies n'hésitez pas....

4 février

« Machine en avant toute ! »

A 20h nous avons fini de chargé le million de barils, papiers jusque 1h et départ ensuite, je remplaçais le lieut, donc a moi les plaisir du shutburn (la manette de commande du moteur) selon les ordres du tonton bien évidemment. Le pointage de la position en sus bien sur.



5 février

« Tiens bon la barre et tiens bon le vent... »

Plimsoll a la barre pour la manoeuvre d'arrivé ! Mais non je ne vais pas beahcer le navire, mauvaises langues...


Nous voici a djeno, près de la Pointe-Noire au Congo, pour la deuxième moitié de notre chargement, vu sur la plage de sable fin mais toujours sur bouée....

Je ne refais pas l'explication

6 février

Fin vers 22h, papiers jusque 00h30 et départ dans la foulée direction la chine !


9 février

« Et les tours d’horloge,
Me serre la gorge
Chaque seconde me tue…. »
Thomas Fersen, Les tours d’horloge

Le moment est venu de vous expliquer comment nous effectuons le changement d'heure car en France nous avons une heure de plus qu'au méridien de Greenwich (temps universel (tu) +1 donc) alors qu'en chine où nous allons décharger ils sont en tu+8 (donc 7h de décalage, quand il est 7h du mat en chine il est minuit en France). Le changement a bord nous l'effectuons a peu près tout les trois jours suivant les envies du commandant. Certain commandant avance dans la journée de travail de sorte que nous travaillons une heure de moins, celui-ci change durant la nuit si bien que ce soir nous dormirons une heure de moins shok.gif

Nous avons trouvé le surnom du coq, « garbage maker », qu’on pourrait traduire par « faiseur de poubelles », ça donne une idée de son niveau. La viande rouge n’a de rouge que le nom avec lui. Les frites sont crues, les entrées encore congelées…. C’est inquiétant car d’habitude les cuisiniers ne sont pas mauvais le premier mois, durant leur période d’essais, et ensuite ils régressent du simili-cuisto au cantinier, du cantinier au vendeur surgelé et du surgelé au garbage maker. celui-ci commence très bas, il ne peut donc que monter normalement, du moins on espère....


La fois prochaine nous passerons le cap de bonne espérance et entrerons dans l'Indien (l'océan indien et non pas un indien zerbie a moitié à poil qui vient nous demander de refaire woodstock....whistling1.gif). On recevra aussi de bonnes nouvelles et on parlera linguistique histoire de changer des tuyaux....
lazy
c'est toujours aussi agréable de te lire, ô grand zef tongue.gif (c'est drôle cette appelation ... un rapport plus ou moins éloigné avec un mouvement atmosphérique ? )

j'ai eu une petite pensée pour toi l'autre jour car à la tv ils parlaient des pirates maritimes suite à la prise d'otages sur le ponant ... je me suis "j'espère que plimsoll a pensé à apporter son sabre mille sabords" biggrin.gif

petite question quand tu parles des chargements sur les bouées ce sont des plate-formes n'est-ce pas ? sacrées bouées shok.gif

2è petite question, dans votre équipage il n'y a pas de médecin ou d'infirmier ? que se passe-t-il en cas d'urgence ? je suppose qu'un hélico peut se poser sur le pont mais pour les 1er soins ?

et au fait tu as fait des études dans quel port ?

et t'as vu le prix du baril angry.gif

wink1.gif
Lili_greycat
Hélas, Lazy, il s'est tapé Marseille, je crois, le pauvre. sad.gif

Sinon, je suis d'accord, vu le prix du barrril, bientôt Plimsoll va transporter comme du caviar et aura droit au gilet par balles au-dessus de son bleu blanc noir. biggrin.gif

Si tu as besoin de garde du corps, plimsoll, fais-moi signe... euh non, finalement, je crois qu'une certaine personne ne sera pas d'accord. blush.gif Mais je me propose au moins comme agent littéraire. cool.gif Vivement la suite!
Plimsoll
Et oui j'ai fait trois ans a Marseille, j'avais le choix entre Le Havre et Marseille qui sont les deux seules écoles a former les officier de première classe. J'ai fait un choix météorologique mais point de vue sociabilité je l'ai regreté whistling1.gif

Concernant la bouée c'est une bouée, petit schéma pour expliquer la chose plus en détails :


La fpso (pour Floating Production Storage and Offloading unit) est généralement un pétrolier géant reconverti, connecté au puit de forage il extrait le pétrole, le stocke en le traitant pour le transport puis charge les navires. La bouée (qu'on appelle aussi SBM pour Single Buoy Mooring) sur laquelle nous sommes ammaré par une ou deux chaînes ne sert que de point d'ancrage pour la manche de chargement et le navire.

Pour le prix du barrils il est clair que le pétrole n'a jamais autant mérité son surnom d'or noir, on transporte communément 2 million de barrils soit 280.000.000$ de cargaison a peu près 191 millions d'euros, 8,2 milliards de francs.....
Les pirates cherche de plus en plus les prises d'otages mais des navires disparaissent régulièrement sans donner de nouvelles. Pendant mon embarquement trois navires ont disparus et pas des barques loin de là....
Contre les pirates nos moyen sont dérisoire, nous ne pouvons pas accéllérer pour les distancer et nous ne sommes pas des soldats donc on essaie de les intimider avec les projecteurs et les lances incendie mais si ça suffit pas on se rend immédiatement.
En conséquence j'accepte les cv et lettre de motivation aux candidatures de garde du corps

Concernant les soins médicaux a bord des navires marchands de médecins il n'y a guère. Chaque officier a reçu une formation aux premiers secours avancé, aux piqûres, perfusion et aux consultation télémédicale (donc par radio). Il est clair qu'en cas de blessure nous ne pouvons que maintenir le type en vie jusqu'a son évacuation par hélico, navire suivant les moyens disponibles dans la zone. Autrement on peut envoyer les malades a terre quand nous sommes a quai mais les médecins ne sont pas d'égal compétence a travers le monde. Ainsi le cuisto débarquer en urgence a Antifer avait été consulté un médecin chinois qui lui avait dit qu'il mangeait trop de fruit frais....

Citation
13 février

« C’est un jour clair d’un bleu d’acier. Le double firmament de la mer et du ciel se confondait dans cet azur partout répandu ; toutefois, la transparence douce et pure du ciel pensif avait un air féminin, tandis qu’une respiration lente et puissante, [….], soulevait la mer robuste et virile.

Ici et là, dans les hauteurs, glissaient les ailes blanches de menus oiseaux immaculés, tendres pensées de ce ciel féminin ; dans l’abîme bleu et sans fond s’agitaient de puissants léviathans, des espadons et des requins, pensées vigoureuses, inquiètes, meurtrières du viril Océan.

Si le contraste existait en profondeur, il n’était extérieurement qu’ombres et nuances, ils semblaient ne faire qu’un, le sexe seul les distinguait l’un de l’autre.

Tel un souverain absolu, le haut soleil semblait marier ce ciel tendre à l’Océan téméraire et mouvant, l’épouse à l’époux ; et à l’horizon une douce palpitation, plus sensible sous les tropiques, révélait la confiance passionnée et frémissante, l’amoureuse inquiétude avec laquelle la pauvre épousée s’abandonnait »

Herman Melville, Moby Dick


C'est en milieu de matinée que nous atteignons captown, nous approchons de la côte dans l'ombre de la montagne de la Table (1 086 m), accompagné par une demi-douzaine d'otaries afin d'effectuer la relève et l'approvisionnement. Sur le pont l'air est a température idoine, la brise est légère, ses caresses douces, le regard plonge dans l'outremer des ondes et les pensées vagabondes. Soudain la forme grise d'une baleine fait surface a une encablure sur tribord, apparition apaisante et brève, de son évent jaillit une colonne d'eau, une fois sa présence ainsi signalée elle s'en retourne comme elle est venu. On en oublierais presque qu'on a deux gars a débarquer et des vivres a prendre. Une fois ceci fait nous repartons, l'escorte de pinnipède a céder sa place aux dauphins, s'il y n'y avait pas la flagrance d'hydrocarbure on se croirait presque sur la calypso.


Le cap de bonne-espèrance fut franchit peu de temps après que le soleil eut commencé sa course descendante. Une fois ce cap usurpateur franchit (en effet on a tendance a le prendre pour le cap le plus méridional de l'Afrique, il n'en est rien puisque c'est le cap des aiguilles qui est tenant du titre depuis pas mal de temps) le temps changeât du tout au tout, le brise fit place a une bourrasque de force 9 soufflant a 42 noeuds (environ 80km/h) et la mer se forma d'avantage, si bien que l'avant du pont disparaissait par moment dans l'écume. Le soleil continuait son chemin, laissant apparaître des arc-en-ciel dans les embruns qui balayaient le pont.



Et nous rechangeons d'heure, tu+2-> +3, midi en france= 14h a bord


15 février

Et un changement de plus, tu+3->tu+4, midi en france=15h a bord.

18 février

Rebelote, tu+4->tu+5, midi en france=16h a bord. Quatre de sommeil en moins en neuf jours, les changements commence a peser, vivement qu'on fasse route a l'ouest pour récupérer...

19 février


Ça y est, j'assume un quart sans chaperon ! D'accord pour le moment il ne me laiss