Salutation a toutes z'et a tous. Reviendus depuis peu et repartant bientot je passe plus ou moins en coup de vent vous livrer la suite (peut être attendue, dans tout les cas inédite) de ce journal de bord.
N'ayant pas été victime d'aléa informatique ce coup-ci j'ai eu le temps de peaufiner le récits en conséquence cela risque d'être un chouïa plus long.
Voici donc sans attendre ce que l'on pourrait appeller la première partie du livre II. Récit qui vous menera du cap d'Antifer jusqu'aux Emirats arabe Unis en passant par la Chine et d'autre contrées mais je ne vais pas m'étendre là car sinon il y aurait plus de surprise.....
20 Janvier
« Bienvenue a bord »
La lumière décline sur le cap d’Antifer balayé par les vents lorsque j’approche du navire. Je l’ai quitté il y a un mois a peine a Singapour et je le retrouve sous une autre latitude, toujours aussi imposant ses 332 mètres accostés à l’abris de la jetée; son enfoncement m’indique que le déchargement est commencé depuis peu.

Traînant mes pesantes valises (le poids de mes valises s’explique de bien des façons : Partant pour un minimum de 80jours il faut emmener tout ce dont on aura besoin pendant ce temps car en mer point de supermarché ni de librairie. C’est ainsi que s’entassait pêle-mêle une douzaine de livre, un jeu de tarot, du matos informatique qui espérait que le pc ne plante pas cette fois, mes diplômes maritimes, des victuailles etc…. Il existe des personnes qui arrive a voyager léger, seulement une petite valise où tout y est rangé au carré, pas un truc qui dépasse, pas une roue grinçante ou bloquée par une feuille. Je n‘en fais pas parti), je franchis la coupée, décline mon identité auprès du matelot de quart et dirige mes pas vers les aménagements. Au pc cargo où je me présente l’effervescence règne comme toujours pendant le déchargement. Je retrouve des têtes connues et lie connaissance avec les nouvelles. Le navire étant surpeuplé, 33 personnes sont a bord et nous ne disposons que de 29 cabines; je dépose mes valises dans la cabine double que j’occuperais avec le nouvel élève en attendant que nous reprenions la mer. On me remet l’équipement de sécurité habituel, bleus de travail blanc immaculés pour le moment, chaussure de sécu trop grandes et inodores là aussi pour le moment, casque antibruit, casque antichoc, gants de protection, et me voilà paré pour prendre mon poste une fois de plus.
C’est la première fois que j’embarque deux fois sur le même navire, j’ai déjà parcouru ces ponts et coursives durant trois mois autant dire que je suis comme a la maison…. Chaque marin qui passe sur un navire y laisse sa marque, pas un coeur gravé dans la peinture du gaillard avant a la petit cuillère mais plutot des petit arrangements, astuces qui facilite la tâche jusqu'a ce qu'ils tombent en désuétude...Ce fut assez rgiolo de retrouver les miens tantôt perfectionné, parfois abatardis...
21Janvier
« Et ils pompaient, pompaient »
Les Shadocks
Enfer et dame nation ! Le cuistot débarque pour urgence médicale, pas de remplaçant en vue. Pour plomber d'avantage le moral le camion de vivre est en panne a 150 bornes du navire. Je parle souvent du cuistot car c'est un des éléments clef du navire, un estomac plein et des papilles heureuses rendent la vie a bord plus agréable. La réciproque est également vrai, passez trois mois a manger une tambouille infâme et un rien mettra le feu aux poudres (sur un pétrolier c'est plutôt gênant), sans compter des problèmes digestif que ça occasionne.
Le déchargement se poursuit sans encombre.
Et l’ascenseur est toujours en panne depuis 19mois…Quoi ? Un ascenseur ? Sur un navire ? Quel intérêt ?
Petit plan approximatif, ça fait quelque ponts (étages dirait-on a terre), 63m de haut a peu près, et vous passez votre temps a passer d’un pont a un autre. Pour info le mess c'est l'endroit où l'on se nourrit de l'infâme tambouille du cuisinier et le carré c'est l'endroit où l'on prend l'apéro imaginaire pour supporter le passage au mess.....

A l’embarquement dernier après 95jours a me taper les échelles j’étais rincé j’espère que ce coup-ci il sera réparer avant que je débarque….
22 Janvier
« Parez a larguez ! »
Fin de l'opération commerciale
Nous quittons le quai, un dernier regard sur les falaises française tandis que nous contournons la digue et nous voilà de nouveau en mer en route vers l’Angola pour notre prochain chargement.
Nous partons sans cuistot et sans nouvelle de son remplaçant, soirée sandwiches (curieusement ce fut agréable car le coq précédent n'était pas terrible)
23 Janvier
« Qui voit Ouessant, voit son sang »
Dicton breton
Dans la matinée nous passons ouessant. Le service rata s'est organisé et nous mangeons de nouveau normalement, du moins selon les critères du bord (soupe en boite, viande hachée, frappée et cuite dans son jus et l'incontournable riz)
Ça y est j'ai réussi a dégeullasser mes bleus, j'ai beau essayer de les garder présentable je n'y arrive jamais, quand je pense qu'il y en a qui arrive a rester blanc immaculé j'ignore comment ils font. Depuis tout petit je n'arrive jamais a garder une tenue irréprochable plus de quelque heures, avant c'était l'herbe et la terre, maintenant l'huile, la graisse, la peinture et le pétrole. Tout change ou presque.
24 Janvier
Le cap Finistère est derrière nous, la nouvelle tombe, un cuisinier nous attends aux canaris (le veinards, embarqué aux canaris c'est tout de même mieux que le havre non ?)
En attendant le moment est venu (le grappin..!!! Non pas celui là voyons..) de faire une présentation en bon et due forme de l’équipage qu’on retrouve a bord des navires de commerce, histoire que vous voyez qui fait quoi.
Je sais il me semble avoir déja fait un semblant de présentation il y a quelque mois mais ce coup-ci c'est définitif et en mieux (du moins j'espère....

)
-Le capitaine, qu’on appelle commandant lorsqu’on s’adresse à lui et pacha, singe, vieux, tonton lorsqu’il est hors de portée acoustique. Il est le « chef de l’expédition maritime », qu’on dit, en clair c’est lui qui dialogue avec la compagnie et qui nous dis où on charge et décharge. En cas de pépin c’est lui qui prends en premier.
Le département pont :
-Le second capitaine, c’est lui qu’on appelle capitaine a bord. Il dirige le service pont, prépare les plans de chargement, déchargement, dirige l’entretien du pont…
-Les lieutenants, au nombre de trois, ils se répartissent le quart tant à la mer qu’en opération cargo. Un quart = 4 heures.
Le 00 à 04 tient a jours les cartes marines et documents nautiques du bord, c’est également lui qui prépare les traversées, itinéraire, distance, rapport….
Le 04 à 08 est en charge de tout ce qui a trait a la sécurité, ce qui se résume en deux groupes : le matériel incendie et le matériel abandon.
Le 08 à 12 s’occupe de la maintenance des équipements radio, de l’hôpital et de la cave (sorte de superette détaxée)
-Le bosco, maître d’équipage il supervise le travail des matelots sur le pont
-Les matelots, à bord nous en avons 4, leur principale activité implique l’utilisation d’un pinceau. Durant les heures nocturne chaque lieut dispose d’un matelot a la passerelle pour la veille visuelle.
-Le pompiste est en charge du circuit cargo, il dispose les vannes avant, pendant et après les opérations commerciales, effectue la reconnaissance de citerne avant et après les chargements/déchargement, entretien les canons de lavage….
Le département machine
-Le chef mécanicien, grand gourou du service machine.
-Le second mécanicien qui est en charge du moteur principal et des ses auxiliaires
-Le troisième méca est responsable des groupes électrogène ainsi que des circuit fuels, séparateurs et d'une manière générale de tout ce qui tache et salit….
-Le quatrième méca gère les chaudières, l’incinérateur, les wc, le bouilleur qui produit l’eau douce et le dispositif de pompage et de traitement des eaux de cales
-L’électricien, surnommé le fusible ou fufu simplement, dès qu'un truc électrique fait des siennes on lui refille… il est aussi responsable de la clim
-Les ouvriers machines, deux sont disponible, l’un est sensé savoir tourner et l’autre souder, il aide au démontage, nettoyage, fabrique de pièce…
-Le nettoyeur, il nettoie (étonnant non ?) la machine de haut en bas et de bas en haut et quand il a finit il recommence.
-Les élèves. On distingue l’élève stagiaire de l’élève officier, l’un a obtenu le diplôme d’élève officier après trois années d’étude, de festivités et un examen composé de deux écrits, deux simulateurs, onze oraux et cinq tp le tout portant sur quatorze matières, l‘autre pas encore. Dans les deux cas on le surnomme le zef. Actuellement j’occupe la fonction d’élève officier polyvalent c’est-à-dire pont z’et machine. Le zef est chargé de préparer les crêpes une fois par semaines, le samedi après midi quand il est malin, le dimanche tandis que tout le monde fait la sieste quand il cherche les faveurs du tonton. J’ai opté pour le samedi après-midi car il faut quand même pas déconner.
Et pour finir le service rata
-Le cuisinier, fort d’une formation cuisine de six semaines en bulgarie, c’est de la grande cuisine, pas en qualité mais en quantité….
-Les garçons, un pour l’équipage et un pour les officiers, ils servent a table, débarrassent, lavent la cuisine, les cabines officiers, les literies…
25 Janvier
«Ça gaz ? »
Nous commençons a dégazer deux citernes afin de les inspecter (j'ai déjà parler du dégazage aussi n'ai-je pas a revenir dessus. Si jamais ce n'était pas assez clair n'hésitez pas a demander je ne râlerais pas (trop)). Pour se faire nous faisons tout d'abord circuler du gaz inerte, le laissant s'échapper par les panneaux ouvert.
26 Janvier
Les canaris, on stoppe juste au large le temps de hisser le cuistot a bord et c'est reparti.
Il paraît que certaine touriste pratiquaient le bronzage intégral sur la plage mais me trouvant a la barre ben je ne peux pas vous le confirmer. Ce qui me permets de mettre fin a une autre idée reçue, la barre ce n'est plus le gros truc en bois bien cirée avec des dorures qu'il faut être a deux pour manoeuvrer (sauf dans les films où les acteurs sont assez balèze pour barrer en faissant un point astro sans astre tout en enlaçant l'héroïne de la noblesse qui a fuit un mariage forcé et se fera kidnapper au millieu du film histoire de relancer l'intrigue......)
mais ce petit volant que vous pouvez voir. Ça fait très volant de jeu vidéo sauf que au bout vous contrôlez un navire de 332 mètres sur 58, autant dire que ça ne réagit pas pareil, et pour l'héroïne c'est a l'eau aussi.

Le dégazage se poursuit, nous mettons maintenant en place des ventilateurs actionner par des manches a incendies (encore une utilisation des manches !), pour oxygéner la citerne.
28 Janvier
« Quand t'es dans le dessert.... »
Ce que j'ai pris pour de la brume dans le petit matin c'est avéré être du sable charrié du Sahara par le vent. Nous sommes portant a 80 miles (150km environs) des côtes mais notre pont se recouvre peu à peu de sable. La visibilité en est réduite aussi passons nous le Cap vert sans le voir.

Ça y est une des citernes remplit les condition requises pour qu'on puisse rentrer dedans (21% d'oxygène, 0% d'explosivité, et pas de gaz nocif genre benzène....) aussi chaussons nous les bottes et c'est parti. Comme il n'est pas possible de photographier la visite (sauf si on est un aficionados de la roulette russe) je vais tenter de vous emmener avec moi. (mais non ce n'est pas un kidnapping

)
Prêt ?
Vous avez votre détecteur quatre gaz (oxygène, sulfide d'hydrogène, limite d'explosivité et carbone),vos bottes, votre talkie et votre lampe approuvée ?
Vos poches sont vides ?
Alors c'est partis, on enjambe l'écoutille et on se rattrape a l'échelle pour descendre d'un mètre.
Attention dans l'escalier qui suit, des sédiments sont restés collé sur les barreaux constituant les marches et les ont rendu glissant. Une marche de loupée et on se retrouve dix mètres plus bas.
L'odeur ? Tout va bien c'est normal on sent le pétrole brut, l'odeur est moins entêtante que le gazole mais plus tenace.
Ça y est la lumière du jour ne nous atteint plus, seul le faisceau de nos lampes coupe l'obscurité. En bas de l'escalier une couche de boue d'hydrocarbures, même texture que la boue mais plus visqueuse et noire, rien d'anormale le canon de lavage a du mal a atteindre les recoins et puis nous lavons au pétrole brut. Longeons la cloison et nous trouverons un autre escalier, le voilà, prenez garde celui ci est plus grand mais tout aussi traître, le ronronnement du ventilo vous accompagne dans la descente, si jamais il se coupe soyez prêt a remonter. Si votre détecteur sonne rejoignez dare-dare le pont.
« CHIEF ? »
Tout va bien c'est le matelot posté près de l'écoutille qui demande des nouvelles. Si il n'a pas de vos nouvelles pendant plus de cinq minutes il envoie la cavalerie. Vous vous étiez peut être demandez a quoi servait la civière et les appareils respiratoire a l'entrée ? Et bien maintenant vous savez....Nous voilà en bas de l'escalier, descendez l'echelle sur votre droite et vous vous retrouverez sur le fond de la citerne. Le pétrole vous arrive maintenant a mi-botte, normal nous somme sur l'arrière de la citerne et le navire a de l'assiette sur le cul (c'est a dire qu'il a un tirant d'eau plus fort a l'arrière qu'a l'avant). Vous voyez ce tuyau dont vous n'arrivez pas a faire le tour avec vos bras ? Et bien c'est celui qui sert a remplir et a vider cette citerne. N'approchez pas du petit ! Un puisard se trouve autours, rapprochez vous et on vous retrouve une soixantaine de centimètre plus bas avec une jambe en moins. Le petit ? Oui celui qui fait une quarantaine de centimètres de diamètre, il sert pour assécher la citerne, je vous expliquerais plus en détail une autre fois.
Allons vers l'avant, le pétrole liquide fait place aux boues et aux sédiments, maintenant levez votre lampe. Vous distinguez le plafond ? C'est grand n'est-ce pas ? Ben oui 13169,7 m3 tout de même. Les structures apparaissent de ci de là mais moins que ce que l'on pourrait croire, elles sont plutôt dans les ballasts latéraux ou les double fonds.
Tout est en bon état, une vingtaine de mètre cube de sédiments et de boues au total, ils seront enlevé au prochain passage en cale sèche. La corrosion ? Rien d'alarmant, un millimètre d'acier donne 13 millimètre de rouille. Ici nous avons moins d'un mm de rouille donc pas de soucis.
On est repartis pour l'ascension, on fait le chemin en sens inverse, éclairé dans les échelles par celui qui vous suit, pas de bol quand vous êtes le dernier.
L'air frais vous fouette le visage, ne courez pas partout ! Vous étés noir des pieds jusqu'à la tête, n'allez donc pas salopez le pont ! Laissez vos bottes dans le fut plein de sable et retourner dans votre cabine prendre une douche. Vous puez.
Voila pour ce premier trait, dans l'épisodes/chapitre suivant nous continurons a affrontez le sable saharien, nous mettrons le feu au navire et je tenterais de vous refiler un ou deux tuyau sur le chargement d'un pétrolier......