"Casse-Noisette", vertige érotiqueMercredi 12 Décembre - 16:55 Casse-Noisette, de Rudolf Noureev, à l'Opéra-Bastille, Paris-12e. Tél. : 08-92-89-90-90. Jusqu'au 31 décembre, à 19 h 30. De 6 € à 80 €. |
Un détail, minuscule, presque imperceptible, signe la représentation, lundi 10 décembre, de Casse-Noisette chorégraphié par Rudolf Noureev sur la musique de Tchaïkovski. A la fin du spectacle, le vieux Drosselmeyer (le danseur étoile Jérémie Bélingard) quitte la maison de sa filleule Clara (Myriam Ould-Braham) avec un regard flou, comme étourdi par ce qu'il vient de vivre. En réalité, il ne lui est rien arrivé à ce boiteux borgne, sauf d'être le protagoniste principal du rêve de Clara, son jeune prince sexy et protecteur. Du songe à la réalité, le trouble de l'attirance secrète et inconsciente des deux héros se lit en douce.
Casse-Noisette, vertige érotique ? Dans la version mise en scène par Noureev en 1985, plutôt oui. Toujours prompt à enclencher le mode "psy" des grands ballets classiques, il a fait glisser ce conte de Noël souvent débordant de sucrerie vers le scénario initiatique. Une ado reçoit en cadeau de son parrain un joli casse-noisette, viril comme un soldat. Elle s'endort et s'émancipe dans les bras de son hussard dont les traits ressemblent étrangement à ceux de Drosselmeyer.
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| Source: LE MONDE | 12.12.07 |