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Je traduis mes vieux poèmes en français...

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

 

LA VIELHO

 

 

A "cargat" la vielho !

E sei peds son tot toarts

pichon pas

pichons dets

capèu gris

tristonet

e coquet

en campano.

" Eri joeino e polido."

" Eri joeino e polido."

 

Davant lo trotador

ausso-cambo

garcejo…

per montar.

 

LA VIEILLE

 

 

Elle est « pliée » la vieille !

Et ses pieds sont tordus

petit pas

petit doigts

chapeau gris

tristounet

et coquet

comme une cloche.

" J‘étais jeune et jolie !"

" J‘étais jeune et jolie !"

 

Mais devant le trottoir

hausse-jambe

elle hésite

à monter.

 

------------------------------------

 

 

 

LO GAT GÒI

(PICHONO DROLO)

 

En raubeto

corteto

pichono dròlo

ei bloquetos blondos

……

chivus tant fins de sedo,

que sauto sus d'un ped,

en sueivent

e lo planhe —

lo

gat

gòi.

 

 

LE CHAT BOITEUX

(PETITE FILLE)

 

En robette

courtette

petite fille

aux bouclettes blondes

……

 

cheveux si fins de soie,

qui saute sur un pied,

en suivant

et le plaint —

le

chat

Boiteux.

 

------------------------------------

 

 

Lo tems    (J'ai trouvé cette belle police pour les titres !)

 

LA BAUMO FERO

 

L'efemero lusor d'inseite

vonvonant

violono la nuech,

peiro avuglo que tombo

e trauco l'er

em' un uiau de faro.

Lo temps s'es arrestat.

D'aubres en carton

pintas de blanc

brofon dei doei costas

e sauton dins lo vueide.

Como s'ero doarbit,

lo negre si refermo en darnier.

Darnier, la terro moeisso suso.

Darnier la vido rimo e roeigo

un levame vonhut

que pasto la calor,

darnier, la negro nuech.

Escondut deis estelos ponhentos,

lo monde quest’ estiu,

questo nuech

es vengut baumo fero

onte creisson de Dieus...

de moeissolos...

de serps...

 

 

Le temps

LA « BAUME FERE »1

 

L'éphémère lueur d’insecte bourdonnant

viole la nuit,

pierre aveugle qui tombe

et troue l’air

dans un éclair de phares.

Le temps s’est arrêté.

Des arbres cartonnés

peints en blanc

jaillissent des deux côtés

et sautent dans le vide.

Comme il s’était ouvert,

le noir de referme derrière.

Derrière, la terre moite sue.

Derrière la vie couve et ronge

un levain visqueux

pétrit par la chaleur,

derrière, la nuit noire.

Caché des étoiles piquantes,

le monde cet été,

cette nuit

redevient Baume Fère

où grandissent des dieux...

des moucherons...

des serpents…

 

------------------------------------

 

1La « Baume Fère » ou Grotte « Sauvage » et une grotte sur le territoire de la Roquebrussanne où ont été retrouvés des vestiges préhistoriques

 

 

 

 

 

 

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le merle Membre 13820 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 10 minutes, Blaquière a dit :

 

LA VIELHO

 

 

A "cargat" la vielho !

E sei peds son tot toarts

pichon pas

pichons dets

capèu gris

tristonet

e coquet

en campano.

" Eri joeino e polido."

" Eri joeino e polido."

 

Davant lo trotador

ausso-cambo

garcejo…

per montar.

 

LA VIEILLE

 

 

Elle est « pliée » la vieille !

Et ses pieds sont tordus

petit pas

petit doigts

chapeau gris

tristounet

et coquet

comme une cloche.

" J‘étais jeune et jolie !"

" J‘étais jeune et jolie !"

 

Mais devant le trottoir

hausse-jambe

elle hésite

à monter.

 

------------------------------------

 

 

 

LO GAT GÒI

(PICHONO DROLO)

 

En raubeto

corteto

pichono dròlo

ei bloquetos blondos

……

chivus tant fins de sedo,

que sauto sus d'un ped,

en sueivent

e lo planhe —

lo

gat

gòi.

 

 

LE CHAT BOITEUX

(PETITE FILLE)

 

En robette

courtette

petite fille

aux bouclettes blondes

……

 

cheveux si fins de soie,

qui saute sur un pied,

en suivant

et le plaint —

le

chat

Boiteux.

 

------------------------------------

 

 

Lo tems    (J'ai trouvé cette belle police pour les titres !)

 

LA BAUMO FERO

 

L'efemero lusor d'inseite

vonvonant

violono la nuech,

peiro avuglo que tombo

e trauco l'er

em' un uiau de faro.

Lo temps s'es arrestat.

D'aubres en carton

pintas de blanc

brofon dei doei costas

e sauton dins lo vueide.

Como s'ero doarbit,

lo negre si refermo en darnier.

Darnier, la terro moeisso suso.

Darnier la vido rimo e roeigo

un levame vonhut

que pasto la calor,

darnier, la negro nuech.

Escondut deis estelos ponhentos,

lo monde quest’ estiu,

questo nuech

es vengut baumo fero

onte creisson de Dieus...

de moeissolos...

de serps...

 

 

Le temps

LA « BAUME FERE »1

 

L'éphémère lueur d’insecte bourdonnant

viole la nuit,

pierre aveugle qui tombe

et troue l’air

dans un éclair de phares.

Le temps s’est arrêté.

Des arbres cartonnés

peints en blanc

jaillissent des deux côtés

et sautent dans le vide.

Comme il s’était ouvert,

le noir de referme derrière.

Derrière, la terre moite sue.

Derrière la vie couve et ronge

un levain visqueux

pétrit par la chaleur,

derrière, la nuit noire.

Caché des étoiles piquantes,

le monde cet été,

cette nuit

redevient Baume Fère

où grandissent des dieux...

des moucherons...

des serpents…

 

------------------------------------

 

1La « Baume Fère » ou Grotte « Sauvage » et une grotte sur le territoire de la Roquebrussanne où ont été retrouvés des vestiges préhistoriques

 

 

 

 

 

 

bonjour

tu est doué pour l'art de la poterie et aussi pour les poèmes , tu nous avais caché cela .

bonne journée

  • Merci 1

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 12 minutes, le merle a dit :

bonjour

tu est doué pour l'art de la poterie et aussi pour les poèmes , tu nous avais caché cela .

bonne journée

C'est gentil ! J'essaie de pas être pompeux et de juste dire les choses...

Ça me permet de corriger, de les voir écrits là :

je change "des arbres cartonnés" (un peu bidon (!) en "des arbres de carton" !....

 

Modifié par Blaquière
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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Est-ce que je peux... expliquer ? :smile2:

La vieille et la petite fille, je les ai vues en vrai !

 La vieille qui avançait péniblement à tout petits pas... Et devant le trottoir de 15 cm, elle s'est arrêtée, prise de panique, comme devant un obstacle infranchissable. J'ai trouvé ça, terriblement émouvant et triste, pitoyable. La petite fille pareil : elle suivait un chat rasqueux dans la rue qui sautillait, un peu ridicule, car il lui manquait une patte de derrière. Et la petite fille toute jolie, toute frisée, le suivait en sautant sur un pied. Elle l'imitait. Comme pour se moquer, ou plutôt pour vivre elle même de l'intérieur, la souffrance de cette pauvre bête...

Après 40 ans, les deux me sont restées comme des héroïnes dérisoires de l'humanité ! C'est un peu con... mais c'est comme ça. :)

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le merle Membre 13820 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a une heure, Blaquière a dit :

C'est gentil ! J'essaie de pas être pompeux et de juste dire les choses...

Ça me permet de corriger, de les voir écrits là :

je change "des arbres cartonnés" (un peu bidon (!) en "des arbres de carton" !....

 

chacun à son style et ses particularitées ,on ne peut plaire à tout le monde , mais les qualitées si elles existent , sont indestructibles envers et contre tout .

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sovenka Membre 2918 messages
Oiseau de nuit‚ 39ans
Posté(e)
Il y a 4 heures, Blaquière a dit :

Est-ce que je peux... expliquer ? :smile2:

La vieille et la petite fille, je les ai vues en vrai !

 La vieille qui avançait péniblement à tout petits pas... Et devant le trottoir de 15 cm, elle s'est arrêtée, prise de panique, comme devant un obstacle infranchissable. J'ai trouvé ça, terriblement émouvant et triste, pitoyable. La petite fille pareil : elle suivait un chat rasqueux dans la rue qui sautillait, un peu ridicule, car il lui manquait une patte de derrière. Et la petite fille toute jolie, toute frisée, le suivait en sautant sur un pied. Elle l'imitait. Comme pour se moquer, ou plutôt pour vivre elle même de l'intérieur, la souffrance de cette pauvre bête...

Après 40 ans, les deux me sont restées comme des héroïnes dérisoires de l'humanité ! C'est un peu con... mais c'est comme ça. :)

Je trouve pas ça con du tout, même pas un peu bien au contraire :hi:

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PINOCCHIO Membre 29154 messages
Pantin contestataire‚ 75ans
Posté(e)
Il y a 5 heures, Blaquière a dit :

 

LA VIELHO

 

 

A "cargat" la vielho !

E sei peds son tot toarts

pichon pas

pichons dets

capèu gris

tristonet

e coquet

en campano.

" Eri joeino e polido."

" Eri joeino e polido."

 

Davant lo trotador

ausso-cambo

garcejo…

per montar.

 

LA VIEILLE

 

 

Elle est « pliée » la vieille !

Et ses pieds sont tordus

petit pas

petit doigts

chapeau gris

tristounet

et coquet

comme une cloche.

" J‘étais jeune et jolie !"

" J‘étais jeune et jolie !"

 

Mais devant le trottoir

hausse-jambe

elle hésite

à monter.

 

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LO GAT GÒI

(PICHONO DROLO)

 

En raubeto

corteto

pichono dròlo

ei bloquetos blondos

……

chivus tant fins de sedo,

que sauto sus d'un ped,

en sueivent

e lo planhe —

lo

gat

gòi.

 

 

LE CHAT BOITEUX

(PETITE FILLE)

 

En robette

courtette

petite fille

aux bouclettes blondes

……

 

cheveux si fins de soie,

qui saute sur un pied,

en suivant

et le plaint —

le

chat

Boiteux.

 

------------------------------------

 

 

Lo tems    (J'ai trouvé cette belle police pour les titres !)

 

LA BAUMO FERO

 

L'efemero lusor d'inseite

vonvonant

violono la nuech,

peiro avuglo que tombo

e trauco l'er

em' un uiau de faro.

Lo temps s'es arrestat.

D'aubres en carton

pintas de blanc

brofon dei doei costas

e sauton dins lo vueide.

Como s'ero doarbit,

lo negre si refermo en darnier.

Darnier, la terro moeisso suso.

Darnier la vido rimo e roeigo

un levame vonhut

que pasto la calor,

darnier, la negro nuech.

Escondut deis estelos ponhentos,

lo monde quest’ estiu,

questo nuech

es vengut baumo fero

onte creisson de Dieus...

de moeissolos...

de serps...

 

 

Le temps

LA « BAUME FERE »1

 

L'éphémère lueur d’insecte bourdonnant

viole la nuit,

pierre aveugle qui tombe

et troue l’air

dans un éclair de phares.

Le temps s’est arrêté.

Des arbres cartonnés

peints en blanc

jaillissent des deux côtés

et sautent dans le vide.

Comme il s’était ouvert,

le noir de referme derrière.

Derrière, la terre moite sue.

Derrière la vie couve et ronge

un levain visqueux

pétrit par la chaleur,

derrière, la nuit noire.

Caché des étoiles piquantes,

le monde cet été,

cette nuit

redevient Baume Fère

où grandissent des dieux...

des moucherons...

des serpents…

 

------------------------------------

 

1La « Baume Fère » ou Grotte « Sauvage » et une grotte sur le territoire de la Roquebrussanne où ont été retrouvés des vestiges préhistoriques

 

 

 

 

 

 

Moi , j'aime bien , tu nous fait des trucs pas orrdinaires, et je me pose la question , il fait ça pour déconner ou pour nous aprrendre ce vieux Français ou cette traduction dans une autre langue que l'on a pas connu dans notre génération, à part le patois de certaines régions et encore faut il le parler et le comprendre, ce qui n'est pas chose aisée.

Continue donc à nous abreuver de tes poèmes et soit certain que l'on y trouve de l'intérêt ;)

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 46 minutes, PINOCCHIO a dit :

Moi , j'aime bien , tu nous fait des trucs pas orrdinaires, et je me pose la question , il fait ça pour déconner ou pour nous aprrendre ce vieux Français ou cette traduction dans une autre langue que l'on a pas connu dans notre génération, à part le patois de certaines régions et encore faut il le parler et le comprendre, ce qui n'est pas chose aisée.

Continue donc à nous abreuver de tes poèmes et soit certain que l'on y trouve de l'intérêt ;)

C'est exactement ce que je me demande : est-ce que ça a du sens tout ça ?

Peut-être (je dis bien peut-être) qu'il existe une puissance propre à chaque langue. Et le provençal (ou l'occitan) étant l'héritier de la langue des troubadours (les tout premiers en Europe, à avoir su s'extraire -littérairement- de la chape du latin), je crois que j'ai été sensible à cette force ? (un peu comme l'espagnol) Je n'ai pu commencer à écrire qu'en provençal...

Quand je trouve des textes d'archives municipales du XVIème siècle où il est question de construire un pont sur la rivière pour pas que les gens tombent à l'eau avec leur sac de blé, on dirait un poème ! On sent comme une force ! Un ami à qui je le faisais lire, me disait :"Quand on lit ça, on pense à Homère !" Et c'est juste des "conneries" pratiques. Les sonorités, le rythme...

Aussi par nostalgie. quand j'étais petit, ou jeune, les gens qui s'exprimaient de cette façon, tombaient comme des mouches ! Je me disais : c'est pas possible de perdre ça ! C'est la grandeur, la noblesse de la vie même !

 Voilà toute l'histoire. ;)

Modifié par Blaquière

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a une heure, PINOCCHIO a dit :

Moi , j'aime bien , tu nous fait des trucs pas orrdinaires, et je me pose la question , il fait ça pour déconner ou pour nous aprrendre ce vieux Français ou cette traduction dans une autre langue que l'on a pas connu dans notre génération, à part le patois de certaines régions et encore faut il le parler et le comprendre, ce qui n'est pas chose aisée.

Continue donc à nous abreuver de tes poèmes et soit certain que l'on y trouve de l'intérêt ;)

Mes neveux (ils ont maintenant 50 ans), quand il ont habité un temps dans notre maison familiale, au village, ils jouaient sur la placette et quand ils rentraient à la maison ils disaient (il avaient alors une dizaine d'années) des vieux assis sur le banc à côté de la fontaine : "Mais qu'est-ce que c'est ces gens ? ILS PARLENT MÊME PAS FRANÇAIS !" qu'est-ce qu'on en a rigolé de ça !

Pour nous c'était presque l'inverse et nos parents encore plus. Et ma grand tante il y a 120 ans, pas plus  a appris le français à l'école! Avant d'y aller elle n'en connaissait pas UN mot.

Modifié par Blaquière
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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, sovenka a dit :

Je trouve pas ça con du tout, même pas un peu bien au contraire :hi:

Je me souviens que pour la "vieille" et la petite fille, j'avais écrit des musique pour ces poèmes !

 J'ai retrouvé la "petite fille", je vais rechercher la vieille !....

Je sais pas si vous pouvez entendre : moi mon ordi il bat de l'aile, j'entends vaguement dans le fond...

C'est de la musique ... en théorie ! :smile2:

Donc ;

 "En robette, courtette, petite fille...etc" :

ENRAUBET.mid.mp3

 

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Voilà je mets la musique de la vielle telle que je la retrouve !

 Ce "a cargat, la vieille" c'est une façon très cynique de dire pour un vieux qui se tient courbé : "il a chargé !"

Courbé sous le poids d'un fardeau, et c'est pour se moquer, et là sous le poids des ans... et ça atténue le ridicule de la position...

 Donc :

 "a cargat, la vielho...

("La vielho", ça se prononce... "la vieille "!!!)

LAVIEIL2.mid.mp3

 

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le merle Membre 13820 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

il semble que tu à une certaine nostalgie de t'on passé mais surtout le passé du provencal?

je pourrais en dire autent mais , d'une autre région .

en réalité , le temps passe et emporte tout sans considération .une façon , peut-être de se demander : qui somme nous , d'ou venons nous et pourquoi ?

il y à des milliers de réponses et aucune .

je me pose toujours des questions sur des événements qui dattes ,ou j'ai participé et ne trouve aucune réponse qui me semble correct .

 

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

LA NUECH

 

La luno imobilo

travesso lo cèu

de sa faci d'avugle

tombo un lume frei

atapant d'uno pòusso

impaupablo lo sòu,

es aquelo dau tems,

pousso de rodarié

como lo gauviment

d'un gigant orologe1...

 

De soleus esclatants

mistolinos lusors

leis estelos tremolon

inombrables traucs

que fiutron de la nuech

lentament la negror.

Dins l'espaci gonflat

milo mondes perduts

derivon a l'asard,

uno granolho canto…

 

 

LA NUIT

 

La lune immobile

Traverse le ciel

De sa face d'aveugle

Tombe une lumière froide

Qui recouvre d’une poussière

Impalpable le sol :

C‘est la poussière du temps,

Poussière de rouages

Comme l’usure

D'un gigantesque horloge ...

 

De soleils éclatants

Les chétives lueurs,

Les étoiles tremblotent,

Innombrables pertuis

Qui filtrent de la nuit

Lentement la noirceur.

Dans l'espace gonflé

Mille mondes perdus

Dérivent au hasard,

Uno grenouille chante

 

1« Orologe » : Trois fois le son [ o] !

 

(Je m'amuse à transposer la prononciation comme si c'était en français :)

 

LA SIESTO

(LA SIESTE !)

 

Fausso nuech de l'estiu

(faousse nuè dé l'estiou)

embruni blanquinhèu

(imbruni blanquignèou)

qu'un martèu

(qu'u 'g martèou)

de l'ennuei

(dé l'in-nuèil)

bacelo d'un ti-ta d'orologe,

(bacéle d'u 'g  ti-ta d'ololodgé)

eila...

(èïla)

Corredor defendut.

(courédou défindu)

Es uno horo malauto

(ez u n'oule malaoute)

de lume.

(dé lumé)

Quauque brut estofat

(coouqué bru èstoufa)

crebo l'er

(crébe l'er')

en defoero,

(in défouèle)

Si nego dins l’espaci.

(si négue di 'g  l'espaci)

 

 

 

LA SIESTE

 

Fausse nuit de l’été,

clair obscur blanchâtre

qu'un marteau

de l'ennui

percute (frappe) d'un tic-tac d'horloge,

là-bas...

Le couloir : interdit !

C’est une heure malade

de lumière.

Quelque bruit étouffé

crève l’air

au dehors,

et se noie dans l’espace.

 

 

 

 

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sovenka Membre 2918 messages
Oiseau de nuit‚ 39ans
Posté(e)

C'est magnifique, bravo ! Totalement enchantée par ces poèmes :blush: 

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, sovenka a dit :

C'est magnifique, bravo ! Totalement enchantée par ces poèmes :blush: 

Ca me fait très plaisir ce que tu dis !

 Presque j'en pleure...

J'ai l'impression d'un peu exister....

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Ne vous emballez pas : j'ai aussi écrit de BELLES bêtises en provençal :

("nh", se prononce "gn" comme en portugais.)

 

EN CAMPANHO COCANHO

 

 

En campanho

cocanho

soto

lei motos

rotos

la companho

l'aranho

troto...

 

Mai l'aiganho1

qu'estanho

de gotos

sa roto

la banho

e l'encanho

la ganho

boto !

 

Un limbert

verd d'iver

que l'estiu

refa viut

de son er

de doeis ers

li va vers

de son riu...

 

Lo Cifer

a de ner

fer como er’3

e sotiu

d'un revers

de pas Diu

manjo-fiu

lo fa siu…

 

Au cèu

pas ges d'aucèu

e compaire

caçaire

d'un mocèu

pas toup bèu

serié lèu

chaplaire;

 

per èu

gaire

d'afaire

franc d'aquèu

verd de pèu

aganto lo cotèu

l'uelh de caire

e mocó pan-f-an'èu!

 

E lo paure caçaire

pecaire

e lo paure caçaire

cu 's que nos

lo

va

tuar ?

 


 

 

 

EN CAMPAGNE COCAGNE

 

 

En campagne

cocagne

sous

les mottes

cassées

la compagne

araignée

trotte...

 

Mai la rosée

qui imbibe

de gouttes

sa route

la mouille

et la colère

la gagne

Bigre !

 

Un « limbert »2

vert d'hiver

que l'été

revigore

de son air

de deux airs

va vers elle

depuis son ruisseau...

 

Ce Lucifer

a du nerf

sauvage comme il est

et sournois

d'un revers

formidable

avale

« mange-fil »

 

 

Au ciel

pas un oiseau

et compère

chasseur

d'un morceau

pas trop beau

serait bien

preneur

 

pour lui

guère

d'affaire

à part ce

« vert de peau »

il attrape son couteau

l’œil en coin

et alors paf à lui !

 

 

Et le pauvre chasseur

peuchère

Et le pauvre chasseur

Qui c’est qui va

Nous

Le

Tuer ?

 

 

 

 

1Prononcer : (èïgagno)

2Gros lézard vert

3« Como er » pour « como es » : prononciation locale.

 

Modifié par Blaquière
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Elfière Membre 118 messages
Forumeur inspiré‚
Posté(e)
Le 02/07/2020 à 09:47, Blaquière a dit :

LA NUECH

 

La luno imobilo

travesso lo cèu

de sa faci d'avugle

tombo un lume frei

atapant d'uno pòusso

impaupablo lo sòu,

es aquelo dau tems,

pousso de rodarié

como lo gauviment

d'un gigant orologe1...

 

De soleus esclatants

mistolinos lusors

leis estelos tremolon

inombrables traucs

que fiutron de la nuech

lentament la negror.

Dins l'espaci gonflat

milo mondes perduts

derivon a l'asard,

uno granolho canto…

 

 

LA NUIT

 

La lune immobile

Traverse le ciel

De sa face d'aveugle

Tombe une lumière froide

Qui recouvre d’une poussière

Impalpable le sol :

C‘est la poussière du temps,

Poussière de rouages

Comme l’usure

D'un gigantesque horloge ...

 

De soleils éclatants

Les chétives lueurs,

Les étoiles tremblotent,

Innombrables pertuis

Qui filtrent de la nuit

Lentement la noirceur.

Dans l'espace gonflé

Mille mondes perdus

Dérivent au hasard,

Uno grenouille chante

 

 

Tu viens juste de les transcrire?

Celui-là, je l'aime vraiment beaucoup. Première strophe sans condition,  mais je bute sur les trois premiers vers de la deuxième. Je soupçonne un fil mais je n'arrive pas à le dénouer dans ta traduction. Et je sais qu'il y en a  sûrement un... Tu m'aides?

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, Elfière a dit :

Tu viens juste de les transcrire?

Celui-là, je l'aime vraiment beaucoup. Première strophe sans condition,  mais je bute sur les trois premiers vers de la deuxième. Je soupçonne un fil mais je n'arrive pas à le dénouer dans ta traduction. Et je sais qu'il y en a  sûrement un... Tu m'aides?

De soleus esclatants

mistolinos lusors

leis estelos tremolon

 

De soleils éclatants

Les chétives lueurs,

Les étoiles tremblotent,

 

C'est ça ?

C'est juste l'opposition entre ce que l'on sait ses étoiles qui sont presque toutes en réalité des soleils bien plus grands que le nôtre et qui avec l'éloignement ne sont plus que de faibles lueurs tremblotantes...

C'est valable pour tout ce qui est grand.

'Mistouline" c'est toute petite, toute fragile. on a encore un diminutif, souvent affectueux : "mistoulinet" , mistoulinette" !

Et en imaginant qu'elles ne sont que des trous (rien) qui filtrent la nuit pour la rendre plus noire, c'est encore moins que rien...

Bise

 

(Ça me fait plaisir de savoir que tu es là, parfois.)

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Elfière Membre 118 messages
Forumeur inspiré‚
Posté(e)

D'ac. : " Chétives lueurs de soleils éclatants, les étoiles tremblotent"

Merci, j'ai retrouvé ton fil. Avoue quand-même (pardon) que la tournure l'entortille un tantisoit et c'est dommage parce que la suite est juste sublime...

Bah, moi aussi, ça me fait plaisir surtout dans ce registre là.

 

 

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Blaquière Membre 10952 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

je pense à un quatrième de couverture si un jour je fais imprimer mes poèmes avec leurs traductions.

ça veut dire qq chose pour vous ?  :

 

 

– Pourquoi tu écris en provençal ? Écris en français !

(C’est mon père qui me disait ça.)

– Il faudrait peut-être, mais ça ne me vient pas !

Maintenant, je pourrais lui répondre :

– Est-ce qu’il y a moins de mots à notre disposition ? Sans doute. Mais ce ne sont pas les mêmes.

Le provençal, pour moi, c’est comme un matériau, solide. De la matière. Les mots sont comme en pierre ou en argile. Un poème en provençal c’est une sculpture, un modelage.

Et quand on revient au français, il en reste un peu de cette matière.

 

Je cherche aussi une image pour la couverture, je penche pour celle-là :

(Au rab de nostalgie !)

 

4700075_BLANC21.thumb.jpg.d86e7ea19d4a796d136a2352d7e97811.jpg

Modifié par Blaquière

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