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Maëlle


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PASCOU Membre 26 770 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

La chaleur du mois de juillet faisait craquer quelques herbes entre les pierres alignées, je regardais sans les voir mes chaussures cirées .

Sans lever le nez je devinais les costumes sombres , les cravates serrées, je sentais aussi un vent chaud dans mes cheveux un peu longs.

Les murs étaient hauts et dans les interstices des pierres usées des fleurs bleues étaient agrippées à la vie.

Je bougeais un peu les pieds faisant un crissement sur le gravier de l'allée , un adulte me fit chut sans méchanceté.

Le curé faisait son sermon près d'un cercueil aux poignées dorées.

Les femmes en noire pleuraient derrière des voilettes, la cérémonie touchait à sa fin.

L'homme qui était enterré ce jour était un voisin, un vieil homme bien qu'ici il n'y ait que ça. Le cimetière ceinturait la petite église aux vitraux que je trouvais jolis, les noms et les dates sur les tombent exacerbaient toujours ma curiosité.

Puis j'aimais prendre l'arrosoir qui pendait au robinet , le remplir et arroser les fleurs et les plantes, celles qui manquaient d'eau sur les tombes .

Puis aussi les pierres sculptées , les arcades, le seuil et le bénitier . Je ne trouvais pas cet endroit triste, peut être parce que des petits lézards au soleil se faufilaient entre les tombes silencieuses ;

Les gens parlaient bas, des murmures qui se perdaient dans le bruits des pas sur le gravier ;Je m'asseyais sur le banc de granit à l'ombre d'un if centenaire et regardais les gens passer.

Les gens commençaient à défiler en file indienne pour les derniers hommages, le goupillon passait de main en main à l'approche du défunt dans son cercueil, un vieillard lâcha celui ci qui fit un bruit curieux en rebondissant sur le bois vernis et tomba dans la fosse.

Un employé le récupéra et la cérémonie se terminait sans autre fausse note ;

Les gens quittaient par petits groupes le petit cimetière, se dirigeant surtout pour les hommes vers le café, les femmes restaient et discutaient entre elles mais moi je regardais Maëlle près de sa mère, elle avait presque mon âge et elle aussi me regardait...

 

Modifié par PASCOU
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pila Membre 11 184 messages
Forumeur alchimiste‚ 58ans
Posté(e)

Est-ce de vous ou d'un autre auteur ?

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PASCOU Membre 26 770 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 2 minutes, pila a dit :

Est-ce de vous ou d'un autre auteur ?

Mais de moi Pila, aller je continue ma petite histoire toute modeste, juste pour rire.

..

...mon père finit par sortir du café, après un regard circulaire il cria dans ma direction pour m'inciter à le rejoindre.

Je ne bougeais pas, je savais bien que ça l'énervait, mais je restais. Il finit par me rejoindre , alors me dit il tu es sourd ou quoi?

Je n'ai pas entendu, il me disputait, Maëlle riait sous cape, rien que pour la voir rire j'aurais pu exiger une claque. Faut dire que papa n'est jamais là, il est toujours à l'étranger, c'est maman qui me gère comme elle dit et je me venge comme je peux. Maman elle, c'est le contraire à part me dire quand je fais des bêtises : je ne comprends pas comment un tel chenapan peu se cacher derrière un tel visage d'ange. Bon ,elle c'est facile, je sais toujours la faire rire même lorsqu'elle est en colère contre moi...

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PASCOU Membre 26 770 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

J'ai fait la connaissance de Maëlle de façon très fortuite quelques semaines plus tôt.

C'était à table, le téléphone avait sonné et maman avait répondu .Au départ je pensais que c'était pour le travail de papa, l’Italie ou l’Espagne, puis voyant la tête de ma mère, je pressentais une mauvaise nouvelle.Elle répondait mais je ne comprenais pas bien le sens de la conversation, mon père aussi tendait l'oreille.

Elle dit les banalités d'usage pour raccrocher et vint se rasseoir.

Mon père d'un signe de tête l'incita à s'exprimer, elle prit son temps et expliqua que Maëlle avait fugué depuis plusieurs jours et que la gendarmerie de Dinan l'avait récupérée, sa mère demandait donc si papa pouvait la récupérer ainsi qu'une amie. Elle expliqua pour justifier cette demande ne pas dormir depuis plusieurs jours .

Mon père approuva et trouvait plus raisonnable qu'elle ne conduisît pas.

Maman rappela et expliqua que le repas fini son mari se mettrait en route.

 

Moi j'avais surtout envie de voir Dinan.

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PASCOU Membre 26 770 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Dinan, la ville est pour moi comme un espace temps, vieilles rues et ruelles , façades des maisons moyenâgeuses, remparts, ville surplombant la rivière qui coule lentement. Dans les rues pavées où je peux toucher le passé , entre les touristes aux tenues légères je réinvente les boutiques d'antan et les mille petits métiers, les bruits et les odeurs que les courants d'airs entraînent.

Je peux entendre les sabots sur le pavé et les roues des charrettes chargées. C'est la mesure de l'éphémère entre ce qui n'est plus, ce qui est et ce qui sera puis ne sera plus, c'est la vulnérabilité de soi sur l'échelle du temps.C'est un lien étroit, la continuité.

 

Mon père n'avait ni traîné à la gendarmerie, ni traîné pour faire un crochet et raccompagner la copine de ma fugueuse chez elle.

Nous étions maintenant sur la route du retour, de l'arrière où j'étais, je le voyais  observer dans le rétroviseur, je ne sais pas s'il regardait Maëlle ou s'il me regardait, mais cette observation finit par s'estomper au fil de la distance parcourue.

J'étais assis auprès de Maëlle, nous avions gardé nos places à chaque halte.

J'étais resté en short et des tennis un peu usés, je regardais mes jambes, mes genoux abîmés par les chutes en vélo, et des bleus au foot.

Personne ne parlait, je comparais mes jambes et celles de Maëlle c'est la première fois je crois que je fut touché par le contraste entre la brutalité des miennes musclées et les siennes qui dépassaient d'une jupe courte, la finesse , une peau qui semblait sidouce, l'intérieur de ses cuisses comme du velours, et subitement je me repris sous l'envie de passer ma main délicatement comme je le ferais sur une rose, du bout des doigts, comme pour sentir la couleur et les parfums.

Je ne sais pas pourquoi je ne le fis pas, ni ce qui me retint, il n' y avait rien de malsain, mais ma main était resté sur ma cuisse.

Je sentais aussi qu'elle m'observait, je n'avais jamais non plus connu avant une telle situation, tout ça était nouveau, le silence fut interrompu par mon père qui annonçait notre arrivée .

 

 

 

 

Modifié par PASCOU

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