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Les jeunes et le sexe : cet obscur rejet du désir

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fx. Membre 1 634 messages
Faux positif‚ 46ans
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Les jeunes et le sexe : et si la génération des millennials inventait une autre forme de sexualité ?

Certaines études tendent à démontrer une baisse de l’activité sexuelle chez les jeunes adultes.

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Cet été-là, Hugo avait 17 ans et « tout était facile ». En cette saison où même les choses les plus sérieuses s’habillent d’un voile de légèreté, loin du regard intrusif des parents et de celui, insistant, des amis, il crevait d’envie de faire l’amour. Alors, comme la majorité des jeunes garçons de son âge – et comme ses aînés avant lui –, il « l’a fait ». Sans doute un peu poussé par la sensualité solaire de l’Espagne. Surtout, aidé « par l’alcool », tient-il à préciser, comme si cela expliquait la suite de l’histoire.

Aujourd’hui, Hugo a 20 ans et plus rien ne semble facile. La première expérience sexuelle, qui a marqué son été 2015, n’a pas constitué l’élément déclencheur d’une longue série d’autres. Il a compté : « Pas plus de cinq fois. » Sous les premières chaleurs de mai, installé avec quatre copains de lycée autour d’une table de pique-nique en bord de Loire, près de Nantes (Loire-Atlantique), le jeune homme se livre avec une nonchalance d’adolescent, sans pudeur, comme si ses camarades ne pouvaient qu’abonder en son sens. Ce qu’ils font. Evoquant d’une même voix le fait « de ne plus vraiment être motivé pour ça ».

Troubles du désir sexuel

Si l’âge moyen du premier rapport reste immuable depuis des décennies, plafonnant à 17 ans, plusieurs études américaines mettent en lumière une baisse de l’activité sexuelle chez les millennials, les jeunes adultes nés entre les années 1980 et 2000. La dernière enquête d’envergure, menée auprès de 27 000 personnes par des chercheurs des universités de San Francisco, en Californie, et de Widener, en Pennsylvanie, de 1989 à 2014, révèle que cette génération d’Américains pratique environ 53 rapports sexuels par an, contre 65 pour celle des années 1990.

Un tel constat est-il transposable en France ? Le psychiatre et sexologue Philippe Brenot, directeur des enseignements de sexologie à l’université Paris-Descartes, préfère poser la question différemment : « La sexualité des jeunes adultes a-t-elle changé ? »

Lire aussi :   Les jeunes et le sexe : les codes ont changé

A l’instar de nombreux spécialistes, le psychiatre, auteur d’Une histoire du sexe (Les Arènes BD, 2017), décrit une société où il est « de plus en plus difficile de cultiver le désir sexuel », évoquant pêle-mêle l’évolution du modèle familial, la libération de la parole et l’émergence des nouvelles technologies. Les sexologues ont d’ailleurs donné un nom à cette nouvelle inquiétude libidinale : les « troubles du désir sexuel » (TDS).

Loin d’adopter une posture culpabilisante, il s’agit, selon eux, de reconnaître que l’évolution de la société s’accompagne d’une modification de notre rapport à l’autre, donc de notre désir. Et ce, chez toutes les catégories sociales confondues. « Les habitudes sexuelles sont différentes selon les générations », note Philippe Brenot, évoquant « la sexualité de fécondité » des années 1950, celle « libératrice » des années 1970 ou encore celle, « plus contrainte, des années sida et post-sida ».

Les écrans et le porno

Et aujourd’hui ? « La grande révolution du XXIe siècle, ce sont les écrans, qui reposent sur un principe de passivité, où l’on engloutit ce qu’on nous donne à voir, sans être dans l’action », résume le psychanalyste Michael Stora, cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines.

A la différence de leurs parents, pour qui le premier rapport pouvait constituer une plongée dans l’inconnu, la majorité des millennials s’initient à la sexualité grâce aux images pornographiques, accessibles sur leur smartphone. « Il n’y a pas d’instinct sexuel, la sexualité est totalement apprise, il lui faut donc un modèle », développe Philippe Brenot, selon qui « l’unique référent est désormais le porno ». Et de dire : « Cela n’a évidemment pas seulement modifié la sexualité des jeunes adultes, mais de nous tous. C’est juste que les jeunes adultes n’ont connu que ça. »

« La grande révolution du XXIe siècle, ce sont les écrans, qui reposent sur un principe de passivité, où l’on engloutit ce qu’on nous donne à voir, sans être dans l’action »
Michael Stora, psychanalyste

« C’est notre quotidien », « 100 % des mecs en regardent », « c’est au moins une heure de ma journée », « j’en mate environ une dizaine par jour »… Les témoignages recueillis sur la place du porno sont nombreux, décomplexés et unanimes. Julien [le prénom a été modifié], 22 ans, vivant à Grenoble, avait 10 ans lorsqu’il a regardé son premier film X. Aujourd’hui, notamment avec le développement du porno amateur, l’étudiant en urbanisme en a fait un modèle, « ce vers quoi doit tendre un rapport ». Lui aime fantasmer sur la « “girl next door”, la fille qui pourrait être ta voisine, et qui est en réalité une vraie chaudasse », avoue-t-il, soulignant l’aspect frustrant d’un tel scénario, qui « paraît vrai, mais ne l’est pas ».

Le terme « frustration » revient souvent chez ces jeunes hommes, qui décrivent leur « déception » face au ­ « décalage » entre « ce que l’on voit et ce qui se passe en vrai ». « Dans les films que je regarde, la femme fait tout pour satisfaire le plaisir de l’homme, mais ce n’est pas du tout la réalité », se désole, un peu blasé, Thibault [le prénom a été modifié], 21 ans, qui trouve désormais « fade de se contenter d’un missionnaire ». Juliette, qui a le même âge, a bien remarqué que ses partenaires voulaient « baiser comme dans un porno : fellation, levrette et tirage de cheveux ». Si elle n’a « rien contre », l’étudiante en histoire souhaiterait toutefois « des premières fois plus soft ».

Le « terrorisme de la performance »

Avec les myriades d’images d’appel en interface des sites, la possibilité d’aller directement au passage le plus excitant d’une vidéo ou encore la durée parfois très courte de certaines séquences, le porno divulgue également l’idée d’une sexualité « à la carte », très rapide et très forte. En sus de cette culture de l’instantanéité, « la pornographie véhicule un idéal de performance, qui ajoute une couche de pression à l’acte sexuel, qui en a déjà suffisamment », regrette le psychanalyste Michael Stora. Selon le sexologue Philippe Brenot, ce « terrorisme de la performance » peut mener à une forme d’addiction à un « modèle inatteignable », celui de « l’érection infaillible et du rapport interminable ».

Avec son visage rond qui lui donne un air enfantin, Simon, 19 ans, reconnaît se « mettre la pression », et « être stressé » à l’idée que « ça ne dure pas assez longtemps ». Lui qui « ne le fait pas souvent », quelques fois par an, « l’été surtout », mentionne d’ailleurs qu’il est « presque à chaque fois bourré » quand il a un rapport sexuel, « comme ça, je m’en fous ».

« En vrai, on devient juste insatisfait » Caroline, 23 ans

Cette culture de la performance, que l’on retrouve dans bien d’autres pans de la société française, peut conduire certains à renoncer aux plaisirs charnels, pour rester derrière leurs écrans, développant ainsi une forme d’« autosuffisance sexuelle ». « Maintenant, on peut se taper des queues quand on veut, ça crée moins de frustration, et puis ça permet d’évacuer l’envie quand même », lance Hugo, l’air rigolard, devant ses amis, qui acquiescent.

A la façon des plates-formes pornographiques, les sites de rencontres, qui ont connu un essor fulgurant ces dix dernières années, véhiculent l’idée captieuse que le grand nombre d’inscrits permettra à tout un chacun de trouver « LA personne parfaite » témoignent certains. « En vrai, on devient juste insatisfait », affirme Caroline, 23 ans, qui se décrit comme « plus difficile » depuis qu’elle s’est inscrite sur un site de rencontres en 2017, après une séparation. « Je m’attache aux moindres détails, j’impose mes critères », explique la jeune femme, étudiante en droit à Lille, qui souligne que, en six mois, « malgré les nombreux échanges par message », elle n’a rencontré que deux personnes.

Déception et frustration

« La réalité des sites de rencontres, c’est qu’on reste seul dans sa chambre, à parler à des gens qu’on ne rencontrera pas », confirme Jules [le prénom a été modifié], étudiant parisien de 20 ans. Présentées comme un moyen de multiplier les conquêtes, ces applis mettent en lumière un paradoxe cruel, comme le constate Caroline : « Plus on a de possibilités, plus on est frustrées. » Encore une fois.

A cela s’ajoute une concurrence latente, venant décourager les plus timides, qui se décrivent comme « battus d’avance ». Pour « éviter l’échec et flatter l’ego », Antoine [le prénom a été modifié], un ami d’Hugo, se contente « de tchatter avec des meufs de temps en temps », sans les rencontrer.

« Je ne ramène pas un coup d’un soir chez mes parents, donc ça démotive par avance de savoir qu’on pourra pas finir la nuit ensemble, alors on n’embrasse même plus, on se dit que ça sert à rien »
Antoine, 20 ans

Un scénario qu’il reproduit quand il sort en boîte de nuit, flirtant avec une fille, sans pour autant rentrer accompagné. Cette fois, la raison est plus prosaïque : les millennials sont nombreux à vivre encore chez leurs parents. « Je ne ramène pas un coup d’un soir chez moi, donc ça démotive par avance de savoir qu’on pourra pas finir la nuit ensemble, alors on n’embrasse même plus, on se dit que ça sert à rien », dit le jeune homme de 20 ans, qui se satisfait « d’une baise tous les trois mois, et encore ».

Pour les spécialistes, cette mise en retrait de la vie sexuelle n’est qu’une conséquence d’un désinvestissement plus général de toute relation sentimentale. En témoigne la popularisation du terme « sex friend » pour qualifier ces relations où les partenaires décident d’avoir des rapports sexuels sans s’engager. Depuis trois ans, Pauline et Thomas [les prénoms ont été modifiés] se fréquentent sur ce principe – une à huit fois par mois – rejetant « toutes les contraintes que constitue le couple ».

Photo extraite de la série « First Love ». Le travail de Siân Davey est exposé au Festival du Regard, à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), jusqu’au 8 juillet.

Pour « éviter de tomber amoureux », les deux vingtenaires, qui se sont rencontrés alors qu’ils dirigeaient une colonie de vacances, ont « installé des barrières ». Leurs règles ? « Ne pas trop parler de sa famille ou de son enfance », « se protéger si on a d’autres relations », ou encore « rester discret sur notre histoire ». Le duo assure toutefois qu’après ces années à se côtoyer, ils ont créé une « belle complicité ».

Lire aussi :   « On n’a plus le temps de manquer, donc de désirer »

Alors pourquoi ne pas former un couple ? « Pour pouvoir gérer ma vie comme je veux », répond l’un. « Pour ne pas mettre de frein à ma vie professionnelle », revendique l’autre, précisant que son « emploi du temps ne lui permet pas d’avoir une vie de couple ». Pauline assume ce « désir d’indépendance », voire « cette forme d’égoïsme ». La jeune femme de 24 ans assure que « le sentiment d’amour » ne lui « manque pas ». Elle a bien fait d’autres rencontres, mais s’est heurtée, à chaque fois, « à des façons de penser pas identiques aux  siennes ».

Une vie sous contrôle

D’où vient ce désir d’une vie sous contrôle, où les sentiments et l’altérité sont vécus comme une intrusion, pis, comme un risque ? Pour le psychanalyste Michael Stora, cette vision cartésienne du rapport à l’autre est notamment liée aux « nouvelles formes de parentalité, qui tendent à tout contrôler » : « Ces modèles familiaux engendrent des personnalités narcissiques, des êtres tout-puissants, qui ont un besoin de contrôle absolu pour échapper aux angoisses de séparation et d’abandon. »

« Certains ados qui ont vu leurs parents se déchirer préfèrent séparer le sexe des sentiments pour se donner l’impression de contrôler les ennuis que peut impliquer le couple »
Michael Stora, psychanalyste

Hugo le confie d’ailleurs sans détour : il « ne veu [t] pas tomber amoureux, c’est trop de souffrance ». Au-delà de l’éducation sentimentale qu’ils ont donnée à leurs enfants, les parents des millennials sont nombreux à être séparés, ce qui influence la vie affective de leur progéniture. « Certains ados qui ont vu leurs parents se déchirer préfèrent séparer le sexe des sentiments pour se donner l’impression de contrôler les ennuis que peut impliquer le couple », analyse le psychanalyste.

A l’âge de 19 ans, Sarah [le prénom a été modifié] a eu son premier rapport sexuel avec un garçon dont elle s’est séparée il y a quatre mois, après quatre ans de relation. Si elle considère le fait de tomber amoureux comme un « risque », elle admet que « le risque fait partie de la vie ». L’affaire #metoo, qui a coïncidé avec sa séparation, lui a fait prendre conscience avec une évidence brutale combien elle était ­ « dépossédée de [sa] sexualité par des schémas qu’on [leur] impose, où l’homme décide de tout ». « Comme une forme de transition », elle s’est inscrite récemment sur Tinder, avec la volonté « d’assumer ses désirs ». Surtout, décidée à coucher « peut-être moins » que ses aînés, « mais mieux ».

https://abonnes.lemonde.fr/m-perso/article/2018/06/08/les-jeunes-et-le-sexe-cet-obscur-rejet-du-desir_5311794_4497916.html

 

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fx. Membre 1 634 messages
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DKKRR Membre 143 messages
Forumeur inspiré‚ 28ans
Posté(e)

Eh oui, désormais le sexe n'est plus conçu que comme un fugace moment de plaisir sans suite et sans qu'un quelconque autre sens puisse y être accolé (comme par-exemple, concrétiser une relation qui se veut solide et qui s'envisage sur le long terme dans le but de construire quelque chose et d'évoluer dans sa vie).

Les jeunes n'ont plus le temps. La carrière d'abord. Il ne faut plus de contraintes, le travail passe avant toute chose et la liberté impose désormais de tenter de s'affranchir de toutes les barrières supposées inhérentes à la vie de couple. Chacun doit avoir une liberté totale et ne plus dépendre de rien d'autres que de ses volontés propres (on voit là toute l'illusion à laquelle l'on s'accroche lorsque l'on sait que la modernité crée au contraire de multiples aliénations qui nous contraignent fortement à rentrer dans des cadres qu'on ne perçoit même pas).

A quoi bon apprendre à connaitre quelqu'un, le découvrir en surpassant sa dimension physique, s'établir avec lui avec le souhait que cela soit durable. Désormais seul l'acte sexuel importe. L'autre ne constitue qu'un partenaire éphémère que l'on jettera après utilisation puisque dès que nos pulsions seront suffisamment reconstituées, il suffira d'aller chercher un autre partenaire jetable afin de se satisfaire. Et puis parfois l'on peut le garder un peu plus longtemps avant de l'éjecter et ce dès que le physique plaira un peu moins, que la première mésentente s'annoncera et/ou à la moindre lassitude ou sollicitation extérieure de la part d'un autre mâle ou d'une autre femme mieux constituée (le terme "partenaire" signifie déjà beaucoup de chose et illustre la fugacité, la fragilité de ces relations).

 

Et pour couronner le tout, lorsque le désir se fera d'avoir son enfant, on en fera un grâce au partenaire éjectable puis on jettera le géniteur (et non plus le Père) histoire d'être seule avec son petit jouet.

Certes je force expréssement les traits mais cela me semble indispensable pour caractériser une situation profondément désespérante à mon sens. Parler de mariage, de virginité avant celui-ci, de fidélité (non pas que sexuelle mais aussi en ce qui concerne les regards et les propos) ? Oula mais quelles pensées rétrogrades dignes d'un vieux clerc d'un autre temps. Par la modernité tu vivras désormais et même si cela engendrera tout un tas de nouveaux fléaux sociaux qui t'impacteront, dont tu te plaindras avec véhémence lors même que tu seras un de leurs géniteurs.

Mais ne dit-on pas que Dieu rit de ceux qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes ?

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Crabe_fantome Membre 27 484 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)
Il y a 10 heures, DKKRR a dit :

Eh oui, désormais le sexe n'est plus conçu que comme un fugace moment de plaisir sans suite et sans qu'un quelconque autre sens puisse y être accolé (comme par-exemple, concrétiser une relation qui se veut solide et qui s'envisage sur le long terme dans le but de construire quelque chose et d'évoluer dans sa vie).

Les jeunes n'ont plus le temps. La carrière d'abord. Il ne faut plus de contraintes, le travail passe avant toute chose et la liberté impose désormais de tenter de s'affranchir de toutes les barrières supposées inhérentes à la vie de couple. Chacun doit avoir une liberté totale et ne plus dépendre de rien d'autres que de ses volontés propres (on voit là toute l'illusion à laquelle l'on s'accroche lorsque l'on sait que la modernité crée au contraire de multiples aliénations qui nous contraignent fortement à rentrer dans des cadres qu'on ne perçoit même pas).

A quoi bon apprendre à connaitre quelqu'un, le découvrir en surpassant sa dimension physique, s'établir avec lui avec le souhait que cela soit durable. Désormais seul l'acte sexuel importe. L'autre ne constitue qu'un partenaire éphémère que l'on jettera après utilisation puisque dès que nos pulsions seront suffisamment reconstituées, il suffira d'aller chercher un autre partenaire jetable afin de se satisfaire. Et puis parfois l'on peut le garder un peu plus longtemps avant de l'éjecter et ce dès que le physique plaira un peu moins, que la première mésentente s'annoncera et/ou à la moindre lassitude ou sollicitation extérieure de la part d'un autre mâle ou d'une autre femme mieux constituée (le terme "partenaire" signifie déjà beaucoup de chose et illustre la fugacité, la fragilité de ces relations).

 

Et pour couronner le tout, lorsque le désir se fera d'avoir son enfant, on en fera un grâce au partenaire éjectable puis on jettera le géniteur (et non plus le Père) histoire d'être seule avec son petit jouet.

Certes je force expréssement les traits mais cela me semble indispensable pour caractériser une situation profondément désespérante à mon sens. Parler de mariage, de virginité avant celui-ci, de fidélité (non pas que sexuelle mais aussi en ce qui concerne les regards et les propos) ? Oula mais quelles pensées rétrogrades dignes d'un vieux clerc d'un autre temps. Par la modernité tu vivras désormais et même si cela engendrera tout un tas de nouveaux fléaux sociaux qui t'impacteront, dont tu te plaindras avec véhémence lors même que tu seras un de leurs géniteurs.

Mais ne dit-on pas que Dieu rit de ceux qui déplorent les conséquences dont ils chérissent les causes ?

Je reviens sur le désormais qui laisse croire que c'est récent alors que nos héros de la couette fictifs et réels que sont Don Juan et Casanova plantais déjà une évolution de la sexualité à travers le libertinage. Aujourd'hui ce qu'on va considéré comme grossier, vulgaire, décadent était considéré au XVII et XVIII comme étant grossier, vulgaire et décadent. Rien n'a vraiment changé sinon la facilité à communiquer dessus. Le libertinage étant un état d'esprit plus qu'une évolution de la société on peut légitimement penser que les sociétés ont toujours eut leur libertin, avec plus ou moins de liberté de "jouir".

Je reviens en le faux Jean Baptiste Botul dans son livre "La vie sexuelle d'Emmanuel Kant"core sur le dénigrement du plaisir en tant que plaisir fugace parce que je pense qu'il faut se mettre à la place des autres pour savoir si se mettre en couple, avoir des enfants, un chien et un scenic est le plan de vie de tout le monde. Pourquoi X ou Y refusant ce plan de vie au profit de plaisirs fugaces, fussent ils sexuel ou non d'ailleurs, seraient ils condamné à ne pas évoluer? L'inverse n'est il pas aussi concevable, invoquant Blaise Pascal pour dire que finalement une vie sexuelle intense est aussi chronophage et distrayante qu'une vie de famille. Et de rebondir sur le faux Jean Baptiste Botul dans son livre "la vie sexuelle d'Emmanuel Kant" affirmant que (je cite) "marmites et marmailles" étaient des freins à l'évolution de l'humanité. On peut se demander effectivement où est la place de la philosophie lorsque notre temps libre est occupé à gérer un enfant... Je ne dis pas que c'est le cas, je dis que c'est le même argument que celui qui estime que la recherche du plaisir ne permettrait pas d'évoluer, comme si Epicure n'avait pas laissé un héritage disant précisément le contraire.

 

A quoi bon apprendre à connaitre quelqu'un? Bonne question. Seuls ceux qui veulent s'assurer une sérieuse vie de couple avant même de rencontrer une personne sont enclin à croire qu'il faut connaitre la personne pour se mettre avec. Sauf que nous évoluons tous et qu'on a beau connaitre l'autre part coeur, il ou elle peut décider de partir quand même. Et puis il y a deux écoles pour apprendre à connaitre quelqu'un, celle qui prend du temps, celle qui fait perdre du temps à tout le monde (à moins de prendre un plaisir fugace à vouloir faire connaissance, à se dévoiler): la théorique. Celle où on va se mentir ou arranger la réalité pour briller un peu... Et puis il y a l'empirique, la connaissance de l'autre par l'expérience, par le vécu, celle qui ne ment pas parce que la tentation du sexe n'est plus là, le sexe ayant déjà eut lieu. Au lieu d'apprendre que l'autre adore tremper ses tartines de maroilles dans son café le matin dans un diner aux chandelles, on voit l'autre se faire ses tartines de maroilles dans son café le matin après une bonne nuit de "cochonneries".

 

Enfin l'éviction du père est un classique depuis toujours et même de la mère, l'enfant n'avait jamais été considéré comme un petit dieu domestique avant notre époque. C'est peut être la seule chose qui change: nos préoccupations pour que nos enfants soient le plus protégé ou le plus parfait possible alors qu'avant c'était juste de la main d'oeuvre ou un héritage.

 

 

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pila Membre 10 074 messages
Forumeur alchimiste‚ 58ans
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Dans la "bande" de mon second fils (22-26 ans), les deux-tiers sont désormais en ménage. Ils ont fini leurs études et ont un emploi fixe. Mon fils erre de fille en fille depuis quelques temps. C'est très bref. La première était sale; la seconde est une maitresse femme; d'où rupture. Et hier, une inconnue dormait à la maison. Nous ne sommes pas certains qu'il y ait eu rapprochement physique. Sans doute cuvaient-ils leur vodka !

Je pense que cet article est surtout lié à un désir présent de justifier un salaire.

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querida13 Membre 21 329 messages
forumeuse acharnée‚
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Bref les jeunes rament comme l'ont fait tous les jeunes depuis la nuit de temps et fréquentent la veuve poignet en attendant l'âme sœur.

Seul le support a changé on est passé de la revue ou du catalogue de lingerie à l'écran de l'ordinateur.

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fx. Membre 1 634 messages
Faux positif‚ 46ans
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Sous le radar des études

Seulement, il est probable que nous aussi soyons concernés… mais que nous approchions l’air du temps avec une carte routière périmée. Ce misérabilisme teinté de pitié ne vous est-il pas familier ? Allons, un peu de mémoire : il y a quelques années à peine, la génération 68 qualifiait sa propre progéniture de (rayez les mentions inutiles) génération « sacrifiée », « sida », ­ « latex » ou même « bof ». La vie sexuelle de ces jeunes-là, supposément anxiogène, a pourtant survécu – suffisamment bien, d’ailleurs, pour qu’on s’en serve de référence au moment de se moquer des millennials.

Pendant que la « chape de plastique » recouvrait les adolescents des années 1980, ces derniers en auront profité pour réinventer les sex-toys et libéraliser des pratiques érotiques dépassant la simple pénétration de papa-dans-maman (ou plutôt, pour ne pas blesser la fierté subversive de nos ancêtres, papa-dans-maman-avec-une-lampe-à-lave-et-des-copains).

Parce que nous ne comprenons pas la sexualité de la nouvelle génération, nous supposons qu’elle n’existe pas.

Nous refaisons la même erreur : parce que nous ne comprenons pas la sexualité de la nouvelle génération, nous supposons qu’elle n’existe pas. Nos scientifiques posent les mauvaises questions, qui suscitent de mauvais commentaires, appartenant à un paradigme dépassé. L’évolution était pourtant prévisible : les années 1960-1970 ont déconnecté la sexualité de la procréation… tout en conservant des techniques sexuelles liées à la reproduction. Pour quoi faire, au juste ? La sexualité contemporaine s’affranchit de cette conception mammifère, dinosaurienne, d’opérer. Ce faisant, elle passe sous le radar de la recherche.

Un répertoire sexuel plus large

Quelques chiffres, révélateurs : le nombre de 16-24 ans ayant déjà expérimenté le trio vaginal-oral-anal a doublé ces vingt dernières années (Journal of Adolescent Health, 2017, Angleterre). C’est-à-dire que leur répertoire sexuel est plus large que celui des générations précédentes. Ils sont trois fois plus enclins que les quinquagénaires à envoyer des photos dénudées, pratiquent deux fois plus de sexting, font deux fois plus l’amour virtuellement. En outre, 19 % des jeunes hommes apprécient l’idée de se lancer dans un strip-tease en ligne (IFOP, 2014) ; l’âge moyen du premier visionnage pornographique est de 14 ans, la moitié des 15-17 ans savent donc ce qu’est le gaping (ne cherchez pas) (IFOP, 2017) ; au cours des vingt-cinq dernières années, le nombre de Français ayant utilisé des sex-toys a été multiplié par sept, et ce sont les 25-35 ans qui tirent la locomotive (IFOP, 2017).

Que peut-on qualifier de « sexe » ? Où commence et finit le rapport sexuel ? Une peau est-elle nécessaire ? Quid des fantasmes, des projections imaginaires ?

Ces données posent une question essentielle : que peut-on qualifier de « sexe » ? Où commence et finit le rapport sexuel ? Une peau est-elle nécessaire ? Quid des fantasmes, des projections imaginaires ? Faut-il plus d’une personne et, le cas échéant, qu’elles se trouvent dans la même pièce ? Si on tombe amoureux d’une application interactive qui répond à nos traits d’humour, si un godemiché nous donne des orgasmes incroyables, cette relation-là est-elle objectivement moins légitime et excitante qu’un missionnaire ? Sucer une sex doll, c’est tromper ?

La situation est d’autant plus savoureuse que nous autres grands anciens sommes les premiers à nous plaindre qu’« à un moment on a fait le tour de la question » (l’auteure de ces lignes aimerait avoir touché un euro pour chaque itération de cette phrase, afin de pouvoir terminer son article depuis les Bahamas). Entre deux visites en thérapie de couple (« je ne comprends pas, je n’ai plus de désir »), nous gobons du Viagra comme des cacahuètes. De quelle position privilégiée exactement imposons-nous cette sexualité interpersonnelle ultrarestrictive, qui nous ennuie, à une génération occupée à déconstruire le genre, à défricher le polyamour, à inventer des plaisirs cyborgs, à réactualiser la correspondance érotique et à célébrer le queer ?

https://abonnes.lemonde.fr/m-perso/article/2018/06/08/les-jeunes-et-le-sexe-les-codes-ont-change_5311790_4497916.html

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Naluue Membre 445 messages
Forumeur survitaminé‚ 16ans
Posté(e)
Il y a 13 heures, DKKRR a dit :

A quoi bon apprendre à connaitre quelqu'un, le découvrir en surpassant sa dimension physique, s'établir avec lui avec le souhait que cela soit durable. Désormais seul l'acte sexuel importe.

Parler de mariage, de virginité avant celui-ci, de fidélité (non pas que sexuelle mais aussi en ce qui concerne les regards et les propos) ? Oula mais quelles pensées rétrogrades dignes d'un vieux clerc d'un autre temps. Par la modernité tu vivras désormais et même si cela engendrera tout un tas de nouveaux fléaux sociaux qui t'impacteront, dont tu te plaindras avec véhémence lors même que tu seras un de leurs géniteurs.

 

C'est tellement réducteur de nous résumer à ça que j'en perds mes mots.

Maintenant que tu le dis je ne suis qu'une bête de sexe comme absolument tous les jeunes que je côtoie. Trop peu pour moi les relations humaines, à quoi bon apprendre à connaître une personne qu'on aime ? C'est vieux jeu voyons... Ce ne sont que des jouets n'est-ce-pas ? La jeunesse de nos jours et dépourvue d'âme et d'empathie donc ? 

Mariage, virginité... Ce n'est pas tant pour suivre une mode que les gens font abstraction de cela puisque jusqu'à preuve du contraire, religieux ou non "virginité jusqu'au mariage" était aussi une mode, argument invalide. 

Cette "mode" religieuse était utile au tant où les contraceptifs et l'avortement étaient inexistants, donc mieux valait se préserver, mais maintenant je crois que l'on devrait arrêter de faire une montagne de la virginité qui n'est rien de plus qu'une première fois parmi tant d'autres. Sans compter qu'une femme vierge n'est pas plus pure qu'une femme ayant accouchée à plusieurs reprises, faut arrêter avec ces idées stupides. Le sexe est un moment de partage avec une autre personne, tant que les deux sont consentants, le fait qu'ils se connaissent bien ou non ne regarde personne. 

Donc arrêtons d'imposer nos idéologies et faisons nos vies sans juger ce que nous ne connaissons ou ne comprenons pas, parce que clairement l'avis des autres reste un nuage inutile à l'horizon.

 

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brooder Membre 659 messages
Forumeur forcené‚ 52ans
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A mon époque (80), je "jeu" était de savoir si l'on avait la "doc" pour "pécho". C'était toujours un "jeu" de ringard ...

Pourquoi ? parce que ce n'est pas un jeu car il n'y a pas de règle en la matière. A chaque fois et pour chacun c'est toujours "la première" fois, l'age seul sait nous mettre à l'abri des colibets et ne pas y laisser sa chemise.

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hell-spawn Membre 186 messages
Forumeur inspiré‚ 149ans
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Articles interessants.

 

Il y a un concept que je n'aime pas du tout la dedans: sex-friend

Je trouve ça trés malsain et dangereux d'essayer de mélanger l'amitié et le sexe.

 

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Crabe_fantome Membre 27 484 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
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il y a 25 minutes, hell-spawn a dit :

Articles interessants.

 

Il y a un concept que je n'aime pas du tout la dedans: sex-friend

Je trouve ça trés malsain et dangereux d'essayer de mélanger l'amitié et le sexe.

 

Imagine que tu dises à une amie "le weekend dernier je suis allé à Budapest avec une fille que je ne connaissais pas, on s'est envoyé en l'air comme des fous"... elle te répondra qu'elle est heureuse pour toi... Imagine maintenant que tu dises ça à ta femme et t'es bon pour un bourre pif. Pourquoi? Parce que c'est la relation amoureuse qui est malsaine et dangereuse. 

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hell-spawn Membre 186 messages
Forumeur inspiré‚ 149ans
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il y a 1 minute, Crabe_fantome a dit :

Imagine que tu dises à une amie "le weekend dernier je suis allé à Budapest avec une fille que je ne connaissais pas, on s'est envoyé en l'air comme des fous"... elle te répondra qu'elle est heureuse pour toi... Imagine maintenant que tu dises ça à ta femme et t'es bon pour un bourre pif. Pourquoi? Parce que c'est la relation amoureuse qui est malsaine et dangereuse. 

C'est une façon de voir qui t'est propre, mais es tu vraiment sincère ? 

Tu aimes bien choquer pour attirer l'attention sur toi ( a mon avis ) ou alors tu es un gars sensible, dans le fond, qui cherche a extirper toute sa sentimentalité.

 

La baise, moi je veux bien que les gens se contentent de cela, il n'y a aucun investissement la dedans, c'est seulement 2 ventres ou une paire de tripes qui se frottent et se séparent.

Mais si tu es un adepte de l'absurde, je conçois que l'on puisse l'oublier le temps que dure une jouissance.

 

 

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Crabe_fantome Membre 27 484 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
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il y a 15 minutes, hell-spawn a dit :

C'est une façon de voir qui t'est propre, mais es tu vraiment sincère ? 

Tu aimes bien choquer pour attirer l'attention sur toi ( a mon avis ) ou alors tu es un gars sensible, dans le fond, qui cherche a extirper toute sa sentimentalité.

 

La baise, moi je veux bien que les gens se contentent de cela, il n'y a aucun investissement la dedans, c'est seulement 2 ventres ou une paire de tripes qui se frottent et se séparent.

Mais si tu es un adepte de l'absurde, je conçois que l'on puisse l'oublier le temps que dure une jouissance.

 

 

Je suis surtout un mec pragmatique. Tu estimes que la relation sex friend est malsaine et dangereuse et je te démontre que non seulement la relation sex friend, sans jalousie, n'est pas dangereuse, mais je te démontre qu'une relation amoureuse traditionnelle implique de la jalousie et donc une part de malsain et de danger. J'en profite aussi pour démontrer que l'amour est conditionnel et que si tu es amené à faire quelque chose qui déplait à l'autre, tu seras abimé et/ou éjecté.

 

Une relation sex friend n'implique pas de passer son temps à s'envoyer en l'air, c'est une relation où on est libre d'être qui on est et de dire ce qu'on veut parce que l'autre ne nous jugera pas. Est ce que tu peux dire à ton épouse que tu te serais bien envoyé sa cousine? Et non... 

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hell-spawn Membre 186 messages
Forumeur inspiré‚ 149ans
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il y a 1 minute, Crabe_fantome a dit :

Je suis surtout un mec pragmatique. Tu estimes que la relation sex friend est malsaine et dangereuse et je te démontre que non seulement la relation sex friend, sans jalousie, n'est pas dangereuse, mais je te démontre qu'une relation amoureuse traditionnelle implique de la jalousie et donc une part de malsain et de danger. J'en profite aussi pour démontrer que l'amour est conditionnel et que si tu es amené à faire quelque chose qui déplait à l'autre, tu seras abimé et/ou éjecté.

 

Une relation sex friend n'implique pas de passer son temps à s'envoyer en l'air, c'est une relation où on est libre d'être qui on est et de dire ce qu'on veut parce que l'autre ne nous jugera pas. Est ce que tu peux dire à ton épouse que tu te serais bien envoyé sa cousine? Et non... 

Tu ne démontres rien du tout, un peu de modestie STP.

Entre l'amitié et l'intimité partagée il doit toujours y avoir une frontière, celle du physique .

L'intimité physique est réservée a l'amour, non a l'amitié, ou alors a la simple satisfaction des instincts animaux.

Le pragmatisme en matière de rapport humain, quelle horreur !

Pourquoi a t-on une conscience, pourquoi a t-on besoin d'échanger ?

 

Mais je peux tout de meme concevoir une relation sex-friend dans le cas de personnes très agées ou revenues de tout, qui finalement se disent:  "il n'y a que le cul d'intéressant dans la vie"

 

 

 

 

 

 

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PASCOU Membre 24 264 messages
Forumeur alchimiste‚
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Il y a 20 heures, fx. a dit :

Les jeunes et le sexe : et si la génération des millennials inventait une autre forme de sexualité ?

Certaines études tendent à démontrer une baisse de l’activité sexuelle chez les jeunes adultes.

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Cet été-là, Hugo avait 17 ans et « tout était facile ». En cette saison où même les choses les plus sérieuses s’habillent d’un voile de légèreté, loin du regard intrusif des parents et de celui, insistant, des amis, il crevait d’envie de faire l’amour. Alors, comme la majorité des jeunes garçons de son âge – et comme ses aînés avant lui –, il « l’a fait ». Sans doute un peu poussé par la sensualité solaire de l’Espagne. Surtout, aidé « par l’alcool », tient-il à préciser, comme si cela expliquait la suite de l’histoire.

Aujourd’hui, Hugo a 20 ans et plus rien ne semble facile. La première expérience sexuelle, qui a marqué son été 2015, n’a pas constitué l’élément déclencheur d’une longue série d’autres. Il a compté : « Pas plus de cinq fois. » Sous les premières chaleurs de mai, installé avec quatre copains de lycée autour d’une table de pique-nique en bord de Loire, près de Nantes (Loire-Atlantique), le jeune homme se livre avec une nonchalance d’adolescent, sans pudeur, comme si ses camarades ne pouvaient qu’abonder en son sens. Ce qu’ils font. Evoquant d’une même voix le fait « de ne plus vraiment être motivé pour ça ».

Troubles du désir sexuel

Si l’âge moyen du premier rapport reste immuable depuis des décennies, plafonnant à 17 ans, plusieurs études américaines mettent en lumière une baisse de l’activité sexuelle chez les millennials, les jeunes adultes nés entre les années 1980 et 2000. La dernière enquête d’envergure, menée auprès de 27 000 personnes par des chercheurs des universités de San Francisco, en Californie, et de Widener, en Pennsylvanie, de 1989 à 2014, révèle que cette génération d’Américains pratique environ 53 rapports sexuels par an, contre 65 pour celle des années 1990.

Un tel constat est-il transposable en France ? Le psychiatre et sexologue Philippe Brenot, directeur des enseignements de sexologie à l’université Paris-Descartes, préfère poser la question différemment : « La sexualité des jeunes adultes a-t-elle changé ? »

Lire aussi :   Les jeunes et le sexe : les codes ont changé

A l’instar de nombreux spécialistes, le psychiatre, auteur d’Une histoire du sexe (Les Arènes BD, 2017), décrit une société où il est « de plus en plus difficile de cultiver le désir sexuel », évoquant pêle-mêle l’évolution du modèle familial, la libération de la parole et l’émergence des nouvelles technologies. Les sexologues ont d’ailleurs donné un nom à cette nouvelle inquiétude libidinale : les « troubles du désir sexuel » (TDS).

Loin d’adopter une posture culpabilisante, il s’agit, selon eux, de reconnaître que l’évolution de la société s’accompagne d’une modification de notre rapport à l’autre, donc de notre désir. Et ce, chez toutes les catégories sociales confondues. « Les habitudes sexuelles sont différentes selon les générations », note Philippe Brenot, évoquant « la sexualité de fécondité » des années 1950, celle « libératrice » des années 1970 ou encore celle, « plus contrainte, des années sida et post-sida ».

Les écrans et le porno

Et aujourd’hui ? « La grande révolution du XXIe siècle, ce sont les écrans, qui reposent sur un principe de passivité, où l’on engloutit ce qu’on nous donne à voir, sans être dans l’action », résume le psychanalyste Michael Stora, cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines.

A la différence de leurs parents, pour qui le premier rapport pouvait constituer une plongée dans l’inconnu, la majorité des millennials s’initient à la sexualité grâce aux images pornographiques, accessibles sur leur smartphone. « Il n’y a pas d’instinct sexuel, la sexualité est totalement apprise, il lui faut donc un modèle », développe Philippe Brenot, selon qui « l’unique référent est désormais le porno ». Et de dire : « Cela n’a évidemment pas seulement modifié la sexualité des jeunes adultes, mais de nous tous. C’est juste que les jeunes adultes n’ont connu que ça. »

« La grande révolution du XXIe siècle, ce sont les écrans, qui reposent sur un principe de passivité, où l’on engloutit ce qu’on nous donne à voir, sans être dans l’action »
Michael Stora, psychanalyste

« C’est notre quotidien », « 100 % des mecs en regardent », « c’est au moins une heure de ma journée », « j’en mate environ une dizaine par jour »… Les témoignages recueillis sur la place du porno sont nombreux, décomplexés et unanimes. Julien [le prénom a été modifié], 22 ans, vivant à Grenoble, avait 10 ans lorsqu’il a regardé son premier film X. Aujourd’hui, notamment avec le développement du porno amateur, l’étudiant en urbanisme en a fait un modèle, « ce vers quoi doit tendre un rapport ». Lui aime fantasmer sur la « “girl next door”, la fille qui pourrait être ta voisine, et qui est en réalité une vraie chaudasse », avoue-t-il, soulignant l’aspect frustrant d’un tel scénario, qui « paraît vrai, mais ne l’est pas ».

Le terme « frustration » revient souvent chez ces jeunes hommes, qui décrivent leur « déception » face au ­ « décalage » entre « ce que l’on voit et ce qui se passe en vrai ». « Dans les films que je regarde, la femme fait tout pour satisfaire le plaisir de l’homme, mais ce n’est pas du tout la réalité », se désole, un peu blasé, Thibault [le prénom a été modifié], 21 ans, qui trouve désormais « fade de se contenter d’un missionnaire ». Juliette, qui a le même âge, a bien remarqué que ses partenaires voulaient « baiser comme dans un porno : fellation, levrette et tirage de cheveux ». Si elle n’a « rien contre », l’étudiante en histoire souhaiterait toutefois « des premières fois plus soft ».

Le « terrorisme de la performance »

Avec les myriades d’images d’appel en interface des sites, la possibilité d’aller directement au passage le plus excitant d’une vidéo ou encore la durée parfois très courte de certaines séquences, le porno divulgue également l’idée d’une sexualité « à la carte », très rapide et très forte. En sus de cette culture de l’instantanéité, « la pornographie véhicule un idéal de performance, qui ajoute une couche de pression à l’acte sexuel, qui en a déjà suffisamment », regrette le psychanalyste Michael Stora. Selon le sexologue Philippe Brenot, ce « terrorisme de la performance » peut mener à une forme d’addiction à un « modèle inatteignable », celui de « l’érection infaillible et du rapport interminable ».

Avec son visage rond qui lui donne un air enfantin, Simon, 19 ans, reconnaît se « mettre la pression », et « être stressé » à l’idée que « ça ne dure pas assez longtemps ». Lui qui « ne le fait pas souvent », quelques fois par an, « l’été surtout », mentionne d’ailleurs qu’il est « presque à chaque fois bourré » quand il a un rapport sexuel, « comme ça, je m’en fous ».

« En vrai, on devient juste insatisfait » Caroline, 23 ans

Cette culture de la performance, que l’on retrouve dans bien d’autres pans de la société française, peut conduire certains à renoncer aux plaisirs charnels, pour rester derrière leurs écrans, développant ainsi une forme d’« autosuffisance sexuelle ». « Maintenant, on peut se taper des queues quand on veut, ça crée moins de frustration, et puis ça permet d’évacuer l’envie quand même », lance Hugo, l’air rigolard, devant ses amis, qui acquiescent.

A la façon des plates-formes pornographiques, les sites de rencontres, qui ont connu un essor fulgurant ces dix dernières années, véhiculent l’idée captieuse que le grand nombre d’inscrits permettra à tout un chacun de trouver « LA personne parfaite » témoignent certains. « En vrai, on devient juste insatisfait », affirme Caroline, 23 ans, qui se décrit comme « plus difficile » depuis qu’elle s’est inscrite sur un site de rencontres en 2017, après une séparation. « Je m’attache aux moindres détails, j’impose mes critères », explique la jeune femme, étudiante en droit à Lille, qui souligne que, en six mois, « malgré les nombreux échanges par message », elle n’a rencontré que deux personnes.

Déception et frustration

« La réalité des sites de rencontres, c’est qu’on reste seul dans sa chambre, à parler à des gens qu’on ne rencontrera pas », confirme Jules [le prénom a été modifié], étudiant parisien de 20 ans. Présentées comme un moyen de multiplier les conquêtes, ces applis mettent en lumière un paradoxe cruel, comme le constate Caroline : « Plus on a de possibilités, plus on est frustrées. » Encore une fois.

A cela s’ajoute une concurrence latente, venant décourager les plus timides, qui se décrivent comme « battus d’avance ». Pour « éviter l’échec et flatter l’ego », Antoine [le prénom a été modifié], un ami d’Hugo, se contente « de tchatter avec des meufs de temps en temps », sans les rencontrer.

« Je ne ramène pas un coup d’un soir chez mes parents, donc ça démotive par avance de savoir qu’on pourra pas finir la nuit ensemble, alors on n’embrasse même plus, on se dit que ça sert à rien »
Antoine, 20 ans

Un scénario qu’il reproduit quand il sort en boîte de nuit, flirtant avec une fille, sans pour autant rentrer accompagné. Cette fois, la raison est plus prosaïque : les millennials sont nombreux à vivre encore chez leurs parents. « Je ne ramène pas un coup d’un soir chez moi, donc ça démotive par avance de savoir qu’on pourra pas finir la nuit ensemble, alors on n’embrasse même plus, on se dit que ça sert à rien », dit le jeune homme de 20 ans, qui se satisfait « d’une baise tous les trois mois, et encore ».

Pour les spécialistes, cette mise en retrait de la vie sexuelle n’est qu’une conséquence d’un désinvestissement plus général de toute relation sentimentale. En témoigne la popularisation du terme « sex friend » pour qualifier ces relations où les partenaires décident d’avoir des rapports sexuels sans s’engager. Depuis trois ans, Pauline et Thomas [les prénoms ont été modifiés] se fréquentent sur ce principe – une à huit fois par mois – rejetant « toutes les contraintes que constitue le couple ».

Photo extraite de la série « First Love ». Le travail de Siân Davey est exposé au Festival du Regard, à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), jusqu’au 8 juillet.

Pour « éviter de tomber amoureux », les deux vingtenaires, qui se sont rencontrés alors qu’ils dirigeaient une colonie de vacances, ont « installé des barrières ». Leurs règles ? « Ne pas trop parler de sa famille ou de son enfance », « se protéger si on a d’autres relations », ou encore « rester discret sur notre histoire ». Le duo assure toutefois qu’après ces années à se côtoyer, ils ont créé une « belle complicité ».

Lire aussi :   « On n’a plus le temps de manquer, donc de désirer »

Alors pourquoi ne pas former un couple ? « Pour pouvoir gérer ma vie comme je veux », répond l’un. « Pour ne pas mettre de frein à ma vie professionnelle », revendique l’autre, précisant que son « emploi du temps ne lui permet pas d’avoir une vie de couple ». Pauline assume ce « désir d’indépendance », voire « cette forme d’égoïsme ». La jeune femme de 24 ans assure que « le sentiment d’amour » ne lui « manque pas ». Elle a bien fait d’autres rencontres, mais s’est heurtée, à chaque fois, « à des façons de penser pas identiques aux  siennes ».

Une vie sous contrôle

D’où vient ce désir d’une vie sous contrôle, où les sentiments et l’altérité sont vécus comme une intrusion, pis, comme un risque ? Pour le psychanalyste Michael Stora, cette vision cartésienne du rapport à l’autre est notamment liée aux « nouvelles formes de parentalité, qui tendent à tout contrôler » : « Ces modèles familiaux engendrent des personnalités narcissiques, des êtres tout-puissants, qui ont un besoin de contrôle absolu pour échapper aux angoisses de séparation et d’abandon. »

« Certains ados qui ont vu leurs parents se déchirer préfèrent séparer le sexe des sentiments pour se donner l’impression de contrôler les ennuis que peut impliquer le couple »
Michael Stora, psychanalyste

Hugo le confie d’ailleurs sans détour : il « ne veu [t] pas tomber amoureux, c’est trop de souffrance ». Au-delà de l’éducation sentimentale qu’ils ont donnée à leurs enfants, les parents des millennials sont nombreux à être séparés, ce qui influence la vie affective de leur progéniture. « Certains ados qui ont vu leurs parents se déchirer préfèrent séparer le sexe des sentiments pour se donner l’impression de contrôler les ennuis que peut impliquer le couple », analyse le psychanalyste.

A l’âge de 19 ans, Sarah [le prénom a été modifié] a eu son premier rapport sexuel avec un garçon dont elle s’est séparée il y a quatre mois, après quatre ans de relation. Si elle considère le fait de tomber amoureux comme un « risque », elle admet que « le risque fait partie de la vie ». L’affaire #metoo, qui a coïncidé avec sa séparation, lui a fait prendre conscience avec une évidence brutale combien elle était ­ « dépossédée de [sa] sexualité par des schémas qu’on [leur] impose, où l’homme décide de tout ». « Comme une forme de transition », elle s’est inscrite récemment sur Tinder, avec la volonté « d’assumer ses désirs ». Surtout, décidée à coucher « peut-être moins » que ses aînés, « mais mieux ».

https://abonnes.lemonde.fr/m-perso/article/2018/06/08/les-jeunes-et-le-sexe-cet-obscur-rejet-du-desir_5311794_4497916.html

 

On prône  l'homosexualité partout .

Une relation?

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Crabe_fantome Membre 27 484 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)
il y a 12 minutes, hell-spawn a dit :

Tu ne démontres rien du tout, un peu de modestie STP.

Entre l'amitié et l'intimité partagée il doit toujours y avoir une frontière, celle du physique .

L'intimité physique est réservée a l'amour, non a l'amitié, ou alors a la simple satisfaction des instincts animaux.

Le pragmatisme en matière de rapport humain, quelle horreur !

Pourquoi a t-on une conscience, pourquoi a t-on besoin d'échanger ?

 

Mais je peux tout de meme concevoir une relation sex-friend dans le cas de personnes très agées ou revenues de tout, qui finalement se disent:  "il n'y a que le cul d'intéressant dans la vie"

 

 

Ce n'est que depuis peu que des gens ont décidé que l'intimité physique devait être réservé à un amour exclusif. La norme pendant des millénaires était d'avoir des rapports intimes avec la personne que la famille ou le village lui avait réservé. Le mariage d'amour n'a pas 2 siècles dans notre Histoire, en France du moins et dans sa version démocratisé, je passe sur les délires de ces rares rois qui décidaient d'épouser x plutôt que y, comme Henry VIII, et qui faisait décapiter ses femmes accessoirement.

 

Reste que les sentiments c'est comme les chaussures: à chacun son style et son confort. Mon propos consiste juste à te faire marcher un peu dans les chaussures des autres avant d'affirmer que telle ou telle forme de relation est dangereuse. 

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Crabe_fantome Membre 27 484 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)
il y a 20 minutes, PASCOU a dit :

On prône  l'homosexualité partout .

Une relation?

Oui c'est pour équilibrer parce qu'on a trop prôné l'hétérosexualité pendant des siècles et du coup y a trop d'hétéro. On encourage naturellement les gens à devenir homo avec ces 2 DVD notamment: "comment renoncer à la bite alors qu'on adore ça "pour les filles et le célèbre "finalement la sodo c'est pas si mal que ça" pour les garçons, nous incitant à nous faire enfiler. Alors je sais bien que sur les sites identitaires le gouvernement est montré du doigt pour avoir tenté de lesbieniser des filles de 8 mois en les nourrissant exclusivement d'abricot, mais en réalité les fillettes avait 18 mois et on avait enlevé les noyaux. 

Modifié par Crabe_fantome

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cubes2 Membre 574 messages
Forumeur forcené‚ 48ans
Posté(e)
Le 11/06/2018 à 19:36, PASCOU a dit :

On prône  l'homosexualité partout .

Une relation?

Prôné ?  Lol, je n'irais pas jusque là pascou mais c'est vrai que l'homosexualité ne se cache plus. Enfin, moins..

Toujours est t'il qu'effectivement, les homos en général ont toujours eu un rapport au sexe,  au porno et aux différends types de relations (couples libres, trouples,  sex friends) beaucoup plus facile. Parce qu'entre hommes ou femmes les attentes sont mieux comprises ? Parceque du temps de la clandestinité, il fallait faire preuve dimagination ? Un peu des deux je pense.

Il semblerait que les millenials tendent à suivre ce mode de vie mais est ce par l'exemple donné par les homos ou par leurs aînés dont la parole est plus libérée aussi de nos jours ? 

Modifié par cubes2
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jacky29 Membre 5 873 messages
Forumeur alchimiste‚ 64ans
Posté(e)
Le 11 juin 2018 à 19:12, Crabe_fantome a dit :

Je suis surtout un mec pragmatique. Tu estimes que la relation sex friend est malsaine et dangereuse et je te démontre que non seulement la relation sex friend, sans jalousie, n'est pas dangereuse, mais je te démontre qu'une relation amoureuse traditionnelle implique de la jalousie et donc une part de malsain et de danger. J'en profite aussi pour démontrer que l'amour est conditionnel et que si tu es amené à faire quelque chose qui déplait à l'autre, tu seras abimé et/ou éjecté.

d'accord avec toi, crabe! mieux vaut jouir paisiblement avec un ou une durant une rencontre même brève, une journée ou quelques jours, cela ne fait de mal à personne et c'est gratifiant pour les partenaires! il n'y a pas de jalousie, pas de rapport de force ni de jeu biaisé... que du bonheur tranquillou! et in fine du respect pour les deux. 

 

Une relation sex friend n'implique pas de passer son temps à s'envoyer en l'air, c'est une relation où on est libre d'être qui on est et de dire ce qu'on veut parce que l'autre ne nous jugera pas. Est ce que tu peux dire à ton épouse que tu te serais bien envoyé sa cousine? Et non... 

eh oui! bref, tranquillou!

 

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fx. Membre 1 634 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)

Je plains ces gens qui sont incapables de s'interroger sur la précarité étendue aux sentiments que nous avons légué aux générations suivantes, quels beaux progrès du libéralisme et du consumérisme appliqués à l'amour que voilà.

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