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En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté »

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fx. Membre 961 messages
Forumeur accro‚ 46ans
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Le rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département, qui sera présenté à l’Assemblée le 31 mai, dresse un tableau sévère.

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C’est la destination préférée des politiques. La Seine-Saint-Denis bat tous les records de fréquentation : pas moins de 2 700 visites officielles en un peu plus d’une décennie, dont celle d’Emmanuel Macron, qui avait choisi d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle à Bobigny, en novembre 2016.

C’est ici, dans ce département situé aux portes de Paris, qu’élus, législateurs, hauts fonctionnaires et ministres se bousculent pour lancer petits et grands dispositifs destinés à « réduire les fractures » et dire à la nation toute l’attention qu’ils portent aux « territoires urbains fragiles ». Une surenchère d’annonces qui entretient le fantasme d’un déploiement constant de moyens exorbitants, le tout sans résultats.

Ce sont ces idées reçues que dénoncent et déconstruisent les députés François Cornut-Gentille (Les Républicains, Haute-Marne) et Rodrigue Kokouendo (La République en marche, Seine-et-Marne). Alors que le chef de l’Etat doit s’exprimer sur la banlieue mardi 22 mai, un rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département, qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 31 mai, dresse le portrait de « la République en échec » (c’est le titre) et pointent du doigt les failles de l’Etat, à la fois « inégalitaire et inadapté » (c’est leur sous-titre), tout en soulignant le « paradoxe » du 9-3.

Si le département attire de nombreux sièges d’entreprises, figure à la troisième place des plus gros contributeurs nationaux à la TVA et jouit d’une situation géographique que beaucoup lui envient, il concentre aussi toutes les difficultés : ses habitants sont les plus pauvres de la France métropolitaine, son taux de chômage est le plus importrant de la région Île-de-France et sa criminalité, la plus élevée de l’Hexagone.

« Taux de turnover particulièrement élevés »

En Seine-Saint-Denis, il y a moins de tout. Moins de policiers, moins d’enseignants, de greffiers, de magistrats, de médecins scolaires… « Des sous-effectifs injustifiables à mission égale », écrivent les rapporteurs. La direction territoriale de la sécurité publique, par exemple, enregistre une insuffisance chronique d’enquêteurs : les officiers de police judiciaire (OPJ) représentent 9,4 % des effectifs, contre 16,9 % à Paris, 12,4 % dans les Hauts-de-Seine et 15,2 % dans le Val-de-Marne.

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Par ailleurs, qu’il s’agisse des enseignants, des magistrats ou des policiers, « l’absence de véritable stratégie des ressources humaines (…) a fait de la Seine-Saint-Denis une école de formation bis pour les fonctionnaires stagiaires ou débutants », souligne le rapport.

Les plus inexpérimentés – les « sortis d’école » – sont envoyés faire leurs classes dans les territoires les plus difficiles, en somme. Et les montants des primes spécifiques proposées sont trop dérisoires pour avoir un réel impact sur l’attractivité des postes à pourvoir auprès des plus anciens.

Une situation d’autant plus pénalisante (et moins coûteuse) que les taux de turnover sont particulièrement élevés, tout comme ceux relatifs à l’absentéisme. En effet, la difficulté des missions se traduit par des absences répétées – notamment par des arrêts maladie – souvent non remplacées. Le temps scolaire s’en trouve durement touché tout comme le « temps très long de la justice », selon l’expression d’Olivier Klein, maire (Parti socialiste) de Clichy-sous-Bois et président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, auditionné par les rapporteurs.

Rupture d’égalité républicaine

Ainsi, au pire de la pénurie de personnel au tribunal d’instance d’Aubervilliers, le délai d’audiencement était porté à douze mois, contre deux mois à Paris. Autre exemple, illustré notamment par les recherches du sociologue Benjamin Moignard : cité dans l’étude, il indique que « le moins bien doté des établissements scolaires parisiens reste mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis ».

Lire aussi :   Portrait de la Seine-Saint-Denis, vue depuis la nationale 2

Ce rapport révèle une rupture d’égalité républicaine et décrit une mécanique dans laquelle les politiques spécifiques aux quartiers prioritaires sont mises en avant… alors même que les politiques de droit commun ne sont pas respectées et sont bien en deçà de celles mises en place dans le reste du pays. « Nous sommes tous d’accord sur le constat, quelles que soient nos étiquettes politiques », commente Stéphane Peu, député (Parti communiste) du département, qui a fait partie du groupe de travail de la mission d’évaluation et salue la « convergence du discours » des participants.

Pour autant, souligne le rapport, l’ajustement des effectifs et des moyens ne suffirait pas à venir à bout des difficultés. Encore faudrait-il que l’Etat ait une connaissance fine du territoire et de ses habitants, ce qui n’est pas le cas, selon les rapporteurs. Ils estiment ainsi que l’éducation nationale ignore tout du niveau réel des élèves de Seine-Saint-Denis ou encore qu’il est impossible de connaître le nombre d’étrangers en situation irrégulière présents dans le département – entre 150 000 et 400 000.

Lire aussi :   Sur la faillite de l’Etat en Seine-Saint-Denis, retrouvez tous nos articles :

« Sans informations précises, comment la réponse pourrait-elle être adaptée ? », s’interroge François Cornut-Gentille. Les députés proposent également de repenser les outils d’action et de donner au Parlement un rôle de contrôle et d’évaluation des politiques publiques. « On est confronté à des phénomènes nouveaux que l’on regarde avec les lunettes de nos grands-mères », conclut le député de la Haute-Marne.

Quelques chiffres

Police
Moins d’un policier pour 400 habitants, c’est le ratio qu’atteignent des communes de Seine-Saint-Denis comme Bondy et Stains alors qu’elles ont un taux de délinquance (nombre de faits constatés pour 1 000 habitants) supérieur à 100 ‰. Au contraire, avec une délinquance de 70 ‰ à 80 ‰, des villes comme Etampes (Essonne) ou Gennevilliers (Hauts-de-Seine) bénéficient de plus d’un policier pour 400 habitants.

Justice
Le tribunal d’instance d’Aubervilliers compte en effectif théorique 2 magistrats et 11 agents de greffe. Le tribunal d’instance du 18e arrondissement de Paris, qui couvre pourtant 13 % d’habitants en moins, a un effectif théorique de 4 magistrats et 12 agents de greffe.

Education

  • En 2014, 44 856 jeunes de 15 à 24 ans de la Seine-Saint- Denis ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation.
  • 18,5 % des élèves de Seine-Saint-Denis entrant en 3e ont au moins un an de retard dans leur scolarité, pour 12,8 % en France.
  • 49,5 % des professeurs du second degré restent moins de deux ans dans leur établissement, contre un tiers en moyenne nationale.

 

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2018/05/18/en-seine-saint-denis-la-faillite-d-un-etat-inegalitaire-et-inadapte_5300806_3224.html

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fx. Membre 961 messages
Forumeur accro‚ 46ans
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Je suis surpris  qu'on ne vienne pas dire : "L'état ne peut pas tout" ou que l'état a beaucoup fait.

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Ink 82 Membre 309 messages
Forumeur survitaminé‚ 35ans
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Bonsoir, on peut imaginer le regard hébété d'habitants de ces villes laissées pour compte sur les moyens de la puissance publique engagés pour un match de foot ou sur la ZAD. Le désarroi des élus est compréhensible tant le recul de l'Etat déteint avec d'autres dossiers bien moins sensibles et préoccupants. Ces habitants paient au prix fort l'idéologie du toujours moins de fonctionnaires. A décharner l'Etat, nous sapons son autorité. Le constat est si accablant, que les auteurs du rapport moquent jusqu'à la méconnaissance du nombre exact d'habitants dans ce département. Ce territoire apparaît comme le futur de bien des banlieues si nous campons sur nos paradigmes. En 2016, il a été évalué le coût des crimes et de la délinquance sur l'ensemble du territoire : 234 milliards d'euros annuel, soit 10% du PIB. Pour ces habitants, pour le coût pour toute la société, il paraît difficile de tolérer davantage l'inertie des gouvernements.

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DroitDeRéponse Membre 43 880 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 46ans
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http://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/seine-saint-denis-les-perles-de-la-gestion-a-la-bartolone-02-07-2015-1941889_1897.php

Claude Bartolone avait-il vraiment besoin de ce rocher dans sa chaussure ? À peine sa campagne pour les régionales en Ile-de-France démarre-t-elle qu'il subit la dure épreuve de vérité : un rapport à boulets rouges de la chambre régionale des comptes sur sa gestion du département de la Seine-Saint-Denis entre 2008 et 2012. Cent cinquante pages qui –– lorsqu'on veut bien traduire en français le sabir techno des magistrats –– accablent "Barto". Morceaux choisis des perles du rapport.

1. Insincérité et rébellion par le budget

....

2. Un cabinet surdimensionné

Pourquoi se priver de collaborateurs ?  Selon les critères de la loi, le cabinet du président du conseil général de Seine-Saint-Denis ne peut excéder 11 personnes. Facialement, c'est d'ailleurs le seuil affiché par le conseil général au 31 décembre 2012. Mais la chambre ne s'est pas contentée des apparences. Elle a cherché réellement à savoir en scrutant l'historique des recrutements, en croisant plusieurs sources (les fiches de paie, l'organigramme sur l'intranet...). Et parvient à la conclusion qu'en fait les collaborateurs du cabinet sont au nombre de 14, donc au-dessus du seuil légal. La Seine-Saint-Denis proteste de sa bonne foi : c'est l'intranet qui était faux...

3. Le coût des 35 heures ? Non, moins...

....

4. L'écrivain fantôme du conseil général

La chambre régionale s'est penchée plus particulièrement sur le parcours d'un certain "monsieur S". Claude Bartolone prend la présidence du conseil général le 20 mars 2008.

....

======================

Bon bien sûr comme le rappelle Bartolone la gestion clientéliste communiste du dernier bastion de la ceinture rouge a été calamiteuse . C’est pas faux mais quand même ...

Quant à changer de paradigme oui certainement, avec comme le souligne l’article 100 à 400000 clandestins , la copie est à revoir .

 

Modifié par DroitDeRéponse

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Tala* Membre 1 265 messages
Forumeur alchimiste‚
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Heureusement, grâce aux J.O., nous allons assister à la résurrection de la Seine-Saint-Denis :zen:

“Et à ce titre, je crois que l'une des forces de ce projet, c'était de faire la couture entre la capitale —Paris, qui réussit dans la mondialisation, qui porte l'innovation, la réussite académique et entrepreneuriale— avec le territoire le plus jeune, le plus innovant. Un territoire qui, si on en listait les caractéristiques objectives pourrait être comparé à la Silicon Valley”

https://www.valeursactuelles.com/politique/macron-compare-la-seine-saint-denis-la-silicon-valley-88726

 

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Tala* Membre 1 265 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
il y a 21 minutes, DroitDeRéponse a dit :

 

Je suis convaincue de la sincérité de M. Troussel et effectivement les J.O. peuvent apporter un "nouveau souffle" à ce département. Mais l'Etat va devoir la jouer fine, car les spéculateurs occupent déjà le terrain et il va falloir mettre le paquet pour ne pas que la fracture sociale ne se creuse encore plus dans ce département:

https://www.marianne.net/societe/jeux-olympiques-la-speculation-commence-en-seine-saint-denis

Article réservé aux abonnés mais dont on peut lire l'intégralité ici:

https://www.pressreader.com/france/marianne-magazine/20180105/282647507915029

 

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fx. Membre 961 messages
Forumeur accro‚ 46ans
Posté(e)

Oh, la jolie gentrification qui se profile.

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Tala* Membre 1 265 messages
Forumeur alchimiste‚
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il y a 35 minutes, DroitDeRéponse a dit :

J'espère que les moyens en matériel suivront, que les engagements seront tenus. Car il y a eu des précédents, comme la fameuse G.S.T créée à Bagnolet par Bruno Leroux et qui manque cruellement de moyens...

http://www.leparisien.fr/bagnolet-93170/bagnolet-les-quinze-nouveaux-policiers-de-la-capsulerie-sont-arrives-27-04-2017-6896340.php

A écouter sur cette vidéo vers 5:50

https://youtu.be/ZEGt-KFnNkU

 

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Tala* Membre 1 265 messages
Forumeur alchimiste‚
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il y a 11 minutes, fx. a dit :

Oh, la jolie gentrification qui se profile.

Peut-être, peut-être pas.

Mais si des moyens supplémentaires ne sont pas mis en place, la situation dans les cités va encore s'aggraver. Car si ces grands chantiers de J.O. peuvent offrir à certains de leurs habitants l'opportunité de trouver un emploi, il est possible qu'ils en profitent justement pour "fuir" les cités. Et je ne suis pas convaincue que de leur côté les dealers se rueront sur les offres d'emploi; pourquoi aller se salir les mains pour un job au SMIC alors qu'ils gagnent plus que ça grâce à leurs trafics (tout en glandant à longueur de journées)...

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DroitDeRéponse Membre 43 880 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 46ans
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Il y a 1 heure, Tala* a dit :

Je suis convaincue de la sincérité de M. Troussel et effectivement les J.O. peuvent apporter un "nouveau souffle" à ce département. Mais l'Etat va devoir la jouer fine, car les spéculateurs occupent déjà le terrain et il va falloir mettre le paquet pour ne pas que la fracture sociale ne se creuse encore plus dans ce département:

https://www.marianne.net/societe/jeux-olympiques-la-speculation-commence-en-seine-saint-denis

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https://www.pressreader.com/france/marianne-magazine/20180105/282647507915029

 

 

Il y a 1 heure, Tala* a dit :

Je suis convaincue de la sincérité de M. Troussel et effectivement les J.O. peuvent apporter un "nouveau souffle" à ce département. Mais l'Etat va devoir la jouer fine, car les spéculateurs occupent déjà le terrain et il va falloir mettre le paquet pour ne pas que la fracture sociale ne se creuse encore plus dans ce département:

https://www.marianne.net/societe/jeux-olympiques-la-speculation-commence-en-seine-saint-denis

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https://www.pressreader.com/france/marianne-magazine/20180105/282647507915029

 

La gentrification de la Seine Saint Denis a commencé il y a déjà bien longtemps , qui souhaite de la mixité sociale et des revenus imposables ne peut que s’en féliciter . La fin de la ceinture rouge a largement transformé le sud parisien , gageons que ça réussisse aussi dans le Nord parisien. L’article de fx. Mentionne le peu de bonne volonté des enseignants à s’investir dans le 93 ainsi que le taux de redoublants . L’arrivee du bobo apte à s’inserer dans ce département ne manquera pas de créer des îlots où le fonctionnaire hésitera moins à s’installer plus durablement , et leurs enfants permettront de diminuer le taux de redoublants du département dénoncé par l’article . La mixité est une bonne chose . L’âme chagrine criera à une part de relégation en grande banlieue , mais c’est à la petite semaine . La classe moyenne s’est largement exilée du côté des wisteria lane de Montigny le bretonneux sans pour autant dépérir . Bref le désenclavement ne peut que favoriser le brassage et les maires seraient avisés d’accepter désormais ce mouvement qui bien qu’electoralement douloureux ne peut que profiter à tous . Par ailleurs si j’etais taquin à lire beaucoup il n’y a plus de classe moyenne et ce ne sont pas 2 bobos ( pourraient ils y en avoir plus que ce que les orfraies clament ? ) qui pourraient changer la nature d’un département si densément peuplé ?

 

Modifié par DroitDeRéponse
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DroitDeRéponse Membre 43 880 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 46ans
Posté(e)
Il y a 1 heure, Tala* a dit :

J'espère que les moyens en matériel suivront, que les engagements seront tenus. Car il y a eu des précédents, comme la fameuse G.S.T créée à Bagnolet par Bruno Leroux et qui manque cruellement de moyens...

http://www.leparisien.fr/bagnolet-93170/bagnolet-les-quinze-nouveaux-policiers-de-la-capsulerie-sont-arrives-27-04-2017-6896340.php

A écouter sur cette vidéo vers 5:50

https://youtu.be/ZEGt-KFnNkU

 

Corbières réclame une vraie police . Ne faudrait il pas plutôt la PSQ en des lieux où la délinquance et les atteintes physiques sont plus faibles , l’article de fx. Citait Gennevilliers mieux doté, pour renforcer les BACs sur le 93 ?

Côté moyen si l’on considère le rapport de la CC il y en a dans le département. En repassant aux 35h au vu de ce rapport il y a de quoi entretenir des voitures de police .

 

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Tala* Membre 1 265 messages
Forumeur alchimiste‚
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il y a 9 minutes, DroitDeRéponse a dit :

Ne faudrait il pas plutôt la PSQ en des lieux où la délinquance et les atteintes physiques sont plus faibles , l’article de fx. Citait Gennevilliers mieux doté, pour renforcer les BACs sur le 93 ?

Vous savez très bien comme moi qu'il y a les directives données sur papier à l'échelon national, mais qu'ensuite ce qui se fait au niveau de chaque ville dépend de la politique locale. Ensuite cela dépend des quartiers, tous n'ont pas le même niveau de délinquance, tous n'ont pas non plus le même niveau d'antipathie envers les forces de police. Quoiqu'il en soit, qui ne tente rien n'a rien. On verra bien quels seront les résultats sur le terrain.

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DroitDeRéponse Membre 43 880 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 46ans
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il y a 2 minutes, Tala* a dit :

Vous savez très bien comme moi qu'il y a les directives données sur papier à l'échelon national, mais qu'ensuite ce qui se fait au niveau de chaque ville dépend de la politique locale. Ensuite cela dépend des quartiers, tous n'ont pas le même niveau de délinquance, tous n'ont pas non plus le même niveau d'antipathie envers les forces de police.

Bien sûr mais comme l’indique l’article de fx. la criminalité et les atteintes physiques sont plus nombreuses , il serait donc logique pour palier à cette inégalité pointée par l’article d’y envoyer prioritairement la BAC et c’est ce que demande des élus comme À.Corbieres . 

La PSQ pourrait prendre le relais dans des zones plus cools comme Malakoff ou Villeneuve .

 

il y a 2 minutes, Tala* a dit :

Quoiqu'il en soit, qui ne tente rien n'a rien. On verra bien quels seront les résultats sur le terrain.

Je suis également partisan de l’experimentation . Je serai par contre curieux de savoir dans quel quartier d’aulnay la PSQ va intervenir .

 

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fx. Membre 961 messages
Forumeur accro‚ 46ans
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Ce serait bien que ça ne tourne pas que sur le sécuritaire, il y a bien d'autres carences qui apparaissent dans l'article.

il y a une heure, DroitDeRéponse a dit :

L’âme chagrine criera à une part de relégation en grande banlieue , mais c’est à la petite semaine

Et oui, c'est pourtant ce qui se passe invariablement.

L’Etat a-t-il failli dans le « 9-3 » ? L’ancien maire de Sevran a répondu à vos questions

Stéphane Gatignon a démissionné pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieue.
 
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DroitDeRéponse Membre 43 880 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 46ans
Posté(e)
il y a 7 minutes, fx. a dit :

Ce serait bien que ça ne tourne pas que sur le sécuritaire, il y a bien d'autres carences qui apparaissent dans l'article.

@Tala* a un intérêt particulier sur le sujet , et dans les faits il en tire d’autres . L’aspect turnover important des fonctionnaires vient en partie du sécuritaire, tout comme le défaut de mixité sociale et de revenus imposables dans le département. C’est un des fondements finalement. Le tout au social des anciens édiles n’a fait que concentrer les difficultés, le sécuritaire est maintenant nécessaire pour déconcentrer.

 

 

il y a 12 minutes, fx. a dit :

Et oui, c'est pourtant ce qui se passe invariablement.

Les classes moyennes exclues des HLMs et étranglées par le friggit partent bien avant .

 

 

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fx. Membre 961 messages
Forumeur accro‚ 46ans
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il y a 22 minutes, DroitDeRéponse a dit :

@Tala* a un intérêt particulier sur le sujet , et dans les faits il en tire d’autres . L’aspect turnover important des fonctionnaires vient en partie du sécuritaire, tout comme le défaut de mixité sociale et de revenus imposables dans le département. C’est un des fondements finalement. Le tout au social des anciens édiles n’a fait que concentrer les difficultés, le sécuritaire est maintenant nécessaire pour déconcentrer.

 

Y a pas de problème je peux parfaitement demander la fermeture si vous ne souhaitez pas parler d'autre chose. vu qu'il y a déjà un topic sur les flics, celui ci n'est pas une annexe.

Logement en Seine-Saint-Denis : les bonnes affaires des marchands de sommeil

Les trafiquants sont à l’affût des saisies immobilières afin de pouvoir louer des appartements ou des pavillons hâtivement réhabilités et découpés.

 

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C’est l’une des parts d’ombre de la Seine-Saint-Denis. Des trafiquants d’un nouveau genre : les marchands de sommeil qui exploitent les logements insalubres représentant 7,5 % du parc mais beaucoup plus dans certaines communes. Des appartements loués à prix d’or ou hâtivement réhabilités et découpés s’il s’agit de pavillons. Le constat est dressé dans un rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département, qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 31 mai.

Lire aussi :   En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté »

Le terrain de chasse des marchands de sommeil : des biens vendus à la barre du tribunal à des prix dérisoires. « On voit tourner des marchands de biens autour des immeubles situés dans des copropriétés à la dérive qui sont légion en Seine-Saint-Denis », témoigne Pierre Roussel, de Coprocoop Ile-de-France, un organisme de portage foncier qui rachète des lots pour éviter qu’ils ne tombent en de mauvaises mains. Devant ce fléau, l’Etat semble impuissant. Selon le rapport parlementaire, la cellule de police spécialisée dans la lutte contre les marchands de sommeil a vu ses effectifs fondre de huit à trois fonctionnaires.

Mises à prix dérisoires

Comme chaque semaine, la salle d’audience du tribunal de grande instance de Bobigny est pleine, ce mardi 15 mai, pour la mise à l’encan de biens immobiliers. Outre la quinzaine d’avocats, poursuivant pour les créanciers ou enchérisseurs pour le compte de candidats acquéreurs, se côtoient des particuliers venus tenter leur chance.

La tension et l’angoisse à l’idée de rater l’affaire se lisent sur leur visage et contrastent avec l’aisance d’un petit groupe de marchands de biens qui se saluent. Des hommes d’âge mûr manifestement habitués à ces procédures. L’un arbore une montre de luxe achetée récemment place Vendôme, comme il le raconte à un de ses confrères, « qui vaut presque le prix d’une chambre », plaisante-t-il. A lui seul, il a acheté une trentaine de lots : « Les affaires deviennent difficiles en raison de la présence de particuliers qui font monter les prix », se plaint-il.

Ce mardi, sept lots sont à vendre, à la demande des banques dont le crédit n’a pas été remboursé ou du syndicat de copropriété dont les appels de charges sont restés impayés. Quatre appartements trouveront preneur à l’issue de la séance ; deux seront retirés de la vente au dernier moment – les débiteurs ont payé in extremis devant la menace d’une saisie –, tandis que personne ne voudra d’un studio en Ehpad.

Lire aussi :   Portrait de la Seine-Saint-Denis, vue depuis la nationale 2

Les mises à prix paraissent dérisoires : 40 000 euros pour un trois pièces de 70 m2, au onzième étage d’une tour des années 1970, à Epinay-sur-Seine, avec cave et parking, qui ne dépassera finalement pas 42 000 euros. C’est une société immobilière d’un marchand bien connu de Sevran qui a emporté cette enchère bien peu disputée : le logement sera sans doute loué à une famille qui n’a pas d’autre choix que de vivre là. Un appartement situé à Bondy mis à prix 31 000 euros a, en revanche, grimpé en quelques minutes à 85 000 euros. Là, c’est un particulier qui l’a emporté face à un marchand de biens.

« Cela attire des particuliers »

Rien qu’en 2017, un peu plus de 250 appartements et pavillons ont été adjugés à cette barre de tribunal, selon le décompte de Me Thierry Baquet, avocat spécialisé. « La publicité que l’on fait de ces ventes par Internet, sur des sites spécialisés comme Licitor ou Enchères publiques, les rend moins confidentielles qu’auparavant, où on ne les diffusait que par Les Affiches parisiennes ou la Gazette du Palais. Cela attire des particuliers », constate-t-il.

« Ces trafiquants d’un nouveau genre peuvent aussi être des Français de classe moyenne qui profitent de la situation », notent les auteurs du rapport parlementaire, comme ce membre de la police des frontières dont on a découvert qu’il était propriétaire de 55 appartements au Chêne-Pointu, la fameuse copropriété à la dérive de Clichy-sous-Bois.

Les bonnes affaires des marchands de biens sont parfois contrariées par la vigilance accrue des collectivités locales, qui préemptent, voire surenchérissent, pour s’assurer que les nouveaux copropriétaires seront de bons payeurs. Ainsi, l’organisme HLM Coprocoop Ile-de-France a, le 13 avril, surenchéri pour empêcher qu’un appartement d’une autre copropriété en grande difficulté d’Epinay-sur-Seine, dans le quartier Quetigny-3, soit acquis par un marchand de biens : « Quand on a vu que cette société civile immobilière qui ne publie pas ses comptes avait remporté l’adjudication, nous avons, comme le permet la procédure, surenchéri », relate Pierre Roussel, directeur du développement de Coprocoop.

 

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2018/05/18/logement-en-seine-saint-denis-les-bonnes-affaires-des-marchands-de-sommeil_5301030_3224.html

Ecole en Seine-Saint-Denis : « Il faut varier les méthodes d’apprentissage »

Le rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique en Seine-Saint-Denis, présenté à l’Assemblée le 31 mai, dresse le portrait d’un département qui manque de tout . L’instabilité des effectifs d’enseignants y est plus forte qu’ailleurs.

 

C’est l’une des plus grandes idées reçues sur la Seine-Saint-Denis. L’école y serait « surdotée ». La raison : l’étendue de son réseau d’éducation prioritaire – 58 % des écoliers du département et 62 % des collégiens y sont scolarisés. Mais les conclusions du rapport parlementaire d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département, qui sera présenté à l’Assemblée nationale le 31 mai, sont sans appel : l’instabilité des effectifs enseignants y est plus forte qu’ailleurs, l’absentéisme et le décrochage scolaire plus importants, la couverture des absences des enseignants moins efficace que dans le reste de l’académie de Créteil.

Lire aussi :   En Seine-Saint-Denis, la faillite d’un Etat « inégalitaire et inadapté »

Dans ces conditions, l’école peut-elle être la même en Seine-Saint-Denis que sur le reste du territoire ? Sur le papier, les enseignants de ce département ne sont pas différents des autres. Mais en pratique, le taux de « néotitulaires » affectés dans des établissements difficiles explose par rapport au reste de la France : 64,4 %, pour 21,1 %. En 2016-2017, le département comptait 26,1 % d’enseignants de moins de 30 ans, pour 9,5 % en France métropolitaine.

« Cours dialogué »

Alors comment ces très jeunes professeurs, dont la formation s’affine au cours des premières années, enseignent-ils aux élèves de Seine-Saint-Denis ? Faire cours « différemment » semble être la condition sine qua non pour réussir à « accrocher » la majeure partie d’une classe. Camille Moro, enseignante depuis six ans en histoire-géographie au collège Pablo-Neruda de Pierrefitte-sur-Seine (classé REP), admet avoir connu une longue période d’adaptation.

« On nous fait croire à la fac qu’on va faire de l’histoire-géo. Mais moi, le cœur de mon travail, c’est de sans cesse varier mes approches. »

Pour intéresser des classes que tous les professeurs interrogés jugent « très hétérogènes », certains évoquent les détours de l’actualité, le « cours dialogué » où l’oral prend une place importante, ou encore les projets transdisciplinaires. « Il y a dans nos classes des élèves qui sont incapables de suivre un cours magistral, explique Iannis Roder, qui enseigne l’histoire depuis 1999 au collège Pierre-de-Geyter de Saint-Denis (classé REP). Il est donc important de varier les modalités d’apprentissage. »

Lire aussi :   Portrait de la Seine-Saint-Denis, vue depuis la nationale 2

Pourtant, comme l’explique la sociologue Agnès van Zanten, le détour du jeu et la variation des modalités d’approche peuvent interférer avec le contenu du cours, lorsque les enseignants passent beaucoup par l’oral ou par l’image. « On croit que les élèves ne peuvent pas rester concentrés, ce qui est en partie vrai, explique-t-elle. Donc on varie les tâches et on donne peu de choses longues, comme une dissertation ou un exercice complexe, tandis que les élèves d’établissements favorisés, eux, les pratiquent beaucoup. » De même, selon cette sociologue, ces élèves sont moins souvent notés, les enseignants étant soucieux d’éviter de les mettre en échec.

Ouverture culturelle

Au risque de revoir ses exigences ? Les enseignants que nous avons interrogés contestent cette idée, même s’ils admettent « ne pas finir le programme » ou « adapter la notation » pour « encourager » un élève qui s’est investi. Selon Charlotte Grouillé, enseignante en mathématiques au collège Barbara de Stains (classé REP +), il est de toute manière impossible de revoir les exigences à la baisse car « les élèves le sentent » et ne veulent pas être traités différemment.

Dans les établissements où, selon le mot de Iannis Roder, le « capital culturel est faible », l’école joue également un rôle d’ouverture culturelle, à la fois essentielle et relativement facile à mettre en place en région parisienne où l’offre est importante. Mais là encore, il existe des effets pervers car les sorties prennent du temps scolaire. Or ce temps est déjà plus entamé qu’ailleurs par les absences d’enseignants, l’absentéisme des élèves, les exclusions temporaires… pour des bénéfices faibles à moyen terme.

« En France, on croit beaucoup que les enfants des classes supérieures réussissent grâce à une culture générale acquise dans la famille, rappelle Agnès van Zanten. Mais il n’existe pas de corrélation forte entre les activités extrascolaires comme la musique ou le théâtre et les notes. »

En Seine-Saint-Denis, on revendique cependant d’arriver à « intéresser tout le monde », alors que les établissements plus privilégiés « abandonnent » les mauvais élèves. « C’est vrai qu’on ne fait pas la même chose », admet finalement Iannis Roder. « Mais ce n’est pas acheter la paix sociale. C’est garder tout le monde avec soi. »

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2018/05/18/ecole-en-seine-saint-denis-il-faut-varier-les-methodes-d-apprentissage_5301016_3224.html

 

Voilà des pistes pour ceux qui sont en manque d'inspiration.

Modifié par fx.
  • Merci 1

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DroitDeRéponse Membre 43 880 messages
Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis‚ 46ans
Posté(e)

 

il y a 19 minutes, fx. a dit :

L’Etat a-t-il failli dans le « 9-3 » ? L’ancien maire de Sevran a répondu à vos questions

Stéphane Gatignon a démissionné pour protester contre l’insuffisance des politiques publiques en banlieue.
 

Pour les non abonnés 

http://www.plateaufontenay.net/t3727-le-maire-de-sevran-demissionne

===========

Sinon il manque une BAC à Sevran 

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