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A Stockholm, une conférence contre la « masculinité toxique »


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fx. Membre 2 395 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)

Pendant deux jours, élus, institutions et ONG ont discuté du rôle des garçons et des hommes dans la lutte pour l’égalité entre les sexes, exigeant une redéfinition de la masculinité.

« On ne naît pas homme, on le devient ». C’est avec ces mots, paraphrasant Simone de Beauvoir, que Nathan Hamelberg de l’ONG suédoise « Män för jämställdhet » (Les hommes pour l’égalité) lance la vidéo produite pour la « machofabriken » (l’usine à macho). Le nom de l’atelier, proposé aux écoles suédoises, est trompeur : il ne s’agit pas de créer des mâles, des vrais, mais de lutter contre les normes et stéréotypes de genre. Sur le grand écran, un homme en caleçon apparaît au bout d’un tapis roulant. Il ramasse les briques arrivant vers lui, pour construire quatre murs l’emprisonnant. Sur chacune, un mot : « agressif », « compétitif », « décidé », « fort », « sportif », « transpirant »

Dans la salle, mercredi 16 mai, des élus, fonctionnaires et activistes, rassemblés à Stockholm dans le cadre de la quatrième Conférence internationale sur les hommes et l’égalité des chances (ICMEO). Au programme : comment impliquer les garçons et les hommes dans la lutte pour l’égalité entre les sexes, mais aussi la transformation des normes de genre et notamment de la masculinité.

Les femmes, pas les seules victimes

Le sujet est sensible. Le mouvement #metoo a certes « rompu le silence de l’impunité » et « contesté la notion fondamentale de ce qu’être un homme veut dire », estime Lopa Banerjee, du programme « Un Women ». Mais il complique aussi les choses, remarque Ben Hurst, de l’association britannique « Good lad initiative » :

« Beaucoup de jeunes hommes sont sur la défensive, ils ont l’impression qu’on les juge et ce n’est pas un bon point de départ pour la discussion. »

Pourtant, les femmes ne sont pas les seules victimes de cette masculinité dite « toxique », définie dès la naissance par des normes et des préjugés, voulant qu’un homme « ait toujours le contrôle de la situation, n’ait jamais besoin d’aide, ni d’amis proches, aime plus le sexe que les femmes », résume Gary Barker, président de l’ONG Promundo aux États-Unis et cofondateur de l’organisation « Men engage », rassemblant 700 associations dans 80 pays – aucune en France.

Une étude suédoise a montré que les garçons soutenant ce type d’assertion avaient quatre fois plus de risques d’être violents. Une autre indique que les garçons exposés à la violence en grandissant ont entre 2,5 et trois fois plus de risques d’être violents contre les femmes étant adultes. « C’est la preuve qu’il ne suffit pas de se débarrasser des Harvey Weinstein, il faut faire de la prévention », assure Gary Baker.

Il énumère : 70 % des suicidés dans le monde sont des hommes ; ils représentent aux États-Unis deux tiers des victimes d’overdose opiacée, « pas parce que leurs corps sont moins résistants que ceux des femmes, mais parce qu’ils se shootent seuls, car lorsqu’ils n’atteignent pas un certain idéal de la masculinité, ils s’isolent » ; leur espérance de vie est de six ans plus courte que celle des femmes…

Une cinquantaine de groupes de discussion

Autant de raisons d’agir. D’ailleurs, beaucoup de jeunes ne se reconnaissent pas dans cette masculinité, affirme Ben Hurst : « Ils se sentent aliénés par les normes de genre et les attentes qui pèsent sur les épaules. » En Suède, #metoo a ouvert les vannes. Depuis l’automne 2017, une cinquantaine de groupes de discussion pour hommes se sont créés.

« Le problème est que nous savons très bien nous adresser aux hommes progressifs qui sont prêts à entendre notre message, mais nous avons beaucoup plus de mal à discuter avec ceux qui se sentent menacés par ce que nous disons », note Gary Baker. Aux États-Unis, son ONG a donc choisi de mettre en avant la question de la santé mentale des hommes, plutôt que de discuter de front la nécessité de redéfinir les normes de la masculinité.

Lire :   L’égalité des genres à la suédoise : tous égaux, sauf certaines

De la même façon, dans la commune de Botkyrka, au sud-ouest de Stockholm, la municipalité a mis en place un programme ciblant la violence en milieu scolaire. Dans les faits, il s’agit de lutter contre les stéréotypes. Les enseignants des écoles volontaires suivent des formations tous les mois, puis organisent des cours en classe avec leurs élèves, qui sont encouragés à agir – ne pas rester « spectateur » face aux brimades infligées à un camarade, en raison par exemple de sa différence.

Supprimer les normes

Les élèves de primaire regardent un film : un garçon, affectionnant robes et petits poneys, devient la tête de Turc des enfants de son école, de leurs parents, des enseignants ; son père ne le comprend pas ; ses parents se disputent de plus en plus violemment, jusqu’au jour où le père s’habille en robe lui aussi pour aller le chercher à l’école. Mantha Kasagianni, coordinatrice du projet, reconnaît que certains enseignants sont sceptiques : « Nous parlons longuement avec eux et si certains choisissent de ne pas montrer le film à leur classe, mais quand ils voient la qualité des discussions qu’il déclenche, ils finissent souvent par changer d’avis. »

À l’idée même qu’on veuille « transformer les hommes en femmes », évoquée souvent par les opposants à une discussion sur la masculinité, Gary Baker s’esclaffe : « Je ne crois pas que ce soit jamais arrivé ! » Et d’ajouter : « On veut que les hommes prennent en charge la moitié des tâches ménagères. Ça ne m’empêche pas d’essayer de séduire une femme ou de lui proposer d’avoir une relation sexuelle. Mais ma masculinité n’est pas menacée si c’est elle qui propose, me tient la porte ou paie au restaurant. »

L’essentiel étant que chacun puisse devenir celui qu’il a envie d’être, ajoute Ben Hurst : « On nous accuse de vouloir faire en sorte que tout le monde soit pareil. Au contaire. Si on supprime les normes, les gens pourront être différents. »

 

http://abonnes.lemonde.fr/europe/article/2018/05/17/a-stockholm-une-conference-contre-la-masculinite-toxique_5300101_3214.html

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querida13 Membre 23 048 messages
forumeuse acharnée‚
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Ah, j'en parlais déjà, il y a quelques temps déjà, de ces stéréotypes qui emmurent les hommes...

70 % de suicides ...c'est énorme!

 

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Foraveur Membre 6 222 messages
Forumeur alchimiste‚ 48ans
Posté(e)

Etre "« agressif », « compétitif », « décidé », « fort », « sportif », « transpirant »…" n'empêche pas de traiter les femmes avec politesse et respect..c'est juste une question d'éducation....

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Mr_Fox Membre 7 372 messages
Animal sauvage‚
Posté(e)

Ouais, les suédois, ceux qui veulent rendre illégal de pisser debout.

Supprimer les normes. Je suis sur que le mec qui a pondu cette idée l'a eu devant ARTE. Il a vu des gorilles et il s'est dit " Bon sang mais c'est bien sur ! La norme physique est en fait une norme sociale oppressive ".

Non je déconne c'est un sociologue qui comme tout bon scientiste adhère à la séparation de la science en petits bouts nommés "spécialités" et qui croit sincèrement, *****************, qu'on peut dissocier l'être physique de l'être social et par cette méthode produire des résultats qui soient épanouissants alors que l'aliénation complète de l'être est le point de départ qu'il préconise.

Les principes philosophiques antiques "deviens ce que tu es" ou "un esprit sain dans un corps sain" recoupent pour leur part le discours de Nietzsche sur le fait que l'épanouissement humain passe par l'acceptation et l'intégration complète de soi, corps et esprit.

La société progressiste rejette complètement la masculinité. Les progressistes sont disposés à éliminer plus de la moitié de la population et à leur laver le cerveau dès la naissance pour leur dire que ce qu'ils sont n'est pas légitime.

"transpirant".

On assimile le métabolisme masculin à un problème hygiénique. Voila typiquement une idée d'aliéné.

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fx. Membre 2 395 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)
il y a une heure, Roger_Lococo a dit :

Ouais, les suédois, ceux qui veulent rendre illégal de pisser debout.

Supprimer les normes. Je suis sur que le mec qui a pondu cette idée l'a eu devant ARTE. Il a vu des gorilles et il s'est dit " Bon sang mais c'est bien sur ! La norme physique est en fait une norme sociale oppressive ".

Non je déconne c'est un sociologue qui comme tout bon scientiste adhère à la séparation de la science en petits bouts nommés "spécialités" et qui croit sincèrement, *****************, qu'on peut dissocier l'être physique de l'être social et par cette méthode produire des résultats qui soient épanouissants alors que l'aliénation complète de l'être est le point de départ qu'il préconise.

Les principes philosophiques antiques "deviens ce que tu es" ou "un esprit sain dans un corps sain" recoupent pour leur part le discours de Nietzsche sur le fait que l'épanouissement humain passe par l'acceptation et l'intégration complète de soi, corps et esprit.

La société progressiste rejette complètement la masculinité. Les progressistes sont disposés à éliminer plus de la moitié de la population et à leur laver le cerveau dès la naissance pour leur dire que ce qu'ils sont n'est pas légitime.

"transpirant".

On assimile le métabolisme masculin à un problème hygiénique. Voila typiquement une idée d'aliéné.

Je ne comprends pas en quoi on est aliéné dans une recherche d'un meilleur compromis entre les sexes, peut être est ce parce que ça passe tout connement par autre chose que les perpétuels rapports de domination. Je crois que c'est ça qui vous fait peur dans ce que vous ressentez comme une perte d'affirmation et de pouvoir.

Modifié par fx.

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Mr_Fox Membre 7 372 messages
Animal sauvage‚
Posté(e)
il y a 27 minutes, fx. a dit :

Je ne comprends pas en quoi on est aliéné dans une recherche d'un meilleur compromis entre les sexes, peut être est ce parce que ça passe tout connement par autre chose que les perpétuels rapports de domination. Je crois que c'est ça qui vous fait peur dans ce que vous ressentez comme une perte d'affirmation et de pouvoir. 

Un aliéné est une personne étrangère a elle-même. Éradiquer la masculinité des hommes c'est fabriquer une génération d'aliénés, des hommes qui se renient eux-mêmes en tant qu'entité physique. Des esclaves.

Faire le bonheur de la société en détruisant mentalement la moitié de la population, c'est une idée de super-vilain de comics.

C'est ce que préconisent les sociologues, et ils le préconisent parce qu'ils adhèrent à la séparation des spécialités, c'est à dire qu'ils pratiquent l'observation des rapports sociaux sans tenir compte de ce que sont les gens qu'ils observent et en les postulant équivalents. C'est un postulat à la base faux mais en dehors de leurs spécialité, donc si on reste dans le domaine sociologique leur raisonnement semble cohérent.

Si ces personnes avaient choisi la bonne filière en fac, ils proposeraient plutôt aux membres de la société de se connaitre et de se réaliser et ce faisant avec des individus épanouis le rapport de force qu'ils prétendent analyser n'aurait pas cours.

 

Et comme les sociologues sont incapables d'appréhender les rapports sociaux ils inventent des théories fondées sur la psycho du genre "vous avez peur d'être dépossédé du pouvoir." Si tes capacités d'analyse n'étaient pas gaspillées dans un domaine fictionnel tu te douterais que je n'ai pas le pouvoir et que les craintes en question ne représentent rien pour moi. En revanche je crains d'être nié comme personne, puisque c'est ce que fait le sociologue.

 

Modifié par Roger_Lococo
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fx. Membre 2 395 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)
il y a 3 minutes, Roger_Lococo a dit :

Un aliéné est une personne étrangère a elle-même. Éradiquer la masculinité des hommes c'est fabriquer une génération d'aliénés, des hommes qui se renient eux-mêmes en tant qu'entité physique. Des esclaves.

Faire le bonheur de la société en détruisant mentalement la moitié de la population, c'est une idée de super-vilain de comics.

C'est ce que préconisent les sociologues, et ils le préconisent parce qu'ils adhèrent à la séparation des spécialités, c'est à dire qu'ils pratiquent l'observation des rapports sociaux sans tenir compte de ce que sont les gens qu'ils observent et en les postulant équivalents. C'est un postulat à la base faux mais en dehors de leurs spécialité, donc si on reste dans le domaine sociologique leur raisonnement semble cohérent.

Si ces personnes avaient choisi la bonne filière en fac, ils proposeraient plutôt aux membres de la société de se connaitre et de réaliser et ce faisant avec des individus épanouis le rapport de force qu'ils prétendent analyser n'aurait pas cours.

 

Et comme les sociologues sont incapables d'appréhender les rapports sociaux ils inventent des théories fondées sur la psycho du genre "vous avez peur d'être dépossédé du pouvoir." Si tes capacités d'analyse n'étaient pas gaspillées dans un domaine fictionnel tu te douterais que je n'ai pas le pouvoir et que les craintes en question ne représentent rien pour moi. En revanche je crains d'être nié comme personne, ce que fait le sociologue.

 

Tu devrais plutôt t'interroger sur la façon dont tu justifies ta vision d'un monde systématiquement oppressif.

Modifié par fx.

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Mr_Fox Membre 7 372 messages
Animal sauvage‚
Posté(e)
il y a 1 minute, fx. a dit :

Tu devrais plutôt t'interroger sur la façon dont tu justifies ta vision d'un monde systématiquement oppressif. 

 

Je ne sais pas ce que cette phrase signifie. En la contextualisant j'en déduis que tu parles du rapport homme-femme "systématiquement oppressif" ce qui est faux et complètement stupide.

Mais dans l'ensemble le rapport social est un rapport de force. Qu'on parle du syndicat contre le patronat, du gouvernement face aux séditieux, du parent face à l'enfant, du chef à l'employé ou dans la cour de l'école.

Théoriser la non-masculinité de l'homme c'est détruire des vies pour pouvoir nier que le monde est monde. Il y a plus nihiliste, mais il n'y a pas plus faux.

 

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Mr_Fox Membre 7 372 messages
Animal sauvage‚
Posté(e)

Ce rapport de force existe, il n'est pas pour autant "oppressif". Il peut l'être parfois. Mais alors ce qu'il convient c'est d'éviter l'oppression, pas le rapport de force.

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fx. Membre 2 395 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)
il y a 12 minutes, Roger_Lococo a dit :

 

Je ne sais pas ce que cette phrase signifie. En la contextualisant j'en déduis que tu parles du rapport homme-femme "systématiquement oppressif" ce qui est faux et complètement stupide.

Mais dans l'ensemble le rapport social est un rapport de force. Qu'on parle du syndicat contre le patronat, du gouvernement face aux séditieux, du parent face à l'enfant, du chef à l'employé ou dans la cour de l'école.

Théoriser la non-masculinité de l'homme c'est détruire des vies pour pouvoir nier que le monde est monde. Il y a plus nihiliste, mais il n'y a pas plus faux.

 

Non Roger le cadre dépasse largement les rapports de genre, mais c'est un autre problème. Tu fais dire à l'article le contraire de ce qui est son but, à savoir pour toi renoncer à être un homme, tout simplement parce que cet homme ne cadre pas avec tes critères. De là tu nous ponds une théorie fumeuse sur les sociologues et leur plan de grand remplacement. D'où ma remarque.

Modifié par fx.

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Mr_Fox Membre 7 372 messages
Animal sauvage‚
Posté(e)

J'ai déjà discuté avec des sociologues, c'est comme ça que j'ai compris que cette discipline est une mega-fumisterie. Tu ne trouveras pas de sociologues qui admettent que la biologie et la biochimie ont un rôle parce qu'ils évacuent poliment la question sans la traiter, et continuent de postuler que l'homme et la femme sont strictement équivalents.

Être un homme c'est être un homme. Ça implique d'avoir des couilles, de la testostérone et ça implique donc un comportement différent. Le mâle doit procréer, la femelle doit protéger, c'est ce que nous sommes biologiquement. Et aucun sociologue ne peut discuter de ces sujets centraux.

Il y a des caractéristiques associées, une plus grande vitalité, une plus grande agressivité, une plus grande compétitivité, une plus grande force. Tout ce qui est associé au stéréotype de la "masculinité toxique", c'est ce qu'on est biologiquement et que le sociologue range dans la boite du "hors spécialité".

Et comme leur raisonnement est fondé sur la négation même de ce que nous sommes, il ne peut aboutir que là ou il aboutit, à la catastrophe intégrale.

Je sais bien que le but n'est pas de faire le mal, parce que le sociologue ne voit pas en quoi son raisonnement incomplet est toxique. Mais le problème n'est pas l'humanité, c'est la sociologie.

 

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fx. Membre 2 395 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)

La masculinité peut-elle être autre chose que toxique?

 

Viols sur les campus, mass shooting, tuerie homophobe d’Orlando… et si le coupable était toujours le même? C’est la question qui émerge aux États-Unis, où la masculinité toxique apparaît à certains comme le dénominateur commun à tous ces crimes.

 

1.Qui en parle?

C’est la blogueuse féministe américaine Amanda Marcotte qui a popularisé le concept dans ses articles sur Slate, Salon ou Jezebel. Selon elle, «la masculinité toxique est un modèle spécifique de la virilité, orienté vers la domination et le contrôle. C’est une virilité qui perçoit les femmes et personnes LGBT comme inférieures, qui conçoit le sexe comme un acte non pas d’affection mais de domination, et qui valorise la violence comme seule façon de s’imposer dans le monde.» Ou comment le machisme débridé crée des types dangereux. Le concept trouve ses racines dans celui d’hégémonie masculine, théorisée par la sociologue australienne Raewyn Connell au début des années 1980, ou dans les travaux de Bourdieu sur la domination masculine.

 

Fun fact: l’expression «masculinité toxique» n’est pas issue des mouvements féministes, mais vient de leurs adversaires hoministes américains, qui en voulant la justifier par l’absence de père, ont lâché les premiers l’expression «masculinité toxique» au début des années 1990. Pourquoi le concept ressurgit-il aujourd’hui? Selon Christine Castelain Meunier, sociologue au CNRS qui travaille sur le masculin:

«Les femmes ayant gagné des combats en leur faveur [IVG, droit de vote, etc.] et vu que la parole féministe pèse aujourd’hui dans les débats publics, la fierté masculine est mise en avant à travers des discours excessifs et à contre-courant qui sont perçus par certains hommes comme une forme de courage.»

 

2.Le roi des toxiques

Il n’a pas manqué de père, dont il a hérité la passion pour les colorations absurdes et un gros pactole, mais cela n’empêche pas le candidat républicain Donald Trump de porter la masculinité toxique jusqu’aux portes de la Maison Blanche. Glosant sur la taille de son pénis ou sur les menstruations d’une journaliste politique, affirmant qu’une candidate est trop laide pour être présidente des États-Unis...

Dans un article, paru en mars dans Esquire, Comment la masculinité toxique a empoisonné la campagne de 2016, l’éditorialiste Stephen Marche se demandait comment autant d’hommes pouvaient se reconnaître dans la caricature de masculinité incarnée par Trump.

«Parce que c’est le rêve de tous les conservateurs: tout le monde doit bien s’entendre mais chacun doit rester à sa place [les Blancs, les Noirs, les hommes, les femmes]. En France, les affaires DSK et Denis Baupin sont des illustrations parlantes de la masculinité toxique, puisqu’on y voit en filigrane une hiérarchisation entre les hommes et les femmes», nous explique Patric Jean, auteur du documentaire La Domination masculine, sorti en 2009.

 

3.Les hommes victimes collatérales

Selon la journaliste américaine Suzannah Weiss, les six effets néfastes de la masculinité toxique (6 Harmful Effects of Toxic Masculinity, titre de son article sur le site Bustle) sont la misogynie, la perpétuation de la culture du viol, l’homophobie, l’encouragement à la violence, la suppression des émotions et le découragement à demander de l’aide.

Et si les femmes et les personnes LGBT sont les victimes incontestables de la masculinité toxique, la journaliste rappelle que sa violence s’exerce aussi sur les hommes eux-mêmes. Un phénomène que décrit Laura Bates dans son essai Girl Up qui vient de sortir aux États-Unis, une ode au féminisme et au girl empowerment:

«Les garçons entendent depuis leur plus jeune âge “ne pleure pas !”, “sois fort”… Ce n’est pas viril de demander de l’aide à autrui et de parler de ses sentiments et émotions.»

 

4.Vers un mec bien?

La masculinité peut-elle être autre chose que toxique? Pas vraiment, selon le réalisateur Patrick Jean, pour qui l’expression est un pléonasme:

«La masculinité est une construction culturelle conditionnée par l’éducation et elle est forcément toxique. Accepter ce concept reviendrait à dire qu’il y a un bon et un mauvais racisme.»

La sociologue spécialiste de la masculinité Christine Castelain Meunier tempère, plus optimiste pour la nouvelle génération:

«Une masculinité non dominatrice est envisageable. On l’observe du côté des porteurs de changement qui sortent du patriarcat et des mécanismes de domination: que ce soient les jeunes qui se décrivent comme gender fluid ou même les hommes qui n’ont plus honte de dire qu’ils sont pères au foyer. Il faut que les hommes et les femmes sortent de cette acceptation tacite qui veut que chaque genre ait des rôles prédéterminés. On pourrait également parler d’une féminité toxique chez les femmes néo-traditionnalistes.»

http://www.slate.fr/story/121197/masculinite-toxique
 
 

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Mr_Fox Membre 7 372 messages
Animal sauvage‚
Posté(e)

Tout ça c'est de la merde en baton, la cause de tous tes problèmes cités, c'est la frustration.

Et comment guérit-on de la frustration ? En permettant aux gens d'être eux-mêmes ou en le leur interdisant ?

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fx. Membre 2 395 messages
Faux positif‚ 46ans
Posté(e)

“Ces hommes qui m'expliquent la vie”, une réflexion salvatrice sur la masculinité toxique

Depuis trente ans, l’essayiste américaine Rebecca Solnit détricote les mécanismes de la domination masculine.

« Le langage, c’est le pouvoir, écrit l’essayiste et activiste féministe américaine Rebecca Solnit. […] S’il vous manque les mots pour définir un phénomène, une émotion, une situation, alors vous ne pouvez pas en parler, ce qui veut dire que vous ne pouvez pas non plus vous rassembler pour évoquer ces problèmes et encore moins y apporter des solutions. […] C’est peut-être particulièrement vrai du féminisme, un mouvement attaché à donner une voix et du pouvoir à ceux et celles qui n’ont ni l’un ni l’autre. » Voilà une trentaine d’années que Rebecca Solnit s’emploie à nommer les symptômes de la domination masculine, même si ce n’est pas l’axe unique de ses réflexions (1). La notoriété lui est venue en 2008, d’une tribune parue sur le blog TomDispatch, « Ces hommes qui m’expliquent la vie ». Solnit y fait le récit piquant et agacé d’une soirée passée chez les heureux du monde, « sur les hauteurs pentues et boisées d’Aspen », durant laquelle un homme s’évertua à lui exposer doctement, et avec force condescendance (« avec ce regard suffisant que j’ai si souvent vu chez les hommes qui dissertent, les yeux fixés sur l’horizon flou et lointain de leur propre autorité »), les raisons de l’importance d’un ouvrage historique… dont elle était l’auteure.

A cet article, Rebecca Solnit (née en 1961) doit de se voir généralement attribuer — à tort, « en fait, je n’y suis pour rien », confie-t-ellela création du néologisme « mansplaining » (en français : mecsplication), désignant une situation où un homme entreprend d’expliquer à une femme, de façon paternaliste, voire avec morgue, une chose qu’elle sait déjà, éventuellement mieux que lui. Ce texte dit bien ce que sont l’art et la manière de Rebecca Solnit : un ancrage très direct dans l’expérience, un regard clairvoyant, une intelligence déliée et engagée, une limpidité du propos, de l’humour quand le moment s’y prête — c’est-à-dire pas toujours, l’ironie le cédant par force à l’impatience ou à la colère devant l’état des lieux de la domination masculine, de ses manifestations les plus subreptices comme les plus brutales, que constituent ensemble les neuf essais rassemblés dans cet opus aussi mince que nerveux.

 

“La femme qui avait prédit #MeToo”

Si le bilan que dresse l’auteure des luttes féministes depuis cinq décennies est tout sauf négatif, le combat des femmes « pour être reconnues comme des êtres humains ayant le droit de vivre, d’être libres et impliquées dans les sphères politiques et culturelles se poursuit ». Les violences physiques faites aux femmes, leur effacement de l’Histoire, des généalogies familiales et de la sphère publique, la « masculinité toxique » (« Il faudrait réfléchir à l’imaginaire qui l’entoure, à ce qui est encensé et encouragé, à la façon dont on transmet la violence aux garçons »), les liens entre machisme et capitalisme, le mariage pour tous et la façon dont il a bousculé « les qualités et les rôles attribués aux hommes et aux femmes de manière libératrice pour les hétérosexuels »… les thèmes que brasse Rebecca Solnit sont foisonnants, et vigoureuses ses réflexions, induites tant par des lectures que des faits divers ou des statistiques, souvent sidérantes. Depuis l’automne dernier, la presse anglo-saxonne la surnomme « la femme qui avait prédit #MeToo ». Solnit, elle, n’a pas attendu l’éclatement du scandale Weinstein et les réactions en chaîne qui ont suivi pour proclamer que le féminisme est un droit civique, un humanisme.

(1) De Rebecca Solnit, les éditions Actes Sud ont publié L’Art de marcher (2002) et Garder l’espoir (2006).

surprise | Men explain things to me, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, éd. de l’Olivier, coll. Les Feux, 176 p., 16 € (en librairie le 28 février).

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