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TOTAL et l'huile de palme quel jeu joue t' on?


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PASCOU Membre 23 560 messages
Forumeur alchimiste‚
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https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/biocarburants-a-l-huile-de-palme-hulot-et-total-trouvent-un-compromis-778702.html

La transformation d'huile de palme dans la bioraffinerie Total de La Mède (13) fait débat. De nombreux observateurs s'interrogent sur la cohérence entre l'autorisation accordée à Total, bien qu'encadrée, et l'interdiction de l'huile de palme dans l'alimentation. Les ONG ne sont pas les seules déçues par cette décision. Pour l'agriculture française, c'est une véritable gifle, a estimé pour sa part Arnaud Rousseau, président de la FOP. La transformation d'huile de palme dans la bioraffinerie Total de La Mède (13) fait débat. De nombreux observateurs s'interrogent sur la cohérence entre l'autorisation accordée à Total, bien qu'encadrée, et l'interdiction de l'huile de palme dans l'alimentation. Les ONG ne sont pas les seules déçues par cette décision. "Pour l'agriculture française, c'est une véritable gifle", a estimé pour sa part Arnaud Rousseau, président de la FOP. (Crédits : © Glenn Duda / Reuters)

Alors que le pétrolier n’a jamais fait mystère de son intention de recourir majoritairement à cette matière décriée pour son impact environnemental, le ministre de l’écologie a voulu intégrer à l’arrêté d’autorisation délivré à la bioraffinerie de La Mède un encadrement de cette utilisation. Mais la décision ne satisfait ni les ONG ni les céréaliers français pour qui "c'est une véritable gifle".

Nouveau rebondissement dans la courte histoire de la bioraffinerie de la Mède dans les Bouches-du-Rhône, issue de la reconversion d'une ancienne raffinerie pétrolière de Total décidée en 2015 pour un investissement de 275 millions d'euros. Destinée à entrer en service cet été et à devenir la plus importante d'Europe, elle permet de conserver 250 des 430 salariés que le site employait jusqu'en 2016.

L'huile de palme nettement plus rentable que les autres huiles végétales

Elle est conçue pour produire 500.000 tonnes de biodiesel en transformant 650.000 tonnes d'huiles grâce à la technologie HVO (Hydrogenated Vegetal Oil). Celle-ci présente l'avantage de ne pas être soumise à un plafond d'intégration aux carburants conventionnels et de pouvoir traiter aussi bien des huiles végétales de toutes sortes, que des huiles résiduelles usagées.

Mais les gisements ne sont pas très importants. Total avait annoncé il y a un an la signature d'un partenariat avec Suez portant sur 20.000 tonnes par an, et le marché français dans son ensemble ne pèse pas plus de 45.000 tonnes.

A terme, le pétrolier avait annoncé un objectif de 100.000 tonnes par an (dont une partie importée, donc), soit un solde de 550.000 tonnes pour les huiles végétales. Et parmi ces dernières, l'huile de palme avait jusqu'à il y a peu ses faveurs. En effet, grâce à des rendements très nettement supérieurs à ceux du colza ou du soja, elle est infiniment plus rentable. Total avait d'ailleurs annoncé lors d'une conférence de presse en juin dernier qu'elle pourrait représenter l'intégralité des volumes d'huiles végétales transformés à La Mède, à moins de mesures venant rétablir la compétitivité du colza produit en France.

Importations françaises en hausse de 64%

Si les biocarburants de première génération dans leur ensemble sont contestés pour leurs émissions de CO2 mesurées sur l'ensemble du cycle de vie (y compris les changements d'affectation des sols qu'ils induisent dans les pays concernés, des plantations venant remplacer des forêts primaires ou des prairies) l'huile de palme est la bête noire des ONG en raison des ravages qu'elle provoque en termes de déforestation. C'est pour cette raison que le projet de la bioraffinerie avait été critiqué par les Amis de la Terre lors de l'enquête publique menée en 2017. Aux côtés de Greenpeace, ils avaient révélé en avril dernier (sur la base d'un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône) que le site consommait 550.000 tonnes d'huile de palme par an, faisant ainsi bondir de 64% les importations françaises d'une huile dont la production se fait en Malaisie et en Indonésie.

Au-delà des ONG, ce sont les députés européens qui en janvier dernier se sont majoritairement déclarés pour « l'élimination progressive » de cet usage sur le territoire de l'Union d'ici à 2021. Ce vote se heurte jusqu'à présent au refus des Etats membres, notamment de la France.

Projet de loi sur la déforestation importée

Mais le recours à l'huile de palme est également en contradiction avec le projet de loi en cours d'élaboration sur la déforestation importée. C'est pourquoi Nicolas Hulot a souhaité l'encadrer dans l'arrêté d'autorisation délivré ce 16 mai au pétrolier par le préfet de la région PACA.

"Je me devais de faire en sorte que l'usine de la Mède, projet soutenu par le gouvernement précédent, soit en cohérence avec notre future stratégie ; c'est ce que j'ai obtenu en dialoguant avec Total, qui a accepté de réduire significativement les quantités d'huile de palme utilisées et de prendre des engagements très précis sur la certification de leur origine et de leur mode sur la certification de leur origine et de leur mode de production."

Total devra donc utiliser au moins 25% d'huiles résiduelles usagées, une proportion qu'il devra s'efforcer de faire progresser au fil du temps au détriment des huiles végétales. L'industriel évoque désormais un plafond de 300.000 tonnes, soit la moitié des matières premières transformées sur son site.

"Cet engagement a été rendu possible grâce aux efforts réalisés pour développer et favoriser l'utilisation de produits issus de l'économie circulaire et notamment le recyclage de graisses animales qui pourront représenter au moins 100.000 tonnes par an du plan d'approvisionnement du site, un volume plus élevé que ce qui était envisagé à l'origine du projet."

Transformations demandées par le précédent gouvernement

Pour les ONG, cela reste insuffisant. Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, juge ce volume de 300.000 tonnes d'huile de palme colossal. « A cela, il faut ajouter les distillats d'huile de palme que Total essaye de présenter comme des résidus. Total deviendrait le premier importateur français d'huile de palme. » Le pétrolier a beau assurer qu'il s'approvisionnera exclusivement en huile certifiée,

« Aucune certification ne peut garantir que ce projet n'entraînera pas de déforestation comme l'a reconnu la Cour des comptes européennes » Et de conclure. « Il y a d'autant plus de risques que Total refuse de rendre public son plan d'approvisionnement, notamment sa liste de fournisseurs. »

Par ailleurs, de nombreux observateurs s'interrogent sur la cohérence entre cette autorisation accordée à Total, bien qu'encadrée, et l'interdiction de l'huile de palme dans l'alimentation.

"Je ne peux pas leur demander, alors qu'ils ont fait ces efforts et ces investissements, de renoncer", a noté Nicolas Hulot, indiquant que Total avait fait ces transformations à la demande du gouvernement précédent.

Une gifle pour l'agriculture française

Mais les ONG ne sont pas les seules déçues de cette décision. "Pour l'agriculture française, c'est une véritable gifle", a estimé pour sa part Arnaud Rousseau, président de la FOP (Fédération des producteurs d'oléagineux et de protéagineux).

"Pour les producteurs de colza français (dont le biodiesel est le premier débouché pour les huiles, ndlr), c'est une perte de marché très importante, et que ce soit validé par le ministre d'Etat et fait par la première entreprise française, ça m'étonnerait que les agriculteurs restent comme ça sans réagir", a-t-il prévenu.

L'arrêté délivré aujourd'hui ne constitue donc probablement pas le dernier épisode du feuilleton La Mède...

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PASCOU Membre 23 560 messages
Forumeur alchimiste‚
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https://reporterre.net/Pour-vendre-des-Rafale-a-la-Malaisie-la-France-autorise-l-huile-de-palme-dansPour vendre des Rafale à la Malaisie, la France autorise l’huile de palme dans le carburant

17 mai 2018 / Pierre Isnard-Dupuy (Reporterre)
 

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Pour vendre des Rafale à la Malaisie, la France autorise l'huile de palme dans le carburant

À Bruxelles, le gouvernement français s’oppose à l’interdiction de l’importation d’huile de palme. En France, il autorise la « bioraffinerie » de Total à La Mède, qui va augmenter de moitié les importations de cette huile aux conséquences désastreuses sur les forêts tropicales et le climat mondial.

  • Marseille (Bouches-du-Rhône), correspondance

Feu vert pour la « bioraffinerie » Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône. C’est ce qu’a décidé la préfecture avec l’assentiment du ministère de la Transition écologique et solidaire, ce mercredi 16 mai. La production de 500.000 tonnes de « biodiesel » devrait donc démarrer à l’été. Pourtant, le projet, parce qu’il va induire une importation massive d’huile de palme, suscite de sérieuses inquiétudes à cause de ses conséquences sur la déforestation des forêts tropicales. Pourtant, le ministre Nicolas Hulot s’était prononcé à l’été 2017, lors de la présentation de son plan climat, pour la fin des importations de produits agricoles ou forestiers contribuant à la déforestation des « trois plus grandes forêts tropicales du monde ». « La déforestation est responsable de 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales », avait-il alors considéré.

L’huile de palme, un produit miracle pour les industriels : peu cher et facile à transformer. Source de graves atteintes à l’environnement, il perd de plus en plus de crédibilité auprès des consommateurs. Ainsi, son utilisation dans l’agroalimentaire chute (- 1,1 million de tonnes de 2010 à 2014). Mais son intégration dans les agrocarburants ne cesse d’augmenter, de 8 % à 45 %. En France, 75 % de l’huile de palme consommée l’est sous forme de carburant. L’Indonésie et la Malaisie sont les principaux producteurs d’huile de palme. Dans ces pays, une déforestation massive conduit au remplacement de la forêt tropicale par des plantations de palmiers à huile. Des plantations prennent également place sur les tourbières, des écosystèmes d’une grande biodiversité et qu’il est nécessaire de sauvegarder face à l’enjeu climatique car ils captent une grande part du carbone qui ne finit pas en gaz à effet de serre.

« Un chèque en blanc pour Total »

Le site industriel des Bouches-du-Rhône fera « bondir les importations françaises d’huile de palme de 64 % », avertissaient Greenpeace et Les Amis de la Terre, le 19 avril. Le plan d’approvisionnement annuel, que se sont procuré les ONG, prévoyait 100.000 tonnes d’huiles alimentaires usagées et de graisses animales pour 450.000 tonnes par an d’huile de palme importées. Auxquelles s’ajoutent 100.000 tonnes de distillat d’acide gras de palme, un résidu de production de l’huile de palme, qui sera également importé. « À titre de comparaison, environ 136.000 tonnes d’huile de palme alimentaire sont consommées chaque année en France », précisent les ONG. Après « un dialogue positif avec le ministère de la Transition écologique et solidaire », Total a annoncé ce 16 mai, par voie de communiqué, limiter l’approvisionnement « en huile de palme brute à un volume inférieur à 50 % des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site, soit, au plus, 300.000 tonnes par an ».

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La raffinerie de Total de La Mède, à Châteauneuf-les-Martigues.

« Ce qui est colossal », rétorque Sylvain Angerand, des Amis de la Terre, dans un communiqué. Il a par ailleurs calculé que Total évacue de son annonce les distillats de palme. Le pétrolier « deviendrait le premier importateur français d’huile de palme », disent Les Amis de la Terre, avant de considérer qu’aucune certification — contrairement à ce qu’affirme le ministère — « ne peut garantir que ce projet n’entraînera pas de déforestation, comme l’a reconnu la Cour des comptes européenne », dans un audit de 2016. « Il y a d’autant plus de risques que Total refuse de rendre public son plan d’approvisionnement, notamment sa liste de fournisseurs », expose enfin l’association. « Cette autorisation est très peu contraignante, c’est un chèque en blanc », dit à Reporterre Sébastien Cros, de la CGT du site de La Mède. Le syndicat agit depuis deux ans, main dans la main avec les écologistes. Avec la mutation, le site va perdre la moitié de ses 500 emplois informe le syndicaliste. « La décision d’Hulot ne fait que valider une délocalisation sociale et environnementale », juge-t-il.

L’Union européenne pourrait interdire toute utilisation de l’huile de palme dans les carburants

Ce mercredi 16 mai, Nicolas Hulot a répondu à une question sur le projet de La Mède dans la matinale de BFM et RMC. « Je leur demande, j’ai eu [le PDG de Total, Patrick] Pouyanné, de réduire au maximum l’utilisation d’huile de palme […] et d’essayer d’année en année de réduire la part d’huile de palme et d’augmenter la part d’huiles usagées. Je ne peux pas leur demander, alors qu’ils ont fait ces efforts et ces investissements, de renoncer », a-t-il fait valoir. « Mais on ne peut pas avoir tout du jour au lendemain. La tendance, irréversible, de s’affranchir des huiles de palme et d’éviter la déforestation importée, celle-là, on ne reviendra pas en arrière. À terme, l’Europe prendra évidemment ses responsabilités… dans les années qui viennent », a prophétisé ensuite Nicolas Hulot.

En vertu des objectifs de la COP21 sur les émissions de gaz à effet de serre, l’Union européenne pourrait interdire toute utilisation de l’huile de palme dans les carburants. Le sujet fait débat dans le cadre des négociations de la directive sur les énergies renouvelables qui se mènent d’ici à l’été. Le Parlement européen s’est prononcé en janvier pour une interdiction de l’utilisation de l’huile de palme dans les agrocarburants. La négociation sur l’ensemble de la directive est désormais en phase de « trilogue », c’est-à-dire en débat entre le Conseil, la Commission et le Parlement européens.

Le chantage aux avions Rafale de la Malaisie

La question de l’huile de palme pourrait être sur la table des discussions lors du prochain round de ce jeudi 17 mai. Parmi les membres du Conseil européen, la France est opposée à l’interdiction de l’huile de palme pour les carburants. « L’amendement adopté par le Parlement [européen] ne saurait être soutenu par les autorités françaises dans la mesure où il discrimine l’huile de palme », résume une lettre de Matignon au secrétariat général du Conseil européen, que Le Canard enchaîné s’est procurée. Si les importations venaient à se tarir, la Malaisie menace de ne pas acheter 18 avions Rafale, comme l’indiquait L’Usine nouvelle en mars au profit d’un concurrent britannique. De fait, il y avait divergence entre Nicolas Hulot et Florence Parly, la ministre de la Défense. Les considérations commerciales semblent l’avoir emporté sur les considérations écologiques.

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Deux avions de chasse Rafale sur le pont du « Charles-de-Gaulle ».

Dans le cadre des négociations européennes sur la directive énergies renouvelables, il est probable que ce soit la Commission qui tranchera.

Contactés, ni la préfecture des Bouches-du-Rhône, ni le ministère de Transition écologique et solidaire, ni Total n’ont répondu aux questions de Reporterre dans les temps impartis à la rédaction de cet article.

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castet-barou Membre 964 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Merci pour l'info PASCOU , vraiment mauvaise nouvelle pour moi qui Boycott les produits contenant de l'huile de Palme depuis au moins dix ans ,  la production de cette mauvaise huile pour la santé humaine et l'environnement  ne risque pas de baisser et c'est l'inverse qui se passe avec cette augmentation d'importation . Les propos  de Macron sur la biodiversité , la protection de la planète sont bien décevants .

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PASCOU Membre 23 560 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Il y a 9 heures, castet-barou a dit :

Merci pour l'info PASCOU , vraiment mauvaise nouvelle pour moi qui Boycott les produits contenant de l'huile de Palme depuis au moins dix ans ,  la production de cette mauvaise huile pour la santé humaine et l'environnement  ne risque pas de baisser et c'est l'inverse qui se passe avec cette augmentation d'importation . Les propos  de Macron sur la biodiversité , la protection de la planète sont bien décevants .

Tout dans l'hypocrisie. 

La loi du plus fort.

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