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saxopap Membre 4912 messages
SaXo‚ 99ans
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il y a 43 minutes, satinvelours a dit :

Lettre 59-6

14 septembre 2019

Samuel,  ( et tous les enfants du monde.)

XVI siècle

Le moment ottoman

Rappel

En 1453 (voir lettre 58-4), le 29 mai, l’ottoman Mehmet II s’empara de Constantinople. Le basileus (mot .......................Je t’aime,

Je pense toujours à toi,

Je suis bien certain que n'en tiendras pas compte, mais à chacun sa tâche.

Que dirais tu d'écrire ces mêmes histoires à l'attention de" tous les enfants du monde" ?

Bien amicalement

Saxo

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azad2B Membre 2898 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)
Il y a 18 heures, saxopap a dit :

Que dirais tu d'écrire ces mêmes histoires à l'attention de" tous les enfants du monde" ?

 

Là tu en demandes trop. Compte tenu de la haine qu'il éprouve pour tout ce qui vit et qui n'est pas lui, il a déjà eu bien du mal à faire croire qu'il est capable d' amour pour un individu directement issu de son imagination ( le tristounet Samuel ) il se l'est fait à la fois mouton, chèvre, crétin et débile, sorte de dépotoir dans lequel il peut se déverser à sa guise. De cela, tout le monde en est convaincu. (Sauf l' alliocha notre aristo du Kremlin Bicêtre) Mais lui demander d'aimer plus que ce qu'il s'est inventé lui-même, c'est trop. Vraiment trop.

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satinvelours Membre 922 messages
Forumeur accro‚
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Lettre 59-7

17 septembre 2019

Samuel,

XVI siècle

L’Empire chérifien

Les Ottomans dont la puissance politique s’étendait sous Soliman le Magnifique de la Mésopotamie jusqu’à l’Algérie en passant par les Balkans, le Hedjaz (La Mecque, Médine) et une partie du Yémen tentèrent de s’emparer du Maroc porte ouverte sur l’Espagne.

Après sa conquête par les Arabes à la fin du VII siècle et sa conversion à l’islam, le Maroc sut toujours défendre son autonomie. Rappelons que c’est le chef berbère Tariq ibn Ziyad qui engagea la campagne d’Espagne au début du VIII siècle (lettre 47-2) occupant notamment l’Andalousie. Puis du XI au XIII siècles les dynasties berbères marocaines des Almoravides (lettre 52) puis des Almohades (lettre 55) consolidèrent leurs possessions dans la péninsule ibérique tout en étendant leur pouvoir sur une partie de l’Algérie et des royaumes du sud-marocain.

Avec la Reconquista (lettre 56) puis la prise de Grenade (lettre 58-2) les Berbères et les Arabes durent refluer d’Espagne vers le Maroc. Ensuite à partir du XV siècle les Portugais commencèrent à établir des comptoirs sur la façade Atlantique du Maroc : Tanger, Arzila, Azemmour, Safi, Mazagan (El-Jadida), Aguz (Souira Guedima), Anfa (Casablanca), Mogador (Essaouira) Santa Cruz do Cabo de Aguer (Agadir).

Cet affaiblissement du Maroc aurait dû permettre aux Ottomans de conquérir le pays. Mais une famille marocaine d’origine arabe, les Saadiens, arrivèrent au pouvoir en 1511 en la personne de Al-Qâ’im bi-’Amr Allah (celui qui exerce la loi de Dieu). Ainsi naquit la dynastie chérifienne du Maroc, chérifienne car les Saadiens se disaient descendants du Prophète (un chérif est un descendant de Mahomet par sa fille Fatima).

En 1554 le fils cadet du fondateur de la dynastie, Mohammed ech-Cheikh, étendit son autorité sur tout le pays. Réorganisant l’armée il commença à reprendre aux Portugais leurs comptoirs à l’exception de Mazagan, Tanger et Ceuta (comptoir situé sur la Méditerranée). Puis il fit face à l’attaque lancée contre lui en 1554 par le Pacha d’Alger commandité par Soliman.

Aidé par les Espagnols qui, à partir d’un comptoir installé en Algérie, à Oran, prirent à revers l’armée ottomane (Charles Quint ne voulait pas laisser les Turcs s’implanter au Maroc afin de ne pas se retrouver attaqué sur deux fronts : au sud de l’Espagne et au nord des Balkans), Mohammed ech-Cheikh repoussa les Ottomans. Furieux Soliman ordonna son assassinat. Le berlebey d’Alger stipendia des assassins qui décapitèrent Mohammed ech-Cheikh. Sa tête fut exposée sur les remparts de Constantinople mais cette intimidation ne fit que renforcer les Marocains dans leur détermination à résister aux Turcs.

La guerre de succession qui suivit la décapitation du sultan amena au pouvoir Ahmed IV al-Mansour (règne : 1578-1603), l’un des fils de Mohamed ech-Cheikh, sous le pouvoir duquel la dynastie chérifienne atteignit son apogée.

1578 (début du règne d’al-Mansour) : cette année-là, le 4 juillet (lettre 59-5) eut lieu la bataille d’Alcaçar-Quivir appelée aussi bataille des Trois Rois. En effet s’y affrontèrent Sébastien Ier, roi du Portugal, le chérif régnant du Maroc : Abd el-Malek (frère de Mohamed ech-Cheikh) et le prétendant au sultanat, rival de ech-Cheikh, son neveu Mohamed al-Mutawakkil petit-fils du fondateur de la dynastie, allié à Sébastien. D’où le nom de la bataille : Trois Rois. Au cours de l’affrontement les trois Rois moururent ce qui permit à al-Mansour de prendre le pouvoir.

Le sultan, s’inspirant des méthodes ottomanes, construisit une armée puissante qui le fit respecter par toute L’Europe jusqu’aux sultans de Constantinople.

Fort de sa puissance, en 1590, il lança son armée commandée par un général brillant, l’ibérique Djouder à l’assaut de l’Empire songhaï, situé au sud du Maroc, correspondant au Mali actuel. Après avoir traversé le Sahara, l’armée marocaine affronta l’armée songhaï au bord du Niger en 1591, entre Tombouctou et Gao. Djouder gagna la bataille ce qui permit à Ahmed al-Mansour d’étendre son royaume sur toute la vallée moyenne du Niger et de contrôler le commerce du sel, de l’or et des esclaves qui transitait par cette vallée.

Ainsi fut constitué l’Empire chérifien.

Al-Mansour fit construire à Marrakech, après la bataille des Trois Rois, le luxueux palais El Badi (Palais de l’Incomparable) sur le modèle des anciennes résidences de l’Andalousie musulmane. Il y recevait les ambassades venues d’Europe et de Turquie. Il ne reste aujourd’hui de ce palais qu’une immense esplanade aménagée en jardins et en vergers, entourée de murailles.

Bravo pour tes excellentes notes en mathématiques. Je suis heureux de constater que tu as su assimiler les principes du raisonnement mathématique. Plus tard tu transmettras à ton tour ce savoir. Je vois que tu as, face à toi, des Russes forts en mathématiques. Ce ne peut être que stimulant pour toi.

Je pense à toi, je suis heureux que tu te plaises à Moscou.

Je t’aime,

Je t’embrasse

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azad2B Membre 2898 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)
Le 17/9/2019 à 11:11, satinvelours a dit :

Je t’embrasse

Où ?

  • Haha 2

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saxopap Membre 4912 messages
SaXo‚ 99ans
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Le 16/09/2019 à 10:07, Passiflore a dit :

 

Il y aurait en effet tant et tant à dire !!

 

Pour résumer : des projets et des choix existentiels découlant d'une même vision des choses de la vie et de l'amour.

Donc réalisable 

Le 15/09/2019 à 11:45, azad2B a dit :

Là tu en demandes trop. Compte tenu de la haine qu'il éprouve pour tout ce qui vit et qui n'est pas lui, il a déjà eu bien du mal à faire croire qu'il est capable d' amour pour un individu directement issu de son imagination ( le tristounet Samuel ) il se l'est fait à la fois mouton, chèvre, crétin et débile, sorte de dépotoir dans lequel il peut se déverser à sa guise. De cela, tout le monde en est convaincu. (Sauf l' alliocha notre aristo du Kremlin Bicêtre) Mais lui demander d'aimer plus que ce qu'il s'est inventé lui-même, c'est trop. Vraiment trop.

Dac, je veux bien comprendre. ( ...la haine etc...)

mais je n’y crois pas

bise

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satinvelours Membre 922 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Lettre 59-8

4 Octobre 2019

Samuel,

XVI siècle

La Pologne-Lituanie

Nous avons cité la Pologne pour la première fois dans la lettre 57- Chapitre 1. Elle constituait au quatorzième siècle un royaume dirigé de 1333 à 1370 par Casimir-le-Grand. Ce souverain sut faire du petit pays créé vers le huitième siècle par les Polanes, une tribu slave, un état influent sur la scène européenne. Il doubla la superficie du territoire en repoussant notamment les Allemands qui le menaçaient à l’ouest.

Rappelons que sous la pression de tribus nomades venues d’Asie centrale les Slaves se divisèrent en trois groupes dès le septième siècle : les Slaves de l’est, ceux de l’ouest et ceux du sud. Les Slaves de l’ouest sont les ascendants des Polanes. Ces derniers passèrent sous l’influence de l’Europe de l’ouest en se convertissant en 966 au christianisme. Lors du schisme de 1054 (voir lettre 54-1) les Polonais restèrent soumis à l’autorité de Rome, ils devinrent catholiques. [Les Russes, descendants des Slaves de l’est avec les Ukrainiens et les Biélorusses, basculèrent sous l’influence de Byzance, l’Empire romain d’Orient, ils devinrent orthodoxes. Nous voyons que la cassure culturelle entre Polonais et Russes remonte à loin. Quant aux Slaves du sud ils occupèrent les Balkans, ce sont les ascendants des Slovènes et des Serbes].

L’héritière du trône de Pologne, Hedwige, se maria en 1386 avec le Grand-Duc Jagellon de Lituanie, ainsi commença l’union politique entre la Pologne et la Lituanie. Le Grand-Duc, après s’être converti au catholicisme, prit le nom de Ladislas II Jagellon. Il gouverna la Pologne avec sa femme, jusqu’à la mort de celle-ci en 1399, puis seul, jusqu’à sa mort en 1434. Il gouverna la Lituanie de 1377 à 1387 date à laquelle il confia le gouvernement à un tiers (Skirgaila) jusqu’en 1392.

Jagellon était le fils du Grand-Duc de Lituanie Olgerd lequel régna sur le duché de 1345 à 1377. Olgerd avait profité de l’effondrement de la Rus de Kiev (suite à d’incessantes guerres de succession et à l’irruption des Mongols et des Tatars) pour conquérir l’ancienne Russie kiévienne.

En1392 l’union politique Pologne-Lituanie fut mise à mal : le cousin de Jagellon, Vitovt (converti lui aussi au catholicisme) prit le pouvoir en Lituanie et mena sa propre politique. Il s’attaqua à la principauté naissante de Moscou et au khan de la Horde d’Or [La Horde d’Or était le nom donné au territoire occupé par les Mongols-Tatars. Il comprenait la Russie méridionale (la Crimée, la région de Kazan et celle d’ Astrakhan) ainsi que le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et le Turkménistan actuels].

Mais Vitovt fut écrasé par le khan lors de la bataille de Worskma en 1399. Il ne réussit pas plus à briser Moscou. Du coup il renoua avec la Pologne pour s’attaquer aux Allemands

(l’Ordre teutonique) qui bloquaient l’accès à la Baltique grâce à leurs conquêtes territoriales : Prusse orientale et Livonie (incluse dans la Lettonie et l’Estonie actuelles).

Les Polonais et les Lituaniens à nouveau réunis vainquirent les Allemands en 1410 lors de la bataille de Grunwald (Tannenberg en allemand). La domination de l’Ordre teutonique dans la région fut brisée et l’accès à la mer assuré. Vitovt mourut en 1430 ce qui permit à Jagellon de reprendre le pouvoir en Lituanie et d’installer à la tête de l’union la dynastie des Jagellons qui régna jusqu’en 1572.

En 1569 sous le règne de Sigismond II Auguste, le dernier des Jagellons, fut signé le traité de l’Union de Lublin qui réunit le royaume de Pologne et le Grand-Duché de Lituanie en un seul État. Cette Union fut encore appelée : République des Deux Nations. L’ensemble couvrait un territoire qui allait de la mer Baltique à la mer Noire jusqu’aux portes de Moscou. Sa capitale fut d’abord Cracovie puis Varsovie à partir de 1596. [Ce territoire correspond à peu près aujourd’hui aux territoires de la Pologne, la Biélorussie, l’Ukraine, la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie]. Ce traité donna ainsi naissance au plus grand État jamais connu en Europe (à l’exception de la Russie), d’une superficie de 800 000 km² et d’une population de 7 500 000 habitants.

Sous le règne du successeur du dernier des Jagellons, Étienne 1er Bathory qui régna de 1576 à 1586, l’Union connut son âge d’or. Dans la lignée de Sigismond Auguste il ouvrit son pays aux influences occidentales : l’humanisme et la Renaissance. La production céréalière s’accrut, de nouvelles terres furent défrichées. Surtout il promut la liberté religieuse. Bien que catholique, soucieux de ne pas provoquer dans son royaume des guerres de religion, il permit l’exercice de tous les cultes. Les minorités religieuses, protestants et juifs, ne furent pas inquiétées. Déjà Sigismond en 1573 avait proclamé la liberté de conscience. La Pologne-Lituanie apparut ainsi comme un havre de paix : les persécutés, en raison de leur confession, vinrent s’y réfugier. Enfin Étienne Bathory consolida l’étendue de son territoire en prenant en 1582, à Ivan le Terrible, la Livonie.

Mais l’Union était fragile. La noblesse exploitait de vastes territoires travaillés par une paysannerie de serfs asservis sans retenue. Cette même noblesse tentait avec succès de limiter le pouvoir royal en sacrifiant l’intérêt général à leurs intérêts provinciaux. Elle refusait de participer à l’effort financier de guerre, empêchant la création d’une armée nationale ce qui obligeait le roi à recourir à des mercenaires pour défendre les frontières. Or face à ce pouvoir royal affaibli, la Russie au même moment prônait l’autocratie et la toute puissance du pouvoir tsariste. La Pologne-Lituanie se préparait ainsi à des lendemains difficiles.

 

J’espère que tu as passé une bonne fête de Roch Hachana. C’est en principe l’an 5780, que tu peux aussi interpréter, puisque la création du monde remonte à bien plus loin, comme le temps passé depuis le début de la création continue de la mémoire juive.

Toujours, je pense à toi,

Je t’aime,

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satinvelours Membre 922 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Lettre 59-9

 

6 novembre 2019
 

Samuel,
 

XVI siècle

 

La Russie
 

La Russie apparut de manière déterminante dans l’histoire de l’Europe occidentale avec la guerre de Livonie menée par Ivan IV le Terrible. Cette guerre fut certes perdue par le Tsar mais l’Occident prit alors conscience qu’une nation puissante était née à l’Est.

Après la création de la Rus’ de Kiev en 882 par le Varègue Oleg, lui-même successeur de Rurik, le premier Varègue de la dynastie des Riourikides [qui régna en Russie de 882 à 1598 avant d’être remplacée par la dynastie des Romanov], établit lui à Novgorod, d’incessantes guerres de succession provoquèrent l’effondrement du jeune État.

L’apparition des Mongols-Tatars au XII siècle provoqua la sujétion des Russes aux chefs mongols, les khans, qui s’établirent sur un vaste territoires appelé la Horde d’Or (capitale : Saraï) situé en Russie méridionale. Les Mongols dominèrent la Russie jusqu’en 1480 avant que leur territoire éclate en khanats, celui de Crimée, celui de Kazan, celui d’Astrakhan et celui se Sibir.

Sous la domination des Mongols-Tatars les Russes construisirent au XII siècle un nouvel État à Novgorod avant que s’affirme, à partir du XIV siècle la principauté de Moscou. Les souverains successifs de la principauté surent progressivement accroître le territoire de la Moscovie sans parvenir toutefois à reprendre en totalité l’ancien territoire de la Rus’ de Kiev passé sous le contrôle de la Pologne-Lituanie.

C’est surtout Ivan III le Grand (1462-1505) qui fit de la petite principauté un immense territoire de 2 000 000 km², comprenant à la fin de son règne : la Moscovie (Moscou, Vladimir, Souzdal), le territoire de Novgorod, comprenant les métropoles de Pskov et de Viatka, le territoire de Riazan comprenant les principautés de Rostov, Iaroslav et Tver. En outre la possession des terres de Novgorod ouvrit une route d’accès à la Sibérie, par le Nord.

Ivan III parvint également à reprendre à la Pologne-Lituanie les régions de Smolensk et de Polatsk ainsi qu’une grande partie de celle de Chernigov qui faisaient jadis partie de la Rus’ de Kiev sans néanmoins pouvoir reprendre Kiev.

C’est sous Ivan III également que la Russie devint la premiere représentante de la religion orthodoxe dont le centre géographique situé à Constantinople était passé sous le contrôle des Turcs musulmans en 1453. La chute de l’Empire romain d’Orient donna légitimité aux Russes pour s’en sentir les héritiers et leur permettre de considérer Moscou comme l’incarnation d’une troisième Rome.

Le règne d’Ivan le Terrible (1533-1584) marqua les esprits de toute l’Europe tant son autorité fut dévorante. Sacré premier Tsar de toutes les Russies, descendant non seulement de Rurik mais aussi des Paléologues, les Empereurs de Byzance, par sa grand-mère paternelle, il s’estima l’héritier et même le descendant de l’Empereur romain Auguste ce qui, dans son esprit, faisait de lui le souverain de tout l’Occident.

Il s’empara du khan de Kazan puis celui d’Astrakhan puis il soumit le khan de Sibir qui lui fit acte d’allégeance. S’appuyant sur les Cosaques, cavaliers aventuriers issus de toutes les nations, vivant dans les marches sud (les frontières sud) de la Russie, guerriers intrépides et invincibles, il commença la conquête de la Sibérie.

Il fut moins heureux dans sa guerre contre la Livonie. La Livonie était un ancien territoire conquis par l’Ordre teutonique entre Novgorod et la mer Baltique. Cette région était très convoitée par la Suède, la Pologne et la Russie car elle permettait l’accès à la mer Baltique. Ivan essaya de s’emparer de cette zone stratégique mais il s’enlisa dans une guerre qu’il perdit. Néanmoins pour la première fois de son histoire la Russie fit ainsi irruption dans l’espace territorial européen.

Sous le règne de Féodor, le fils du Terrible, le patriarche de Constantinople accepta de créer à Moscou en 1589 un cinquième patriarcat (après ceux de Jérusalem, Antioche, Alexandrie et Constantinople) ce qui conféra à la Russie, déjà considérée comme l’héritière de l’Empire romain d’Orient un rayonnement spirituel considérable.

Je te félicite pour avoir obtenu de tes enseignants l’ouverture d’un nouvel atelier à Moscou où tu vas pouvoir à ton tour enseigner tes auditeurs.

J’espère que tu vas bientôt apprendre à conduire un cheval. Alors armé de ton sabre, transporté par ton destrier tu sentiras de l’intérieur même de ton esprit ce que vécurent les Cosaques.



Je t’embrasse,

 

Je t’aime

 

 

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zenalpha Membre 13062 messages
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Chouette, Samuel va enfin pouvoir enseigner aux russes.

Après ces jeux de culture espérons que ça lui reussisse

 

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satinvelours Membre 922 messages
Forumeur accro‚
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Lettre 59-10

 

7 novembre 2019,

Samuel,


XVI siècle : La Perse

Nous avons déjà eu affaire avec la Perse lors de l’exil des Judéens à Babylone (voir lettre 24). En 539 avant l’E.C. Cyrus II dit Cyrus le Grand conquit Babylone et occupa la Palestine. C’est lui qui autorisa les Judéens à revenir en Israël. Il fonda le premier Empire perse dont le territoire allait de la Méditerranée jusqu’à l’Inde. Avec lui s’installa la dynastie des Achéménides d’origine indo-européenne. Nous avons retrouvé l’Empire perse quand Alexandre le Grand se mit en tête de le conquérir (lettre 26). Alexandre déposa le dernier Empereur perse Darius III après l’avoir vaincu en 331 avant l’E.C. Ce furent alors les Séleucides, dynastie grecque issue de Séleucos l’un des diadoques d’Alexandre (diadoque : général et compagnon du conquérant), qui régnèrent sur la Perse.

Au troisième siècle après l’E.C. une nouvelle dynastie s’imposa : les Sassanides (voir lettre 45). Ils restaurèrent la puissance de l’ancien Empire sur un territoire qui correspond à peu près à l’Irak et à l’Iran actuels. Mais en 636 un nouveau peuple surgit sur la scène : les Arabes. Ils vont submerger les Perses dont l’Empire va s’effondrer et disparaître. Les Perses vont alors devenir les administrateurs des Empires arabes dirigés par les Omeyyades puis par les Abbassides(lettre 49-1). Vers la fin du X siècle l’Empire abbasside se fracture, une nouvelle dynastie, les Bouyides, d’origine perse et de confession chiite prit le pouvoir.

Au XI siècle les Turcs Seldjoukides venus d’Asie centrale renversèrent les Bouyides et imposèrent un islam sunnite (lettre 52). Au XIII siècle les Mongols de Gengis Khan, à leur tour, déferlèrent sur la région. Ils s’emparèrent de la Perse et installèrent à la tête du pays Houlagoukhan, le petit-fils de Gengis-khan. Ce dernier fonda la dynastie des Houlagides qui régna jusqu’au début du XIV siècle. Ce furent ensuite les hordes menées par Tamerlan qui occupèrent le pays. Tamerlan devint empereur de la Perse en 1381. Ses descendants les Timourides régnèrent sur la Perse jusqu’en 1501.

Vers 1500 des milliers de partisans d’origine turque convertis au chiisme, menés par leur chef Ismaïl prirent le contrôle de la Perse. Ismaïl en devint le Chah (le roi) et fonda la dynastie des Séfévides. Son petit-fils Abbas Ier le Grand qui régna de 1587 à 1629 stabilisa les frontières du royaume qui correspondent pratiquement à celles de l’Iran actuel. Il réussit à imposer une centralisation de l’État. Sous son règne les arts et les lettres furent à l’honneur, Ispahan la capitale s’embellit de monuments ( la place Royale, la mosquée de l’Imam avec un dôme de faïence bleu turquoise), l’art de la miniature connut une période faste. La Perse devint également une grande puissance commerciale entretenant avec l’Europe un important trafic centré sur la soie.

 

Bravo pour ton récital de trompette à Moscou !

 

Je t’embrasse, Je t’aime

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zenalpha Membre 13062 messages
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Il y a 10 heures, satinvelours a dit :

Bravo pour ton récital de trompette à Moscou !

 

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Ines Presso Membre 6534 messages
Forumeur alchimiste‚
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Le 30/04/2019 à 20:57, Blaquière a dit :

En tout cas, merci : j'en ai profité pour revoir les sinus, cosinus... etc !

Je vous rassure j'ai pas refait les calculs pour savoir où était la couille en question. Ni même s'il y en avait une. Mais comme la figure était pas trop mal faite, (à part l'angle droit qui n'était pas trop droit), le résultat était surprenant. Il faut un peu faire confiance à ses sens parfois ? (Entre autres)

"Faire partout des dénombrements si complets des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre."

(Descartes)

Oui, tu en as profité pour revoir les sinus cosinus, ça t’a donné mal à la tête, et tu as pris la tangente. :p

 

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zenalpha Membre 13062 messages
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Le problème des sinus à Moscou c'est de ne pas oublier son cache nez.

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satinvelours Membre 922 messages
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Lettre 59-11-1


8 novembre 2019,

Samuel,


XVI siècle

La saga des Juifs


1) Introduction

Lisons ce qu’écrit Michel Abitbol dans son livre « Histoire des Juifs », page 271 :

« A l’heure de l’absolutisme et du mercantilisme triomphants, tous séfarades et ashkénazes prennent une part active dans les nouveaux circuits d’échanges qui relient l’Europe à l’Afrique, à l’Asie et aux Amériques, et qui enjambent l’Atlantique, la mer du Nord, la Baltique, la Méditerranée, l’Adriatique, le golfe Persique et l’océan Indien. Au hasard des migrations et des expulsions, leurs chemins se croisent à Istanbul, Salonique, Smyrne, Alep, Safed et Jérusalem ou à Venise, Pise, Livourne, Amsterdam, Hambourg, Londres et même à Cracovie, Vienne et Budapest.

S’enflammant pour les mêmes utopies messianiques et s’efforçant de mettre en harmonie leurs codes rituels ils accourent les uns au secours des autres pour sauver de la captivité leurs coreligionnaires faits prisonniers ou vendus en esclavage loin de leur pays. Ils veillent ensemble au bien-être des Juifs de Terre Sainte et à l’entretien des yeshivot de Jérusalem, Hébron, Safed et Tibériade. Ne cessant d’échanger entre eux hommes, livres et idées, ils ont le sentiment de partager la même histoire et le même vécu.»


2) Les Juifs dans la péninsule ibérique

Nous avons vu, lettre 58-2, qu’au cours de l’été 1492 après l’édit d’expulsion pris par les Rois catholiques d’Espagne le 1 mai 1492, entre 50 000 à 80 000 juifs partirent d’Espagne pour gagner le Portugal. Ils y furent d’abord bien accueillis mais le roi du Portugal arrivé au pouvoir en octobre 1495, Manuel Ier, du fait de la clause de son contrat de mariage avec Isabelle d’Aragon, l’héritière du trône d’Espagne, qui stipulait que le pays de son époux ne devait être peuplé que de catholiques, publia un arrêté d’expulsion en 1496. Puis se ravisant, désireux d’intégrer une population d’immigrés juifs dont les savoirs pouvaient dynamiser l’administration de son pays, en 1497 il commua cet édit d’expulsion en conversion forcée et interdit dans la foulée aux Juifs de quitter le pays (fermeture des ports). Il ordonna le baptême forcé des enfants âgés de moins de 14 ans puis il fit baptisé les moins de 25 ans et enfin il baptisa la communauté toute entière. Afin de permettre aux nouveaux chrétiens (cristaos novos) de s’habituer progressivement à leur nouvelle condition il leur accorda une période de transition de 20 ans pendant laquelle il les laissait libres de leurs pratiques religieuses. Ce qui produisit finalement de nouveaux conversos, ou marranes, les Juifs continuant de pratiquer le judaïsme dans leur vie privée.

La population vit d’un mauvais œil arriver ces exilés. Lors d’une épidémie de peste, en 1506, ces derniers furent pris comme boucs émissaires : deux milliers d’entre eux furent massacrés. Manuel Ier réagit en donnant sa protection aux Juifs en 1507. Mais au fur et à mesure que ces derniers prenaient des places de choix dans la société (banques, commerce extérieur, marchés du sucre, des esclaves et des épices) les anciens chrétiens (les Portugais) s’en prirent à eux. Quand Jean III succéda à son père Manuel en 1521 il demanda au pape Paul III l’établissement d’une Inquisition au Portugal. Le pape accéda à cette demande en 1536. Il s’agissait de traquer les Juifs qui, bien que convertis, continuaient de pratiquer leur culte.

Les «nouveaux chrétiens» quittèrent alors par milliers le Portugal pour chercher refuge ailleurs. Beaucoup émigrèrent dans le sud-ouest de la France, dans les Flandres et en Italie, ou encore dans l’empire ottoman ou dans les communautés du sud de la Méditerranée. D’autres allèrent s’établir dans l’archipel de Madère ainsi qu’ à Sao Tomé puis au Brésil où ils développèrent la culture de la canne à sucre grâce à des techniques apprises à Sao Tomé et à Madère.

Mais d’autres choisirent de retourner en Espagne. En principe plus un seul Juif n’habitait en Espagne depuis l’expulsion de 1492 les derniers conversos s’étant en principe totalement assimilés. Mais l’afflux massif des « cristaos novos » ranima la fibre juive chez ces assimilés tout en ranimant aussi l’Inquisition espagnole et les débats sur la « pureté de sang » (la limpezia de sangre).

En juillet 1547 l’Église catholique de Tolède promulgua un statut de pureté de sang en interdisant les mariages entres vieux chrétiens (les Espagnols) et les nouveaux venus du Portugal, les « nouveaux chrétiens ». Certaines professions leur furent en outre interdites (médecine, chirurgie, pharmacie). Certaines provinces leur interdirent leurs territoires ou ils furent confinés dans des quartiers spéciaux. Après l’union du Portugal et de l’Espagne réalisée par Philippe II en 1580 (voir lettre 59-5) nombre de marranes (nouveaux chrétiens) partirent au Brésil, au Mexique, à Cuba, au Pérou. D’autres formèrent une nouvelle communauté à Amsterdam.

C’est ainsi qu’en expulsant les Juifs et les marranes de la péninsule ibérique les gouvernants et l’Inquisition contribuèrent à l’expansion du judaïsme dans le monde entier et à son renforcement dans les communautés moribondes du sud de la Méditerranée. Ils permirent aussi le retour des Juifs dans les pays européens comme la France et l’Angleterre.

Le sort des marranes durant les siècles suivants (jusqu’au XVIII siècle) resta incertain dans la péninsule. Les souverains, lorsque la situation économique se dégradait, se rendant compte de l’apport précieux d’une communauté au dynamisme commercial incomparable, cherchaient à les garder ou à les rapatrier. Mais sans cesse, d’une manière erratique, l’Inquisition intervenait pour les persécuter.

J’espère que la rentrée s’est bien passée,

Je t’embrasse,

Je t’aime

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zenalpha Membre 13062 messages
Agitateur Post Synaptique‚ 50ans
Posté(e)
il y a 5 minutes, satinvelours a dit :

J’espère que la rentrée s’est bien passée,

Je t’embrasse,

Je t’aime

...Je te prends et je te retourne.

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azad2B Membre 2898 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
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Il y a 23 heures, zenalpha a dit :

...Je te prends et je te retourne.

N' incestons pas : c'est de son fils qu'il s' agit, bordel !

  • Haha 1

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zenalpha Membre 13062 messages
Agitateur Post Synaptique‚ 50ans
Posté(e)
il y a 12 minutes, azad2B a dit :

N' incestons pas : c'est de son fils qu'il s' agit, bordel !

Ou pas. Plutôt pas.

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azad2B Membre 2898 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)
il y a 8 minutes, zenalpha a dit :

Ou pas. Plutôt pas.

Bah, on peut se permettre une petite concession, de temps en temps. Par pure charité chrétienne. :hello:

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zenalpha Membre 13062 messages
Agitateur Post Synaptique‚ 50ans
Posté(e)
à l’instant, azad2B a dit :

Bah, on peut se permettre une petite concession, de temps en temps. Par pure charité chrétienne. :hello:

La charité a pour fille la condescendance 

On serait plutôt sur un "Samuel" a la conne ascendance.

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azad2B Membre 2898 messages
Le prendre au sérieux, nuit gravement à la santé‚
Posté(e)

Arrête, tu vas lui gâcher son samedi à cet aristocratique descendant de chauffeur de taxi russe.

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satinvelours Membre 922 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Lettre 59-11-2
 

10 novembre 2019,


Samuel,


XVI siècle


La saga des Juifs

3) les Juifs en France

Nous avons vu (lettre 57-Chapitre 1) que les Juifs furent définitivement expulsés de France en 1394 (le 17 septembre sur décision de Charles VI). Lorsque la Provence fut rattachée au royaume de France en 1481 ils furent d’abord expulsés d’Arles en 1493 puis de Tarascon en 1496. Enfin en 1500-1501 ils furent expulsés de toute la Provence.

Il y eut tout de même une exception. Louis XI, en 1472, permit à des marranes ibériques de s’établir à Bordeaux dévasté par la guerre de Cent ans afin de contribuer au redressement de la ville. Ils furent ensuite rejoints par de «nouveaux chrétiens» portugais après l’établissement de l’Inquisition au Portugal.

A partir de la moitié du XVI siècle l’attitude des autorités françaises vis-à-vis des Juifs changea. Ainsi en août 1550 les lettres patentes de Henri II accordèrent aux « nouveaux chrétiens » portugais le droit de s’installer en France. Henri III renouvela ces lettres en1574 autorisant les conversos à exercer librement leurs « trafics » et toutes autres « manufactures ».

Néanmoins les conversos étaient toujours officiellement convertis au catholicisme . Aussi par prudence ils continuèrent de faire baptiser leurs enfants, de célébrer leurs mariages à l’église et de faire bénir leurs enterrements par les curés (qui parfois étaient eux-mêmes des conversos). Nombre de ces conversos, comme en Espagne et en Italie, finirent par assumer leur identité chrétienne sans pour autant couper leurs liens avec leurs parents et amis revenus au judaïsme. Ce fut le cas de la mère de Montaigne Antoinette de Lopez.

Les marranes (ou conversos ou « nouveaux chrétiens », tous ces mots sont synonymes) utilisèrent aussi la France comme escale provisoire avant leur installation définitive à Amsterdam, Anvers ou Hambourg. Ainsi ils s’installèrent dans plusieurs localités du sud-ouest : Saint-Jean-de-Luz, Biarritz, Labastide-Clarence, Peyrehorade, Bidache, Bayonne, ou des localités portuaires telles La Rochelle, Nantes, Le Havre, Rouen, Marseille mais aussi dans des villes telles Paris ou Toulouse.

Parfois certains firent souche dans ces villes. Ainsi Élie de Montalto (1567-1616), médecin de la reine Marie de Médicis s’installa à Paris où il eut même la possibilité de revenir à la pratique officielle du judaïsme (il fut considéré comme le seul Juif autorisé de la cour royale). Alfred de Vigny dans sa " Maréchale d'Ancre " mit en scène son histoire sous le nom de Samuel Montalto.


4) Les Juifs en Angleterre

Les Juifs étaient bannis d’Angleterre depuis 1290 et les rares marranes qui s’y installèrent au début du XVI siècle ne manifestèrent pas leur identité juive.

Henri VIII s’appuya sur des érudits juifs pour justifier son divorce d’avec Catherine d’Aragon et son mariage avec Anne Boleyn (voir lettre 29-3). Une centaine de marranes s’installèrent à la cour d’Élisabeth I.

Hector Nunes médecin et commerçant qui informa la cour d’Angleterre de la concentration à Lisbonne de l’invincible armada (voir lettre 59-5) sut bien s’intégrer. En revanche Roderigo Lopes médecin de la reine (c’était un marrane portugais) parvint à déchaîner contre lui une violente campagne anti-juive à cause de ses sympathies espagnoles (il est vrai que les relations entre l’Angleterre et l’Espagne étaient à l’époque plutôt houleuses (lettre 59-5)). C’est lui qui aurait inspiré à Shakespeare le personnage de Shylock dans le Marchand de Venise. Il finit par être accusé de complot contre la reine en 1594 avant d’être exécuté.

Du coup la petite communauté fut dispersée et ses membres allèrent se réfugier aux Pays-Bas déguisés en sujets catholiques romains de la péninsule ibérique. Il faudra attendre le siècle prochain pour que les Juifs puissent revenir en Angleterre.


5) les Juifs dans le Saint-Empire romain germanique

Nous avons vu qu’en Allemagne après la fin de la période de la Peste noire quantité de villes allemandes procédèrent à des expulsions des Juifs (lettre 58-3). Il en fut de même en Suisse. Ces expulsions se poursuivirent tout le long du XV siècle et au début du XVI siècle. Beaucoup de Juifs se réfugièrent dans de petites localités rurales.

Quelques villes gardèrent leurs communautés mais elles les cantonnèrent dans des ghettos notamment à Francfort-sur-le-Main et à Worms. En revanche en Bohème et en Moravie (république tchèque) les communautés juives se maintinrent. Le ghetto de Prague doubla sa population entre 1520 et 1540 atteignant 6000 âmes.

L’apparition de Luther (lettre 59-3) laissa envisager un retour en grâce des Juifs. Ainsi en 1523 il publia un pamphlet « Jésus est né Juif » dans lequel il s’attaqua à tous ceux (surtout les papistes) qui persécutaient les Juifs. Il écrit : « si j’avais été Juif j’aurais préféré me faire porc plutôt que chrétien. Les Juifs sont les parents de sang...de Notre Seigneur [Jésus]. Ils appartiennent à Jésus-Christ bien plus que nous. Je prie donc mes chers papistes (ceux qui obéissent au pape et contre lesquels Luther va développer sa nouvelle foi) de me traiter de Juif »

Changement de ton dès 1526 quand Luther se rendit compte qu’il ne parviendrait pas à convertir les Juifs à sa réforme religieuse. Il écrivit « le Christ n’a pas d’ennemis plus venimeux que les Juifs ». Du coup il voulut faire disparaître le judaïsme et mettre le feu aux synagogues.

Après la victoire des protestants en Basse-Saxe, dans le duché de Brunswick, à Hanovre Luxembourg et à Berlin les Juifs furent expulsés en 1560 puis en 1573. Même comportement dans le duché de Silésie en 1589. Dans d’autres régions gagnées par les protestants (duché de Hesse notamment) ils ne furent pas expulsés mais ils furent soumis à l’interdiction d’édifier des synagogues et à l’interdiction d’étudier le Talmud. Ils durent aller à l’église écouter des prêches de conversion.

Seules les communautés situées dans des villes dominées par les catholiques furent épargnées, elles furent même protégées.

Après la signature en 1555 de la paix d’Augsbourg établissant le principe cujus regio, eius religio, tel prince telle religion, chaque région devant prendre la religion de son prince, les Juifs se retrouvèrent soumis à l’arbitraire du régnant.

Un homme remarquable, le rabbin alsacien Joselmann de Rosheim, né vers 1480, parvint à défendre sa communauté en réussissant par la persuasion à obtenir des arbitrages favorables près des Empereurs. En 1507 lors de l'expulsion des Juifs de Colmar, il fit appel avec succès à Maximilien qui annula cette décision. Il obtint le même succès pour empêcher l’expulsion des Juifs d’Augsbourg, de Nassau, de Worms, de Francfort. Sa communauté le choisit pour chef et guide. Devenant progressivement connu comme défenseur des communautés juives pour les matières religieuses et légales, Joselmann acquit le statut de chef de tous les Juifs de l'Empire allemand.

Peu après l'ascension sur le trône de l'empereur Charles Quint, à Aix la Chapelle, en 1520, il obtint une lettre de protection (charte) de l'Empereur pour tous les Juifs d'Allemagne. A plusieurs reprises, il intercéda avec succès auprès du roi Ferdinand, frère de l'Empereur, en faveur des Juifs de Bohème et de Moravie. Une action importante de Joselmann fut l'établissement de règles pour les prêts effectués par ses coreligionnaires : il leur fut désormais interdit d'exiger un taux d’intérêt trop élevé.

Il défendit les Juifs contre les attaques de Luther. Ainsi il réfuta les affirmations du prédicateur dans une pétition volumineuse qu'il fit parvenir au bourgmestre de Strasbourg, et ce dernier, à la suite, interdit une nouvelle réédition des écrits haineux de Luther. Autant qu’il put le faire Joselmann défendit sa communauté obtenant dans les cas les plus cruciaux l’aide impériale. Il mourut en 1554.

Si aucun successeur n’atteignit son envergure il faut noter l’action du rabbin Juda Löew Bezalel plus connu sous le nom de Maharal de Prague (1525-1609). Talmudiste, moraliste, cabaliste, mathématicien, astronome et alchimiste il devint le chef de la communauté juive de Bohème-Moravie. Bien que resté fidèle à la Torah il eut recours à la science profane dans son enseignement et il fit appel à la philosophie occidentale dans son interprétation de la Aggadah (lettre 44). Son nom est lié au golem de Prague, la créature d’argile à laquelle il avait insufflé la vie à l’aide d’inscriptions cabalistiques. Selon la légende le Maharal aurait décidé de le détruire après qu’un vendredi soir il eut échappé à son contrôle (voir correspondance 1).


Je t’embrasse,

Je t’aime

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