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zenalpha Membre 13303 messages
Agitateur Post Synaptique‚ 51ans
Posté(e)

Au premier post Samuel refusait d'être circoncis.

Je suis certain qu'on pourrait abréger la lobotomie du pauvre garçon sur le destin juif en lui proposant pour ce petit prépuce de ne plus lui casser les couilles 

Courage Samuel.

Sinon, change de religion.

  • Merci 1

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satinvelours Membre 1019 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Lettre 59-11-3

13 novembre 2019,


Samuel,


XVI siècle


La saga des Juifs


6) Les Juifs aux Pays-Bas

Après la mise en place de l’Inquisition au Portugal en 1536 des marranes partirent pour Anvers devenu un entrepôt du trafic maritime entre la péninsule Ibérique et les Indes occidentales et orientales. Les frères Francisco et Diogo Mendes s’y rendirent entraînant avec eux des centaines de marranes dont ils organisèrent l’évasion.

Les 17 Provinces des Pays-Bas alors sous domination espagnole se révoltèrent contre Philippe II en 1576 (lettre 59-5). Mais les Provinces ne s’entendirent pas entre elles et leur opposition tourna en guerre de religion (catholiques contre calvinistes). Cette guerre insécurisa les Juifs d’Anvers qui partirent progressivement de la ville portuaire pour rejoindre Hambourg puis Amsterdam. En 1581 les dix Provinces du Nord proclamèrent leur indépendance sous le nom de République des Provinces-Unies. Leur capitale, Amsterdam, s’engagea à respecter la liberté d’opinion de ses habitants ce qui provoqua un afflux d’étrangers. Une communauté juive s’y implanta entre 1595 et 1600. Elle prit un essor important au XVII siècle.


7) Les Juifs en Italie

Certains marranes, toujours après l’établissement de l’Inquisition au Portugal choisirent d’atteindre les Balkans et la Turquie en passant par l’Italie. Certains voulurent s’y établir mais l’atmosphère s’alourdit considérablement lorsque la Contre-Réforme prit son essor (lettre 59-4).

Dès 1541 les Juifs furent expulsés de l’Italie méridionale alors sous domination espagnole. En 1553 le pape Jules III (pontificat :1550-1555) ordonna que le Talmud soit brûlé à Rome et partout ailleurs en Italie. En 1555 Paul IV ( pontificat : 1555-1559) ordonna la ghettoïsation des juifs romains. Il les força à vivre reclus dans une rue unique fermée la nuit, à ne plus posséder de biens immobiliers et à réduire le nombre de synagogues.

Obligés de porter un chapeau jaune pour les hommes et un voile jaune pour les femmes, il leur fut interdit de travailler les jours de fêtes chrétiennes et de vendre tout produit alimentaire à des chrétiens. Ces dispositions furent étendues à la plupart des villes italiennes.

En 1556 Ancône condamna au bûcher des marranes. En 1569 Pie V (1566-1572) expulsa les Juifs des États pontificaux à l’exception des communautés de Rome et d’Ancône. Mais il autorisa l’impression des livres hébraïques à condition qu’ils ne contiennent pas de références blessantes à l’égard de la foi chrétienne ; par prudence les communautés juives d’Italie imposèrent d’elles-mêmes la censure sur leurs livres.

La création des monts de piété permit aux Italiens de se passer des prêteurs juifs. Pourtant en 1533 le duc de Milan demanda au Pape l’autorisation d’accueillir à nouveau des Juifs sur ses terres pour faire concurrence aux chrétiens, qui, ayant désormais le monopole de prêteurs, s’étaient mis à pratiquer des taux usuraires excessifs. Mais Philippe II d’Espagne ordonna en 1597 l’expulsion des Juifs du duché de Milan.

Cet appel aux Juifs fut aussi lancé dans les ports italiens de l’Adriatique afin de dynamiser le commerce avec la Turquie et les Balkans. Le cas de Venise à cet égard est intéressant. La ville envisagea plusieurs fois d’expulser les Juifs mais le projet soumis au sénat vénitien par le marrane Daniel Rodriga, préconisant l’ouverture d’un port franc à Split (aujourd’hui en Croatie), en Dalmatie, face à Venise, permit de sauver le commerce de la ville et convainquit les autorités de garder leurs marranes. En 1589 une charte autorisa les « nouveaux chrétiens » appelés là-bas ponentini (occidentaux) à habiter librement avec leurs familles dans la ville et à y pratiquer leur religion d’origine. Ils furent toutefois tenus de vivre dans le ghetto nuovissimo et de porter un chapeau jaune. Les marranes revinrent ouvertement au judaïsme et fondèrent leur propre communauté appelée Talmud Torah. En l’espace de quelques années ils acquirent une place prépondérante dans la vie économique de la cité concentrant entre leurs mains la majeure partie du commerce italien avec Salonique, Constantinople et la mer Noire. Ils construisirent leur synagogue, la très belle Scuola Spagnola, ou Ponentina édifiée en 1584 (puis agrandie en 1635).

En 1593 à l’invitation de Ferdinand Ier de Toscane des marranes portugais fondèrent la communauté juive de Livourne ( la côte de la mer Tyrrhénienne) qui deviendra plus tard la première communauté d’Italie. Grâce à eux la cité portuaire bénéficia d’un essor remarquable.

 

Je suis de près ton approche du cheval du Don. Je sais que sauras l’apprivoiser et bientôt, lui et toi, ne formerez plus qu’un lorsque vous courrez ensemble. Tels les Mongols ou les Cosaques mais aussi tels les Arabes à la conquête de la Méditerranée tu connaîtras ainsi le sentiment de liberté que connurent jadis les nomades. Sentiment incomparable, inconnu des sédentaires. Tu ajouteras ainsi à ta connaissance du monde une expérience inestimable.

Je t’embrasse,

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satinvelours Membre 1019 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Lettre 59-11-4

14 novembre 2019,

Samuel,



XVI siècle


La saga des Juifs


8) Les Juifs en Pologne

Nous avons vu (lettre 59-8) que la Pologne et la Lituanie sous l’impulsion d’abord des Jagellons puis d’Étienne 1er Bathory, réunies en 1569 sous le nom de République des Deux Nations étaient devenues un grand État, à l’apogée de sa puissance au XVI siècle, prospère, célébré par Érasme et les humanistes pour son modèle de tolérance et de liberté religieuse. C’était un pays multi-ethnique comprenant des Polonais, des Lituaniens, des Biélorusses, des Russes, des Cosaques, des Lettons, des Allemands des Arméniens, des Italiens, et multi-confessionnel avec des catholiques, des orthodoxes, des juifs, des protestants (voir lettre 59-3), des calvinistes (voir lettre 59-3), des ariens et des musulmans (rappel : les ariens sont des chrétiens qui pensent que Jésus n’est pas Dieu, ils ne croient pas à la Trinité, ils pensent que Jésus est un simple prophète).

Dans cet ensemble chaque groupe, chaque « nation » gérait ses affaires elle-même, préservait son identité, et parlait même sa propre langue, pour les Juifs, le yiddish.

Les Juifs étaient répartis en communautés locales administrées par une direction, le kahal, un syndic d’une vingtaine de dirigeants élus, des laïcs en majorité. Le kahal nommait le grand rabbin, le président du tribunal, les juges, les officiants, ainsi que les shtadlan intercesseurs chargés de plaider la cause des membres de la communauté auprès des administrations locales de l’État. Le kahal avait aussi pour fonction de lever les impôts dus par les Juifs auprès des pouvoirs publics. La loi en vigueur était la halakha.

Un Conseil central dit Conseil central des Quatre Pays regroupait l’ensemble des kehalim (pluriel de kahal). Les quatre pays étaient la Pologne, la Lituanie, la partie russe de l’État et la Volhynie (nord-ouest de l’Ukraine actuelle). Ce conseil représentait l’ensemble de la « nation » juive. Il était composé d’une trentaine de membres élus (dont six rabbins) choisis parmi les notables (riches commerçants et gros fermiers). Il se réunissait deux fois l’an et traitait tous les grands sujets : lois, rapports sociaux, discipline, répression des fraudes, instruction des enfants, gestion des yeshivot. Il gérait également les relations entre la « nation » d’un côté et les pouvoirs publics et la société non juive de l’autre.

Comme les Juifs constituaient la source principale de financement de l’État les souverains s’appuyaient sur ce Conseil pour la collecte de l’impôt, l’organisation juive étant nettement plus efficace que l’organisation étatique de perception de l’impôt.

Vers la fin du XVI siècle, en butte à l’hostilité croissante des corporations de métiers et à la bourgeoisie urbaine qui leur reprochaient un comportement commercial hyperactif, en butte aussi aux menées des Jésuites qui étaient devenus les conseils de Sigismond III Vasa (1586-1632) le successeur de Bathory ( voir lettre 14 sur la Russie, le Temps des troubles, 4) le désordre final) lesquels Jésuites, catholiques militants (voir lettre 59-4 ) entretenaient un certain antijudaïsme dans les villes, les Juifs se transplantèrent en grand nombre dans les vastes latifundia (propriétés agricoles de grande superficie) nobiliaires dont ils devinrent les régisseurs. Les nobles se déchargèrent ainsi de la gestion de leurs terres pendant qu’ils s’adonnaient à leurs loisirs ou à leurs guerres. Notons que ce système quasi-féodal (les nobles dirigeaient en fait l’État, tandis que le souverain ne disposait que d’une autorité réduite sur eux) peu centralisé, allait affaiblir plus tard la Pologne-Lituanie dans ses rapports avec des États voisins beaucoup mieux structurés.


9) Les Juifs en Russie

En 1471 à Novgorod, province encore indépendante du pouvoir moscovite, une hérésie religieuse prit forme et se répandit. Novgorod était à l’époque en rapports commerciaux étroits avec l’Europe occidentale et ouverte aux influences humanistes qui tendaient à réformer le christianisme (voir lettre 59-2). Cette hérésie fut appelée hérésie des Judaïsants car elle aurait été lancée par un marchand Juif, Zakhar. Nul ne put confirmer que ce fut bien un Juif qui lança cette hérésie mais cette hypothèse fut finalement retenue par les Russes.

Cette hérésie consistait en ceci : rejet de la vie monastique et de la hiérarchie ecclésiastique, refus de se prosterner devant les icônes, négation de la Trinité et du caractère divin de Jésus.

Ivan III (1462-1505) qui régnait à l’époque sur la Moscovie ne s’opposa pas à cette hérésie si bien qu’elle se développa à Moscou. Les autorités orthodoxes s’y opposèrent alors en la personne de Joseph de Volok (1439-1515) dont nous avons parlé dans la lettre 12 sur la Russie, première partie : l’œuvre d’Ivan III, 2) la troisième Rome.

Un moine s’opposa à Volok : Nil de la Sora (1433-1508). Ce dernier alla dans le sens de l’hérésie estimant que les monastères avaient pris trop d’importance, qu’ils s’étaient trop attachés aux biens matériels ce qui corrompait leur spiritualité. Il voulait que les moines fassent vœu de pauvreté et se séparent de leurs biens. Cela ne déplaisait pas à Ivan III qui espérait ainsi mettre la main sur les terres des monastères. Mais Volok qui, lui, défendait le pouvoir foncier des monastères (ils géraient le tiers du territoire russe) parvint à rallier derrière lui l’Église orthodoxe et le Tsar. L’hérésie fut stoppée, ses tenants furent persécutés et exécutés.

Du coup une certaine suspicion retomba sur les Juifs en général. Ceux-ci furent désormais tenus à l’écart du territoire russe. Ivan le terrible et ses successeurs reconduisirent cette interdiction de séjour.


Je t’embrasse,


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Modifié par satinvelours

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saxopap Membre 5382 messages
SaXo‚ 99ans
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      @satinvelours :

j’aime te lire , mais/ et , je ne suis plus un enfant. 
Ne te méprends pas sur mes sentiments, mes idées ! Car c’est avec honneur, humanité et Fraternité que je revendique de ne pas faire « cas » de telle ou telle croyance. 
En revanche, je souhaiterai tellement que nous ne fassions plus qu’un, sans distinction aucune;

 PEUT ÊTRE  est ce cela que tu devrais  écrire à Samuel ? 

 

 

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satinvelours Membre 1019 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Lettre 59-11-5

17 novembre 2019,

Samuel,


XVI siècle



La saga des Juifs


10) Les Juifs au Maghreb

Les Juifs de la péninsule Ibérique commencèrent à émigrer au Maghreb dès 1391, essentiellement au Maroc et dans l’ouest algérien (Oran).

Appelés megorashim ils furent bien accueillis par les autorités musulmanes, moins bien accueillis par les Juifs autochtones, appelés toshavim, qu’ils finirent par dominer socialement.

En août 1415 les Portugais débarquèrent à Ceuta puis ils installèrent leurs comptoirs le long de la façade atlantique du Maroc (voir lettre 59-7). L’arrivée des Portugais créa des tensions et des conflits avec la population musulmane, conflits qui rejaillirent sur les Juifs, notamment ceux de Fès qui, sous le pouvoir des dynasties des Mérinides puis des Idrissides, furent confinés à partir de 1438 dans un quartier spécial, le mellah, avant d’être massacrés en 1465.

Pourtant en 1492, lors de l’expulsion des Juifs d’Espagne le nouveau souverain du Maroc, Mohammed al-Shaykh (1471-1505) de la dynastie des Wattassides, dynastie qui régna de 1471 à 1554, leur accorda l’ hospitalité. Pendant tout le XVI siècle les marranes émigrèrent au Maroc et dans l’ouest algérien où ils purent reprendre leur religion d’origine.

A partir de la deuxième moitié du XVI siècle la nouvelle dynastie régnante, celle des Saadiens (lettre 59-7) reprit progressivement aux Portugais leurs comptoirs.Le Portugal perdit même son indépendance lorsque Philippe II l’annexa au royaume d’Espagne.

L’émigration en provenance de la péninsule Ibérique alors s’atténua puis s’arrêta. A la fin du XVI siècle puis lors du siècle suivant cette émigration fut remplacée par une émigration venue de Livourne (Italie, port de la côte Tyrrhénienne).

Les megorashim s’imposèrent rapidement et réunirent sous leur autorité les toshavim en raison de leur haut niveau culturel mais aussi en raison de leur nombre. Ils occupèrent des fonctions économiques de haut vol : gros commerçants, exploitants du sucre de canne, activité que les Saadiens développèrent dans le sud marocain, orfèvres, interprètes, diplomates…)


11) Les Juifs dans l’Empire ottoman

L’attitude des Juifs resta empreinte de chaleur à l’égard de la Turquie pendant tout le XVI siècle (voir lettre 58-4). Les émigrés en provenance de la péninsule Ibérique s’installèrent en premier lieu, dès 1492, à Constantinople. Ils y retrouvèrent des communautés juives issues de l’ancien empire byzantin : les Romaniotes, mais aussi des communautés venues des Balkans (après la conquête de cette région par Mehmet II) et d’Égypte (après la conquête de ce pays par Sélim Ier). Puis Soliman le Magnifique (voir lettre 59-6) conquit l’Île de Rhodes en 1522. Il y envoya les Juifs de Salonique (Grèce) afin qu’ils la développent. Après sa victoire militaire à Mohacs en 1526 (lettre 59-6) il transféra une partie des Juifs de Hongrie dans plusieurs villes ottomanes dont Safed en Palestine.

Appréciés par les Ottomans les réfugiés ibériques s’imposèrent à toutes les communautés juives de Constantinople. En 1535 la communauté juive de la ville comptait 40 000 habitants soit 10 pour cent de la population totale. A la même époque Salonique comptait environ 18 000 Juifs ce qui en faisait la seconde métropole juive de l’Empire.

D’autres réfugiés auxquels s’associèrent des ashkénazes fuyant les persécutions en Europe (notamment en Allemagne) s’établirent dans des villes périphériques de Turquie, mais aussi en Syrie, en Palestine et en Égypte.

Exerçant librement toutes les professions, parlant plusieurs langues, dont les langues européennes, ces réfugiés se taillèrent rapidement une place privilégiée dans le commerce maritime de l’Empire.

Salonique par exemple devint l’une des cités marchandes les plus dynamiques des Balkans ottomans.Elle commerçait avec l’Égypte, le golfe Persique, avec Venise et Ancône. C’est à Ancône, appartenant alors aux États pontificaux, que le Pape Paul IV brûla 25 marranes et en emprisonna une trentaine d’autres (lettre 59-11-3). La conséquence fut un bras de fer entre les commerçants juifs de l’Empire épaulés par le Sultan et Paul IV. Le Sultan adressa une lettre de protestation injurieuse au pape exigeant la libération immédiate des marranes sous menace d’arrêter toutes relations commerciales avec Ancône. Le Pape céda, les marranes furent relâchés et le Pontife mit un terme à ses menées exterminatrices.

Les réfugiés juifs ne devinrent pas seulement commerçants mais aussi orfèvres, tailleurs de diamants, tisserands, parfumiers, marbriers, menuisiers, chaudronniers, potiers, cordonniers tailleurs, etc. Ils exercèrent aussi dans le métier de médecin.

La Palestine, après sa conquête par Sélim Ier (lettre 59-6, la Palestine est entendue dans cette lettre comme partie de la Syrie) reçut à son tour des expulsés d’Espagne. Soliman y encouragea le développement du commerce et de l’artisanat. Les Juifs s’installèrent surtout à Safed (ville de Galilée) tandis que les musulmans s’installèrent surtout à Jérusalem.

Safed qui comptait près de 5000 juifs à la fin du XVI siècle, riche de l’apport culturel des séfarades (les Juifs d’Espagne et du Portugal), s’imposa comme l’un des plus grands centres d’érudition juive du monde. Réunissant l’étude et la contemplation, les écoles de mystique de Safed donnèrent naissance à quelques-uns des plus grands noms de la kabbale tels Shlomo Elkabetz (1505-1584), Moshé Cordovero (1522-1570) et surtout Itshaq Louria (1534-1572). Ce dernier redéfinit certaines notions centrales de la pensée juive relatives à la « fin de l’exil », au messianisme, à la rédemption d’Eretz Israël conférant ainsi une signification plus terrestre, plus temporelle à l’attachement des Juifs à la Terre sainte. Enfin le rabbin Jospeh Caro (1488-1575) termina en 1555 son ouvrage Choulhan Aroukh (La Table dressée) recueil succinct de toutes les lois juives. Ce livre devint un ouvrage de référence dans toute la diaspora juive mondiale.

L’Égypte, conquise en même temps que la Syrie-Palestine par Sélim Ier reçut également des réfugiés séfarades qui s’installèrent surtout au Caire et à Alexandrie mais aussi dans quelques villes du littoral et de l’intérieur. Occupant des fonctions identiques à celles des autres communautés juives de l’Empire (commerce international notamment), ils furent en outre employés dans la frappe de monnaie ce qui les conduisit à se spécialiser dans les opérations de change.


12) Les Juifs en Perse

La Perse ne fut pratiquement pas affectée par les bouleversements démographiques et culturels provoqués par l’expulsion des Juifs de la péninsule ibérique. Tout se passa comme si l’aire d’expansion séfarade en Méditerranée (à laquelle s’associa une minorité d’ashkénazes) s’était arrêtée le long de la ligne de partage séparant l’islam sunnite de l’islam chiite.

Je t’embrasse,

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satinvelours Membre 1019 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Lettre 60

 

 

13 décembre 2019,

 

Samuel,

 

XVII siècle

 

Evolution générale en Europe

 

A ) La guerre de Trente ans.


1) De 1618 à 1635

Cette guerre commença en 1618 en Europe centrale, puis elle s’étendit à toute l’Europe occidentale. Elle fit suite aux guerres de religion du XVI siècle, aux guerres entre la Réforme et la Contre-réforme (voir lettre 59-3 et 59-4).

En Allemagne appelée alors le Saint Empire romain germanique, la paix d’Augsbourg de 1555 (lettre 59-3) maintenait un équilibre fragile entre catholiques et protestants. Les princes, ou Électeurs, imposaient leur religion à leurs sujets.

Le Saint Empire était dirigé depuis 1452 par la maison de Habsbourg (ou maison d’Autriche) deconfession catholique (elle régna jusqu’en 1740). L’empereur était élu à la tête d’une mosaïque de 350 États regroupés en partie (l’autre partie restait autonome mais soumise à l’Empereur) sous sept Électorats (territoires) gouvernés chacun par un Électeur : les archichanceliers de Mayence, de Cologne et de Trèves, le roi de Bohème, le comte palatin du Rhin, le duc de Saxe, le margrave de Brandebourg. Ce sont ces sept Électeurs qui élisaient l’Empereur.

En 1617 Ferdinand de Styrie, un Habsbourg, catholique donc, devint souverain de Bohème (composante de la République tchèque actuelle). C’était un territoire à majorité protestante qui devenait gouverné par un souverain catholique résolu à faire triompher sa religion dans son Électorat.

Le 23 mai 1618 une délégation de protestants du royaume se rendit à Prague, la capitale, pour exiger des explications au gouvernement à propos des mesures de plus en plus rigoureuses prises à leur encontre. Le ton monta, les délégués réformés précipitèrent par une fenêtre dans les fossés du château deux conseillers catholiques (Martinic et Slavata) ainsi que Fabricius un secrétaire impérial (ils tombèrent sur un tas de fumier ce qui les sauva). Cet événement resta dans l’Histoire sous le nom de : Défenestration de Prague.

Puis les révoltés protestants formèrent un gouvernement insurrectionnel provisoire composé de 36 membres. Le 31 juillet 1619 ils proclamèrent la fédération de Bohème. Ils recrutèrent une petite armée. Ils déclarèrent ne plus reconnaître Ferdinand comme roi et ils offrirent la couronne à un prince protestant, l’Électeur Palatin Ferdinand V qui accepta et devint roi de Bohème le 26 août 1619.

L’Empire dans un premier temps ne réagit pas.

Les forces en présence étaient les suivantes :

« L’Union évangélique » constituée en 1608 regroupait les États protestants dirigés par l’Électeur du Palatinat Frédéric V. Cette Union se rapprocha de Henri IV, le roi de France (voir lettre 59-4), ce qui exaspéra les catholiques français. Un exalté, Ravaillac, décidé à défendre la catholicisme, assassina le roi de deux coups de couteau en 1610.

« La Sainte Ligue allemande » constituée en 1609 regroupait les États catholiques dirigée par Maximilien, le duc de Bavière.Cette Ligue se rapprocha de l’Espagne. Elle était en outre protégée par les Empereurs catholiques.

Le 28 août 1619 Ferdinand de Styrie succéda à Matthias 1er comme Empereur du Saint Empire sous le nom de Ferdinand II (il régna jusqu’en 1637). Cette élection déclencha la réaction de l’Empire.

L’armée catholique, dirigée par le comte de Tilly, sous l’autorité de Maximilien le bavarois, soutenue par l’Espagne et par le Pape, attaqua l’armée des insurgés près de Prague, le 8 novembre 1620. Cette bataille resta dans l’Histoire sous le nom de bataille de la Montagne Blanche. Les protestants furent écrasés. Frédéric V dut s’enfuir, son Électorat fut occupé par des troupes bavaroises et espagnoles et Maximilien reçut la dignité électorale jusque là détenue par l’Électeur Palatin.

La couronne de Bohème revint à la famille Habsbourg qui en fut déclarée régnante héréditaire (alors qu’auparavant le roi était élu). L’Empereur Ferdinand II administra donc le pays. Il entreprit une sanglante répression et une campagne de conversions forcées au catholicisme. La langue allemande remplaça la langue tchèque.

Ce fut une grande victoire pour le catholicisme car il n’ y avait plus désormais en Allemagne que deux Électorats protestants ceux de Saxe et de Brandebourg.

Le roi du Danemark (qui à l’époque comprenait le Danemark actuel, la Norvège, l’Islande et le Groenland, voir carte), Christian IV, protestant, craignant une hégémonie catholique en Allemagne qui aurait pu menacer ses possessions dans ce pays, (il y possédait le duché de Holstein), rentra dans la guerre. Ferdinand II fit appel à un chef de guerre Wallenstein.

Ce chef de guerre s’était considérablement enrichi et s’était constitué une armée privée en sous-traitant avec l’Empereur : contre la liberté de lever le tribut dans les territoires protestants occupés, Wallenstein offrait les services de son armée à l’Empire.

L’armée du roi du Danemark fut vaincue par les mercenaires de Wallenstein, Christian IV se retira après avoir signé la paix de Lübeck en 1629.

Alors Ferdinand II n’ayant plus d’adversaire sérieux contraignit les protestants de son Empire, par l’édit de restitution (1629) à rendre toutes les terres catholiques que certains

princes régnants s’étaient appropriées depuis 1555 en faisant valoir leur appartenance protestante.

Toujours allié avec l’Espagne catholique il se rapprocha de la Pologne pour monopoliser le commerce dans la mer Baltique. Il s’attaquait ainsi aux intérêts économiques de la Suède qui contrôlait largement le commerce de cette mer.

Les monarchies bordant la Baltique formaient alors un ensemble de territoires de première importance pour l’Europe. Elles fournissaient du blé en quantité (ce qui permettait de faire face aux disettes), des fourrures, du miel, du bois, des métaux, du goudron (essentiel pour la calfatage des bateaux) du poisson (harengs notamment). De leur côté elles avaient besoin de produits tels que l’huile, l’alun, les épices, le sel, le vin qu’elles trouvaient surtout en Europe du sud. Aussi la mer Baltique était-elle un lieu de commerce intense et vital qu’il était important de contrôler.

L’espace géopolitique de la région était complexe. Son unité s’était brisée lorsque le système des trois couronnes qui maintenait toute la Scandinavie sous l’hégémonie danoise fut démantelé. Ce système appelé Union de Kalmar dura de 1397 à 1523. La Suède se retira de la confédération en 1523 tandis que le Danemark et la Norvège restèrent unis dans une entité politique nommée Danemark-Norvège jusqu’en 1814.

Le contrôle de la Baltique faisait périodiquement l’objet de guerres entre les pays limitrophes de cette mer, Danemark, Suède, Pologne, Russie. Les lieux stratégiques convoités étaient la Scanie et le détroit de Sund pour le contrôle de l’accès à la mer du Nord et le golfe de Finlande pour l’accès à la Baltique (carte).

Entre toutes ces puissances la Suède se distingua par ses succès et sa croissance territoriale. Depuis 1611 Gustave-Adolphe, protestant, régnait sur un royaume qui comprenait la majeure partie de la Suède actuelle, la Finlande et l’Estonie.

Voyant la défaite du Danemark il décida de profiter de la situation pour renforcer sa puissance. Il s’empara de Stettin en Poméranie en 1630 puis il tenta de se présenter comme le champion des libertés germaniques c’est-à-dire des libertés protestantes allemandes. Mais il n’obtint le ralliement des Électeurs protestants de Saxe et de Brandebourg qu’après le terrible sac de Magdebourg en Saxe par le comte de Tilly. En mai 1631 celui-ci attaqua la ville peuplée de 30 000 habitants. Pratiquement tous furent tués. Cet événement provoqua l’indignation dans toute l’Europe. Les protestants en appelèrent à la vengeance divine. Du coup Gustave-Adolphe fut considéré comme le guerrier de Dieu chargé de foudroyer l’armée de Tilly.

Gustave Adolphe affronta Tilly le 17 septembre 1631 à Breitenfeld, il écrasa son armée. Puis il poursuivit son avancée vers le sud, combattant à plusieurs reprises l’armée impériale reconstituée. Les pays sillonnés furent dévastés, les Suédois atteignirent l’Alsace et les pays rhénans puis ils se dirigèrent vers Munich en Bavière.

Ferdinand II rappela Wallenstein. Ce dernier affronta les Suédois à Lützen au sud-ouest de Leipzig. Les Suédois gagnèrent la bataille mais Gustave Adolphe fut tué. Sa mort désorganisa le commandement de l’armée suédoise. L'héritière du royaume, Christine de Suède, âgée de six ans, laissa gouverner le régent Axel Oxenstierna qui poursuivit la politique allemande de Gustave Adolphe

De son côté, Wallenstein commença à travailler pour son propre compte dans le but de se constituer son propre royaume. Ferdinand II, informé de sa trahison, le fit assassiner le 25 février 1634.

Les catholiques menés désormais par l'archiduc Ferdinand, le fils de Ferdinand II, aidés par les Espagnols commandés par Ferdinand d’Autriche, l’un des fils de Philippe III d’Espagne (dont l’épouse était la sœur de Ferdinand II) en route quant à eux vers les Pays-Bas, battirent les Suédois à Nördlingen le 6 septembre 1634. Les Suédois subirent ainsi un revers mais ils ne furent pas anéantis pour autant et ils continuèrent à intervenir en Allemagne jusqu’à la signature des traités de Westphalie de 1648.

 

Samuel,

 

Du 22 décembre au 30 décembre 2019 ce sera la fête de Hanouka ou Fête des Lumières dont je t’ai parlé dans la lettre 1 et dans la lettre 28.

Je suis fier que tu saches incarner l’âme russe comme te l’a confirmé ton maître de danse du Bolchoï. Félicitations aussi pour ta rapidité à apprendre à jouer de la balalaïka et savoir monter un cheval au galop. Tu apprends vite. Maintenant tu sais incarner l’âme des Cosaques.

Dans ce restaurant, ce vieil homme ému par les chansons du patrimoine russe que tu lui a jouées, t’a rendu hommage. En te serrant contre lui, en te confiant comment sa mère l’éleva quand son père mourut au front, il t’a communiqué toute la douleur russe. Tu as su gagner la confiance de ce grand peuple.

 

Je t’aime,

 

Je pense chaque jour à toi

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satinvelours Membre 1019 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Lettre 60-1
 

15 décembre 2019,

Samuel,
 

XVII siècle


Evolution générale en Europe


A ) La guerre de Trente ans.

2) De 1635 à 1648

En France, après le règne de Henri IV, de 1589 à 1610, règne au cours duquel le Roi redressa la France grâce à l’aide de Sully (équilibre des finances, développement de l’agriculture) et à celle de Laffemas (développement de l’industrie) succéda Louis XIII son fils. Né en 1601 il n’avait que 9 ans à la mort de son père. Ce fut sa mère, Marie de Médicis qui assura le régence. En 1624 Louis XIII, après avoir pris le pouvoir en 1617, s’adjoignit comme conseiller Richelieu.

Armand du Plessis de Richelieu, catholique, était un homme ambitieux pour son pays. Il voulait contrer la puissance des Habsbourg mais surtout celle de l’Espagne qui menaçait la France par les possessions qu’elle avait au Sud : le Roussillon (région de Perpignan), au Nord : l’Artois (région d’Arras) et à l’Est : la Franche Comté (région de Besançon). Voir carte.

Il eut d’abord à faire face à la subversion des protestants qui essayaient toujours d’étendre leur influence et qui par surcroît s’insurgeaient contre le mariage du roi avec une catholique espagnole, Anne d’Autriche, fille du roi d’Espagne Philippe III et de l’archiduchesse Marguerite d’Autriche-Styrie, ces deux derniers appartenant à la maison des Habsbourg.

Comme les protestants détenaient certaines places fortes le cardinal entreprit de les en déloger. Il fit ainsi le siège de la Rochelle, le principal centre de pouvoir des protestants. Le 29 octobre 1628 la ville tomba malgré le soutien que lui apportèrent les Anglais. La prise des places fortes continua jusqu’à la signature de l’édit de grâce d’Alès signé en 1629. Les protestants ou huguenots, comme ils étaient nommés à cette époque, perdirent leurs privilèges politiques.La liberté de pratiquer leur culte fut en revanche réaffirmée.


Depuis le début de la guerre de Trente ans la France s’était contentée de soutenir les opposants à l’Empereur et au roi d’Espagne. Le cardinal de Richelieu soucieux d’affaiblir la puissance des Habsbourg offrit son alliance à Gustave-Adolphe en 1631 par le traité de Bärwalde. En effet malgré les différences de religion entre la France catholique et la Suède protestante les deux royaumes poursuivaient un même but : contenir la puissance militaire du Saint Empire. Le roi de Suède s’engageait à maintenir en Allemagne une armée de 36 000 hommes, à respecter le culte catholique en échange de quoi le cardinal finançait son effort de guerre. A la mort de Gustave-Adolphe en 1631 lors de la bataille de Lützen (lettre 60) cet accord fut reconduit par ses successeurs par un nouveau traité signé à Compiègne en 1635.

En Espagne, après la mort de Philippe II (voir lettre 59-5) lui succéda son fils Philippe III né en 1578. C’était un homme effacé et sans caractère. Il laissa le pouvoir à ses hommes de confiance appelés : favoris. Sous son règne l’Espagne connut le début d’une crise économique sévère, conséquence de l’afflux des métaux précieux venus des colonies d’Amérique du sud (voir fin de la lettre 59-5). C’est lui qui signa avec les Provinces Unies une trêve de douze ans en 1609 (voir lettre 59-5). En 1618 quand éclata la guerre de Trente ans il prit partie pour les Habsbourg. Il décéda le 31 mars 1621.

Son fils Philippe IV né en 1605 lui succéda. La trêve de Douze ans signée entre Philippe III et les Provinces Unies s'achevait en 1621. Philippe IV ne la reconduisit pas et reprit la guerre. Ce conflit fera l’objet d’une autre lettre.

Devant l’activisme du roi d’Espagne, qui par surcroît occupait depuis 1621 le Palatinat en renfort des armées de l’Empereur Ferdinand II (voir lettre 60), État situé aux portes de la France (l’occupation du Palatinat permettait d’établir un relais entre les troupes du Roi d’Espagne stationnées dans le Duché de Milan (devenu possession espagnole en 1540) et le champ de bataille des Provinces Unies), Richelieu décida de faire la guerre à l’Espagne. Le 19 mai 1635 Louis XIII déclara la guerre.

Le Roi de France et son conseiller portèrent leurs efforts sur quatre fronts :

Vers le nord, c’est-à-dire vers les Pays Bas espagnols

Vers l’est avec en vue le duché de Lorraine, l’Alsace et les pays rhénans appartenant au Saint Empire, avec aussi en vue la Franche Comté appartenant à l’Espagne

Vers l’Italie du nord, dans le Piémont pour attaquer le duché de Milan

Vers le sud pour attaquer directement l’Espagne

La campagne de 1636 fut très difficile pour la France. Les opérations en Italie piétinèrent de même que les opérations lancées à l’Est. Dans le Nord les Espagnols pénétrèrent en France et prirent Corbie (sur la Somme) à 150 kilomètres de Paris menaçant ainsi la capitale. Les Français parvinrent à reprendre Corbie et à bloquer la menace espagnole. Au Sud, l'Espagne s'empara de Saint Jean de Luz et menaça le Sud-Ouest.

En octobre 1636 les Suédois toujours stationnés dans le territoire du Saint Empire défirent les Impériaux à Wittstock (État de Brandebourg) ce qui soulagea les Français à l’Est. En 1637 l’Empereur Ferdinand II mourut, son fils et successeur l’Empereur Ferdinand III lui succéda. Jusqu’en 1639 les positions ne changèrent pas de manière significative.

En 1640 l’Espagne dut affronter deux insurrections : celle du Portugal (qui fut suivie par une guerre d’indépendance qui dura 28 ans) et celle de la Catalogne. Ces deux sécessions affaiblirent l’Espagne et permirent à la France de lui prendre au nord l’Artois, en 1641, et au sud le Roussillon, en 1642, tandis que le front Sud, contre l’Espagne même, finit par être stabilisé.

Tandis que le front en Italie restait incertain, sur le front de l’Est un prince allemand (Bernard de Saxe-Weimar) dont les troupes étaient stationnées en Alsace passa du côté de la France. Lorsqu’il mourut en 1639 Louis XIII prit son armée à son service et se trouva ainsi, de fait, maître d’une partie de l’Alsace.

C’est alors que mourut Richelieu en 1642 puis Louis XIII en 1643. Anne d’Autriche, la femme de Louis XIII, assura la régence, Louis XIV son fils et celui de Louis XIII n’ayant alors que 5 ans. Elle s’adjoignit comme conseiller Jules Mazarin qui prit le titre de premier ministre. C’est lui qui dirigea les affaires de la France jusqu’ à sa mort en 1661.

Profitant du trouble engendré par la mort de Louis XIII les Espagnols s’avancèrent en Ardenne. Ils y furent défaits à la célèbre bataille de Rocroi, le 18 mai 1643, par un général de 22 ans, Louis de Bourbon, duc d’Enghien, surnommé plus tard « le grand Condé ». Aidé par Turenne, opérant en accord avec les Suédois menés par Torstenson qui volait de succès en succès à l’intérieur même de l’Empire, Condé remporta la grande victoire de Zusmarshausen (17 mai 1648) en Bavière contre les Impériaux ce qui conduisit Ferdinand III à déposer les armes et à signer la paix de Westphalie le 24 octobre 1648.



Je t’embrasse,

Bonnes vacances à New York et bonnes fêtes de fin d’année.

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Lettre 60-2

20 décembre 2019,

 

Samuel,

 

XVII siècle

 

Evolution générale en Europe
 

B ) La guerre de Quatre-Vingts ans 1568-1648
 

La guerre de Quatre-Vingts ans désigne la guerre qui opposa les Pays-Bas à l’Espagne de 1568 à 1648. Ci-dessous un résumé de l’origine de propriété des territoires qui conduisirent non seulement à cette guerre mais aussi à la guerre entre la France et l’Espagne.

Charles de Habsbourg dit Charles Quint ou Charles V (1500-1558) était le fils de Philippe le Beau (1478-1506) et de Jeanne la Folle (1479-1555). Il régna comme Empereur du Saint Empire de 1519 à 1558.

Philippe le Beau était le fils de Maximilien 1er d’Autriche (1459-1519) et de Marie de Bourgogne (1457-1482).

Par la branche Maximilien, famille des Habsbourg, Charles Quint reçut l’Autriche (et quelques comtés germaniques), par la branche Bourgogne il reçut une grande partie de l’État bourguignon : les 17 provinces des Pays-Bas, la Flandre, l’Artois et la Franche Comté. En effet Marie de Bourgogne était la fille de Charles le Téméraire (1465-1477) qui s’était rendu maître de l’État bourguignon (voir carte). Sa fille Marie de Bourgogne défendit l’héritage de son père contre le Roi de France ce qui la conduisit à épouser Maximilien et à faire basculer dans la zone d’influence germanique l’État de son père.

Jeanne la Folle était la fille de Ferdinand d’Aragon et d’Isabelle de Castille. Grâce à cette ascendance Charles Quint reçut comme héritage l’Espagne, la Sardaigne, la Sicile, Naples et les colonies d’Amérique.

Peu avant sa mort il partagea ses possessions territoriales entre son frère Ferdinand 1er (1503-1564) et son fils Philippe II (1527-1598). Ferdinand 1er (qui devint Empereur du Saint-Empire en 1556) reçut les possessions germaniques et Philippe II les autres possessions soit les Pays-Bas, la Flandre, l’Artois, la Franche Comté, l’Espagne, la Sardaigne, la Sicile, Naples, les colonies d’Amérique mais aussi le duché de Milan que Charles Quint avait acquis en 1535 (le Roussillon faisait partie du royaume d’Aragon, c’est-à-dire de l’Espagne après réunion des domaines appartenant à Ferdinand d’Aragon et à Isabelle de Castille).

Nous voyons qu’il y avait une proche parenté entre les rois d’Espagne et les Empereurs germaniques. Les deux branches descendaient des Habsbourg ce qui explique l’alliance entre l’Espagne et l’Empire pendant la guerre de Trente ans (outre l’appartenance commune catholique). Enfin la France voulait disputer à l’Empire germanique les possessions espagnoles bourguignonnes issues elles-mêmes de l’ancienne Lotharingie (voir lettre 52 paragraphe Europe, la Lotharingie était le nom de la région située entre les deux Francies).

Nous avons étudié le début de cette guerre de 80 ans dans la lettre 59-5. Nous nous sommes arrêtés à la Trêve de douze ans signée en 1609 par Philippe III entre l’Espagne et les Provinces Unies. A l’issue de cette première période de la guerre (1568-1598) les 17 provinces des Pays Bas furent divisées en deux parties (voir carte) :

Les sept provinces du Nord réunies sous la République des Provinces Unies qui se déclarèrent indépendantes en 1581.

Les dix provinces du Sud appelées Pays-Bas méridionaux qui restèrent possession de l’Espagne.

Les Provinces Unies, calvinistes, comprenaient les provinces de Hollande, de Zélande, d’Overijssel, de Frise, de Groningue, de Gueldre, d’Utrecht et les dépendances suivantes : le pays de Drenthe, les pays de la Généralité et les colonies.

Les Pays Bas méridionaux, catholiques, comprenaient l’Artois, le Hainaut, les duchés de Brabant, du Luxembourg, de Limbourg, les comtés de Flandre et de Namur, le marquisat d’Anvers ainsi que deux petites villes (non reprises sur la carte jointe) : Zutphen (vers la province de Gueldre) et Malines (entre Bruxelles et Anvers).

La République des Provinces Unies profita de cette Trêve pour créer une marine marchande efficace qui lui permit de dominer le commerce maritime mondial.

La Compagnie hollandaise des Indes orientales (ou VOC en néerlandais) fut fondée en 1602 et dotée d'une puissante flotte de guerre. Elle fut la compagnie européenne la plus influente et la plus puissante pour exploiter les richesses de l’Asie.

La Compagnie se donna d’abord pour but d’ arracher au Portugal le monopole des mers des Indes. En 1605 elle commença par évincer les Portugais d'Amboine (île des Moluques, Indonésie), puis en 1605 et en 1607 elle s’imposa dans les îles Banda (Indonésie). En 1621 elle occupa l’île de Java (Indonésie) où elle fonda un siège commercial à Batavia (actuellement Jakarta).

La Compagnie s’enrichit considérablement en pratiquant le commerce des épices (poivre, muscade, girofle, cannelle, etc.) et de textiles (coton, soie).

En 1621, la République des Provinces Unies créa la Compagnie hollandaise des Indes occidentales destinée à s’imposer dans le commerce avec l'Afrique de l’Ouest et l'Amérique, incluant l'océan Pacifique et la partie orientale de la Nouvelle-Guinée. La compagnie devait devenir l'acteur majeur de la colonisation néerlandaise de l'Amérique.

Le lancement de ces deux compagnies concurrença les intérêts commerciaux de l’Espagne et du Portugal. Cette concurrence conduisit l’Espagne à ne pas reconduire la Trêve et à reprendre la guerre. En 1621 cette guerre s’ajouta donc à celle de Trente ans.

Après quelques succès (prise de la ville de Breda immortalisée par Velázquez) les Espagnols durent reculer. Les Provinces Unies s’emparèrent de la forteresse stratégique de Bois-le-Duc en 1629 (à 50 km à l’est de Breda), puis en 1632, ce fut la chute des places de Venlo, Roermond et Maestricht au cours de la célèbre « Marche de la Meuse » (voir carte).

Pendant ce temps la guerre pour la maîtrise des mers entre le Portugal et les Provinces Unies continuait. En 1624 la VOC installa un comptoir sur la côte ouest de Formose et s’ouvrit le marché chinois. Irrité par la volonté portugaise de vouloir convertir le pays au catholicisme, le Japon interdit dès 1639 ses ports aux navires portugais, permettant ainsi à la VOC d'occuper seule le terrain. À cet effet, elle disposa de Dejima, une petite île artificielle proche de Nagasaki pour organiser son commerce. En 1641 la VOC prit Malacca aux Portugais en Malaisie d’où elle imposa son monopole à Sumatra (Indonésie).

La prise la plus importante fut, en 1628, celle d'une partie de la Flotte espagnole des Indes qui servait au transport de biens des Indes vers l’Espagne.

Du coté occidental les Provinces Unies rémunérèrent des corsaires dans les Antilles pour piller les convois espagnols. Les Hollandais tentèrent quelques coups de main sur des colonies existantes, et quelques comptoirs furent créés le long des côtes du Venezuela, dans le golfe du Maine et le long des côtes d'Afrique (notamment Madagascar).

Puis la France déclara la guerre à l’Espagne en 1635 (voir lettre 60-1). Alors l’Espagne se trouva prise entre deux fronts.

En 1639, l'Espagne dépêcha une escadre vers les Flandres transportant 20000 hommes afin d'appuyer une campagne à grande échelle contre les «rebelles». Elle essayait ainsi de contourner le verrou français terrestre et de transporter des troupes par mer sur le front hollandais. Mais cette armada fut détruite lors de la bataille des Downs (cette défaite marqua la fin de la suprématie espagnole sur les mers). [Les Downs se trouvent au large de Calais, près de Douvres, dans la Manche].

En 1640 l’Espagne dut affronter les sécessions du Portugal et de la Catalogne. Puis elle dut reculer sur le front Nord (lettre 60-1). Malgré une contre-attaque en Ardenne, les Espagnols furent sévèrement défaits par Condé lors de la bataille de Lens (19 août 1648). Cette défaite conduisit les Espagnols à stopper la guerre contre les Hollandais et à signer la paix de Westphalie le 24 octobre 1648.

 

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Lettre 60-3

 

30 décembre 2019,

 

Samuel,

 

XVII siècle

 

Evolution générale en Europe

 

C ) La Paix de Westphalie

Les traités de Westphalie ou paix de Westphalie, signés le 24 octobre 1648 mirent fin aux deux guerres de Trente ans et de Quatre-Vingts ans. Ces traités furent discutés à Münster pour le conflit Espagne / Provinces Unies, à Münster encore pour le conflit Saint Empire / France et à Osnabrück pour le conflit Saint Empire / Suède.

[La Westphalie est une région de l’ouest de l’Allemagne].

La paix de Westphalie entérina les dispositions territoriales suivantes :

• Annexion officielle par la France de territoires du Saint-Empire : les Trois Évêchés de Metz, Toul et Verdun (voir carte) et une grande partie de l’Alsace sauf quelques villes libres telles Strasbourg

• Reconnaissance définitive de l'indépendance de la Confédération suisse, le Saint-Empire y abandonnant ses revendications

• Reconnaissance de l'indépendance des Provinces Unies, l'Espagne y abandonnant ses revendications

• Annexion par la Suède de la Poméranie occidentale et des Évêchés de Brême et de Verden lui donnant le contrôle des bouches de l'Oder et de la Weser (voir carte : Brême est sur la Weser, quant à l’Oder il sépare la Poméranie occidentale de la Poméranie orientale)

• Annexion par le Brandebourg de la Poméranie orientale

• Attribution du Haut Palatinat à la Bavière

Le traité de Westphalie jeta aussi les bases de la nouvelle organisation de l’Allemagne jusqu'à la suppression du Saint Empire romain germanique en 1806. Les principales dispositions furent :

Tout État d’empire est pleinement souverain sur son territoire et peut imposer son culte à ses sujets indépendamment de la volonté de l'Empereur

Les traités reconnaissent les trois confessions : catholique, luthérienne et calviniste dans le Saint Empire

Nulle loi, nulle déclaration de guerre d'Empire, nulle paix ou alliance d'Empire ne peuvent avoir lieu sans le consentement des co-États réunis en assemblée (l’assemblée est la Diète : lieu de réunion des représentants des États).

Les princes allemands peuvent conclure des alliances à la seule réserve qu'elles ne soient pas dirigées contre l'Empereur.

(En définitive l'Empereur ne peut plus prendre aucune décision sans l'accord de la Diète, ce qui réduit à néant son autorité effective sur les États autres que les siens, son État le plus puissant étant l’Autriche).


Ces traités consacrèrent l'affaiblissement de l'Empereur allemand. Ce dernier fut toujours élu par les Électeurs mais il ne posséda plus qu'une autorité symbolique puisque toutes ses décisions devaient être soumises à la Diète.

Le Saint Empire fut émietté dans les faits en 350 États-nations indépendants.


Note sur le Palatinat :

Le Palatinat était un pays du Saint Empire comprenant les régions du Haut et du Bas Palatinat, réunies jusqu'en 1620, situé à l’ouest de l’Allemagne, entre la France et la Bavière. L’Électeur de cet État Ferdinand V prit parti pour les révoltés protestants de Bohème (voir lettre 60). Ce qui lui valut après la défaite de la Montagne blanche (lettre 60) de perdre son Électorat au profit de la Bavière qui gagna ainsi le droit d’être un Électeur. En divisant le Palatinat en Haut Palatinat rattaché à la Bavière et en Bas Palatinat autonome il fut rendu un Électorat au nouveau prince du Bas Palatinat. Ainsi l’Empire compta désormais huit Électeurs (les sept mentionnés dans la lettre 60, plus celui de Bavière).

Aujourd’hui existe le Palatinat rhénan qui est une région de l'ouest de l’Allemagne, occupant plus d'un quart du Land de Rhénanie-Palatinat (voir carte). Le Haut et le Bas Palatinat du XVII siècle sont aujourd’hui intégrés dans le land de Bavière et dans celui du Bade Wurtemberg.

 

Note sur le Brandebourg :

L’annexion par le Brandebourg de la Poméranie orientale fut un grand pas vers la construction d’un futur État qui marqua l’histoire de l’Europe : la Prusse.

Pour comprendre la formation de la Prusse il faut remonter à la fondation de l’Ordre teutonique. Cet ordre fut fondé en 1128 à Saint-Jean-d'Acre par un prince germanique, sa mission originelle étant d'accueillir et de dispenser des soins aux croisés en Terre sainte.

Ses membres furent des pèlerins d'origine allemande qui s'armèrent progressivement, jusqu'à devenir un ordre militaire reconnu officiellement par le pape Innocent III en 1198.

Après les croisades l'Ordre partit s'établir en Allemagne pour évangéliser les populations (les Borusses ou Prussiens, peuple balte) vivant sur les territoires situés à l’est de l’Allemagne en bordure de la Baltique, entre la Vistule et le Niémen. Les Teutons en fait colonisèrent ces territoires jusqu’au golfe de Finlande et ils y installèrent une population allemande. L’Ordre atteignit sa pleine puissance vers 1400. Puis ses relations avec la Pologne se dégradèrent jusqu'à l'affrontement militaire.

En 1466 l'Ordre Teutonique céda la Prusse royale ou Prusse occidentale au royaume de Pologne (voir carte).

En 1525 le grand maître de l'Ordre Teutonique, Albert de Brandebourg-Ansbach, de la famille Hohenzollern se convertit au luthéranisme. Il transforma la Prusse orientale, possession de l'Ordre, en duché de Prusse puis il se reconnut vassal du Royaume de Pologne. A ce moment le terme « Prussiens » servit à désigner les habitants du duché qui étaient désormais majoritairement d'origine allemande.

En 1618, Jean Sigismond de Hohenzollern, Electeur de Brandebourg hérita du duché de Prusse à la mort du Hohenzollern régnant sur le duché, décédé sans héritier mâle survivant.

Il s'agissait d'une union personnelle entre le Brandebourg, qui relevait du Saint-Empire, et le duché de Prusse, qui relevait de l'État polonais. C’est là l'origine du futur royaume de Prusse, royaume qui devait être dominé par la famille Hohenzollern.

Puis en 1648, l’Électeur de Brandebourg reçut la Poméranie orientale.


Note sur la Poméranie :

Au début de la guerre de Trente ans la Poméranie fut l’alliée de la Suède. En 1637, son roi Boguslaw XIV mourut sans héritier. Jusqu'aux traités de Westphalie le pays fut administré par la Suède, avant d'être partagé entre la Poméranie orientale qui alla à l’Électorat de Brandebourg et la Poméranie occidentale qui alla à la Suède.

 

 

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Lettre 60-4

3 janvier 2020,


Samuel,

XVII siècle

Evolution générale en Europe

D) La Guerre France-Espagne 1648-1659

La paix de Westphalie n’avait pas inclus dans ses dispositions le règlement du conflit franco-espagnol. Aussi la guerre entre les deux pays reprit. Les Espagnols furent aidés dans leur entreprise par le déclenchement en France d’une guerre civile appelée : la Fronde.

La Fronde naquit d'un mécontentement général qui prit sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale provoquées par les dépenses de la guerre de Trente Ans. Quand le cardinal Mazarin prit le pouvoir sous la régence d’Anne d’Autriche après la mort de Louis XIII il augmenta sensiblement les impôts ce qui exaspéra le peuple. Par ailleurs le pouvoir monarchique s’était considérablement renforcé en promouvant une conception bicéphale de l’exercice du pouvoir où le roi plaçait sa confiance en une seule personne : Richelieu pour Louis XIII et Mazarin pour la régente Anne d’Autriche. Privés de l’exercice du pouvoir les nobles représentés notamment par le frère de Louis XIII, Gaston de France, dit le Grand Monsieur, la fille de ce dernier Anne-Maie-Louise d’Orléans dite la Grande Demoiselle, le Prince de Condé, la sœur de ce dernier : la duchesse de Longueville et Jean-François Paul de Gondi, le futur cardinal de Retz, revendiquaient le droit de participer au conseil de régence.

Le peuple parisien se révolta en 1649 par protestation contre les impôts trop lourds, forçant Anne d’Autriche, son fils Louis XIV et Mazarin à s’enfuir à Saint-Germain. Mais le peuple ne sut pas s’organiser en un parlement efficace, il fut assiégé par Condé et il finit par céder en se soumettant à la Régente. A ce moment-là Condé décida de jouer sa carte personnelle en convoitant la place de Mazarin et Jean-François Paul de Gondi le suivit dans la même ambition. En définitive le pays tomba dans la guerre civile, les insurgés finissant par s’allier avec les Espagnols tandis que le peuple de Paris se révoltait à nouveau. Ce ne fut plus que pillages, disettes et épidémie. Les armées royales tinrent bon et parvinrent à repousser Condé sous les murs de Paris. Le peuple usé par la guerre, scandalisé par l’alliance des nobles avec les Espagnols rendit les armes et demanda à la Régente de revenir à Paris. Ce qu’elle fit, accompagnée de son fils Louis XIV, en 1652, Mazarin la suivant en 1653. Quant aux Espagnols, épuisés par la guerre de Trente ans, ils hésitaient à pénétrer en France, ravagée par la guerre civile, trop appauvrie pour qu’ils puissent y trouver subsistance. A cette époque les armées vivaient sur les richesses des pays occupés en les pillant. Il n’existait pas d’intendance c’est-à-dire un service de ravitaillement organisé à partir des pays belligérants.

Mazarin contre-attaqua, lança l’armée royale commandée par Turenne contre les forces coalisées de Condé, des nobles et des Espagnols. En 1654 et en 1655 Turenne reconquit

une partie de l’Artois que les armées ennemies avaient occupée. Puis Mazarin signa un traité d’alliance avec l’Angleterre permettant à celle-ci d’attaquer Dunkerque (encore aux Espagnols) et de l’annexer en cas de victoire ( de Dunkerque des corsaires partaient pour piller les côtes britanniques, aussi l’Angleterre était-elle intéressée à intervenir dans cette guerre). L’Angleterre envoya 6000 hommes qui s’ajoutèrent aux forces de Turenne. Assiégée la ville tomba en 1658 et fut remise aux Anglais. Définitivement vaincus Condé et ses alliés durent déposer les armes. Un traité de paix, appelé traité des Pyrénées, fut signé en 1659 entre la France et l’Espagne.

La France reçut le Roussillon, l’Artois et plusieurs places fortes situées en Flandre et en Lorraine. Dans ce même traité fut prévu le mariage de Louis XIV avec la fille du roi d’Espagne, l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, pour signifier la réconciliation entre les deux pays (le mariage fut célébré en 1660; Louis et Marie-Thérèse étaient cousins germains, le père de Marie-Thérèse, Philippe IV d’Espagne et la mère de Louis, Anne d’ Autriche étant frère et sœur, enfants du roi Philippe III d’Espagne). Condé fut réhabilité, la couronne française préférant le garder comme allié. Enfin l’Espagne cédait officiellement Dunkerque aux Anglais.

La France ressortait sensiblement renforcée à l’issue des traités de Westphalie et des Pyrénées. Elle devenait l’une des nations les plus puissantes de l’Europe occidentale.

En 1661 Mazarin mourut. Alors Louis XIV qui l’avait laissé jusque-là gouverner avec sa mère, s’empara du pouvoir effectif qu’il décida d’exercer seul. Sa mère se retira des affaires politiques et mourut en 1666 (dans les faits en 1651, Louis XIV atteignit la majorité fixée à treize ans, il reçut alors officiellement ses pouvoirs régaliens de sa mère puis il fut sacré Roi à Reims en 1654).

En revanche l’Espagne ressortit considérablement affaiblie de la première moité du XVII siècle. Outre les territoires perdus à l’issue de la guerre de Trente ans, de celle de Quatre-Vingts ans, puis de celle contre la France, elle dut se résoudre à perdre le Portugal, et avec le Portugal, les colonies de ce pays dont le Brésil. Nous avons vu, lettre 60-1, que le Portugal et la Catalogne avaient tenté de faire sécession en 1640. L’Espagne réussit à vaincre l’insurrection catalane mais elle dut céder devant celle du Portugal. La guerre d'indépendance menée par le Portugal contre l’Espagne fut appelée guerre de restauration. Elle dura de 1640 à 1668 (traité de Lisbonne) date à laquelle le pays recouvrit officiellement son indépendance.

Je te souhaite une très belle année en Russie et de nouveaux progrès en musique, dans le maniement du sabre et la maîtrise de ton cheval. Que tes représentations dans le restaurant enchantent toujours plus de monde et que tes conférences aient de plus en plus de succès.

 

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satinvelours Membre 1019 messages
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Lettre 60-5
 

5 janvier 2020,

Samuel,


XVII siècle
 


Evolution générale en Europe

E ) La Suède jusqu’en 1661

Nos avons vu (lettre 60) comment Gustave II Adolphe le Roi de Suède dit le Lion du Nord était mort, sabre au clair, à Lützen en novembre 1632.

Sa fille Christine de Suède, née en 1626, alors âgée de 6 ans, laissa le chancelier Axel Oxenstierna assurer la régence. Elle fut élevée sans ménagement, travaillant 12 heures par jour, acquérant des connaissances encyclopédiques. Elle fut admise au Conseil de régence dès 1640 à l’âge de 14 ans. En 1648 elle intervint lors de la paix de Westphalie et obtint la Poméranie occidentale et les évêchés de Brême et de Verden (voir carte). Elle se fit couronner Roi de Suède en 1650 prenant ainsi seule le pouvoir.

A l’époque la Suède s’imposait comme une nation dominante de la Baltique. Elle possédait depuis le XVI siècle la Finlande et l’Estland (aujourd’hui l’Estonie, capitale : Tallinn). Profitant de la faiblesse du premier Romanov (lettre 15 sur la Russie) Gustave Adolphe prit en 1617 à la Russie l’Ingrie et la Carélie privant ainsi ce pays de l’accès à la Baltique. En 1629 il prit à la Pologne-Lituanie la Livonie (actuelle Lettonie, capitale : Riga). Enfin en 1645 en marge de la guerre de Trente ans le général suédois Torstenson prit à l’association Danemark-Norvège le Jämtland (voir carte).

La reine Christine ne s’intéressait pas à la politique. Elle préférait les arts, les réflexions philosophiques et les plaisirs. Elle s’entoura d’une brillante cour à Stockholm, voulant faire de la capitale une nouvelle Athènes consacrée aux fêtes du corps et de l’esprit. Elle se lia avec tout ce que l’Europe comptait d’esprits brillants. Elle distingua surtout les Français consacrant aussi l’amitié franco-suédoise nouée à l’occasion de la guerre de Trente ans. En effet en 1631 (voir lettre 60-1) un accord fut signé entre le roi de Suède et Louis XIII. Le traité prévoyait que la France financerait l'armée du roi de Suède à hauteur de 100 000 livres. En contrepartie celui-ci s'engageait à fournir du bois pour la construction de navires.

Pascal lui envoya un exemplaire de sa machine à calculer. Pierre Michon Bourdelot, libertin, libre penseur, animateur en France d’une académie scientifique portant son nom devint son médecin et la guérit de sa dépression (en la faisant rire selon la légende). Gabriel Naudé, le bibliothécaire de Mazarin devint son propre bibliothécaire.

Le plus connu de ses visiteurs fut René Descartes.Elle se montra avec lui insatiable, le convoquant à toute heure du jour et de la nuit. Il lui écrivit un ballet. Puis il mourut près d’elle, peut-être terrassé par le froid, peut-être empoisonné, de nombreuses rumeurs continuent de courir.

En 1654 à 28 ans, définitivement devenue indifférente aux affaires de l’État elle abdiqua en faveur de son cousin germain Charles Gustave qui prit alors le nom de Charles X. Elle partit de Suède, voyagea partout en Europe, puis se fixa en Italie après s’être convertie au catholicisme. Elle mourut à Rome, en 1689 à l’âge de 63 ans, toujours entourée de savants et d’une cour flamboyante.

En 1655 Charles X lança la première guerre du Nord. Nous avons vu, lettre 16 sur la Russie, que les armées du Tsar Alexis le Très-Paisible étaient rentrées en Pologne-Lituanie orientale en 1654. Pour contrer l’avancée des Russes Charles X envahit l’ouest de la Pologne-Lituanie alors dirigée par le Roi Jean II Casimir Vasa. Il s’ensuivit une guerre aux péripéties complexes dans laquelle la Suède se retrouva à combattre contre le Danemark-Norvège, le Brandebourg-Prusse, la Pologne-Lituanie, la Russie et le Saint Empire.

Au terme de cette guerre fut d’abord signé le traité de Roskilde en1658 entre la Suède et le Danemark-Norvège, mais comme ce traité fut violé par Charles X la guerre reprit et s’acheva par les traités suivants signés du côté de la Suède par un Conseil de régence dirigé par Hedwige Eléonore, la mère de l’héritier et fils de Charles X Gustave, mort en février 1660, Charles XI, alors âgé de 4 ans :

Le Traité d’Oliva (près de Gdansk en Prusse royale ou Prusse occidentale, voir carte lettre 60-3) signé avec la Pologne-Lituanie représentée par Jean II Casimir, le Brandebourg-Prusse représenté par Frédéric-Guillaume et l’Empire représenté par Léopold 1er en avril 1660. Par ce traité la Pologne renonçait et à la suzeraineté sur le duché de Prusse qui devint donc indépendant et rattaché au Brandebourg, et au trône de Suède. Cette ancienne revendication provenait de ce fait : les Rois de Suède, de 1587 à 1668, et les rois de Pologne-Lituanie, de 1587 à 1668, descendaient d’une même dynastie (même famille) : les Vasa.

Le Traité de Copenhague signé avec le Danemark-Norvège représenté par Frédéric III en mai 1660 par lequel le Danemark céda à la Suède : la Scanie, le Halland et le Bohuslän (voir carte).

Le Traité de Kardis signé en 1661, par lequel la Russie rendit à la Suède ses conquêtes livoniennes et ingriennes effectuées pendant la guerre.

C’est ainsi que la Suède confirma sa suprématie dans la région de la Baltique.


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Lettre 60-6


7 janvier 2020,


Samuel,


XVII siècle


Evolution générale en Europe


F) L’Angleterre jusqu’en 1660

Pour comprendre l’évolution de l’Angleterre pendant la première moitié du XVII siècle il faut partir des deux points suivants :

Les députés de la Chambre des Communes composée de petits propriétaires des campagnes, des hommes de loi, des marchands des villes voulaient participer activement au gouvernement du pays. En cela ils s’opposaient aux Rois qui considéraient que leur pouvoir leur venait de Dieu et n’était pas divisible. Les Rois opposaient aux députés la «Prérogative royale», ensemble des pouvoirs, des privilèges et des indemnités attachés à la seule personne du Roi. Les députés estimaient que la Prérogative royale devait être limitée, qu’ils avaient le droit de décider sur toutes les questions et qu’ils avaient même le droit de mettre en accusation les ministres nommés par le Roi si ceux-ci faillaient dans leurs fonctions.

L’Angleterre était divisée entre anglicans et puritains (les catholiques en Angleterre étaient très minoritaires) :

Les anglicans (voir lettre 59-3) différaient des catholiques en ce qu’ils refusaient l’autorité du Pape et ne reconnaissaient que celle du Roi en matière religieuse (Acte de suprématie de 1534, lettre 5-3). Ils disposaient d’un Livre de prières qui décrivait l’ensemble des prières et des pratiques propres à leur Église [L’influence sur la langue anglaise de ce livre écrit par des érudits fut importante surtout lorsque la loi d’uniformité de 1558 obligea tous les Anglais à aller à la messe].

Les puritains (une majorité de députés de la Chambre des Communes étaient puritains) comprenaient :

Les puritains proprement dits qui restaient dans l’Église anglicane mais qui se défiaient de l’autorité et du Roi (en matière religieuse) et du clergé

Les presbytériens, calvinistes qui rejetaient l’autorité de tout souverain en matière religieuse et qui rejetaient aussi toute forme de clergé. Chaque communauté possédait un conseil ou consistoire, chaque conseil nommait des représentants au conseil national ou synode national qui décidait sur les grandes questions religieuses. Ils refusaient aussi le Livre des prières.

Les indépendants qui voulaient que chaque communauté soit indépendante de chaque autre communauté. Ils rejetaient toute autorité, aussi bien celle du Roi que celle du synode. Ils étaient ouverts à toutes les formes de protestantisme.

A la mort de la reine Élisabeth en 1603 ce fut Jacques Stuart, roi d’Écosse, son plus proche héritier, qui lui succéda sous le nom de Jacques 1er (voir lettre 59-5, deuxième page). Bien qu’ayant le même Roi, l’Angleterre et l’Écosse continuèrent de former deux États distincts. Il régna de 1603 à 1625. Ses relations avec le Parlement furent tendues mais la relation resta équilibrée.

La situation dégénéra lorsque son fils Charles 1er lui succéda en 1625. Ce dernier régna à sa guise, prenant toutes sortes de décisions en marge de toute légalité. Quand les députés de la Chambre des Communes s’opposèrent à lui et dénoncèrent l’illégalité de ses décisions il décida de ne plus convoquer le Parlement pendant 11 ans de 1629 à 1640.

Puis l’archevêque de Cantorbéry, Laud, hiérarque de l’Église anglicane, soutenu par le roi, voulut imposer la religion anglicane aux Écossais qui étaient presbytériens. Les Écossais se soulevèrent. Charles 1er convoqua alors le Parlement pour trouver une aide dans son effort de guerre. Mais les députés exigèrent en échange de leur soutien des mesures révolutionnaires que le roi refusa (interdiction des tribunaux d’exception, contrôle du Parlement sur la levée des impôts et sur les nominations des ministres, défense du puritanisme par réforme du Livre des prières). Les bourgeois de Londres alors s’insurgèrent et la Révolution commença accompagnant donc la révolte des Écossais.

Une série de guerres civiles fut déclenchée appelées par les historiens britanniques : Guerres des Trois Royaumes car elles engagèrent l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande. L’Irlande, en majorité catholique, envoya des troupes en Angleterre épauler Charles 1er, lequel était tolérant envers les catholiques et avait épousé lui-même une catholique Henriette de France sœur de Louis XIII. Les défenseurs du Roi, anglicans, catholiques et Lords furent appelés : les Cavaliers (car ils disposaient d’une puissante cavalerie). Les défenseurs des presbytériens, députés de la Chambre des Communes, Écossais, puritains furent appelés Têtes rondes (car les presbytériens avaient les cheveux courts).

A l’issue de péripéties complexes les armées du Roi Charles 1er furent définitivement vaincues en 1645. Charles 1er abdiqua en 1646 et se réfugia en Écosse qui le livra aux Anglais en 1647. Craignant un coup de force de l’armée révolutionnaire emmenée par un officier redoutable Cromwell (1599-1658), religieusement un indépendant, farouchement opposé au roi, le Parlement tenta de se réconcilier avec Charles 1er si celui-ci renonçait à gouverner en roi absolu. Mais Cromwell n’attendit pas, il marcha sur Londres, il expulsa 150 députés récalcitrants et devant un Parlement désormais acquis à sa cause, dit «Parlement Croupion», il imposa la mise en jugement du Roi. Charles 1er fut condamné à mort et décapité en 1649.

La même année Cromwell abolit la royauté, supprima la chambre des Lords et proclama le Commonwealth (communauté) d’Angleterre qui devint en 1651 le Commonwealth d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse [Le parlement anglais était composé de la Chambre des Communes et de la Chambre des Lords laquelle représentait la noblesse héréditaire et le clergé].

Cromwell s’en prit aux Irlandais qui avaient soutenu Charles 1er. Des milliers d’entre eux furent exterminés, d’autres déportés aux Antilles anglaises, d’autres repoussés dans l’ouest de l’île, dans la région la plus infertile. Les bonnes terres furent confisquées et réparties entre les colons anglais.

Les Écossais quant à eux se rallièrent au fils de Charles 1er, Charles II. Ils continuèrent leur offensive contre l’Angleterre. Cromwell les repoussa, puis renvoyant le Parlement Croupion en 1653, il prit le titre de Lord Protecteur du Commonwealth d’Angleterre, de l’Irlande et de l’Écosse. A partir de ce moment il gouverna en maître imposant au Commonwealth un régime de dictature militaire.

De 1651 à 1658, date de sa mort, il œuvra pour promouvoir en Europe la présence anglaise. Ainsi en 1651 il imposa l’Acte de Navigation. Les marchandises en provenance d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique ne pouvaient être importées en Angleterre que par des navires anglais, celles en provenance d’Europe ne pouvaient être importées que par des navires anglais ou des navires appartenant aux pays exportateurs. Ce monopole fut contesté par les Provinces Unies entraînant la première guerre anglo-néerlandaise (1652-1654). Elle se déroula entièrement sur mer. La marine anglaise remporta la victoire obligeant les Provinces Unies à accepter le monopole commercial anglais imposé par l’Acte de Navigation. Cette victoire consacra l’Angleterre comme une nouvelle puissance maritime.

Puis en 1658 Cromwell fit alliance avec Mazarin dans la guerre contre l’Espagne (voir lettre 60-4). L’Angleterre y gagna Dunkerque et l’île de la Jamaïque (qui appartenait alors à l’Espagne).

Après sa mort en 1658, son fils Richard lui succéda mais il abdiqua rapidement (en 1659). Alors le Parlement réuni en assemblée extraordinaire vota le rétablissement de la monarchie. En 1660 Charles II, le fils de Charles 1er, put ainsi rétablir la royauté.


Tu as pu admirer l’intérieur de la Cathédrale Saint-Basile lors du Noël orthodoxe. Igor a raison : même si tu ne crois pas en Dieu si tu entres dans un tel lieu tu trouves alors la paix de l’esprit. La puissance qui se dégage de la Cathédrale provient de son appartenance à la grande histoire russe. C’est le Terrible, après sa prise de Kazan en 1552, qui décida de sa construction. Celle-ci dura 125 ans.

Basile le Bienheureux naquit en 1469 dans un village près de Moscou. Il apprit le métier de cordonnier. Il mena une existence vouée à sa foi en Jésus-Christ. Il fit vœu de grande pauvreté, dénonçant sans cesse le mensonge et l'hypocrisie. C’était le seul homme que le Terrible craignait tant le Terrible le respectait.


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Lettre 60-7
 

10 janvier 2020,

Samuel,

 

XVII siècle
 

Evolution générale en Europe

G) L’Angleterre de 1660 à 1702

La restauration anglaise de Charles II en 1660 fut bien accueillie par une population fatiguée par la dictature de Cromwell, un puritain (branche : indépendants). En 1661 Le nouveau Parlement (dont les députés étaient des représentants des Communes tandis que les Lords étaient nommés par le pouvoir) était majoritairement anglican ce qui marginalisa les puritains. En outre un équilibre politique fut trouvé entre le Roi et le Parlement celui-ci restant attaché à la Prérogative royale.

En revanche les inclinations personnelles du Roi finirent par poser problèmes. En effet Charles II, de la maison Stuart, bien qu’anglican, penchait pour le catholicisme et pour l’alliance avec la France. Sans doute faut-il voir là un attachement à l’ascendante des Stuart, Marie Stuart reine d’Écosse, de 1542 à 1567, catholique dans un pays pourtant protestant, par surcroît mise à mort par la reine anglicane d’Angleterre Élisabeth 1ere laquelle voyait en Marie Stuart une rivale pour le trône d’Angleterre durant son règne même. En effet Élisabeth 1ere n’avait pas d’enfant et ses héritiers les plus proches étaient Marie Stuart celle-ci étant la petite-fille de Marguerite Tudor, sœur de Henri VIII (le père d’Élisabeth) de la maison Tudor, et de Jacques IV , roi d’Écosse, de la maison Stuart. Finalement à la mort d’Élisabeth ce fut le fils de Marie Stuart, Jacques Stuart qui succéda à Élisabeth sous le nom de Jacques 1er et la maison Tudor, faute d’héritier, fut remplacée par la maison Stuart [L’attachement au catholicisme et à la France de Marie Stuart lui venaient de sa mère Marie de Guise, duchesse de France]. Enfin Charles II était aussi le cousin germain de Louis XIV qu’il admirait beaucoup [La mère de Charles II était Henriette de France, catholique, sœur de Louis XIII, lequel était le père de Louis XIV].

Charles II commença par vendre la ville de Dunkerque à Louis XIV en 1662. Puis il signa avec son cousin germain un traité secret en 1670, dit traité de Douvres, dans lequel les deux souverains s’engageaient à faire alliance contre les Provinces Unies. Dans ce même traité Charles II s’engageait à se convertir au catholicisme dès que la situation le permettrait.

Charles II avait dû mener une deuxième guerre anglo-néerlandaise de 1665 à 1667 qui comme la première guerre (voir lettre 60-6) eut pour enjeu la maîtrise des mers. La France participa à cette guerre en prenant partie pour les Provinces Unies avec lesquelles elle avait signé un accord de défense mutuelle en 1662. Cette guerre tourna au désavantage des Anglais qui durent signer le traité de Breda (ville néerlandaise) en juillet 1667. Au terme de ce traité l’Acte de navigation fut légèrement assoupli : les navires

marchands néerlandais furent autorisés à livrer des marchandises allemandes à destination de l'Angleterre. Cette dernière abandonna ses revendications sur l'île de Run en Indonésie et céda le Suriname et ses plantations sucrières aux Néerlandais (le Suriname est limitrophe de la Guyane française). Elle céda aussi l’Acadie et la Guyane française à la France (qui céda à l’Angleterre quelque sites des Antilles).

En 1672 Louis XIV qui voulait annexer les Pays-Bas espagnols et qui était contrarié dans son intention par l’opposition des Provinces Unies décida d’attaquer ces dernières. Ainsi commença la troisième guerre anglo-néerlandaise puisque Charles II s’était engagé à soutenir Louis XIV contre les Néerlandais. Cette guerre déplut profondément au peuple anglais qui, bien qu’adversaire des Néerlandais, était encore plus réticent à s’entendre avec la France. Du coup Charles II arrêta la guerre en 1674 et signa le traité de paix de Westminster, laissant Louis XIV continuer seul le combat.

Au même moment en 1672 Charles II tenta de favoriser les catholiques en leur permettant d’accéder à des emplois de fonctionnaires ou à des postes politiques qui leur étaient jusque-là interdits. Le parlement réagit violemment et fit voter un Bill (le Bill du Teste ; bill : acte du parlement) en 1673, interdisant tous ces emplois à quiconque ne rejetait pas l’autorité du pape. Les catholiques qui avaient obtenu des postes au service de l’État durent démissionner et le frère du roi, le duc d’York, converti au catholicisme, dut démissionner de sa charge de grand amiral.

C’est alors que la société anglaise rentra dans cette dispute : le frère du Roi étant l’héritier de la couronne, pouvait-on accepter d’avoir un roi catholique ? Le pays se divisa en deux camps, les tories et les whigs, phénomène annonciateur des futurs partis politiques. Les tories comprenaient les partisans du duc d’York, ceux qui, même anglicans, mettaient la personne du roi au dessus de tout, et la majorité des propriétaires terriens. Les whigs comprenaient les bourgeois des villes partisans du pouvoir du Parlement contre la Prérogative royale. En définitive les tories devinrent les champions des droits du Roi et les whigs les champions des droits du Parlement.

Les deux partis en présence rentrèrent dans une opposition parfois violente.Les whigs réussirent à faire voter par le Parlement en 1679 le bill de l’habeas corpus (c’est-à-dire : sois maître de ton corps) qui interdit toute arrestation arbitraire limitant ainsi le pouvoir du Roi. Charles II exaspéré par la résistance du Parlement ne le convoqua plus jusqu’à sa mort en 1685 (il eut le temps de se convertir au catholicisme juste avant de mourir).

Son frère le duc d’York lui succéda sous le nom de Jacques II. Il favorisa l’accès des catholiques à toutes les fonctions administratives et ecclésiastiques (enseignement, justice, armée, paroisses). De plus il eut un fils de sa seconde femme, catholique comme lui. Ce fils devenait l’héritier (les deux enfants de son premier mariage étaient des filles). Un nombre croissant d’Anglais se mirent à redouter que les papistes finissent par mettre le royaume sous l’autorité spirituelle du pape.

Les whigs demandèrent au mari de la fille aînée de Jacques II, Marie (issue du premier mariage), Guillaume d’Orange-Nassau, stathouder des Provinces Unies ( stathouder : chef militaire et chef de la diplomatie) de venir sauver le protestantisme anglais (il était lui-même calviniste, et Marie s’était convertie au protestantisme). Le 5 novembre 1688 il débarqua en Angleterre, marcha sur Londres, contraignant Jacques II à l’exil en France.

Le Parlement réuni en 1689 constata le départ de Jacques II, affirma son droit de se choisir le Roi qu’il voulait, refusa de prendre en considération les droits du fils de Jacques

II et offrit la couronne à Guillaume et à sa femme Marie, lesquels exercèrent le pouvoir sous les noms de Guillaume III et de Marie II, Rois d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande comme leurs prédécesseurs. Cet événement fut appelé par les historiens : la Glorieuse Révolution [C’est en 1541 qu’Henri VIII devint Roi d’Irlande après avoir définitivement conquis l’île ; ce titre de Roi d’Irlande fut légué ensuite aux souverains anglais. Par ailleurs à partir de 1603, avec la nomination de Jacques Stuart, qui régnait en Écosse sous le nom de Jacques VI, comme Roi d’Angleterre sous le nom de Jacques 1er, (voir lettre 60-6), les fonctions de Roi d’Écosse et de Roi d’Angleterre furent tenues par le même homme, même si les États restèrent distincts].

Avant de devenir Rois, Guillaume et Marie durent accepter la Déclaration des Droits anglais du 13 février 1689 (Bill of Rights) qui devint loi du royaume en décembre 1689. Cette Déclaration, très importante, définit les principes de la monarchie parlementaire en Angleterre. L’apport principal de la Déclaration fut de limiter définitivement la Prérogative royale, d’affirmer les pouvoirs législatifs du Parlement et de définir les libertés anglaises fondamentales. Elle préfigura la déclaration des droits de l’homme de 1789. Une loi de tolérance en faveur des dissidents (puritains) fut votée en 1689 leur accordant la liberté de culte. En revanche les catholiques restèrent marginalisés.

Après avoir réprimé les révoltes des Jacobites, les partisans de Jacques II, et après s’être converti à l’anglicanisme Guillaume mourut en 1702 (Marie mourut en 1694).

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Lettre 60-8
 

12 janvier 2020,

Samuel,

 

XVII siècle

 

Evolution générale en Europe

H) La France de 1661 à la fin du siècle

a) Les politiques intérieure et économique de Louis XIV

[Cette lettre fait suite à la lettre 60-4]

Louis XIV prit le pouvoir pour lui seul en 1661 (Il régna jusqu’en 1715). Il exerça un pouvoir personnel, car il pensait tenir son pouvoir de Dieu et en concluait qu’il était le maître absolu en son royaume. Il finit par prendre le nom de Louis-le-Grand ou encore celui de Roi Soleil.

Dans un premier temps pour domestiquer les nobles qui avaient perturbé son enfance avec le déclenchement de la Fronde il développa autour de lui une Cour étincelante. Là attirés par les fêtes et l’espoir d’être remarqués par le monarque et d’obtenir ainsi des faveurs (pensions, nominations, obtention de charges) les nobles se pressaient, plus occupés à plaire qu’à se rebeller. Pour donner encore plus d’éclat à sa Cour et pour flatter l’aristocratie fière de se produire en des lieux somptueux, il fit construire le château de Versailles où il s’installa en 1682 désertant le Palais du Louvre jusque-là résidence des Rois.

Il n’eut jamais de premier ministre. Il s’entoura de ministres d’État compétents réunis en Conseil des Affaires appelé encore Conseil d’En-Haut. Le plus connu de ses ministres fut Jean-Baptiste Colbert qui s’occupa notamment des finances de 1661 jusqu’à sa mort en 1683, date à laquelle il fut remplacé par Louvois qui exerça jusqu’à sa mort en 1691. Les ministres nommés ensuite furent de moindre valeur.

Louis XIV se signala rapidement par son intransigeance en matière religieuse. Il entra en conflit contre le Pape à propos de la nomination du clergé en France. Le Roi voulait s’arroger le droit de nommer les évêques, droit réservé au Pape. Ce conflit s’acheva par la victoire du Pape, Louis XIV ayant besoin de son appui dans les guerres qu’il entreprit.

Faute d’avoir gagné contre le Pape il voulut imposer l’unité de la religion dans son pays, en l’occurrence la religion catholique. Il s’en prit aux protestants et aux jansénistes, ces derniers étant une variante radicale du catholicisme, prônant une morale stricte, une vie ascétique et une indépendance spirituelle par rapport à l’absolutisme du Roi.

Contre les jansénistes il détruisit le centre de leur vie religieuse, l’abbaye de Port-Royal des Champs (située au sud-ouest de Versailles).

Contre les protestants ou huguenots, il les persécuta, les força à abjurer leur foi par le moyen des dragonnades, méthode mise au point par Louvois. On logeait chez les protestants des soldats qui pillaient les demeures et torturaient leurs occupants jusqu’à abjuration. Le résultat fut efficace : des dizaines de milliers de conversions au catholicisme furent enregistrées.

Pour couronner son action Louis XIV signa le 18 octobre 1685 l’Édit portant révocation de l’Édit de Nantes. Les temples furent détruits, le culte fut interdit, les pasteurs qui n’abjuraient pas furent bannis, les dragonnades furent généralisées. Les fidèles en revanche étaient tenus de rester de France et d’élever leurs enfants dans le catholicisme. En définitive les huguenots, même ceux qui avaient abjuré, finirent par émigrer. Leur nombre fut estimé à 200 000. Comme il s’agissait des personnes les plus dynamiques (industriels et commerçants) cette fuite affaiblit considérablement le pays. En outre ces migrants allèrent exercer leur puissance économique créatrice dans des États comme la Prusse qui, plus tard, terrassèrent la France lors de la guerre de 1870.

Les protestants qui restèrent ne se résignèrent pas. Ils exercèrent leur culte en secret dans les bois, la nuit, ce fut « le culte au désert ». Plus tard ils se soulevèrent (voir prochaine lettre sur la France, XVIII siècle).

Le plus grand ministre du règne de Louis XIV fut Colbert. Son but fut d’augmenter la puissance de la France en développant l’industrie, le commerce et l’empire colonial.

Il développa d’abord les industries existantes notamment les fabriques de draps : Abbeville, Arras, Saint-Quentin, Elbeuf, Sedan, Carcassonne ; les tapisseries : les Gobelins à Paris et Aubusson ; les soieries : Lyon. Puis il fit fabriquer en France glaces et dentelles alors achetées à Venise, ou encore l’acier alors acheté en Suède ou en Allemagne.

Il augmenta la capacité productrice en favorisant la création de manufactures rassemblant sous la direction d’un même entrepreneur de petits ateliers d’un même métier jusque-là indépendants [attention il ne fut pas confondre avec la manufacture de type capitaliste qui se développa au XVIII siècle en Angleterre ; dans cette dernière manufacture fut introduite la division du travail, c’est-à-dire la décomposition d’un même métier en une série d’actes, accomplis chacun par un ouvrier ; la division du travail introduisit une puissance de production incomparable ouvrant l’ère de la production industrielle].

Colbert fut attentif à la qualité du travail fourni afin de satisfaire les clients extérieurs. Il édicta des normes de production pour chaque corporation, il en fit surveiller l’exécution par des inspecteurs. Pour protéger l’économie française il institua le protectionnisme c’est-à-dire qu’il frappa de droits élevés les marchandises vendues en France par les étrangers.

Ensuite il voulut développer une flotte de commerce. Colbert ne supportait pas de devoir passer par la flotte hollandaise, alors dominante sur les mers, avant d’être concurrencée par les Anglais, pour assurer le commerce avec les pays étrangers. D’autant que du commerce international sur mer ressortaient d’importants bénéfices monétaires qui étaient ensuite utilisés pour financer l’effort de guerre. Or la France avait pour adversaires les Hollandais.

Colbert fit tout pour encourager les armateurs français en les subventionnant, en aménageant des ports, en créant des arsenaux (chantiers navals militaires). Mais son entreprise se solda par un échec relatif peu d’entrepreneurs s’intéressant à ce type d’investissement. Il voulut aussi créer des Compagnies de commerce à l’image des Compagnie des Indes occidentales et orientales des Hollandais et des Anglais mais là encore ce fut un échec. Seule la Compagnie française des Indes orientales subsista à la fin du règne de Louis XIV, fondant en Inde les comptoirs de Pondichéry et de Chandernagor.

Il développa le patrimoine colonial français en mettant en valeur les Antilles et le Canada. Il établit des comptoirs au Sénégal et il acquit, près de Madagascar : l’île Bourbon (aujourd’hui la Réunion) et l’île de France (aujourd’hui l’île Maurice, devenue indépendante en 1968). Pour protéger les relations avec les colonies Colbert développa une marine de guerre efficace faisant de la France une puissance navale de premier ordre. Cette marine se renforça de corsaires dont les plus connus furent Jean Bart et Duguay-Trouin.

Pour la mise en valeur des colonies, en 1673, fut fondée la Compagnie du Sénégal qui fournit des esclaves aux Antilles. La traite des Noirs devint la clé de voûte du système colonial : la France qui pratiquait jusqu’ici le commerce direct entre France et Antilles se mit au commerce triangulaire entre France, Afrique et Antilles. Une main d’œuvre servile noire remplaça les travailleurs européens. En mars 1685, Louis XIV promulgua le Code Noir, préparé par Colbert. Ce Code posa ces principes : l'esclave, dépourvu d'existence juridique, est la propriété du maître, il est déclaré « meuble », c'est-à-dire assimilé à un objet ou une marchandise qui peut être vendue (même aux enchères) ou transmise par héritage.

[Dès le 16e siècle, un commerce transatlantique appelé « commerce triangulaire » fut mis en place en Europe. Des négriers européens partaient d’Europe avec des marchandises manufacturées qu’ils échangeaient sur les côtes d’Afrique contre des captifs fournis par certains royaumes et négriers africains. Les navires européens transportaient ensuite les Noirs à travers les océans, dans de terribles voyages que des historiens nommèrent la Grande Déportation. Les captifs étaient ensuite vendus à des colons aux Antilles, au Brésil, en Amérique du Nord, mais aussi à la Réunion ou à l’Île Maurice dans l’Océan Indien. Réduits en esclavage, ils travaillaient dans des conditions très dures : en moyenne, l’espérance de vie d’un esclave de plantation ne dépassait pas dix ans. Les marchandises produites par les esclaves (sucre, café, cacao, coton, tabac…) étaient ensuite exportées vers l’Europe. Cette traite permit de réaliser d’énormes bénéfices grâce au faible coût de la main d’œuvre utilisée].

La volonté de Colbert de faire de la France un pays économiquement puissant fut en définitive un échec. La cause principale de cet échec furent les folles prodigalités du Roi Soleil. La construction du château de Versailles, les fêtes et le coût engendré par l’entretien de la Cour, les pensions versées aux courtisans pour obtenir leur soumission et surtout les guerres incessantes que mena le Roi ruinèrent le pays. A cela s’ajoutèrent des conditions climatiques extrêmes entraînant des récoltes médiocres. Une grande misère se répandit dans le pays réduit parfois à la famine. A la mort de Louis XIV la détresse était générale.

J’espère que ton retour en Russie se passe bien, bientôt tu manieras le sabre, au galop sur ton cheval, au milieu d’autres cavaliers, ainsi tu connaîtras les sensations uniques que connurent jadis les Cosaques.

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Lettre 60-9


15 janvier 2020,

Samuel,


XVII siècle


Evolution générale en Europe


H) La France de 1661 à la fin du siècle


b) La politique extérieure de Louis XIV


1) L’administration de l’armée

La réforme de l’armée fut organisée par Michel le Tellier puis par son fils Louvois. Elle consista à écarter les officiers qui achetaient leur droit au commandement par des officiers directement nommés par le roi. L’administration militaire fut confiée à des fonctionnaires contrôlés par l’État.

Le service de santé fut amélioré par la création d’hôpitaux fixes dans les places fortes et d’hôpitaux ambulants (ou ambulances) qui suivaient les militaires lors des campagnes. Pour recevoir les mutilés de guerre le Roi fit élever l’Hôtel des Invalides. Enfin l’armée devint permanente. Elle était dirigée au sommet par la Maison militaire du Roi dont les chefs appartenaient aux plus grandes familles de France.

L’armée était composée d’une cavalerie légère, d’une infanterie équipée de fusils à baïonnette, imaginés par Vauban, ce qui permit de réunir l’arme à feu à l’arme blanche. Certains fantassins tiraient des grenades : ce furent les grenadiers. Louvois créa des compagnies de canonniers et de bombardiers (bombarde : machine de guerre qui, à l'aide de cordes et de ressorts, servait à lancer des projectiles).

Comme les guerres menées par Louis XIV étaient des guerres de siège elles nécessitèrent un nombre important d’officiers de génie, appelés ingénieurs (affectés aux constructions de fortifications, de routes, de ponts…). Leur chef Vauban inventa un nouveau système de fortifications qu’il appliqua en France à trois cents places et qui fut adopté par toute l’Europe.

Grâce à une population importante, près de 21 millions d’ habitants, Louis XIV disposa d’une armée qui compta jusqu’à 300 000 hommes. Face à cette puissance démographique les autres pays étaient moins bien lotis : 5 millions d’habitants pour l’Angleterre seule (hors pays de Galles), 15 millions pour le Saint Empire, 2,5 millions pour les Provinces-Unies.

2 ) Première guerre menée par Louis XIV : La guerre de Dévolution 1667-1668.

Quand Philippe IV le Roi d’Espagne mourut en 1665, son fils Charles II (à ne pas confondre avec Charles II d’Angleterre) lui succéda. Comme il n’avait que quatre ans il fut placé sous la tutelle de sa mère Marianne d’Autriche.

Louis XIV revendiqua aussitôt des droits sur la succession de la maison d’Espagne en s’appuyant sur les droits de sa femme Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV. Cette dernière avait renoncé à ses droits sur la succession en échange du versement d’une dot qui ne fut jamais payée. C’est en prétextant ce non-paiement que Louis XIV décida de s’attaquer aux Pays-Bas espagnols et à la Franche-Comté, possession espagnole.

Turenne et Condé occupèrent l’un, une partie de la Flandre, l’autre la Franche-Comté. L’invasion française inquiéta les Provinces-Unies. Elles étaient à ce moment-là alliées avec la France dans la guerre contre l’Angleterre appelée par les historiens : la deuxième guerre anglo-néerlandaise (voir lettre 60-7). Elles se désengagèrent rapidement de cette guerre en signant le traité de Breda en 1667 (voir même lettre) et en s’engageant en 1668 dans la Triple-Alliance de la Haye où elle s’associèrent avec l’Angleterre et la Suède pour contrer l’ambition du Roi de France. Devant la menace constituée par cette alliance Louis XIV préféra temporiser et signer en 1668 le Traité d’Aix-la-Chapelle. Il se contenta d’annexer une dizaine de villes espagnoles (dont certaines étaient restées possession du Roi d’Espagne lors de l’annexion de l’Artois en 1659, lettre 60-4) dont Lille, Douai et Charleroi. Il restitua la Franche-Comté à l’Espagne.

3 ) Deuxième guerre : la guerre de Hollande 1672-1678

Louis XIV résolut de soumettre les Provinces-Unies seules capables de le contrer dans ses ambitions. A cet effet il préféra annexer les villes espagnoles citées ci-dessus, plutôt que la Franche-Comté, afin d’ouvrir une voie terrestre vers l’invasion des Provinces-Unies. Colbert le poussait aussi à mener cette guerre car il voulait briser le monopole commercial des Provinces sur les mers.

Le Roi cassa d’abord l’unité de la Triple-Alliance de la Haye. Il signa en 1670 un traité d’alliance secret avec Charles II d’Angleterre (lettre 60-7) puis il obtint le soutien du roi de Suède Charles XI en lui versant une rente annuelle.

Louis XIV et Charles II d’Angleterre lancèrent l’attaque contre la Hollande en 1672. Les troupes françaises brisèrent la résistance des Hollandais, complètement débordés. Ces derniers, acculés, ouvrirent les écluses et crevèrent les digues, inondant leurs terres et mettant la mer entre eux et les envahisseurs. Louis XIV dut reculer.

La même année Guillaume d’Orange prit la direction de la république des Provinces-Unies. Les États allemands de Brandebourg (dirigé par Frédéric) et d’Autriche (dirigé par Léopold 1er qui était également Empereur du Saint Empire) entrèrent en guerre contre le Roi de France, déportant la guerre en Allemagne. Les Impériaux envahirent l’Alsace. Les armées françaises toujours dirigées par Turenne et Condé repoussèrent les Allemands.

A leur tour le Duc de Lorraine et le Roi d’Espagne rentrèrent en guerre contre la France. Les Français renversèrent leurs adversaires et occupèrent la Franche-Comté.

En 1674 le parlement anglais opposé à cette guerre força le Roi Charles II à signer la paix de Westminster (lettre 60-7). Louis XIV se retrouva seul.

En 1675 la Suède rentra en guerre du côté de la France. Elle attaqua le Brandebourg, le prenant ainsi à revers. Pour contrer les ambitions de son voisin le Danemark entra en guerre contre la Suède. Celle-ci céda. La Scanie et la Poméranie occidentale furent occupées (voir carte lettre 60-5).

En Allemagne la guerre s’enlisa. Turenne y fut tué et Condé, usé, prit sa retraite. En 1676 les Français consolidèrent leurs positions en Artois et en Flandre. Mais ils ne pouvaient toujours pas envahir les Provinces-Unies. En 1677 Marie, la fille de Jacques II d’Angleterre (lettre 60-7) se maria avec Guillaume d’Orange. Ce mariage laissait augurer un rapprochement futur entre l’Angleterre et la Hollande. Louis XIV décida alors de pousser ses avantages terrestres avant que cette alliance ne lui porta préjudice sur le terrain et il signa la paix de Nimègue en position de force.

La paix de Nimègue comporta sept traités signés en 1678 et 1679 à l’issue desquels les dispositions suivantes furent prises : l’Espagne céda à la France la Franche-Comté ainsi que plusieurs villes des Pays Bas espagnols dont Valenciennes, Cambrai, Maubeuge, Saint-Omer. Le Brandebourg et le Danemark, sur ordre de Louis XIV, durent restituer la Scanie et la Poméranie occidentale à la Suède. Dans la mer des Caraïbes (mer des Antilles) la France prit Tobago aux Hollandais, la Trinité aux Espagnols et les Anglais reconnurent comme possessions françaises : Saint-Vincent, la Dominique et Sainte-Lucie (situées dans les Caraïbes aussi). En définitive la Hollande s’en sortit bien en ne cédant pratiquement aucun territoire tandis que l’Espagne vit encore sa puissance décliner.

 

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Lettre 60-10


17 janvier 2020,


Samuel,

 

XVII siècle

 

Evolution générale en Europe

 

H) La France de 1661 à la fin du siècle


b) La politique extérieure de Louis XIV

4) Troisième guerre : la politique des Réunions 1679-1684

Les traités de Westphalie et de Nimègue stipulaient que les territoires cédés à la France le seraient avec leurs dépendances. Comme le périmètre de ces dépendances n’avait pas été précisé Louis XIV décida d’annexer tous les territoires qui, selon lui, faisaient partie de ces dépendances.

C’est ainsi que le Roi s’empara de Montbéliard et de villes du Duché de Lorraine, du Luxembourg, de la Sarre et d’Alsace (dont Strasbourg). Les annexions de Courtrai et de Luxembourg (qui faisait partie des Pays-Bas espagnols) entraînèrent une courte guerre contre l’Espagne, appelée guerre des Réunions en 1683 et 1684. L’Espagne dut s’incliner car ses alliés potentiels, les Habsbourg du Saint Empire, étaient occupés à repousser les Ottomans qui faisaient le siège de Vienne.

L’annexion de Strasbourg provoqua néanmoins en Europe une grande indignation, accrue bientôt par la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 (de nombreux États européens étaient protestants), puis par les prétentions de Louis XIV à la succession du Palatinat, État du Saint Empire. En 1685 l’électeur palatin Charles II mourut sans héritier. Un comte palatin, Philippe-Guillaume, lui succéda selon les accords locaux. Mais Charles II avait une sœur Charlotte-Elisabeth qui s’était mariée en 1671 au frère de Louis XIV, Philippe d’Orléans. Elle avait signé une renonciation à tous droits de succession sur le Palatinat mais Louis XIV réclama quand même au nom de sa belle-sœur la moitié du Palatinat.

Les ambitions du Roi de France entraînèrent la formation de 1686 à 1690, d’une ligue dirigée contre lui, la ligue d’Augsbourg, comprenant, par adhésions successives, l’Empereur du Saint Empire, Léopold 1er, plusieurs princes allemands (de Bavière, du Brandebourg, de Saxe, de Hanovre, de Hesse-Cassel), le Roi d’Espagne Charles II, l’Angleterre et les Provinces Unies représentées par Guillaume III d’Orange (devenu roi d’Angleterre en 1689 en plus de dirigeant des Provinces-Unies, lettre 60-7), Victor Amédée II, le Duc de Savoie, Léopold, le duc de Lorraine. (La Suède et le Danemark un temps associés à la ligue s’en retirèrent et choisirent la neutralité). Louis XIV de son côté assura le sultan Mehmed IV qu’il n’interviendrait pas contre lui dans sa guerre contre l’Empire.

5) Quatrième guerre : la guerre de la ligue d’Augsbourg 1688-1697

[Cette guerre est encore appelée : guerre de Neuf Ans ou guerre de la Succession palatine]

Constatant que l’Empire prenait l’avantage contre les Ottomans, Louis XIV décida d’attaquer avant que l’Empereur soit en mesure de se retourner contre lui. En 1688 il envahit le Palatinat au nom de Charlotte-Elisabeth. Mais l’Empereur et les princes allemands parvinrent à mobiliser rapidement des troupes pour contrer cette invasion. Pour gêner la contre-attaque allemande les Français dévastèrent le Palatinat en rasant villes et villages en 1689. La guerre se déporta dans les Pays-Bas espagnols, en Catalogne et dans le Duché de Savoie. Après quelques succès pour les Français, dont l’invasion de la Catalogne et la mainmise sur le Duché de Lorraine, les fronts se stabilisèrent. La France ne parvint pas à prendre un avantage décisif. Après neuf ans de guerre les adversaires, également épuisés, signèrent la paix de Ryswick (près de la Haye) en 1697. [En 1696 Victor Amédée II de Savoie signa un traité de paix séparé avec Louis XIV dans lequel, menacé par les troupes françaises, il acceptait de devenir l’allié de la France]

Par ce traité Louis XIV gardait Strasbourg et les quatre cinquièmes de l’Alsace. Il annexait également la Sarre. Il rendit pratiquement tous les territoires qu’il avait pris à l’Espagne dans les Pays-Bas espagnols après le traité de Nimègue annulant ainsi les acquisitions de la politique des Réunions. Il restitua à l’Espagne la Catalogne. Il restitua le Duché de Lorraine au duc Léopold. Enfin il reconnut officiellement Guillaume III comme roi d’Angleterre [Louis XIV ménagea temporairement l’Espagne car il projetait d’intervenir plus tard dans la succession prévisible du royaume d’Espagne, le Roi de ce pays, Charles II, ayant une santé déclinante]

[La guerre de la ligue en Europe entraîna un conflit en Amérique du Nord et en Asie appelé : première guerre intercoloniale, mettant en opposition les puissances européennes quant à leurs possessions coloniales. Cette guerre ne changea rien aux possessions acquises, sinon que l’Espagne, lors de la signature du traité de Ryswick, dut reconnaître l'occupation par la France de l’ouest de l’île Saint-Domingue située dans les Antilles].

Une cinquième guerre suivit, appelée guerre de succession d’Espagne. Elle sera traitée lors de l’étude du XVIII siècle.

Les cartes jointes permettent de constater les positions territoriales en Europe après le traité de Ryswick, de visionner le territoire du Duché de Savoie (comprenant le Duché proprement dit, le Piémont, le Duché d’Aoste et la région de Nice) et celui de la Sarre. [Aujourd’hui les départements du Rhin-et-Moselle, du Mont-Tonnerre et de la Sarre appartiennent à l’Allemagne, celui des Forêts appartient au Luxembourg, ceux de Sambre-et-Meuse, d’Ourthe, de Dyle et de Jemmapes appartiennent à la Belgique]


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Lettre 60-11

 

18 janvier 2020


Samuel,

XVII siècle 

 

Evolution générale en Europe

 

 

I) L’Empire ottoman

À l’aube du XVII siècle et jusqu’en 1683 l’Empire ottoman atteignit des dimensions impressionnantes. Ses territoires et ses zones d’influence (États vassaux) allaient d’Algérie à la Mésopotamie et des confins de l’Autriche jusqu’à la bande du Hedjaz en Arabie. Ces limites avaient déjà été pratiquement atteintes au début du XVII siècle (voir lettre 59-6). 

A la tête de l’Empire le sultan-calife bénéficiait de tout le prestige religieux lié à son titre de Commandeur des croyants. Son pouvoir s’appuyait sur une administration centralisée. Le territoire était divisé en provinces et les circonscriptions en fiefs. Le centre de cette organisation était Topkapi, le palais du sultan où travaillaient près de 20 000 personnes. Le Divan, Conseil impérial, se tenait chaque semaine et prenait les décisions. Le premier des fonctionnaires était le granVizir. Le nom de la porte de Topkapi, la Sublime Porte, finit par désigner l’Empire tout entier. Les fonctionnaires étaient recrutés parmi les « esclaves du sultan » (voir lettre 59-6 : le fonctionnement de l’Empire qui y est décrit valait toujours au XVII siècle).Dans la première moitié du XVII siècle l’Empire commença à se scléroser. L’activité se figeait dans un système quasi féodalqui brisait toute initiative agricole et artisanale (les artisans étaient réunis en corporations aux règles très rigides). Cette activité souffrait aussi d’un manque de vitalité due au fait que les échanges internationaux évitaient l’Empire, réputé trop peu sécurisé et trop rigide, pour emprunter les nouvelle routes commerciales ouvertes par les Européens vers l’Asie par le contournement de l’Afrique.

L’institution des « esclaves du sultan » (askers) tomba en désuétude, les fonctionnaires ne furent plus renouvelés, ce qui contribua à une perte de compétences. Les sultans eux-mes perdaient toutes compétences plus soucieux de la gestion de leur harem et de leurs plaisirs que de celle de leur Empire.

Enfin les janissaires, soldats qui formaient un ordre militaire très puissant, jadis recrutés eux aussi parmi des esclaves européens et chrétiens, virent leur fonction devenir héréditaire. Du coup ils formèrent une caste conservatrice, hostile à l’innovation. Ils jouèrent un rôle politique néfaste allant jusqu’à assassiner certains sultans dont les volontés réformatrices, concernant l’organisation de l’armée, leur déplaisaient. 

Cette décadence fut combattue avec énergie et succès par une famille de vizirs brillants, la famille des Köprülü, d’origine albanaise, qui exerça le pouvoir réel de 1656 à 1683. [D’autres représentants de cette famille gérèrent ensuite l’Empire mais avec moins d’efficacité]. 

En 1656 Mehmet Köprülü arriva au pouvoir à plus de 70 ans. D’une main de fer il mata les militaires récalcitrants, tua dans l’œuf toutes révoltes sociales et équilibra les finances. Cette politique fut poursuivie par son fils et successeur Ahmed Pacha(1661-1676) puis par son gendre Kara Mustafa (1676-1686). [Toutefois celui-cidans l’exercice de son autorité inflexible, taxa lourdement les marchands étrangers ce qui contribua à détourner hors de l’Empire les routes commerciales].

Ces nouveaux vizirs reprirent l’expansion territoriale de l’Empire. En 1669 ils conquirent la Crète. Puis la même année les Ottomans trouvèrent en Dorochenko, un cosaque zaporogue qui ambitionnait d’étendre son pouvoir sur la petite Russie (Ukraine), province alors appartenant à la Pologne-Lituanie, un allié pour étendre leur influence vers le nord du khanat de Crimée (dont il étaient les suzerains). Ils annexèrent la Podolie, une région du sud de la Pologne-Lituanie et placèrent l’Ukraine occidentale (partie de la petite Russie située sur la rive droite du Dniepr) sous leur protectorat (voir lettre 16 sur la Russie).

Enfin le souverain de la Haute-Hongrie, Imre Thököly se plaça sous le protectorat ottoman mais pour un court laps de temps, de 1982 à 1985. Après la percée de l’Empire ottoman dans les Balkans au XVI siècle l’ancien royaume de Hongrie fut divisée en Hongrie royale, qui resta sous la domination des Habsbourg, en Hongrie ottomane et en Haute Hongrie. Les Habsbourg et les souverains de la Haute Hongrie rentrèrent en conflit, les Habsbourg tentant de mettre la main sur la Haute Hongrie. Cette rivalité conduisit Imre Thököly à se mettre sous protectorat ottoman afin de faire front contre l’Empire des Habsbourg. Il fut encouragé dans cette attitude par Louis XIV qui visait à affaiblir le Saint-Empire avant de l’attaquer à l’est, en s’emparant du Palatinat.

En 1983 fut lancée la Grande Guerre Turque ou Guerre de la Sainte Ligue. Le sultan Mehmed IV, sous l’influence du grand Vizir Kara Mustafa, venait de décider de poursuivre son avancée territoriale vers l’Autriche. L’archiduc d’Autriche (le souverain) Léopold 1er, également Empereur du Saint Empire, trouva des alliés au sein de l’Empire même (BavièreSaxe) mais aussi auprès de la Pologne, de Venise, de nombreux  autres États italiens, de l’Espagne et du Portugal, tous soucieux de défendre la chrétienté contre l’Islam. Ils formèrent la Sainte Ligue.

Menées par le Vizir Kara Mustapha les troupes ottomanes assiégèrent Vienne en 1683. Mais elles furent défaites par les alliés notamment par la charge du Roi polonais Jean III Sobieski. Cette déroute valut à Kara Mustapha d’être étranglé sur ordre du sultan.Les troupes impériales progressèrent en Hongrie, puis débordèrent largement sur le territoire balkanique ottoman. Des guerres de position se tinrent de 1683 à 1699. Dans le même temps la république de Venise s’empara de la Morée (Péloponnèse).

Profitant de cette guerre, en 1686, la régente de Russie, Sophie Romanova (lettre 17 sur la Russie) attaqua la Crimée. Ce fut pour elle une déroute. En 1694 Pierre le Grand prit le pouvoir et le relais de Sophie en lançant les campagnes d’Azov en1695-1696. Il parvint à prendre la forteresse d’Azov ce qui lui ouvrit le contrôle de la mer du même nom.

En janvier 1699 fut signé le traité de Karlowitz. Les Habsbourg annexèrent  la Hongrie ottomane, la Haute Hongrie (Imre Thököly se réfugia à Constantinople) et la Transylvanie. La république de Venise conserva la Morée ainsi que des places en Dalmatie et en Bosnie. La Pologne-Lituanie récupéra la Podolie.

Le sultan signa également la paix avec la Russie, par le traité de Constantinople, le 15 juillet 1700. Il perdit  la forteresse d’Azov et reconnut la suzeraineté russe sur les Cosaques zaporogues en Ukraine occidentale. Ces guerres signèrent la fin de l’expansion territoriale de l’Empire ottoman et son léger reflux.

Commentaires sur les cartes :

Azov se trouve à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Rostov-sur-le-Don

Lterritoire de l’Empire ottoman est délimité par la ligne extérieure rouge sur la carte globale. Attention ce territoire s’arrête à 1683 et non à 1699 comme indiqué au paragraphe « Boundary of the Ottoman Empire » du cartouche [cartouche : encadrement en bas et à gauche de la carte]

Une carte de l’ancienne Hongrie est jointe avec : 

la Hongrie royale (Royal Hungary) sous domination des Habsbourg, qui constituait la ligne de défense de l’Occident contre l’Empire ottoman. Cette Hongrie royale comprenait aussi la : Croatia sur la carte. Sa capitale était Presbourg, notée sur la carte, aujourd’hui appelée Bratislava (capitale de la Slovaquie).

La Haute Hongrie (Upper Hungary) formant aujourd’hui la plus grande partie de la Slovaquie.

La Hongrie ottomane : Budin Eyalet (où se trouvaient Buda et Pest), Egri Eyalet, Kanije Eyalet, Varat Eyalet, Temesvar Eyalet.

Sur cette même carte sont notées les principautés de Transylvanie, de Moldavie et de Valachie, États souverains sous protectorat ottoman. La Valachie, une grande partie de la Transylvanie et une grande partie de la Moldavie forment aujourd’hui la Roumanie.

Une carte de l’actuelle Europe de l’Est permet de faire une correspondance visuelle entre l’ancienne carte de la Hongrie et les États actuels (ce n’est pas évident mais ça donne une idée).

 

Je t’embrasse,

Je pense toujours à toi, chaque jour,

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