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deja-utilise Membre 5 241 messages
If you don't want, you Kant... ‚
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On ( nous sur le forum ) débat souvent de ce qu'est faire de la philosophie, ou qui peut se clamer d'être un philosophe, et quels sont les critères, mais à ma connaissance, on ne se demande rarement ou jamais, une fois les deux premières questions mises de coté ou résolues, quel devrait être le comportement du philosophe d'un point de vue moral, lui qui est à même de porter un regard critique sur le monde, ne doit-on pas se demander comment sa pratique de la philosophie peut nuancer, influer, assoir ou discréditer ses espoirs, ses thèses, ses révélations écrites ou orales ?

Par exemples, gagner de l'argent ou d'obtenir une certaine notoriété par l'intermédiaire de ses livres ou de ses diplômes, ne contreviennent-ils pas à la noblesse même de l'art philosophique ?

Est-ce là le but du philosophe, d'avoir des rentrées pécuniaires ou d'avoir la célébrité, ou au contraire de se départir autant que possible de toute étiquette, de tout préjugé, de toute servitude, de toute dépendance, de toute gloire personnelle revendiquée/ostensible !?

Comment peut-on être le plus objectif, le plus sincère, le moins reprochable sur ses dires, si l'on est partie prenante du système que l'on critique en tout ou partie ?

Le philosophe en son âme et conscience, ne doit-il pas rester à l'écart/distance du monde commun, pour garder justement sa vision perçante, son indépendance, son impartialité, ce qui le conduit à une vie d'anonyme, de gagne-petit inexorablement ?

Peut-on être à la fois philosophe et activiste/partisan politique, sans se perdre soi-même, de jouer à un jeu de dupes ?

Et puis, notre philosophe pour être cohérent, n'a t-il pas pour tâche première de s'efforcer d'appliquer en premier lieu, toutes ses belles idées à lui-même, dans sa vie quotidienne, de mettre en pratique pour lui ce qu'il pense du monde et des ses semblables, à son échelle, d'éviter l'hypermétropie par tout moyen !?

Ne doit-il pas avoir clairement une éthique irréprochable pour que sa philosophie ait une valeur morale ?

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Membre Posté(e)
Enchantant Membre 11 496 messages
Forumeur confit‚
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Bonjour déjà-utilise,

L'avantage que j'ai sur vos interrogations métaphysique, c'est que je ne suis pas philosophe, pour la bonne raison c'est que je n'ai fait aucune étude philosophique au cours de mon existence.

Par contre, ce qui m'a souvent surpris, lorsque je discutais de certains problèmes de société avec mes collègues de travail, c'est d'être catalogué par eux de philosophe ?

Comme le Bourgeois gentilhomme de MOLIÈRE, devrais je en conclure naïvement ?

Ah ! la belle chose que de savoir quelque chose ?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE - Par la raison, Monsieur, qu’il n’y a pour s’exprimer, que la prose, ou les vers.

MONSIEUR JOURDAIN.- Il n’y a que la prose, ou les vers ?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE- Non, Monsieur : tout ce qui n’est point prose, est vers ; et tout ce qui n’est point vers, est prose.

MONSIEUR JOURDAIN.- Et comme l’on parle, qu’est-ce que c’est donc que cela ?

MAÎTRE DE PHILOSOPHIE .- De la prose.

MONSIEUR JOURDAIN.- Quoi, quand je dis : "Nicole, apportez-moi mes pantoufles, et me donnez mon bonnet de nuit ", c’est de la prose ?

Bref, tout cela pour constater que chacun d'entre nous, ayant ou pas étudié la philosophie est susceptible d'en faire sans le savoir, n'est ce pas ?

Pour conclure, que l'on soit philosophe ou pas, personne n'est au dessus de la contingence humaine, l'on est pas le spectateur ou l'arbitre de notre existence, nous en sommes les acteurs, quoique on en dise ou on en pense.

Gagner de l'argent pour vivre, se nourrir, élever ses enfants, n'est aucunement critiquable ou immoral, c'est nécessaire tout simplement.

Et vous de penser… p'taing,le revoila celui là, avec ses gros sabots.:D

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Membre 28ans Posté(e)
Jedino Membre 47 925 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 28ans
Posté(e)

On ( nous sur le forum ) débat souvent de ce qu'est faire de la philosophie, ou qui peut se clamer d'être un philosophe, et quels sont les critères, mais à ma connaissance, on ne se demande rarement ou jamais, une fois les deux premières questions mises de coté ou résolues, quel devrait être le comportement du philosophe d'un point de vue moral, lui qui est à même de porter un regard critique sur le monde, ne doit-on pas se demander comment sa pratique de la philosophie peut nuancer, influer, assoir ou discréditer ses espoirs, ses thèses, ses révélations écrites ou orales ?

De manière générale, j'ai tendance à répondre que non parce que ça le regarde et, qu'au fond, on s'en tape assez. Même si ça permet de nourrir des discussions croustillantes par la suite en la pimentant de deux ou trois anecdotes. Mais je vais te répondre tout de même en mon âme et conscience.

Par exemples, gagner de l'argent ou d'obtenir une certaine notoriété par l'intermédiaire de ses livres ou de ses diplômes, ne contreviennent-ils pas à la noblesse même de l'art philosophique ?

Est-ce là le but du philosophe, d'avoir des rentrées pécuniaires ou d'avoir la célébrité, ou au contraire de se départir autant que possible de toute étiquette, de tout préjugé, de toute servitude, de toute dépendance, de toute gloire personnelle revendiquée/ostensible !?

Si la philosophie est un métier à part entière, il n'est pas choquant de gagner de l'argent avec. De façon plus générale, toute personne écrivant un livre peut prétendre gagner sa part sur la vente d'un livre. De même pour un diplôme, que ce soit parce qu'il fait autre chose ou parce qu'il prétend l'enseigner. Il faut un point de départ, l'enseigner ne me choque pas.

Pour la notoriété, comme tu le sais, j'ai plus de mal sur certains points. Mais en soi, être reconnu pour son travail n'est pas un souci.

En tous les cas, si sa fin est de gloire ou d'or, il manque le but réel de la philosophie. D'autant plus s'il en vient à se montrer et s'affirmer comme philosophe à tout va.

Comment peut-on être le plus objectif, le plus sincère, le moins reprochable sur ses dires, si l'on est partie prenante du système que l'on critique en tout ou partie ?

Comment une planète, bien figée dans sa trajectoire autour d'un autre astre plus gros qui l'attire juste assez pour le posséder en son système (stellaire), peut-il se détacher de lui ? Il existe la méthode douce et lente : le temps, à savoir l'usure des astres pouvant mener à des fins non souhaitées. Il existe aussi le dérèglement d'origine extérieur : un astre, plus ou moins gros, vient vous frapper violemment et vous sort de votre trajectoire. Enfin, il existe le dérèglement interne, mais il est plus incertain et plus complexe.

Le philosophe en son âme et conscience, ne doit-il pas rester à l'écart/distance du monde commun, pour garder justement sa vision perçante, son indépendance, son impartialité, ce qui le conduit à une vie d'anonyme, de gagne-petit inexorablement ?

C'est là la vision classique du philosophe ermite (du poète albatros, curieusement aussi), laissant penser que la pensée véritable ne se trouve qu'à la marge du monde, comme s'il fallait s'y asseoir pour pouvoir enfin voir sans bornes. Si c'est une observation simple, cela convient parfaitement et permet en effet d'être objectif.

Mais cela me fait penser à la sociologie : face à la sociologie théorique, une autre est apparue, prétendant elle aller justement se mêler à l'univers qu'elle voulait décrire. Par mêler, j'entends expérimenter et participer véritablement à cette vie. On pourrait se dire que, de fait, on perd l'objectivité. Personnellement, c'est la seule sociologie qui permet d'attirer vraiment mon attention : elle ne prétend pas construire un système, elle témoigne par un oeil scientifique une situation. Elle reste dans le concret pour parler du concret, en somme.

C'est pareil pour la philosophie ici : si nous ne sommes pas capables de se mettre en retrait, le retrait du monde est l'unique solution. Mais si nous pouvons prendre du recul sur notre propre vécu, alors rester dans le monde est la meilleure solution.

Peut-on être à la fois philosophe et activiste/partisan politique, sans se perdre soi-même, de jouer à un jeu de dupes ?

Sartre est plutôt un bon exemple.

Et puis, notre philosophe pour être cohérent, n'a t-il pas pour tâche première de s'efforcer d'appliquer en premier lieu, toutes ses belles idées à lui-même, dans sa vie quotidienne, de mettre en pratique pour lui ce qu'il pense du monde et des ses semblables, à son échelle, d'éviter l'hypermétropie par tout moyen !?

En principe, il n'a pas besoin de les appliquer vu qu'ils viennent directement de lui et, espérons-le, de ses convictions profondes. Sinon il ne fait qu'ergoter, et c'est dommage.

Ne doit-il pas avoir clairement une éthique irréprochable pour que sa philosophie ait une valeur morale ?

Si être philosophe est un métier comme un autre, pas plus qu'un autre non. S'il est davantage que cela, si la philosophie possède une certaine, disons, "grandeur", on peut supposer qu'une excellence morale (même si personne ne l'est jamais tout le temps et parfaitement) est un bon départ pour donner valeur à son propos.

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Membre 47ans Posté(e)
jean ghislain Membre 1 084 messages
Forumeur alchimiste‚ 47ans
Posté(e)

Philosopher, ce n'est pas exercer un métier. Bien sûr ceux qui en font un métier, celui d'enseigner, ont une grande culture académique de l'histoire de la philosophie. Mais cela fait-il d'eux des philosophes ? Au contraire, je pense qu'ils rentrent dans un quotidien bien trop répétitif, celui du lycée, ou des cours en université, ce qui affaiblit une portée véritable. A trop avoir le nez dans une discipline, on en vient à en oublier le sens, et à ne même plus savoir comment l'utiliser pour sa propre existence.

L'exercice philosophique, dirais-je, consiste plutôt à entraîner son esprit de façon à le tenir toujours alerte, face à l'ignorance, la stupeur, et contre une vision bien trop immédiate des choses du monde. Cet exercice peut être vu comme un luxe. Car pour maîtriser les concepts, il faut un minimum, et de façon très basique, savoir ce que l'on dit : le sens des mots, leur histoire, leurs diverses utilisations. Sans compter qu'il faut aussi mener un raisonnement, avec méthode pour cheminer au mieux vers une solution. Or quand on sait bien combien déjà sont nombreux les hermétiques à la logique, ou aux mathématiques par exemple... comment espérer faire aboutir un raisonnement alors ?

Mais quant à la question de la bonne pratique, si elle existe, comme un médecin doit avoir sa déontologie dans son métier, je me permets d'en douter. C'est pour moi une fausse question, un présupposé mal posé en tous cas. Mais peut-être pensais-tu dans le fond, Deja-Utilise, à l'authenticité, ou pas, d'un savoir philosophique. Alors, dans ce cas, je peux te répondre. On voit la richesse d'un arbre à ses beaux fruits. Je veux dire tout simplement que l'exercice de la philosophie, de son éveil à sa maîtrise, a forcément un impact dans notre façon de vivre. Car comme c'est notre esprit qui dirige nos vies, en trouvant la voie vers l'aboutissement de nos projets, alors l'esprit philosophique donne une vision bien plus large, et surtout bien plus en adéquation avec le monde dans lequel nous vivons.

L'autre question que tu poses, me semble-t-il, c'est une question morale, celle du mieux-vivre-avec, somme toute la question de l'altruisme. Pour ma part, la philosophie ne m'a pas rendu plus altruiste ou moins. C'est là une question de caractère, et non pas de savoir-pratique. Donne des ailes à un démon, cela n'en fera pas pour autant un ange... En comptant sur la philosophie pour améliorer la morale d'un homme, je crois, sauf ton respect, Deja-Utilise, que tu n'as pas frappé à la bonne porte. Si l'on souhaite développer des principes moraux, ou suivre une vie exemplaire, il vaut mieux gager sur la religion, plus prometteuse parce qu'universelle, pour ceux que cela tente...

Alors la philosophie reste un cheminement personnel, qui peut nous permettre d'éclairer au mieux nos parcours. Si elle n'est pas donnée sans efforts, elle permet néanmoins d'avoir à l'arrivée une plus-value intellectuelle. Spirituelle aussi, dans le sens où notre esprit y voit plus clair. C'est tout-bénef, donc, même si hélas, elle n'est pas accessible à tous, laissant la majorité en chemin, et loin derrière même.

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Membre Posté(e)
Dompteur de mots Membre 1 747 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Ce dont je suis certain, c'est que la déontologie du philosophe inclut le règle de ne jamais modifier le format d'écriture de base d'un forum de philosophie, afin de ne pas compliquer la gestion des balises lors de l'édition des messages. Toute dérogation à ceci est le reflet d'une déplorable absence de sagesse.

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Membre 47ans Posté(e)
jean ghislain Membre 1 084 messages
Forumeur alchimiste‚ 47ans
Posté(e)

L'écriture en format 3 me plaît bien, puisque le choix est laissé.

Quant à vous, DdM, pour Donneur de Morale, se conformer à toutes règles, en voulant suivre les habitudes, cela s'appelle du conformisme, non pas de la "sagesse". Revoyez vos définitions.

Pour ce qui est de la technique de la réédition des messages, c'est à vous que revient le travail, et non pas à moi d'adapter mes textes à vos velléités.

Qu'est-ce qui vous prend de venir ainsi me titiller ? Si vous n'avez rien à dire, pourquoi ne vous taisez-vous pas, au lieu de déblatérer ?

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Membre Posté(e)
Petitpepin Membre 783 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Le sujet abordé ici est encore très intéressant, je trouve.

*Réservons le statut de philosophe à ceux auxquels cette désignation a été attribuée, sans chercher encore à savoir ce qui les distingue. Contentons-nous de remarques simples, terre à terre.

1.Tu places ledit "philosophe" dans la "cité" (je pense te vouvoyer selon les jours et les sujets, comme je fais en général, et tu es libre de choisir à mon égard ), mêlé au reste du genre humain, participant à la vie sociale, présent à un moment précis dans un contexte donné dans lequel il va, l'intrépide, appliquer les aboutissements longuement muris de sa philosophie. Tu demandes : que fait alors le philosophe ? Comment fera-t-il preuve de sagesse ? C'est intéressant parce que tu l'as rivé à la vie quotidienne, tandis qu'il a tendance à partir dans les étoiles... Nous allons donc pouvoir "distinguer les contextes". Passionnant n'est-ce pas !?

Je propose de distinguer grossièrement pour commencer deux contextes, deux époques, qui correspondent je pense à deux réalités objectives différentes - au sein desquelles l'action en général se réalise dans des conditions qui n'ont rien à voir.

Il y a la cité antique, par exemple, représentative de l'ancien monde, et il y a Athènes en 2015. Ce n'est pas rigoureusement la même chose.

Ce ne sont pas les mêmes problèmes concrets qui se posent au philosophe. Dans la cité grecque, il peut, d'un seul regard, embrasser toute l'étendue de son action. Elle aura lieu entre ici et là. Elles concernera telles personnes. La société au sein de laquelle il vit est limitée, circonscrite, définie. Elle entretient des rapports avec d'autres cités, d'autres peuples, elle se situe dans un monde plus vaste ; et le philosophe peut parfaitement concevoir en lui-même l'éternité, avoir l'idée d'un espace infini ; mais, lorsqu'il agit, l'antique philosophe ou même le classique est situé dans un contexte humain bien limité, singulier (distinct dans la nature) et accessible : à sa mesure. Ce n'est plus le cas.

Le philosophe, mais au même titre que tout le monde, ne connaît plus de limites à la cité dans laquelle il vit. Alors il évalue mal l'étendue de son action. Il ne peut connaître que superficiellement, abstraitement et a postériori l'état de la société dans laquelle il se trouve (il lui faut attendre les "informations" du soir, ou aller les chercher lui-même ; une connaissance minimale de l'histoire lui est d'un très grand secours !).

Sans même qu'il tente d'œuvrer pour de bien grandes "causes", ou provoquer des transformations historiques, du simple fait que la planète entière est en relation, organiquement mêlée, comme il le constate très simplement tous les jours, il peut déduire que le contexte dans lequel il agit n'a pas de sens en lui-même (tout est relatif) ; comme l'organe tire sa fonction d'un organisme, il prend son sens par sa participation à un tout qui le dépasse, qui définit son rythme, qui définit les conditions et les raisons de son action. Or, l'action consciente et volontaire ne doit-elle pas s'ajuster au matériaux sur lequel elle porte ? La création implique la connaissance - il me faut connaître le matériaux que je travaille pour parvenir à faire aboutir ce qu'il contient déjà en lui-même, mais que j'amène à l'existence.

Là, immédiatement, je t'écris très concrètement depuis un bureau dans une chambre, sur la table il y a un ordinateur, une ampoule sort du mur, non loin un robinet, qui d'ailleurs fuit, et j'entends le bruit d'une télé et des voitures qui passent... tout ceci suppose un "tout", imperceptible en tant que tel mais omniprésent et absolument nécessaire, implacable, un ensemble matériel et humain indissoluble, insécable, dans lequel il se trouve que je t'écris, et qui est la condition, au sens fort, de mon expérience présente, mais qui s'étend en réalité très au delà de mes capacités sensibles et cognitives.Conçois-tu bien toute la réalité qui est supposée par cette simple connexion internet que j’utilise en ce moment ? Tu m'objecteras peut être que ç'a toujours été le cas : le philosophe antique pouvait fort bien prendre conscience de l'unité de la nature, de l'immensité du monde (il connaissait l'existence des barbares !), de la petitesse de sa cité, etc. Je répondrai que c'est justement cela qui est très différent. Le tout en question n'est absolument plus le même. Ce sont deux "tout" incommensurables. Et cela a des conséquence non négligeables, et certaines très immédiates pour ce qui concerne ton sujet.

D'abord, il n'y a plus réellement d'autre bataille philosophique que celle-là, actuellement, car il n'y en a plus d'autre du tout : le philosophe, à milles lieux d'appliquer un quelconque principe, tente déjà de déterminer, de "fixer" le sens de son existence dans le tout mondial et historique qui n'est plus du tout à sa mesure - autant dire tout de suite qu'il n'y parvient jamais, qu'il y épuise toutes ses forces (il faudrait être un surhomme), pour le plus souvent se rétracter, impuissant, sur des dogmes séniles. Il n'y a pas dans ce contexte de finalité possible et ouverte (la "mort des utopies"). Il ne peut y avoir que des faits, des causes et des effets dont l'enchaînement nous échappe mais nous soumet rigoureusement...

En profondeur, l'être ne contient vraiment plus que des causes. Tout arrive par causes. Il n'y a plus d'intention. On ne parvient plus à se saisir de la totalité dans laquelle on existe, la volonté frappe et s'éparpille sur tous les reliefs qu'elle rencontre : les causes nous meuvent. Tous ordres de causes, physiques, matérielles, les "modes" aussi, et essentiellement les techniques. Nous existons poussés par derrière, nous procédons par réflexes. Tout notre art n'est que l'expression sublimée de cet état de fait radicalement nouveau dans l'histoire : l'être est un enchaînement absurde de causes. C'est là aussi que "le désir" devient un thème prépondérant, ou en tout cas change de place au sein de la philosophie (toute cette apologie un peu mielleuse et hystérique du désir). Au même moment se développent toutes les techniques du marketing et de la propagande, sans cesse plus raffinées, aujourd'hui totalement prises en main par la société civile elle-même (wikipédia par exemple), et la psychanalyse aussi bien entendu, et avec elle tout l'appareil qui a pour objet fondamental de lubrifier l'insertion de l'homme dans cette nouvelle réalité.

Je pense ainsi qu'il faut se demander dans quel contexte, dans et sur quoi nous agissons, pour déterminer ce qu'il est raisonnablement permis d'espérer. Avant de l'avoir compris, je me garderai bien de commenter l'attitude philosophique ou non de quiconque, ou de présumer ce que doit faire un philosophe.

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Membre 28ans Posté(e)
Jedino Membre 47 925 messages
Jedi pas oui, jedi pas no‚ 28ans
Posté(e)

L'exercice philosophique, dirais-je, consiste plutôt à entraîner son esprit de façon à le tenir toujours alerte, face à l'ignorance, la stupeur, et contre une vision bien trop immédiate des choses du monde. Cet exercice peut être vu comme un luxe. Car pour maîtriser les concepts, il faut un minimum, et de façon très basique, savoir ce que l'on dit : le sens des mots, leur histoire, leurs diverses utilisations. Sans compter qu'il faut aussi mener un raisonnement, avec méthode pour cheminer au mieux vers une solution. Or quand on sait bien combien déjà sont nombreux les hermétiques à la logique, ou aux mathématiques par exemple... comment espérer faire aboutir un raisonnement alors ?

Pourquoi le sont-ils ? Sinon parce que la vie ne se résume pas à un raisonnement logique ou mathématiques. Surtout, je trouve dommage de réduire le raisonnement à une démonstration cadrée et formalisée car, si nous la pratiquons plus ou moins fréquemment dans nos vies, nous raisonnons beaucoup, pour ne pas dire essentiellement, sans se préoccuper de toute démonstration logique et mathématiques.

L'autre question que tu poses, me semble-t-il, c'est une question morale, celle du mieux-vivre-avec, somme toute la question de l'altruisme. Pour ma part, la philosophie ne m'a pas rendu plus altruiste ou moins. C'est là une question de caractère, et non pas de savoir-pratique. Donne des ailes à un démon, cela n'en fera pas pour autant un ange... En comptant sur la philosophie pour améliorer la morale d'un homme, je crois, sauf ton respect, Deja-Utilise, que tu n'as pas frappé à la bonne porte. Si l'on souhaite développer des principes moraux, ou suivre une vie exemplaire, il vaut mieux gager sur la religion, plus prometteuse parce qu'universelle, pour ceux que cela tente...

Alors la philosophie reste un cheminement personnel, qui peut nous permettre d'éclairer au mieux nos parcours. Si elle n'est pas donnée sans efforts, elle permet néanmoins d'avoir à l'arrivée une plus-value intellectuelle. Spirituelle aussi, dans le sens où notre esprit y voit plus clair. C'est tout-bénef, donc, même si hélas, elle n'est pas accessible à tous, laissant la majorité en chemin, et loin derrière même.

Finalement, on en revient toujours au même problème : qu'est-ce que la philosophie ? Et le fait est que, selon l'époque dans laquelle on se place, la réponse n'est pas la même. Ce qui m'étonne le plus dans ton propos ici, c'est que tu rattaches la morale essentiellement à la religion. Pourtant, on ne compte plus les philosophes qui ont questionnés ce concept-là.

Mais là où je suis en parfait accord avec toi, c'est bien sur la singularité du cheminement de chacun sur la question. Mais en religion aussi, le chemin spirituel est personnel, quand bien même la religion a une prétention universelle (et la philosophie n'est pas si loin de ça non plus vu qu'elle cherche à comprendre dans sa profondeur l'homme et son monde, il me semble).

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Membre 51ans Posté(e)
pascalin Membre 15 340 messages
le corps sur Terre, l'esprit ailleurs ‚ 51ans
Posté(e)

Pourquoi le sont-ils ? Sinon parce que la vie ne se résume pas à un raisonnement logique ou mathématiques. Surtout, je trouve dommage de réduire le raisonnement à une démonstration cadrée et formalisée car, si nous la pratiquons plus ou moins fréquemment dans nos vies, nous raisonnons beaucoup, pour ne pas dire essentiellement, sans se préoccuper de toute démonstration logique et mathématiques.

Finalement, on en revient toujours au même problème : qu'est-ce que la philosophie ?

La philosophie est le questionnement parce que l'homme est perdu, perdu dans sa vie d'humain, pourquoi suivre untel,

perdu dans sa vie morale , pourquoi aider quelqu'un,

perdu dans sa vie spirituelle , pourquoi est-ce si difficile de concilier l'être" à l'étant" ?

L'homme est même perdu lorsqu'il s'interroge du bien fondé de son interrogation ...

C'est normal, puisque l'homme fait partie du monde et non l'inverse, et ça c'est dur à avaler pour certains ...

C'est la vie qui apporte de la philosophie, (et non l'inverse)

LA VIE est la clé du chouineur^^ ( celui qui se dit philosophe) lorsqu'il se sent seul, à faim, à froid (spirituellement bien sur)...

Hurle son désespoir, son désarroi au grand jour ... puisqu'il sait à ce moment qu'il ne saura jamais rien .

LA VIE

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tison2feu Membre 2 648 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

J'abonde dans le sens des deux dernières interventions, en ajoutant ceci.

Dans le nouveau contexte de la postmodernité, n'a-t-on pas vu apparaître une nouvelle forme de morale qui, à la différence de la morale judéo-chrétienne, ne dit pas son nom et me semble encore plus pernicieuse.

Morale, issue de la nouvelle société technicienne et mondialiste, qui me dicte de plus en plus ce que je dois faire, comment je dois vivre, quel sens je dois donner à ma vie, etc. ?

Le philosophe qui se contente d'impératifs moraux hypothétiques (éthiques) ne se fait-il pas le complice de cette nouvelle morale intégriste postmoderne ? Jusqu'à présent, le philosophe anti-dogmatique préférait rejeter tout principe moral universaliste, tels Montaigne ou Spinoza, qui se conformèrent à la morale toute relative de leur propre pays. Mais cette attitude n'est-elle pas plus difficile à soutenir désormais en raison de l'accroissement exponentiel, et non maîtrisé, des applications technologiques de la science ? D'autant que la vie elle-même peut désormais faire l'objet de manipulations génétiques, etc.

Si je devais opter entre le dictat de cette nouvelle morale issue de notre société technicienne et le dictat d'un nouveau principe moral universaliste tel que formulé par le philosophe Hans Jonas : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre » ou dans une formulation négative « Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie », je préfère malgré tout l'impératif catégorique(moral) du philosophe privilégiant le sens des responsabilités humaines.

La question morale dépasse amplement le cadre religieux. De nombreux philosophes athées s'y attèlent (Hans Jonas, Yvon Quiniou, André Comte-Sponville...).

Modifié par tison2feu
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Membre Posté(e)
Petitpepin Membre 783 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

J'abonde dans le sens des deux dernières interventions, en ajoutant ceci.

Dans le nouveau contexte de la postmodernité, n'a-t-on pas vu apparaître une nouvelle forme de morale qui, à la différence de la morale judéo-chrétienne, ne dit pas son nom et me semble encore plus pernicieuse.

Morale, issue de la nouvelle société technicienne et mondialiste, qui me dicte de plus en plus ce que je dois faire, comment je dois vivre, quel sens je dois donner à ma vie, etc. ?

Cette question est remarquable. Plusieurs éléments m'apparaissent, à discuter.

Il faut d'abord bien prendre la mesure de la mutation qui affecte le milieu de vie des hommes, depuis une centaine d'années. Il y a, entre le milieu technique (car il est un, une même chose qui s'étend d'ici à là, en t1 et t2) et les milieux naturels, quels qu'ils soient, un décalage si profond qu'il rend pour ainsi dire caduques toutes les morales anciennes. Celles-ci étaient solidaires,peut-on penser, d'une condition humaine qui a entièrement disparue. Pourquoi aussi la philosophie classique semble si éloignée de nos préoccupations, et nous ne savons plus dire ce qu'est la philosophie ; car elle est réellement décalée, inapte dans ce monde-ci. L'amour, l'espoir, l'angoisse, la mort, la responsabilité, le bien et le beau : tout ceci qui nous semble bien connu n'a en réalité plus du tout le même sens, ne se pose plus, fondamentalement, de la même manière, et ne soulève plus les mêmes questions. C'est vraiment la totalité de l'être qui est engagée.

Non seulement les philosophies anciennes n'établissent plus de correspondance chez l'individu, mais elles aussi sont saisies, redéfinies, redirigées. La technique sanctionne les valeurs : l'ascèse et le doute sont pratiquement impossibles et systématiquement exclus, par exemple, comme morale et méthode (rejetés, moqués, confrontés à leur réel, mais actuel, non sens). Seuls persistent les éléments compatibles avec l'ordre des faits (ainsi le dionysiaque), mais ils s'y trouvent complètement dénaturés.

Mais encore, la technique est créatrice de valeurs. Elle correspond avec un ensemble de dispositions morales qu'elle provoque et entretient. Non pas uniquement "l'efficacité", qui lui est intrinsèque : la créativité, la collaboration, l''innovation, le plaisir, l'expérimentation, le jeu, le perfectionnement, l'intuition, l'optimisme, le collectif... Voilà ce qu'elle exige de l'homme, qui est nécessaire au bon fonctionnement et au progrès de l'appareil technique. Les grands plaidoyers moraux de notre temps s'y rapportent tous, sans exception, hormis certains religieux et peut être une part inoffensive des écologistes.

Ce n'est pas seulement de la "mystification". Les valeurs techniciennes ont cette avantage indétrônable d'être vécues. Elles s'appliquent en effet. C'est là leur principe même - elles sont totalement étrangères au concept de vérité. Il n'y a donc pas de puissance supérieure au monde. Comment lutter contre l'Etat technicien ? Son principe même est l'efficacité. Se battre - la technicisation, la "course aux armements" - ou disparaître, voilà le choix. (ou bien renoncer, s'en remettre personnellement, en tant qu'individus, à l'espoir que le système entretienne quelque dysfonctionnements internes, éventuellement les accompagner, et faire le vœux que les choses ne se passent pas trop mal pour l'avenir - et profiter du moment présent -, devenir un peu plus "philosophe", en somme). Personne ou presque ne réalise le caractère réellement totalitaire de nos organisations. Cette conscience ne peut pas "accrocher" les masses. Elles se meuvent par formes imposées de l'extérieur, c'est leur manière d'être. Il faudrait qu'elle s'animent de l'intérieur.

Le principe responsabilité, en soi est intéressant, mais replacé dans la réalité je trouve que c'est assez comme demander à un aveugle de choisir la couleur de la cuisine puis lui demander de la peindre. La responsabilité nous manque complètement mais, donc, on voudrait la déporter sur l'avenir. La question n'aurait pas lieu d'être si seulement l'homme était encore responsable, tenu de l'être. De plus ce principe, et plus généralement la mouvance dans laquelle il s'inscrit, est peut être l'une des idéologies les plus dangereuses de notre époque, lorsqu'on considère conjointement les idées, et leurs applications. Qui va appliquer ce principe ? Comment va-t-il être respecté ? Pour mettre en oeuvre la plupart des idées écologistes, il n'y a qu'une solution : la dictature. Réellement. On commence à le reconnaître. Qui sait le temps qu'il faudra pour qu'on l'accepte ? Il faudra bien en tout cas la conjonction d'au moins toutes les techniques de l'homme ! Soit pour qu'il ne le voit pas, soit pour qu'il ne ressente pas, soit pour qu'il l'accepte joyeusement ; probablement tout à la fois. Et graduellement les choses se mettent en place. Nous sommes au gouvernement mondial dont Kant, entre autres, pensait qu'il ne pourrait être que despotique. C'est ce que nous voyons tous les jours à la télévision. Sans même porter de jugement - en fait, dans l'impossibilité de porter un jugement, car les enjeux, précisément, dépassent réellement nos capacités - c'est un constat qu'il convient de faire, même s'il est douloureux. Chacun ensuite peut bien essayer de faire face à ses responsabilités : il n'en a aucune. Personne en vérité ne décide ce qui arrive.C'est ce que disait en quelque sorte Pascalin un peu plus haut.

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Membre 51ans Posté(e)
pascalin Membre 15 340 messages
le corps sur Terre, l'esprit ailleurs ‚ 51ans
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Je ne pense pas avoir droit , avec mon post quelque peu balot, autant de complaisance , mais merci à vous deux, Tison et Petitpepin, de votre sollicitude , alors même que vos posts sont hautement plus détaillés ,précis et constructifs.

Plusieurs questionnements me viennent :

Le philosophe ne serait que ce qu'il pense être par lui , pour lui , en lui ?

La philosophie n'est-elle que coexistence de plans où le philosophe doit, par contrainte, s'y contenir ? se soustraire ? s'implorer^^ ?

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tison2feu Membre 2 648 messages
Forumeur alchimiste‚
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Cette question est remarquable. Plusieurs éléments m'apparaissent, à discuter. Il faut d'abord bien prendre la mesure de la mutation qui affecte le milieu de vie des hommes, depuis une centaine d'années. Il y a, entre le milieu technique (car il est un, une même chose qui s'étend d'ici à là, en t1 et t2) et les milieux naturels, quels qu'ils soient, un décalage si profond qu'il rend pour ainsi dire caduques toutes les morales anciennes. Celles-ci étaient solidaires,peut-on penser, d'une condition humaine qui a entièrement disparue. Pourquoi aussi la philosophie classique semble si éloignée de nos préoccupations, et nous ne savons plus dire ce qu'est la philosophie ; car elle est réellement décalée, inapte dans ce monde-ci. L'amour, l'espoir, l'angoisse, la mort, la responsabilité, le bien et le beau : tout ceci qui nous semble bien connu n'a en réalité plus du tout le même sens, ne se pose plus, fondamentalement, de la même manière, et ne soulève plus les mêmes questions. C'est vraiment la totalité de l'être qui est engagée. Non seulement les philosophies anciennes n'établissent plus de correspondance chez l'individu, mais elles aussi sont saisies, redéfinies, redirigées. La technique sanctionne les valeurs : l'ascèse et le doute sont pratiquement impossibles et systématiquement exclus, par exemple, comme morale et méthode (rejetés, moqués, confrontés à leur réel, mais actuel, non sens). Seuls persistent les éléments compatibles avec l'ordre des faits (ainsi le dionysiaque), mais ils s'y trouvent complètement dénaturés. Mais encore, la technique est créatrice de valeurs. Elle correspond avec un ensemble de dispositions morales qu'elle provoque et entretient. Non pas uniquement "l'efficacité", qui lui est intrinsèque : la créativité, la collaboration, l''innovation, le plaisir, l'expérimentation, le jeu, le perfectionnement, l'intuition, l'optimisme, le collectif... Voilà ce qu'elle exige de l'homme, qui est nécessaire au bon fonctionnement et au progrès de l'appareil technique. Les grands plaidoyers moraux de notre temps s'y rapportent tous, sans exception, hormis certains religieux et peut être une part inoffensive des écologistes. Ce n'est pas seulement de la "mystification". Les valeurs techniciennes ont cette avantage indétrônable d'être vécues. Elles s'appliquent en effet. C'est là leur principe même - elles sont totalement étrangères au concept de vérité. Il n'y a donc pas de puissance supérieure au monde. Comment lutter contre l'Etat technicien ? Son principe même est l'efficacité. Se battre - la technicisation, la "course aux armements" - ou disparaître, voilà le choix. (ou bien renoncer, s'en remettre personnellement, en tant qu'individus, à l'espoir que le système entretienne quelque dysfonctionnements internes, éventuellement les accompagner, et faire le vœux que les choses ne se passent pas trop mal pour l'avenir - et profiter du moment présent -, devenir un peu plus "philosophe", en somme). Personne ou presque ne réalise le caractère réellement totalitaire de nos organisations. Cette conscience ne peut pas "accrocher" les masses. Elles se meuvent par formes imposées de l'extérieur, c'est leur manière d'être. Il faudrait qu'elle s'animent de l'intérieur. Le principe responsabilité, en soi est intéressant, mais replacé dans la réalité je trouve que c'est assez comme demander à un aveugle de choisir la couleur de la cuisine puis lui demander de la peindre. La responsabilité nous manque complètement mais, donc, on voudrait la déporter sur l'avenir. La question n'aurait pas lieu d'être si seulement l'homme était encore responsable, tenu de l'être. De plus ce principe, et plus généralement la mouvance dans laquelle il s'inscrit, est peut être l'une des idéologies les plus dangereuses de notre époque, lorsqu'on considère conjointement les idées, et leurs applications. Qui va appliquer ce principe ? Comment va-t-il être respecté ? Pour mettre en oeuvre la plupart des idées écologistes, il n'y a qu'une solution : la dictature. Réellement. On commence à le reconnaître. Qui sait le temps qu'il faudra pour qu'on l'accepte ? Il faudra bien en tout cas la conjonction d'au moins toutes les techniques de l'homme ! Soit pour qu'il ne le voit pas, soit pour qu'il ne ressente pas, soit pour qu'il l'accepte joyeusement ; probablement tout à la fois. Et graduellement les choses se mettent en place. Nous sommes au gouvernement mondial dont Kant, entre autres, pensait qu'il ne pourrait être que despotique. C'est ce que nous voyons tous les jours à la télévision. Sans même porter de jugement - en fait, dans l'impossibilité de porter un jugement, car les enjeux, précisément, dépassent réellement nos capacités - c'est un constat qu'il convient de faire, même s'il est douloureux. Chacun ensuite peut bien essayer de faire face à ses responsabilités : il n'en a aucune. Personne en vérité ne décide ce qui arrive.C'est ce que disait en quelque sorte Pascalin un peu plus haut.

Nous étions d'accord sur l'analyse de l'état des lieux : évolution vers une civilisation technicienne aveugle, qui ne pense pas, et qui tend à changer le monde sans que soit nécessaire de s'interroger sur la nature de ce monde nouveau. La technique s'en charge, l'homme postmoderne n'a plus à se poser la moindre question ni à répondre d'actes qui ne sont plus de son fait. Or, ta conclusion fataliste me donne l'impression de cautionner, d'une certaine manière, ce type de raisonnement : vivons "philosophiquement" l'instant présent, advienne que pourra !, et conséquemment la technique s'en chargera.

Je ne peux m'accommoder d'une telle attitude philosophique, bien trop démissionnaire, puisque faisant tout à fait le jeu de la technique (= ne douter de rien, être déresponsabilisé, etc.). Et comme le contexte n'est plus comparable à celui de l'antiquité, j'en viens à me demander si ce vieux concept de "sagesse" antique ne demanderait pas à être modifié, disons repensé. Je dois t'avouer que cette quête antique d'"absence de troubles" (ataraxie) ne me convient pas. Qu'il y ait un temps pour la quiétude et le repos mérité, soit ! Mais l'in-quiétude ne peut être évacuée, elle me semble vitale.

A dire vrai, ce principe de responsabilité pose la question du principe de précaution, et ne recouvre pas seulement le champ de l'écologie. Il s'agit, pour le philosophe, de mettre sous tension prise de risque et prise de précaution. Or, la technique ne pense pas puisqu'elle n'agit que sous l'angle de la prise de risque tous azimuts, en priant le principe de précaution d'aller se faire voir ailleurs. Les biotechnologies ne risquent-elles pas de modifier la vie humaine au point de créer une nouvelle espèce humaine ? Je pense qu'il s'agit d'une des grandes questions auxquelles l'homme sera confronté tôt ou tard. A condition qu'il n'ait perdu toute aptitude à se questionner sur le plan éthique, en l'occurrence à s'interroger sur sa capacité à devenir en pleine conscience des causes et des conséquences le constructeur biologique de lui-même.

Jusqu'à présent, l'homme avait la possibilité de "changer sa vie" - et le monde qui serait donc mal fait - en se créant des mondes artificiels ou des arrières-mondes (l'artiste, l'homme religieux, une certaine catégorie de philosophes marchands de bonheur) et en pratiquant des exercices de dépassement de soi. L'homme de la société technicienne n'a même plus à recourir à ce genre d'exercitation éthique (ou esthétique), la technique travaillant désormais pour lui à changer sa vie et le monde. Mais l'effet anesthésiant reste le même. La philosophie demeure, à mes yeux, une mise en garde contre ces formes anesthésiantes d'assurances tous-risques.

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Petitpepin Membre 783 messages
Forumeur accro‚
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"A dire vrai, ce principe de responsabilité pose la question du principe de précaution, et ne recouvre pas seulement le champ de l'écologie. Il s'agit, pour le philosophe, de mettre sous tension prise de risque et prise de précaution. Or, la technique ne pense pas puisqu'elle n'agit que sous l'angle de la prise de risque tous azimuts, en priant le principe de précaution d'aller se faire voir ailleurs. Les biotechnologies ne risquent-elles pas de modifier la vie humaine au point de créer une nouvelle espèce humain."

La peur qu'une espèce humaine nouvelle en cache une autre... Le principe de précaution peut aussi être perçu comme un raffinement. La perfection n'est pas d'aller tous azimuts, ce n'est pas optimal. La technique ne se développe pas n'importe comment, elle suit une évolution précise jusqu'à aujourd'hui. Elle crée des déséquilibres, mais s'y ajuste ; les problèmes qu'elle engendre ne sont pas des accidents, ils sont internes à sa dynamique, ils en sont même l'un des principaux ressorts. Nous parlons d'un ensemble bien précis de phénomènes réels, d'équilibres et de déséquilibres techniques, sociaux et naturels si on veut. Il n'y a pas, justement, "la technique" en principe et seule ; c'est d'une chose singulière dans l'histoire et dans la nature dont nous parlons. Mais le problème précisément est qu'il dépasse notre entendement (il repose en lui-même sur la volonté de substituer à l'homme un mécanisme) et ne saurait faire l'objet d'un jugement responsable, du moins pas avant un examen sérieux. Or, la critique à son sujet est toujours très évasive. Ce n'est pourtant pas là démissionner. C'est commencer par reconnaître, assez modestement d'ailleurs, que les enjeux complets de l'utilisation de l'énergie atomique, par exemple, un thème parmi d'autres, dépassent l'entendement de quiconque. Or, chacun n'est jamais qu'un être humain. Ce petit "paradoxe" permet de remonter jusqu'à un ensemble de constatations très simples et très générale mais qui conduisent à dire : voilà, en réalité, personne n'est responsable, personne ne peut plus être responsable dans ces conditions-là. On peut y mettre le ton que tu veux ; de l'indigné, du en colère, du snob, qu'importe. Ce n'est pas une démission car ce n'est pas même encore un "jugement". Ca n'engage à rien. Ca ne demande pas de validation ou d'approbation, ça ne prétend qu'à l'exactitude. Mais ce constat est perçu comme un jugement et de plus irrecevable, il crée immédiatement de la mauvaise conscience.

Il y a des problèmes insolubles comme la démographie. Comment on va faire avec autant d'êtres humains ? Il n'est pas seulement impossible en vérité, mais aussi mensonger de prétendre en juger a priori, hors de tout examen, par principe. Mais chacun ne peut faire que ça - surtout le technicien. Le technicien cherche et trouve des solutions. Celles-ci sont adaptées parce qu'il a fait abstraction de la réalité et s'est concentré sur un problème. C'est drôle comme toute notre pensée ressemble à ça. Nous nous efforçons quotidiennement à faire abstraction de la réalité. Une discipline de fer. Une autre forme de pensée consiste à se rappeler à la réalité. "Souffrir" la réalité. Partir de son corps.

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tison2feu Membre 2 648 messages
Forumeur alchimiste‚
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Mais précisément, la position que je défends implique de se plonger dans des examens sérieux, ce qui va à l'encontre de tout raisonnement technicien et scientiste qui n'a de cesse de proclamer, à coup de propagande publicitaire si nécessaire (cf. publicité mensongère de Areva, avant l'incident de Fukushima), qu'il n'y a pas de problèmes réels et que les faiseurs de problèmes sont des réactionnaires. Le jugement technicien et scientiste est là a priori : la technique finira par résoudre tous les problèmes. Encore conviendrait-il de ne pas éluder a priori l'existence de ces problèmes sur le long terme ! Cela ne pourra se faire que lorsque sera amplement démystifiée la machinerie bien huilée de la croyance au progrès technique.

Dans mon esprit, il n'est pas du tout question de juger par principe hors de tout examen. C'est tout l'inverse, puisqu'il s'agit de faire prendre conscience qu'il y a des problèmes à examiner, donc des points de vue contraires à envisager (et parfois complémentaires). Avec Jonas, est apparu le concept de "principe de précaution" qui a permis de contrecarrer le principe de "prise de risque" dans toute discussion honnête sur la recherche réaliste de solutions aux grands problèmes de société.

Je suis partisan d'une éthique consistant à optimiser au maximum les deux points de vue contraires, en l'occurrence la prise de risque et la prise de précaution, et d'en analyser les avantages et les inconvénients à court terme et à long terme (pour les générations futures). Ce travail est saboté par notre société technicienne davantage axée sur la recherche du profit et l'économisme favorisant la résolution de problèmes seulement sur le court terme plutôt que sur la résolution approfondie des problèmes sur le long terme et qui concerneront davantage les générations futures.

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Fihrya Membre 363 messages
Forumeur survitaminé‚
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Petit pépin,

C'est pas parce que le monde se complexifie et que les non initiés de la technologies n'y comprennent plus rien qu'on doit se sentir dédouanner de tout.Si des actions sont entreprises et des directions prises dans le domaine scientifique ou dans le champ sociétal,c'est qu'il y a des gens en amont qui sont à l'origine de ces décisions.Nos politiciens ,à part de très bons technocrates ne comprennent abslument rien à la production scientifique de pointe et pourtant ce sont eux qui prennent les décisions ,en lieux et places des gens de sciences ,pourtant plus à même de porter un choix dans leur propre domaine.Ce sont ces techniciens qui leur apportent les outils nécessaire à leur prise de décision et nous ne sommes pas certains qu'ils aient la profondeur d'esprit pour peser le pour et le contre de leur décision.

De nos jours,on n'entend pas assez la parole des intellectuels parce qu'on ne la leur donne pas ,où si on la leur donne ,on verra toujours les mêmes BHL ou Finkemkraut nous faire la démonstration de leur vérité sans trouver de contradicteurs en face.C'est le pouvoir de l'argent qui prend les décisions à notre place,parce que justement les gens et les intellectuels en particuliers ne se sentent plus investis de cette responsabilité .Comme le monde se complexifie de plus en plus et qu'il faut un certain pouvoir financier pour être au fait de la comprehension des enjeux de notre temps,les gens démissionnent totalement et laisse les rênes aux mains de quelques uns sur un bateau fou qui dérive sans but sur une mer déchaînée

J'ai trouvé assez choquante votre évocation de la bombe atomique comme solution au problème de la démographie dans le monde.La surpopulation est due en grande partie aux contexte politiques mafieux des pays en question , de l'analphabétisme et de l'extrème pauvreté de ces pays.Le problème du tiers-monde est en grande partie dû à cette poignée de requins sans foi ni loi qui règne sur l'ensemble du monde pour leur seul profit .Et c'est nôtre lâcheté et notre irresponsabilité qui les y a mis et qui les y a maintenus depuis une trentaine d'année.

Si les philosophes prenaient leur part de responsabilité ,les gens seraient assez réceptifs ,je pense ,car les consciences sont plus qu'échauffées et sont prêts à renverser la table si les choses restent en l'état.Les philosophes se pensent être au dessus de la plèbe et donc forcément marginaux et incompris.Mais se sont eux qui s'exlut seuls de la société civile ,qui elle bouge de son côté.Depuis sartre et mai 68,on n'a plus vu les philosophes que dans les salons parisiens se congratuler et se délivrer des prix entre eux à leurs oeuvres.La déconsidération de cette discipline vient du fait de sa discipline abstruse et du fait que les philosophes eux-mêmes ne cherchent pas à se mettre à la porté de tous,alors qu'ils auraient un grand rôle à jouer dans le réel s'ils se donnaient la peine de capter les esprits

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Petitpepin Membre 783 messages
Forumeur accro‚
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Tison,

"Encore conviendrait-il de ne pas éluder a priori l'existence de ces problèmes sur le long terme ! Cela ne pourra se faire que lorsque sera amplement démystifiée la machinerie bien huilée de la croyance au progrès technique." Mais, le progrès technique, il se manifeste en permanence, nous vivons dedans. Le progrès technique n'est pas une croyance. C'est la principale activité de notre siècle, l'unique point de stabilité autour duquel tout gravite. C'est sur l'excellence de ce progrès que peuvent porter les opinions. Or sur ce point, est-ce toi qui ira dire aux Togolais qu'il ne faut pas céder à l'impératif technique ? Est-ce toi qui dira aux petits génis et bidouilleurs informatiques de moins de 20 ans qui parcourent les immenses décharges électroniques que l'Europe déverse sur leur sol, qu'il ne faut pas toucher à ça, eux qui ne pensent qu'à se connecter au grand tout mondial, leur diras tu qu'ils commettent peut être une irréparable erreur que nous avons également commise ? Mais sont-ils responsables de quoi que ce soit là-dedans ? Ils se congratuleront quand l'internet aura pénétré partout, ils seront indignés quand l'Etat utilisera ce monstrueux dispositif à leur encontre ; ils ne verront pas que l'un ne peut pas aller sans l'autre. L'avenir de l'Afrique, c'est le numérique ! les intellectuels font de nombreuses conférences à ce sujet... Et ils s'applaudissent en effet beaucoup.

J'ai vu un jour, dans une conférence (je fais ça des fois), une doctorante, donc une futur docteur en... (jsais plus quoi), expliquer qu'elle avait du fuir les villes à une époque de sa vie car les "ondes" lui faisaient des douleurs insupportables. J'ai vu alors une femme de cinquante ans se lever et lui parler comme à un chien, ni plus ni moins, et de conclure : "vous discréditez la recherche". Les gesn deviennent infiniment cons. Mais ceci aurait aussi bien pu arriver dans un repas en ville ou en buvant un verre au bord du canal St Martin. Certaines choses sont inaudibles, quelqu'un se trouve toujours pour refermer la boite noire.

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Petitpepin Membre 783 messages
Forumeur accro‚
Posté(e)

Fihrya enchanté),

"C'est pas parce que le monde se complexifie et que les non initiés de la technologies n'y comprennent plus rien qu'on doit se sentir dédouanner de tout.Si des actions sont entreprises et des directions prises dans le domaine scientifique ou dans le champ sociétal,c'est qu'il y a des gens en amont qui sont à l'origine de ces décisions."Mais cela est faux, justement. Il a fallut attendre jusqu'en 2012 pour parvenir à identifier le début d'un bénéfice qu'aurait provoqué l'introduction des Technologies de l'information et la communication dans les entreprises. Le Réseau Social d'entreprise ne crée rien. Il n'y a aucun bénéfice direct. Pourtant tous les grands groupes, atteins une taille, y passent. L'économie est contenue dans et par la technique. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus de responsabilités ou de choix décisifs. Mais ces choix ont lieu dans un contexte donné duquel ils ne sauraient s'extraire. Je reste pour ma part à ce niveau d'analyse là, de la globalité. Nous sommes impuissants et la désignation de coupables n'aboutit à rien. Les ouvriers jusqu'à très tard s'opposaient à l'introduction des machines au sein des usines. Parce qu'effectivement les machines étaient introduites par le propriétaire capitaliste soutenu par l'Etat, et ne servait qu'eux. La réaction des ouvriers était violente et radicale mais elle était aussi raisonnable et compréhensible, lorsqu'ils cassaient par exemple lesmachines. Mais ce n'est plus ce dont il s'agit. L'ensemble technique progresse anonymement, il n'a plus la figure du propriétaire ("les éléments constitutifs du milieu technique débordent l'aire des sociétés capitalistes et ne répondent pas au schèmes marxistes classiques, en particulier la lutte des classes" (Friedmann georges, Sept essais sur l'homme et la technique.) Qui comprend ce que cela signifie ? C'est sans doute la plus profonde interrogation de notre siècle.

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Membre 37ans Posté(e)
Quasi-Modo Membre 16 058 messages
Chercheur de ciel‚ 37ans
Posté(e)

On ( nous sur le forum ) débat souvent de ce qu'est faire de la philosophie, ou qui peut se clamer d'être un philosophe, et quels sont les critères, mais à ma connaissance, on ne se demande rarement ou jamais, une fois les deux premières questions mises de coté ou résolues, quel devrait être le comportement du philosophe d'un point de vue moral, lui qui est à même de porter un regard critique sur le monde, ne doit-on pas se demander comment sa pratique de la philosophie peut nuancer, influer, assoir ou discréditer ses espoirs, ses thèses, ses révélations écrites ou orales ?

La philosophie intervient principalement à postériori plutôt qu'à priori de l'action. Non seulement la plupart des philosophes sont loin d'être irréprochables, sans compter que la plupart du temps ils théorisent ce qu'ils ne pratiquent pas ou ne maîtrisent pas eux-mêmes, comme pour conjurer le sort. Nous prendrons l'exemple de Rousseau théoricien de l'éducation, et de ses enfants abandonnés à l'assistance publique.

Non je pense que le domaine de l'action appartient aux sophistes, le monde de l'inaction (ou plutôt celui de la contemplation) est celui des philosophes. Car on ne manipule les concepts, la rhétorique et les idées comme des outils qu'en vue d'une fin pratique. Symétriquement, nous ne cherchons la vérité de façon authentique qu'au détriment de l'action concrète, dans le cadre d'une remise en question et d'une prise de recul.

Les investigations philosophiques sont les investigations d'un spectateur plutôt que celles d'un acteur.

Par exemples, gagner de l'argent ou d'obtenir une certaine notoriété par l'intermédiaire de ses livres ou de ses diplômes, ne contreviennent-ils pas à la noblesse même de l'art philosophique ?

Est-ce là le but du philosophe, d'avoir des rentrées pécuniaires ou d'avoir la célébrité, ou au contraire de se départir autant que possible de toute étiquette, de tout préjugé, de toute servitude, de toute dépendance, de toute gloire personnelle revendiquée/ostensible !?

La philosophie dépend du philosophe, et à mon sens tu renverses la cause et l'effet. Deux individus pourraient bien mériter le titre de philosophe mais néanmoins être d'avis différents, parce qu'ils ont des personnalités différentes. Il te faudrait comprendre les limites d'une vision simpliste du philosophe : car il y a différentes façons d'être philosophe et d'agir en philosophe.

Comment peut-on être le plus objectif, le plus sincère, le moins reprochable sur ses dires, si l'on est partie prenante du système que l'on critique en tout ou partie ?

Le philosophe en son âme et conscience, ne doit-il pas rester à l'écart/distance du monde commun, pour garder justement sa vision perçante, son indépendance, son impartialité, ce qui le conduit à une vie d'anonyme, de gagne-petit inexorablement ?

Pourquoi devrait-il donc rester à l'écart? Penserais tu donc la solitude comme condition indispensable à la lucidité?

Peut-on être à la fois philosophe et activiste/partisan politique, sans se perdre soi-même, de jouer à un jeu de dupes ?

Pourquoi ne le pourrait-on pas? Partisan politique certes non car cela impliquerait que le parti dicte la pensée, mais activiste oui dans le sens où certaines conclusions personnelles peuvent entraîner à rejoindre certains mouvements.

Sénèque, philosophe politicien et stoïcien, ou encore Marc-Aurèle l'empereur romain auraient certainement des mots à te dire!

Et puis, notre philosophe pour être cohérent, n'a t-il pas pour tâche première de s'efforcer d'appliquer en premier lieu, toutes ses belles idées à lui-même, dans sa vie quotidienne, de mettre en pratique pour lui ce qu'il pense du monde et des ses semblables, à son échelle, d'éviter l'hypermétropie par tout moyen !?

Ne doit-il pas avoir clairement une éthique irréprochable pour que sa philosophie ait une valeur morale ?

Si, mais la sagesse est comme les regrets : elle vient toujours trop tard, à postériori. Tout dépend à quoi tu fais allusion, mais nous pouvons parfois comprendre certaines errances (dans les cas de conscience).

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tison2feu Membre 2 648 messages
Forumeur alchimiste‚
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Tison,

"Encore conviendrait-il de ne pas éluder a priori l'existence de ces problèmes sur le long terme ! Cela ne pourra se faire que lorsque sera amplement démystifiée la machinerie bien huilée de la croyance au progrès technique." Mais, le progrès technique, il se manifeste en permanence, nous vivons dedans. Le progrès technique n'est pas une croyance.

A dire vrai, je t'ai répondu un peu trop vite. Je voulais parler de "la machinerie bien huilée de la croyance technicienne et scientiste en la résolution de tous les problèmes." Je peux très bien résoudre beaucoup de problèmes à court terme, mais aucun à long terme. Tel était l'esprit de mon intervention.

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