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Doïna Membre+ 11389 messages
Forumeur alchimiste‚
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Bonjour,

040814.jpg

"Prière de faire détruire complètement affiches du Bouillon Kub placées le long des voies ferrées et particulièrement aux abords des ouvrages d'art importants, viaducs, bifurcations, etc."

Tel est le message du 4 août 1913 du Ministère de l'Intérieur, persuadé comme plus d'un, que les panneaux de réclames vantant le fameux cube de bouillon Maggi ont été sciemment placés pour signaler des points stratégiques, et notamment des ponts, en cette veille de guerre. Sans compter que les services d'espionnage allemand auraient porté de précieux renseignements au dos de ces plaques publicitaires !

S'ensuit toute une vague de destruction des publicités Maggi-Kub, de mises à sacs des laiteries et boutiques de cette enseigne par des patriotes en délire.

La société, vilipendée de la sorte, dépose plainte.

Qui l'eût cru que de simples extraits de viande présentés sous forme de petits cubes solubles dans les liquides, breveté en 1907 par Julius Maggi, éveilleraient autant les soupçons ? Comment en est-on arrivé là ?

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Bouillon%20KUB.jpg

Ci-dessus, une de ces fameuses réclames "Exigez le K". Un K qui affola la population en ce qu'il faisait directement penser au K du Kaiser !

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En vérité, cette rumeur d'espionnage et autres actions félonnes sont parties d'un polémiste, Léon Daudet, dont les allégations à l'encontre de la marque gagnent en virulence en janvier 1913, allant jusqu'à mettre à mal une partie de la Sûreté : "Des protecteurs, dit le polémiste, jusque parmi ceux qui sont chargés de la surveiller" (la sûreté)...

Le 7 janvier 1913, la première page de L'Action française titre en gros "La police parisienne subventionnée par l'espionnage allemand", accusant un commissaire de police.

Puis cela va crescendo jusqu'en été... où surviennent les directives du ministre de l'Intérieur.

L'affaire, laissée en sourdine pendant la guerre, s'achève en 1920 avec la condamnation de Daudet pour diffamation, sans qu'il s'en trouve accablé plus que ça toutefois, la société Maggi-Kub ayant, selon l'arrêté, fait preuve d'imprudence en se donnant les apparences d'une organisation qui devait nécessairement porter ombrage au sentiment français.

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