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Lucy Van Pelt Membre 29504 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Qui que tu sois, le soir sors,

sors de ta chambre où tout est connu ;

ta maison, c’est la dernière avant l’étendue,

qui que tu sois.

Avec tes yeux qui fatigués peinent

à se délivrer de l’usure du seuil,

tu lèves un arbre noir, lentement, à peine,

et le plantes devant le ciel : svelte, seul.

Et tu as fait le monde. Et il est grand,

pareil à un mot qui mûrit encore dans le silence.

Et comme ta volonté comprend son sens,

tes yeux de lui se détachent tendrement…

Rainer Maria Rilke– Le Livre d’images (Das Buch der Bilder, 1899)

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Invité galaxien
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Posté(e)

" Allez savoir pourquoi????

Allez savoir pourquoi?

De ma dernière Douce, je l'ai quittée

Comme les autres avant Elle...

Allez savoir pourquoi?

De ma dernière Douce, je me souviens de ses écrits,

Ils étaient beaux, ils étaient doux, ils étaient sensuels...

Allez savoir pourquoi?

Avec Elle j'ai voyagé jusqu'à mon pays natal,

Elle là-bas, moi...l'éxilé des moments de l'histoire...

Allez savoir pourquoi?

Encore une fois...j'ai levé les amarres, mettant la voile

Pour un autre port, pour une autre aventure, que je sais sans suite....

Allez savoir pourquoi?

Depuis qu'un amour lointain et inoubliable, berce ma mélancolie,

D'une femme qui m'aimait, que j'aimai...c'était subliminal...

Allez savoir pourquoi?

Un jour la terre s'est mise à trembler...ou plus tôt mon corps, c'est fissuré...

Le choix pour Dieu fut plus fort...moi qui le remerciait en priant de l'avoir connue...

Allez savoir pourquoi?

Préférant ce reclus sous les voûtes sombres d'une chapelle souterraine,

Que quelques bougies delivrent à peine une lumière où ses yeux se fermeront.

Allez savoir pourquoi?

Depuis, perdu dans ma douleur, de port en port, de couches en couches,

De femmes en femmes, son voile noir me poursuit, et mon coeur se noircit...

Allez savoir pourquoi?

La femme et l'amour m'attirent, mais je les refusent, les repoussent,

Dés lors que les sentiments nous envahissent...préférant rompre...

Allez savoir pourquoi?

Depuis, de mes aventures amoureuses, cherchant l'oubli, je suis devenu

L'amoureux érrant, ici et là, rompant brutalement, alors qu'Une Douce me sourit...

Allez savoir pourquoi?

Le destin de tout un chacun est ainsi fait...assis sur un banc, je regarde les gens vivre...

Un couple d'amoureux vient s'asseoir prés de moi. Ils s'enlacent, leurs bouches se rejoignent...

Allez savoir pourquoi?

Ils sont beaux...ils sont jeunes...que de souvenirs remontent à moi...une boule au ventre...

Les yeux humides...je les regardent avec envie...je me lève ...je n'ai plus rien à faire sur ce banc...

Galaxien.

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Invité galaxien
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Posté(e)

LES IRIS

Des iris bleus, des iris jaunes

Timides s’ouvrent sous les aulnes.

Ils paraissent tout étonnés

Un matin d’avril d’être nés.

Ces fleurs honteuses d’être nues

Ont les frayeurs des ingénues.

Le vol léger d’un gai pinson

Leur fait passer un lent frisson.

Contre les brises matinales

Elles raidissent leurs pétales.

Une jeune fille en passant

Coupe les iris et les sent,

Les lie avec un soin extrême

En murmurant un nom qu’elle aime.

Jean-Marie Rougé.

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Lucy Van Pelt Membre 29504 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Speak white

il est si beau de vous entendre

parler de Paradise Lost

ou du profil gracieux et anonyme qui tremble

dans les sonnets de Shakespeare

nous sommes un peuple inculte et bègue

mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue

parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et

Keats

speak white

et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse

que les chants rauques de nos ancêtres

et le chagrin de Nelligan

speak white

parlez de chose et d’autres

parlez-nous de la Grande Charte

ou du monument de Lincoln

du charme gris de la Tamise

De l’eau rose du Potomac

parlez-nous de vos traditions

nous sommes un peuple peu brillant

mais fort capable d’apprécier

toute l’importance des crumpets

ou du Boston Tea Party

mais quand vous really speak white

quand vous get down to brass tacks

pour parler du gracious living

et parler du standard de vie

et de la Grande Société

un peu plus fort alors speak white

haussez vos voix de contremaîtres

nous sommes un peu dur d’oreille

nous vivons trop près des machines

et n’entendons que notre souffle au-dessus des outils

speak white and loud

qu’on vous entende

de Saint-Henri à Saint-Domingue

oui quelle admirable langue

pour embaucher

donner des ordres

fixer l’heure de la mort à l’ouvrage

et de la pause qui rafraîchit

et ravigote le dollar

speak white

tell us that God is a great big shot

and that we’re paid to trust him

speak white

c’est une langue riche

pour acheter

mais pour se vendre

mais pour se vendre à perte d’âme

mais pour se vendre

ah! speak white

big deal

mais pour vous dire

l’éternité d’un jour de grève

pour raconter

une vie de peuple-concierge

mais pour rentrer chez-nous le soir

à l’heure où le soleil s’en vient crever au dessus des ruelles

mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui

chaque jour de nos vies à l’est de vos empires

rien ne vaut une langue à jurons

notre parlure pas très propre

tachée de cambouis et d’huile

speak white

soyez à l’aise dans vos mots

nous sommes un peuple rancunier

mais ne reprochons à personne

d’avoir le monopole

de la correction de langage

dans la langue douce de Shakespeare

avec l’accent de Longfellow

parlez un français pur et atrocement blanc

comme au Viet-Nam au Congo

parlez un allemand impeccable

une étoile jaune entre les dents

parlez russe parlez rappel à l’ordre parlez répression

speak white

c’est une langue universelle

nous sommes nés pour la comprendre

avec ses mots lacrymogènes

avec ses mots matraques

speak white

tell us again about Freedom and Democracy

nous savons que liberté est un mot noir

comme la misère est nègre

et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock

speak white

de Westminster à Washington relayez-vous

speak white comme à Wall Street

white comme à Watts

be civilized

et comprenez notre parler de circonstance

quand vous nous demandez poliment

how do you do

et nous entendes vous répondre

we’re doing all right

we’re doing fine

We

are not alone

nous savons

que nous ne sommes pas seuls.

Michèle Lalonde

Speak white

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elrix Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Hey ! C'est qu'il y as des magnifique poème par ici

A mon tour d'en donnée deux :)

vous etes

vous êtes mon oxygène

vous êtes la joie que je promène

la force qui brise mes chaines

l'indispensable qui coule dans mes veine

vous êtes l'objet de mon existence

mes amie pure de l'innocence

mon étoile de bienveillance

plus qu'un espoir et plus qu'une chance

vous êtes ma mélodie

la douceur de mes nuit

les couleur de ma vie

et le bonheur a l'infini

!****************************************************************************************!

Poème écrit par moi-même

Pour le suivant je n'ai pas trouver de titre à lui attribuer, vous m'envoyez désolé...

!****************************************************************************************!

L'amitié est un sentiment qui unit plusieurs êtres,

l'amitié se moque du paraitre.

l'amitié permet de confier

ses doutes,ses joies,ses peines

sans risquer d'être jugé.

Il existe différents paliers

dans l'amitié

allant de la simple étincelle

à la fusion,

allant de la simple discussion

à une confession.

L'amitié repose sur des piliers

la confiance,la franchise,la sincérité.

Une fois un pilier brisé,

il est difficile de le réparer.

Même en étant colmaté

ce pilier met du temps à essayer de cicatriser

sans réellement pouvoir y arriver.

La confiance envolée

il ne reste que des ruines,

adieu cette amitié qui nous unit,

le doute a envahit mon esprit.

Ton absence me mine,

Mes souvenirs ne cessent de me hanter.

souvenirs d'une amitié passée,

souvenirs d'une amitié que tu as brisé.

Pourquoi m'as-tu fais cela?

pourquoi m'as-tu trahi alors que je croyais en toi?

A toi je me suis confiée,

allant même à te croire lorsque tu me mentais.

Dans le dos tu m'as poignardé

sans aucun respect ni regret,

mon coeur de ta flèche tu as transpercé,

laissant couler le sang

sur une amitié de 7 ans.

Tu as pensé à ton propre intérêt

sans te soucier de ce que je ressentais,

sans te soucier de me faire du mal,

tu m'as blessé d'une façon déloyale.

J'espère qu'un jour tu comprendras

l'importance qu'avais notre amitié pour moi.

J'espère que tu culpabiliseras

en pensant à tout ce que tu as perdu ce jour la.

L'amitié n'as de réelle valeur

que celle qu'on lui donne!.

Modifié par elrix

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Alcide-In Membre 11 messages
Forumeur balbutiant‚ 25ans
Posté(e)

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.

Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

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Invité galaxien
Invité galaxien Invités 0 message
Posté(e)

Un jour peut-être

Peut-être qu'un matin

Sortant de mon sommeil

Je suivrai un chemin

A nul autre pareil

Peut-être qu'un midi

Je t'entendrai crier

Je suivrai jusqu'à l'infini

Ton cri désespéré

Peut-être qu'un soir

Te voyant devant moi

J'irai plein d'espoir

Pour tomber dans tes bras

Peut-être qu'une nuit

Ce rêve reviendra

Surgissant de mon ennui

Tu seras là

Guy Van Der Linden

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chirona Membre+ 3432 messages
Forumeur alchimiste‚ 48ans
Posté(e)

À une passante

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d’une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! — Fugitive beauté

Dont le regard m’a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !

Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857

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Invité galaxien
Invité galaxien Invités 0 message
Posté(e)

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

Accorde-moi seulement quelques instants

Accepte ce que je vis, ce que je sens,

Sans réticence, sans jugement.

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

Ne me bombarde pas de conseils et d'idées

Ne te crois pas obligé de régler mes difficultés

Manquerais-tu de confiance en mes capacités?

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

N'essaie pas de me distraire ou de m'amuser

Je croirais que tu ne comprends pas

L'importance de ce que je vis en moi.

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

Surtout, ne me juge pas, ne me blâme pas

Voudrais-tu que ta moralité

Me fasse crouler de culpabilité?

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

Ne te crois pas non plus obligé d'approuver

Si j'ai besoin de me raconter

C'est simplement pour être libéré.

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

N'interprète pas et n'essaie pas d'analyser

Je me sentirais incompris et manipulé

Et je ne pourrais plus rien te communiquer.

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

Ne m'interromps pas pour me questionner

N'essaie pas de forcer mon domaine caché

Je sais jusqu'où je peux et veux aller.

Écoute-moi, s'il te plaît, j'ai besoin de parler

Respecte les silences qui me font cheminer

Garde-toi bien de les briser

C'est par eux bien souvent que je suis éclairé.

Alors maintenant que tu m'as bien écouté

Je t'en prie, tu peux parler

Avec tendresse et disponibilité

À mon tour, je t'écouterai.

Jacques Salomé –

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Lucy Van Pelt Membre 29504 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Un poème est une ville.

Un poème est une ville remplie de rues et d’égouts

remplie de saints, de héros, de mendiants, d’aliénés,

remplie de banalité et d’ivrognerie,

remplie de pluie et de tonnerre et de périodes de

sécheresse, un poème est une ville en guerre,

un poème est une ville qui demande pourquoi à une horloge,

un poème est une ville en flammes,

un poème est une ville en armes

ses salons de coiffure pour hommes remplis d’ivrognes cyniques,

un poème est une ville où Dieu chevauche nu

le long des rues comme Lady Godiva,

où les chiens aboient la nuit, et pourchassent

le drapeau ; un poème est une ville de poètes,

la plupart assez semblables

et envieux et aigris…

un poème est cette ville maintenant,

à 50 miles de nulle part,

à 9H09 du matin,

le goût de l’alcool et des cigarettes,

pas de police, pas d’amoureux, marchant dans les rues,

ce poème, cette ville, fermant ses portes,

barricadée, presque vide,

funèbre sans larmes, vieillissante sans pitié,

les montagnes de roche dure,

l’océan comme une flamme de lavande,

une lune dénuée de grandeur,

une petite musique venue des vitres brisées…

un poème est une ville, un poème est une nation,

un poème est le monde…

et maintenant je fourre ceci sous verre

pour l’examen minutieux de l’éditeur fou,

et la nuit est partout

et de pâles dames grises se tiennent en file,

un chien suit un chien jusque l’estuaire,

les trompettes appellent le gibet,

alors que de petits hommes glosent sur des choses

qu’ils ne peuvent pas faire.

Charles Bukowski

bucktd.jpg

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Invité galaxien
Invité galaxien Invités 0 message
Posté(e)

Pour Une.... :)

J'ai rêvé de toi

Ton image est gravée dans ma mémoire

J'ai voulu t'échapper, te sortir de ma vie

Mais partout où je vais je ne pense qu'à toi

Et pourtant tu ignores combien je suis épris…

Ta démarche si légère hypnotise mon regard.

Tes longs cheveux qui flottent soulevés par le vent

Et dansent sur tes épaules accentuant le charme

D'une auréole dorée venue d'un autre temps…

J'aime ton sourire qui éclaire ton visage (que j'imagine...)

Et le son de ta voix qui fait vibrer mon cœur,

Comme le chant d'une sirène. Il faut que je reste sage

De peur que je succombe devant tant de splendeurs

Ton regard si profond a pénétré mon âme

Tes yeux pleins de lumière ont changé toute ma vie

J'aime ton beau décolleté qui rempli mes fantasmes

Tes dents blanches éclatantes qui illuminent mes nuits

Un jour tu es venue dans mon jardin secret

Sous une pluie de roses, par des chemins fleuris,

Tu m'as donné ta main et un baiser discret…

Mais je m'suis réveillé et tu étais partie…

Peut-être bien qu'un jour tu liras ce poème,

Il n'est jamais trop tard pour dire ses sentiments

Je voulais tout simplement te dire : je t'aime

Comme te l'aurait dit un jour le beau Prince Charmant.

Rêveries - Jean Cl. Brinette

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Modifié par galaxien

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le merle Membre 14537 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Il existe de nombreux topics sur la poésie mais je souhaitais faire celui-ci pour permettre aux forumeurs qui le souhaitent de nous offrir un poème chaque jour. L'idée, c'est de créer le recueil de poèmes du forum.

Faites-nous plaisir en vous faisant plaisir :).

Allez, je commence.

Victor Hugo, Les Contemplations, 1856

bonjour

dans un poème , il y à le mot aime

dans une chanson , il y à le mot son

un jour ,un poème tomba amoureux d'une chanson

quoi de plus naturel , quoi de plus polisson

bien sur , ils se marièrent et eurent de nombreux rejetons

le destin est , parfois , maliçieux et aussi, sans raison .

le poème , comme la chanson ,ne sont que des sons

mais combien agréable , meme pour un misérable

poèmez et chantez , demain viendra l'été

le temps d'un poème ou d'une chanson .

bonne soirée

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Lili Marleen Membre 13 messages
Forumeur balbutiant‚ 97ans
Posté(e)

L'isolement

Souvent sur la montagne, à l'ombre du vieux chêne,

Au coucher du soleil, tristement je m'assieds ;

Je promène au hasard mes regards sur la plaine,

Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;

Il serpente, et s'enfonce en un lointain obscur ;

Là le lac immobile étend ses eaux dormantes

Où l'étoile du soir se lève dans l'azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,

Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;

Et le char vaporeux de la reine des ombres

Monte, et blanchit déjà les bords de l'horizon.

Cependant, s'élançant de la flèche gothique,

Un son religieux se répand dans les airs :

Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique

Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente

N'éprouve devant eux ni charme ni transports ;

Je contemple la terre ainsi qu'une ombre errante

Le soleil des vivants n'échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,

Du sud à l'aquilon, de l'aurore au couchant,

Je parcours tous les points de l'immense étendue,

Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m'attend. "

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?

Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,

D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;

En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,

Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,

Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :

Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire;

Je ne demande rien à l'immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,

Lieux où le vrai soleil éclaire d'autres cieux,

Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,

Ce que j'ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m'enivrerais à la source où j'aspire ;

Là, je retrouverais et l'espoir et l'amour,

Et ce bien idéal que toute âme désire,

Et qui n'a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puîs-je, porté sur le char de l'Aurore,

Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !

Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?

Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,

Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;

Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :

Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Alphonse de Lamartine

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Invité galaxien
Invité galaxien Invités 0 message
Posté(e)

Parfum exotique

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,

Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,

Je vois se dérouler des rivages heureux

Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone;

Une île paresseuse où la nature donne

Des arbres singuliers et des fruits savoureux;

Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,

Et des femmes dont l'œil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,

Je vois un port rempli de voiles et de mâts

Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,

Qui circule dans l'air et m'enfle la narine

Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

Charles Beaudelaire...( Les fleurs du Mal ..)

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Sha'Do Membre 2240 messages
Forumeur alchimiste‚ 51ans
Posté(e)

Délit d'abandon

Quand la vie malmène qu'elle plonge dans les méandres de l'obscurantisme,

que le fil d'ariane a cédé et fait sombrer celui qui s'y accrochait fébrilement !

Tout ce qui pouvait à un moment donné apporter un peu d'oxygène c'est évaporé,

les abysses de l'esprit prennent le dessus, les idées sont noires,

il n'y a plus de place pour l'espoir, l'illusion d'une vie meilleure comme un mirage

s'estompe progressive pour s'éteindre définitivement.

Insidieux est le doute qui profane ta sagesse, s'emparant de ta raison,

perfide en sera la paranoïa qui souillera ton âme, c'est dans les entrailles

de tes pensées qu'une fourbe obscurité te fera couler tel le chalutier

prit dans la lame d'une scélérate.

Modifié par Sha'Do

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Invité Dolce1
Invité Dolce1 Invités 0 message
Posté(e)

A nous ...

J'aurais voulu l'avoir écrit moi-même

Notre amour est un grand voilier

Lancé vers les alizés

Embarquant ses deux passagers

Qui parlent un même language

Pour le plus beau des voyages,

Avec l'âme et le coeur léger.

Le temps avait éteint notre flamme

Mais nous nous sommes rencontrés :

Disparu le vague à l'âme,

Nous conjuguons le verbe aimer...

Nous allons suspendre le temps,

Transformer l'hiver en printemps,

Redevenir adolescent,

Mettre de la couleur sur le blanc.

Dans les déserts infranchissables,

Cueillerons les roses des sables.

Au large des îles sous le vent,

Pêcherons des poissons d'argent.

Nous arracherons les chaînes

Qui nous empêchent de voler

Pour saisir par la traîne

Les comètes de la voie lactée.

Nous fuirons les orages, les lames de fond,

Le calme plat, les habitudes,

Pour découvrir les latitudes

De l'ivresse et de la passion...

Nos coeurs pareils à des volcans

Bouillonneront passionnément.

C'est au seul plaisir de nos corps

Que l'on mesurera l'amour !

Dans nos yeux brillera de l'or,

Le voyage sera bien trop court.

Sylvie Agea

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Lucy Van Pelt Membre 29504 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Ma chambre a la forme d’une cage,

Le soleil passe son bras par la fenêtre.

Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages,

J’allume au feu du jour ma cigarette,

Je ne veux pas travailler — je veux fumer.

Guillaume Apollinaire - Banalités

Modifié par Lucy Van Pelt

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Lucy Van Pelt Membre 29504 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)

Ô Seigneur

la cage est devenue oiseau

et s´est envolée

et mon coeur est devenu fou

il hurle à la mort

et sourit à mes délires

à l´insu du vent… Que ferai-je de ma peur?

Que ferai-je de ma peur?

La lumière de mon sourire ne danse plus

les saisons ne brûlent plus les colombes de mes songes.

Mes mains se sont dénudées

et sont allées là où la mort

enseigne à vivre aux morts.

Ô Seigneur

l´espace condamne mon être.

Et derrière lui des monstres

boivent mon sang

C´est le désastre.

C´est l´heure du vide sans vide,

il est temps de verrouiller mes lèvres,

d´écouter crier les condamnés,

contempler chacun de mes noms

suspendus dans le néant.

Ô Seigneur

jette les cercueils de mon sang…

Je me souviens de mon enfance,

lorsque j´étais vieille

et que les fleurs mouraient entre mes mains

car la danse sauvage de mon allégresse

leur détruisait le coeur.

Je me souviens des sombres matins de soleil

quand j´étais petite fille,

c´était hier,

c´était il y a des siècles.

Ô Seigneur

la cage est devenue oiseau

et a dévoré mes espérances.

Ô Seigneur

la cage est devenue oiseau

et que ferai-je de ma peur?

Alejandra Pizarnik – Le Réveil (El Despertar, 1958)

francesca_woodman_rome.jpg

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Invité galaxien
Invité galaxien Invités 0 message
Posté(e)

L’Amour

 Il existe peu d’instants dans nos vies

Où tout notre sang bouillonne avec force

Où notre cœur palpite avec envie

Où nos boyaux, avec désir se corsent

Où notre peau, chaude, ainsi nous convie

A boire la sève à travers l’écorce.

Aujourd’hui j’ai goûté cet instant rare

Où tout à la fois se révèle

Où tout alors nous ensorcèle,

Où nous volons ce monde à part

Et l’érigeons comme un modèle.

Il est alors là, beau et fugace :

Où l’on ne l’attend plus !

Où tout ce qu’on a cru

Peut enfin prendre place…

L’Amour !

Auteur inconnu...

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