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Amor........


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Invité château
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Elizabeth dort nue sur le lit à baldaquin de la chambre nuptiale spécialement réservée pour l'occasion par son fiancé, l'hôtel Luxor l'avait avalée comme Jonas l'avait été par le Cétacé de la Bible, Lionel ne lui ayant laissé le choix en dépit des apparences. Entre Fabrice et Julien, Elizabeth n'eût hésité mais le regard hypocrite de Lionel l'avait incitée à faire le mauvais choix. L'air obséquieux du réceptionniste avait augmenté encore non sa répugnance ni sa gêne, mais l'impression qu'elle avait d'accomplir un travail. L'ascenseur et le couloir luxueux lui apportèrent la même sensation qu'à la veille d'une sortie scolaire, tout ayant été organisé, à défaut de planification précise des évènements, son esprit s'ouvrait à toutes les perspectives possibles, mais elle ne ressentait pas vraiment d'excitation précise, ni la vengeance par rapport à ce qu'elle considérait comme le choix de Lionel, ni le parfum des choses inédites ne captivait son for intérieur. La porte de la chambre refermée derrière elle, la clé non tournée dans la serrure, l'effeuillage de ses vêtements précéda une visite de la salle de bains où se trouvait un nécessaire de maquillage. En se regardant dans la glace en pieds, Elizabeth eut une pensée saugrenue pour le fait que depuis quelques mois elle ne prenait plus la pilule ni ne se protégeait au cours des rapports. Bien sûr, Lionel n'aurait pas donné son assentiment au caprice qu'elle avait formulé dès le lendemain de leur rencontre, à la suite d'un coup de foudre entre eux qui avait fait naître très tôt leur projet de mariage, si Julien n'avait été un libertin coutumier des soirées hygiéniques en boîte. Cependant, elle était peut-être dores et déjà enceinte, à vrai dire cela ne l'aurait même pas étonnée. Elle se surprit à sourire à cette idée, devant la glace lui renvoyant la vision du triangle de son string en dentelle noire ; s'ils étaient trois, cela atteindrait peut-être l'égo de Lionel lorsqu'il l'apprendrait.

Elizabeth dort nue sur les couvertures, après trois longues heures d'attente, ne sachant à quelle heure exacte Julien était sensé franchir le seuil de la porte non verrouillée, cela ne revêtait plus grande importance à présent, puisque de toute manière aucune pensée érotique n'embaume ni son rêve, ni son corps. Au contraire, irradit un plein jour tandis qu'elle se promène au côté de Lionel sur le bord d'une digue sur le Rhône. Ce-dernier lui explique la raison pour laquelle Julien n'avait pu être joignable de tout l'après-midi précédant cette soirée, ce qui l'avait contraint de lui offrir Fabrice, celui qu'elle lui avait avoué désirer, lors de leurs premières sorties ensemble, alors qu'ils devisaient sur la dissociation de la chair et du sentiment au sein des couples modernes. Fabrice était le genre de personne dont Elizabeth avait envie parfois occasionnellement, mais sans souhaiter construire quoique ce soit de sérieux avec lui. L'accaparement de son métier faisait que Fabrice ne se liait aisément avec personne, comptant davantage d'amitiés que d'amours à trente et un ans. De ce fait peut-être, du moins Lionel lui exposa cette théorie, Fabrice constituait sans doute un fantasme pour Elizabeth, un des nombreux que les êtres humains nourrissent dans leur esprit, peut-être un fantasme réalisable qui contribuerait à renforcer le lien du couple au cours de l'enterrement de vie de jeune fille d'Elizabeth. La jeune femme en rêve revoit Lionel lui parler de Julien, son collègue de bureau, amateur d'échangisme et de libertinage, avec lequel elle avait fait connaissance assez tôt au cours de leur relation, en dépit qu'aucune intimité autre que professionnelle n'unît les deux hommes, alors qu'elle appelait son fiancé au bureau afin de le remercier du bouquet de fleurs reçu un matin de bonne heure pendant qu'elle se préparait elle-même à se rendre au travail. Les lèvres de Lionel bougent, mais Elizabeth ne perçoit pas les mots par l'ouïe, elle les devine en lisant sur ses lèvres, faculté qu'elle se découvre seulement au sein de son univers onirique, cette nuit-là en attendant son amant d'un soir.

Le corps de la jeune femme repose à la manière d'une sirène dont les fesses exposées et légèrement arquées, les hanches douces, les seins ronds pressés sur l'oreiller et découverts en dépit de ses cheveux répartis aléatoirement sur chacune de ses épaules fines, forment un chant envoûtant, incitant des marins imaginaires à approcher. L'obscurité étant totale, seuls les fantômes de ces hommes valeureux pourraient néanmoins distinguer les mamelons rose bonbon de la femme. Les fenêtres de la chambre nuptiale étant fermées, aucun courant d'air ne vient caresser la peau d'Elizabeth. Son sommeil s'agite vers le milieu de la nuit, alors qu'une partie de son rêve dont elle ne se souviendra jamais lui fait vivre une scène dont elle est l'héroine ; prise en sandwich entre Lionel et Fabrice, sur l'herbe bordant un espace boisé, elle ferme les yeux, au sein de son propre rêve, afin de savourer l'extase issue de ce moment d'extrême réalisme. Elle se rend compte uniquement maintenant de la rivalité opposant Lionel à Fabrice, les deux hommes ne se regardant jamais l'un l'autre après avoir pénétré Elizabeth simultanément, les lèvres de la jeune femme ouvertes pour donner un baiser passionné à son fiancé, le cou rejeté en arrière pour cela, Fabrice sortant et rentrant à l'intérieur de son vagin, à la manière d'un métronome endiablé. Cette froideur régnant entre les deux hommes contribue à l'excitation d'Elizabeth, elle connaît l'augmentation de son amour et l'apothéose de ce-dernier à l'égard de Lionel. Elle est amoureuse de l'un, plus que jamais, l'autre est ravalé au rang de gadget sexuel, sextoy vivant. Leurs jambes à tous les trois tressées à la façon d'un lierre courant au long d'un mur esthétiquement décrêpi, leurs cris s'envolent vers des cieux dont ils n'ont pas conscience, leur sueur et bientôt leurs exhudations intimes se mêlent, la semence des deux hommes achevant de se répandre sur le ventre, les seins, et enfin le visage épanoui d'Elizabeth, comblée d'excitation et d'amour en cette nuit onirique.

Après avoir laissé partir celle qu'il aimait pour la destination dont il avait réglé le prix à l'avance, Lionel se surprit à éprouver du remords. N'avait-il point éprouvé une pointe de jalousie lorsque Elizabeth avait suggéré le nom de ce cadre carriériste, Fabrice ? De ce fait, ne lui imposait-il pas maintenant quelque chose qui lui répugnait peut-être, salirait sans doute pour longtemps le souvenir de la réalisation de ce fantasme dont elle lui avait fait part dans le but d'être sincère et franche avec lui, leur amour n'en serait-il flétri à jamais ? Alors qu'il devait saisir le téléphone afin de composer le numéro de Julien son collègue de travail, Lionel hésita puis renonça, incapable de commettre ce qui lui apparut soudainement comme un viol, consenti mais néanmoins un viol, et le pire qui soit puisque c'est de sa fiancée qu'il s'agissait. Le soir tomba et Lionel ne réussissait à déterminer ce qu'il convenait mieux de faire ; aucun des amants choisis n'ayant été prévenu, Elizabeth devait s'angoisser de cette solitude même à l'intérieur d'une luxueuse chambre nuptiale. Il jeta un imperméable sur ses épaules afin d'affronter la pluie, dehors, puis s'engouffra dans sa voiture qu'il fit frénétiquement démarrer, manquant caler plusieurs fois avant d'atteindre son but.

La porte de la chambre s'entrebaille, Elizabeh ne s'extrait du sommeil, un homme qui appartient au personnel de l'hôtel pénètre à pas feutrés sur la moquette, ne montrant aucune expression sur ses traits durs ; comme à son accoutumée, il souhaite écouter les bruits des corps fusionnant à l'extrémité éloignée de la pièce. Cette fois, tandis qu'il se dirige vers la porte de la salle de bains, à l'abri de laquelle habituellement il écoute, rien n'émane du lit à baldaquin sensé supporter les ébats des couples louant la chambre nuptiale de l'hôtel Luxor. Déshinibé par ce silence, il courbe le dos à la manière d'un cambrioleur, comme si quelqu'un debout risquait de le heurter, et avance dans la direction du lit. L'obscurité trahie par le rai de lumière provenant du couloir derrière lui permet d'admirer le corps étendu sous ses yeux, le corps d'une femme très belle, très attirante et nue, totalement nue et figée dans une pose presque impudique. Involontairement, il heurte un objet gisant au sol, ce qui a pour effet de réveiller la dormeuse. Les fesses de la femme semblent s'étirer, son corps tel une vague montre les trésors qui appartiennent exclusivement aux femmes, des parties du corps humain que le cinéma spécialisé rend mal en raison de trop fréquents gros plans. Elizabeth roule sur le côté, soupire et murmure : « Mon amour..... »

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Criterium Membre 2380 messages
Nyctalope‚ 34ans
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Mon commentaire ne sera que quelques mots en diagonale, car il n'est pas toujours évident d'en dire beaucoup. Dans l'ensemble, j'ai éprouvé une gêne à la lecture ; je crois que cela est dû à trois facteurs (i) les paragraphes longs, comme des "blocs" assez denses non seulement au niveau de la quantité de phrases mais également des phrases en elles-même, qui effectivement ¿ (ii) ¿ donnent souvent une impression de rallongement artificiel ; forces virgules, forces longueurs, et ¿ (iii) ¿ utilisent souvent des images qui, si chacune convient effectivement à ce que tu voulais dire, ont tendance à se surimposer les unes aux autres et au final à en compliquer la lecture. ¿ Je pense que plus de clarté aurait été souhaitable (et, de plus, cela aurait peut-être également été profitable pour étoffer l'aspect érotique du texte, à moins que ce ne soit à escient que tu aies choisi de procéder de cette façon ¿ auquel cas cette remarque entre parenthèses doit être considérée comme nulle et non avenue).

Ensuite, plus que la suggestion à d'autres personnes, j'ai l'impression de trouver en ce texte une illustration assez frappante d'un conflit intérieur qui serait le tien : une réaction de fascination/répulsion envers le sexe, la Femme avec un grand F, le concept de couple libre, le libertinage, les mots crus du corps. ¿ Cela serait particulièrement visible si l'on allait chercher à propos de chacun de ces points précis des citations de ce texte et d'anciens posts que tu as laissé çà et là. ¿ En somme, ce côté-là est le côté le plus intéressant du texte : l'auteur, ici. ¿ Quant à mon avis aimé/pas aimé, je dirais que dans l'ensemble je n'ai pas aimé, mais que néanmoins j'ai bien aimé la fin de l'avant-dernière phrase, et l'humour de cette conclusion ¿ le garçon d'hôtel se retrouve dans cette situation qui, paraît-il, est le cauchemar de beaucoup de voyeurs : se retrouver acteur plutôt que spectateur. Fuira-t-il?

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Invité château
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à sa place je fuirais pas m'enfin juridiquement je serais empêché par les termes de la Loi, que j'ai bien à l'esprit et m'empêche de draguer, lol ; enfin bon pour le coup décidément, je crois qu'il faudrait vraiment que je campe un personnage et écrire à la première personne du singulier, parce que c'est à dire.... ouais enfin je sais pas, sur "confessions intimes" (le site sur lequel j'avoue à mon grand dam me rendre quelquefois lorsque je souhaite me chauffer un petit peu quand ma tête est un peu trop remplie de choses et que j'ai besoin physiquement de me vider, à la main tout seul le soir comme un pauvre diable) peux pas m'empêcher de trouver les mots comment dire ? bestiaux quoi.... la suggestion, la suggestion, bah elle repose tout de même sur des références culturelles nan ? enfin chais pas, jpensais par exemple que la Bible pour des libertins avait un ptit côté excitant ? fin bon...

z'en ai marre de Elizabeth franchement.....

merci à toi par contre Criterium parce qu'à la lecture de ton analyse j'ai pas l'impression d'être un écrivaillon, je sais pas limite je préfère la critique à mon texte lui-même, lol, bien qu'en fait écrivaillon je suis et reste, mais bon j'espère que la lectrice qui m'avait commandé ce texte n'est pas trop déçue tout de même, quel malheur d'être trop entier pour me lancer sérieusement dans l'érotisme, quel malheur mais à une époque j'envoyais plein de choses très concrètes et très crues à une fille sur msn et au bout d'un moment même si elle aimait j'ai réussi à me dégoûter moi-même, y avait tellement de besoin sexuel surtout dans cette relation qu'il m'était presque impossible d'être réceptif à sa personnalité laquelle ma foi c'était pas du gâteau remarque... lol je divague enfin bon

edit un peu inutile : je m'appelle Fabrice et j'ai trente un ans, et voila si une belle passe par là et trouve que je suis un phénomène, bah..... on pourra peut-être s'entendre

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