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Journée "extravagante" d'un anonyme

Coast liners

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(Attention, ceci est une fiction issue d'un manque d'occupation évident)

Un dimanche matin comme un autre (enfin matin...). Il était midi et du fond de mon sommeil, j'entendis un son long, sinistre et grave qui semblait se rapprocher petit à petit. Mes yeux à moitié collés s'ouvrirent et se posèrent sur un homme assez mal rasé qui agitait les bras frénétiquement. Après trente secondes où je restais bouche bée devant cette image poétique qui devait être sans aucun doute la première d'une journée passionnante, je décidai enfin à soulever mon corps avec une râle involontairement prophétique. Maintenant, j'avançais mécaniquement vers l'homme, à présent épuisé de m'appeler, qui s'avérait être en fait mon géniteur. A peine sortit du sommeil et vulgairement habillé, je me dirigeais vers une salle qui empestait le steak haché trop cuit et les pâtes à la sauce tomate déjà fossilisées. J'eus le "plaisir" d'y trouver mon petit frère, ma petite soeur et le géniteur assis, comme hypnotisés par la télévision, et dont le son de leur mastication difficile ressemblait à celui d'un homme qui fait un bain de pieds dans du guacamole. Notre télévision marchait encore grâce à mécanisme ingénieux, inventé par le géniteur, qui consistait à enfoncer un cure-dent dans l'interrupteur.

J'arrivai solennellement et pris ma place au milieu de ce magnifique tableau qu'après une crise d'inspiration j'avais nommé: "Valse avec les légumes" pour je ne sais quelle raison. Une telle grâce se dégageait des protagonistes: la lenteur sensuelle avec laquelle ils bougeaient leurs bouches pleines de pâtes, la manière de manier les couverts avec délicatesse et de lutter contre l'unique morceau de viande de leur assiette avec douceur. Je devais sans doute être tombé dans un club de rencontre de harengs carnivores en chaleur.

Je respectais le silence religieux qui régnait dans la salle, vaguement altéré par la voix de Christophe Dechavanne, et je n'osais toucher au morceau noir qui rajoutait une touche de couleur dans mon assiette, zébrée et usée par les rayures, cette assiette qui allait à tout moment servir d'auréole artificielle à mon petit frère s'il n'arrêtait pas de parler...

Le géniteur décida de rompre le silence....

(à suivre :D )


   Alerter


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