Aller au contenu

Ma Souveraine


410 vues

Je la veux, comme si je n’avais jamais désiré.

Encore, puis toujours – je veux être son esclave d'amour. Pour elle qui n’a pas froid aux yeux, je souhaite de nouveaux jeux, que nous en suivions le courant, alternatifs Eve et Adam, en continu nous connaissant, et des lèvres et des dents.

Je veux la toucher, suivre ses courbes et ses rondeurs, être digital avec sa peau sans nous perdre dans le numérique, que les électrons de ma chair libre déclenchent des tempêtes bio-électriques dans la forêt vierge de ses neurones.

Je veux la voir, admirer le velouté de sa chair, étudier le dégradé de ses pastels, du clair-obscur de l’entrejambe à la clarté diaphane de ses flancs, de l’ouvrage de ses tatouages au cosmos de ses taches de rousseur, me perdre dans ses yeux noisette qui s'harmonisent à sa nuisette.

Puis je veux parcourir, ce territoire qu'elle veut m'offrir, en relever les monts et vallées, mesurer son exacte amplitude à l'échelle de ma béatitude, coucher ses formes et ses détails sur délicieuse carte du tendre, carte aux trésors magnifiques attirant mon p'tit poteau topographique.

Je veux la sentir, humer les frivoles effluves de sa mélanine, inhaler les châtaines essences de ses intimités, mêlées au parfum discret qu’elle s’est choisie comme signature, et dont je porte encore la marque quand je la quitte pour un moment, rappel constant de doux instants.

Je veux la goûter, embrasser les empreintes d’une vie de femme sur son corps gravées, de ma bouche gourmande engloutir ses voluptés, de ma langue sinuer la patine du temps qui a passé, de mes dents tendrement la mordiller, ses secrètes sécrétions les avaler.

Puis je veux être, la piste de danse accompagnant ses pas latins, le matelas la dorlotant quand elle couche en draps de satin, la bougie parfumée qui l'enveloppe de saveurs monoï, fondant en huile de massage sur son corps digne du ballet Bolchoï.

Je veux l’entendre, sa voix qui sonne en falsetto quand elle se met à chanter, le grave de son vibrato quand elle adopte un ton posé, l’émoi qui affleure dans sa gorge quand son désir se manifeste, la double harmonique de son rire quand je râle ou quand je peste.

Je veux connaître la poigne de sa passion sur ma faiblesse, la douceur de sa reddition sur ma verge, le soleil de sa tendresse sur mes fesses, sur ma virilité l’orage de sa volonté, sur ma force la fermeté de ses caresses, sur ma douceur son envol vers un plus bel ailleurs.

Au fond du puits qu’elle creuse en moi, se meuvent des choses que je ne comprends pas, une source sur le point de surgir, chanson qui ne demande qu’à s’écrire, alors je souhaite me faire prodigue, d’un tel prodige danser la gigue.

Nul besoin de dire son nom, partout elle se reconnaîtra, nul besoin d'hurler des hourras, juste à susurrer son prénom, dans l'intimité d’un sous-bois ou quand nous partagerons un sabayon. Et lorsque la semaine commencera, nous nous verrons : ce sera fête.

 

Modifié par Tequila Moor

6 Commentaires


Commentaires recommandés

il y a une heure, Yemaia a dit :

J'ai trouvé certains passages magnifiques de sensualité. 

Votre muse est chanceuse de vous inspirer un si joli texte.

Merci ! :ange2:

En toute modestie, c'est assez vrai, même si une telle muse pourrait toujours trouver meilleur poète... :sleep:

  • Like 1
Lien vers le commentaire
il y a 20 minutes, ***LN*** a dit :

Jolie plume Mr Tequila :)

Voilà un texte sensuel qui va réchauffer l'atmosphère du forum :happy:

Merci. :blush:

Oui c'est vrai qu'il souffle un vent glacé sur le forum en ce moment, on n'a presque pas l'impression d'être en été. :dev:

  • Like 1
Lien vers le commentaire
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×