Aller au contenu

Va cuiter, vacuité


119 vues

Je me rappelle

De nuages qui s’amoncellent

Du soleil qui s'épand, tel un évangile

Pluie et lumière avancent sur terre, en silence

Des fleurs les suivent, tournent leurs tiges fragiles

Espérant échapper à la boue, la violence

Quelque chose les pousse

Jeunes feuilles, jeunes pousses

Tendre obliquité

D'une luxuriante volonté

 

Je me rappelle

De canailles qui s’interpellent

À minuit, en pleine rue – choeur volubile

Enthousiasme nocturne d'adolescence

Des fenêtres s'ouvrent, des dormeurs se plaignent-ils

Qu'ils récoltent une indigne bordée d'offenses

Quelque chose les pousse

Jeunes gens, gueules maous

Etrange ipséité

S'affirmer en la nocuité

 

Je me rappelle

De ma fin en cours, surréelle

D’une âme polluée, irradiée : Tchernobyl

Grise mainmise de l'immonde, de la science

Sur le gel de mes neurones immobiles

À choisir ? Voie de la dégénérescence

Quelque chose me pousse

Qu'est-ce donc, une frousse ?

Plutôt lucidité

Autre nom de l'invalidité

7 Commentaires


Commentaires recommandés

D'où vient cette imagination débordante Tequila, tu nous éblouis à chaque fois par ces doux vers que l'on aimerait tant qui se rallongent tellement qu'ils  apportent un réel plaisir de les lire à chaque fois.:)

  • Merci 1
Lien vers le commentaire
il y a 4 minutes, goods a dit :

D'où vient cette imagination débordante Tequila, tu nous éblouis à chaque fois par ces doux vers que l'on aimerait tant qui se rallongent tellement qu'ils  apportent un réel plaisir de les lire à chaque fois.:)

"Il est des fantômes diurnes qui, en proie à leur absence, vivent à l'écart, marchent à pas feutrés le long des rues, sans regarder personne. Nulle inquiétude dans leurs yeux ni dans leurs gestes. Le monde extérieur ayant cessé d'exister pour eux, ils se plient à toutes les solitudes. Attentifs à leur distraction, à leur détachement, ils appartiennent à un univers non déclaré, situé entre le souvenir de l'inouï et l'imminence d'une certitude. Leur sourire fait songer à mille effrois vaincus, à la grâce qui triomphe du terrible ; ils passent à travers les choses, ils transpercent la matière. Ont-ils atteint leurs propres origines ? Ou découvert en eux les sources de la clarté ? Aucune défaite, aucune victoire ne les ébranle. Indépendants du soleil, ils se suffisent à eux-mêmes. Ils sont illuminés par la Mort."

(E. M. Cioran)

  • Like 2
Lien vers le commentaire
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×