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Aphorismes Erotomanes


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Depuis peu, j'envie celles et ceux qui trouvent des symboles phalliques en toute occasion et en tout lieu : dans la nature, au cinéma, dans la littérature... en pleine rue, pourquoi pas !

Cette manie post-freudienne m'amuse, bien que je comprenne qu'elle puisse agacer : j'y sens la marque d'une imagination débordante, d'une énergie sexuelle qui ne demande qu'à se déployer.

Puis je me dis que ces toqué-e-s de la verge érigée ont de la chance d'en voir partout d'invisibles : quand je regarde la mienne, visible pourtant, j'ai bien du mal à y reconnaître un symbole phallique.

La tige, serait-ce le coeur du litige ?

La vieillesse est là quand on souhaite ne plus se confier à personne : ni la vie que l’on accorde, ni la parole que l’on donne, ne sortant plus du cœur ; quand il n’est plus qu’entre nos mains qu’on remise ce moteur à heurts.

L'amour : dernier piège que la vie ose tendre avant l’arrivée de la vieillesse.

L’amour est ce qui nous souffle qu’on a tort quand on dit ne pas aimer.

L’amour, ce démenti absolu à l’existence du bonheur.

En amour, nul besoin de tout donner, surtout pas ce qu'on imagine le plus précieux : juste à donner ce que l'autre attend. Que l’un veuille tout donner n’entraîne nullement que l’autre veuille tout recevoir — cruel théorème. Par ce biais, l'amour est l'altruisme le plus sordide au monde.

Faire l’amour, afin de le trouver : cela peut-il être considéré comme un vice… de raisonnement ?

Sûr, ceux qui en parlent le plus en font le moins — ceci dit, arrêter d'en parler n'a jamais aidé à en faire plus.

Le vît, et non la vie, n'est que pirouettes entre 2 trous.

Amusant comme le fait d’aimer l’autre entraîne souvent celui de ne plus éprouver d’amour-propre : n’y aurait-il d’amour que sale ?

Les romantiques apprécient le glas, suave et coloré, qu’est une gerbe de fleurs coupées.

Si on veut consumer sa vie de manière hédoniste, il vaut mieux se consacrer au sexe dans sa jeunesse et aux drogues dans sa vieillesse : faire l'inverse, c'est du gâchis.

Le fait de se savoir tou(te)s semblablement ridicules au moment du jouir devrait nous inciter à une plus grande fraternité. Ou sororité ?

Le sextoy est à l'amour ce que le livre de recettes est à la gourmandise.

La sensiblerie a autant de rapport avec l’onanisme solitaire que la sensibilité avec l’orgasme partagé.

Il est étrange que certaines personnes, ayant trop de fantasmes, n’en essayent jamais aucun…

Il arrive un moment où nous fantasmons nos anciennes pudeurs, comme si nous ne nous étions pas appliqués à cruellement les déflorer.

Semblable à beaucoup, je ne me prends pour personne, et personne ne me prend — anomie des monades.

Le best-seller romanesque devient la norme des relations amoureuses : vite éprouvé, vite jeté ; toujours en attente du prochain tome.

La recherche du bonheur, socle indéracinable de nos sociétés — heureusement, ces dernières ont vu notre durée de vie s’allonger : ainsi, nous pouvons espérer atteindre le bonheur en l’état de légumes…

La timidité — une fois vaincue, disciplinée, dégradée en simple apparence de la timidité — se révèle la plus grande arme de séduction qui soit.

L’amour est humiliation consolante, dans le sens où il nous soumet, nous enchaîne à une âme autre, en rabaissant notre fierté, mais aussi en nous libérant de la solitude de notre ego.

Le comble pour un bougre ? Prendre toujours tout de travers…

La tendresse est maladie sexuellement transmissible : déjà tout jeune, nous sommes condamnés à la rechercher de par l'amour de nos parents, ces indignes, qui plus tard nous opposerons l'interdit inceste, de peur de parachever l'apprentissage qu'ils auront commencé.

L'amour ne peut mourir : il est notre alibi suprême pour continuer à survivre en tant que race humaine.

Doux comme la brise, distant comme le soleil, puissant comme l’ivresse, attentionné en tout — offre d’emploi typique pour le poste d’amant… Au vu cependant de la rétribution proposée, on a de moins en moins envie de proposer sa candidature. Surtout si on possède l'exhaustivité des compétences requises.

Et dans le jardin d'Eden se tenait Lilith, la première femme qui, pour avoir refusé d'être soumise à Adam lors de l'accouplement, dut faire la guerre à son créateur, et finit par dévorer les anges venus la châtier…

 

Modifié par Tequila Moor

8 Commentaires


Commentaires recommandés

Faire du laid, du beau. Merci.

Les vérités qu'on ne souhaite pas entendre, et pourtant si criantes.

Le désespoir total d'un genre qui finalement n'est qu'une aberration.

Souvent je voudrais rentrer chez moi.

  • Merci 1
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Il y a 12 heures, Etaine a dit :

Faire du laid, du beau. Merci.

Les vérités qu'on ne souhaite pas entendre, et pourtant si criantes.

Le désespoir total d'un genre qui finalement n'est qu'une aberration.

Souvent je voudrais rentrer chez moi.

Du moins, c'est un essai de rendre beau le laid. Mais oui, il vaut mieux ça que l'inverse. :D

Il y a beaucoup d'exagération et d'ironie dans ces lignes : je ne suis pas sûr que l'on puisse qualifier ceci de vérité. Dans mon esprit, c'est plus une façon un peu perverse de me dorloter qu'une volonté de faire la lumière sur le thème de l'amour. Ce dont je me crois parfaitement incapable.

Que voulais-tu dire par genre ? Le genre humain ?

T'es doux ? T'es d'où ? :)

Modifié par Tequila Moor
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Il y a 6 heures, Tequila Moor a dit :

Du moins, c'est un essai de rendre beau le laid. Mais oui, il vaut mieux ça que l'inverse. :D

Il y a beaucoup d'exagération et d'ironie dans ces lignes : je ne suis pas sûr que l'on puisse qualifier ceci de vérité. Dans mon esprit, c'est plus une façon un peu perverse de me dorloter qu'une volonté de faire la lumière sur le thème de l'amour. Ce dont je me crois parfaitement incapable.

Que voulais-tu dire par genre ? Le genre humain ?

T'es doux ? T'es d'où ? :)

Et pourtant, si on s'y penche bien... des vérités ^^.

Oui je parlais du genre humain.

Bah... d'Ailleurs :)

Modifié par Etaine
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Il y a 2 heures, Etaine a dit :

Et pourtant, si on s'y penche bien... des vérités ^^.

Oui je parlais du genre humain.

Bah... d'Ailleurs :)

J'accepte le compliment. Vu que j'exprime des vérités sans le vouloir, quel talent ! :8):

C'est une aberration intéressante : un genre devenu aberration à la force du poignet, si j'ose m'exprimer ainsi.

Oui mais c'est vague. Ceci dit, paraît que je suis d'ici, mais peut-être suis-je de là : finalement je ne sais pas.

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Il ne faut jamais ignorer son talent.

Alors là aberration intéressante... Je ne préfère pas débattre.

Oui, c'est normal, je suis vague ^^.

 

  • Haha 1
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"En amour, nul besoin de tout donner, surtout pas ce qu'on imagine le plus précieux : juste à donner ce que l'autre attend. Que l’un veuille tout donner n’entraîne nullement que l’autre veuille tout recevoir — cruel théorème. Par ce biais, l'amour est l'altruisme le plus sordide au monde."

Très beau.

Voilà un texte, une déclaration, qui mériterait d'être déclamé par son auteur.

  • Merci 1
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il y a 46 minutes, Yemaia a dit :

Très beau.

Voilà un texte, une déclaration, qui mériterait d'être déclamé par son auteur.

Merci. :)

Oui, j'ai un projet de podcast sur le feu, il me manque un peu de bon matériel pour le lancer, je pense que la série des Aphorismes (incluant les Alcooliques de l'an dernier, plus d'autres encore en brouillon) y figurera.

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