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On Avance

Tequila Moor

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Elle m'est revenue, la parole indicible,
Que simplement vivre n'est pas belle raison :
Se suicider semble n'être que solution
À une interrogation peu intelligible.

Ainsi être hédoniste mou, sans conviction,
Ou vivre simplement, devient inadmissible :
Le sort inévitable restant destruction
De nos vies, de la vie, de l'univers tangible.

Sol absorbera Terre : ultime incréation.
Toute étoile mourra, ça se compte en trillions
D'années ; puis le cosmos, cru comme inextinguible,
Se désagrègera. Avenir putrescible.

Tout est déjà, car toujours fut & sera,  mort :
Fin, dans le présent, dans le début, fusionnée.
Ainsi considéré, le temps peut s'effondrer
Et nous  pouvons songer, et prendre aux dents le mors.

Existence n'est plus centrale en ces idées
Pas plus qu'expiration : nous voici matamores.
En-dehors de l'esprit est la réalité,
Au-delà de nous : qui devenons oxymores.

Vivants-morts, nous voyons le monde en ce qu'il est :
Hostile... Etranger... Ni possession ni foyer...
Est-ce qu'il fut prévu de nous avoir à bord ?
Devaient-ils penser, ces éléments du décor ?

On s'en fout, s'en balance !
Trop fou pour qu'on y pense !
On respire, on avance !

 

Le cerveau n'aime pas ce que ça signifie,
Le pauvre nié sait qu'on lui joue un tour pendable :
Il se veut unique, n'est qu'un objet friable,
Bout de mise en scène qui se croit à l'abri.

Là, extinction de sens devient envisageable
Quand sens envisage d'être extinction : déni
Las qui entraîne extinction de  l'envisageable
Et seule s'envisage extinction, notre amie.

On la voit ainsi se dresser, inéluctable :
Certains donc vont l'aimer, la trouver désirable,
Pour ne pas accepter l'absurde de la vie.
On recherche l'oubli quand l'effroi nous saisit,

La perte de contrôle mène au masochisme...
Pourquoi quelque chose en lieu et place de rien ?
S'il n'y avait que rien, on le voudrait donc sien ?
Il semblerait que oui : d'où vient ce nihilisme ?

Du fait qu'on refuse d'être simples pantins,
Préférant même devancer le traumatisme
Plutôt que d'admettre l'existence de liens
A nos pieds, à nos mains, et jusque dans nos truismes.

Autant anticiper, fidèle comme un chien,
L'appel du sens en acceptant le vil destin :
Inviter dans le présent la mort, tel un isthme
Nous reliant à celle future –  étrange prisme.

On s'en fout, s'en balance !
Besoin fort d'évidences !
On respire, on avance !

 

Et voici que se trouve piégé le vouloir :
Lui qui cherche tant à dépasser la souffrance,
Lui qui se flatte d'être plus que flatulences –
Soudain ! –  il comprend bien qu'il n'a aucun pouvoir.

"Accepte ton fatum" s'écrie l'intelligence
Ou n'importe quel truc qui nous sert de savoir :
Juste un soin palliatif... En vrai, l'incohérence
Est notre seule amie, et ne peut nous déchoir.

Poussières stellaires passionnées d'ingérence
En vie de l'univers, nous sommes en partance
Pour des siècles et siècles de vain désespoir
Jusqu'à l'exquise fin qui saura nous échoir.

On s'en fout, s'en balance !
Ton texte sent le rance !
On respire, on avance !

 

 

 



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