Aller au contenu
  • billets
    4
  • commentaire
    0
  • vues
    191

En passant

narcejo

167 vues

La trille des oiseaux vrillaient les pensées au ciel, le poète dévidait les heures, les hommes dans les vignes suaient par tous leurs pores, les porteurs déambulaient, les coupeurs empoignaient les fruits d'une colère évaporée au soleil rieur, ce n'était plus l'été il fallait faire vite, la vitesse était importante, les filles gesticulaient avant de sangloter des cordes vocales aux bonnes heures, avinés les devins le devisaient, le château chatoyait, la reine Margot jouait de l'orgue tout là haut, c'étaient les vendanges, le vent soufflait le sexe des anges hors des nuages afin de menacer de pluie, la Terre atterrait les efforts des braves, une sève appelée Séverine jaillissait à la dérobée lorsqu'on croquait, une grume était vite chapardée, entre les dents cela coulait, couleur vermeille aux commissures (non?), de lèvres sans l'air des lièvres qui se terrent, on ne se taisait pas, au contraire, cela aidait à lever les poids des seaux que l'on confiait aux porteurs, un espoir fou que cela devînt rouge dans des bouteilles, sans histoire, au soir venu comme un soleil couchant peinturlurant les cieux, au-dessus du château de la Reine Margot qui faisait des notes, la journée ce qui dénotait bien son amour des vendangeurs, ces hommes logés et nourris mais pas blanchis quand ils sortaient des lignes des vignes une par une délestées de leur semence, sans semonce, de la bonne humeur, la période saisonnière achevée, comme on priait, non la grêle, non la foudre, non la flavescence dorée, non les incendies, que la passion, celle de l'effort bien stylé, entre terre et ciel, seule la végétation dormait, les hommes s'activaient, deux semaines durant, avec les deux mains, une seule si on était bon, les filles coupaient pour faire des grappes, la concupiscence c'était une science, dans le silence des sirènes des bateaux à bon port de l'autre côté du monde, des âmes d'enfants exploitaient le cœur de la nourricière, non la souricière, planète des ancêtres, cela hurlait dans les veines, refroidissait et réchauffait le sang au gré des pauses, rythmées par le solfège des sept péchés capitaux comme la levure des pâtissiers, l'on pâtissait sans se plaindre, sans geindre, le Verbe fait le verre à cause de tout ce vert, les raisins secs pour la farine, le ferment pour les idylles au restaurant sous le fervent sommelier, il fallait lier l'air du château de la reine Margot à tous les produits de la Terre, c'était après l'été, simultané à la chute des châtaignes, beaucoup de films passaient sous les yeux, sans caméra, uniquement la mémoire pour support, le vin est superstitieux d'après Baudelaire dans ses sonnets mais modéré il permet de bien se conduire dans les bals populaires organisés, dans les grandes salles du château, la saison des vendanges revient cycliquement, comme les saisons, comme ses enfants, à la reine mère, et la trille des oiseaux ne cesse de vriller la beauté surannée de ce paysage pour qui paysan est un gros mot, car ce pays paye des impôts, nous rappelle le comptable, à la fin des comptes, même si les vendanges avaient l'air d'une cérémonie sacrée sacralisée par le temps clément qu'il faisait, ses seaux qui s'échangeaient tels des poignées de mains, sans lendemain, mais sans résignation devant les forces de la Nature qui poussent, chaque année que Dieu fait, parce que Adam et Eve n'étaient pas éternels, et lorsque l'automne arrive, avec ses trombes, faisant trembler les saules, ce sont les fruits damnés de la passion qui irriguent les songes des dormeurs contentés qui passeront l'hiver sur leur trente et un, bien aisés des énergies déployées en chaque être, chaque chose, chaque végétal quand reviendra la saison des vendanges, tant que l'âme vivra, les nuages gonflés de pluie enfanteront d'autres petits nuages, qui recouvriront là où il y a des océans, pour le bonheur ou le malheur c'est selon, et c'est une plume de salon, détachée de quelque alouette passée lors d'un instant d'éternité sans capture, qui d'une traite rédige ceci, un brin littéraire, un brin courtois, sans raison scabreuse, pour transmettre une phrase, une seule, à la postérité des plume légères comme le vent, avec l'innocence des anges, à la manière d'Einstein qui nous a appris à relativiser, ceci est le récit de vendanges qui se déroulaient encore au début du vingt et unième siècle, des raisins secs ont été consommés avec des soucoupes de café, des serveurs et des serveuses nous ont souhaité de bonnes journées, des notes ont été honorées sur les terrasses de café, au début de ce vingt et unième siècle qui possède beaucoup en commun avec le vingtième, et l'autre aussi, avant, c'était l'ère de la Bourse, aucun Essai ne rend de manière suffisamment vivace compte de tout cela, à quoi ressemblera le siècle prochain, l'avenir est-il un long cycle, comme un cygne, ou n'est-ce que le signal, par un mot, d'un cirque bien plus savant, mais en tout cas il fallait, à mon sens, immortaliser ces vendanges-là, car tenez-vous bien, elles se déroulèrent, ni plus, ni moins, le dixième mois de l'an de grâce 2013, 2012 était passée, c'était chouette, ou pas, ça a dévidé les destinées de quelques protagonistes sans vider le moindre flacon de quelque..... encrier.



Annonces
Maintenant

0 Commentaire


Commentaires recommandés

Il n’y a aucun commentaire à afficher.

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Invité
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×

Information importante

Ce site internet utilise des cookies pour améliorer l'expérience utilisateur. En naviguant sur ce site vous acceptez que des cookies soient placés sur votre navigateur. Conditions d’utilisation Politique de confidentialité