Aller au contenu
  • billets
    4
  • commentaire
    0
  • vues
    191

Lettre au Père Noël

narcejo

187 vues

Dans l'Ouest sauvage ou dans l'Oued....

Voila où ça mène, les jeux de mots. Je m'appelle Léontine et je suis née au cours d'une panne de voiture.

C'est ma mère qui me l'a dit, elle se prénommait Christine et mon père Léon, écrire ou fonder une crèche ça c'était le credo de ma grand mère, du côté maternel. La panne de voiture a eu du bon, il paraît que j'ai prononcé « maman » avant « papa », C'est pas parfait mais j'ai eu une institutrice, plus tard, qui m'a appris les Champs Elysées, c'est comme ça que je me suis mise à travailler dans une boutique.

Du prêt à porter, en veux-tu en voilà, c'est la poudre de perlinpinpin que je vends aux gens. Entre les deux (l'école et le travail) j'ai rencontré André, un homme vrai, c'est ce que je me disais. Ma patronne, à la boutique, est sympa, les soirs nous trinquons au Pernod, pour fêter notre célibat retrouvé. André était une passe, le destin est éternel. Je n'ai plus revu mon père ni ma mère, depuis leur accident, mais je ne veux pas conter ça. J'écris au Père noël, à l'encre bleue, et aux messieurs à l'encre couleur de nuit, dans un canard local, comme une journaliste de mes amies à qui je prête mes mots, même si elle ne l'avouera jamais. Ceci n'est pas une chronique, je crains trop les noms d'oiseaux.

Ma patronne, à la boutique, se prénomme Augusta. Notre cynisme, les pleines lunes, masque mal notre affection pour la gent humaine. Notre humanisme est sans limite, vous avez tenté d'éplucher un abricot jusqu'au noyau, juste afin de l'expectorer sur les passants, sans le manger ? C'est le genre de choses auxquelles nous nous livrons, même sans la volonté, en trinquant aux sonnets de Baudelaire.et aux essais de Montaigne.

Ma grand-mère a fini à l'hospice, moi j'ai cultivé mon unique talent : chanter faux les soirées de karaoké au bar des amis, rue Saint Honoré. Vous avez entendu une femme chanter : « On est, on est... On est les champions » au milieu d'un parterre d'hommes médusés. Cela m'est arrivé. Et je ne vous raconte pas mes premières règles, ça serait trop pousser la chansonnette. En réalité, André est un avocat, comme le fruit. La vie est un alcool à petites doses, comme un bouchon de champagne enfermant un millésimé.

Je n'ai jamais su si mes parents auraient voulu une fille ou un garçon, ils ont toujours une préférence, même s'ils ne vous le disent pas. Moi, j'aimerais y arriver, cela serait déjà beau, André et moi nous y efforçons.

C'est pas beau d'être jalouse de ses amies, elles jactent et pavoisent au pied de la Tour Montparnasse au lieu de se rendre à vos cocktails, chantant les après-midi quand vous fermez votre bec à la boutique.

Le soleil des jours est comme le phare sur les vagues houleuses, nous sommes au mois de mai et nous faisons ce qui nous plaît.

_ Plaît-il ? Me demande la dénommée Gertrude (j'ai entendu son compagnon l'appeler ainsi).

En réponse à ma question :

« Cela vous sied ? »

Il ne faut pas se fier aux apparences, l'amour n'est point un poisson rouge dans son bocal, avec une mémoire de petit pois.

Bien entendu, j'ai changé de boutique. Maintenant, je vends des téléphones. Avec la fonction « sms » les jeux de mots sont plus vivants, Léontine n'est qu'un mot, qui passe le temps. Comme les comptines populaires dans les cours de récré.

Vous aviez deviné, je suis une fille écrivaine, un peu mytho, beaucoup fan du « Bonheur des dames » (de Zola) et pour quelques pistoles, j'écris au Père noël, les vies de femmes dont je rêvais. Je suis une femme libérée. Il n'y a, je crois, qu'une chose de vraie dans tout ce que je vous ai raconté, c'est les « on ».

« On » ce n'est pas Léon. Cela, c'est mon père. Et Christine n'est pas la femme du Christ, contrairement à ce que je pensais.

Laissez moi tout de même raconter une histoire, cela passera mon temps et égayera peut-être le votre. C'est une histoire sans rien entre les lignes. Juste une histoire.

 

Tonton André était un chic type. Un jour il m'a offert un livre. Mais dans ma tête, cela sonnait comme le Livre ; en réalité il s'agissait d'un cahier d'écolier, mais j'étais libre d'y écrire ce que je voulais. Mon journal intime pourquoi pas ?

En tous les cas, je n'ai attendu la quatrième de couverture afin de le remercier. La page de garde, pour l'éternité, gardera la trace de ce don :

« Aujourd'hui, (Lundi 6 Septembre), Tonton André m'a offert ce journal intime ».

Ainsi je l'emplis, mots après mots, sans désemparer, jusqu'à la dernière page, avant de commencer à noircir un deuxième cahier, puis un troisième...

A l'école primaire, je me moquais des garçons, pas comme il fallait, ensuite au lycée ce furent des vauriens. A l'université, j'enlevai les r et ajoutais les o , cela faisait le pouf sur lequel je m'asseyais, après les cours le soir venu lorsque les profs, enfin, s'étaient tus.

Le personnage de Casimir m'avait toujours fascinée, dans l'île aux enfants que je regardais à la télé quand j'étais petite. En fait, il s'appela Nicolas.

Quand une fille, pour devenir une femme, cède sa virginité, trébuche t-elle exprès ou non sur les marches d'escalier menant au bureau du président, dans le bâtiment administratif de la fac dans laquelle elle étudie ? Je crois que Nicolas ne le sut jamais. Impossible n'étant pas français, il retint ma chute, et voilà. Voila comment l'on fait connaissance, boit un café dans le bistrot du quartier (le quartier Latin, évidemment), puis l'emménagement dans une colocation, puis, beaucoup plus tard, un loft. Des carrières professionnelles parallèles dans deux boîtes rivales, rivaient nos fins de mois et l'on dérivait à peine avec quelques amis. Ce n'était pas tout rose, mais pas trop sombre. Des dialogues de Michel Audiard auraient mieux convenu, cependant avec ses mots à lui un beau jour Nicolas me demanda ma main. Officiellement.

Cela se déroula dans l'intimité d'un petit restau. Dans lequel on avait commandé des langoustes, mangées lentement pour faire durer le plaisir. Ensuite, illico, on s'est rendus au ciné. Oui, bien sûr, ce fut ma réponse, au ciné l'on ne vous montre jamais ce qui se passe réellement quand l'héroïne dit oui, juste après, c'est tout de même plus intéressant quand elle dit non.

Voila un peu l'histoire de ma vie, heureuse malgré tout. Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants.

Ralph.

Charles.

Henri.

Mathieu.

Il ne point y chercher un acrostiche à deux balles, ni des rimes. Aucune fille. Les garçons ont poussé dans mon ventre comme les livres (les journaux intimes) dans mon ventre quand j'étais gamine et que j'y ressentais des papillons. « Ils » se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, mais vraiment beaucoup puisque, avant les cheveux blancs, j'eus le temps d'être grand-mère, j'ai même un arrière petit-fils.

Que des garçons ; je sais à présent ce que mes parents voulaient, comme sexe.

Tonton André vit toujours. Bien sûr, son esprit préside toujours à la lignée de la famille, grâce à la page de garde de mon tout premier journal intime. C'est pourquoi je lui dédie cette nouvelle, ce récit qui se voulait littéraire mais qui comporte sûrement plein d'erreurs (mon ancienne institutrice le raturerait), c'est ainsi la littérature, remettre cent fois le travail à l'ouvrage... (ou le pain sur la planche).

En attendant, hier, Charles nous rendit une visite ; avec Nicolas (bien, dans son rôle de patriarche), on l'accueillit comme il se devait, avec des pâtisseries. Puisque les grands parents n'ont au bout du compte plus que ça à offrir.

Si « vous » ne m'avez pas crue, tout au long de ce récit, retenez au moins que je me baptisais Léontine. Comme la canne.

Je plaisante.

Et, du haut de mon grand âge, je signerais cette histoire de mon pseudonyme de plume, sur les réseaux sociaux de mon téléphone portable avec fonction sms.

Dans l'Ouest sauvage ou dans l'Oued, voilà où ça nous mène, les jeux de mots.

COIN COIN.

 

Merci de m'avoir lue.

 



Annonces
Maintenant

0 Commentaire


Commentaires recommandés

Il n’y a aucun commentaire à afficher.

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Invité
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×

Information importante

Ce site internet utilise des cookies pour améliorer l'expérience utilisateur. En naviguant sur ce site vous acceptez que des cookies soient placés sur votre navigateur. Conditions d’utilisation Politique de confidentialité