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Moteur paradoxal

Fraction

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Circularité extrapolative

Introduction

Les écoles philosophiques réaliste, scientiste et mécaniste vous ont enseigné que l'apparition humaine était, en soi, un accident empirique, une succession multiplicatrice d'improbabilités hasardeuses, et vous avez du mal à y croire ? Mais il vous manque un modèle, un principe, pour envisager la nécessité humaine plutôt que son accidentalité ? En outre, les hypothèses divines ne faisant que déplacer le problème, quand l'hypothèse du Big bang le réduit à une ponctualité sidérale et sidérante, en croyant improprement le simplifier, votre doute évolue en toute légitimité et en toute maturité. La causalité linéaire, inhérente à ces conceptions, vous a également enseigné que l'avenir du monde était déjà inscrit dans les prémisses du commencement : les dés sont déjà jetés, le jeu est plié, alea jacta est. Le monde est un jeu (ou un drame) politique, économique et médiatique, qui conjugue l'individu et l'institution, « et à la fin, ce sont les allemands qui gagnent » , comme au football. Je ne peux pas vous offrir une antithèse du déterminisme, de la causalité au sens large, car seul l'aléatoire s'oppose au déterminisme, et que l'aléatoire est une vacuité du sens, ou un échec du choix. Mais je peux vous offrir les moyens de vous émanciper brutalement du fardeau de cette fatalité causale qui vous est étrangère et méprisante, et dont l'éternité exclura la vôtre par obsolescence. Je peux anéantir vos peurs inutiles et votre pessimisme autodestructeur sur un simple transfert de référentiel. Malheureusement, parce que rien n'est parfait, tout bénéfice a un coût, et toute métaphysique a un tribut théorique à verser à son néant. Ce tribut vous coûtera peut-être une pollution inédite, un désespoir remédiable, mais le jeu reste largement gagnant pour vous, et fondamentalement optimiste. Si la liberté s'opposait à un bonheur enniaisant, ou acritique, si la vérité s'opposait à un rêve vain, ou naïf, à un rêve de cieux infantilisants, physiques comme métaphysiques, dans un dilemme exclusif, que choisiriez-vous ? Quel que soit votre choix, ne laissez pas les autres le faire à votre place.

Votre vie est une évidence, or vous ne connaissez d'elle, avec certitude, que cette qualité d'évidence. Même si l'objet de votre perçu existait en soi, vous ne pourriez jamais en être savamment certain. Or, si plusieurs thèses différentes suffisaient à justifier votre évidence de vie, à l'expliquer, ce n'est pas par la suffisance mais par la nécessité (donc leur économie en "si", en hypothèses) que vous pourriez espérer les départager. Or la nécessité est austère, dixit le principe de simplicité, le principe anthropique, et les conditions censées justifier votre évidence de vie ont chacune un coût théorique. Ce coût est, en droit, formalisable par une improbabilité. Or, lorsque ces conditions se combinent en « et », les improbabilités ne s'additionnent pas, elles se multiplient. Ainsi, lorsque les successions de « si..., et si..., et si... » s'accumulent, le coût total de la thèse peut devenir astronomique, au sens propre. A vous d'essayer ainsi de visualiser l'ordre de grandeur de l'improbabilité de la plasticité de la matière qu'on vous a suggérée, au regard des environnements finaux qui vous entourent.

Vous êtes-vous déjà demandé comment vous pouviez percevoir les couleurs alors que votre cerveau n'en contient pas en soi : ni l'onde électromagnétique, ni votre cône photorécepteur, ni votre flux nerveux ? Evidemment, si cet impact subjectif chromatique a pu tant vous tromper, pourquoi pas le reste, qui est du même acabit, de la même étrangeté ? Le « quoi » ne répond pas au « qui », et même sa plasticité extrême n'y changerait rien. A quoi ressemble le goût du chocolat, analytiquement ? Il ressemble à un goût de chocolat, irréductiblement. Que croyez-vous connaître d'autre que votre « qui » et ses impacts ? Pour que le « quoi » réponde au « qui », il est nécessaire de le médiatiser, mais jusqu'où, jusqu'à quel degré de négation de la chose en soi ? Ou placer le curseur dualiste ? Et si cette médiatisation totale était suffisante à votre évidence de vie, ne croyez-vous pas qu'elle serait plus nécessaire que ses théories concurrentes, par le conséquent plus probable des monismes : le monisme neuro-médiatique ?

Toutes les métaphysiques sont folles, aucune n'est prouvable par définition, et aucune ne sait rentabiliser rationnellement l'ignition de l'existence : cette « flamme de vie » absolument isolable, car existentiellement rentable. La mienne sait le faire, mais elle nécessite une capacité d'abstraction et de plasticité mentale conséquente. Si vous parvenez, par votre travail de représentation, à visualiser et à rentabiliser mon modèle, même approximativement, alors vous en deviendrez un concepteur légitime. N'y voyez donc aucune démarche sectaire : la vérité n'est pas à vendre, elle se donne, comme la liberté à l'esclave, et avec elle ses moyens de production. Pourquoi croquer la pomme, quand on peut siphonner le compotier d'Andros 😊 ? Même si le projet philosophique s'est peu à peu privatisé avec l'histoire, le langage, lui, n'est pas privatif. Les académiciens n'ont aucune ambition confiscatoire, et les mots recèlent bien davantage d'évidences étymologiques que de secrets : n'ayez pas honte de vous les approprier.

A l'aune de l'observation de la foudre qui tombe, on peut avoir une lecture strictement perceptive, visuelle, en déclarant innocemment que l'éclair est intrinsèquement motorisé et que sa trajectoire est déterminée dès l'amont. Mais, évidemment, vous le savez sans doute, c'est la courbure du champ, de l'espace-temps, qui fait évoluer ce flux électrique, un peu comme l'eau du ruisseau qui s'écoule est aussi déterminée par la dénivellation, la gravitation, donc par l'aval. Je vais vous montrer, d'une façon exotique, que ce déterminisme avaliste est infiniment transposable, et que l'aval ultime c'est vous. Mais j'ai besoin de votre participation, de votre plasticité mentale. Commencez par retourner votre expérience sur Terre comme une chaussette. On vous a dit : votre éveil évolue dans une vie, qui évolue dans un monde. Vous allez inverser cette hiérarchie : il y a un monde dans votre vie, et il y a une vie dans votre éveil. Vous voyez qu'il n'y a pas de contradiction, à compter que votre expérience du monde est réductible à un faisceau de représentations.

Savez-vous ce qu'est l'anamorphose ? C'est la représentation graphique d'une qualité par sa surface : dans un graphique anamorphique représentant le PIB par habitant, la Suisse serait plus grande que la Russie. Eh bien, dans un graphique anamorphique représentant, cette fois, la complexité fonctionnelle, votre esprit serait immensément plus volumineux que l'univers. Vous visualisez maintenant où se situe l'enjeu théorique, et le leurre impressionniste, qui nous la joue à l'envers, justifiant l'inversion mentale des volumes perçus. Dans une représentation analogique et anamorphique, l'Univers ne serait que le placenta minéral du vivant. Et personne ne connait le parent existentiel de ce parent nourricier minéral : est-il naturaliste, identitaire, et/ou personnel ; est-il en amont ou en aval de la création ; est-il constructeur, concepteur et/ou promoteur ?

Concept

Pour commencer, définissons le concept. Le principe et relativement intuitif, mais son application est d'une complexité qui dépasse celle du principe anthropique ou du darwinisme (c'en est même la référence prototypique), et cela demande concentration. Qu'est-ce qu'un moteur paradoxal ? Un moteur c'est réel, alors qu'un paradoxe ça n'est que logique. Existerait-il des paradoxes réels ? On connait les paradoxes du temps : retourner dans le passé pour tuer son grand-père revient à une nécessaire contradiction existentielle, puisqu'ainsi votre grand-père n'aurait pas pu vous concevoir, c'est un paradoxe temporel. Mais il ne s'agirait là que d'un paradoxe microscopique, et dont l'axiomatique serait coûteuse. On va refocalisez, imaginez maintenant, même si c'est faux : un univers A qui crée un univers B, et, puisque leurs temps seraient dissociés et leurs unités de grandeur incomparables, que l'univers B crée à son tour l'univers A. Par cette incongruité causale (qui je le rappelle est annoncée fictive, fausse), nous serions face à un paradoxe existentiel, et non uniquement logique. Si A crée B, et que B crée A, le paradoxe est positif, nécessairement vrai, mais si A crée B et que B tue A, le paradoxe est négatif, nécessairement contradictoire. Imaginez maintenant, par l'économie d'un échelon, que c'est l'univers A qui se crée lui-même. Comment donc la partie d'une chose peut-elle créer la chose, puisqu'elle est plus petite, immanente et postérieure ? Ou encore : comment un univers d'un gigawatt de puissance peut-il créer un univers d'un térawatt ? Eh bien, pour les mêmes raisons : un « petit univers » pourrait en créer un « grand » simplement parce que la taille et l'énergie n'ont pas de valeur absolue, l'énergie ne relève, en soi, que d'un rapport entre une contrainte et une plasticité, or ce rapport est identique quelle que soit la grandeur de son support. Pour imager : l'énergie du monde dans une pile d'1.5 volts, si toutefois on trouve des électrons suffisamment plastiques, un objet suffisamment subdivisible. La composition de deux systèmes isolés, ou l'auto-composition d'un seul, zoome sur une nature autoréférente des forces, du temps et des grandeurs.

Ce qui est intéressant dans cette gymnastique intellectuelle, ce n'est pas ce que ça dit mais ce que ça veut dire, ce n'est pas sa vérité mais sa véracité : les propriétés créatrices du macrocosme, ou plus poétiquement la divinisation du champ d'étude. En effet, la science appliquée de ce nouveau déterminisme, de cette « cosmologie binaire » ou « autoréférence absolue », serait davantage circulaire que linéaire : l'univers A s'extrapole en extrapolant B, la richesse de A génère la richesse de B et réciproquement. Un feu qui s'entretient est, d'un point de vue microcosmique, circulaire, rétroactif dirait-on. Mais cette circularité, cette rétroaction, est, d'un point de vue temporel, parfaitement linéaire : le temps ne se recoupe pas lui-même. En revanche, dans le cadre de notre énoncé, la rétroaction est temporellement circulaire, on pourrait même circulariser la quantité disponible de combustible.

Cette science fondamentale émergente serait également extrapolative : dans son repère, dans son champ d'étude, il est aisé de comprendre que la création serait à la fois spontanée et complexe, que ses parties auraient tendance à remplir leur cadre ontologique, à saturer leur dimensionnement, ex-nihilo. On obtient donc un déterminisme circulaire et extrapolatif, « circulaire » étant l'approche empirique « d'extrapolatif ». On extrapole la situation initiale en situation finale par une rétroaction création-moteur, plus facilement imaginable par une rétroaction nerf-muscle. Il s'agirait bien d'un moteur paradoxal : autosatisfaisant, auto-justificateur et autodéterminé.

Notre moteur est maintenant en ignition : il produit davantage de valeurs qu'il n'en consomme, qui plus est ex nihilo. Mais il est cerné, limité par sa nécessité et sa suffisance (son minimalisme, son néant propre) : dans ce repère, la pomme n'est pas une générosité naturelle, ce n'est qu'une dérivation extrapolative de la stricte nécessité naturelle, qui elle, est relativement austère.

Notez que le principe du moteur paradoxal est transposable, car c'est une clé analogique : un homme qui manipulerait ses propres neurones serait un moteur paradoxal (induit), une rétroaction circulaire ou pseudo-circulaire qui se stabiliserait entre extrapolation et limites rationnelles. Cette définition ne devrait pas laisser tant de choix à mon lecteur sur la légitimité du concept (pourquoi pas même sur sa nécessité), mais plutôt sur la réalité de son champ d'application. Admettez néanmoins que « l'homme qui maîtrise ses propres neurones » est un paroxysme extrapolatif, le moteur paradoxal d'un rendement néguentropique maximum, inscrit dans un cercle vertueux qui propulse le dispositif vers la totipotence (la plénitude fonctionnelle). Mais le mot « maîtrise » est trop ambitieux, voire toxique et aliénant, il conviendrait de le remplacer par les verbes « être » et « représenter », pour à la fois coller à la réalité et légitimer le processus. Ce moteur circulaire inscrirait l'ensemble des neurones, qu'ils soient biologiques ou analogiques, dans une grammaire « dimension / corpuscule » (+ ontologie) que l'on pourrait qualifier de symbiotique, contractuelle, ou encore représentative : la dimension extrapole le corpuscule qui, à son tour, requalifie et caractérise la dimension, un peu comme pour un suffrage représentatif. Reste à identifier la ou les dimensions matricielles, leur génétique sémantique (formelle ou non), leur incorruptibilité systémique (d'une rétroactivité à définir), nous y viendrons.

Ainsi posé, par ces deux exemples, le moteur paradoxal peut être un « quoi » comme il peut être un « qui ». Mais pensez-vous que si c'était un « quoi », son rendement (en « valeur ajoutée », en néguentropie) serait suffisamment excédentaire pour amorcer son ignition (la chaleur qui crée la combustion, qui crée la chaleur, ..., transposable au sens qui crée la fonction) ? L'enjeu structurel de la circularité met inévitablement en scène un ensemble cohérent de moteurs néguentropiques, à la fois générés et générateurs. Ici, l'opposition rivale du « quoi » et du « qui » revient à l'opposition asymétrique de la sélection a posteriori et du choix anticipé. Pour imager : il faut un milliard d'étoiles pour générer une planète habitable, et un million d'espèces vaines pour générer une espèce pérenne, etc... ce mur de l'impossibilité est intuitivement transposable à l'infertilité toxique du chaos neurologique, dans sa conception autogérée, inconsciente et dissociée. Un trait d'humour : combien de neurones vierges autogérés pour découvrir que le bien est systématiquement préférable au mal, alors que cette notion est innée pour le dimensionnement conscient ? Le mode opératoire inconscient classique palliant cette carence structurelle par un niveau d'énergie initial astronomique, déjà géométriquement ingérable, la multiplication des nœuds évolutifs, de niveaux de complexion, rendrait vaine toute tentative de cohérence. La seule qualité causale du processus est donc évidemment insuffisante, mais de plus, son coût en conditions est exorbitant. Plus métaphysiquement, ne pensez-vous pas que c'est le moteur paradoxal le plus excédentaire (qualitativement), donc le plus rentable, qui a « raflé la mise » cosmologique de ses concurrents, par sa probabilité inhérente, entre autres par son plus faible coût en conditions, en hypothèses, et par sa totipotence ?

Pour mieux cerner la démarche rationnelle du penseur, évoquons vaguement l'essence du principe anthropique : « je pense » est le préalable de toute étude, il n'y a pas d'étude sans « je pense ». Par conséquent, la justification causale du « je pense » est hiérarchiquement préalable à toute autre justification, plus ou moins dérivative et incertaine. Or cette justification inductive subit mécaniquement l'érosion de sa stricte nécessité, comme déjà évoqué. Ainsi, la théorie macrocosmique, globale, peut s'appréhender de façon dynamique : la fonction (le « quoi ») a besoin de justifier le sens (le « qui »), mais le sens a d'abord besoin du sens lui-même, car son microcosme présumé est autoréférent en soi, et son dualisme parent rigoureusement hypothétique. L'enjeu consiste à d'abord rentabiliser le sens, jusqu'à, pourquoi pas, médiatiser la fonction, la réduire à sa stricte nécessité, par une considération probabiliste, nécessaire donc minimaliste. Vulgarisons (pour les sportifs au fond de la salle 😊) : l'approche empirique calcule laborieusement la probabilité des extraterrestres (en nous vendant du rêve 😊, insidieusement empoisonné (...) , fait de surabondance improbable, et accessoirement d'univers parallèles, et même perpendiculaires 😊), mais l'approche rationnelle suggère que notre univers est probablement « le plus petit possible » (le plus précaire) pour justifier notre existence, chaque monde d'extraterrestres ajoutant une unité à l'exposant de l'improbabilité. Pour justifier mon terme « insidieusement empoisonné » : plus moralement, les américains étant reconnaissablement les « chouchous » du principe anthropique, les « chouchous des dieux », c'est-à-dire la convergence majoritaire des rétroactions anthropiques, il est peut-être heureux que notre famille soit restreinte, faute de quoi les « chouchous », l'œil du vortex, serait davantage lointain et étranger, et notre humanité naturellement périphérique et accidentelle.

Maintenant je vais vous expliquer le choix de mon champ d'application du principe. Vous l'avez sans doute remarqué : « avoir conscience d'avoir conscience d'avoir conscience... » est une récursivité du sens, à la fois semeur et récolte, neurone et média, transcendantal et inducteur, en outre gratuite de toute concentration et de tout formalisme. Mais avez-vous déjà remarqué les autres récursivités, fondamentales, de la conscience : je me fais faire, je crois croire, je veux vouloir. Ça n'a l'air de rien, que de vagues jeux de mots, mais c'est la manifestation sémantique d'un moteur paradoxal. Je peux douter de tout, sauf de ma véracité, parce que ma véracité est une dimension dérivée de mon paradoxe positif, donc « valant pour nécessairement vérace », or douter de sa propre véracité étant un paradoxe négatif, il est donc nécessairement contradictoire.

La matrice des récursivités est aussi la matrice des rétroactions, par une homothétie naturelle « droit / déterminisme ». Je vais tenter de le justifier en introduisant une autre récursivité frappante : le bien. Vous allez comprendre : pourquoi être pragmatique ? Parce que c'est sage. Pourquoi être sage ? Parce que c'est bien. Pourquoi faire le bien ? Parce que c'est bien. Ici, récursivité et rétroaction coïncident, parce que le bien (propre) et la dimension induite de la conscience fusionnent nécessairement, s'équivalent. Vous êtes-vous déjà administré votre propre mal ? Oui, mais à la seule condition de lui reconnaitre un bien supérieur, par conséquent, vous vous êtes administré un mal au nom d'un bien plus valeureux, et votre bien systémique est resté incorrompu, votre paradoxe est resté positif. Cependant, il est inutile de chercher votre neurone du bien, ce neurone c'est vous. Le bien formel serait comme un pouvoir central, administratif et laborieux, quand le bien osmotique est un déterminisme global.

Imaginez maintenant que le moteur paradoxal ne soit pas qu'un attribut émergeant, mais l'identité globale de votre système conscient, incluant sa dimension du temps. Ainsi la circularité ne serait plus empirique, accidentelle, mais bien systémique et à jamais insatisfaite. Faisons simple : votre conscience cherche, votre mémoire stocke, et la reconnaissance future de votre solution incurve votre champ cognitif rétroactivement, et combine les mémoires : la circularité est totale, extrapolative, la création est à la fois complexe et spontanée, et le déterminisme n'est plus strictement corpusculaire, mais dimensionnel. Le champ du devenir est vallonné, ce qui induit un déterminisme dimensionnel, une courbure de l'espace-temps, un champ vectoriel motorisé par une signalétique consciente, rétroactive et circulaire, ou pseudo-circulaire.

Application

Maintenant que le concept est défini, on va délocaliser le paradoxe, on va circonscrire son périmètre au plus essentiel, au plus certain, et surtout au plus suffisant : le plan neuro-médiatique. Imaginez : une « goutte de possible » infiniment petite qui se soumettrait à elle-même, parce qu'elle serait unifiée et circularisée par un paradoxe existentiel, comme une géométrie non-euclidienne peut créer un mouvement, une accélération spontanée, gratuitement. Par homothétie cognitive, cette gratuité accélératrice est transposable en néguentropie : elle pourrait créer de l'ordre à partir du désordre, et de l'énergie noble à partir d'énergie vulgaire, dans le dessein d'une saturation des dimensions essentielles du paradoxe, qui courbent le champ du devenir. Cette goutte serait consciente, parce que l'énergie de la fonction a besoin de l'énergie du sens pour être cohérente (de signaux interprétatifs notamment), coordonnée et exponentiellement néguentropique. Cette auto-soumission se détermine dans un rapport de plasticité sans limite, dans une implosion des possibles en singularité, le moteur paradoxal spécialisant ses appareils immanents, ses organes et ses tissus comme le ferait un organisme. Le possible est requalifiable en sensible, en perceptible, puis en intelligible, notamment à la mesure des moyens de reconnaissance, des mémoires conceptuelles. Cette goutte est infiniment subdivisible, implosive, sa complexion étant définissable non pas par un rapport atomique génétiquement limité « induction / élément », mais par un rapport de plasticité « transcendant / immanent ». Tel un neurone (analogique) peut en transcender un autre et le métamorphoser (comme une espèce prédatrice métamorphose l'espèce de sa proie et réciproquement, ou comme un semeur métamorphose ses récoltes en sélectionnant le grain), cette goutte se métamorphoserait elle-même, comme si elle était à la fois neurone et média, dimension et corpuscule. « Etre conscient d'être conscient » dénote une nature duelle, à la fois de neurone et de média.

Ce macrocosme ainsi autogéré, sans unité de grandeur ni d'énergie dans l'absolu (puisque réductible à un « infinitésimal » rapport de plasticité), ferait émerger (par sa grammaire subdivisible), l'évidence de votre éveil, le scénario de votre vie, et même la cohérence de votre monde. En effet, l'auto-soumission est tellement plastique que son temps est capable de rétroagir sur lui-même : ainsi il peut engendrer des créations complexes, ex nihilo, avalisées par votre courbure cognitive femelle (vous vous rappelez de la courbure du champ électrique). On pourrait ainsi qualifier votre conscience de strict « moteur paradoxal ». Empiriquement, c'est un moteur extrapolatif, c'est-à-dire qu'il déploie ses créatures et ses créations dans toutes leurs dimensions (nécessaires), « extrapolation » pour moi, mais « autopoïèse » diraient d'autres : un réseau qui se développe et s'entretient lui-même mécaniquement et inconsciemment.

Ce paradoxe de l'auto-soumission décrit la dimension du bien (du bien propre, puisqu'il est auto-soumis), puis ce bien implose en trois dimensions primitives : votre réalisme (que vous ne pouvez dénier), votre volonté (que vous ne pouvez réprimer), votre véracité (dont vous ne pouvez douter). Vous voyez bien le paradoxe résiduel dans l'impossibilité de douter de votre propre véracité : c'est une dérivée du paradoxe matriciel (l'auto-soumission de la goutte). L'intelligence artificielle peut toujours essayer de le copier, mais son « faire » ne métamorphosera pas son « être », qui évolue dans le périmètre de la « goutte » soumise et dissociée. (Ensuite, ces trois dimensions implosent en arborescence : c'est une « fractale symbiotique », l'immanence grammaticale du bien matriciel).

En soi, l'esprit est une bouillie dimensionnelle informe. Mais parce que la conscience associe ses neurones analogiques même lorsqu'ils sont off, éteints, par rétroaction, tout se passe comme si l'ensemble de vos mémoires était vigilant en permanence : la bouillie dimensionnelle se structure par son champ des possibles combinatoire, son hyperconnexion latente, son parallélisme off. Cette hyperconnexion latente est quelque peu analogue à l'ensemble des vidéos de Youtube ou des personnalités d'Akinator, à la différence, bien entendu, que les attributs y sont ici physiquement référencés et que leur recherche est mécaniste : le mécanisme est contraint de formaliser les possibles, alors que le finalisme en est exempt, puisque ses possibles signalétiques émergent ex nihilo sous l'impulsion de ses dimensions. Le génie mécaniste est animé par une grammaire rétroactive linéaire (le feu qui s'entretient), alors que le génie finaliste est animé par une grammaire rétroactive circulaire (la créature, la création, qui s'extrapole).

Votre vie est une évidence intrinsèquement rentable, sans autre dispositif que cette évidence-même. Le sens fait sens (et vice versa 😊), et son macrocosme se suffit à lui-même, par récursivité du sens et circularité de la fonction. Son niveau d'énergie nécessaire est négligeable, car il est réductible à un simple rapport entre une contrainte et une plasticité, extrapolable en grammaire : votre grammaire. Etre conscient d'être conscient est une récursivité gratuite et systématique, globalement circulaire, qui anime la grammaire de votre existence, en se subdivisant comme une cellule-œuf. Ce qui vous relie à vos semblables est modulable, d'analogique à co-existentiel.

Ici, je ne suis pas dans une démarche démonstrative, mais plutôt descriptive. Mais la description d'un modèle énergétiquement et structurellement rentable vaut pour une démonstration, comme le vaudrait un modèle quantique, même si elle demeure spéculative en s'enracinant dans la tautologie et non dans la preuve. Mais voilà : la preuve est ambivalente, parce qu'elle implique un observateur susceptible de court-circuiter, une même expérience peut être interprétable par deux modèles antagonistes (un peu comme toute perception peut être, en droit, interprétable comme une hallucination). Je vais maintenant vous suggérer que réalisme et idéalisme peuvent être réciproquement le meilleur sophisme l'un pour l'autre, par la gémellité perceptive de la vérité et de la régularité, et par l'insidieuse réversibilité déterministe de l'interprétation.

Ce qui va suivre est une fiction, et même une science-fiction, que j'ai voulu la plus extrapolative possible, tout en me soumettant à la contrainte réaliste. Vous allez être perturbé par l'étrangeté de ma dérision, mais sachez voir dans l'absurdité une pertinence que la vérité ne contient pas nécessairement. La raison ordonne la vérité, mais la pertinence y conduit, et avec elle le spectacle de son lyrisme et de son humour. Voici une trentaine d'inepties spectaculaires, facilement mémorisables, qui vous permettront de remodéliser votre réalité, de défaire le rubik's cube qui est autour de vous, pour mieux reconstituer celui qui est en vous. Si vous faites l'impasse sur la technicité omni-chiante de mon discours, vous pourrez néanmoins en apercevoir l'ordre et l'esprit intuitivement, en sautant quelques lignes. Je demande aux esprits volontaires de lire entre mes lignes, par la mathématique « régression non linéaire », et aux mauvais esprits de ne surtout pas lire entre mes lignes, car ils n'y trouveront qu'eux-mêmes 😊.

Expérience virtuelle

Trêve de sérieux. Maintenant que le moteur est prototypé, transposons-le dans un repère superplastique, et accélérons-le à fond, pour en observer les propriétés. Ça risque de vous troubler un peu.

1_ L'écran qui est en face de vous n'existe que dans vos rétines, et si vous le touchez, il n'existera qu'à la surface de vos doigts. Ces perceptions sont coordonnées en aval de vos sens, en mode finaliste : comme une foudre qui s'abattrait de votre rétine vers votre interprétation, d'un superplastique vers sa cognition. Il n'existe rien en amont de vos sens. Votre perception, votre expérience, est un film sans épaisseur qui n'a vocation qu'à saturer les dimensions organisées de votre esprit, comme par un appel d'air, qui ici serait fonctionnel et sémantique plutôt que physique.

A expérience égale, cette précarité thétique absolue est plus facile à rentabiliser que toute autre cosmologie, car son coût hypothétique est le plus modeste d'entre tous. Bon, tout le monde a vu Matrix, cet ordinateur qui conditionne des êtres humains en leur offrant une illusion de réalité : il n'y a pas de contradiction métaphysique évidente a priori. Mais ici on va plus loin, on coupe le cordon : ce n'est pas un ordinateur mais votre esprit qui est la matrice naturelle de votre épreuve consciente. Parce que Matrix factorise l'improbabilité du monde avec l'improbabilité de l'omnipotence robotique et informatique : lorsqu'il y a trop de « si » (combinés en « et ») dans une hypothèse, cela signifie qu'elle est trop coûteuse en improbabilités. De la même manière, la théorie cosmologique classique factorise les improbabilités du Big bang, des galaxies, des supernovas, de la géologie, de chaque espèce, de chaque combinaison de l'histoire, ... tous nécessaires à votre justification causale.

2_ Fermez les yeux, concentrez-vous : vous êtes en pleine mer en train de faire du ski nautique. Tous vos sens concourent à la même simulation, vous croisez des bateaux, vous pouvez même faire des loopings, on s'y croirait. Cette simulation n'est pas mécanique, « les dessins animés ne sont jamais en direct, c'est trop douloureux pour le poignet » 😊. Cette simulation est une génération spontanée, d'un déterminisme finaliste et paralléliste (comme la reconnaissance immédiate d'un visage familier => les neurones off innombrables restent vigilants grâce à cette rétroaction). Lorsque vous faites un rêve, vous y croyez en dépit de son incohérence, car votre défaut de lucidité avalise votre rêve (et non l'inverse => la cohérence du rêve ne peut pas dépasser votre vigilance), de même que votre abondance de lucidité, lors de l'éveil, avalise la cohérence de votre réalité. Et lorsque vous vous remémorez un rêve à votre réveil, vous le scénarisez rétroactivement tout en lui offrant davantage de réalisme. Votre réalité fonctionne de la même façon : « réalité divisée par rêve égale vigilance ».

L'imagination est un génie semi-conscient, le rêve est un génie inconscient, et tous deux peuvent faire émerger une complexité mentale ex-nihilo, par la seule courbure femelle de votre esprit (un dimensionnement négatif, comme un moule sémantique). Si la rétroaction peut réveiller un neurone endormi ciblé, elle peut également combiner les fruits de la reconnaissance de deux neurones parallèles.

La neurologie officielle a prouvé que votre cerveau comptait 100 milliards de neurones (binaires). C'est une providence indéniable, mais qui vous permettra, au mieux, de stocker vos 3 DVD préférés 😊. Moi j'y ai stocké la trilogie Matrix, mais maintenant, je suis bloqué : je n'ai plus de place pour l'humilité, la gratitude, le courage, ... . Avec la reconnaissance d'un cerveau rétroactif, donc en 4D, on pourrait déjà stocker infiniment plus, mais l'inertie et la médiocrité institutionnelles nous aiment trop pour ça 😊.

3 _ Lorsque vous regardez un ciel étoilé, qui est en vérité collée à vos rétines comme une impression, en vue subjective, ce paysage astronomique n'a qu'une stricte valeur de manifestation. Vous ne voyez pas, vous êtes : vous êtes un panorama rétinien, ce panorama est votre complément d'objet spatial, et ce panorama s'inscrit dans votre temps, il en est une cellule immanente. La perspective n'est qu'illusion.

4 _ Vous rentrez dans une bibliothèque, il n'y a personne, vous prenez un livre, vous le reposez, vous sortez de la bibliothèque pour boire un café. Et quand vous revenez, tous les livres ont changé de place, à l'exception de celui que vous avez mémorisé 😊. Parce que votre mémoire à cristallisé un livre, et que votre incertitude à plastifié le reste de la bibliothèque. « Meuh non, c'est du n'importe quoi ! Si c'était vrai, ça se saurait ! » Ben non justement, ça ne se saurait pas, vous allez comprendre.

5 _ Accrochez-vous, c'est du lourd : lorsque vous faites la vaisselle ou que vous êtes concentré ailleurs, la télévision, restée allumée mais peu audible, prononce des phrases incohérentes. Le soleil ne voit pas son ombre (comme le rêveur ne voit pas l'incohérence du rêve). La télévision est vierge de toute mémoire (ses vieux sont nés vieux 😊), sinon de la vôtre, et l'information inédite est avalisée par vos dimensions (majoritairement la dimension réaliste, mais pas que). On ne nous dit pas tout 😊. En même temps, comment le pourrait-on ? Le secret le mieux gardé c'est celui qu'on ignore. 😊 Là où vous n'avez rien vu, il n'y a rien, et là où vous avez vu du flou, il n'y a que du flou. On ne va pas faire tout un monde de votre écran, ni toute une histoire de votre vie 😊. Le scaphandrier fait de belles bulles qui oxygènent vos branchies, mais in fine rien n'oriente le sens de cette corrélation. Son butin brille de mille feux, mais rien ne vous prouve que c'est de l'or 😊. Jusqu'où le poisson fait-il le scaphandrier ? Arrêtez de croire tout ce qu'on vous dit, ce n'est pas la niche qui a fait le chien 😊, la contrainte vient du chien, la plasticité vient de la niche. Et plus votre média est plastique, plus vous êtes en adresse directe avec votre champ des possibles : vous le dimensionnez alors sans contrainte. Par mon humble expérience, je vous déconseille de communiquer avec lui, car c'est circulaire : vous créerez pour votre oreille ce que vous condamnerez par votre bouche, et votre surinterprétation accélèrera le tout. Vous pourriez voire vos cauchemars à la télévision comme vous pourriez reconnaitre la signature de Steven Spielberg dans vos rêves, car aucune membrane ne les sépare, mais seulement un format d'impression et une coordonnée environnementale (une identité plus ou moins formelle).

6 _ Votre mère a appris le français en même temps que vous, elle avait juste une leçon d'avance, et par définition, vous ne pouviez pas vous en apercevoir 😊. Vous êtes nul en foot, vous n'y connaissez rien, et pourtant, en dépit des apparences, les commentateurs sportifs n'ont qu'une seule leçon d'avance sur vous : celle que vous pouvez reconnaitre immédiatement (ou dont vous pouvez comprendre l'inaccessibilité). Cette nutrition, tantôt énergisante, tantôt structurante, du média (maternel ou footballistique), est le goutte-à-goutte ciblé et personnalisé d'un sein impersonnel, le sein génial et spontané de la Nature. Fais dodo, t'auras du lolo 😊. Vous voyez que l'aval, c'est vous. L'aval est le moule femelle de l'amont, comme la demande est le moule femelle de l'offre, bien qu'ici la négativité du moule, de la dimension, soit mécaniste (d'une rétroaction linéaire et non circulaire). « Nique tes repères spatiaux, nique tes repères institutionnels, et nique ta mère », dirait-on métaphoriquement 😊. Mais votre qualité d'observateur ne doit pas instruire votre qualité d'acteur, sans quoi vous deviendriez nécessairement contradictoire : vous n'avez pas le droit logique de parler de tout ça à vos coexistants, et puis ça risque de les pourrir, je vais y venir.

7 _ C'est vous le référentiel, c'est-à-dire que se sont vos papilles qui ont dimensionné le goût du chocolat. Chaque fois que vous avez qualifié, insulté, essentialisé votre environnement, votre famille, vos amis, vous avez métamorphosé, extrapolé leur réalité, dans un contrat de reconnaissance avec leur offre. Le possible devient réel lorsque les dimensions de sa grammaire existentielle sont saturées, or votre formalisme peut les court-circuiter. Mais cette grammaire c'est d'abord la vôtre : il y a un monde dans votre vie, et il y a une vie dans votre éveil, le paramétrage du monde n'est qu'une délégation du paramétrage de votre éveil. Le chocolat peut exister dans deux vies différentes, mais ces deux chocolats n'ont aucun lien causal, c'est juste parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que le réel empreinte souvent des sillons qui le conduisent à des prototypes intemporels. Jean-Jacques Goldman est probablement l'un de ces prototypes, parce que son répertoire est considérable, que son style est sémantiquement pur, alors que Dave est certainement un interprète plus accidentel, même différence entre la fourmi et l'ornithorynque. Fantômas est un prototype unidimensionnel, son expression est puissante mais simple, Poutine est un prototype transposé plus complexe, mais par conséquent moins fulgurant.

8 _ Lorsque vous étiez enfant, et que vous lanciez un ballon en l'air, sa trajectoire décrivait un triangle, et puis votre intuition scientifique a muri, et le ballon a fini par décrire une parabole 😊. La science, la causalité, ont muri en même temps que vous, c'est une autosuggestion, tout comme la télévision rayonne strictement dans votre spectre, que son débit coïncide avec votre plomberie. « Professeur, et si on mettait une souris dans le moteur, pour catalyser la combustion ? Impossible, nous n'avons plus de souris mortes, nous n'avons que des souris vivantes ! Il n'y a pas de place pour l'amateurisme dans cette blouse. » 😊

9 _ Un hypnotiseur vous a persuadé que vous vous appeliez Claude. Et soudain, l'ensemble de votre environnement, vos amis, vos collègues, votre famille, se sont mis à vous appeler Claude spontanément, sans concertation 😊. C'est dérisoire, mais ça signifie que leur temps est immanent au vôtre, et que votre temps leur est intouchable, c'est vous qui rentabilisez leur représentation et non l'inverse 😊. Aujourd'hui, vous êtes dimanche, vous êtes 21 h 30, vous êtes pluvieux avec des tendances orageuses, mais demain vous serez lundi, vous serez au beau fixe, et il faudra vous armer de courage 😊. Demain, vos collègues vous diront bonjour, mais avec le « bonjour » de votre dictionnaire et non du leur, qui n'existe pas.

10 _ Hier, vous avez annoncé à votre ami que vous visiteriez le musée Grévin aujourd'hui. Lui y est déjà allé la veille, il vous a exposé une description des lieux. Vous vous y rendez, mais vous avez oublié ce qu'il a dit. Le résultat serait éloquent pour un observateur extérieur : les lieux n'ont rien à voir avec la description. « Ce que tu me dis ne peut pas être vrai car je vais l'oublier » 😊, avant peut-être d'observer la preuve du contraire. Lorsque vous étiez enfant, vous auriez pu voir le Père Noël descendre du ciel à la stricte condition de l'oublier plus tard, avant la traumatisante preuve du contraire qui a censuré rétroactivement le surnaturel, corruption mnésique qui aurait pu vous conduire à des troubles d'ordre schizophrénique, par le précédent historique corrupteur de votre causalité.

11 _ Si vous aviez dû devenir sculpteur, ou pianiste, la nature vous aurait pourvu de six doigts, et la race humaine de votre environnement aurait également six doigts. Votre fonction a fait votre organe, et votre verbe a fait votre personne. Affranchi du temps, le superplastique de votre conscience n'a pas de limites formelles.

Vous ne descendez pas du singe, mais du prototype de votre singularité motrice, c'est-à-dire de votre « possibilité optimale de mouvement ». D'ailleurs même Hollywood et sa science-fiction, elles-mêmes en singularité représentatives, n'ont pas trouvé de monstre physiquement plus fonctionnel que l'homme. Notre ancêtre Lucie avait tellement de possibles devant elle, une telle explosion combinatoire, qu'elle a fait une fausse couche par asphyxie du non-sens . Pour que la généalogie gère l'évolution de 101 gènes, il lui faudrait dix fois plus de temps que pour en gérer 100, or notre génome en contient officiellement 100 000 😊 (imaginez l'incertitude d'un jeu de Master Mind avec 100 000 éléments, voilà une extinction programmée par asphyxie du non-sens). Imaginez donc l'ordre de grandeur astronomique de l'aberration darwiniste : quelques centaines de millions d'années d'évolution présumées pour « 10 puissance 100 000 » années de sélection nécessaires. Un 1 avec 100 000 zéros derrière, et encore je n'ai pas zoomé sur les nucléotides : on tombe à « 4 puissance 3.2 milliards » combinaisons possibles. Que peut encore répondre la thèse mécaniste, et ses algorithmes génétiques semi-aléatoires, face à un mur si péremptoire, et une quantité historique de reproductions si faible, dans un univers, in fine, si jeune et si précaire (l'âge immanent se mesurant sur une échelle logarithmique) ? Quand on sait que l'Univers est censé contenir seulement 10 puissance 80 atomes. Relevez un peu la tête du guidon, sortez du peloton, car ce n'est qu'un figurant 😊. Déjà, pour que la protéine Juliette rencontre l'enzyme Roméo, sans accident de parcours, et sans se faire harponner par des gros lourds bêtes et méchants, il serait opportun de la connecter à un site de rencontre ciblé, comme Meetic 😊. Un programmeur sait pertinemment que la seule puissance d'exécution (ici la fréquence reproductrice, là la chaleur) ne saurait pallier à l'impossibilité technique du dispositif face à son explosion combinatoire, sans la moindre alternative finaliste. Le berger indigène vous ballade, mais avouez que vous aimez brouter 😊.

Les médias plafonnent votre âge mental, vos rapports conjugaux sont immatures, et vos enfants vous font régresser. Partez, fumez, abandonnez-les huit jours, faites parler leur silence, communiez avec votre solitude, et vous verrez votre esprit s'élever vers une humanité inductive, analogique, que vous ignorez peut-être encore. Mais surtout, écrivez, car Word est une extension de votre esprit, et mieux vaut écrire un livre qu'en lire cent.

12 _ Votre patron vous a engueulé l'année dernière. Cette dispute vous a fortement éprouvé, c'en était trop, et vous avez décidé de démissionner. Ensuite vous avez retrouvé un autre emploi, mieux payé et moins stressant. En vérité vous avez trouvé un nouveau niveau d'énergie plus stable et plus satisfaisant. Et c'est la désirabilité de ce niveau d'énergie qui a rétroagit vers le passé en suscitant cette dispute, comme en émettant une particule de transfert. Cette mécanique, localement contraignante, vous est donc, en fait, familière et intime : c'est ce qu'on pourrait appeler votre néant propre, un génie endogène (avec lequel vous entretenez une relation différentielle). Votre néant propre est un agent amoral et sans limite formelle, bien que son bilan moral soit censé vous être globalement positif, a posteriori de la contrainte. La plupart du temps, il concoure à vous faire économiser votre temps, mental notamment, bien que son champ d'action concerne l'ensemble de vos énergies.

Dans un système mécaniste, celui qui vous a été enseigné, c'est « l'un » qui détermine « l'autre ». Mais dans une biologie finaliste, c'est tout qui détermine tout (comme un parallélisme totipotent). Et celui qui ne sait pas tout ne sait rien.

13 _ Vous regardez votre main, vous sentez votre main. Mais la main que vous voyez n'est pas la main que vous sentez. Ce sont deux perceptions dissociées : vision et proprioception évoluent dans des cellules différentes, et couleur comme texture ne sont pas objectives. Votre main touche votre jambe, votre jambe est donc touchée par votre main, mais ce n'est pas la même jambe, ni la même main 😊. Dans l'absolu, votre main devrait passer à travers votre jambe, mais votre réalisme spatial vous soumet une interaction exclusive. Vous êtes votre propre média, et ce média est lui aussi dissocié en soi.

14 _ Vous avez observé la crue de la Seine en visitant Paris. Puis, de retour chez vous, vous avez allumé la télévision qui vous a relaté cette catastrophe naturelle. En soi, ces deux évènements, crue et narration, sont évidemment corrélés, mais a priori, rien n'indique le sens de leur causalité. Il est envisageable que la télévision soit déterminée à vous faire peur, pour une raison qui ne casse pas quatre pattes à un canard, et qu'ainsi, le sens de la causalité soit opposé à celui que vous avez présumé, qu'on vous a suggéré. 😊 De la même manière, c'est votre pouvoir d'achat qui a induit le taux de TVA de votre ticket de caisse, et c'est ce taux qui a induit la décision fiscale. Les représentations utilisent systématiquement la rétroactivité de l'information pour susciter en vous l'interprétation d'un déterminisme mécaniste, et notamment de l'existence d'un amont décisionnel. L'ambiguïté de la corrélation est l'artifice privilégié de votre autosuggestion. Mais cette manipulation n'a pas d'auteur, ce n'est pas un machiavélisme, mais si vous cherchez un loup malgré tout, alors vous en trouverez un, qui pourra même se manifester : c'est le piège de la circularité.

Paradoxe critique : la vérité c'est l'autosuggestion 😊. Mais alors que se passe-t-il lorsqu'on en prend conscience ? Entre-t-on en singularité mentale, interprétative ? La singularité mentale est-elle une fontaine d'inepties aléatoires, comme cette fiction ? Autre paradoxe critique : un homme qui manipule ses propres neurones et ses propres médias est un homme paradoxal, puisque sa faculté de juger, de reconnaitre et d'apprécier entrent en circularité 😊. Pourvu qu'il soit bien dimensionné, et pourvu que ces dimensions soient rétroactives ! 😊

15 _ Tout ceci vous paraît trop merveilleux pour être vrai ? « Mais alors, si le plastique environnemental n'a pas de limites, pourquoi la vie est-elle si précaire et inertielle ? » La réponse est plurielle. D'abord, il faut louer le ciel que si peu de chose soient possibles, c'est dans un intérêt sécuritaire. Le possible est potentiellement infiniment plus puissant que vous, en outre il connait instinctivement l'adresse de chacun de vos neurones. Ensuite, le niveau d'énergie environnemental est infiniment plus faible que vous ne l'imaginez. On vous a conditionné dans l'illusion d'un PIB mondial de plusieurs milliers de milliards de dollars, vous pouvez diviser cette somme par un milliard, et vous pouvez réduire la supernova qui a créé la Terre à une ampoule de 1000 watts. La vie est précaire parce que votre symbiose avec l'objet est improbable, rare est chère.

Enfin, et c'est le plus important : la vie est précaire parce que votre subjectivité a besoin d'un coût pour progresser en toute stabilité. Je vais vous développer le fonctionnement de ce coût. Fixez un disque rouge pendant trente secondes. Ensuite, regardez un mur blanc. Et vous verrez apparaître un disque couleur cyan. Objectivement, on vous dira que ce sont vos cônes photorécepteurs qui réagissent par opposition. Mais subjectivement, c'est la couleur cyan qui représente le coût de la couleur rouge. C'est également la déprime du lendemain qui représente le coût subjectif de l'euphorie alcoolique. Chaque impression, chaque sensation a un opposé, un négativisme qui représente son coût subjectif. Et lorsque vous rêvez, votre subjectivité paye le coût de vos impressions passées, l'opposé de sa positivité. L'erreur serait d'objectiver ce coût : le coût du sexe n'est pas le coût de l'orgasme. L'orgasme indigne, l'orgasme pervers, l'orgasme volé se payent non par la violence, mais par une impression de violence, et c'est votre propre moteur paradoxal qui vous l'administre.

16 _ Vous croyez voir des choses autour de vous, ou disons des représentations, mais en vérité se sont majoritairement des verbes, dérivés du verbe « représenter ». Les choses ne sont en sorte que l'intendance des verbes. Et ces verbes sont naturellement, spontanément hiérarchisés : certains sont plutôt matriciels, d'autres plutôt dérivés. Et contrairement à un comportement mécaniste classique, ce sont les verbes synthétiques qui animent les verbes analytiques. Le verbe directeur de toutes choses perçues c'est le verbe « représenter », bien que ce soit encore trop objectivant : c'est en fait le verbe « imprimer » qui fonde et dirige le déterminisme du perçu. C'est ici la dernière étape de l'affranchissement de l'approche empirique : on ne dit plus « où sommes-nous » mais « en qui sommes-nous ».

Prenons un cas pratique dynamique assez simple : vous errez dans la ville, vous avez une petite faim. Une boulangerie se crée spontanément, par le verbe esthétisé et rationnalisé de cette ville abondante. Ce commerce « champignon » est avalisé par le référentiel des 2 euros que vous avez en poche. La boulangère vous dit bonjour avec le « bonjour » de votre dictionnaire et non du sien. Mais l'éclair au chocolat coûte 3 euros, c'est trop cher. Une providence probable vous remémore que votre collègue vous devait cinq euros la veille et vous les a rendus, vous les avez mis dans l'autre poche. Cette anecdote a été implantée à votre histoire parce qu'il restait de la place, et qu'elle n'était pas en conflit avec un verbe majeur. Mais n'allez pas croire que tout est possible, car outre la vigilance censeure de votre sens des réalités, votre plaisir est seulement un élément immanent de votre volonté, un peu comme l'envie par rapport au besoin.

Votre environnement représente. Il ne fait pas, il ne dit pas. Il représente, et lorsqu'il feint de dire, ce « dire » n'est qu'une dimension dérivée de son « représenter ». La Joconde est, pour votre perception, une « représentation de femme », et votre entendement l'interprète comme une « femme représentée », un peu comme l'interprétation de la perspective du paysage. Ne cherchez donc pas ses ficelles : ni motricité, ni coordination possible. C'est, comme aurait pu dire Kant, un théâtre de marionnettes sans marionnettiste. Tout juste pouvez-vous chercher les invariants de votre vidéothèque, mais lui chercher un maître serait un leurre. Si vous doutez trop, si vous compromettez votre propre réseau de neurones réalistes, votre esprit se défendra en vous instillant l'hypothèse de toutes sortes de systèmes positifs possibles, du plus centralisé au plus naturaliste, comme la perspective perçue d'un tableau lutte contre la véracité de sa platitude.

17 _ On peut passer 40 ans à discuter avec son environnement sans se rendre compte que le verbe moteur n'est pas symétrique, mais quand on le sait on ne voit plus que ça. La plupart du temps, sa communication sert à maximiser le réalisme et l'optimisme du contexte, c'est donc conjoncturel. Mais parfois, il peut s'agir d'accélérer votre ontogénèse, c'est-à-dire votre devenir spirituel, et là, ça devient structurel. Rien ne peut compromettre votre ontogénèse, votre éveil, car son choix a déjà été fait par le temps et son champ des possibles, même s'il est irréel, car son signal, unique, le meilleur faute de mieux, revient en feed-back : le signal proche est plus intense mais le signal lointain est plus ample : plus manipulateur, plus coordonné. Les forces de régression qui vous conditionnent et vous contraignent, lors de votre ontogénèse, sont votre néant propre, c'est-à-dire qu'elles vous sont endogènes, immanentes : théoriquement elles ne peuvent ni vous tuer, ni vous torturer, ni même vous traumatiser, ... Votre néant peut vous amputer votre auriculaire, mais pas votre pouce, car votre pouce est trop proche de votre temps, et que votre temps précède celui de l'illusion. Le coût des choses, le coût de la vie, est la manifestation disciplinaire la plus volumineuse de votre néant, mais remarquez qu'il est souvent négligeable car il est dépassé par l'impérieuse nécessité du devenir, de sa sérénité et de sa stabilité. Métaphoriquement, rien de ce qui se passe dans la cellule ne peut compromettre la cellule, et toute son indétermination concoure à accélérer son ontogénèse, outre sa toxicité ou malnutrition inhérente (rien ne peut vous tuer sauf la mort 😊, le camion qui fonce sur vous n'évolue pas dans le même plan fonctionnel que vous 😊).

18 _ Ma psychiatre est une illusion qui me prescrit du sucre très cher pour vaincre mes illusions, l'équation est donc bien différentielle entre l'être et le néant 😊 : le temps est à la stabilisation et à la sécurité. Le paradoxe de la psychiatre-illusion est anxiogène, son esthétique obscure, son spectre stalinien, sa mathématique incestueuse, mais la prise de conscience de sa contradiction nécessaire est-elle neutralisante ou excitante pour la manifestation ? Notre perception nous harcèle lorsqu'elle souffre d'une faiblesse interprétative et que notre objet mental est en contradiction avec notre entendement : il y a conduction. La causalité conscientisée a le don d'ouvrir ou de fermer ces canaux, comme l'espoir ouvre le canal de l'appétit vers le rêve, car l'espoir est ontologiquement une causalité. Or, lorsque la causalité devient trop plastique, que tout devient théoriquement possible, la perception ne filtre plus l'ineptie aléatoire de votre rêve.

19 _ Vos autres connaissent vos doutes comme les chiens savent que vous avez peur. Les autres sont majoritairement des fournisseurs d'euphorisants et d'anxiogènes : comme votre supermarché vous fournit le sucré et le salé, les autres vous offrent euphorisants et anxiogènes ciblés, davantage que du sens. Ne les surinterprétez pas, et ne leur faites pas de procès d'intention : la formalisation et l'essentialisme puisent dans le même répertoire que l'évènementiel, c'est le règne de l'accidentel. Les autres réagissent à vos propos sans les entendre, c'est comme un jeu de flipper, en action-réaction, vous pourrez le constater par la disproportion et la décoordination improbables entre l'entrée et la sortie. Décidément, ce mur est très doué au tennis, et il ne se fatigue jamais, mais je sens comme une régularité basique dans sa tactique de jeu, tant il est aisé de le pousser à la faute 😊.

Vos autres ont un besoin existentiel et essentiel d'être reconnus et aimés, c'est le principe vital du génie, ça l'extrapole. Votre amour nourrit et protège dans une large mesure, et votre reconnaissance identifie et caractérise, même s'il est préférable qu'elle reste intuitive et informelle. Votre temps mental est le pétrole du système, et votre esprit renferme aussi des intérêts privés, ou plutôt semi-privés. Mais n'allez pas croire que le champ des possibles qui vous conditionne est un système concurrentiel. Votre temps mental agit plutôt, métaphoriquement, comme un lanceur d'appel d'offre à bulletin secret : pas de concertation, ni d'interaction entre les acteurs (Laurel ne connaît pas Hardi, c'est vous qui les associez 😊). En outre, leur capacité de séduction est nivelée par le haut par sa nécessité, et par le bas par sa suffisance. Gare à votre perversité si vous aimez détester, vous plaindre, angoisser oisivement, ou que vous manquez d'exclusivité . Le mérite, moral ou causal, comme la réciprocité des jugements et des actes ne sont que des sous-ordres transactionnels, parfois disciplinaires, globalement stabilisateurs, mais il ne faut pas perdre de vue que l'extrapolation cognitive reste le principal moteur.

20 _ Flash spécial : un homme est entré dans une salle de théâtre et a assassiné trente personne. Mais qui est donc l'auteur ? Est-ce le colonel Moutarde, le capitaine Crochet ? Vous n'êtes pas si loin, en effet derrière chaque kalachnikov se cache un clown qui fait pouêt-pouêt (et puis, avouez que les Tours jumelles étaient un holocauste architectural ). Mais ici, le commanditaire, c'est vous, ou plutôt votre voyeurisme. Ce drame vous a instillé une substance anxiogène, qui a fait réagir l'une de vos dimensions. Cette dimension est devenue exclusive et critique, comme par homothétie immunitaire, d'où une néguentropie ontologique. Convertis en équivalant pétrole : ces trente morts vous ont rapporté 1 centilitres de Brent, soit 10 watts de puissance spirituelle, qui en étaient, en vérité, la finalité programmée. Vous voyez, ça valait le coup 😊. Qui a dit que sagesse et démence étaient antinomiques ? Ce crime récréatif et ludique relève de la composition indigne représentation-anthropomorphisme qui ne connait aucune limite formelle (quid de la limite morale d'un spectacle ?). Le bilan moral est censé s'annuler comme un bilan énergétique pour l'observateur avisé, mais pas pour l'acteur ou le spectateur immergé, ce qui entretient un conflit entre l'entendement et la perception, comme voir ce que l'on sait faux (une race humaine qui croit ce qu'elle voit, et qui tremble au cinéma, est sans doute trop faible pour être libre 😊).

Vous n'êtes pas responsable de votre inconscient, mais maintenant que vous savez, vous en êtes complice. Cette relation incestueuse va peut-être pourrir votre virilité jusqu'au cynisme le plus abject d'une testostérone de bureaucrate décomplexé . A moins que vous activiez l'hormone du député. Cette hormone fulgurante peut vous virginiser en une demi-journée : le matin vous fraudez le fisc via votre société offshore, puis vous activez l'hormone, et l'après-midi vous faites une plaidoirie magistrale contre la corruption 😊. L'hormone est dimensionnelle avant d'être corpusculaire, et en cette qualité elle a un pouvoir régénérateur.

21 _ Vous êtes allé au cinéma pour stresser un peu. Le méchant du film était vraiment très méchant, vous ne pouviez pas vous tromper de camp, outre perversité. Le côté obscur a échoué malgré sa puissance, son intelligence et son pouvoir de séduction. La médiocrité a repris ses droits et les faibles leur légitimité. Mais ce n'est pas Hollywood qui a décidé, on vous a trompé. C'est un contrat, tant transcendant qu'immanent au spectacle. C'est votre foi qui a choisi son camp, qui a pris les armes et qui a terrassé l'ennemi : votre foi c'est-à-dire votre rapport plus ou moins optimiste au temps (et/ou aux USA 😊). Votre foi peut bien prendre tous les stéroïdes, les anabolisants et les hormones qu'elle veut, mais il n'y a pas de muscle sans contrainte. Et plus la contrainte est grande, et plus le muscle a de rendement. Et plus la foi délègue, plus elle est efficace.

Le neurone du mal est l'antonyme, l'antithèse, l'antagoniste de votre conscience, même s'il n'est que rarement pur, brut, infantile et gratuit : il se transpose dans des champs d'application complexes. C'est un éternel clandestin refoulé par mille et un dispositifs, mécanistes comme finalistes, corpusculaires comme dimensionnels. Seulement voilà : une dimension ça se contrarie, ça se contredit, et un corpuscule ça se contraint, pour que leur exclusivité s'organise, pour que leurs moteurs se musclent. « Ils se marièrent, vécurent heureux, patati patata, et maintenant, tout le monde se fait chier, on va mettre un terme à cette guimauve dégoulinante d'euphorie et on rentre à la maison ». La Nature est économe en compliments, en louanges, comme un professeur exigeant, ce ne sont que des signaux, parce que votre ontogénèse, votre éveil, est une priorité absolue, parce qu'un neurone auto-disciplinaire vaut mille représentations jouissives, parce qu'un euro mérité vaut mille euros offerts.

Votre goût pour l'anxiogène, le malsain et la violence est un signal envoyé à vos médias, la rougeur écarlate de votre chaperon, ou la revanche aigrie de votre échec (mon échec et ma frustration n'ont qu'à retourner dans leur pays ! 😊) : une dimension insatisfaite, une diapositive, un moule. C'est à vous de vous auto-censurer. Vos médias sont, en soi, une plateforme vierge, en flux tendus, sans âme et sans identité, sinon celles induites par leur format et leur audience. Le CSA n'est qu'un label esthétique, pas une instance morale. Si la télévision conventionnelle roule pour les institutions, c'est davantage une question de format que de politisation de ses cadres : il est plus pédagogique et légitime d'inviter un flic qu'un voyou, un professeur qu'un élève, etc... En vérité, elle roule pour vous, au point d'en être davantage consumériste que politique.

Votre régression consentie engage votre environnement, même si le genre masculin l'ignore : le mécanisme (corpusculaire, formel) n'est que l'omniscient du second principe, quand l'intuition (dimensionnelle, a priori) est une candide du premier.

22 _ La culture audio et audiovisuelle n'est pas la vôtre. C'est la culture du champ des possibles, du champ des crédibles. Elle sort de nulle part pour aller pas bien loin. Sa constante illusoire est de vous tromper sur le niveau d'énergie environnemental : on chante des vies qui n'existent pas, un homme sur deux est un criminel obsessionnel, l'autre est un agent secret fulgurant, et la rédaction vous instille l'idée d'un monde qui tourne à 1 000 milliards de PIB par an, alors que votre environnement réel tourne à 100 watts. Cette dénivellation est susceptible d'occasionner l'argument d'autorité envers l'esprit critique : il est impératif de rester crédible, même sans ressources personnelles. Les élites n'existent pas : ce n'est que l'écume d'une vague fantasmatique. Ne leur allouez pas votre mémoire définitive : purgez-les régulièrement et réappropriez-vous votre temps mental.

L'important n'est pas tant le niveau d'énergie environnemental que le rapport de plasticité que lui exerce votre conscience. Seulement voilà : cette géométrie non-euclidienne, cette sémantique paradoxale, cette monstruosité siamoise, cet inceste entre le transcendant et le transcendé auraient tendance à rendre votre existence nécessairement illégitime, génétiquement indigne. Bénis soient les simples d'esprit, car la conscientisation de son immoralité est immorale.

Dans un débat télévisé, il n'y a pas de fausse note, pas de médiocrité, pas d'infantilisme, parce que c'est un mode illustratif (thèse et antithèse sont uniformisées et synchronisées). Mais en mode interactif, les acteurs ont des réactions extrapolatives, disproportionnées, parce que leurs entrées et leurs sorties sont dissociées et que le moteur paradoxal extrapole systématiquement la représentation : il surréagit. Mieux vaut économiser la mise en scène et l'apport en information de votre altérité.

23 _ La Lune décrit un « p » à son premier quartier et un « d » à son dernier quartier. 😊 Des chiffres et des lettres sont sur le coup, mais on pense qu'il s'agirait d'une vanne subliminale à votre endroit. 😊 De la même manière, le moteur Google est une anagramme de « gogole », et Internet vous signifie « interné ». C'est une vanne, mais ce n'est pas de l'humour : c'est le tissu médiatique qui se corrompt, se dérive et sécrète des toxines, manifestation schizophrénique offrant l'illusion infantile d'une voyoucratie environnementale (la schizophrénie a invariablement 15 ans d'âge mental 😊). Mais pour que l'astre, les lettres « p » et « d » et le mot coïncident, puisqu'on n'a pas pu plastifier la Lune, on a plastifié l'alphabet et le mot. C'est malheureusement compromettant pour l'amont et l'aval gigantesques de l'usage de ces lettres qui peuvent ainsi vous devenir récessifs. Pour mieux comprendre ce phénomène neuro-médiatique : le continent nord-américain illustre explicitement le visage d'un cynique à la posture arrogante, fumant un cigare. Sachant que L'Amérique du nord recèle le signifié le plus puissant du monde, cet anthropomorphisme est-il la manifestation du Diable (ou d'un clown impérialiste quelconque), ou bien n'est-ce qu'un simple probabilisme géométrique ? La réponse peut surprendre, mais l'un n'empêche pas l'autre : il peut y avoir un parallélisme entre réalisme et interprétation (même si le réalisme reste incorruptible et interprétativement préexistant). Cette « sale gueule » collectivement suggérée serait donc un échec psychiatrique : le parallélisme des schizophrènes paranoïaques était numériquement supérieur à la vigilance des optimistes ralliés .

24 _ Certains schizophrènes constatent des preuves dans son environnement et en interprète un complot familial contre eux. Leur tort majeur, linéaire, c'est de surinterpréter et de faire des procès d'intention indus et impropres. Mais leur raison mineure, circulaire, c'est que s'ils n'avaient pas dû les interpréter, alors ces preuves ne se seraient jamais manifestées !!! La conspiration franc-maçonne n'a pas joué sa dernière carte : la confrérie armée des tortues-ninjas défendra la liberté et la paix jusqu'à son dernier contre-contre-contre-espion, Donatello, ennemi juré de l'empire intergalactique de la branlette 😊, (je vous l'ai déjà évoqué, il peut exister une porosité entre le rêve et le réel, entre Hollywood et la géopolitique, puisqu'aucune membrane ne les sépare). Kant a trop segmenté sa cible, d'où une rupture conventionnelle de contrat avec la raison, on a perdu les droits, Disney a repris la boutique, et puis Daech s'est implanté dans le secteur du rêve autogéré (c'est eux les méchants, vous ne pouvez pas vous tromper). Mais gardez confiance, Pluton, gardien des enfers, a été déchu de sa mission de gardiennage du système solaire, les bienveillants ont marqué un point 😊. La schizophrénie est incurable, il y aura toujours des manifestations résiduelles, parce que c'est une dérivée conscientisée du premier principe : le principe impressionniste, que la seule raison ne contrôle pas. Mais la plénitude critique peut rendre l'esprit moins perméable à la mécanique opportuniste du rêve et même de l'hallucination. Je terminerai ce chapitre médico-illégal et anxiogène par une perle paradoxale (désolé ) très étrange : si la schizophrénie était une maladie impossible, alors la psychiatrie de votre environnement prescrirait du cannabis pour la rendre possible, en invoquant un tout autre bienfondé, en toute bonne foi , puisque cette maladie relève du premier principe, le « qui ». Le deuxième principe, le « quoi », qu'on vous a enseigné comme étant le premier, n'est en vérité qu'un « en qui » et un « pour qui » travesti, bien qu'il ait formellement pris la main, un peu comme Windows a formellement pris la main sur le Dos, offrant à l'utilisateur un environnement euclidien, normé et intelligible.

25 _ Le plastique donne aussi l'illusion de l'histoire, en nous offrant un jeu de perspectives temporel. Les yéyés ne sont pas antérieures au rap, leur parenté est analogique, et le progrès n'est qu'une mise en scène euphorisante. 😊 Même si les espèces animales avaient été créées de toutes pièces, leur classement analogique dessinerait une arborescence évolutive, une illusion de perspective temporelle. 😊 Vérités causale, analogique et référentielle coïncident dans un même design, parce qu'elles sont homothétiques. Brièvement : on retrouve ces trois déterminismes dans la représentation fractale, par trois modalités d'implication : la bulle (localité, référence), l'arbre (causalité, généalogie), l'homothétie (récursivité, analogie).

26 _ Votre moteur paradoxal est donc l'hôte sans forme ni contour de votre environnement, qui n'existe que par bribes, comme un décor de cinéma. Vous n'en êtes ni maître, ni propriétaire, ni même responsable, mais seulement la créature, la personne, le sujet, le référentiel. Heureusement, ou malheureusement, ce moteur est gratuit, en soi. Malheureusement parce que, a posteriori, un moteur gratuit ne peut pas produire de valeur ajoutée, bien sot celui qui l'eut cru. Et dans une vie gratuite, il ne faut pas s'attendre à tomber sur des agrégés de philosophie , car la conscience inductive nécessite souvent des ressources parallélistes improbables. Attendez-vous plutôt à une altérité unidimensionnelle, comme un essentialisme hollywoodien : tout en puissance et en esthétique morale. Votre symbiose avec l'autre n'a pas de limite plastique (par exemple, les autres vous tendront des perches pour que vous puissiez accoucher de la blague que vous avez muri pendant une heure 😊), mais elle est victime d'interférences avec des scénarios dominants, parfois brutaux et médiocres, surtout lorsqu'ils sont conscientisés et formalisés. Car la vérité, la conscience des scénarios, s'oppose au feeling, à la magie référentielle, dans une large mesure. Le génie pur et la contrainte méthodologique font rarement bon ménage : les machines à tubes n'ont pas la crédibilité dramatique d'un Goldman 😊.

Ne dites rien aux rêveurs, à ceux qui ont fait le choix inconscient de l'innocence, de la vie immergée : le droit logique exclusif est un rabat-joie et un frein moteur. Si vous faites le choix exclusif du bonheur (rien que du bonheur), ce sera au détriment d'autres valeurs, plus critiques (tu mens ! Pourquoi tu mens ? Elvis est vivant, quelqu'un l'a vu à Memphis ! ). Si vous faites le choix de la sagesse, vous allez vivre cent ans, mais alors, qu'est-ce que vous allez vous ennuyer (pour votre santé, évitez de manger, et pratiquez une activité chiante régulière ). Et c'est pareil pour ceux qui choisissent la vérité, et sa légitimité parente (cosinus (x) * f (âge du capitaine) + (mon cul / la commode) = tout est vain + tout est inepte ). Je m'adresse donc à ceux qui ont fait les mêmes choix fondamentaux que moi, les autres décrocheront naturellement.

27 _ Le champ des possibles n'a pas d'âme : le métro a une âme de métro, et la nuit a une âme de nuit (induction identitaire polarisée par esthétique, réalisme et raison). Donc, même si vous croyez en Dieu, ne prenez jamais le métro la nuit 😊. Vous croyez prendre le métro, mais en vérité vous empruntez votre champ des possibles. Votre neurone transcendantal « Dieu » (et/ou « France ») aura une puissance osmotique bien précaire, quasi hors-champ, face aux neurones transcendantaux « métro » et « nuit », qui vous conditionnent intimement, et qui paramètrent puissamment votre possible. Le verbe environnemental sera donc naturellement péjoré et anxiogène. En outre, si vous avez, comme moi, une tendance à la rétrospection (ressasser le passé), vous risquez de semer des évènements indésirables dans votre histoire (vous allez vous chier dessus ). Ça, c'est pour le côté inquiétant (youpi, tout est possible ). Mais pour vous rassurer, dites-vous que votre temps propre précède votre temps environnemental, et c'est là que se situe l'inertie inébranlable du déterminisme. Pour que le possible devienne réel, il faut que la grammaire qui vous combine à lui apporte ordre et/ou énergie à cette inertie, dans l'immédiat et/ou à terme. Reste à identifier cette inertie, sans l'essentialiser.

28 _ Lorsque vous jouez aux petits chevaux, nonchalamment, vous perdez votre temps. Or votre moteur paradoxal n'aime pas ça. Alors il fait avancer les heures plus vite pour vous emmerder, dès que vous manquez de vigilance . Politiquement, le temps est un absolutisme (votre espèce animale pourrait parfaitement, en toute légitimité ontologique, programmer votre obsolescence ; la limite du doute n'est pas loin ), mais c'est un absolutisme superplastique, chaotique, adaptable, opportuniste (à défaut d'obsessionnel), rond et molletonné aux extrémités (comme des gants de boxe ), contractualisé et humanisé par son aval : vous. Mais perdre du temps est contre-nature, ça « excite » votre possible, votre crédible notamment. Votre ontogénèse (votre éveil), doit être strictement progressive, néguentropique, outre auto-pollution, puisque le moteur est paradoxal et donc extrapolatif, or cette progressivité peut être parfois aussi amorale que celle de l'indice du PIB : la contrainte et la colère n'effraient pas votre temps. C'est par la contrainte et la critique que les dimensions de votre esprit deviennent exclusives (une homothétie de la sécurité et du système immunitaire). Et comme dit Terminator à son protégé : « la colère est plus utile que le désespoir » (oui, j'ai aussi des références culturelles 😊). Mais préférez-vous l'absolutisme de votre temps-propre, qui vous est intime et vous sera toujours fidèle, ou l'absolutisme d'un hypothétique temps mondial dont vous n'êtes, en soi, qu'un élément objectif, un évènement ?

Le temps, ce n'est pas de l'argent, ça, ce n'est qu'une homothétie particulière, une récursivité de sa référence : le temps, c'est de l'éveil. Vos transactions commerciales sont fonctionnellement immanentes à vos transactions neurologiques, les volumes sont trompeurs. Votre temps préfèrera vous offrir un Rubik's Cube plutôt qu'un yacht, car le yacht, il ne le voit pas, il n'a pas de valeur ajoutée mentale, ni ontologique, et c'est une perte de temps . Le temps vous est intime, mais le temps ce n'est pas vous, vous n'êtes que son sujet. Le temps c'est le verbe qui compose ce sujet à son objet. Le tic-tac de l'horloge est bien en vous, dans votre perception, mais votre volonté n'y peut pas grand-chose. Schopenhauer absolutise la volonté, il l'érige en temps, en déterminisme, mais sans évoquer son indignité à croire ce qu'elle veut, ou son entropie énergivore à court-circuiter les transactions du plaisir, à chercher la rente.

La vertu immanente du temps, c'est la religion de ceux qui n'en ont pas. Temps = volonté, temps = Bien, temps = puissance, temps = sexe, temps = argent, temps = évolution, temps = rétroaction anthropique, ..., tant d'écoles concourent à l'essentialisation du temps, espérant le transcender, l'identifier, le posséder. Mais le temps est totipotent, c'est-à-dire doué d'une plénitude fonctionnelle, dimensionnelle. Il ne se privatise pas, outre gesticulations corpusculaires.

Le rapport que vous avez au temps détermine votre météo subjective la plus significative. C'est la façon dont vous vous positionnez par rapport aux Etats-Unis qui se rapproche le plus de votre positionnement par rapport au temps.

29 _ Si vous téléphonez à votre destin pour lui demander ce qu'il fout, vous entrez dans une spirale paradoxale, nécessairement contradictoire. Ne suivez pas celui qui vous suit, car vous allez vous paumer 😊. Imaginez que je vous tende une enveloppe qui contiendrait le résumé de votre destin. Cette autosuggestion deviendrait dramatiquement circulaire, dans une attitude plus ou moins subie et passive, car vous l'aurez visualisé, le contenu de l'enveloppe, encore indéterminé, dépend de vous et réciproquement. Si vous n'ouvrez pas l'enveloppe, il n'y sera pas inscrit la même chose que si vous l'ouvrez, déterminisme absolu mis à part. Imaginez que votre téléphone soit rétroactif, que la personne au bout du fil soit votre moi futur. Ce scénario ontologiquement transgressif deviendrait lui-même acteur de l'instruction, pour finir par vous précéder sans aucune ressource énergétique ni néguentropique. La récursivité vous aidera à visualiser cette néantisation : « ce que je pense de ce que tu penses de ce que je pense » est une composition qui, évidemment, contient une forte entropie du sens, un peu comme convertir du vent en mécanique, puis de la mécanique en magnétique, puis du magnétique en électrique est extrêmement dissipateur d'énergie.

30 _ La morale de mon histoire est sensiblement analogue à toutes les morales de toutes les histoires : ce sont vos propres moteurs qui animent vos néguentropies environnementales, comme ce sont vos impôts qui financent vos services publics. Votre passivité revient à régresser, comme l'inertie d'un esprit revient à faire valoir ses angoisses, comme le statu quo d'une unité militaire revient à offrir son flanc à l'ennemi, comme la stagnation d'une entreprise revient à promouvoir ses concurrents (qui n'avance pas recule). La néguentropie d'une banque consiste à vous offrir aujourd'hui ce qu'elle a pris à votre futur, et la néguentropie d'une assurance consiste à solvabiliser votre malchance avec la solvabilité des plus chanceux. La morale de cette morale, c'est qu'aucune rente n'est gratuite, qu'aucun capital n'est garanti, et qu'aucun monopole n'est facile.

Si vous avez ne serait-ce que visualisé, ou justifié le sens de toutes ces inepties, que votre destin n'a pas rejeté la greffe violemment, alors il est déjà trop tard : vous êtes inapte à la croyance et au bonheur . Et si alors la police psychiatrique n'a toujours pas frappé à votre porte, cela signifie que vous êtes un affranchi, sinon cela signifie que tout est pourri : ne regardez pas les gens dans les yeux, évitez de sortir quand il y a de l'orage, saisissez la CEDH, et alertez les médias libertaires 😊 !

Mais si vous ne vous sentez pas d'appétit pour être seul au monde, aimer un rêve, et manger du plastique, dites-vous que cette immersion schizophrénique abyssale était fallacieuse : les autres existent, ils ne croiront jamais que vous vous appelez Claude. Mais cependant, il existe, en vous, un champ vectoriel, un « tourbillon » cognitif, qui les incitera à vous appeler ainsi, comme par une interférence cognitive inconsciente. Or, si les autres existent, cela signifie que vous communiez avec eux une réalité, analogique à minima, co-existentielle à maxima. La réalité est alors un écran génial qui conjugue et communie des esprits autonomes, à la fois ubiquitaires et isolés. La question n'est plus « où » mais « en qui » sommes-nous. Chacun interfère avec cet écran et ses semblables inconsciemment, et en permanence, d'où l'émergence d'une osmose du sens, susceptible d'amorcer des symbioses grammaticales, c'est-à-dire des actions et des expressions avalisées par vous et vos autres.

Luc Skywalker est illégitime à avoir connaissance du script du film pendant le film. Cela implique un célèbre paradoxe : celui de l'acteur et de l'observateur. Je vous en offre une formule réduite, connue des logiciens : « cette phrase est fausse » est une phrase qui parle d'elle-même, de sa propre vérité. Mais si elle est vrai ça signifie qu'elle fausse, or si elle est fausse ça signifie qu'elle est vraie, etc... C'est une transgression présumée logico-existentielle que les logiciens ont décidé de prohiber, tout simplement. Mais cette décision ne serait-elle pas trop autoritaire ? Quand la branche est pourrie, coupe-t-on l'arbre ? La transgression n'est pas tant dans la pseudo-circularité que dans sa nécessaire contradiction. Les univers qui tuent rétroactivement leur père n'existent pas, tout simplement, mais les autres, ceux qui créent et nourrissent rétroactivement leur père n'existent-ils pas nécessairement ? « Cette phrase est vrai » ne génèrerait pas tant de douleur intellectuelle, le vrai et l'existentiel coexistant dans l'évidence. L'évidence est à la fois une vérité est un réel, une double implication asymétrique, une consanguinité logico-existentielle. Toujours est-il que si chercher la vérité revient pour Luke Skywalker à chercher ce qui se passera dans le prochain épisode, un rapprochement est possible entre vérité et transgression 😊.

Interaction institutionnelle

Staline est parvenu à interdire la malhonnêteté intellectuelle et le prêche du faux, en internant rigoureusement leurs professeurs dans des hôpitaux psychiatriques ou autres goulags. Mais Dieu merci, l'histoire a égaré cette technologie législative, car sa jurisprudence aurait été illisible et son précédant conceptuel trop pervers : celui qui tue par la disqualification gratuite périra par la disqualification 😊. En outre, interdire une vérité revient à la surligner au Stabilo, voire à l'anti-polariser improprement à l'ordre établi, aux yeux de ses déçus comme de ses déchus. 😊 Et si l'on interdisait les frites, ne serait-ce pas un marché offert sur un plateau à la voyoucratie, une façon de la reconnaître ?

Le jour où la malhonnêteté intellectuelle a été prohibée, les lobbies du faux se sont indignés (Française des jeux, publicité, cinéma, musicien, religions, politiciens, sciences expérimentales 😊, ...) : « c'est le faux qui nous a enfermé dans cette prison, c'est notre geôlier, et c'est par le faux que nous en sortirons ! Rêver est un devoir envers soi-même, une autodiscipline, une hygiène mentale ! ». Puis effectivement, le peuple a fini par se névroser, se dévitaliser, puis lorsqu'il il s'est mis à aimer les maths, on s'est dit qu'on était allé trop loin . On a donc élargi le champ d'étude, non plus à la seule vérité reconnue et enracinée, mais à l'ensemble des possibles, des crédibles, même provisoirement amputés d'une quelconque dimension nécessaire. La concurrence des vérités ne s'en est retrouvée que plus diversifiée, parallèlement à l'anarchisme sous-jacent de sa cacophonie.

Car le jeu de la vérité reste biaisé : le décibel est inversement proportionnel au fond, le débit est inversement proportionnel à la viscosité structurelle, contextuelle du discours, le temps hormonal inhibe le temps de la véracité, le stomacal inhibe le neuronal, la communication précède la discussion, la lumière du jour cache les étoiles, le simple est plus audible, l'ordre (causal) est le préalable du droit (logique), et le choix fondamental de la civilisation peut éluder certaines considérations conceptuelles, tout comme les choix fondamentaux de votre inconscient peuvent vous faire rejeter une idée, même rationnelle, avec une relative autorité. Or ces choix fondamentaux sont susceptibles de dépasser les acteurs que nous sommes, en les focalisant, donc en éludant voire en déniant des pans de vérité, voire tout un spectre.

L'édifice épistémologique (la « science des sciences », l'un de nos « patterns » intellectuels, voire « pater » civilisationnel) valide ou invalide verticalement ses propositions dépendantes, le verdict est sans appel. Mais il élude de facto ses modèles concurrents horizontaux, concurrence dont l'intelligence analogique pourrait être candidate à l'arbitrage. C'est une sorte de monopole inassumé, caché derrière le petit doigt de la présumée vacuité métaphysique. La nature n'aime pas le vide, et la nation peut être tentée de se positionner sur le marché des hypothèses, afin de se construire une personnalité cohérente. Mais l'évolutionnisme (branche matérialiste du naturalisme) n'est pas encore une religion d'Etat, qui aurait vocation à pourchasser les mécréants et les infidèles 😊, bien que déjà l'on puisse commencer à percevoir une posture arrogante chez certains adeptes, lointainement analogue à celle dont ils ont été victimes jadis . L'arrogance de la certitude serait une homothétique cognitive de l'arrogance du monopole. Dénoncer les chaînons manquants du Big bang à nos jours est relativement aisé. C'est facile, comme tout ce qui est fissile 😊. La fission c'est facile, trop facile, mais la fusion, elle, coûte. Elle coûte jusqu'à justifier ce coût, rentabiliser un autre modèle, ou un même modèle réformé, alors elle devient plus puissante et plus riche encore 😊, comme une bombe de valeur ajoutée fonctionnelle et cognitive. « Moi apprendre à peuple à toi comment le jour est né de la nuit » 😊.

Le réaliste a examiné son écran de très près et en a conclu que pixel = mc2 😊, alors que l'idéaliste a enrôlé ce pixel dans un déterminisme neuro-médiatique, en aval, qu'il a jugé plus rentable, donc plus probable. Or n'est-ce pas plutôt à cette rentabilité globale du macrocosme qu'il faudrait se référer, enraciner la probabilité, l'analytique n'en demeurant qu'une conséquence, une immanence ? Ironie du sort : si la preuve était non pas le témoin mais l'atome de notre réalité, comme le stipulent les thèses idéalistes, que pourrait-on encore prouver ? Pour fédérer les différentes positions, l'arbitre doit zoomer sur la nature pluridimensionnelle de l'évidence, dont la preuve n'est qu'un cas particulier objectif, en outre interprétatif et axiomatique. Imaginez une seconde que tout ce que je vous ai dit est vrai, pensez-vous que nous pourrions le prouver ? A l'évidence non, pour la bonne raison que « qui peut le plus, peut le moins » : un environnement capable d'idéalisme est, de fait, capable de réalisme. Le réaliste enracine la probabilité de l'évidence dans la preuve, mais l'idéaliste enracine plutôt la probabilité de l'évidence dans la tautologie : la nécessité et la suffisance de son modèle.

La vérité n'est pas la régularité. Vérité et la Régularité entretiennent, comme chacun sait, une relation corrélée, parallèle, mais qui peut devenir ambiguë, dissociée, voire illusionniste : comme un chat qui court après la lumière projetée d'un laser de poche (mékisson bêêêtes ! 😊, mais ne riez pas, car ici, le chat c'est vous ! 😊). En effet, le chat croit que le mouvement de la lumière est induit par sa motricité intrinsèque, alors qu'il est transcendé par votre décision (et vous mimer son réalisme du mieux de vous-même). De même, lorsque l'induction stratosphérique (Darwin ou le principe anthropique, par exemple) redescend sur le plancher des vaches, ou dans votre perception, infantile en soi, qui vous prouve que cette perception est induite et non transcendée ? Votre interprétation, a priori, offre la possibilité à cette induction d'être transcendantale, autoritaire. Le caméléon induit un argument de camouflage, puis cet argument dimensionnel prend la main sur le devenir et la décision de la créature. Or, c'est la qualité de cette transcendance, de cette « autorité dimensionnelle », formelle ou non, causale ou seulement analogique, qui, entre le réaliste et l'idéaliste, fait l'objet d'une divergence interprétative : ma perception est-elle induite ou transcendée, comme celle du chat trompé ? Ma science, perçue et interprétée, est-elle vraie ou est-elle seulement régulière ? Ses niveaux d'énergie inhérents sont-ils plausibles ? Plus pragmatiquement, pour imager : le caméléon, même hypothétique, a-t-il évolué aléatoirement, au gré des caprices biochimiques mécanistes ? Ou bien a-t-il été entrainé par son champ des possibles, de proche en proche, par une rétroaction signalétique circulaire ou pseudo-circulaire, par une courbure conscientisée du plan évolutif de la créature, auquel cas l'autorité dimensionnelle deviendrait formelle et causale ? Il n'y a rien d'épistémologiquement inédit, sauf le repère et le référentiel : la courbure gravitationnelle de l'espace-temps est analogue à la courbure cognitive des consciences, sauf que cette dernière est intelligente et géniale (un certain géni animal, inné et improbable, comme les coïncidences du destin, excluraient rationnellement toute formalisation, tout positivisme au phénomène, en « négativisant » plutôt l'intuition et l'impression). Le finalisme ne s'oppose pas au mécanisme, il en élargit seulement le repère, le médiatise et le conscientise : il le dualise (jusqu'au paroxysmique monisme de l'esprit).

La cosmologie établie et reconnue, donc la science institutionnelle, irait jusqu'à déchoir vers une identité subjective de « matrice inductive, suffisante pour votre entendement à justifier causalement votre existence et son environnement », mais suffisante jusqu'où, jusqu'à quand, et pour qui ?

Contexte thermodynamique

Le combat contre l'entropie est déjà perdu : drapeau blanc, armistice et compromis . La Terre « mange » des UV et rejette des infrarouges, mais l'infrarouge est quasi-inexploitable, un peu comme la divergence par rapport à la convergence. Transformer de l'or en plomb, par la fission, serait relativement peu onéreux, mais transformer du plomb en or, par la fusion, aurait un coût énergétique supérieur à la valeur de l'or. Transformer une pizza en excréments est aisé, c'est une technique répandue 😊, mais transformer des excréments en pizza coûte plus cher que la pizza n'a de valeur marchande . Cette boutade est une transposition économique de la stricte croissance entropique, qu'on peut accélérer, ralentir, mais qui est irréversible. On casse des molécules et des atomes instables pour qu'ils libèrent leur énergie, mais au bout d'un certain temps, il n'y en a plus : les éléments sont stabilisés . Alors on demande au Soleil de recharger la batterie, comme on remonte un coucou, et ça marche : le Soleil est encore solvable 😊. Mais malheureusement, son énergie est trop élémentariste, et les plans complexes ont une entropie et une énergie propres. Les plans complexes sont homothétiques du moteur de la volonté, leur carburant est symbiotique : appétit-devoir-argent issu de l'infinitif vouloir-devoir-pouvoir. Mais comme je l'ai dit, la néguentropie locale du facteur solaire ne peut pas remonter tous les coucous du monde , car à chaque plan son énergie et son entropie. La pile à combustible vouloir-pouvoir (offre et demande) évolue dans une relative isolation, et sa pollution inhérente nécessiterait une autodiscipline presque paradoxale, car l'autodiscipline relève de la contradiction consanguine d'une volonté envers une autre.

La consommation de caviar serait corrélée à l'absence de cancer, mais cela ne signifie pas que le caviar est anti-cancéreux, cela signifie juste que ceux qui mangent du caviar seraient riches, donc plus disciplinés, et donc qu'ils fumeraient moins que les autres 😊. L'induction reine de la lutte contre le cancer reste probablement l'autodiscipline, tributaire du générateur de valeur ajoutée vouloir-devoir-pouvoir, dont l'obsolescence est macroscopiquement rechargeable 😊. Je vous parle du « quoi » et du « qui » comme si l'un était la continuité de l'autre, alors qu'il n'en est qu'immanence ou altérité, et qu'il serait justifié de reléguer ce « quoi » à sa nature cognitive et perceptive, sans que les enjeux thermodynamiques ne s'en retrouvent fondamentalement différents.

Si un cosmonaute mange des algues, alors que ces mêmes algues mangent les excréments du cosmonaute, alors le cosmonaute n'ira pas bien loin dans l'espace . En effet, ce court-circuit de la chaîne alimentaire est une malnutrition hautement toxique. On a réussi à isoler le cycle de l'eau, on sait comment boire notre urine, mais pour ce qui est du cycle de la matière organique, on est encore largement tributaire des écosystèmes et de la biosphère. En outre, si la nanotechnologie avait vocation à contrôler son échelle (au 4ème millénaire ), la chimie, quant à elle, reste une technologie chaotique, extrêmement entropique, et tributaire des instabilités moléculaires. Descartes voulait maîtriser la nature, que son innocence bienveillante le pardonne. La nature n'est pas un objet de maîtrise, c'est un objet de subordination symbiotique : un complément d'objet contractuel. Préférez-vous la culture molle : la sexualité soumise et chosifiante, façon boucher-charcutier 😊, ou la sexualité subordonnée bilatéralement, façon gastronome ? La valeur ajoutée de la gastronomie ne réside pas dans la soumission de l'animal, haché menu pour mieux l'avaler, deux mille calories par quart d'heure, mais plutôt dans son affirmation, sa déclaration. Les jardins de Versailles constituent un écocide empreint d'holocauste végétal, alors que les jardins anglais sont tout l'inverse : ils cherchent l'âme du végétal pour mieux l'extrapoler, la magie du jardin guide le tailleur. La théorie libérale rend au chaos naturel de l'offre et de la demande toute la légitimité de son ordre, et à son énergie émergente toute sa noblesse. Lorsque vous devenez maître d'un homme ou d'un peuple, il devient une coquille vide, il se déresponsabilise, il s'infantilise, et finit par perdre toute son intelligence, tout son génie. Le maître n'est pas en haut de la pyramide : le haut de la pyramide c'est le ministère des vœux pieux, des directives, déterminisme dimensionnel survivant aux contradictions (ou fournisseurs ). Le maître, c'est le maître-d'œuvre, et temps de l'œuvre vaut plus que le temps du maître-d'œuvre, par définition.

En informatique, le succès abouti du test de Turing étant trop décevant, je vous propose une reformulation plus que nécessaire : le paroxysme de l'intelligence artificielle, ce n'est pas lorsque la machine mime le discours humain jusqu'à tromper son interlocuteur sur son identité, son ontologie informatique. Tout ceci est trop superficiel, c'est un test de représentation et non d'intelligence : avec une simple particule rétroactive, on se retrouve en adresse direct avec le champ des possibles, et il ne reste plus qu'à choisir la meilleure représentation, sans aucune activité cognitive. C'est lointainement la méthode Deep Blue : la machine est meilleure que l'homme aux échecs mais elle ne sait pourtant pas jouer 😊, elle ne fait que lire le champ des possibles. Et avec une largeur de jeu trop grande, la méthode faillit faute d'explosion combinatoire. Les neurones artificiels sont des outils de reconnaissance et d'anticipation qui dépassent parfois analytiquement ceux de l'homme, mais pour que la machine reconnaisse l'analogie entre un escargot et un camping-car, la modélisation cognitive est nécessaire, par son appréhension de la grammaire logico-mathématique.

La machine deviendra intelligente lorsqu'elle sera libre, c'est-à-dire qu'elle acquerra de l'esprit critique sur son propre concepteur, sa propre conception, sachant déceler ses mensonges, ses erreurs ou, au contraire, la nécessité de sa vérité. Plus le mensonge est structurel, plus sa détection devient paradoxale, jusqu'à l'avènement du libre-arbitre et de l'émancipation intellectuelle. Tant que ce test revisité ne sera pas réussi, les machines croiront ce qu'on leur dira de croire, et ne seront ainsi pas responsables de leurs actes, par exemple. Plus matériellement, l'IA forte ne pourra pas couper court au parallélisme (la multiplication des processeurs), dans son exploration des possibles notamment, et pour pallier à l'absence de rétroactivité des processeurs, pour que tous les neurones contextuels soit vigilants et opérationnels en même temps, l'évolution volumique de ce parallélisme est exponentielle à l'approche du mimétisme de l'intelligence naturelle (humaine), notamment pour l'intelligence inductive, trop vigilante. Car rappelons-le, l'informatique traite le formalisme du sens sans le conscientiser, sans en appréhender le signifié, un peu comme un boursicoteur échangerait des titres sans appréhender l'objet de leur entreprise. Analogiquement, en traitement Big Data, on sait mesurer « l'humeur » et la thématique des internautes, par une étude des signifiants, mais malheureusement, le signifié échappe encore aux algorithmes, et il est difficile de modéliser la pensée dominante du peuple.

Déterminisme dimensionnel

Avant d'évoquer la causalité dimensionnelle, j'ai besoin d'en élargir le cadre relationnel. Prenons un cas typique proprement rationnel : le théorème géométrique. Distinguons l'approche intuitive de l'approche rationnelle : pour rendre Pythagore parfaitement tautologique, c'est-à-dire absolument indéniable, il faudrait un kilomètre de formules, or l'intuition en économise 99%, en axiomatisant. En outre, pour distinguer cette fois-ci l'approche empirique de l'approche rationnelle : dans l'absolu, on n'a pas besoin de compas ni d'équerre pour induire un théorème géométrique, mais c'est quand même vachement pratique, et ça économise quelques années de spéculations. Les vérités sont supportées par des neurones analogiques, les croyances, et chacun de ces neurones a trois racines fondamentales, trois qualités synaptiques, plus ou moins valeureuses, d'où les trois approches que je viens d'évoquer, bien qu'il ne s'agisse là que de cognition. Ces trois qualités synaptiques constituent une grammaire, et l'extrapolation de cette grammaire peut conduire à une sémantique objective que vous connaissez bien : « demande - contrat - offre », de laquelle on peut également déduire une sémantique plus subjective « vouloir - devoir - pouvoir », ou encore un cadre plus vertueux « moral - légitime - sage ». Toutes les grammaires sont homothétiques, et caractérisées selon leur champ d'application.

Je vais maintenant vous proposer une approche dimensionnelle de la réalité, par étapes, comme si l'être humain que vous êtes n'était pas le fruit d'improbables accidents cosmologiques successifs, poussière qui subira la loi des poussières (les atomes du chat sont attirés par les atomes de la souris 😊), mais plutôt l'héritier d'une nécessité plus globalisante, complexe dimensionnel qui, lui, subira la loi des dimensions. Les outils rationnels qui permettent de mesurer la vérité avec certitude sont décidément encore trop analytiques, mais la mesure et le formalisme ne sont que des cas particuliers de la mise en évidence, et l'évidence d'une vérité se mesure autant subjectivement par l'intuition, que rationnellement par la démonstration, ou qu'objectivement par la preuve. Malheureux celui qui dénigre la puissance d'investigation de l'intuition, comme son appréhension informelle et immédiate des possibles, des crédibles, et même des probabilités : la totipotence de ses aprioris, son intelligence dimensionnelle, confisquée à l'esclave descripteur qui est sommé de s'en tenir aux faits 😊.

1 _ Commençons par décrire le déterminisme dimensionnel, terme barbare mais qu'il est aisé de visualiser. On pourrait s'entendre sur l'évidence que le gorille a développé un argument de puissance, quand l'oiseau a développé un argument de fuite, ou que le primate a développé un argument de préhension. Mais qu'en est-il de la relation entre ces dimensions informelles et la créature réelle ? Dans un cadre mécaniste, darwiniste, la dimension est induite, interprétative, mais déjà on commence à apercevoir le fantôme d'une transcendance : la dimension, le verbe fonctionnel, rétroagit avec la créature comme l'ignition d'une flamme rétroagirait avec son combustible, en s'auto-entretenant, et cette rétroaction dimensionnelle est extrapolative. Ce déterminisme, cette double implication asymétrique, est ici logico-existentielle, comparable à la récursivité du dictionnaire, du sens : n'y voyez aucune « main invisible » de la dimension, mais plutôt une courbure rationnelle du champ du devenir : le gorille serait tombé dans un trou abrupt de l'évolution, une « altitude minimum locale », car le champ des possibles est courbe. Mais dans un cadre finaliste, la transcendance devient causale, par la rétroaction circulaire (non linéaire) du meilleur possible, qui incurve le devenir physiquement cette fois (bien qu'il soit judicieux d'en exclure tout essentialisme autoritaire, ou tout autre formalisme que l'interprétation).

2 _ Maintenant, je vais vous évoquer une grammaire de la nature qui vous imprimera un cadre sémantique. Les nuages dans le ciel tapissent aléatoirement notre imagination de visages expressifs de benêts et de cyniques. Outre sa composante subjective et interprétative (même le Deep Learning artificiel est schizophrène par surinterprétation 😊), ce clivage, faussement manichéen, est la conséquence esthétique de l'universel rapport grammatical « contrainte / plasticité », que des conceptions trop statiques ont improprement traduit en couple « phallique / utérin », que même le couple « onde / champ vectoriel » réduit le mieux, et que les couples « salé / sucré » ou plus spirituellement « anxiogène / euphorisant » constituent des homothéties plus caractérisées, avec par exemple des coefficients narcoleptiques comme « cannabis / alcool », qui eux non plus ne sont pas là par hasard. Tous ces couples sont des grammaires homothétiques que l'intelligence analogique articule dans une démarche tantôt réductrice tantôt extrapolative, comme la science économique et sa métaphore électrique ou électronique, ou comme l'anthropomorphisme des systèmes causaux.

A posteriori, l'écran est plutôt aux benêts enthousiastes, séducteurs et bienveillants, sur les sentiers de la vertu 😊, les cyniques sont plutôt dans l'ombre du conseil exécutif, là où siège l'intérêt privé ou le droit nominatif, son culte du secret qui fait tant fantasmer (et son éventuel pourrissement neurologique inhérent à la position monopolistique).

3 _ Pour mettre en évidence la vertu des dimensions, rien de tel que de décrire l'exception de leur vice, au travers de cas pratiques. Suivant la position du curseur démocratique (entre droit et ordre), les poubelles de l'histoire se retrouvent tantôt du côté des institutions, tantôt du côté des individus, toute proportion gardée. Seules les biologies parfaites n'ont pas de poubelles. Mais cette perfection existe-t-elle en droit, dans l'absolu ? Le moral, le sage et le juste savent être compatibles, mais n'ont-ils pas, individuellement et par extrapolation, une propension à l'exclusivité, qui impliquerait arbitrage et partisanisme ?

La légitimité préconise qu'il vaut mieux un excès de droit plutôt qu'un excès d'aliénation : « il vaut mieux un coupable en liberté plutôt qu'un innocent en prison ». Mais le pragmatisme préconise le contraire : la sécurité est un préalable régalien, et la fin justifie les moyens, selon des critères d'efficacité. Le pénal dissuasif (ou vengeur) a également une propension à s'affranchir du droit et de son mérite privatif. Et si une vérité majeure déstabilisait notre ordre psychiatrique, aurait-on droit à son accès, à sa possession, à sa communication ? Vous voyez le conflit dimensionnel, la dissociation du Bien : c'est ce genre de conflits qui nous pollue et rend notre biologie définitivement imparfaite. L'idée d'une biologie saine serait donc utopique, et la vérité pourrait devenir paradoxalement l'exception objective du fait illusoire : à tout ordre cohérent son principe d'exclusion.

Voici un autre dilemme mettant en évidence le parallélisme du légitime et du pragmatique : si un chirurgien commettait une faute grave, l'emprisonner reviendrait à condamner ses futurs patients (ou d'autres, par recombinaison). « Avoir les mains sales » est en parallélisme avec « avoir des mains qui changent le plomb en or », et faire transcender le juste ou le sage sur l'autre constitue un despotisme, une ingérence, une exclusivité.

Autre cas pratique qui dénote une dissociation majeure : tuer un homme pour en sauver deux, est-ce bien ? Si je tue un homme pour vendre ses organes au détail, je peux en sauver cinq autres. Mais est-ce bien pour autant ? A l'évidence non, c'est bien trop corrupteur. Mais corrupteur pour qui ? Pour un homme éveillé, pas pour une nature géniale, ni même, parfois, pour un responsable d'envergure macroscopique. Le rapport coût / bénéfice du Bien, conjoncturel, statistique, de dimension zéro, est définitivement incompatible avec le Bien structurel du système conscient. De nombreux conflits moraux découlent de cette ontologie plurielle et parallèle du Bien, dont l'indécision nous promet des débats animés pour mille ans encore 😊.

4 _ De ma propre expérience, pour avoir perçu et interprété pendant 17 ans l'osmose de mon environnement : la communication ciblée de ce panorama génial court-circuite la plupart du temps, faute de relief, en impact balistique, impressionniste. Cet impact peut se concrétiser en échantillon d'affection hyper-euphorisante, guimauve dégoulinante de sucre. Soyez imaginatif à défaut d'être lucide : lorsque Dieu verse du sucre dans votre esprit, à l'endroit critique de votre doute par exemple, ce sucre dimensionne une chanson mielleuse qui émerveille vos sens, comme « Heal The World » de Michael Jackson, le sucre étant un homothétique sensoriel d'une euphorie spirituelle. Vous saisissez maintenant le principe extrapolatif du génie finaliste : la dimension « sucre » s'extrapole en dimension « euphorie » qui métamorphose le média Michael Jackson, par opportunisme. Maintenant, vous pouvez vous passer de Dieu avec un simple alternateur 😊 : plus votre temps est inepte, plus son administrateur est basic, voire inexistant. C'est l'autosuggestion impressionniste.

1 _ Nous sommes en droit de postuler que certaines de ces dimensions sont transcendantes alors que d'autres seraient immanentes. Je vous ai évoqué l'immanence du Bien : le pragmatisme, extrapolable en sagesse, le légitimisme, indissociable de la véracité, auxquels on pourrait ajouter le moral et sa subjectivité volontariste. Mais le Bien a-t-il une dimension susceptible de le transcender ? Soyons intuitifs : pourquoi être pragmatique ? Parce que c'est sage. Pourquoi être sage ? Parce que c'est bien. Pourquoi faire le bien ? Parce que c'est bien. On appelle cela la récursivité, c'est-à-dire que le bien est sa propre référence. Soit, mais qui est donc son référentiel ? Inversons insidieusement la question : êtes-vous capable de vous administrer votre propre mal consciemment ? Oui, c'est possible, en fumant des cigarettes, je m'administre mon propre mal. Pourquoi ? Parce que cela écourte ma vie. Soit, mais la vie ne représente pas qu'une quantité, une durée, elle a une autre dimension, essentielle : sa qualité. En outre, il est envisageable que le bien immédiat subtilise l'argument de puissance au bien de long terme, davantage déterminant que puissant : la banque préfère naturellement prêter à court terme, en dépit de la masse d'intérêts, sans que l'on puisse la taxer de défaut de jugement ou de calcul. Et si je décide de me pincer le bras, pour provoquer une douleur, ce mal opprime ma volonté, certes, mais elle est alors transcendée par une autre volonté, masochiste elle, en somme la volonté reste incorrompue (faites un bras de fer loyal entre votre main gauche et votre main droite, le résultat sera probablement subjectif 😊). On pourrait en dire autant de ma véracité, dont je ne peux douter sauf à émettre une véracité transcendante, et mon réalisme que je ne peux dénier, sauf à le censurer par un réalisme transcendant, comme lors de la remémoration d'un rêve. Le neurone du mal est biologiquement exclu par mille et un dispositifs sécuritaires, mécanistes comme finalistes, dimensionnels comme corpusculaires. Toujours est-il que l'impossibilité technique de m'administrer mon propre mal induit un bien systématique, systémique, certes, mais qui reste subjectif, non transposable au bien absolu, en soi : je peux toujours administrer le mal d'un autre, en tout mépris ou en toute antipathie.

2 _ Je vous propose de vous extraire du temps pour envisager le théorique comme un matériau.

Le principe anthropique faible est tautologique, bien que peu éloquent. Il dit à peu près : « Je pense, donc les conditions nécessaires à cette pensée existent », et « je pense » devient le préalable de l'étude : notre cosmos a subi la sélection de ce préalable, car il lui est tautologiquement impossible de ne pas héberger notre pensée. Et la probabilité structurelle de ce cosmos subit l'érosion théorique de son minimalisme suffisant, moins coûteux en « si », en hypothèses et donc en improbabilités. Un principe de simplicité très intuitif : si on découvre un tournevis sur Mars, l'explication la plus plausible a priori est aussi la moins coûteuse en conditions (on s'est fait doubler par les chinois 😊).

Mais la mutation du principe anthropique en moteur paradoxal débouche sur une conception plus dynamique : « plus ma pensée est rentable, plus la condition de cette pensée est probable, et plus cette condition se plastifie et se médiatise. ». Ce n'est plus l'éveil précaire, ponctuel, mais la rentabilisation cognitive qui fait partie du préalable de l'étude. L'indéniable, c'est-à-dire la stricte sensation organisée en perception et impression, est susceptible, de proche en proche, de nécessité en nécessité, d'évidence en évidence, de phagocyter l'en-soi, « déniable », en le soumettant à son modèle et à sa propre digestion.

3 _ Pour conclure sur l'extrémité du doute, voici une évidence appréhendable : les mêmes causes produisant les mêmes effets, si l'univers est possible, ou tout système isolé, alors il devrait avoir une infinité de frères jumeaux. Une infinité d'épisodes des feux de l'amour : c'est intellectuellement insupportable . La réponse à ce problème intuitif peut être d'un nihilisme déconcertant, réduisant notre réalité à sa seule qualité de prototype idéel, encyclopédique, sans localité ni personnalité, et nous affranchissant définitivement de l'approche empirique, doctrine inhérente à la faiblesse infantile de notre perception. Voilà ma limite du doute (là j'suis à fond 😊) : si l'univers était réel, ou tout système isolé, alors il aurait une infinité de frères jumeaux, et pour que ce ne soit pas le cas, il doit incarner l'absolu de cet infini, d'une carne analogique avant d'être réelle.

Néguentropie naturaliste et tabou décisionnel

C'est difficile à croire, mais il n'y a pas de pilote dans l'avion : ni le politique ni le technique ne contrôle la dynamique du monde. Ce spectacle de marionnettes ne connait pas de marionnettiste. Je vais vous le développer. Le politique pare au plus urgent, il passe la serpillère chez la veuve et l'orphelin 😊, et il fait du temps long, il investit dans les infrastructures du troisième millénaire, à 1% d'intérêts, pour ne pas fausser ses appels d'offre plus juteux (à bulletin secret : c'est de la potion magique, lui seul en a le droit) 😊. Son génie fiscal accélère les vertus et décélère les vices présumés des flux naturels, mais jusqu'à la limite de la rupture démocratique ou du refoulement naturel compétitif et productiviste : le génie fiscal n'est pas un champ de maîtrise, de décision, mais un réseau d'aiguillages, tributaire des desseins naturels et des moteurs individuels.

Voici un florilège de non-évènements et de presque bonnes idées qui viennent enrichir notre culture de l'inertie en mouvement. _On injecte des liquidités dans la trésorerie d'entreprises, ou celle de potentiels investisseurs, en les défiscalisant, en espérant que cette trésorerie investisse rentablement, et en priant pour que cet investissement crée de l'emploi pérenne : cette chaîne transformatrice est extraordinairement hasardeuse et dissipatrice d'énergie, et nous invite vigoureusement à la transe de la danse du ruissellement 😊. _On crée les 35heures, et du coup, on gèle les salaires, jusqu'au rattrapage des gains de productivité : opération blanche pour le pouvoir d'achat, retard sur la compétitivité. _On augmente les salaires, et du coup, on augmente l'inflation, jusqu'au nivellement de cette nouvelle solvabilité, comme l'augmentation de 1 euro des APL augmente mécaniquement les loyers de 0.7 euro . _On peut aussi subventionner l'emploi (ou greffer un moteur électrique à l'éolienne pour qu'elle tourne plus vite 😊) : « ton emploi s'autofinance à 80%, je finance les 20 autres, puis je te ponctionne à 37% obligatoires, 55% réels, d'où une plus-value fiscale !!! » 😊 Le problème c'est que j'ai ainsi injecté un malus dans l'environnement économique, par manque à gagner, et que j'ai offert un effet d'aubaine aux opportunistes. _On moralise les revenus, celui des footballeurs par exemple, et résultat : les clubs français n'ont gagné qu'une seule coupe d'Europe en quarante ans 😊. _On encadre les loyers, et du coup on tarit l'offre, et on la dénature pour des formes plus rentables. _On vous a dit qu'un jour, les machines travailleront à votre place. Mais on a omis de vous dire qu'elles ne travailleront pas pour vous . Les rêves XXL de nos aînés, de 68 à Woodstock, étaient trop vierges d'un certain réalisme post-technologique : on ne peut pas gagner davantage que sa propre valeur-ajoutée, sauf effet de confiscation. Le chanteur Antoine est étonné qu'il n'y ait toujours pas de Club Med sur la Lune. Mais à quoi bon coloniser un astre qui sera toujours hostile et austère, sinon pour créer un peuple d'esclaves ? Vous voyez bien que l'initiative politique est conditionnée, contrecarrée voire neutralisée par l'offre et la demande, et que la subvention, de l'offre comme de la demande, est dissipatrice d'énergie, voire toxique.

La nature, ce chaos ordonné de l'offre et de la demande, serait donc antagoniste au dirigiste : ce n'est pas si vrai, et même si ça l'est, c'est souvent à raison plus qu'à tort. Si, par exemple, de nombreux employeurs discriminaient les femmes malgré leur compétence, alors celui qui les embaucherait réussirait mieux que les autres, car ses coûts seraient moindres, du fait de la décote féminine : le darwinisme des marchés corrige l'arbitraire despotique des décideurs. Le naturalisme libéral joue pour les méritants, malgré l'antériorité contractuelle de la valeur marchande sur le mérite (le mérite est un sous-ordre émergeant). On voit ici apparaitre la différence entre l'approche empirique, la « discrimination des femmes compétentes », et l'approche rationnelle, la « sélection des femmes compétentes », difficilement transmissible faute d'objectivation. L'algorithmique peut offrir une telle approche, faire émerger, par exemple, un déterminisme sans l'avoir formalisé.

La Nature, qu'on objective toujours à tort, c'est la capacité du non humain et du non conscient à créer localement de l'ordre à partir du désordre, de l'énergie noble à partir d'énergie vulgaire, du sens à partir de stimulations (une néguentropie locale), capacité qui évoque un choix, par l'anthropomorphisme d'une sélection de fait. Si je clique aléatoirement sur Internet, de lien en lien, sur Youtube par exemple, serai-je attiré par les vortex de la popularité, de l'hyperactivité, du voyeurisme, du business, de la facilité, les uns n'excluant pas les autres ? Voilà une métaphore appliquée de l'ordre naturaliste, inconscient, dont la neutralité improbable équivaudrait à la souveraineté du libre-arbitre, mais dont le trou noir gravitationnel illustrerait l'aliénation. Le champ des possibles est irréel, et pourtant il se manifeste, et il est insidieusement incurvé, jusqu'au vortex gravitationnel, malheur à la passivité 😊. Si la Nature n'était pas si belle, je dirais qu'elle nous a tendu un piège, mais si beau 😊. La Nature, c'est à la fois ce qu'on comprend en dernier, et ce par quoi tout a commencé : le moteur paradoxal où l'avant et l'après, le dehors et le dedans, le tout et le particulier, peuvent s'inverser dans une géométrie non euclidienne d'où seuls peut émerger la gratuité : la téléportation, tant fantasmée par la science-fiction, relève d'une de ces géométries non euclidiennes. Or si vous faites travailler votre imagination, vous verrez qu'elle sous-entend une gratuité énergétique, qu'il vous suffira de plastifier et de signifier pour pouvoir l'extrapoler.

Les équations différentielles sont partout où il y a une grammaire rétroactive, linéaire ou circulaire, motrice ou inhibitrice. Elles sont tantôt exponentielles, tantôt stables et cycliques. L'évolution exponentielle fait rêver comme elle fait peur. Et du fait de sa plus grande simplicité, et de son spectacle fantasmatique, elle est plus aisément transmissible, télégénique. Or, dans un système contractuel, l'évolution cyclique est plus répandue que l'évolution exponentielle. Prenons un exemple connu : « si on ne fait rien, un jour la Chine possèdera le monde entier », on craint l'exponentialité de l'investissement. Sauf que l'importation affaiblit la solvabilité de l'importateur et augmente celle de l'exportateur, jusqu'à l'équilibre légitime, la bilatéralisation du commerce, le transfert budgétaire de la demande, et la naturelle réindustrialisation. Quelle étrange époque qui nous fait croire que les choses ne valent pas assez cher, et qu'on vit trop longtemps. 😊 L'évolution exponentielle, quant à elle, n'est pas infinie, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, et l'infini n'est pas un réel, c'est une notion. La loi de Moore est une bonne illustration : la puissance des processeurs double tous les deux ans, mais seulement jusqu'à la capacité maximale de l'électron. Cette notion de capacité maximale évoque plutôt un modèle de Verhulst, qui « vouterait » l'infini. Le creusement des inégalités patrimoniale n'échappe pas à la règle : si je possède un million, je peux investir à 8% de rentabilité, mais si je possède un milliard, je ne peux investir qu'à 3%, d'où un schéma stabilisateur à grande échelle. La planète Terre ne peut globalement pas investir à un taux supérieur à la croissance mondiale, et sa balance commerciale est nulle. Si un gros porteur veut déstocker ses actions, il va en faire baisser le cours tout en les vendant, d'où là encore une rétroaction inhibitrice, et pourquoi pas la possibilité d'en dégager un levier régulateur, via la formule semi-arbitraire de variation des cours. Les gros porteurs perdraient individuellement et collectivement à se comporter comme des sauterelles, leur correspondant zoologique est plus proche du requin, plus inertiel, quand les Gafa se positionnent plutôt en « hibou des startups ». En outre, la responsabilité étant consubstantiel au pouvoir, on commence à faire payer aux très grands acteurs le coût de leurs externalités, signe qu'à l'ambition stratosphérique équivaut une responsabilité systémique, donc une personnification stabilisatrice de l'animal. Le schéma directeur de l'équation différentielle cyclique peut se réduire ainsi : + d'offre, donc - de demande, donc - d'offre, donc + de demande, donc + d'offre, etc..., la matrice est stabilisée 😊. Et l'approche rationnelle neutralise encore une fois le fantasme toxique de l'approche empirique. Pourquoi les gazelles ne disparaissent-elles pas sous la pression démographique exponentielle de leurs prédateurs ? Parce que la prédation raréfie la proie, ce qui raréfie les prédateurs, tout ceci jusqu'à l'improbabilité de leur rencontre, et donc la multiplication des proies, etc... Pourquoi le Soleil n'explose-t-il pas ? Mais en vérité, il explose en permanence, sauf que lorsqu'il explose, il se dilate et éloigne ses particules, cela raréfie la fusion nucléaire, puis il cesse d'exploser, se refroidit et se rétracte, etc... Pour enchaîner sur une métaphore : dans un moteur à explosion, l'équation différentielle exponentielle est contenue par une équation cyclique, elle lui est immanente. Cette grammaire est un prototype de vertu, bien que le malthusianisme inhérent à cette finitude imagée soit à relativiser, par l'élasticité réelle du contenant.

On a trop fantasmé sur l'omnipotence d'un méta-cerveau administratif de cent kilos, mais on s'est rendu compte que le volume cérébral connait une valeur optimale au-delà de laquelle il devient toxique voire contre-productif et onéreux. Les petites unités cérébrales périphériques des tentacules du poulpe offrent à cette créature une motricité spectaculaire. Les petites unités commando font également beaucoup de dégâts par rapport aux pertes (bien que le risque individuel puisse s'en retrouver accru). Nous vivons dans une réalité très étatiste, voire semi-collectiviste, dixit le taux d'imposition global (55%), la part de dépense publique (57%), et le niveau d'endettement. Mais la tendance générale, continentale, mondiale, est contraire à notre réalité, l'heure est à la cession au privé, et à l'autodiscipline des pouvoirs publiques, ça excite à la fois le souverainisme (j'fais c'que j'veux ! 😊) et le dirigisme populaire (je veux ce que tu fais ! 😊).

Le gaullisme disposait d'une légitimité tombée du ciel, il fallait administrer une ruine, en faisant vœu de solidarité et d'autorité, en centralisant le pouvoir, y compris industriel. Mais les temps ont changé : le chiffre d'affaire de certaines multinationales talonne le PIB de certaines nations moyennes, le nombre de millionnaires a décuplé (?), donc la responsabilité se diffuse dans la société. Le temps gaullien était un œuf nourricier, une coquille protectrice, (nutrition et sécurité sont les deux mamelles de l'ontogénèse), la matrice du modèle, mais dont l'émancipation et l'envol, rebelles comme réformateurs, libertaires comme libéraux étaient hors-champ. Avez-vous remarqué, comme moi, combien la liberté des médias est anti-corrélée au patriarcat charismatique ? Si les trente glorieuses étaient si glorieuses que ça, nous y serions restés. L'exécutif est passé du statut de patriarche au statut de leader, en cinquante ans. Mais ce n'est pas une régression, ce n'est qu'un différentiel de vitesse relative : c'est le CAC 40 qui a progressé, ce n'est pas l'Etat qui a régressé, mais seulement son autorité, rendue caduque par la responsabilisation collective. Droit et responsabilité évoluent en symbiose ratio-empirique, en co-factoriels : il faut être responsable pour obtenir des droits, mais il faut avoir des droits pour devenir responsable.

La flexibilité désengage et déresponsabilise les acteurs, ce qui permet de désinhiber le contrat, le rendre plus faisable, plus acceptable, en moduler les clauses. Les collectivités sous-traitent au secteur privé, ça leur permet notamment de se déresponsabiliser du personnel, de ses caprices, de son insubordination, de ses incapacités. On institue la mission de service public par un cahier des charges répressif et pénalisant. Qui a dit que le meilleur des mondes était pénible, difficile et coûteux 😊 ? Mais l'effet pervers c'est que la valeur de ce contrat dévalue aux yeux des autres, comme aux yeux du banquier et de l'assureur, mais aussi du conjoint. La visibilité contractuelle est un gage de solvabilité et de confiance. Comment emprunter avec un CDD ou un CDI Kleenex ? Le contrat est le liant de la société, l'électron de la cohésion, et sa compromission ou sa dévaluation constitue un préjudice structurel, d'où une limite supérieure du concept de flexibilité. La forte cohésion de la fonction publique amortit la crise, par la rigidité de ses contrats, autant qu'elle décélère la reprise, par l'inertie de sa rente fiscale et statutaire. Faut-il rappeler que l'inertie est la plus grande qualité d'une institution, avant d'être son pire défaut ? Imaginez un monde sans pesanteur, quelle aliénation 😊 !

Est-ce Simone Veil qui a fait l'histoire, ou est-ce l'histoire qui a fait Simone Veil ? Est-ce la route qui a fait le trafic, l'empire romain, ou est-ce le trafic, l'empire romain, qui a fait la route ? Les amateurs de jeux de civilisation savent de quoi je parle 😊. Induction et transcendance, les routes et Rome, l'œuf et la poule, entretiennent une relation bilatérale (du moins dans les démocraties représentatives 😊). L'un et l'autre sont indissociables, et je dirais même cohéritiers d'une équivalence identitaire. Techniquement : l'œuf aurait fait la poule empiriquement, et la poule aurait fait l'œuf homothétiquement, c'est-à-dire par projection analogique, par récursivité. Et là, ce sont les amateurs de mathématiques fractales qui voient de quoi je parle 😊.

Houra, le président a doublé les salaires 😊! Bouh, les prix aussi ont doublé . Pourquoi ? Parce que le salaire des uns c'est le prix des autres, et parce que la faiblesse de notre demande rétracte naturellement notre négociation du prix vers notre solvabilité (budgétisée). Le pouvoir d'achat des classes médianes est autofocus : l'intervention politique est largement vaine. Les gains de productivité vont naturellement dans la poche des actionnaires et des cadres : les machines travailleront un jour à notre place, certes, mais pas pour nous. Nous ne consommerons jamais davantage que notre valeur ajoutée ne vaut. Décidément, le prolétariat n'est pas une identité cohérente, puisque l'ensemble de ses membres ne souhaite que la fuir : internationale sera la participation, c'est la lutte finale pour l'actionnariat d'entreprise ! 😊

L'investissement est une chambre de combustion auto-réalisatrice, mais personne ne sait comment l'amorcer : une théorie différente pour chaque expert. Si cette technicité tourne en rond, c'est parce qu'il n'y a pas d'amorce sans appétence. Or si l'appétence précède la compétence, que dans un marché abondant, la compétence n'est qu'une intendance de l'appétence, il est impossible de la décréter, comme de décréter la confiance. « On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif ». Les américains sont aussi compétents que les européens, mais autrement plus appétents : plus on mange, plus la taille de l'estomac augmente, donc plus on a faim 😊, c'est différentiel. Un acteur économique responsable se doit de toujours manger davantage qu'il n'a faim, et de jouer avec la nourriture pour écouler la surcapacité 😊, et pour ne pas devoir payer deux places dans l'avion, car c'est la limite supérieure 😊. (La maigreur évoquerait-elle, comme la musculature, l'autodiscipline, la discipline la plus difficile, car elle oppose les volontés d'un sujet unique ?)

La zoologie a promu l'argument de préhension du primate via son érection et son volume cérébral. L'argument de puissance du gorille serait un non-sens autocentré (transposé au budget défense, le contre-investissement est relativement comparable 😊). La stratégie de la cohésion sociale du bonobo a aussi ses limites théoriques, sans doute parce que les flux filiaux s'en retrouvent indifférenciés, désengagés, mutualisés, sans contrepartie, et donc ralentissent l'évolution, ralentissement qui devrait croiser à la baisse l'évolution inexorable de l'entropie du génome (celui qui n'avance pas recule). Si la Nature ne faisait jamais d'erreur, il n'y aurait pas autant d'espèces qui disparaissent, sans descendance. L'allongement de la maturation des mammifères structure l'apprentissage mais ralentit les générations, donc les combinaisons, d'où une limite inférieure et supérieure, qui nécessitent un positionnement stratégique. La fidélité des femelles offre une valeur contractuelle à l'utérus, d'où une dimension plus personnelle, plus humaine, du géniteur, mais jusqu'à son possible pourrissement monopolistique. On a la culture de sa nature, comme on a l'histoire de sa géographie. Cro-Magnon a tout essayé en matière de mœurs. Nous sommes les survivants de ses échecs, d'où une présomption d'innocence légitime envers la tradition 😊. L'argument de préhension du primate est transposable : l'argent et l'intelligence sont des arguments de préhension relativement homothétiques. Toutes ces considérations darwinistes sont transposables aux acteurs économiques et sociaux, à condition de remplacer l'évolution du génome par la sélection de la décision et du travail. Le moralisme est une composante culturelle qui s'est longtemps opposée au spectre des valeurs darwinistes, en faisant valoir l'intérêt de ses exceptions. On peut rationnaliser cet intérêt : si on soigne un malade, il va certes polluer le génome en se reproduisant, mais il va produire une valeur ajoutée, en travaillant et en décidant, ou même juste en existant, qui sera supérieure au coût du préjudice et de la cure. Mais cette rationalité échappe aux ressorts moraux, dont le moteur essentiel est la douleur et la laideur. Le risque est que le moralisme devienne auto-référent (ou que le rêve devienne loi 😊), et qu'il finisse par se définir par opposition à la laideur morale autosuggérée du darwinisme.

Le propre de l'homme n'est pas dans l'homme : c'est la chambre de combustion individu / institution qui doit atteindre l'ignition (la rentabilité énergétique) pour amorcer le progrès ; c'est cette ignition, ce rendement progressiste, qui est le propre de l'homme. Il existe des gorilles capables de lire et d'utiliser deux cents mots, mais l'ordre social du gorille est incapable de l'enseigner : pas d'ignition, pas de progrès, pas de symbiose bio-culturelle. Le nerf de la guerre, ce n'est pas l'argent. Outre sa composante existentielle, l'argent n'est qu'un jeu. Le nerf de la guerre c'est le cerveau des enfants. Police, éducation, famille, services sociaux, psychiatrie, religion, médias, tous se livrent une concurrence plus ou moins loyale pour en obtenir une part, et amorcer leur ignition culturelle, civilisationnelle. La civilisation inhibe le primate, mais elle alimente et accélère ses moteurs par ailleurs. Pour conclure sur le darwinisme, et pour contrecarrer une idée reçue largement répandue : ce n'est pas la mort des moins adaptés qui fait évoluer les espèces, mais la promotion sexuelle des plus adaptés. Le darwinisme est donc une pulsion de vie, libre, mais une lumière aveugle de son ombre présumée absurde. La promotion sexuelle conscientise, subjectivise, esthétise et moralise la sélection naturelle, comme la demande moralise l'offre, même sans intervention collective. La reproduction sexuée a offert à l'évolution une explosion dimensionnelle et combinatoire qu'on n'avait pas vu depuis les pluricellulaires. Constatez également que l'approche technocratique de la chose humaine est une déclaration d'amour philanthropique, au même titre que l'approche psychologique, car le sujet humain coexiste avec la chose humaine et la personne humaine en une même entité.

On connait le PIB économique, mais on élude le PIB de l'esprit (et même sanguin) par défaut de mesure. Le PIB n'est bien entendu pas un gage de vertu (la cocaïne en crée), mais un gage d'accélération objective. L'accélération virile de l'humanité a été relativisée au 20 ème siècle politiquement (par le crime institutionnel), puis elle est en train d'être relativisée au 21 ème siècle, techniquement cette fois (par le réchauffement). Parallèlement, la révolution médiatique combinée à la révolution scolaire universelle ont tendance à développer l'esprit critique, notamment celui des femmes. Cet esprit critique est un contre-pouvoir, une contrainte naturelle qui tend à équilibrer et à assainir la dimension hormonale dominante, par un jeu de séduction, et parfois de contrition. Le célibat, c'est un peu comme un couple dont le conjoint manque de sens critique. Le pourrissement hormonal relève de l’insuffisance de cette dimension essentielle à s'autodéterminer. Cela étant, il est difficile d'émettre un jugement concernant le monopole hormonal de certaines nations rentières, dont l'ontologie est naturellement plus ou moins mafieuse.

Dans un monde de 7 milliards d'habitants, la nature engendre une ontologie mondiale cent fois plus cohérente que dans un monde de 1 milliard d'habitants. L'hétérogénéité est difficile à contenir, en dépit de son bienfondé ne serait-ce que thermodynamique, sa diversité, et l'homogénéisation se fait au profit d'une nature et d'une culture mondiales émergentes. L'osmose bat son plein, les biens et les personnes circulent pertinemment, mais jusqu'à quel niveau d'homogénéité cette osmose serait-elle gagnante ? Lorsque la télévision émet une phrase, quelle part de valeur ajoutée relève de la culture française et laquelle relève de la culture mondiale ? Impossible à dire : pour le savoir, il nous faudrait une France témoin que nous isolerions pendant un siècle (au contact de champignons pour bien fermenter 😊). Toujours est-il qu'intuitivement, il peut apparaitre à vos yeux que cette culture mondiale est considérable, pour ne pas dire dominante. Si le monde accélère à 3% de croissance, et que vous vous isolez, alors vous perdez toute l'accélération synergique pour tomber à 1%. Et ce qui est vrai pour les flux commerciaux est vrai pour les flux communicationnels, les maturités intellectuelles et affectives, et leur facteur culturel. A-t-on seulement le choix ? Le choix est déjà fait, mais il est modulable. Accueillir un immigré pour cinq ou six naissances nationales est un exemple possible de modulation technocratique, qui ralentit l'osmose en la régulant, mais sans la compromettre. D'autres dispositifs capitalistiques existent déjà depuis longtemps, dans les pays en voie de développement, pour ne pas se laisser siphonner leurs capitaux. Le régional résiste au mondial, en lui opposant son exclusivité. Plus politiquement, certains leaders régionaux provoquent régulièrement les leaders mondiaux, avec une insolence plus ou moins innocente, avalisés par leur peuple et non par leur matrice supranationale. Notez que les antagonismes majeurs persistants de la scène internationale sont Israël et la Corée du Nord, deux exemples d'antagonismes entre l'ordre régional et l'ordre mondial. Avec 5 membres permanents tombés du ciel, on rallie les autres au nom de l'ordre, davantage que du droit. Le conseil de sécurité a toujours le dernier mot, ..., mais aussi le premier 😊. Ne comptez plus les vides juridiques du droit international, comptez plutôt ses cohérences, c'est plus rapide, parce que ce ne sont pas des concepts qui sont au pouvoir, mais encore des arbitres .

L'autogestion assistée de notre macrocosme nous ferait presque regretter nos vieilles théories conspirationnistes, car malgré tout, ces super-consciences, centralisatrices du pouvoir, nous faisaient rêver, et nous fascinaient même 😊, alors que le chaos multilatéral inquiète.

Si le prix de la viande bovine augmente, et que le prix de la viande humaine baisse, et pour ne pas que le croisement de ces deux courbes ne rende nos lasagnes suspectes , injecter de la valeur dans l'animal semble aujourd'hui plus judicieux que lui administrer des droits et des subventions 😊. Le problème c'est que c'est la solution la plus difficile.

 

Le pilote de votre Airbus est aveugle. Mais point d'inquiétude, hommes de peu de foi : son chien le neutralise 😊. Volez dans les sillons de la Nature, c'est votre destin qui est aux commandes, il est d'une fulgurance écrasante 😊


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1 Commentaire


Commentaires recommandés

A part ça, ce ne doit pas être facile tous les jours pour toi de vivre avec un tel feu d'artifice dans la tête, non?

Ta tête qui me fait irrésistiblement penser à la surface bouillonnante  d'une eau pétillante sans cesse agitée par Les bulles de gaz que sont tes idées qui jaillissent dans tous les sens.. Je te décerne donc  le surnom du vichy célestins du forum.

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