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2036. Chapitre 6. Avant la mission (11).

Gouderien

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RÉSUMÉ DES CHAPITRES PRÉCÉDENTS :

 

La chaleur me ramollissant le cerveau, j’ai laissé tomber ce récit pendant les vacances. Comme je ne veux pas obliger le lecteur à tout reprendre, voici un bref résumé des événements :

Nous sommes en 2036, sous la présidence de Michèle Le Bihan, leader du Front patriotique. Gérald Jacquet, ancien membre des Forces spéciales et des Services de renseignement français, est journaliste au « Figaro ». Il a été « désigné volontaire » pour accompagner en Russie Sophia Wenger, extravagante diva britannique, pianiste et chanteuse lyrique, en fait agent du MI6. Sous le couvert d’une tournée de concerts, ils ont pour mission d’éliminer un chercheur russe considéré comme particulièrement dangereux, Anatoli Visserianovitch Diavol. En guise d’entraînement, Gérald se retrouve – pas vraiment de son plein gré – pour une semaine de stage au fort de la Pointe aux Lièvres, près de Quiberon, en Bretagne. Ce qui lui rappelle des souvenirs…

Bien entendu - et c'est valable pour l'ensemble de ce roman - toute ressemblance avec des personnes ou des lieux existants ou ayant existé ne saurait être que pure coïncidence. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant...

 

Comment définir un individu comme l’adjudant Ramirez ? Gérald avait rencontré un certain nombre de salauds dans sa vie, suffisamment pour maintenant les reconnaître à première vue – enfin, la plupart du temps. Mais quand il avait débarqué à la Pointe aux Lièvres pour effectuer son stage commando, et qu’il avait rencontré Ramirez, il était encore jeune et inexpérimenté. Oh, l’adjudant ne s’était pas attaqué à lui – un type aussi baraqué, et qui en plus portait tatoué dans le dos un portrait réaliste du monstre sans doute le plus hideux de l’histoire du cinéma, c’était bien trop dangereux pour lui. En plus d’être un salaud, Ramirez était un lâche – cela va souvent ensemble. L’adjudant préférait des proies faibles, et sans défense. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, des gens faibles et sans défense, on en rencontrait, dans une caserne vouée à l’entraînement des Forces spéciales.

Tout cela se passait vers la fin des années 2010, une période où la féminisation de l’armée était déjà largement entamée, et où le politiquement correct régnait (encore) en maître ; mais apparemment, il n’avait pas atteint la Pointe aux Lièvres. L’adjudant Ramirez était une brute avinée, trapu, musclé, l’œil aussi noir que ses cheveux coupés très court. Il faisait partie de l’équipe de sous-officiers qui étaient chargés de l’entraînement général des stagiaires, mais en plus il avait une spécialité : les arts martiaux. Il était ceinture noire de judo, de karaté et de jiu-jitsu, et il suffisait de le voir à l’œuvre pour comprendre qu’il n’avait pas déniché ces titres dans une pochette-surprise. Mais s’il maîtrisait l’aspect technique des arts martiaux, il n’était assurément pas imprégné de leur esprit… Sa première victime fut le brigadier-chef Delphine Di Méo, qui était gendarme. Le rêve de cette jeune femme était d’intégrer le GIGN, et pour cela le stage commando était une formalité – enfin plutôt une épreuve – indispensable. Gérald la trouva tout de suite très sympathique. Mais telle n’était pas l’opinion de l’adjudant Ramirez. Plus tard, avant de quitter la caserne, elle raconta à Gérald que le sous-officier avait tenté de coucher avec elle ; comme elle avait refusé, elle était devenue son souffre-douleur. En fait il y avait aussi une autre raison à ces persécutions, car elle avait été l’une des rares personnes à apporter son soutien à une autre des victimes de Ramirez, que nous évoquerons ensuite. Sous le moindre prétexte, il lui infligeait des punitions, des heures de trou, ou bien faire dix fois le tour de la caserne en petite foulée ; lors des marches, il chargeait son sac à dos plus que celui des autres. Tellement bien qu’elle finit par aller se plaindre au commandant. Elle savait très bien que dans l’armée en général, et à la Pointe aux Lièvres en particulier, on n’aime pas trop ce genre de démarche, et que cela lui vaudrait obligatoirement un mauvais point dans son dossier. Mais elle était à la veille de craquer. Ramirez se fit passer un savon de la part du commandant, mais il fallait être bien naïf pour penser que cela le calmerait. Deux jours plus tard, au cours d’une séance de judo, il immobilisa la jeune femme sur le ventre en lui tordant un bras derrière le dos ; il força un peu trop sur sa prise, et lui cassa le bras… Elle quitta le dojo en pleurant, soutenue par deux camarades, dont Gérald, pour gagner l’infirmerie ; le lendemain, le bras dans une attelle, elle quitta la Pointe aux Lièvres, pour retourner dans son unité d’origine.

C’était une affaire scandaleuse, mais l’adjudant Ramirez pouvait plaider l’accident, et c’est ce qu’il fit quand, bien évidemment, il fut convoqué par le commandant du fort. De la part d’un professionnel aussi expérimenté, l’hypothèse était peu crédible, mais personne ne put prouver le contraire.

Cependant, Ramirez s’était déjà trouvé une autre victime, qu’il avait repérée bien avant le départ de Di Méo. Cette fois, c’était un homme : Mounir Djedoui. Aux yeux d’un abruti, raciste et homophobe, comme l’adjudant, Djedoui cumulait un triple handicap : il était arabe, musulman… et gay. Si Gérald comprenait assez bien les raisons qui pouvaient pousser un type dans son genre à s’engager dans l’armée pour fuir les persécutions des racailles de sa cité natale, par contre, les circonstances qui avaient fini par l’amener au fort de la Pointe aux Lièvres lui demeuraient mystérieuses, d’autant que, contrairement au caporal Di Méo, il ne nourrissait aucune ambition de s’engager dans le GIGN ou un autre corps prestigieux.

Mounir Djedoui n’était pas un musulman très pratiquant – par exemple, s’il ne mangeait pas de porc, par contre il lui arrivait de boire de l’alcool. Il est vrai que vouloir faire carrière dans l’armée et ne pas être capable de boire une bière de temps en temps avec les potes, cela semble incompatible. Quant aux cinq prières quotidiennes qui sont le lot des croyants, il s’en acquittait plus ou moins, suivant les circonstances et le temps disponible. Donc il lui arrivait de prier deux, trois fois par jour, quatre fois le vendredi, jour sacré des musulmans. En fait, Mounir n’était pas le seul musulman dans la caserne – le contraire aurait été étonnant. Il y en avait plusieurs autres. Eux aussi priaient, plus ou moins fréquemment, et s’accommodaient du mieux qu’ils pouvaient des différentes obligations de leur religion. Cela pouvait parfois devenir très problématique, surtout en période de ramadan…

Après la vague d’attentats qui avait endeuillé la France au début des années 2010, on avait craint un déchaînement de haine antimusulmane. Ce n’était heureusement pas arrivé. A l’époque, on imaginait, un peu vite, qu’on avait triomphé de l’islamisme. La vague de terreur de l’automne 2020, qui contribuerait largement à la victoire électorale du Front patriotique aux présidentielles de 2022, n’avait bien sûr pas encore eu lieu.

Mais en plus d’être musulman, Mounir était gay. Comment Ramirez l’avait-il su ? Ce n’était pas écrit sur son visage. A croire que les salopards comme Ramirez possèdent une sorte de sixième sens – ou qu’il était lui-même un homo refoulé, ce qui est encore possible. Dès le premier jour, l’adjudant avait appelé Mounir « petite tapette », ce qui avait déchaîné les rires de tous ses camarades. Ils n’étaient pas vraiment homophobes – en fait, parmi eux il y avait même certainement d’autres gays, sauf qu’eux le cachaient mieux. C’était juste ce vieil instinct de meute, qui fait que l’on se réjouit d’être comme les autres et qu’on crache sur ceux qui sont différents. Ramirez l’avait appelé « petite tapette », et Mounir n'avait pas protesté. Dès ce moment, il était fichu. Plus tard, Gérald lui avait demandé s’il était vraiment gay, et Mounir, la tête baissée, lui avait répondu que oui. Pourquoi lui avait-il posé cette question idiote ? Il n’en savait trop rien. Par curiosité, sans doute.

Donc Mounir Djedoui était devenu la bête noire de Ramirez. Et à la Pointe aux Lièvres, un sous-officier sadique pouvait vraiment pourrir la vie d’un soldat…

Mais Gérald n’avait pas très envie de penser à l’adjudant Ramirez. Il but quelques bières avec Leduc, et lui raconta quelques-uns de ses reportages les plus mouvementés. Au milieu de la conversation, Leduc dit soudain :

-          Tu as su que Bokanofski était mort ?

Gérald pâlit. Décidément, l’adjudant avait le don pour réveiller les vieux souvenirs. Oui, il avait su que le lieutenant Bokanofski était mort – après tout, il était journaliste.

-          Oui dit-il, je l’ai appris. J’ai même assisté à la cérémonie donnée en son honneur aux Invalides.

Ça s’était passé sept ans plus tôt, en République centrafricaine, pas très loin de la ville de Batoko. Le véhicule blindé du lieutenant avait sauté sur une mine antichars posée par les rebelles islamistes. Aucun des quatre membres de l’équipage n’avait survécu. Une commémoration solennelle s’était déroulée dans la cour d’honneur des Invalides, et le ministre de la Défense avait épinglé sur les quatre cercueils recouverts du drapeau tricolore la médaille de chevalier de la Légion d’honneur.

« Jojo » Bokanofski, encore surnommé « le Petit », était un colosse blond de près de deux mètres de haut, avec des muscles en proportion. Gérald, qui était pourtant loin d’être un gringalet, semblait rapetisser quand il se trouvait à côté de lui. Comme son nom l’indiquait, il était de lointaine ascendance polonaise – un de ses ancêtres était venu de Pologne travailler dans les mines de charbon du nord de la France, un siècle plus tôt. Quand Gérald l’avait connu, il n’était encore que sergent, mais il songeait déjà à faire une école d’officier. C’est ce qui s’était effectivement passé, comme en témoignait son grade de lieutenant. Bokanofski était un type brillant, très intelligent, et tout le monde lui prévoyait un grand avenir. En plus doux comme un agneau malgré son physique impressionnant, le genre de gars qui ne ferait pas de mal à une mouche. A se demander ce qu’il faisait dans l’armée. Une seule chose pouvait le pousser à se mettre en colère : l’injustice. Et s’il se mettait en rogne, là il valait mieux se planquer…

Bokanofski avait été le meilleur ami de Gérald à l’armée, avec Leduc bien entendu. Mais quelque chose de spécial le rattachait au « Petit » : à eux deux – et personne d’autre n’était au courant, sauf l’intéressé bien sûr, même Mounir Djedoui ne savait pas tout -, ils avaient réglé « l’affaire Ramirez ». A l’époque Gérald avait été plutôt content de lui, et même fier, mais plus les années passaient, et plus il avait tendance à revenir sur ce jugement… Il ignorait ce qu’était devenu Ramirez ; tout ce qu’il savait, c’est qu’il avait quitté l’armée. Était-il même encore vivant ? Ce n’était pas sûr, et en fait il ne voulait pas le savoir. Mais le monde est petit, et un soir, des années plus tôt, il avait croisé l’ex-adjudant, près de la place de la République. Maigre, mal vêtu, tassé sur lui-même, les cheveux sales, il avait l’air minable. L’homme avait blêmi en l’apercevant, comme s’il avait croisé le Diable, et immédiatement fait demi-tour…

Ils gagnèrent le mess, et pendant le repas continuèrent à parler de Bokanofski. Comme Marion, bien évidemment, ne l’avait pas connu, ils racontèrent quelques anecdotes à son sujet. L’homme avait ses aspects comiques, comme sa propreté méticuleuse ou sa détestation absolue – étonnante chez un pareil gaillard - des souris et autres rongeurs, et finalement, la bière aidant, ils rirent beaucoup. Et puis, après avoir un peu regardé la télévision, Gérald regagna sa chambrée. Il n’était pas vraiment un couche-tôt, mais ici les nuits pouvaient être courtes…

Lundi 18 août 2036.

A son grand étonnement, le journaliste passa encore une nuit paisible. Il se réveilla à une heure normale, encore tout étonné qu’on ne l’ait pas tiré du lit sans ménagement à deux heures du matin pour l’envoyer crapahuter au fin fond de la forêt bretonne.

La journée commença comme la veille, avec le salut aux couleurs suivi du petit-déjeuner ; ensuite, une heure de sport, puis un cours théorique également d’une heure afin de mettre en garde les stagiaires à propos des méthodes modernes de manipulation. Après cela, avant le déjeuner, deux heures de tir avec différentes armes : armes de poing, fusil automatique, pistolet mitrailleur. Après le repas de midi, on passa aux choses sérieuses, avec un parcours du combattant.

Si Gérald avait eu besoin d’une confirmation du fait qu’il n’avait plus vingt ans, il l’aurait trouvée au cours de cette épreuve. D’un autre côté, il savait à quoi s’attendre, car le terrain n’avait guère changé depuis sa jeunesse. Certains obstacles avaient été supprimés, mais d’autres les remplaçaient, et globalement la difficulté n’avait pas baissé, ce qui fait qu’il se retrouva rapidement à la traîne. Le parcours du combattant du fort de la Pointe aux Lièvres était assez différent de celui que l’on trouvait dans la plupart des casernes de France. Les obstacles étaient plus larges ou plus longs, les fossés plus profonds, les murs à escalader plus hauts. Une sorte de pont de singe, comme on en voit maintenant dans certains parcs de loisirs, reliait deux arbres, sur une distance d’une centaine de mètres, et à une hauteur de cinq ou six mètres. Il fallait avancer sur un câble, tout en se retenant à un autre câble placé deux mètres plus haut. Ce n’était pas si difficile… à condition bien entendu de ne pas avoir le vertige. Gérald n’avait pas le vertige, et donc la traversée ne lui posa pas de problème. Mais elle lui rappela des souvenirs…

Normalement, les hommes étaient assurés pendant cette épreuve par une sangle à cliquet fixée à la ceinture et au câble supérieur. Mais l’adjudant Ramirez avait décrété que ça, c’était bon pour les tarlouzes, et que les vrais hommes n’en avaient pas besoin. Quand vint le tour de Mounir Djedoui, il se trouva paralysé sur la plate-forme de départ ; car le soldat Djedoui souffrait de vertige.

-          Alors petite tapette, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ? lui lança Ramirez d’en bas.

Djedoui fit un pas mal assuré sur le câble, mais on voyait qu’il était complètement paralysé par la terreur. Tous ses camarades, ceux qui avaient déjà franchi l’obstacle comme ceux qui attendaient, le contemplaient avec des sentiments divers, certains se moquant franchement de lui, d’autres, plus nombreux, compatissant à ses problèmes et cherchant à l’aider.

- Ne regarde pas en bas! cria quelqu'un.

Mais regarder en bas, il ne faisait que ça, et plus il contemplait le vide plus il était tétanisé.

Excédé, le sous-officier grimpa sur la petite plate-forme de bois, puis commença à donner des coups de pied au malheureux pour le forcer à avancer. Djedoui progressa de quelques mètres. Ramirez le suivit, continuant à lui balancer des coups de pied pour le pousser en avant. De plus en plus médusés, les autres soldats suivaient cette scène surréaliste. Bokanofski fut le premier à réagir. Il alla se placer juste en-dessous du pont de singe. Gérald le rejoignit.

-          Il va se casser la gueule, grommela le géant blond entre ses dents.

Le brigadier-chef Di Méo était là aussi – c’était quelques jours avant que l’adjudant Ramirez ne mette fin à sa présence au stage en la renvoyant dans son unité avec un bras cassé –, et elle semblait particulièrement scandalisée par ce spectacle révoltant.

Djedoui fit encore quelques pas. Il semblait de plus en plus terrorisé. Ramirez le suivait, et continuait à lui balancer des coups de pied avec ses rangers cloutées, tout en l’insultant. Au bout d’un moment, tout le monde commença à se demander s’il cherchait à le faire avancer ou à le faire tomber. Tant bien que mal, Djedoui gagna le milieu du pont de singe, toujours suivi par le sous-officier hurlant. Il tremblait de tous ses membres. Du fait de toute cette agitation, les câbles oscillaient, ce qui devait encore ajouter au malaise du malheureux.

Un autre sous-officier était présent.  C’était le sergent Sabatier, qui assistait Ramirez dans la supervision du parcours du combattant. Ce n’était pas un abruti comme Ramirez, mais il n’était que sergent, et bien plus jeune que l’adjudant, et jusque-là il s’était bien gardé d’intervenir. Mais il dut sentir que les choses allaient mal se terminer, car il dit :

-          Laissez-le continuer, mon adjudant. Je suis sûr qu’il va y arriver.

-          Mêlez-vous de ce qui vous regarde, Sabatier, répliqua sèchement l’adjudant.

Néanmoins, à partir de ce moment, il cessa de balancer des coups de pied à Djedoui, sans doute parce qu’il était conscient que son collègue l’observait. Soulagé, le jeune soldat sembla recouvrer un peu le moral. Il avança encore de quelques mètres… et puis l’un de ses pieds glissa, et il tomba…

Directement dans les bras de Bokanofski, qui se trouvait juste en-dessous. Djedoui n’était pas très épais, et le géant blond le posa à terre comme si c’était un fétu de paille.

-          Merci ! fit Djedoui, haletant et soulagé.

-          De rien.

Mais à ce moment, Ramirez, qui avait rejoint la plate-forme et était descendu à toute allure, se rua vers Bokanofski, l’air fulminant.

-          Pourquoi vous l’avez rattrapé ? rugit-il. Je ne sais pas ce qui me retient de vous mettre huit jours.

L’adjudant était nettement plus petit que Bokanofski. Ce dernier le toisa de toute sa hauteur, et le regarda avec une expression d'absolu mépris, l’air de dire : « Toi, je vais t’écraser comme une merde. » Ce n’était pas une menace, c’était une promesse. Gérald en resta médusé – et l’adjudant aussi, qui pâlit et baissa les yeux. Puis il fit quelques pas de côté, balaya tout le monde du regard comme pour vérifier qu’il ne manquait personne – ou pour défier qui que ce soit de rajouter un mot -, et finit par dire :

-         Bon, on continue.

 

 


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