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Je n'est rien à dire

Tequila Moor

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Espoir, le pile d'une pièce dont la face
Est la peur. Espoir ? Si vaine attente du mieux.
La peur ? Si vaine attente du pire. A mes yeux
Voici deux illusions que notre crâne brasse.

Nous, tels des pantins ballottés par l'une ou l'autre
Ou même tierce attente, ne devinant guère
Si ce qui nous meut est coup de vent ou pervers
Marionnettiste, fil à la patte ou je nôtre.

Quand nos défauts ne sont que configurations
D'un chaos de synapses mariées aux neurones,
Idem de nos qualités : leurs oppositions
Ne sont que relapses. Leurs vérités sont clones.

L'erreur ? S'estimer être de par nos croyances,
Fiertés, culpabilités, désirs ou dégoûts :
Toute autre marotte à laquelle prendre goût
Fera autant l’affaire – au fond quelle importance ?

Nous, mîmes nés ; dépendants de déterminants
Qui nous dépassent, fixent l'espace et le temps ;
Ce qui nous définit ? L'adaptabilité :
Cerveaux guimauves, interchangeabilité.

S'en suivre ? Je n'est rien à dire –
Sans suite : illusion à maudire.

Las, n'étant que pages blanches, bien asservies
Par l'écrivain qui nous malmène, nommé Vie,
Qui en ratures se démène, par brouillons
Nous amoindrit : en ces rôles que nous jouions…

Jouons… Jouerons… D'essais continuels en thèses
Déchues. Acteurs qui déçoivent – en fin se taisent.
Sans cesse jetés dans l'abîme du néant,
Jamais réels chefs d'oeuvre dont Vie soit content.

Amère pensée qui pousse à chercher refuge !
Quand memento mori paralyse à gogo,
Il en est qui préfèrent cultiver l’ego
En projets... Frivolités... "Après eux, déluge"...

Mais comment être fiers de ce qui en résulte ?
Comment font ceux qui de leurs petits je exultent ?
Comment donc croire que les produits d'un modus
Operandi soit des personnes ? Un rébus

Possède plus de sens que le hasard de naître :
Pourquoi sur ce dernier poser socle de l’être ?
Eclosons – rien ne nous appartient, quand famille,
Patrie, société sont langes qui nous habillent.

S'en suivre ? Je n'est rien à dire –
Sans suite : illusion à maudire.
Ce rien dit : conscience où mourir.

Nous n'aurions plus droit à cette grâce, immortels :
L'ennui de savoir de quoi est tissé demain,
Fixés infiniment dans nos je éternels,
L'ennui de nous retrouver en tout ce qui vient

Serait révélation de notre absence au monde.
Essayant tout : sexe, encéphale, corps changeants...
Et connaissant tout, pris dans le désoeuvrement.
Tous identiques, la conscience moribonde

Quand le "moi" enfin, de son rang d'allégorie
Descendant s'incarner dans le marbre et l'ébène,
Se dévoilerait comme nous multiple : aporie.
Ô que science jamais ne nous rende pérennes !

Certes, rien ne sert de dénigrer le futur
Mais tellement peu savent qu'ils ne sont que spectres :
Ils ne voient du progrès que les points de suture,
N'entendent pas qu'il se jouera d'eux comme un plectre.

Lors, le pire des maux n'était pas dans la boîte,
L'espoir n'était qu'un leurre et la peur se tient coite :
Cause ? Première personne du singulier
Se croyant déifiée : morgue du séculier.

S'en suivre ? Je n'est rien à dire –
Sans suite : illusion à maudire.
100 suifs de chandelle... Applaudir
Ce rien qu'on dit : science, ou mourir.


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3 Commentaires


Commentaires recommandés

La peur nous empêche d'espérer, d'avancer... vieux réflexe ancré. C'est le "je" menacé.
Quand elle est écoutée, elle permet de se connaître un peu mieux. Je ne sais pas s'il existe des solutions. Le changement intérieur est complexe et long.

Gardons espoir... 

;)

Il paraît que : "Tu es la personne la plus importante de TA vie"

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Le 14/06/2017 à 18:51, zera a dit :

J'ai lu le titre de ton écris suivant.... J'ai eu une vision : "Je n'est rien a dire" "T'es twa alors !"

"T'es toi quand tu parles"

Merci pour ta vision, vu qu'elle m'a plus ou moins donné l'occasion d'en remettre une couche sur l'idée autour de laquelle je tourne, dans une nouvelle charade. ;)

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