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Lego-Trip

Tequila Moor

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Quand je vous vois, mon inconnue, je vous voue ma foi, épicée et crue.
D'autres ne perçoivent rien or moi, j'admire une déesse :
Une simple femme, un regard, d'insolents seins, un sourire, une démarche, de sublimes fesses…
Et même si tu n'es pas celle qui m'assujettira en vie,
Ta féminité est une dentelle qui soudain attise mon envie.

Tu incites au désir et aux jeux de l'amour.
Je t'offre mon plaisir : je le perds dans tes atours.
Je veux te faire resplendir, que brûle ta flamme en ce jour.

Je saurai m'oublier pour te porter toujours plus haut :
Te faire jouir et crier deviendra mon unique credo.
Mais sans être égoïste : te rassasier me suffira,
Jamais je ne serai triste… même si mon f.l.o.w ne jaillit pas.

Car j'aurai vu ton corps s'enflammer,
Se perdre et se retrouver,
Puis senti ton ventre descendre et monter,
Exploser en chaleur moitée.

Vos soupirs seront ma récompense :
Mon âpre tendresse sera ainsi vôtre.
Et après le plaisir, et dans l'inconscience,
Nous reposerons l'un contre l'autre :
Après l'un dans l'autre, enfin l'un avec l'autre.

 

Si vous êtes arrivés jusque là, je vous tire mon chapeau : vous l’aurez en effet remarqué, ce poème est plat comme une galette bretonne sans beurre salé, et d’un convenu qui frise l’indécence. Ne m’en veuillez pas trop : il s’agit d’un écrit de jeunesse, le genre où on met tout son sérieux là où il faudrait du frivole...

Mais ce n’est pas l’intérêt littéraire du texte que je souhaite aborder, plutôt mon envie du faire-jouir de l’époque : c’est croquignolet n’est-ce pas ? Dans ce texte, je me la jouais à fond Sex Machine (stay-on-the-scene) blablabla : vrai petit soldat de l’amour, qui croit que vouloir faire jouir l’autre va suffire.

Imaginez la demoiselle qui lit ce texte, écrit par son amoureux : soit elle a grave envie de se foutre de sa gueule ; soit elle est amoureuse, aussi. Dans ce cas, vu les efforts qu’il se fait fort de déployer, tout du moins l’affirme-t-il, que pensez-vous qu’elle va faire ? Bingo ! Vous avez tout bon. Simuler.

Et au bout d’un moment, on a beau être un idiot congénital, on a comme un doute... Mais on est vraiment idiot, alors on pose la question à sa chère & tendre, en espérant que non. Et on reçoit une réponse affirmative, vlan ! Qui fait mal à l'ego – ce dernier devrait d'ailleurs s'écrire lego, tant il se construit. Passons.

Donc oui, il lui arrive de simuler. Cependant, en creusant un peu, on en arrive à se demander quand donc l'orgasme féminin est devenu synonyme de virilité. Car c'est bien le sujet : le mâle, de nos jours, n'est plus celui qui en a une grosse mais celui qui sait provoquer chez sa partenaire l’automatique émoi – les deux n'étant guère incompatibles, en sus.

Or c'est con, comme façon de voir les choses, surtout à une époque où les femmes peuvent connaître très bien leur corps, et donc atteindre l'orgasme facilement. Et dans les faits, toutes mes amantes furent à même, soit de me diriger quand j'étais trop nul, soit de m'utiliser comme un jouet. Ce qui n'est guère désagréable, et prouve qu’elles ne croyaient point en mes nazes poèmes – les malines !

Peut-être, ce qui devrait être demandé à l'homme, ce ne serait pas de savoir faire jouir la femme à coup sûr, mais plus simplement de ne pas oublier la jouissance d'icelle en ne s'occupant que de son bon plaisir : une règle d'élégance en quelque sorte, accompagner madame vers l'orgasme en voulant bien attendre un peu au lieu de décharger comme un malpropre au bout de 7 secondes et 13 dixièmes.

Alors comment cela se fait-ce, que l’homme ait maintenant consigne de faire jouir, que cette injonction soit devenue plus importante que sa propre jouissance – car synonyme de virilité – et qu’elle puisse générer en retour obligation pour la femme de simuler la jouissance ? Vu comme ça, on atteint des sommets de complexité en terme de ressorts psychologiques pervertis, n’est-il pas ?

Sans compter que la jouissance de l’homme passe au second plan. M’enfin bon... Pour monsieur, il paraît que c'est facile. Tout du moins, c'est l'opinion généralement partagée par toute une chacune. Probable que ce soit une opinion fausse, mais c'est un autre sujet – tout comme l'est le fait que l'homme peut simuler aussi, ou le fait qu'éjaculation ne signifie pas toujours orgasme. Hmm ?

Bref j’arrête là, surtout que je viens de tartiner 2 pages A4 pour un sujet qui tient sur un ticket de métro usagé, et qui pourrait fort partir en vrille vu la haute teneur en testostérone de quelques lecteurs. Evitons juste, si c’est possible, les discussions passionnantes sur les recettes de chacun et chacune, n'est-il pas ?

Allez, je vous laisse avec :air_kiss: de circonstance, musique & Champagne !

 


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6 Commentaires


Je n'ai pas bien compris l'alternance entre tu et vous (si possible sans effusion de sang, la moquette est toute neuve) dans la partie en vers, mais c'est un chouette truk.

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A vrai dire, moi non plus. Je n'aime pas ce poème liminaire, et ce n'est pas faute de l'avoir retravaillé... Y'a toujours un truc naze, donc j'ai laissé tomber : c'est pourquoi il introduit le reste du texte, le but étant que la partie prose soit plus intéressante que la partie vers, ce qui ne serait à mon avis pas possible si le poème était top moumoute.

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Je n'ai pas aimé le vous voue et le moitée (tu sais comme j'aime critiquer par contre).

Pour le reste, je suis la dernière à pouvoir donner un avis. Sauf que non, un orgasme pour une femme ce n'est pas facile, même en connaissant son corps. C'est 75% dans la tête, et la tête c'est fragile.

C'est d'ailleurs pour ça qu'on peut s'aimer sans orgasme ou même sans sexe. Cet avis n'engage que moi et c'est un débat. Mais il pourrait peut-être être vous rassurer sur ces questions de virilité.

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Et je suis ce sujet alors que j'entends la voisine du dessous crier son extase (ou le simuler). VDM

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Lili, je me permets de te poser une question indiscrète, libre à toi d'y répondre ou pas :

Te donne tu parfois du plaisir toute seule, avec ta main par ex, en caressant ton clitoris, jusqu'à l'orgasme ?

Tu dis qu'un orgasme pour une femme n'est pas si facile ? Même en connaissant son corps, or excuse moi, je ne voudrais pas te froisser, mais justement, je connais mon corps, et c'est très facile pour moi d'avoir des orgasmes, rien qu'en masturbant mon clitoris, ce n'est pas pareil pour toi ? Si ce n'est pas le cas, c'est peut être parce que tu ne l'as pas assez frictionné régulièrement, ce que je veux dire, c'est que pour avoir de bonne sensation au niveau du bouton clitoridien, faut l'éveiller, le travailler, et après tu verras tu obtiendras plus facilement des orgasmes . Faut juste le stimuler souvent au début, pour le sensibiliser, puis après tu pourras le laisser tranquille,

et en profiter avec ton chéri, car lors d'une pénétration, si ton compagnon, frôte avec son bas ventre, lors des va et vient ton clitoris "éveillé" dans la position du missionnaire par ex, et bien tu pourras jouir facilement ainsi. Et ton sexe lors de l'orgasme palpitera tout le long de la verge de ton compagnon. C'est un bel orgasme.

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Ocytocine, en fait je crois bien ne pas avoir besoin d'être rassuré sur la question de la virilité : cette dernière est avant tout une construction sociale, comme la féminité donc, qu'on prend sur soi et avec laquelle on tente de se débrouiller, avec son lots d'injonctions, de modèles de comportement, d'interdits et de tabous, etc... C'est d'ailleurs, mais sans ambition & de façon réduite, le thème principal de ce texte : j'aimerais bien dire que je me fiche de la virilité, mais c'est comme le sur-moi, on ne s'en débarrasse pas comme ça.

Sinon, je peux assurer que jouir, pour un homme ce n'est pas si facile non plus, et c'est aussi dans la tête. Fut une époque, je fis l'expérience de me masturber sans évocation de fantasmes, me forçant à ne penser strictement à rien d'excitant, me concentrant seulement sur ce que sentait mon corps. Résultat des courses : c'est laborieux, ça ne marche pas toujours, et même si ça permet d'apprendre quelques trucs sur la mécanique de sa chair, il est faux de dire que nous ne sommes que des machines. Brain is the old sexy. :D

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