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Fragmentation

Tequila Moor

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Fange.

Elle se dresse, observe la tristesse qui gronde, la verve insondable, belle de sable

Mais qui devra pourrir, que des roses perlées viennent à refleurir ?

Novae en interlude
Impression d'une certitude
Yeux clos, des sensations défilent
Progresser un peu, de cent, de mille

À suivre, la pente immaculée
L'aurore étoilée
À chaud, la surface est lisse
Exponentielle en supplice

Entré en elle il n'y a pas longtemps
Resté, en se sentant bien
Ressenti les premières nuées, les premiers crachins
Un pylône se tord sous un ciel rouge sang
Sorti enfin, se voir arriver de loin
Sans dents, et à tombeau ouvert
Venu quérir la chair et les vers

Être une vieille courtisane
Coeur séduit, fleur qui fane
Rire du ventre crâne

Autant que ces anches lassent
Enfante, et les heures fassent
Oh Temps, que tes anges cassent

Et à la brûlante fosse
Nos corps suivent l'arythmique
Tes nus et Thanatos
Succombent à l'hypnotique
Calcification des os
D'une bienvenue rythmique

Bonheur enfoui
Les fées s'enfuient
Solitude au zénith
La plénitude se mérite

Tard, quand la tempête est là
Le propre des cités s'en va
Encore le choix

Prends et accélère
Remonte la colère
Danse la chimère

Dedans est le don
Anathèmes qui t'appartiennent
Suivront les sermons
Les miens seront les siennes

Au loin les chiens chient leurs foies
Du sang est en gage
Faut trouver sa foi
Sinon devenir otage

L'envie est là, simiesque de blancheur
Vif et argent, miasme des flûtes
Douceur divine

Quel bonheur, ce corps qui se force
On convoite cette amorce
Et nos choeurs charrient l'air, atroce

Les nerfs partis dans l'au-delà
Seul reste horrifié, Scylla
Qu'un trop-plein l'emplisse
Que ses yeux se plissent
Une ascension aiguisée, écarlate
Sourire suspendu, et moite

Seuls, sur une terre déserte
Serrer ces âmes offertes
Luxure d'une anatomie
La Pitié, antinomie

Mouvements soumis à l'accélération
Les départs se jouent à l'unisson
Fission ou fusion ?

L'aurore est faible
Dirait la fable
Semence friable

La vie crie dans la fureur
Pluie qui trouble, les yeux pleins d'une lourdeur
L'herbe ruisselle, cheveux trempés de sueur

Le monde est en transe, là
Le long des sirènes
La mort de l'enfance, ça
Remonte dans nos veines
En elle est la souffrance
En elle la loi
Elle, la Haine

Avoir l'acide en dedans
Ronge et mords, suintant
Noeud des amants

Femme, tu crieras l'arme
Et blesser la larme
De fond, charnier de charme

Parcourir, aller et suivre
Les entrailles sont monotones
Morbides dans leur course
Errantes, les artères s'arrêtent
Tout est calme
Cautérisé

Je...

 

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Bande son :

THE DOORS – "L.A. Woman"


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9 Commentaires


Commentaires recommandés

La fin est curieuse. C'est marrant parce que hier, justement, je m'imaginais écrire un truc dans lequel je finirai en plein milieu.

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Dépend comment on le lit : pour moi, ça finit la première fois que le mot "je" est utilisé, pour signifier que la fragmentation est terminée, et que la personalité se recompose. Mais le texte est suffisamment fragmenté pour pouvoir y lire beaucoup de choses, je pense...

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Tu te lances dans le surréalisme, en fait! J'dis ça parce que j'ai lu que c'était un truc que les surréalistes aiment bien, fragmenter, c'est tout, hein :sleep:

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Ah mais ça ne me dérange pas, de faire du surréalisme ! De toute manière, dès qu'un truc écrit est imbitable, on peut dire que c'est du surréalisme, ça ne mange pas de pain. :smile2:

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Tuttutttutttt !!! Y'a que moi qui ait le droit de dire que mes trucs sont imbitables : de votre côté, vous devez utiliser le vocabulaire ad hoc, qu'on sort dans les cas où on se dit qu'il n'y a rien à comprendre - voire que c'est de la branlette - mais qu'on a envie de rester poli... surréaliste, oulipesque, dadaïste, cobraesque, que sais-je encore...

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