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Auto-mutilation

Tequila Moor

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Tout le jour, sans secours, y penser en retour :
En attente de l'instant de solitude,
Un simple repli sur soi en interlude.
En gravir le vide, gravide à l'intérieur,

Souffrir à en pourrir de la vie par frayeur.
Choisis-tu la mort ? Oui mais non. Pas encore.
Donc ritualise ces actes sur ce corps :
Lancinante endurance, à vif de patience,

Cuire. Sentiment visqueux, désir belliqueux,
Vouloir mourir : une raison pour survivre.
Naissance qui sauve, impulsion, voie à suivre –
Spirale lacrymale d’un ailleurs létal !

Et rêver aussi à ce qui pourrait être :
Aux amours, aux amis, dans un autre monde.
Échecs merveilleux pour vouloir disparaître :
Se haïr au mieux quand la douleur te sonde.

Offrir à la vie ce qu'il y a de pire –
Offrir à la vie ce qu'il y a de meilleur.

 

Celle qu'ils imposent nous soulève le cœur,
S'imploser – silence – loin des regards voyeurs :
Censurer l'angoisse, en face de soi-même.
Mentale glace, corps noyé dans l'extrême :

Son contrôle pour but, ou vouloir qu'il mute.
Foi en l'externe estime : anti-souffle intime.
Puis ne savoir le vrai en ce siècle exposé :
Pas d'accord, en raccord on se fait exploser.

En tout chant, papillon derme, bourgeon de sang :
Emonder une épine en ce monde abhorré.
Morbidité remède à la sordidité :
En dedans, encore s'épargner pour un temps.

Mini récompense d'un esprit méprisé,
Qui horrifie à l'envi ceux censés l'aimer.
La douleur s'éveille dans l’état terminal,
Le vertige impose un état paranormal.

Tu n'as trouvé que ça – oubliant l'autre "ça".
Tu trouvas au moins ça pour chasser l'honni "ça".

 

Mais que refroidit sur ta peau endolorie –
Traces de cire ou cigarette, incisions ?
Quand le froid métal s'échauffe à ta peau meurtrie
Ou que les larmes s'entêtent en ta vision.

Aux sourds qui bien sûr assurent nous entendre :
Idiots qui affirment, infirmes, comprendre...
Vomissons à nouveau notre entière aversion,
Car aucun ne s'inquiète de nos diversions.

Et ce soir encore, ici, mutiler ta vie,
A l'instant, mutiler ta chair en réaction.
Et ce soir encore, mutiler ton esprit :
Instant de solution auto mutilation.

 

Choisir la saignée ? Débuts seront faciles.
Choisir la cognée ? Suites seront hostiles.
Il en faut des efforts, être persévérant,
Pour souffrir sans confort et convenablement.

Rejette ce que ressens via ce que tu fais,
Affronte épuisement via ce qui t'effraye.
Conserver l’onction, lors, qui t'assure un piège –
Honnir cette fuite, hors, qui te désagrège.

Ensuite oublier la honte d'avoir fait ça,
Se persuader que c'est la dernière fois.
Alors, abandonnons nos mortifications,
Au loin évoluons, au mieux que nous pourrons.

Il faut apprendre à s'aider mutuellement,
Demain s'épandre, oublier d'être indifférent.
Expérience fusion, partagée attraction :
Ensemble, érosion tendre en nos miroirs béants.

Notre plus grande faiblesse est notre force –
Notre plus grande force est notre faiblesse.



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12 Commentaires


Commentaires recommandés

Merci.

C'est assez dur de développer, l'intérêt étant justement dans l'oxymore, mais je vais essayer : à mon avis, le processus de l'automutilation est une forme de remplacement de celui du suicide. C'est à dire qu'on a envie de se détruire, de se punir de façon définitive, mais on repousse justement le moment où cela pourrait devenir définitif, en se blessant ou se brulant, etc... Chaque acte de mutilation est donc un succédané de celui du suicide. Dans le même temps, la douleur qui résulte de blessures que l'on s'inflige apaise un peu la douleur mentale, ce qui donne une possibilité temporaire de continuer à vivre, ou plutôt de continuer à survivre, puisque les angoisses sont juste rejetées à la lisière de la conscience et que l'envie de mourir va revenir.

La limite de mon oxymore est que, plus on passe du temps dans une routine de l'automutilation, plus les actes deviennent graves, mais aussi plus on a honte de ce qu'on fait, et donc plus cette honte coupable ajoute à la souffrance mentale d'origine - ce qui fait qu'on se rapproche de plus en plus du moment où l'on passera définitivement au suicide. Mais mine de rien, j'avais envie d'être le plus positif possible dans ce texte...

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Oh, mais l'espoir manque à ces gens-là, c'est bien normal.

Tequila Moor, il me semble que tu comprends pas mal les choses.

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@ Ocytocine : je ne vais pas dire quelque chose de très original, mais à mon avis l'espoir est soit dans une thérapie (mais encore faut-il trouver la bonne) soit dans l'amour. Je ne sais pas si on peut se sortir en solitaire d'une telle situation. Peut-être, j'espère en tout cas. Tu connais quelqu'un de concerné ?

@ Jedino : je dis aussi pas mal de conneries, haha ! Plus sérieusement, il paraît que j'ai une relative sensibilité qui me permet parfois de comprendre intuitivement certains comportements, mais de façon limitée cependant. Or, vu que ça s'accompagne de mes propres comportements que je suis incapable de déchiffrer et qui ont posé quelques problèmes, à moi ou à mon entourage, j'aurais préféré ne pas trimbaler ce paquet encombrant. Disons que ça permet d'écrire quelques trucs pas trop mauvais, c'est déjà ça.

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Non. Et même : à mon avis, écrire peut empirer un éventuel mal-être.

Pour bien écrire, quand bien sûr j'écris à propos de choses intimes, il faut que j'aie de la distance par rapport à ce que je veux coucher sur papier. Si j'écris à propos d'un état que je suis en train de ressentir, ça ne fera que l'amplifier, comme si je fouillais dans une plaie ouverte : donc ça peut être encore plus douloureux, et de plus il n'y a aucune garantie que l'écrit produit présente un quelconque intérêt littéraire. Autrement dit, c'est nul !

Et quand j'écris avec du recul, je mélange le matériau de base - celui avec lequel j'ai de la distance - avec d'autres éléments, donc cela ne m'aide pas en tant que tel : le moment où j'avais besoin d'aide est dans ce cas passé.

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Les participants à ce sujet le savent, j'y ai été faire ma pub de façon éhontée, en balançant le lien vers ce texte... :o° Merci pour l'appréciation !

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