<?xml version="1.0"?>
<rss version="2.0"><channel><title/><link>https://www.forumfr.com/blogs/b1519-humeurs-vagabondes.html</link><description><![CDATA[<p>
	Des besoins d'écrire et de décrire, un défouloir plus un boudoir pour s'émouvoir et ne plus broyer du noir, l'écriture sans fioriture ni forfaiture, simplement dire
</p>]]></description><language>fr</language><item><title>froidure</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7892-froidure.html</link><description><![CDATA[<p>
	Le lever du jour, cette pointe de lumière froide et blanchâtre qui vous tire d'un sommeil agité. Se lever sans trop croire qu'une journée sera différente de l'autre mais se dire qu'à chaque jour suffit sa peine. Marcher sur le parquet froid, pieds nus. Se diriger vars la salle de bain et tomber sur un souvenir d'un moment passé délicat en compagnie d'une belle qui vous a rendu beau un soir, une après midi, là dans cette salle de bain, dans cette douche. Moment sensuel et intime où les mains se croisent, où les corps se collent pour mieux s'apprécier. Prendre sa douche puis s'habiller avant d'aller déjeuner...prendre son café et manger ces tartines grillées...cette odeur délicate qui vous rappellent ces moments passés à programmer la vie, programmer des envies ou tout simplement proposer de partir sans savoir où aller à la dernière minute...
</p>

<p>
	Alors on prend son balluchon et on part seul comme s'il fallait conjurer le mauvais sort...on y met ce boitier photo et ses objectifs, le trépied, un sandwich à l'improviste et on part vers l'océan pour prendre la lumière la meilleure, celle du matin...comme avant, comme quand on était deux...la matinée passe, on marche, on photographie les voiliers et leurs mâtures pour saisir l'instant...comme avant...et puis à un moment on s'assoit, on regarde devant soi et l'on contemple le vide...on se met à parler seul..."que fais-tu là?"...
</p>

<p>
	On repart alors, on est perdu, on ne sait plus...a-t-on su un jour ce que l'on faisait ? Avant on pensait pour deux, aujourd'hui on est toujours deux mais cette fois-ci, la deuxième est cette peste de solitude avec soi-même.
</p>

<p>
	Alors on rentre chez soi...on revient vers cette salle de bain et le souvenir revient frapper à la porte...la douche chaude glisse sur la peau, déclenche des frissons qui n'ont cependant rien de comparable avec ceux des étreintes charnelles. On se glisse dans un peignoir...on se regarde dans la glace : la tristesse est marquée sur le visage, le temps est aussi passé par là...on s'approche pour voir les détails...oui elle est bien ancrée sur le regard, sur les lèvres...
</p>

<p>
	On se couche doucement comme pour mieux maîtriser la froidure des draps. On aimerait se réchauffer contre un corps serré contre soi, mais non rien...alors on se recroqueville sur soi-même et on cherche le sommeil désespérément...il finira par venir avec son cortège de cauchemars martelant le ridicule de son penseur...
</p>

<p>
	la froidure du matin, la froidure du soir...la froidure d'une vie qui reste pourtant à vivre.
</p>]]></description><guid isPermaLink="false">7892</guid><pubDate>Wed, 26 May 2021 13:49:01 +0000</pubDate></item><item><title>L'estime</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7891-lestime.html</link><description><![CDATA[<p>
	L'estime de soi, savoir ce que l'on est, ce que l'on vaut. Se regarder dans une glace le matin et voir ce corps sans relief, trop ceci ou pas assez cela. Ce visage aux joues rondes et rouges qui ne dégage aucun charme, aucune sensualité, aux traits si fades et si insipides qu'il rendrait beau le visage le plus mutilé que l'on ait vu. Se dire que l'âge a fait des ravages, les excès de la vie aussi, le peu d'estime qu'on lui a apporté se voit dans chaque parcelle de ce corpus turpi. Voir les autres corps et se dire qu'on ne le supporte plus, que cette carcasse finirait bien à l'équarrissage comme la carcasse d'un bétail dont on ne veut plus.
</p>

<p>
	L'estime de soi, savoir ce que l'on est, ce que l'on vaut quand on a entendu maintes et maintes fois son géniteur répéter que l'on ne vaut rien, que l'on est qu'un pauvre garçon sans intérêt. On a beau avoir un métier diplômé, des qualifications dans ses passions mais ne plus avoir confiance en ses qualités personnelles. Toujours se comparer pour tenter d'aller plus loin, vers la perfection, être exigeant avec soi même pour se dire qu'on ne vaut rien parce qu'on n'arrive pas aux objectifs fixés, comme pour donner raison à celui qui dit que vous ne valez rien. Se trouver nul et se recroqueviller sur soi et renoncer, encore et toujours renoncer.
</p>

<p>
	L'estime de soi, savoir ce que l'on est dans les yeux des autres. L'altérité est une chienne qui ne vous laisse aucun droit à l'erreur. Vous avez construit une carapace pour ne pas montrer votre sensibilité, vos faiblesses dans votre estime personnelle. Et puis vient le temps du partage charnelle et se comparer encore et toujours, pas assez efficace même si votre partenaire vous dit que vous pourriez satisfaire n'importe quelle femme, mais vous doutez, vous pensez qu'elle le dit pour ne pas vous blesser...alors la séparation amène les rencontres d'un soir, d'une pulsion partagée mais qui n'aura pas de lendemain...car en fait votre "performance" n'est pas à la hauteur de la libido de votre nouvelle partenaire...alors vous vous rabougrissez encore plus sur vous même.
</p>

<p>
	Au final, on se déteste, on se hait, pas besoin de quelqu'un en face pour vous rabaisser, vous êtes conscient de votre médiocrité...alors il y a bien l'amitié...oui l'amitié...on vous trouve toujours un "mec bien", mais un mec bien qui dort seul, qui ne sait plus ce qu'il vaut, mais l'a-t-il déjà su une fois dans sa vie ? A-t-il entendu une fois de la part de celles partageaient sa vie qu'il était quelqu'un d'important, essentiel pour elles ? Non jamais...a-t-il entendu une fois son père, ce référent essentiel de la construction, dire qu'il était fier de ce que vous avez fait ? Non jamais...a-t-il entendu ses amis lui dire qu'ils étaient heureux de l'avoir à ses côtés parce qu'il comptait beaucoup ? Non jamais...
</p>

<p>
	Comment avoir de l'estime de soi quand vous ne savez pas ce que vous valez ? Comme s'aimer quand personne ne vous aime et vous le dit ? 
</p>

<p>
	L'estime est un concept destructeur quand elle n'existe pas...quand ce que vous faites au quotidien n'a plus rien d'exceptionnel et vous rend invisible...
</p>

<p>
	L'estime de soi devrait être estime par soi mais elle est avant tout estime par les autres dans une société qui ne vous estime pas, mais qui vous utilise.
</p>]]></description><guid isPermaLink="false">7891</guid><pubDate>Sun, 23 May 2021 18:42:54 +0000</pubDate></item><item><title>ne plus jamais</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7890-ne-plus-jamais.html</link><description><![CDATA[<p>
	la vie est une succession de choix, d'imprévus et de réalité. On fait des choix dont on dit qu'il ne faut jamais regretter, parce qu'ils sont le fruit de nos volontés. Mais leurs conséquences sont justes ce que sont nos choix. 
</p>

<p>
	Les échecs successifs de ces choix poussent alors à s'isoler, ne plus avoir confiance en autrui, ne plus avoir confiance en soi. On pense avoir l'amour de sa vie et puis il part parce qu'il n'est pas éternel. On est attiré par une belle, on saute le pas à deux et on déçoit l'autre : vient alors le moment où la réalité de nos choix nous rattrape. La personne est honnête et dit qu'il n'y aura pas de prochaine fois parce qu'au final la "performance" trop courte a été décevante...alors cela vous renvoie à la triste réalité de nos vies...
</p>

<p>
	On est né alors qu'on ne voulait pas de vous, votre enfance vous rappelle que vous n'étiez pas désiré, même avec tout l'amour d'une père les mots d'un père qui vous détruisent, marquent à jamais votre vie...vous vous devez d'exister aux yeux des autres avant d'exister pour vous...alors vous vous mettez à vouloir en faire encore et encore pour ne pas revivre l'exclusion...mais vous attendez trop des autres et vous n'êtes jamais satisfait du retour des autres. Vous avez l'impression d'être toujours trahis par les autres, que vous êtes seuls...plus rien n'a le goût du bonheur.
</p>

<p>
	Vous pensez avoir trouvé un équilibre avec cette aventure avec cette femme...mais dans un monde de performance, ne pas l'être sexuellement crée un rejet
</p>

<p>
	L'amour vous est impossible, les plaisirs charnels aussi...le rejet encore et toujours. Cette douleur dans la poitrine qui est dur et infiniment profonde que rien ne vous a souri, que rien ne vous sourira jamais au final...que la solitude est là bien présente...
</p>

<p>
	Vous en parlez à une psy mais cela ne déclenche rien chez vous parce que vous voulez être heureux et qu'on vous explique que rien ne sera possible sans apprendre vos malheurs...que la dépression est là, lancinante comme une peste qui murmure et qui attend gentiment que vous alliez mieux pour pouvoir vous en remettre un coup sur la caboche...
</p>

<p>
	Vous cherchez quelqu'un à qui en parler...mais on vous dit d'aller voir une psy parce qu'on n'est pas là pour vous aider moralement...on a encore le sentiment de rejet et de tristesse profonde d'être seul et qu'il faut apprendre à vivre avec cette tristesse...
</p>

<p>
	Alors ne plus jamais...ne plus jamais être amoureux d'une femme de peur qu'elle s'en aille. Ne plus jamais être attiré par une femme de peur de ne pas être à la hauteur. Ne plus jamais en parler à qui que ce soit de peur d'embêter le monde, de paraître chiant et négatif dans une société où l'on est prié d'être positif et qu'il faut se bouger...comme si on ne se bougeait pas déjà en temps normal tous les jours pour aller travailler, cuisiner et s'occuper du quotidien...
</p>

<p>
	Ne plus jamais avoir envie...même vivre n'est plus une envie.
</p>

<p>
	Ne plus jamais.
</p>

<p>
	 
</p>

<p>
	 
</p>]]></description><guid isPermaLink="false">7890</guid><pubDate>Sat, 22 May 2021 18:14:03 +0000</pubDate></item><item><title>couleur peau</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7856-couleur-peau.html</link><description><![CDATA[<p>
	Depuis le temps qu'ils se tournaient autour l'un l'autre, qu'il n'avait d'yeux que pour elle et elle de désir que pour lui. Comme la lune pour le soleil, toujours à se voir, jamais se rencontrer...et pourtant, la lune et le soleil se rencontrent alors...
</p>

<p>
	Cela faisait des jours et des jours qu'ils se parlaient sur le tchat d'un forum, loin des yeux mais pas loin du sourire à lire les mots de l'autre. Les taquineries devinrent plus fines encore au fur et à mesure qu'ils se découvrent, il y a une alchimie indéniable qui se crée. Comme une course effrénée de l'un vers l'autre...la palpitation, le rythme des sensations qui s'accentue, l'excitation de se retrouver derrière le clavier. L'envie de savoir qui est "elle" et qui est "il"...
</p>

<p>
	La vie rend possible ce que les autres estiment être pure folie : deux vies séparées qui se rencontrent par un beau week end du mois d'octobre...il l'invite chez lui, elle accepte...ils se sont uniquement parlés, jamais vus...ils se découvrent visuellement...
</p>

<p>
	"Il n'est pas un beau gosse" se dit-elle en le voyant...il n'est pas le genre d'hommes qu'elle aime en temps normal, il n'est pas canon...mais lui reviennent alors les mots sur le clavier...
</p>

<p>
	"Elle n'est pas taille mannequin" se dit-il en la voyant...mais il ne cherche pas un mannequin, il cherche à connaître une inconnue au clavier tellement trépidant. 
</p>

<p>
	Tous les deux se font la bise quelque peu intimidés de se voir enfin. Des sourires, des regards gênés, un silence...il l'invite à entrer prendre un thé. La discussion se porte sur ce qu'ils ont échangé il y a peu. Sur les banalités de la vie...pour mettre fin à cette situation somme toute agaçante pour qui l'a déjà vécue, il lui propose de lui faire découvrir les environs : une balade dans une ville, quoi de mieux pour parler de tout et de rien...
</p>

<p>
	Il la contemple à chaque seconde de cette rencontre de peur que le temps ne passe vite et que la belle s'en aille à jamais...pourvu que je lui plaise...
</p>

<p>
	Elle le trouve drôle, bavard mais, après tout, elle l'est aussi et le savait par les conversations et sent qu'il est quelqu'un de bien, posé et attentionné.
</p>

<p>
	L'après midi passe de maisons typiques en églises romanes en passant par la cathédrale gothique et une curiosité le long d'un fleuve remuant. Ils s'assoient sur un banc, proche l'un de l'autre...il oserait presque lui passer la main derrière les épaules mais il se retient...elle essaierait presque de poser sa tête sur son épaule après un éclat de rire mais elle se retient...le retenue est un signe prémonitoire de plus amples contacts...
</p>

<p>
	"Qui sait ?" se disent-ils chacun de leur côté...
</p>

<p>
	Le soir arrive et l'hôte a prévu de l'emmener manger dans un restaurant brésilien pour clore une journée magnifique...les regards se font de plus en plus complices et le vin argentin servi les désinhibe un peu plus...une chanteuse entame un classique de Chico Buarque...elle le prend par la main et l'emmène à danser : quelle drôle d'idée que voilà lui qui danse comme un pied...elle guide sa main sur ses hanches puis l'entraîne dans un corps à corps torride. Il sent son coeur palpiter de plus en plus d'être proche du sien...elle sent son corps réclamer plus de contact pour être peau contre peau..
</p>

<p>
	Le repas fini, il lui réserve une surprise : un bar à cocktail glacier...elle n'a plus de place pour une glace mais la gourmandise est ce qu'elle est...lui est attiré par un rafraîchissement plus antillais...la pièce est tamisée. Les sièges sont larges mais quelque chose de l'ordre de l'attraction attire ces deux aimants...qui deviennent inévitablement amants : lorsque le serveur apporte les commandes, ils trinquent glace contre rhum...et instinctivement leurs lèvres s'approchent doucement, de plus en plus près...se frôlent...se découvrent...le baiser est alors suave et langoureux...comme si toute la tension charnelle palpable dès leur premier mot ensemble se libérait dans une énergie folle.
</p>

<p>
	Le baiser fini, le goût de l'autre en mémoire, ils dégustent leur dessert...mais le retour se fera sans un mot...juste des regards et des sourires qui en disent long sur l'envie de ces deux là. Arrivés à l'appartement, les affaires jetées sur le canapé du salon, les deux se regardent comme si chacun attendait de l'autre un mot, une parole pour dire stop...mais rien ne sortit ni de l'un, ni de l'autre...alors les lèvres s'attirèrent encore et toujours, pour une lutte acharnée pour dominer l'autre...
</p>

<p>
	Il dégrafa doucement le chemisier de la belle, non sans la regarder pour s'assurer qu'il ne se méprenait pas...elle sourit pour lui dire qu'elle était d'accord pour aller plus loin...il sourit heureux de voir qu'ils étaient sur la même longueur d'onde sensuelle et sensorielle...Il découvrit une poitrine splendide, généreuse...il l'embrassa et vit qu'elle en était ravie. Leur étreinte devint plus fougueuse encore lorsque qu'elle s'occupa de lui enlever tee shirt et jean et vit qu'il était certes rond mais pas non plus hideux physiquement. Il lui déboutonna sa jupe et découvrit un petit ventre qu'il adora de suite :
</p>

<p>
	"elle n'est pas taille mannequin mais bon sang qu'elle est sensuelle à souhait" se dit-il...ils étaient faits pour être nus l'un contre l'autre...les jambes s'enfourchèrent à un rythme fou...puis il calma la température qui montait en lui...ne rien gâcher, profiter de cet instant.
</p>

<p>
	Alors, il lui embrassa délicatement le cou de ses lèvres posées et sentit une peau sucrée et salée...un régal pour lui...ses yeux au plus près de sa peau, il put en admirer pleinement la couleur du désir...il descendit alors sur sa poitrine puis ce petit ventre qu'il avait trouvé charmant et qui se donnait par la cambrure de la belle...il arriva alors au plus près de son intimité féminine pour y poser encore une fois ses lèvres puis sa langue pour la sentir vibrer sous ses aller et retour délicat...il peut la goûter alors pleinement et sentir le corps de son amante réagir pleinement. 
</p>

<p>
	Elle le regarda de sa position lui donner ce plaisir intense : il n'est certes pas le premier ainsi se dit-elle, mais il a cette délicatesse qui rend le moment sublime. Alors en échange de cette jouissance, elle le ramène vers lui pour à son tour lui donner du plaisir et faire de sa bouche un temple de sensualité et de délicatesse...il en bascule la tête à la renverse...
</p>

<p>
	Les deux corps alors se posent l'un à côté de l'autre sur le côté et vint le moment de faire de deux corps une union charnelle : lui entrant en elle avec la plus grande des douceurs et elle passant sa jambe gauche au dessus de celle de son amant...les mouvements du bassin sont délicats mais profonds, puis de plus en plus appuyés...elle ne tient plus, elle le bascule sur le dos et le chevauche mais elle aussi avec des mouvements amples et emplis d'une envie de fusion des corps...la cadence s'accélère encore et encore jusqu'à ce que les deux corps ne tiennent plus et jouissent à l'unisson...
</p>

<p>
	Fatigués de cette étreinte tellement puissante, les corps s'allongent, les visages se font face, les regards se croisent...chacun regardant la couleur peau de l'autre...instant magique et qu'on souhaite éternellement présent...la fatigue rend la belle endormie...lui la regarde encore en se disant qu'il a la chance d'avoir son âme soeur en face de lui, celle qui a la même couleur peau.
</p>

<p>
	Ils avaient la couleurs de la passion, la couleur peau
</p>]]></description><guid isPermaLink="false">7856</guid><pubDate>Fri, 16 Apr 2021 17:04:36 +0000</pubDate></item><item><title>voyage</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7850-voyage.html</link><description><![CDATA[<p>
	Allongé sur mon lit, droit comme un "i", le corps lourd et fatigué, usé par le temps et ses vicissitudes, les yeux fixés au plafond, je me perds dans mes pensées et je voyage. Je me rappelle de cette odeur de pain grillé le matin, le café qui chauffe sur le gaz et son odeur de caramel qui se dégage de cette cafetière à col de cygne jaune dans cette cuisine où une table trône en mélaminé recouvert de bakelite. Mon père assis à cette table fumant sa première cigarette de son paquet de gauloises brune sans filtre. Ma mère s'affairant déjà à préparer le repas dominical avant d'aller au marché. Mes yeux balayent la pièce machinalement comme si je l'avais toujours fait, mon regard est là mais je ne sens plus ce corps lourd et douloureux. Mon songe m'emmène alors vers cette école primaire que je revisite avec ses grandes portes vitrées et mes amis : Flavie, John, Hervé, Karim, Samuel et Karine. Ils sont là, ils me sourient, me charrient, me demandent pourquoi je suis là. Je revois le préau et les caniveaux de la cours où je joue aux billes. Je revois Flavie plus que les autres, un amour secret qu'elle ne saura jamais, un regret que je garde à jamais.
</p>

<p>
	Plus encore dans ce voyage, le collège où j'ai échangé mon premier baiser, où je revoie cette belle correspondante allemande aux cheveux blonds bouclés qui me sourie et qui me dit tout l'amour qu'elle a pour moi. Nos échanges de baisers tendres, de complicité, cette sensation d'être heureux et léger, oui léger comme un coeur porté par un sentiment d'une puissance telle que je le ressens dans son accélération. Le temps passe vite, très vite, trop vite, me voilà au lycée où je revoie cette belle jeune femme brune aux yeux noirs comme l'enfer qui me donnera la joie d'être père. Cette vie commune faite de projets évoqués et réalisés et ceux avortés...la douleur revient, mon coeur se serre, se pince douloureusement au souvenir d'un mois de juillet annonçant une vie commune déchirée. 
</p>

<p>
	La douleur fait place à l'allégresse d'une rencontre fortuite et envoûtante : le coeur se relâche et s'adoucit, se remplit d'envies et de sourires puis se resserre à nouveau pour contracter un corps qui se remplit de douleurs. Loin très loin de ce qu'une vie peut espérer...puis il se détache de moi et m'isole, me rend seul et abandonné. La joie de voir mes enfants grandir et devenir homme ne suffit plus à le combler de joie mais annonce une autre vie sur le déclin...
</p>

<p>
	Le voyage se termine, mon esprit et mes yeux reviennent à cette chambre où je suis allongé...je me rends compte que je viens de voyager à rebours jusqu'à cet instant, je me rends compte que j'ai voyagé à travers ma vie...le coeur s'emballe comme s'il voulait une dernière fois se sentir vivant, palpitant pour une cause...se rend-il compte de la raison pour laquelle il part au galop ? Le comprends-je moi-même ou vais-je encore me mentir ? Je dois regarder les choses en face : le dernier voyage commence alors...envie de revoir la mer et son immensité et les Pyrénées et leur majesté...envie de serrer mes enfants une dernière fois dans mes bras douloureux contre un corps meurtri. Envie d'embrasser une dernière fois celles qui m'ont accompagné pour les remercier de m'avoir permis de partager un bout de leur vie...ne pas avoir été à la hauteur jusqu'au bout...vouloir...vouloir...et puis le souffle devient court, le coeur ralentit, les yeux cherchent la lumière, la vie s'échappe peu à peu...la fin du voyage pour arriver à la destination qu'une naissance nous prépare...le dernier souffle d'une vie bien remplie mais de quoi ? 
</p>

<p>
	Un voyage est une rencontre avec soi-même. Nos vies sont des rencontres avec nous-mêmes.
</p>]]></description><guid isPermaLink="false">7850</guid><pubDate>Tue, 13 Apr 2021 15:41:51 +0000</pubDate></item><item><title>effluves crois&#xE9;es</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7847-effluves-crois%C3%A9es.html</link><description><![CDATA[
<p>
	J'avançais doucement, baguenaudant le long de la rivière. Le temps est doux et calme, les nuages s'amusent du ciel bleu mais le vent léger emporte avec lui ces empêcheurs de flâner en rond. La rivière s'écoule doucement faisant des clapotis délicats avec une légère écume rappelant que les arbres sont en fleur et délivrent leur pollen. Les senteurs sont présentes, les cerisiers, les églantiers et autres dégagent des parfums délicats et enivrants. 
</p>

<p>
	Ma promenade m'emmène sur un pont : je m'y engage et me pose tranquillement pour voir s'écouler l'eau sous le pont et je repense à ce pont Mirabeau de Baudelaire. Perdu dans mes pensées collégiennes et pensant que cette eau qui coule n'est jamais deux fois la même et que nos vies ne sont jamais les mêmes mais que des destins se croisent parfois, un parfum puissant et envoûtant m'arrive alors et me fait fermer les yeux, ma tête se redresse et se tourne contre le vent pour humer encore cette effluve formidable : je sens le capiteux de la fragrance, les épices, la rose et le bouquet d'ambre. Mes yeux s'ouvrent alors.
</p>

<p>
	Une femme de taille classique, à peine plus grande que moi, les cheveux noirs : on devine leurs longueurs car sa démarche les balance au creux de ses reins. Elle avait des formes à faire pâlir le plus prude des hommes : des jambes ni trop fines, ni trop fortes, des hanches larges qui invitent au plaisir des cambrures et une poitrine généreuse à souhait. Son visage paraissait oblong et les jours saillantes. La peau était blanche et ne semblait ne pas avoir vu la lumière du jour. Quelques imperfections sur ce visage mais cela le rendait encore plus mystérieux. Au fur et à mesure de son avancée, je découvris des yeux d'un vert splendide, cristallin : deux pierres précieuses dans un écrin charnel qui me sied.
</p>

<p>
	Elle me croise, me défie du regard, sourit en coin : sait-elle à ce moment quelles images j'ai de nous ? A ce croisement je vois ce visage imparfait avec des cicatrices : cette femme à la senteur du désir a dû avoir une vie remplit de souffrances. Elle n'est pas belle, non, elle est naturelle et n'hésite pas à montrer ce que la vie lui a fait subir. Elle n'entre pas dans le canon de la beauté que d'aucune cherche à avoir : elle a ces formes que certaines veulent gommer, ces imperfections que l'ont veut cacher, ces brèches que l'on veut poudrer. Rien de tout cela pour elle : elle veut se montrer sans fard, sans autre artifice que ce parfum. Cette femme est la beauté là où d'autres parlent de laideur ou au mieux d'imperfection. Elle est la femme que j'aime avoir à séduire, que j'aime à plaire : elle est ce que je désire le plus. 
</p>

<p>
	Une effluve sur un pont, des êtres se croisent, la beauté d'un instant qui reste dans la mémoire 
</p>

<p>
	.
</p>
]]></description><guid isPermaLink="false">7847</guid><pubDate>Fri, 09 Apr 2021 18:00:35 +0000</pubDate></item><item><title>L'adieu</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7841-ladieu.html</link><description><![CDATA[
<p>
	Il y a un temps pour tout, il y a un temps pour nous tous de dire adieu à une petite part de nos vies. Il est 21h, un dimanche soir classique, un week end tout ce qu'il y a de plus classique à ce détail près que leurs vies ne sont plus que côtoiement et non partage. Des mots durs, des actes forts, des envies différentes et différées, des peines qu'on ne partagent plus, des joies que l'on veut secrètes...plus rien ne jointe la vie à deux.
</p>

<p>
	On se tient par un fil, on se retient pas le fil du rasoir. On tente de recoller mais les bris sont trop nombreux et épars pour savoir par où commencer, par quoi commencer...reste les plaisirs de la chair, les hormones, il ne reste plus que cela de la fusion passée. Mais cela ne suffit plus à faire sens à deux. L'intuition que quelque chose d'irréparable va se passer...
</p>

<p>
	Une promenade en fin de week end a priori anodine qui arrive sur la discussion que l'on ne veut pas comprendre : l'une dit que le ras le bol est présent, l'autre n'entend que "rien n'est totalement fini", il ne faut surtout pas prononcer le mot fatidique, celui qui signifie qu'on ne revient plus en arrière mais que les chemins qui se sont croisés doivent se séparer. Rien n'est pire que de ne pas vouloir comprendre que le moment est venu : peur du vide, peur de se retrouver seul à nouveau, peur...peur...peur...
</p>

<p>
	Se dire que l'on est jeté alors qu'en fait on se jette mutuellement depuis des mois. Se dire que si on ne veut plus de nous c'est qu'on nous raye d'un trait de crayon d'une vie. On se sent seul, vide, la douleur est infernale, interne, destructrice, incommensurable. On sent qu'il y a quelqu'un d'autre mais comment en être sûr...la solution arrivera très vite : on annonce que le week end d'après un rendez-vous est fixé avec quelqu'un qui est présent dans la vie de l'autre depuis plusieurs mois, à distance...sentiment de trahison qui omet de rappeler au cerveau que l'autre n'est pas tout propre non plus et qu'après tout les signes étaient là depuis des mois...le week end arrive...elle ne rentrera pas le dimanche soir...elle rentrera uniquement parce que le travail est là...ce week end...un autre et puis un autre et encore un autre...une douleur terrible, impossible de mettre les valises dehors parce que les sentiments sont certainement là, présent, moins importants mais présents...l'aime-t-il encore ou est-ce la peur d'être seul qui fait qu'il croit qu'il l'aime encore ? Il n'en sait rien lui-même...
</p>

<p>
	Et puis l'histoire s'arrête là...pour elle...le bel l'a mise dehors mais elle n'aurait nulle part où aller...alors...l'autre accepte son retour...en ami...en amant...drôle de situation...drôle de mec...drôle d'histoire...un week end normal, un week end sans rien d'autre que le doute...encore et toujours le doute...croire en une seconde chance mais en se disant que c'est utopique...croire comme un imbécile que rien d'avant ne s'est passé...alors que tout s'est passé, tout est fini...un week end normal où elle part...prendre la décision encore et encore...lui dire qu'il ne tient plus à sa présence non pas parce qu'il ne l'aime plus mais parce qu'il est jaloux de la perdre...alors elle doit partir...mais la violence de la nouvelle la prend de froid...les portes claques, la communication est coupée...se reverront-ils ? Il n'en est pas là...il doit se reconstruire seul...mais il l'a en tête comme un enchantement, une sorcellerie dont on ne se sépare qu'en disparaissant...
</p>

<p>
	Une communication un jour...un week end...elle a retrouvé quelqu'un pour quelques fois mais elle ne comprend pas ce qui lui arrive, elle se sent délaissée...alors il vient lui expliquer...l'écouter...la soutenir...au final un week end, ils se rapprochent et se rappellent leurs étreintes passées...mais est-ce bien raisonnable...le doute encore le doute...toujours le doute...alors il est temps de se dire...adieu...un week end...lui dire qu'ils ne se reverront définitivement plus, tout bloquer...se dire adieu définitivement...un week end d'adieu
</p>
]]></description><guid isPermaLink="false">7841</guid><pubDate>Mon, 05 Apr 2021 16:34:40 +0000</pubDate></item><item><title>m&#xE9;tamorphe</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7840-m%C3%A9tamorphe.html</link><description><![CDATA[
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	Je suis léger comme l'air qui me porte, je parcours les ciels comme un bolide....je me sens libre et détaché de tout...sentir l'air sur soi c'est ressentir les bienfaits du monde. Je regarde sous moi et je vois la Terre, ce monde vaste m'apparaît aussi petit et frêle que large et infini...sentiment partagé et étrange de pouvoir enserrer le vaste monde sans jamais le faire véritablement, tellement il est vaste...je passe entre deux rochers et je ressens la fraîcheur minérale qui me rappelle que nous tous sommes des autochtones.
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	Je suis léger comme l'air qui me porte et je suis au dessus des océans...je descends jusqu'à frôler les crêtes des vagues qui me rappellent que nous sommes aussi liquides. Mes pattes jouent avec les gouttelettes des écumes mousseuses et blanches. La mer est iodée, délicatement et parfois puissamment. 
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	Je suis léger comme l'air qui me porte mais je sens que mon corps lutte avec la pesanteur...je fais l'effort de battre mes grandes ailes puissantes pour me relancer et prendre l'ascendant sur cette physique des corps qui nous empêche presque de nous ressentir vivant. Je vais m'extraire une fois de plus dans un courant chaud pour mieux me suspendre à l'éther. Mais le poids des ans me tire vers le bas, je me souviens alors de ma jeunesse fougueuse passée, cet âge qui vous fait prendre des risques insensés mais tellement vivifiant. Cet âge où le mot danger rime avec défi et vous fait dire que le monde vous appartient. Je sens le poids des ans passés passer. Je vais vers le centre de la terre sans aucun tunnel pour y accéder, je sens en moi la fatigue d'une vie de tumultes, bien remplies mais qui laisse le goût amer des mers inexplorées. 
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	Je suis minéral, liquide et iode, je suis dans l'éther et dans la terre, je suis ce que la métamorphose de mes rêves passés veut bien me rappeler. Je suis en décrépitude et incertitude.
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]]></description><guid isPermaLink="false">7840</guid><pubDate>Mon, 05 Apr 2021 08:54:00 +0000</pubDate></item><item><title>une belle</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7829-une-belle.html</link><description><![CDATA[
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	Elle avait les cheveux blonds couleur d'un champ de blé en juillet, une peau albe comme un cierge de Pâques, des yeux comme des noisettes que l'on ramasse en automne et des mains, oh oui des mains douces et délicates. Ses longs doigts fins se terminaient par des ongles fins comme des griffes d'une tigresse qui avance doucement, dans une jungle épaisse, ne laissant que peu de lumières passées. Elle avance à pas de velours, sans bruit, sans même ébranler une once d'un feuillage. L'air semblait glisser sur elle et ne faisait que faire virevolter les boucles de ses cheveux. Elle apparaissait et le temps suspendait son cours. Sans jamais ne rien laissait paraître de ses attentions envers qui que ce soit mais son regard s'arrêta sur lui. Il était sa proie : elle s'approcha de lui aussi doucement que le félin s'approche d'un pauvre animal qui ne pourra rien faire, tétanisé par la peur de l'inéluctable.
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	Elle s'assit près de lui, posa sa main sur son épaule, plongea son regard dans le sien un long moment puis posa sa joue contre la sienne, glissa doucement vers sa bouche et osa ses lèvres sur les siennes aussi délicatement qu'un papillon se pose sur les pétales d'un iris. Leurs langues combattirent d'abord doucement puis plus ardemment sans laisser la moindre chance à l'air de s'immiscer dans ce combat haletant. Leurs mains s'enfourchèrent et se serrèrent aussi fortement que le fer et le carbone forme l'acier. Tout dans cette étreinte n'était que puissance et symbiose, tout n'était que fusion.
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	La main de l'homme glissa alors le long du visage de la belle pour le caresser puis le long de son cou et descendit doucement vers l'entre-jour de son chemisier qui laissait entrevoir une poitrine délicate et frêle. Il sentit alors son coeur battre sous sa main à l'unisson du sien. Ses doigts parcoururent alors sa peau délicatement fine et cette poitrine qui s'offrait à lui. La proie se prit alors à croire que la tigresse n'était qu'une chatte à amadouer...il se trompait du tout au tout. Elle saisit la main de sa proie, la plaqua contre la table d'une force mésestimée par elle, puis enfourcha cette dernière tout en déboutonnant son pantalon. Il sentit en lui le désir enfler et comprit qu'elle avait le dessus sur lui et qu'il était fait comme un rat dans une cage. 
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	Les deux corps commencèrent alors leur étreinte, imbriqués l'un en l'autre. Le rythme cadencé de leurs reins à l'unisson provoquait des cambrures que seul le plaisir de la chair est capable de provoquer. Les peaux se mirent à goutter de la chaleur que cet ébat insufflait. Les bouches s'humectaient des langues qui les parcouraient et se pliaient des dents qui les mordaient. Rien, pas une seule parcelle de leurs corps ne s'échappait à la passion : ces corps n'en avaient nullement l'intention tellement ils étaient en fusion, plus rien ne pouvait arriver qui les détournerait de leur but. La jouissance. 
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	La tigresse enfonça ses griffes dans la chair de sa proie comme pour mieux l'agripper et l"avoir à elle seule. Plus rien ne l'empêchera maintenant de dévorer sa capture : cette dernière connu des soubresauts mais finit par succomber aux derniers coups de rein de la féline. Alors qu'elle n'était toujours pas rassasiée par son étreinte, infatigable et insatiable féline. Elle se leva délicatement comme un navire jette l'ancre d'un quai trop longtemps accosté. Elle se rhabilla puis se rechaussa de ses talons si fins qu'il ploierait sous le poids de n'importe quelle autre. Puis elle s'éloigna aussi voluptueuse et comme une volute de cigarette. Elle disparut à l'horizon du visible et ne resta plus qu'un souvenir pour cette proie. Un souvenir, rien d'autre. Elle avait gagné l'esprit de sa proie, elle avait gagné tout court.
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	Une belle, un jour, blonde comme un champ de blé en juillet...
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]]></description><guid isPermaLink="false">7829</guid><pubDate>Sat, 27 Mar 2021 14:24:00 +0000</pubDate></item><item><title>Eh toi qui me regardes</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7815-eh-toi-qui-me-regardes.html</link><description><![CDATA[
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	Eh toi qui me regardes avec ces yeux cristallins,
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	Oui toi qui me dévisages avec cet air doucement malin,
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	Tu crois que je ne t'ai pas vu depuis deux heures
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	Qui m'envisages avec ton souffle empli de chaleur ?
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	Je sais bien que je suis dans ton esprit ancré
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	Comme un navire l'est dans son havre de paix.
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	Mais as-tu conscience qu'il n'y aura rien de bien
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	Qui pourra subvenir de ce moment qui t'appartient ?
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	Je sais que tu vois en moi cet obscur objet du désir,
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	Mais je ne bougerai pas de ma pièce pour un sou
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	Et encore moins si tu continues à vouloir m'envahir !
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	Je resterai demi bout  de femme droite et debout !
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	Alors je t'en prie, vas et laisse moi tranquille,
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	Toi spectateur de ma douce beauté juvénile,
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	Retourne à ta réalité au lieu de contempler
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	Une jeune fille au visage perlé !
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	<a class="ipsAttachLink ipsAttachLink_image" href="https://www.forumfr.com/uploads/monthly_2021_03/1592528859_tlchargement(6).jpeg.799f23c06ca29567c26068b1523c96a4.jpeg" data-fileid="117515" data-fileext="jpeg" rel=""><img alt="téléchargement (6).jpeg" class="ipsImage ipsImage_thumbnailed" data-fileid="117515" data-ratio="117.39" width="207" src="https://www.forumfr.com/uploads/monthly_2021_03/1592528859_tlchargement(6).jpeg.799f23c06ca29567c26068b1523c96a4.jpeg" /></a>
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]]></description><guid isPermaLink="false">7815</guid><pubDate>Tue, 16 Mar 2021 20:21:00 +0000</pubDate></item><item><title>Souvenir d'elle</title><link>https://www.forumfr.com/blogs/e7811-souvenir-delle.html</link><description><![CDATA[
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	Un soir que je rentrais un peu plus tard qu'à l'habitude, je m'asseyais fourbu dans un fauteuil trop usé pour réparer ce corps trop difficile à supporter. Mais il était pour moi ce moment donné de tranquillité et de quiétude dans une journée trop longue et trop stressante. J'aimais à m'asseoir ainsi pour contempler ce qu'il y a de plus beau à contempler dans une vie : elle était assoupie sur le canapé, allongée de tout son long, ses mains jointes et sa joue gauche posée délicatement sur elles. Elle avait ses paupières délicatement fermées sur ses grands yeux marrons qui pétillaient d'ordinaire mais qui avaient aussi besoin de se plonger en fin d'après midi sur elle-même, en elle-même.
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	Sa respiration était douce et d'une fréquence cadencée comme un métronome bat la mesure d'une vie. Sans rien dévoilée de ce dont elle rêvait paisiblement : elle disait qu'elle ne rêvait jamais, plusieurs fois je lui ai dit qu'elle devait rêver mais que l'esprit est une maison bien ingrate qui n'ouvre pas toujours ses portes à la mémoire de nos nuits. Sa bouche entrouverte laissait passer la vie qui s'échappait de son antre et sa poitrine marquait ce tempo que nous avons tous et toutes. 
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	Je la regardais ce soir là comme on prend le temps de regarder une toile de maître, une oeuvre expressionniste qui a cette capacité à exalter nos sens : elle était une toile aux couleurs de l'amour, une peinture aussi précieuse que rare. Trop souvent, on la garde jalousement pour l'avoir sous ses yeux mais contrairement aux oeuvres des musées, elle était libre et c'est en cela qu'elle me plaisait. Je la regardais parce que je savais qu'un jour ou l'autre elle reprendrait sa liberté et que je souhaitais en garder une impression à jamais gravée en moi. Je savais qu'elle ne serait plus un jour où l'autre sur ce canapé...
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	Alors j'étais assis...et puis mon téléphone vibra dans ma poche...et je fus sorti de mon état comme on vous extrait d'un lieu commun. Mon corps fut pris d'un tremblement de toute part et mes yeux s'ouvrir sur ce canapé...vide. Elle n'était pas plus là maintenant qu'hier ou avant hier : elle n'était plus là depuis longtemps. Cet instant qui se voulait reposant devint angoissant : elle avait gravé ma mémoire effectivement à un point que je n'imaginais pas. Elle n'est plus qu'un souvenir, un souvenir d'elle dans lequel mon esprit se noie quand il est fatigué, elle a traversé ma vie mais revient comme pour me rappeler les temps heureux et apaisant.
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]]></description><guid isPermaLink="false">7811</guid><pubDate>Sat, 13 Mar 2021 22:17:40 +0000</pubDate></item></channel></rss>
