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Reo

Seuil

 Malgré les efforts des gouvernements nationaux et les soutiens renouvelés qu’ils sollicitent des populations, les tentatives de résolution des conflits, de toutes natures, qui sévissent sur notre planète, n’aboutissent le plus souvent qu’à des redressements provisoires et limités, excluant toute perspective de consolidation à terme.
Lorsqu’il s’agit d’élaborer des réponses transnationales, l’échec est même la règle, faute de terrain d’entente diplomatique ou institutionnel pour cerner les problèmes qui font irruption, que ce soit dans le domaine financier ou économique, social ou écologique, à propos du climat, de l’énergie, des trafics, du terrorisme, etc.

 Étant donné que, le plus souvent, ces problèmes se trouvent intimement liés et ne s’arrêtent nullement aux frontières, cette faillite n’a rien de surprenant, quand on observe couramment que les propositions de solutions consistent, soit à les subordonner à des conditions qui en précarisent l’application, soit à juxtaposer les uns aux autres des traitements d’espèce qui s’avèrent fréquemment contradictoires dans leurs effets.
Pour preuve, les sempiternelles oppositions entre objectifs d’économie et revendications sociales, les multiples accrocs à la qualité de l’environnement, voire à la santé publique qui en résultent. Ce qui rend illisibles et illusoires toutes les politiques _ à quelque échelle que ce soit, de la géopolitique à la municipale _ de par leur sujétion au court terme, illustrée par le télescopage permanent de décisions qui se neutralisent, d’actions qui en altèrent le contenu.

 Toute émotion mise de côté, l’installation de ces désordres interpelle sur la possibilité réelle de concilier, actuellement, les diverses exigences que l’on retrouve, de tous temps et dans toutes les civilisations, aussi bien dans le besoin de sécurité que dans la conquête des pouvoirs, la production et la gestion de richesses et de services, ou l’aspiration à la jouissance et au confort.
A scruter l’horizon, le pronostic demeure réservé, tant que ne surgira pas, en nous-mêmes comme chez les dirigeants de la planète, l’intime conviction de la nécessité de réviser nos modes de fonctionnement; de l’urgence de se promouvoir, d’un statut de prédateurs dominants ou dominés à celui de gestionnaires en concertation, tant horizontale que verticale : nous en avons le moyens techniques, à condition d'adapter et d'entretenir nos outils.
 Pour autant que la volonté nous habite de surmonter cette crise généralisée….

 
 Réduire ces perturbations, c’est d’abord éviter de se mentir, car il est indispensable d’en trouver des explications authentiques, les seules efficaces. Ce qui implique de dépasser le stade de la confrontation entre les différents fondamentaux culturels (religieux, moraux…), pour nous replacer dans le contexte des contraintes organiques, mécaniques, du milieu où tous ensemble depuis toujours nous sommes plongés : notre monde.
 Sous cet angle seulement, nous aurons une chance de retrouver la compréhension de ce qui, à l’heure actuelle, nous échappe : comment tourne présentement le moteur des relations humaines qui construisent et renouvellent la société, et pourquoi les différents schémas proposés échouent, si ce n’est par l’obsolescence des modèles qu’ils utilisent.


Quel recours alors ? Sinon un retour éclairé au respect des impératifs de base : l’équilibre de la personne et l’autonomie qu’il implique.

Reo

Blogapart-19

28/08/2010
Addiction


 
Que signifie l'expression "Moraliser le capitalisme ?

 S'agit-il vraiment d'appliquer des préceptes moraux ?
Censés s'adresser à des personnes libres d'y adhérer ou non _  de s'engager ainsi au nom de leur philosophie, de leur patriotisme ou de leur religion, ou de s'en abstenir _  ces préceptes n'ont aucune prise sur des activités concertées et/ou réglementées, auxquelles est convié tout groupe, tout individu, avec sa propre éthique pour défendre ses intérêts spécifiques.

 La véritable préoccupation, en l’occurrence, est bien, en s'assurant de la sécurité des échanges, de préserver la pérennité d’une économie mondiale tributaire de son édifice financier, récemment fragilisé par des dérapages inquiétants. Il semble toutefois qu’aucun consensus ne se dégage actuellement, entre les experts comme entre les autorités, sur les mesures à préconiser, sur les décisions à prendre pour définir des repères, voire des normes de comportements, susceptibles de prévenir tout débordement.

 Qu’en est-il aujourd’hui ? En l’espèce, c’est le défaut de pilotage qui est incriminé. Mais l’incertitude sur le traitement renvoie à une absence réelle de diagnostic. S’agissant d’un symptôme isolé, il suffirait d’approfondir dans cette direction.
 Cependant, la persistance de graves déséquilibres mondiaux peut donner à penser que la «maladie» ne se réduit pas à cela et, qu’en conséquence, la «moralisation» du capitalisme comme thérapie pourrait bien s’avérer inopérante : quand une machine se grippe, avant de proposer un protocole et des procédures de remise en état, il importe de bien identifier et localiser les défaillances, d’en rechercher les origines, d’en comprendre le mécanisme, pour situer le domaine et les conditions d’une intervention, curative si possible.
 Affaire de (bonne) volonté.

 Deux logiques président actuellement aux destinées des populations de la planète :
 - celle de l’écologie, dans le cadre des lois du monde physique, qui régit les équilibres et les rythmes biologiques, domestiques et territoriaux, impliquant les êtres vivants et leur environnement, et s’inscrivant dans leur évolution,
 - celle de l’économie, qui s’est progressivement organisée dans le cadre du droit, pour régler les échanges entre personnes, non seulement «physiques» (les gens) mais aussi «morales» (les institutions publiques ou privées).

 L’instauration  de cette dernière juxtapose, aux objectifs individuels et collectifs humains _ d’équilibre et d’autonomie _ ceux des sociétés commerciales, réputées telles ou assujetties, qui leur permettent, en réalisant un profit, d’atteindre leur équilibre propre, dit «comptable».
A priori, aucune incompatibilité dans la poursuite de ces différents objectifs d’équilibre. Mais pourtant...     
 Naguère complémentaires dans les objectifs d’un développement, spontané pour l’une, organisé pour l’autre, ces deux logiques aujourd’hui divergent, au point de se trouver de plus en plus fréquemment en opposition frontale. Le chômage et la pollution sont des indices marquants de cette dérive.
 Que s’est-il passé ?

 En fait, il apparaît que l’équilibre comptable ne puisse désormais être assuré qu’au prix d’une surenchère _ vendre ou mourir _ exigeant de produire toujours plus, de dépenser toujours moins : ces exigences deviennent alors prioritaires, provoquant de plus en plus de déséquilibres.
 D’un ajustement naturel de la production à la consommation de produits et de services, nous avons en effet évolué, pour garantir l’ensemble des revenus, à une prolifération sauvage de la production, qui conduit à un détournement systématique de la consommation :
 - d’une part, vers des insuffisances drastiques dans les secteurs de moindre rentabilité du fait du manque de solvabilité des besoins de base,
 - d’autre part, vers les excès et les abus de toute sorte (gaspillages, pollutions,…) entraînés par une recherche effrénée des clientèles solvables, de plus en plus sollicitées de par leur raréfaction.
De ce fait, toute gouvernance, fondée sur la prévision et la mesure, devient impossible.

Comment guérir de cette addiction ?

Reo

Blogapart-18

30/03/2010

Contre-exemple

 Si ce blog a une raison d’être, c’est bien d’affirmer la conviction que rien d’essentiel, en ce monde désormais globalisé, ne peut être bâti sans intelligence _ au sens premier du terme _ c’est-à-dire en se dispensant de comprendre les problèmes du voisin et les intérêts de chacun, sans omission ni discrimination.
 C’est pourquoi, tout au long des messages, je me suis efforcé de montrer que seule une approche globale des différentes crises, résultant de conflits sans recherche sincère de solutions, serait de nature à éclairer les démarches à effectuer, pour en espérer des solutions durables, parce que rationnelles.

 Un contre-exemple parmi les fréquentes tentatives (simulacres ?) d’arbitrages entre les exigences socio-économiques et celles de l’écosystème planétaire : la proposition dite «taxe carbone». Basée sur le principe du pollueur-payeur, c’est un prélèvement d’argent, sur les particuliers comme sur les entreprises, à effectuer en raison directe de la quantité de dioxyde de carbone dégagée par la consommation de combustibles fossiles, dans la mesure où son accumulation représente un risque de déstabilisation du climat.

 L’augmentation du coût de tout service incite en effet à en user au plus juste, et il est équitable qu’aucun utilisateur n’en soit exonéré : en l’occurrence, nul n’est censé y échapper, puisque nous consommons tous des énergies issues de ces combustibles, que ce soit pour le chauffage, les transports ou la production.
 Cependant, l’organisation de notre société est telle qu’il subsiste de par le monde, d’un continent ou d’un État à un autre, de grandes différences entre les lois et règlements, et de plus, dans chaque pays, de très importantes disparités de situations entre ménages et entre entreprises.

 Il en résulte que :
- la mesure, quelle qu’en soit la forme, a une très faible probabilité de réussite sans un consensus effectif au plan réglementaire, comme en atteste l’échec de Copenhague,
- dans l’hypothèse d’un tel consensus, les disparités économiques existantes en rendent l’efficacité hautement improbable.

 On n’imagine pas en effet se restreindre ceux qui ne font pas d’abus, sans pénaliser, pour les uns leurs conditions de vie, pour les autres (voire les mêmes) la compétitivité de leur entreprise et l’emploi de leurs salariés.
 De même, on ne voit pas se limiter ceux, particuliers ou sociétés, qui en ont les moyens, en tant que cibles de toutes les sollicitations et de toutes les incitations à préserver de l’étouffement le moteur de la croissance.


 Dans un pareil contexte, l’application de cette taxe risque de s’avérer à la fois économiquement contre-productive et insuffisamment dissuasive pour poursuivre l’objectif revendiqué, à plus forte raison pour l’atteindre.

Reo

Blogapart-17

29/03/2010

Monde à développer
 
Le développement individuel d’un organisme vivant recouvre plusieurs notions :
 - le fait de grandir, au moins dans un premier temps, notamment par l’extension des tissus due à la multiplication des cellules qui les constituent,
 - l’acquisition de potentialités d’échanges avec le milieu, grâce à la diversification des systèmes d’organes et à la spécialisation de leurs fonctions,
 - le passage
.d’un état de dépendance passive par rapport aux conditions extérieures
.à une prise de contrôle de l’ensemble des appareils organiques, permettant d’agir sur l’environnement.
 Schématiquement, trois étapes plus ou moins imbriquées : croissance, organisation, autonomie.

 Ce schéma ne s’appliquerait-il pas à toute communauté territoriale ?

Où la croissance, d’abord démographique, vient à être tempérée par les exigences socio-économiques, imposant une distribution des rôles pour alléger les contraintes subies par les individus et les collectivités, et ainsi accéder à un maximum d’autonomie.
 De nombreux pays, dits « en développement », demeurent en dépendance passive, cependant que la plupart, (sinon l’ensemble) des pays développés, en dépit de leur organisation, tardent à assurer ou à maintenir une pleine autonomie, sans cesse remise en question par l’édifice précaire de la finance internationale.

 
Chacun(e) sait qu’un être vivant ne peut jouir de la plénitude de son développement que s’il peut maintenir, outre sa capacité à digérer et assimiler, la santé de ses organes et de ses cellules grâce à une répartition rationnelle de son alimentation et de ses activités, en quantité et qualité.

Est-ce vraiment le cas pour notre monde planétaire ?

 

Reo

Blogapart-16

Blogapart-16

02/02/2010

Les conditions du développement

 Le concept de développement, en tant que _ «Ensemble des différents stades par lesquels passe un organisme, un être vivant pour atteindre sa maturité ; croissance.» _ peut se rapporter à tous les pays du monde, tout au moins à ceux qui possèdent des infrastructures adaptées à leurs fonctions politiques et économiques.
 A ce titre, on peut évoquer leurs différents niveaux de développement et taux de croissance. Toutefois, ce sont là des notions relatives, dans l’incapacité où nous demeurons d’en donner des valeurs de référence.

 La définition du développement comme _ "Amélioration qualitative durable d'une économie et de son fonctionnement." _ le réduit à une notion essentiellement économique, dont il reste à définir le contenu.
 Si l’on souhaite étendre le concept de développement à la globalité du monde et des évolutions individuelles et sociétales, lesquelles sortent du domaine de l’économie, comment procéder ?

 Formellement, il faudrait, dans la seconde définition, substituer aux mots « économie » et « fonctionnement » des termes propres à la description de l’évolution générale de la Terre et de ses habitants.
Pour le contenu, il serait bon de préciser les critères déjà utilisés et d’en retenir d’autres pour couvrir la totalité du champ.

 Compte tenu de ces amendements, on ne peut guère parler de développement mondial si, comme aujourd’hui :
- les niveaux des différents pays présentent de très importantes disparités,
- leurs stratégies de développement sont exclusivement impliquées dans une compétition d’ordre économique et géopolitique,
- il n’existe aucune coordination, quelle que soit sa nature, pour harmoniser un éventuel développement à l’échelle du globe, si limités en soient les objectifs.


 En effet, le développement d’une structure organique, vivante ou construite, requiert :
  - l’équilibre dans ses éléments,
  - la complémentarité de ses organes dans leurs fonctions
  - des dispositifs pour en assurer la coordination et le pilotage.

Ce qui, actuellement, reste à réaliser, sinon à concevoir.

Reo

Blogapart-15

12/06/2009

Les thèmes

  Dans ce blog, les thèmes suivants ont été abordés :
 - l’agressivité et ses limites dans l’adaptation à la réalité,
 - le mécanisme d’une crise et les conditions de sa prise en compte,
 - les alternatives dans la poursuite de l’évolution humaine avec les éventualités de
   .. remise en perspective des objectifs et des comportements,
   .. questionnement sur la qualité des repères adoptés pour maîtriser notre parcours,
   .. gouvernance mondiale face aux menaces planétaires,
   .. révision du partage des responsabilités et des moyens.

  Peut-on faire le point sur la cohérence de tout cela ?

13/06/2009

Le point

  Lorsqu’un itinéraire comporte des obstacles imprévus, dont le franchissement ou le contournement paraît incompatible avec la feuille de route assignée, il est recommandé de faire le point, pour déterminer dans un délai approprié la stratégie à suivre et les dispositions correspondantes à prendre.
 Dans le cas de l’évolution de la société mondiale, l’obstacle est représenté par un ensemble de risques grandissants pour sa propre pérennité, liés à une incapacité persistante à rechercher la solution d’une crise globale. Globale parce qu’elle est la résultante d’un enchevêtrement complexe de crises plus ou moins spécifiques ou locales qui auraient pu, sans la mondialisation, connaître comme jadis ou naguère, un dénouement à leur échelle.

 A situation inédite et menaçante, approche déterminée mais circonspecte. C’est là que la volonté, même assortie de la force et de la constance, devient inopérante sans le recours au renseignement et au dialogue.
Devant ce défi, il va bien falloir redécouvrir - assez tôt - que la solidarité se situe bien au-delà de ce qu’on appelle communément la morale, et qu’elle constitue un authentique facteur d’adaptation au monde réel.

 Sans elle, l’agressivité, compétitive ou pas,  pourrait bien se révéler contre-productive.

  Il serait donc question de faire preuve de lucidité pour reprendre le contrôle de la situation : c’est bien d’une prise de conscience suffisamment profonde et générale que nous avons besoin ; ce n’est pas une simple affaire de dirigeants, encore moins une question de pure technique. Ou suffirait-il de se confier aveuglément aux vents changeants du Marché ?
 Car c’est sans doute de confiance que l’on a besoin avant tout : pas seulement en matière économique, où les règles sont basées sur une défiance méthodique conduisant à bâtir un modèle standard de l’agent ou acteur économique ; or, paradoxalement, cela aboutit à un système reposant uniquement sur la confiance faite à la Bourse : qu’en est-il à l’heure actuelle ?


 Prise de conscience, prise de confiance ensemble…. Le voilà, le défi !

 

 

Reo

Blogapart-14

29/03/2009

Croissance

 La croissance, c’est cette période de la vie où l’organisme, à l’épreuve du milieu, évolue vers la plénitude de ses fonctions. On désigne aussi par ce terme une situation économique où la production et les échanges de biens et de services sont en constante augmentation. Pour en prendre la mesure, rien de plus facile : l’enfant, puis l’adolescent, passe périodiquement sous la toise et sur la bascule ; quant aux données économiques,  elles aussi sont scrupuleusement comptabilisées.

 En vérité, attentifs, comme il se doit, à la santé d’une personne en devenir ou d’une société en évolution, nous ne saurions nous contenter de repères purement quantitatifs. S’il est vrai qu’un arrêt prolongé de prise de poids ou de taille est préoccupant, par contre, une enfance obèse, voire une adolescence par trop longiligne, n’engagent pas à un optimisme sans réserves. Cela  devrait valoir aussi, en principe, pour l’économie de toute collectivité.
 

 L’attention vis-à-vis du jeune se justifie par la maturation à laquelle il est appelé, facilitée sans doute par une bonne forme physique, mais s’appuyant surtout sur son mental, particulièrement l’affectif ; en effet, le passage à l’état adulte, avec ses exigences, requiert contrôle et recherche d’équilibre pour une indispensable revue des objectifs et de leurs priorités respectives.


 Existe-t-il ou non un phénomène similaire, sinon parallèle, à l’échelle de la société humaine et, à son image, des groupes d’individus qui la constituent ? Si on reprend le concept de croissance, aujourd’hui appliqué  essentiellement à des analyses économiques, il émane de bilans financiers ou logistiques ; c’est en quelque sorte un indicateur du « métabolisme » du corps social, mais qui reste insuffisant pour fournir à lui seul tout pronostic, par nature qualitatif (même étayé par des chiffres), pour nos devenirs et notre commun futur, planétaire ou sidéral.

La croissance doit-elle, peut-elle s’arrêter ?
 Pour tous les êtres vivants, il y a, à ce stade, ou sous cette désignation, des limites à leurs dimensions, leurs rythmes de prolifération individuelle ou cellulaire et, à d’autres stades, dont celui d’adulte, l’absence de toute croissance (tout au moins définie comme telle). Aussi, pour la plante ou l’animal, pour la faune comme pour la flore, stabilisation quantitative ne se confond nullement avec mort ou extinction ; loin de correspondre à une phase d’immobilisme ou de stagnation, elle caractérise bien au contraire un processus de maturation, c’est-à-dire l’évolution vers une meilleure adaptation à l’environnement.

 Ce qui est observable, pour les sociétés comme pour les organismes vivants, ce sont des phases successives différentes qui marquent leur développement, ponctuées de crises dont certaines accompagnent le passage de chacune à la suivante. Ces crises correspondent à l’apparition d’impasses dans la reproduction de certains phénomènes jusque-là impliqués dans leur vie : les modifications progressives du milieu et des êtres ont amené un changement qualitatif, auparavant non perçu, donc ressenti comme brutal.
 Qui dit impasse dit restriction des options, d’où conflit issu de la recherche répétée de l’option souhaitée, mais manquant à l’appel ; l’accumulation de conflits non résolus amène la crise, symptôme d’échec. Le recours à des approches inédites ou antérieures sans changer de configuration peut toutefois s’avérer inadéquat à la sortie de crise. Dans une telle situation, une issue définitive ne peut s’obtenir à terme que grâce à une reconfiguration des options pour pallier les manques, fondée sur des démarches nouvelles, entraînant de nouvelles formes d’organisation.

 La crise que nous vivons est peut-être de celles-là, qui marquent la fin d’une croissance au sens strict et l’entrée dans l’étape suivante de notre développement.

Reo

Issue ?

 Dans une société, quelle qu'elle soit, les conflits sont inévitables : ils font partie de son fonctionnement ordinaire et participent à son développement, dans la mesure où leur issue appelle, et peut amener, de nouvelles perspectives d'organisation. Ce qui apparaît inquiétant dans la conjoncture actuelle, c'est l'impression largement partagée que nombre d'entre eux, non seulement restent sans issue, mais s'amplifient et en alimentent de nouveaux : un effet «boule de neige» créateur de stress pour tout un chacun. Impression qui s'appuie sur le fait, confirmé quotidiennement, qu'il n'existe de par le monde aucune institution possédant quelque efficacité pour enrayer au plus haut niveau ce processus potentiellement autodestructeur.

  Or, à l'heure actuelle, notre conception _ universellement admise _ du développement, repose essentiellement, pour toutes les entreprises, et pratiquement pour l'ensemble des personnes morales, sur l'absolue priorité à donner, avant tout autre impératif, à la recherche de bénéfices, sous menace de liquidation. D'où notre conviction profondément ancrée que la réussite, pour toute collectivité, ne puisse s'apprécier autrement qu'au rythme d'évolution du taux de profits que constitue la «croissance». Laquelle n'a de chances d'être maintenue qu'à la condition, aujourd'hui devenue incontournable pour tous ces acteurs, de se montrer «compétitifs».


  Ce qui explique que, dans tout secteur d'activité, chaque partie prenante, pour subsister, demeure tributaire de la conquête de parts de marché sur ses concurrents. Et qui dit gagnants, dit perdants… Ce qui fait que la croissance ici repose sur la régression ailleurs et vice-versa. Petites entreprises, ménages modestes, territoires délaissés doivent, au mieux, se contenter de végéter sans autre perspective. Et en outre, le plus souvent, de subir les innombrables dégâts collatéraux provoqués par le sous-équipement et les pollutions et nuisances en tous genres, quand ce ne sont pas les conflits armés…. A ce jeu, le développement général n'est qu'une illusion.

  Aussi longtemps qu'aucune limite de quantité, de durée, de domaine, ne semble devoir être fixée à l'arbitraire comptable, nous nous trouverons confrontés, sans alternative, dans une compétition générale où l'enchaînement des conflits ne connaît nulle trêve. Humainement parlant, il s'agit d'une guerre.


 La lucidité, ce serait de se rendre compte que les institutions décidantes ont perdu de vue le principe conducteur du développement, à savoir le service des populations.
La perte de repères provient de ce que les outils de contrôle, qui se sont diversifiés avec les techniques, n'ont pas été régulièrement étalonnés par rapport aux exigences de ce service. Pour des raisons de commodité, ces étalonnages n'ont été réalisés que par l'application de critères logistiques, les critères qualitatifs requérant beaucoup trop d'investissement.
  Comment sortir de l'impasse, dans l'hypothèse d'une lucidité et d'un volontarisme revenus au sommet ?

  Quelle issue ?

 

Reo

Blogapart-13

24/02/2009

Richesses


  De richesses, il n'est pas question dans le message précédent, qui se veut une synthèse.
Un oubli ? Un rejet ? Une difficulté à intégrer le concept dans cette construction ?
Le fait qu'il ne participerait pas à la formation ou à la résolution d'une crise ?
Nœud gordien à trancher ou pur fantasme à dissiper ? En fait, rien de tout cela.

 Si l’on revient à la démarche préconisée pour le dépannage et la remise en route de la machine (§3), il est question de revoir les objectifs par rapport aux besoins. Pourquoi ?
 Parce qu’il est question de résoudre des conflits, eux-mêmes occasionnés par l’incompatibilité entre la poursuite de différents objectifs reconnus par les parties en cause comme inconciliables.
 Plutôt donc que de proclamer, comme unique point d’accord, que ces objectifs représentent des exigences de jouissance non négociables et qu’en conséquence, une épreuve de force est la seule issue, même si elle est la moins raisonnable, n’est-il pas plus rationnel de vérifier point par point si, parmi ces objectifs revendiqués de part et d’autres comme vitaux, donc incontournables, certains ne seraient pas obsolescents ? Mais pour cela (§2), il faut réunir impérativement deux conditions :
 - placer le débat au niveau de l’intérêt général, défini comme l’intérêt commun à toutes les parties,
 - ne pas perdre de vue les intérêts spécifiques de chacune des parties concernées, qu’elles soient ou non impliquées dans le conflit.

 C’est là qu’intervient la notion de « richesses ».
  On désigne généralement par « richesses » des biens matériels, objets manufacturés ou ressources naturelles, susceptibles, sans délai ou à terme, directement ou par voie médiate, de procurer des jouissances, de satisfaire des besoins et, de ce fait, convertibles en propriétés individuelles ou collectives. Peuvent être rattachés à cette catégorie tous les articles propres à en faciliter l’acquisition ou la confection : outils, armes, monnaie, etc. Au-delà des outils proprement dits –machines ou prothèses- les moyens fournis par la vie elle-même : ressources humaines et animales, leurs énergies et leurs savoir-faire.
 Ce qu’on appelle « richesses » est donc défini soit par la faculté de satisfaire immédiatement à une exigence de jouissance, soit, le plus souvent, par la poursuite d’une stratégie jalonnés d’objectifs jugés adéquats à la satisfaction d’un certain nombre de besoins répertoriés, sinon identifiés.
 Toute modification importante de stratégie amène donc, par la révision des objectifs poursuivis, à redéfinir ce qu’on entend par « richesses ».


 C’est pourquoi la notion essentielle dans la répartition des réponses aux exigences humaines est, non pas, celle de « richesses », mais celle de prestation de services.

Reo

Blogapart-12

17/02/2009

Mémento

L'installation dans une crise est caractérisée par la séquence suivante :

- échecs répétés des approches traditionnelles dans la résolution de conflits (inhérents à toutes les relations sociétales ou géopolitiques),
- extension et aggravation des conflits non résolus, amorçant une crise,
- interprétations contradictoires des données, fondées sur des analyses partielles parce que centrées sur des intérêts sectoriels, corporatifs ou nationaux,
- à défaut d'une analyse par approche globale, les actions tentées restent cantonnées dans des approches traditionnelles,
- renforcement de la crise par le renouvellement des échecs et la généralisation de conflits alimentés par des dénis et des rejets réciproques, etc.


La résolution de la crise nécessite la reprise de ce processus en sens inverse :

- pour dénouer les conflits, éviter le déni, source de rejet,
- pour cela, étendre l'analyse, au-delà des intérêts partiels, pour regrouper l'étude de tous les problèmes découlant de l'extension de la crise,
- donc reprendre lucidité et contrôle, ce qui requiert assistance mutuelle et dialogue, puisque l'organisation de notre monde repose désormais sur une étroite interdépendance économique et écologique.


Cela implique notamment de :

- vérifier l'adéquation des objectifs poursuivis aux besoins réels des personnes et des populations prises dans leur ensemble,
- donc revisiter les institutions par rapport à l'évolution de ces besoins
- rééquilibrer la répartition
. . des rôles, en observant que la coopération et l'animation doivent prendre la place qui leur revient dans un monde complexe et interdépendant,
. . des prestations de service, en constatant la dérive introduite par le recours exclusif à la compétition dépourvue de tout contrôle, comme principe unique, favorisant prédation et gaspillage.

Reo

Blogapart-11

La compétition comme principe de répartition (2)

 Si les bilans doivent être équilibrés (ou tout au moins apparaître tels pour assurer la confiance des investisseurs), la somme mondiale de tous ces bilans devrait tendre à l'équilibre et par conséquent, plus grands les profits, plus lourdes les pertes.
 L'exigence du profit s'imposant à toutes les personnes morales et celle du revenu à toutes les personnes physiques, on comprend qu'il y ait compétition sévère entre ces deux "espèces" et entre les individus qui les composent, chaque créneau du marché étant en quelque sorte une niche écologique âprement disputée.

 Toutefois ce cliché de la compétition pour la vie ne rend pas compte des multiples situations existant (jusqu'à présent) dans la nature, où l'élimination réciproque des espèces et des individus est loin d'être systématique et fait souvent place à des processus plus conviviaux dont on ne s'est peut-être pas suffisamment inspiré...
 A la vérité, la compétition n'a pas que des aspects négatifs, par exemple lorsqu'elle est appelée au service de la coopération, ou lorsqu'elle nous invite à nous épanouir dans une activité culturelle, artistique ou sportive.

 Revenant sur l'aspect négatif, c'est surtout le fait qu'elle soit imposée systématiquement, au particulier comme à l'entreprise, à l'entrepreneur comme au salarié, avec des retombées préjudiciables pour les individus et désagréables, voire préoccupantes, pour le climat social.
 Pesanteur historique, sans doute, mais vérité éternelle,... l'exigence est contestable, sans quoi la politique capitule et l'espèce humaine avec elle.

Reo

Blogapart-10

16/02/2009

La compétition comme principe de répartition (1)

 La société humaine, entre autres originalités, s'est donné, pour améliorer la gestion des rapports entre individus, la notion de droit, qui lui a permis de mettre en place une multitude d'institutions pour éviter de régler les conflits par la (seule) violence, du genre "Le loup et l'agneau" (1).
 Dans certains cas, cela a pu aboutir à légaliser (voire à légitimer) des situations de fait, du type "La génisse, la chèvre et la brebis, en société avec le lion" (2), d'où l'expression de "clause léonine".

 Le droit établit, à côté des individus, désignés comme "personnes physiques", l'existence de "personnes morales", publiques ou privées, pour mieux définir les rapports entre différentes sociétés ou collectivités.
  La plupart de ces personnes morales jouissent du droit de propriété et possèdent donc un capital. Les richesses produites par les individus _ et leur contrepartie en valeur financière _ se trouvent donc partagées entre personnes physiques et personnes morales. Sauf inflation, la part des premières se trouve globalement amputée au profit des secondes. Compte tenu de la prudence, bien légitime, des investisseurs, on peut douter que le débit des échanges se situe à la même échelle que les réserves (probablement légitimes, elles aussi), détenues par l'ensemble de ces personnes morales. Mais c'est ce débit qui alimente le marché, ouvert à toutes les personnes (en principe).

 Malthus qui s'inquiétait de la poussée démographique, n'avait sans doute pas prévu la prolifération de propriétaires qui n'ont pas de besoins physiques, mais se trouvent de fait accaparer la plus grande partie des moyens nécessaires à la jouissance de ceux qui ont ces besoins physiques.

(1) La Fontaine, Fables, Livre I, fable 10
(2) ibidem, Livre I, fable 6

Reo

Schéma (2)

Agresser, étymologiquement, c’est «avancer vers» : l’agressivité animale n’est, en fait, rien d’autre que l’esprit de découverte, de conquête, orienté, il est vrai, par la recherche de ressources alimentaires _ qui peuvent être des proies vivantes.
 Que l’on retrouve chez l’humain qui, curieusement, n’en retient que cette dernière image, en réservant le terme d’agression à la violence exercée sur personnes (cf Blogapart-1). C’est le mirage de la ligne droite, considérée comme le chemin le plus facile, parce que le plus court _ même s’il est semé d’embûches _ pour parvenir à ses fins....

 Cela, à première vue, peut interroger, quand nous savons, grâce à la faculté d’anticiper que nous permet notre mémoire, disposer de moyens d’évitement souvent plus économiques pour atteindre nos objectifs.
 Mais de ce fait, notre cerveau possède l’intelligence, qui ouvre aussi la voie à l’utilisation de moyens qui, non seulement, nous dispensent de puiser dans nos réserves, mais nous procurent une puissance infiniment supérieure à nos ressources musculaires ou mentales.

 Ce qui explique que, dans notre impatience du présent ou notre crainte du lendemain, nous soyons le plus souvent tentés de faire fi des pertes et des risques encourus.

 D’où ce déséquilibre persistant entre un désir d’organisation et une volonté de domination, au profit de cette dernière, privilégiant le développement au détriment de la cohésion, et trop souvent, l’agression plutôt que la concertation.

Reo

Blogapart-9

Urgences et priorités

 Les besoins humains, on le sait, sont hiérarchisés d'après la nécessité plus ou moins impérieuse de les satisfaire, selon leur nature et les délais imposés par les circonstances.
 L'adaptation des individus consiste à s'organiser pour répondre à tous ces besoins, tout en se donnant le maximum de liberté pour profiter de la vie et faire face aux imprévus.
Cela les amène, l'expérience les guidant, à se donner une stratégie jalonnée d'objectifs adéquats.
Pour demeurer opérante, celle-ci doit être actualisée par des changements ou des permutations d'objectifs, définissant au cours du temps de nouvelles priorités.

 Ce schéma s'applique aussi aux groupes humains. En effet, vu les avantages avérés de l'organisation sociale, les stratégies individuelles se trouvent désormais intégrées dans le canevas de la société.
Parmi ces avantages, chacun d'entre nous se voit proposés des "kits" de comportements, ce qui nous épargne le souci de leur élaboration quotidienne. Pour nous ménager une plus grande autonomie, la collectivité prend donc en charge des contraintes qui nous seraient insupportables.
Ce faisant, en nous transférant de la souplesse, elle acquiert en contrepartie une certaine rigidité.

 Chaque groupe, institutionnel ou non, est tributaire de ce processus, avec des stratégies d'ensemble qui, loin de se confondre avec les stratégies individuelles, peuvent, le cas échéant, venir à s'en écarter au point de les ignorer et ainsi de compromettre la satisfaction de besoins parfois essentiels.

  Un conflit de priorités qui peut, s'il n'est pas analysé et traité, déboucher sur des urgences.

Reo

Schéma (1)

 Ce que, dans «Blogapart», j’appelle agressivité, n’est autre que l’énergie dont doit disposer tout être vivant pour maintenir son développement.

 Parmi les multiples facteurs susceptibles de le pousser à l’investir dans une agression non motivée par la faim, il existe une condition de base : l’impression d’être l’objet d’une menace pour sa vie ou son autonomie.  S’il est difficile, sans cette sensation de danger, de concevoir un passage à l’acte, il est compréhensible en revanche que sa persistance puisse, passé un certain seuil, s’avérer déterminante.

 Justement, que se passe-t-il avant que ce seuil ne soit atteint ? Qu’est-ce qui fait que, tel l’animal en alerte, nous suspendions notre décision d’attaquer _ ou de riposter ?
 D’abord en réalisant que la menace n’est pas immédiate et n’a pas déclenché d’acte réflexe.
Vient ensuite l’examen de son existence réelle et, si elle se confirme, son évaluation. Enfin la recherche des moyens de s’y soustraire et, le cas échéant, d’en éliminer l’origine.
 Toutes ces opérations, y compris mentales, requièrent d’investir une part de notre énergie vitale, éventuellement susceptible de nous faire défaut dans la poursuite de nos projets.

 C’est là qu’intervient le stress lorsque, à tort ou à raison, nous avons le sentiment que cette dépense, en débouchant sur une crise que nous ne serions plus en mesure de résoudre, serait effectivement préjudiciable à notre équilibre.
 D’où les différentes options qui peuvent se présenter avant d’en arriver là :
 1- une analyse préalable qui permette d’établir l’absence de toute menace; en cas d’erreur, c’est un déni de réalité, qui peut amener, en fonction de l’importance et de la durée de la crise, à l’automutilation de la personnalité, par régression à un état de dépendance, voire à l’autodestruction pure et simple;

 2- les mêmes effets, si la menace est reconnue, peuvent découler d’un défaut d’évaluation, lequel peut aussi bien induire un comportement agressif;

 3- même si une menace effective est correctement évaluée, la probabilité d’une agression préventive n’est pas à exclure, si l’on en vient à considérer que la dépense d’énergie pour l’éviter serait prohibitive.

 L’espèce humaine n’est ni plus ni moins agressive que toute autre; demandons-nous plutôt pourquoi sa propension au recours à l’agression ne semble pas être enrayée par la richesse des options que lui propose son cerveau, admis comme le plus performant de la biosphère.

 

Reo

Blogapart-8

20/11/2008
Objectifs et besoins 

 Nous avons tous des objectifs, comme nous éprouvons tous des besoins.

 Il peut y avoir des besoins sans objectifs, parce qu'on pense pouvoir les ignorer, ou simplement parce que nous n'avons pas conscience, à un moment donné, ou pendant une période longue, de leur existence; dans cas, c'est qu'ils se trouvent satisfaits sans que nous ayons à intervenir.

 Il n'existe pas d'objectifs sans besoins. La fixation d'un objectif demande la présence d'une motivation. Cette dernière est la prise de conscience de l'existence d'un besoin, qu'on ait ou non identifié ce besoin ou ce qui le relie à l'objectif retenu comme valant d'être poursuivi.
 Cependant on peut soutenir de bonne foi, lorsqu'on n'a pas été en situation d'effectuer cette identification, que cet objectif qu'on veut poursuivre constitue par lui-même un besoin, et n'est sous-tendu par aucun autre besoin ou objectif.

 A titre d'exemple limite, un acte d'agression, c'est-à-dire un acte de violence sur des personnes ou des objets pris comme cibles, peut être revendiqué comme un besoin, lorsque la nature de la motivation est ignorée ou rejetée.

 Plus prosaïquement, un revenu, en nature ou en espèces, est assimilé à un besoin, alors qu'il s'agit d'un objectif destiné à assurer la satisfaction de besoins.


 Peut-on alors faire vraiment la différence ?
 

Reo

Blogapart-7

6/11/2008
Blog

 A lire ces posts, je me dis que c'est simpliste, naïf, ou alors compliqué, prétentieux...
Pourtant, je persiste en me disant que j'essaie d'aller au fond des choses, avec mes moyens, sur des thèmes qui me tiennent à coeur, et qu'ils peuvent bien en intéresser d'autres, s'ils parviennent à passer sur un style parfois condescendant, donneur de leçons.

 Justement, c'est aussi sur cet équilibre à trouver entre le trop direct et l'excès de précaution dans nos rapports humains et politiques que porte ma recherche dans ce blog, et c'est pourquoi, après avoir suivi un fil dans plusieurs messages, je le laisse provisoirement de côté pour en saisir un autre avant d'y revenir, pensant que ce sera sans doute moins compliqué pour démêler notre intrigue...

8/11/2008
Récapitulation

L'évolution incessante du monde exige des efforts soutenus d'adaptation. Celle-ci consiste en une judicieuse répartition de notre capital d'énergie entre agressivité (le moteur) et intelligence (le pilotage). Cela s'applique aussi bien aux communautés de toute nature qu'aux individus.

 Tout comme pour une personne, des moments peuvent se présenter où l'accumulation de conflits non résolus conduise un groupe, ou même la société dans son ensemble, à recourir à des alternatives radicales sans avoir le recul, la patience ou la lucidité pour analyser l'ensemble des options possibles.

 C'est dans ce type de circonstances qu'il devient indispensable d'investir le maximum d'énergie dans la recherche et l'examen de solutions évitant la régression vers des situations répétitives d'échec. Pour une personne, cette introspection éventuellement assistée amène généralement, si elle est conduite avec détermination et méthode, à une remise en perspective de l'ensemble de ses orientations de vie, pouvant aboutir, selon le cas, à des inflexions importantes ou à quelques rééquilibrages. Serait-ce si différent concernant la société humaine ?


 La difficulté principale à surmonter est l'attitude de déni qui peut intervenir suite à la perte de repères liée à la répétition des insuccès.
 L'objectif primordial est bien la récupération des capacités de contrôle, pour y voir plus clair et recouvrer ainsi la liberté de ses choix.

Reo

Blogapart-6

30/10/2008

Légitimité

  Qu'est ce qui légitime la souveraineté nationale ?
 D'abord l'identité nationale d'un peuple, fondée sur son histoire, sa culture, sur son vécu jour après jour.
 Et puis, sa reconnaissance de l'autorité exclusive conférée à l'Etat par libre consentement, pour gérer les questions définies par la Constitution comme étant de son ressort.
 Il en résulte que la souveraineté nationale ne peut qu'être atteinte par toute immixtion dans l'identité commune à laquelle chacun se rattache.

 Cependant, toute autorité ne relève pas nécessairement de la souveraineté nationale, en particulier lorsque le contrat constitutionnel n'en fait pas obligation.
 D'autre part, des questions essentielles impliquant la responsabilité et requérant les compétences de plusieurs Etats appellent, mieux qu'à un partage d'autorité, toujours malaisé, rarement efficace, à la mise en oeuvre d'une institution non nationale pouvant exercer, pour traiter spécifiquement ces questions, une autorité incontestable et incontestée, qu'on peut donc qualifier de "supranationale".

 Sur quoi reposer la légitimité d'une telle autorité ?
Sur un contrat spécifique constituant la gouvernance que lui délègue(ro)nt les nationaux des Etats concernés; cela établit la reconnaissance de cette autorité et le consentement à son exercice.

 
Si les responsabilités et/ou les compétences sont mondiales, une gouvernance mondiale peut s'avérer parfaitement légitime, sans entacher aucune souveraineté nationale, dans la mesure où cette dernière reconnaît que l'importance prise par le(s) problème(s) à traiter le(s) place désormais (si ce n'est déjà le cas) hors de son propre champ constitutionnel.

 

Reo

Blogapart-5

29/10/2008
Souveraineté

 Un gouvernement supranational, quelle que soit sa forme, cela peut déranger en ce qu'il impose des décisions, des directives, à notre État, librement constitué par tous les citoyens de la Nation.
 Et en effet, tout ce qui est prescrit unilatéralement, à l'opposé de ce qui est souhaité et consenti, tout ce qui émane d'une culture non partagée, est légitimement ressenti comme une atteinte à la souveraineté nationale, c'est-à-dire à la dignité de tous les citoyens.

 A l'issue de la dernière guerre mondiale, où la France, l'Allemagne et d'autres pays ont connu successivement, entre autres misères, l'humiliation de l'occupation par les armes, cette épreuve nous a conduits, les uns et les autres, à rechercher des moyens d'en éviter à jamais le retour.
Conscients dès lors que la solution ne pouvait être ni l'affrontement, ni la capitulation, ni la "paix armée", il ne restait plus aux voisins qu'à dialoguer et tenter de construire ensemble, de rapprocher les cultures pour en découvrir une nouvelle.

 Demi-succès, demi-échec ? L'Union Européenne est le témoin de cette tentative avec ses réussites et ses cafouillages. Même si on peut se féliciter d'avoir franchi cette importante étape de civilisation en enterrant le mythe de "l'ennemi héréditaire", il en reste une impression d'inachevé, comme si on n'arrivait à mettre en commun que nos mauvaises habitudes, oubliant ce que cette construction inédite pouvait apporter à chacun.
 D'où le sentiment pour nombre d'Européens d'avoir perdu de la souveraineté nationale, sans commune mesure pourtant, avec le traumatisme d'une culture étrangère introduite par effraction. Mais reste cette impression bien réelle de subir en permanence de la part d'une institution extérieure à l’État une pression injustifiée.


 Et c'est, malgré l'avancée, cette insatisfaction qui risque de disqualifier toute autre entreprise de gouvernance supranationale.

Reo

Blogapart-4

28/10/2008
Coordination

 La plupart des menaces sur le monde ne concernent pas seulement un Etat, mais plusieurs ou même tous.
 C'est pourquoi il est nécessaire de créer des "cellules de crise" transnationales pour gérer des situations délicates et complexes. Mais cette complexité même exige une coordination au plus haut niveau, qu'on peut qualifier de "gouvernance mondiale".

 En effet, l'ensemble des mesures adoptées pour améliorer la situation globale de la planète, pour être efficace, ne doit comprendre que des actions propres à résoudre les problèmes dans un ou plusieurs secteurs (ressources, finance, environnement, terrorisme, etc.) sans compromettre la recherche des solutions dans les autres secteurs.
Afin d'être bien coordonnées ces mesures doivent donc être intégrées dans une politique générale qui s'adresse simultanément à l'ensemble des activités.

 C'est ce qu'on attend généralement d'un gouvernement, mais qui est souvent loin d'être réalisé à l'échelon national, en raison de l'interactivité avec les autres Etats. Cette interactivité (phénomène d'ailleurs amplifié par la mondialisation des échanges) est de nature à gêner tous les gouvernements dans l'harmonisation de leur propre politique, lorsque le besoin s'en fait sentir.

 
Alors, cette gouvernance mondiale, tour de contrôle ou cabine de pilotage ? Les deux associées, probablement.

Reo

Blogapart-3

27/10/2008
Gouvernance mondiale

 Il est vrai que la situation actuelle se prête assez à se poser des questions de fond sur l'avenir de l'humanité et à chercher des réponses radicales.
 De plus, si certaines menaces se précisent (sur les ressources, le climat, la géopolitique, et maintenant l'économie), c'est là surtout que des réponses radicales pourraient trouver leur place. Dans un tel contexte, il est logique et salutaire de rechercher des réponses d'ensemble, pour anticiper si possible.

 C'est en cela, (et seulement en cela, pour l'instant), qu'il faut définir l'exercice d'une gouvernance mondiale.
 Mais cela ne se pourra se faire qu'en tout pragmatisme. On ne peut pas vraiment concevoir de se couper de tout milieu naturel, pas plus imaginer de renoncer à notre trajectoire de progrès scientifique et technologique, qui est de notre culture.
 Et en cas d'exigence de changements importants dans nos comportements économiques, donc vraisemblablement au plus profond de certaines de nos habitudes, il faut du temps, même si on n'en avait pas beaucoup : une indispensable période de transition.

27/10/2008
Menaces

 Une gouvernance mondiale, encore très controversée, voire ignorée ou même rejetée, ne peut se fonder aujourd'hui que sur l'existence reconnue de menaces pour la sécurité mondiale. Par exemple...
 
Menaces globales, précises :
la crise économique, d'origine financière;
la perturbation du climat par les gaz à effet de serre...
 
Menaces diffuses, mal cernées :
le terrorisme;
la dégradation de la biodiversité...
 
Menaces locales :
susceptibles de dégénérer, comme la situation au Moyen-Orient, etc.


 Liste évidemment non exhaustive.

 

Reo

Améliorer

 Une opinion largement répandue est que nous ne pouvons pas améliorer la société, pour la bonne raison que l’idée d’une société parfaite est utopique ; et d’ailleurs, qu’est-ce que c’est, «améliorer» la société ? Au nom de quels principes, de quelle morale ?

 Il reste que personne ne peut se sentir vraiment à l’aise dans un climat de tensions journalières, et que, au fil des années, cela n’est «pas une vie». Sans doute n’est-ce pas partout le cas, mais l’actualité ne nous fournit guère d’espérances de relâchement au plan général.
Tout au contraire, des motifs d’inquiétude se font jour et se précisent, non pas quant à l’avenir de la planète, mais plutôt pour le nôtre, dans le sens où nous lui procurons de plus en plus d’occasions de se débarrasser des hôtes encombrants, limite malveillants, que nous sommes devenus. Et que du même coup nos espoirs d’adaptation risquent de se trouver radicalement contrariés si nous persistons à ne pas prendre au sérieux cette situation.
 Alors il n’est question ni de perfection, ni de «morale», mais de stratégie, laquelle ne peut se passer ni de déterminer des objectifs, ni de définir une éthique adéquate à leur poursuite.

 Mais quels objectifs, et quelle éthique ?

Reo

Blogapart-2

23/10/2008
Adaptation

 Guerres et crises socio-économiques sont des conflits résultant d'un défaut d'adaptation aux difficultés rencontrées.
 L'absence de solution à terme entraîne l'affrontement ou le renoncement (le combat ou le repli) et mène à la régression dans tous les secteurs.
 Pour la société humaine comme pour l'espèce elle-même, si le moteur de l'évolution est l'esprit de conquête -l'agressivité-, son itinéraire s'appelle le développement -l'adaptation avec le milieu- et c'est à l'intelligence -la gouvernance- que revient la charge du pilotage.

 Ce n'est donc pas tant, à mon avis, à la (bonne) agressivité, comme caractéristique générale des espèces vivantes, ou à un excès d'agressivité chez les individus en particulier, qu'il faut attribuer les à-coups de l'Histoire passée ou contemporaine, qu'aux imperfections, souvent récurrentes, mais pas fatalement, de la coordination entre ce besoin de développement et les moyens de le réaliser, qui nécessite une recherche incessante d'organisation pour anticiper sur les obstacles.

 

24/10/2008
Et maintenant ? 

 Comment peut-on envisager le développement de l'Homme comme espèce (ou genre) et comme acteur du monde physique ?
 Après l'apparition de la vie sur la planète et la colonisation de celle-ci par un monde vivant, l'être humain en fait rapidement la conquête et recrée un environnement à sa discrétion. Il y a là une alternative :
 - consommer la rupture entre l'avant- et l'après-Homo, instigateur d'une ère nouvelle,
 - remodeler le globe tout en rétablissant et en approfondissant l'harmonie du monde vivant, dans lequel, et à partir duquel il assoit désormais son développement.
 Les deux options restent-elles ou non d'actualité ?

25/10/2008
Les deux options de développement

 Rappelons-les :
 Dans l’une, nous substituons aux productions spontanées du monde vivant des produits plus efficaces, plus adaptés à nos besoins tels que nous les ressentons ou les concevons. C’est un objectif de rupture avec les origines.
 Dans l’autre, nous nous insérons –ou nous nous réinsérons- dans l’ensemble des écosystèmes, quitte à nous adapter aux rythmes qui en conditionnent la pérennité. C’est un objectif de retour aux sources.
 Mais les choses sont-elles aussi simples ?

Reo

Le jour d'après

C’est le jour à partir duquel, ayant épuisé depuis la veille les ressources annuelles disponibles, nous sommes obligés, nous les humains, d’entamer les réserves planétaires. Il est question d’une habitude prise dans les années 70, avec une date qui s’est éloignée au fil du temps du 31 décembre, d’où un crédit de 151 jours pour l’année 2017. Cela donnerait donc, sur 40 ans, avec une progression constante, environ 3000 jours de crédit cumulé, soit à peu près 9 années de renouvellement.

Vu l’ancienneté de l’information, il s’agit d’un fait avéré. Et, compte tenu de son importance, un problème qui concerne l’ensemble des habitants du globe, car cela implique des actions de préservation et, vraisemblablement, de restriction dans nombre d’activités. D’où quelques conseils rituellement dispensés par les médias aux consommateurs et usagers de services.

Cependant, il est permis de s’interroger sur le possible épuisement des réserves, selon les ressources : de combien seraient-elles entamées, et à combien d’années cela correspond-il ?
Il va de soi que cette question n’est pas essentiellement destinée à connaître la durée pendant laquelle on pourrait continuer à s’en désintéresser, mais plus sérieusement à élaborer un programme mondial cohérent pour remédier durablement à une situation ainsi compromise.

D’ores et déjà, il a été révélé qu’une bonne moitié de toutes les espèces d’animaux vertébrés avait disparu depuis le début du siècle dernier, ce qui signifie que nous sommes capables d’évaluer le niveau de certaines réserves, donc le temps d’action qui nous serait imparti pour redresser la situation.
Mais cela ne suffit pas. On ne peut pas se contenter de dire aux gens : faites ceci, ne faites pas cela, car en général les économies préconisées se situent radicalement à l’encontre des politiques de consommation convenues et pratiquées, pour soutenir croissance et compétitivité.
Donc la nécessité d’un programme mondial est impérative, pour d’une part, déterminer la pertinence des gestes de préservation à réaliser, d’autre part infléchir la politique générale en fonction de ces gestes à faire.

Et pour ça, il faut une information exhaustive pour tous. La panique, c’est quand on ne sait pas à quoi s’en tenir.

 

Reo

Blogapart-1

 J’ai commencé à bloguer dans un forum voilà bientôt dix ans, sous le titre «Blogapart».
Le thème n’a pas changé : une critique de l’évolution de l’organisation de l’humanité dans son ensemble et sur les diagnostics couramment posés sur ses travers, plutôt que sur ses dérives. Ci-dessous les trois premiers billets et la suite par éditions les samedis.
 Bonne lecture !

20/10/2008
Agresser


Larousse :
 agresser : attaquer

 attaquer : agresser, assaillir
 assaillir : attaquer, se jeter sur, donner des coups...

L'agressivité est chose courante dans les faits et les conversations. Mais qu'entend-on par là ?
A lire les définitions du dictionnaire, on peut y voir l'aptitude à - ou le besoin de - s'affirmer en recourant à la force, à la violence.

On entend parfois aussi parler d'agressivité "dans le bon sens" (du terme). En quoi y aurait-il matière à interprétation ?
 

 Le mot latin "aggredi" se traduit par "attaquer". C'est un composé de la racine -gred- (avancer, marcher) et du préfixe ad- (vers). Il y a là une précision, car la cible représentée par "ad-" est soit l'objectif, soit un obstacle, par définition interposé entre "l'agresseur" (celui qui va vers) et ce (ou celui-celle) qu'il se donne pour objectif....Dans cette étymologie, on n'est pas encore entré "dans le vif du sujet", puisqu'on comprend dorénavant une agression comme un affrontement direct engagé unilatéralement. Depuis bien longtemps, l'agression n'est plus qu'un épisode brutal, sans les intentions que recèle le préfixe, dont il ne reste en français que la lettre a. A mon avis, on a donc perdu de la signification.


20/10/2008

Agressivité

 Si on s'en tient à l'origine du concept désigné par le verbe "agresser", être agressif, c'est chercher à atteindre son but en prenant pour cible l'objectif propre à satisfaire cette recherche, et par voie  de conséquence tout ce qui est susceptible de l'entraver.
 Sans vouloir "chercher la petite bête", cette définition autorise des développements que l'interprétation actuelle laisse de côté, et nous laisse espérer qu'existe effectivement ce "bon sens du terme" auquel j'ai fait allusion ci-dessus. Mais naturellement, comme la ligne droite en géométrie, force ou violence est le chemin le plus court pour faire aboutir sa quête. Quoique,... depuis Einstein, on reconnaisse que même la lumière doit s'écarter (un peu) pour frayer son chemin dans l'"éther"!

21/10/2008
Agressifs de nature

 Vu l'évolution des mots, alors posons-nous la question : l'agressivité implique-t-elle le recours systématique à l'agression ?
 Oui, lorsqu'on parle d'un individu agressif, c'est qu'on le croit capable à tout moment de s'en prendre, physiquement ou verbalement, à qui, selon lui, le provoque.
 Non, si l'on considère que l'agressivité est une propriété basique de l'espèce humaine comme de tout être vivant. Dans ce cas, plutôt que d'une tendance naturelle à se quereller, j'y vois la volonté de conquérir pour se réaliser, en affrontant l'obstacle, que ce soit par la force, le contournement, ou... l'adaptation à la situation responsable du blocage, qui consiste à effacer l'obstacle sans en éliminer l'origine.

Cette dernière option présente l'avantage de préserver les possibilités de choix qui auraient pu être éliminées ou ignorées dans l'alternative de base : combat ou repli. C'est vrai qu'elle ne peut pas être retenue à tout coup, vrai aussi qu'on passe quelquefois à côté.
Cette faculté de développement existe dans la matière vivante sous ces différentes formes : pensons aux champignons, aux racines, aux virus...
 Ceci pour dire, bien sûr que l'agressivité, tout indispensable qu'elle soit, ne fait rien toute seule : elle a une coéquipière de choix que, sous sa forme humaine, on a coutume d'appeler l'intelligence.