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Constatations générales

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Voeu pieux ?

La guerre permanente entre les grands groupes mondiaux, impliquant les États comme forces d'appui, avec des armes à plus ou moins longue portée, tel le dumping fiscal ou social, avec ses offensives et ses replis, se révèle de plus en plus coûteuse en "unités" pour la "piétaille" des ménages et la "cavalerie légère" des PME, sans compter les innombrables "brèches" infligées aux collectivités territoriales.  En l'absence d'une réelle gouvernance, c'est bel et bien d'anarchie qu'il s'agit, fragilisant les régimes démocratiques et confortant les autres options, comme les théocraties ou les dictatures, quand ce n'est pas tout simplement le retour à des situations claniques, où s'interpénètrent sectaires et mafieux.  Notre trajectoire s'appuie essentiellement, aujourd'hui, sur le principe économique de concurrence, retenu comme repère unique de liberté _ du moins sur le plan pratique _ à travers le concept d'entreprise.
Cependant ce dernier, né dans un espace ouvert sur un horizon lointain, propice à des envolées exaltantes, connaît à présent une maturité avancée, dans un monde désormais statique et refermé sur lui-même comme un cercle de sumo : la course de fond open a fait place à l'épreuve de force entre pros de haut niveau.  Deux siècles d'histoire ont suffi, en effet, pour rapprocher les habitants de notre planète, plus encore par la technique que par le nombre, nouant entre des institutions, des collectivités que tout séparait, culture et géographie, d'indissolubles liens d'interdépendance. Rien d'étonnant, donc, à ce que le droit, public ou privé, constitutionnel ou international, n'ait pu, en si peu de temps, épouser ou redresser les multiples distorsions imprimées à nos règles et usages.  Le monde est devenu un ensemble organique auquel il manque la paix et l'autorité pour obtenir la cohésion indispensable à son développement.
Pour cela, il lui faut récupérer l'organisation et la gestion des missions de sauvegarde, que les États ne réussissent à assurer ni ensemble, ni isolément. Rien de plus, mais rien de moins. A nous, citoyen.ne.s de la planète, de trouver _ au plus tôt _ les outils pour que puisse s'exercer cette gouvernance.
Excluant une fois pour toutes les errements des autocrates, pour enfin se consacrer à réduire les lacunes de nos démocraties.

Reo

Reo

 

Tripot

Le monde actuel fait penser à un établissement de jeux, où les joueurs seraient les États et les multinationales, engagés dans une perpétuelle surenchère. Il leur faut donc continuellement miser de plus en plus et user de tous les moyens pour se maintenir à flot.
 C’est le lot du joueur invétéré qui, avant d’en venir à jouer sa propre chemise, aura bradé tous ses biens, jusqu’à dépouiller sa famille, son épouse, ses enfants, les abandonnant à la mendicité et à l’errance.

 Ainsi va la finance, laquelle abuse l’économie en détournant la totalité de ses ressources vers un jeu stérile et dévastateur, lui laissant croire à un retour d’investissement, sans cesse différé.
 Car il ne peut jamais y avoir de fin, les chances de survie des participants étant liées à leur poursuite inconditionnelle de la compétition, en jetant pêle-mêle armes et bagages, toutes leurs forces vives dans une guerre sans merci.

 Le précédent des guerres mondiales pourrait laisser espérer la venue d’un accord de paix, pour autant qu’il puisse être respecté. Mais on peut en reconnaître la difficulté, dès lors que cette guerre financière connaît une durée bien plus longue, incluant plusieurs générations.
  C’est pourquoi, lorsque l’on supporte la situation, même tant bien que mal, plutôt que de l'envisager, on préfère généralement soutenir la croissance, en dépit des dégâts croissants _  pour les perdants, de plus en plus nombreux _ qui en résultent.
  En espérant, malgré des démentis quotidiens, pouvoir repousser indéfiniment l’instant fatidique du burn-out général… qui ne nous laisserait aucune option pour reprendre le chemin du développement.

Reo

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Transition

La gravité des événements que nous vivons inspire à l’un de mes amis la réflexion que nous revenons à l’âge de pierre de notre préhistoire.
 Comme un peu partout en Europe, où le populisme réapparaît avec son cortège de violences.
 Blocage du dialogue, blocage de la rue, blocage de l’économie.

 A chaque fois qu'une situation se bloque, l'action tend à prendre le pas sur la réflexion. De ce fait l’absence de lucidité dans l’action, la privant d’un nécessaire contrôle, l’entraîne du brouillon au désordre, puis du désordre à la violence, et le blocage perdure.
 Quand on se trouve «au pied du mur», il nous arrive, faute de moyens ou faute de patience, de renoncer à la réflexion; et voilà la démarche simplificatrice, qui consiste à s'isoler «dans sa bulle» et à nier ou minimiser les problèmes du voisin.
 Le mérite des gilets jaunes _ ceux qui ne veulent pas de la violence _ est d'autant plus grand. Il leur faut calmer tous les extrémistes, et ce n'est pas une mince affaire quand les institutions se révèlent impuissantes à faire barrage à cette violence.

 Pour ma part, j'incline à penser que si l'être humain, individuellement, est l'être vivant le plus intelligent, il est collectivement l'un des plus stupides, car, face à ce double handicap _ social et écologique _ qu’il s’est à lui-même infligé, il se révèle incapable d'assurer sa propre conservation, alors même que, bien tardivement, il commence à se rendre compte de cette fatale lacune.
 L'intelligence ne consiste pas uniquement dans d'exceptionnelles facultés de compréhension et de création individuelles, mais bien au-delà, dans la faculté de nous organiser et surtout de savoir faire évoluer le mode d'organisation dans la pleine conscience de notre propre évolution.

Reo

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Synthèse/4

Résumé du contenu des 4 premiers billets : Dans « Stress et politique », Ce qu’est le stress et comment il peut se propager (4), le fait que des stress individuels nombreux et prolongés entraînent la multiplication des conflits dans une population; conflits que la politique a pour rôle de gérer, d’anticiper et, autant que possible, de prévenir. (1) En observant que l’installation durable du stress est en grande partie due à la compétition imposée quotidiennement à chacun.e _ notamment dans sa vie professionnelle _ ce qui isole les individus en les opposant les uns aux autres, amenant de ce fait décohésion et régression de la société. (3) Un des critères à retenir pour apprécier le développement devrait donc être _ a contrario _ le niveau de stress des populations, caractérisé par des repères comme la fréquence des suicides, des agressions, des syndromes d’épuisement (burn out) ou de dépression (bore out) et, bien entendu, des conflits armés. (2)  

Reo

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Stress et politique (4)

Le stress répond à une souffrance, liée à une accumulation, brutale ou progressive, de contraintes physiologiques et mentales dans notre vécu, ou à leur mauvaise gestion, sous la pression de l'environnement, de la société. Ce peut être le cas lorsque se présente un obstacle à la réalisation d'une décision, ou que pèse une menace sur l'intégrité de notre personne, sur notre avenir, matériel ou affectif. Une importante dépense d'énergie devient alors nécessaire pour se libérer si possible de contraintes conflictuelles; mais le plus souvent, elle se consume dans des efforts de neutralisation pour tenter de rétablir ou de maintenir un équilibre provisoire; en fait, un arbitrage effectué dans l'urgence compromet généralement la satisfaction des exigences biologiques et/ou la réalisation des projets envisagés; de même, pour anticiper de probables situations de stress. Ainsi, consciemment ou non, des perturbations sont provoquées, des dommages subis; si le déséquilibre persiste, c'est la crise, le conflit n'ayant pas été résolu. A l'origine du stress se trouve la crainte de l'inconnu, de ce qui échappe à notre expérience _ en fait, de ce qui peut se produire _ maintenant ou plus tard. En animal évolué, pour s'y préparer, l'être humain se sert de sa mémoire. Nous avons, de plus, la faculté de nous donner des objectifs pour répondre à nos besoins, et de les redéployer au vu de la diversité des situations rencontrées. En tant que facteur d'adaptation, la qualité de cette gestion de notre conduite repose donc sur la diversité des choix qu'elle peut nous offrir. Dit autrement : notre niveau d'autonomie est directement lié à l'équilibre que, dans l'immédiat ou dans la durée, nous serons amenés à maintenir entre les contraintes vécues. A l'inverse, lorsque l'on ne parvient pas à préserver cet équilibre, s'installe une perturbation, émotionnelle ou physiologique : le doute efface le sentiment de sécurité quant à la satisfaction prochaine de besoins biologiques et relationnels. Notre adaptation n'est plus suffisante, nous perdons de l'autonomie, c'est un recul pouvant conduire à une régression. Celle-ci intervient dès lors que la seule alternative qui se présente à nous est - soit d'investir notre énergie vitale _ notre "agressivité" _ dans la violence, contre soi-même ou l'entourage (l'escalade), - soit de consacrer ce qu'il nous en reste à une addiction (le repli sur soi). Comment minimiser ou harmoniser les contraintes ? Sans doute en les analysant pour ensuite les restructurer _ si on en a le temps et les moyens _ grâce à un judicieux redéploiement de nos options, à un réajustement lucide de nos objectifs. Sinon, il faudra rechercher des compensations, c'est-à-dire des approximations qui permettront d'en différer les effets nuisibles, ou au moins de les atténuer, afin de se donner ce temps et de se procurer ces moyens. Cependant, comme il s'agit, presque toujours, de modifier des comportements, des situations qui ne dépendent pas uniquement de la personne stressée, la difficulté de l'opération est telle qu'on en reste généralement à ce type de compromis, lequel a bien souvent tendance à se fragiliser avec le temps. Il n'est donc pas rare que nous ayons recours au déni, attitude qui consiste, pour préserver nos choix _ alors même que nous les pressentons précaires _ à rejeter certaines contraintes, à en reporter la pression sur notre environnement, faisant ainsi l'économie d'un examen mieux approfondi. Avec l'espoir, souvent fallacieux, de maintenir un «statu quo» en deçà de la limite du stress. Il est évident que la généralisation de cet expédient commode contribue grandement à multiplier les contraintes superflues : de là, une intensification des situations de stress, avec des risques croissants de ruptures d'équilibres se traduisant par des violences accrues. A n'en pas douter, vu la diversité de leurs objectifs et des contraintes inhérentes à leur poursuite, ce schéma s'applique aussi, dans son intégralité, aux communautés, aux institutions de toute nature et de tous statuts. A un monde stressé …. En effet le même processus de stress intervient lors du développement des sociétés humaines. La croissance et la multiplication des individus entraînent une augmentation exponentielle des relations qu'ils sont susceptibles d'entretenir entre eux, encore accrue par la diversité des situations et des réactions adaptatives. Comme à toute relation correspond un assortiment de contraintes dont les contours exigent d'être définis pour en assurer la viabilité _ et l'équilibre des parties prenantes _ il n'est pas surprenant que l'histoire de la civilisation abonde en confrontations destructrices, et que les épisodes mondialisés du XXe siècle aient réalisé l'amalgame entre toutes les formes prévisibles (ou non !) de déstabilisation de la personne et des institutions. Et continuent à faire école.

Reo

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Stress et politique (3)

Dans tout ce qui précède, j’ai traité du stress selon la définition du dictionnaire : «Ensemble de perturbations biologiques et psychiques provoquées par une agression quelconque sur un organisme », le terme « agression » étant pris dans le sens d’une atteinte à l’intégrité de l’individu. Une acception courante, notamment dans les milieux du sport et du spectacle (mais pas que…), consiste à le définir comme une pression qui permet à la personne concernée de se concentrer à la poursuite d’objectifs préalablement convenus. Le « bon stress »,en somme. La différence entre les deux notions est flagrante : dans le second cas, le dessein est clairement défini et son acteur en garde la conduite en contrôlant ses émotions et ses décisions, tandis que dans le premier, l’agression subie par l’individu du fait d’une tension excessive provoque la perte des repères nécessaires pour former et/ou accomplir son projet. Dans notre monde complexe de dépendances mutuelles, où il est très difficile de conserver le contrôle de ses projets, ce cas-là, de loin le plus répandu, s’alimente en permanence de l’autre. État de dépendance, déséquilibre, conflits non résolus : C’est ce qui caractérise l’installation du stress chez une personne, à son corps défendant : tout ce qu’il faut pour entraver un développement, pour ruiner une carrière, pour abréger une existence. C’est également le constat, rappelé dans le billet précédent, à propos de la situation mondiale aujourd’hui. S’il est bon de se confronter régulièrement à une réalité qui résiste, afin d’en sortir le mieux armé pour les combats qui vous attendent, est-il pour autant judicieux de demeurer en permanence sur le pied de guerre ? C’est pourtant ce à quoi nous nous astreignons collectivement et individuellement _ mécaniquement _ dans la démarche exclusivement compétitive _ rarement remise en question _ dans laquelle nous concevons, et tentons d’assurer, notre développement. Mais ce dernier implique la cohésion, par conséquent l’équilibre de l’organisation qui nous implique dans ce projet _ avec ou sans notre adhésion. Comment assurer cet équilibre ?

Reo

Reo

 

Stress et politique (2)

Tout comme la santé d’une personne, comme chacun sait, ne se juge pas simplement à son activité, le stress des populations peut être, à l’instar de la croissance, un marqueur pour qualifier le développement. Ainsi le niveau de développement, à côté de repères économiques, pourrait-il s’apprécier selon des critères propres à la personne et aux relations sociétales. Par exemple, la multitude et la gravité des conflits sociaux, des affrontements géopolitiques, ou la fréquence des suicides et des agressions, pourraient, à mon avis, apporter un complément utile à l’analyse de ce niveau. Si toutefois la notion de développement inclut la sécurité individuelle et collective.

Reo

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Stress et politique (1)

"Stress" est un mot anglais qui signifie "contrainte". En français, il s'applique à la situation où l'on peut se trouver lorsque l'on vit sous la contrainte, quand s'accumulent des contraintes au point qu'on ne puisse plus les gérer. Trop nombreuses à long terme ou trop fortes à court terme, nos choix s'amenuisent, notre autonomie de décision diminue, menaçant notre équilibre. En effet, dans l'incapacité de trouver une solution par le dialogue, toute discussion devient pour nous polémique. Dans un déni de la réalité, nous perdons la faculté de discerner les priorités dans la poursuite de nos objectifs; de sorte que pour les atteindre, nous sommes amenés à franchir les limites qui nous préservent. A prendre le chemin le plus court : celui de l'agression contre nous-mêmes ou notre entourage. Ainsi le stress peut-il se propager de proche en proche, lorsque les conflits n'ont pas été résolus. Tout comme dans un matériau, une contrainte trop élevée peut entraîner le cheminement d'une fissure, puis dans la machine, la rupture d'un assemblage. En mécanique, en électrotechnique, dans tous les domaines technologiques, nous savons ce qu'il faut faire, en préventif ou en curatif, pour ajuster les caractéristiques techniques aux conditions de fonctionnement, et vice-versa : mise au point et suivi. Dans le cas d'une personne, c'est une question d'éducation et de contrôle de soi; pour la société, affaire de gouvernance. C'est bien le rôle de la politique d'assurer cette maintenance pour garantir la cohésion de la collectivité. Et pour ce faire, de réaliser en continu l'adaptation mutuelle de cette "machine" et de ses "composants". Cependant il existe une option qui permet de faire l’économie d’un entretien a priori fastidieux : c’est d’admettre la prévalence, voire la fatalité de la victoire de l’agressivité de l’être humain sur le génie dont il a pu faire preuve dans la conquête de la planète.

Reo

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Seuil

Malgré les efforts des gouvernements nationaux et les soutiens renouvelés qu’ils sollicitent des populations, les tentatives de résolution des conflits, de toutes natures, qui sévissent sur notre planète, n’aboutissent le plus souvent qu’à des redressements provisoires et limités, excluant toute perspective de consolidation à terme.
Lorsqu’il s’agit d’élaborer des réponses transnationales, l’échec est même la règle, faute de terrain d’entente diplomatique ou institutionnel pour cerner les problèmes qui font irruption, que ce soit dans le domaine financier ou économique, social ou écologique, à propos du climat, de l’énergie, des trafics, du terrorisme, etc.

 Étant donné que, le plus souvent, ces problèmes se trouvent intimement liés et ne s’arrêtent nullement aux frontières, cette faillite n’a rien de surprenant, quand on observe couramment que les propositions de solutions consistent, soit à les subordonner à des conditions qui en précarisent l’application, soit à juxtaposer les uns aux autres des traitements d’espèce qui s’avèrent fréquemment contradictoires dans leurs effets.
Pour preuve, les sempiternelles oppositions entre objectifs d’économie et revendications sociales, les multiples accrocs à la qualité de l’environnement, voire à la santé publique qui en résultent. Ce qui rend illisibles et illusoires toutes les politiques _ à quelque échelle que ce soit, de la géopolitique à la municipale _ de par leur sujétion au court terme, illustrée par le télescopage permanent de décisions qui se neutralisent, d’actions qui en altèrent le contenu.

 Toute émotion mise de côté, l’installation de ces désordres interpelle sur la possibilité réelle de concilier, actuellement, les diverses exigences que l’on retrouve, de tous temps et dans toutes les civilisations, aussi bien dans le besoin de sécurité que dans la conquête des pouvoirs, la production et la gestion de richesses et de services, ou l’aspiration à la jouissance et au confort.
A scruter l’horizon, le pronostic demeure réservé, tant que ne surgira pas, en nous-mêmes comme chez les dirigeants de la planète, l’intime conviction de la nécessité de réviser nos modes de fonctionnement; de l’urgence de se promouvoir, d’un statut de prédateurs dominants ou dominés à celui de gestionnaires en concertation, tant horizontale que verticale : nous en avons le moyens techniques, à condition d'adapter et d'entretenir nos outils.
 Pour autant que la volonté nous habite de surmonter cette crise généralisée….  
 Réduire ces perturbations, c’est d’abord éviter de se mentir, car il est indispensable d’en trouver des explications authentiques, les seules efficaces. Ce qui implique de dépasser le stade de la confrontation entre les différents fondamentaux culturels (religieux, moraux…), pour nous replacer dans le contexte des contraintes organiques, mécaniques, du milieu où tous ensemble depuis toujours nous sommes plongés : notre monde.
 Sous cet angle seulement, nous aurons une chance de retrouver la compréhension de ce qui, à l’heure actuelle, nous échappe : comment tourne présentement le moteur des relations humaines qui construisent et renouvellent la société, et pourquoi les différents schémas proposés échouent, si ce n’est par l’obsolescence des modèles qu’ils utilisent.

Quel recours alors ? Sinon un retour éclairé au respect des impératifs de base : l’équilibre de la personne et l’autonomie qu’il implique.

Reo

Reo

 

Schéma (2)

Agresser, étymologiquement, c’est «avancer vers» : l’agressivité animale n’est, en fait, rien d’autre que l’esprit de découverte, de conquête, orienté, il est vrai, par la recherche de ressources alimentaires _ qui peuvent être des proies vivantes.
 Que l’on retrouve chez l’humain qui, curieusement, n’en retient que cette dernière image, en réservant le terme d’agression à la violence exercée sur personnes (cf Blogapart-1). C’est le mirage de la ligne droite, considérée comme le chemin le plus facile, parce que le plus court _ même s’il est semé d’embûches _ pour parvenir à ses fins....

 Cela, à première vue, peut interroger, quand nous savons, grâce à la faculté d’anticiper que nous permet notre mémoire, disposer de moyens d’évitement souvent plus économiques pour atteindre nos objectifs.
 Mais de ce fait, notre cerveau possède l’intelligence, qui ouvre aussi la voie à l’utilisation de moyens qui, non seulement, nous dispensent de puiser dans nos réserves, mais nous procurent une puissance infiniment supérieure à nos ressources musculaires ou mentales.

 Ce qui explique que, dans notre impatience du présent ou notre crainte du lendemain, nous soyons le plus souvent tentés de faire fi des pertes et des risques encourus.  D’où ce déséquilibre persistant entre un désir d’organisation et une volonté de domination, au profit de cette dernière, privilégiant le développement au détriment de la cohésion, et trop souvent, l’agression plutôt que la concertation.

Reo

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Schéma (1)

Ce que, dans «Blogapart», j’appelle agressivité, n’est autre que l’énergie dont doit disposer tout être vivant pour maintenir son développement.  Parmi les multiples facteurs susceptibles de le pousser à l’investir dans une agression non motivée par la faim, il existe une condition de base : l’impression d’être l’objet d’une menace pour sa vie ou son autonomie.  S’il est difficile, sans cette sensation de danger, de concevoir un passage à l’acte, il est compréhensible en revanche que sa persistance puisse, passé un certain seuil, s’avérer déterminante.

 Justement, que se passe-t-il avant que ce seuil ne soit atteint ? Qu’est-ce qui fait que, tel l’animal en alerte, nous suspendions notre décision d’attaquer _ ou de riposter ?
 D’abord en réalisant que la menace n’est pas immédiate et n’a pas déclenché d’acte réflexe.
Vient ensuite l’examen de son existence réelle et, si elle se confirme, son évaluation. Enfin la recherche des moyens de s’y soustraire et, le cas échéant, d’en éliminer l’origine.
 Toutes ces opérations, y compris mentales, requièrent d’investir une part de notre énergie vitale, éventuellement susceptible de nous faire défaut dans la poursuite de nos projets.

 C’est là qu’intervient le stress lorsque, à tort ou à raison, nous avons le sentiment que cette dépense, en débouchant sur une crise que nous ne serions plus en mesure de résoudre, serait effectivement préjudiciable à notre équilibre.
 D’où les différentes options qui peuvent se présenter avant d’en arriver là :
 1- une analyse préalable qui permette d’établir l’absence de toute menace; en cas d’erreur, c’est un déni de réalité, qui peut amener, en fonction de l’importance et de la durée de la crise, à l’automutilation de la personnalité, par régression à un état de dépendance, voire à l’autodestruction pure et simple;

 2- les mêmes effets, si la menace est reconnue, peuvent découler d’un défaut d’évaluation, lequel peut aussi bien induire un comportement agressif;

 3- même si une menace effective est correctement évaluée, la probabilité d’une agression préventive n’est pas à exclure, si l’on en vient à considérer que la dépense d’énergie pour l’éviter serait prohibitive.

 L’espèce humaine n’est ni plus ni moins agressive que toute autre; demandons-nous plutôt pourquoi sa propension au recours à l’agression ne semble pas être enrayée par la richesse des options que lui propose son cerveau, admis comme le plus performant de la biosphère.  

Reo

Reo

 

Richesses

S’adapter pour un être vivant, c’est d’abord acquérir et entretenir son aptitude à se nourrir et à assimiler _ c’est-à-dire transformer ses aliments en énergie pour se construire et se dépenser.   De même pour toute personne, toute collectivité humaine, à propos desquelles on emploie couramment le terme de «richesses». 
Cela passe donc par la quête de ressources. Ce sont tous les biens matériels _ objets manufacturés ou ressources naturelles _ susceptibles, sans délai ou à terme, directement ou par voie médiate, de procurer des jouissances, de satisfaire des besoins et, de ce fait, convertibles en propriétés individuelles ou collectives.
 Peuvent être rattachés à cette vaste catégorie tous les articles propres à en faciliter l’acquisition ou la confection : outils, armes, monnaie, etc. Au-delà des outils proprement dits _ machines ou prothèses _ les moyens fournis par la vie elle-même : ressources humaines et animales, leurs énergies et leurs savoir-faire.
 Il s’ensuit que les richesses sont définies :
 - soit par leur pouvoir de satisfaire immédiatement à une exigence de jouissance,
 - soit, le plus souvent, par leur utilisation pour réaliser des prestations reconnues (ou estimées) adéquates à la satisfaction d’un certain nombre de besoins répertoriés (sinon identifiés).
Avec comme objectif subsidiaire d’écarter tout stress _ objectif atteint si le résultat recherché est réellement obtenu.

 Aussi toute modification importante de stratégies dans la satisfaction des besoins sera-t-elle susceptible d’amener, par la révision des objectifs poursuivis, au niveau collectif comme à l’échelon individuel, à reclassifier _ éventuellement, à redéfinir _ ce que l’on entend par «richesses».
 Ces stratégies, pour fonctionner dans notre société, sont connectées entre elles par l’échange, base de notre économie, fondé sur deux éléments :
 - la prestation d’un service, qui offre une réponse, voulue et/ou revendiquée comme appropriée, à l’exigence de satisfaire la plupart des besoins, quelles qu’en soient la nature et l’origine;
 - la jouissance d’un revenu, qui rémunère le prestataire de services et constitue pour celui-ci le moyen d’accès quasi-universel à toute la gamme de prestations proposées sur le marché.
En effet, sauf dans quelques communautés traditionnelles, de plus en plus rares et réduites, l’échange a presque totalement supplanté l’accès direct de l’individu et de sa famille à la consommation par le moyen exclusif de leur propre travail, y compris pour satisfaire à leurs besoins vitaux (d’où l’on considère le revenu comme un besoin, en tant qu’objectif incontournable).

 Cependant les richesses d’un ménage, d’une entreprise, leur donnent la faculté, via l’échange, d’assurer au mieux leur autonomie :
 - pour le ménage, par la satisfaction de l’ensemble de ses besoins, pour vivre et préparer l’avenir des enfants : ce qui nécessite de bénéficier de différents services (ou articles), donc d’en rémunérer les prestataires _ sous réserve de jouir d’un revenu suffisant pour couvrir ces dépenses;
 - pour l’entreprise, par la consolidation de sa pérennité en droit : ce qui exige qu’elle réalise des bénéfices, lesquels ne peuvent être obtenus qu’à condition qu’elle puisse vendre des services (ou des articles) en quantité suffisante _ et suffisamment rémunérés _ pour demeurer compétitive.

 Les deux termes de l’échange revenu/service sont complémentaires :
 - le revenu, dans la mesure où sa valeur, déterminée en espèces monétaires, est purement quantitative _ donc susceptible d’être comparée et ajustée sur une base objective _ et revêt un caractère universel, entériné dans la pratique ; la diversité des services offerts, à laquelle seul il permet ainsi d’accéder, est d’autant plus étendue que son niveau est plus élevé ; les possibilités de choix qui en découlent constituent un élément capital de garantie d’autonomie ;
 - le service, jaugé selon le type d’exigences, est spécifique par nature; aussi son évaluation ne peut-elle être quantifiée en termes entièrement objectifs ; c’est lui qui répond _ sous réserve de disponibilité et d’accessibilité_ au besoin exprimé ; à noter que cette réserve ne devrait pas s’appliquer aux besoins de base, notamment biologiques (qui réclament _ objectivement et quantitativement _ des réponses sous forme de services) sous peine de nuire à l'équilibre des personnes et de la société _  en tant que fondement de leur développement et comme finalité primale de toute organisation.
  L’échange est la conséquence directe de la distribution des rôles qu’exige la diversité des services proposés aux personnes, physiques et morales.
Sa généralisation permet à la société _ à l’instar d’un organisme vivant _ d’accéder, en principe, à un équilibre
 - «diététique», grâce à des apports «nutritifs» en quantité (repérable par le volume des revenus) comme en qualité (appréciable par l’efficacité des services),
 - «métabolique», par une «assimilation» correcte de ces «nutriments», afin de maintenir l’intégrité de toutes ses fonctions…ce qu’il faut là où il faut, sans manque ni abus.
 
Mais il se trouve actuellement que cet équilibre n’est pas atteint, car :
 - la disponibilité de beaucoup de services courants demeure insuffisante, l’offre ne pouvant en être suffisamment rémunérée,
 - l’accessibilité de beaucoup de services également nécessaires reste difficile à assurer en raison de leur coût, d’où l’insatisfaction de la demande,
 - une pléthore de propositions de prestations débouche sur la disqualification des produits (prix trop élevés, concurrence trop forte) et les pertes financières qui l'accompagnent.
 Ainsi s’expliquent les inégalités et les gaspillages de ressources de la société mondiale d’aujourd’hui.

Reo

Reo

 

Résumé

Résumé du contenu des 4 derniers billets :  «Constat»
 - mentionne un déséquilibre entre une offre mondiale pléthorique de produits et services, des basiques aux plus élaborés, et une demande en retrait, du fait de la rareté relative de la clientèle solvable,
 - attribue cette situation à une absence d’organisation du marché,
 - propose d’en rechercher la cause,
 - évoque l’hypothèse d’une inversion des objectifs et des missions dans la société. «Déphasage»
 - développe cette hypothèse en faisant état, pour expliquer ce renversement, d’un glissement progressif de l’offre vers les rentabilités maximales.

 «Métamorphose»
 - joint au constat du déséquilibre économique _ et social _ celui d’une extension et d’une aggravation des conflits dégénérant en crises quasi-pérennes,
 - relie cette double constatation à un essor sans précédent dans les techniques de transport et de communication au cours des dernières décennies,
 - observe que de ce fait la maîtrise de gestion politico-économique échappe de plus en plus aux Etats et autres unités territoriales,
 - en tire la conclusion que c’est l’absence d’une fonction de contrôle à l’échelle mondiale qui se trouve à l’origine de l’installation des déséquilibres et des crises. «Gouvernance» - propose de revisiter la notion de souveraineté au vu des menaces planétaires, qu’aucun État n’est en mesure de traiter seul avec succès,
- suggère, au vu des immenses possibilités offertes par les techniques de communication, de promouvoir une gestion citoyenne concertée à chaque étage de territorialité.

Reo

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Rappel

Il y a aujourd’hui quelque chose qui ne fonctionne pas dans l’échange. Reste à savoir d’où proviennent les déséquilibres et pourquoi ils s’installent. Pour cela, il est nécessaire de découvrir en quoi les différentes stratégies de développement en sont venues à se contrarier.
Essayons de partir d’un exemple pour entreprendre cette analyse. Pourquoi fabriquer (par exemple) des voitures ?
- pour les utiliser au quotidien : pour se déplacer, pour le travail et/ou les loisirs.
- pour les vendre : pour les revenus (profit, salaires), pour la croissance, pour l’emploi.
Demande et offre, en vue d’une satisfaction mutuelle. Ce qui est vrai pour les voitures l’est également pour un très grand nombre de produits et de services….

D’une part, les consommateurs, ménages ou collectivités, recherchent un équilibre budgétaire dans la répartition des postes de dépenses :
- plus le niveau de vie est élevé, plus importante pourra être la part réservée aux loisirs, à l’épargne, à l’investissement,
- part devenant au contraire très faible lorsque les revenus sont au plus bas : dans ce cas, les dépenses au poste «voiture», dans la mesure où on ne peut s’en passer sans mettre son emploi en péril, sont réduites à l’indispensable et le délai de renouvellement du véhicule est repoussé au maximum; la part réservée aux besoins de logement, aux charges, à la nourriture et à la santé, devient prépondérante. D’autre part, en entreprise, on recherche le plus grand profit, dont le facteur capital est le volume des ventes :
- plus on vend d’articles ou de services dans chaque créneau donné, plus on réalise de bénéfices, ceci afin d’assurer la pérennité de l’équilibre économique de la firme, du groupe et des régions d’implantation; et au-delà, son expansion;
- mais dans la mesure où, dans des secteurs de plus en plus nombreux, il s’avère difficile _ en raison de la pression d’offres concurrentes et/ou de l’insuffisance relative de solvabilité de la demande _ de conquérir des parts de marché supplémentaires, il est quasiment impératif d’inciter les acheteurs à adopter des délais de renouvellement de plus en plus courts. Mais : plus élevé le rythme des achats, plus restreint le nombre de clients, la capacité à suivre la cadence étant conditionnée par la possibilité d’acheter _ par le niveau du pouvoir d’achat.
L’incitation par la publicité va donc cibler en priorité les fractions les plus aisées de la clientèle. Comme, en consommation courante, ces dernières sont déjà pourvues à satiété et que les autres, pourvues ou non, ne renouvelleront leurs achats qu’à un rythme insuffisant pour procurer assez de marge, les autres marchés _ ceux du loisir, de l’accessoire et du prévisionnel _ vont être de plus en plus sollicités, avec une escalade continuelle vers la nouveauté, mais en même temps, toujours au moindre coût, pour éviter la perte de bénéfices et de compétitivité, synonyme de recul. D’où une tendance persistante à la limitation, voire à la diminution de la masse salariale (licenciements, temps partiels, CDD, moindre rémunération…), avec comme effets, de restreindre encore le potentiel d’achat d’une fraction croissante de la population. Par ailleurs, les services de base, les créneaux de consommation courante, limités par nature en volume solvable (rapporté à la durée d’un exercice), ne sont plus assez rentables pour ce qu’ils coûtent : ils sont donc _ logiquement _ contingentés ou délaissés, et/ou sous-traités à des entreprises moins bien armées, qui dès lors luttent pour leur survie. Il ne reste alors à ces dernières que de réduire encore les coûts, aggravant le chômage et la précarité des emplois, diminuant d’autant la solvabilité de la demande. Ainsi, l’éventail des prestations offertes se trouve-t-il progressivement écarté des besoins courants _ qui correspondent à une demande globalement limitée en solvabilité _ pour être réorienté vers des marchés susceptibles de soutenir une croissance, dès lors qu’ils garantissent aux fournisseurs la poursuite de leurs propres objectifs. De fait, il apparaît que l’équilibre comptable de toute entreprise ne puisse être désormais assuré, dans le contexte d’une offre toujours supérieure à la demande (solvable), qu’en s’efforçant de vendre toujours plus, à des prix qui doivent rester compétitifs, donc de dépenser toujours moins : aussi ce dernier impératif, même lorsqu’il entre en conflit avec des besoins de services, individuels ou collectifs, a-t-il tendance à devenir prioritaire. Tout semble se passer comme si, aux objectifs de services que s’étaient initialement assignés les populations et leurs gouvernements, en s’appuyant sur la finance comme moyen, s’étaient, en fin de compte, substitués les objectifs financiers : en particulier, toutes les entreprises _ et autres personnes morales _ doivent à présent obéir en permanence à une même exigence de «déficit interdit», impliquant la recherche incessante d’un profit maximal; ce qui confine leur statut à celui d’auxiliaires de ladite exigence, minimise en conséquence leur fonction institutionnelle de service, et de ce fait, entrave leur progression _ et la nôtre ! _ vers une véritable autonomie. En conséquence, l’adaptation des prestations de services à la satisfaction des besoins humains ne paraît plus, à l’heure actuelle, devoir être réalisée, voire envisagée, que dans la mesure où, non seulement ces prestations permettent de préserver les profits _ comme sources de tous les revenus _ et là est le problème _ mais doivent désormais être, avant tout, conçues comme le moyen de les pérenniser, fût-ce en renonçant, le cas échéant, à satisfaire les besoins basiques. Ce qui pourrait expliquer que,

. d’un ajustement naturel de la production de produits et de services à leur consommation, l’offre se contentant de suivre la demande, ou au moins de l’anticiper avec mesure,
nous ayons peu à peu évolué, pour tenter de garantir, coûte que coûte, l’ensemble des revenus sous la pression de la concurrence,

. vers un développement mal contrôlé de la production entraînant, jour après jour, le détournement systématique de la consommation
- d’une part, vers des situations de pénurie, génératrices de sous-équipement et de précarité, dans les secteurs (logement, santé, éducation, sécurité…) délaissés pour cause de moindre rentabilité _ par défaut de solvabilité des besoins de base d’une proportion croissante de consommateurs, particuliers ou collectivités (Etats compris) (*),
- d’autre part, vers des situations de pléthore, génératrices de gaspillages de ressources et d’énergie _ ainsi que de pollutions _ dus à une compétition sévère dans la recherche de créneaux et de parts de marché, pour conquérir des clientèles solvables, de plus en plus sollicitées de par leur raréfaction (**). Outre ces inconvénients, le découplage entre les besoins de services et les objectifs de revenus n’a cessé de faire apparaître des incompatibilités de plus en plus nombreuses et profondes dans leur poursuite conjuguée, ce qui constitue un sérieux handicap pour toute gouvernance
- fondée en principe sur la synthèse et l’équilibre des diverses exigences,
- appuyée en pratique sur la prévision et le contrôle,
en ce qu’il rend totalement aléatoires les effets des mesures entreprises et le succès des projets adoptés. -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  -  - (*) défaut de disponibilité de prestations basiques : offre en diminution constante ou croissante pour cause d'insuffisance de rentabilité;
(**) défaut d'accessibilité aux prestations non basiques : demande en diminution pour cause de raréfaction de la clientèle solvable.
 - Ainsi l'offre et la demande sont-elles amenées à se rencontrer de moins en moins, en qualité comme en quantité -

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Planète

La planète apparaît devenir de plus en plus le sujet de nos inquiétudes, et de moins en moins être retenue comme l’objet de nos sollicitudes.
Nonobstant la planète va bien, merci. Elle a, sauf accident sidéral 4 ou 5 milliards d’années devant elle, avec le Soleil et son cœur à elle pour la réchauffer et l’entretenir.
Avec quelques siècles de flaques barbouillées, de plaques écorchées, ce n’est pas nous qui allons lui faire de l’ombre. De fait, si ça lui chante, pourquoi ne resterait-elle pas capable de maintenir des conditions favorables à la vie ? Envers et contre nous….
Ou avec nous, pourquoi pas ? Offre valable jusqu’au….

C'est nous qui voyons.
Ou pas.

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Parenthèse

Avant de poursuivre, je reviens sur la "guerre économique" (pour autant que les deux mots, ou les deux concepts, puissent être associés), impliquant le surcroît d'activité à consentir pour conquérir la suprématie, ou simplement tenter de se maintenir coûte que coûte la tête hors de l'eau.

  Tout bien considéré sous cet angle, dans tout emploi, public ou privé, administratif ou opérationnel, tous secteurs et toutes corporations confondues, une proportion importante de productions _ services ou articles _ ne présente, à vrai dire, une réelle pertinence que dans la garantie d'une partie des revenus de la population, et pour la plupart des gens _ dans l’emploi ou pas _ tout un spectre de nuisances allant de l'inconfort durablement ressenti à la nocivité _ contestée ou reconnue. Je noircis le trait ?

 Dans une conception "bipolaire" de la société, par exemple "prolétaires" contre "nantis", le problème n'est déjà pas simple à traiter, puisque cette manière manichéenne de voir les choses, à amplifier les crispations et raviver les plaies, perpétue les conflits en versant continuellement "de l'huile sur le feu".
Mais l'on se rend bien compte aujourd'hui que cette approche est insuffisante, car, en fonction des créneaux, ce ne sont pas toujours les mêmes "privilégiés", les mêmes "déshérités", encore que privilèges et déshérences puissent (et peuvent effectivement) se trouver cumulés par des individus, ou des groupes, dans des situations ou des circonstances spécifiques qui perdurent _ et pas si rares, dans cette deuxième décennie du troisième millénaire.

Dans la recherche de solutions, la quête de "coupables" devient une gageure, et a toutes les chances de s'avérer inadéquate, tant il apparaît indispensable, selon moi, de mener une analyse pour redéfinir les responsabilités mises en cause afin d'en rééquilibrer les attributions.

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Mondialisation ?

La décision unilatérale du Président Trump souligne l’actuelle incapacité de l’humanité à se prendre en charge pour affronter des problèmes communs vitaux, tels ceux que posent les répercussions des activités humaines sur le climat.  Outre celles concernant la perturbation du climat, les diverses tentatives de conciliation et/ou de coopération internationales amorcées, quelquefois engagées, pour la résolution de problèmes communs, récurrents ou persistants depuis des décennies _ embrasements géopolitiques, drames humanitaires, pollutions marines répétées, crise(s) financière(s)… _ n’ont livré jusqu’à présent aucune véritable perspective de solution, les intérêts à court terme des parties représentées dans les enceintes de discussion demeurant _ de façon tacite et reconductible _ privilégiés par rapport à leurs intérêts à long terme, tant respectifs que partagés avec l’ensemble des parties concernées.
 Cette décision annoncée du président américain fait voir, en même temps, que la souveraineté d’un État, fût-ce le plus puissant de la planète, pourrait annihiler la souveraineté de l’ensemble des citoyens du monde, hors celle _ en l'occurrence illusoire autant qu’éphémère _ de ceux que représente la majorité qui dirige les États-Unis.
 S’il y a conflit de souveraineté, c’est que ce concept n’est pas un absolu, ou du moins ne l’est plus, au regard de l’interdépendance de tous les pays du monde entraînée par l’extrême complexité des réseaux de relations logistiques et diplomatiques qui existent entre eux.    On voit bien qu’aujourd’hui les Etats apparaissent désarmés devant l’imbrication croissante de leurs responsabilités, qui les dessaisit de plus en plus brutalement de leurs prérogatives.
Une telle situation, faute d’être aménagée, remet en question, au-delà de leurs développements respectifs, celui de leur mandant et fondateur, la personne humaine.
 
 D’où la nécessité d’instituer une autorité supranationale dédiée à la gestion de ces problèmes généraux, qui tirerait sa légitimité d’une prise de conscience mondiale de cette interdépendance de tous les citoyens, où qu’ils vivent : les protestations unanimes à la décision de Donald Trump montrent que cette prise de conscience est en train de se réaliser.  

Reo

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Métamorphose

Nous avons affaire à une crise globale, mondiale.
Ce qui signifie qu’il y a, dans la plupart des secteurs d’activité et sur la quasi-totalité des territoires, des problèmes qu’on connaît les plus grandes difficultés à aborder, des conflits qu’on n’arrive pas à aplanir. En effet :
- d’une part, il existe un déséquilibre socio-économique et écologique général,car des millions de gens ici et là rencontrent les plus grandes difficultés pour se nourrir, se loger, se soigner, élever les enfants _ parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour ça _ alors que par ailleurs, on en dépense abondamment, et au-delà, afin de trouver des consommateurs pour une profusion de produits, de services _ d’énergie dilapidée _ que les êtres vivants de la planète _ la biosphère elle-même _ éprouvent de plus en plus de difficultés à absorber (ou à tolérer) tels qu’ils ont été réalisés et associés (puis disséminés) ; - d’autre part, parce que les diverses tentatives de conciliation et/ou de coopération internationales amorcées, quelquefois engagées, pour la résolution de problèmes communs, récurrents ou persistants depuis des décennies (embrasements géopolitiques, drames humanitaires, réchauffement climatique, pollutions marines répétées, crise(s) financière(s)…) n’ont livré jusqu’à présent aucune véritable perspective de solution, les intérêts à court terme de chacune des parties représentées demeurant _ de façon tacite et reconductible _ privilégiés par rapport à leurs intérêts à long terme, tant respectifs que partagés avec l’ensemble des parties concernées. L’entrée de la société humaine dans notre ère de modernité correspond, avec l’essor des techniques qui a précédé, puis accompagné la mondialisation, à une véritable transformation «organique», caractérisée par l’accélération sans précédent de ses cadences de production et de distribution, notamment grâce à la mise en œuvre d’un «appareil circulatoire» diversifié et d’un «système nerveux» réactif, organes de nature à améliorer ses chances d’adaptation. Néanmoins, force est de constater que le fonctionnement de ces «appareils» est extrêmement perturbé.
En effet, la distorsion, apparue depuis lors, entre
- l’accroissement très important des capacités de traitement de l’information et de son débit de circulation, l’instantanéité et la multiplicité des transactions _ avec ou sans contrôles associés _ étendues à l’ensemble du globe et
- les difficultés grandissantes pour tous les Etats, face à cette complexité croissante, à prendre des décisions politiques adéquates pour maintenir une garantie de services et de revenus aux citoyens et aux collectivités,
n’a fait, notamment en contribuant à la crise financière, qu’aggraver les déséquilibres évoqués ci-avant.
La métamorphose en cours serait-elle sur le point d’avorter, ou n’est-elle tout simplement pas achevée ? Si la situation de crise, renforcée par l’absence de consensus quant à une issue, laisse redouter l’échec, le potentiel représenté par le progrès technique, encore présent, par notre organisation, largement perfectible, et avant tout, par l’être humain lui-même, évoque plutôt des lacunes à combler.
Qu’en est-il ? Je tente un parallèle entre un individu et notre monde tel qu’il est :
Lorsqu’un individu présente des virtualités d’adaptation sociale, mais joue avec sa santé et ne se soucie pas de son entourage, c’est qu’il veut vivre comme bon lui semble, sans s’occuper du lendemain.
Cependant, à l’occasion d’un sérieux revers, il n’est pas impossible qu’il revienne sur cette attitude et décide de se donner une règle de vie ou au moins, des repères pour son jugement. Sur cette prise de conscience, en recouvrant de la lucidité, il peut reconnaître l’opportunité de reprendre le contrôle de lui-même et, s’il le désire, parvenir à exercer quelque maîtrise sur son comportement. Il lui suffit, pour cela, d’utiliser son cerveau. Mais, problème : l’ensemble comprenant le monde vivant et son substrat terrestre, auquel nous participons, n’est pas aujourd’hui doté d’un dispositif global de régulation ou de référence comme l’est le cerveau.
Dans ces conditions, il apparaît impossible à la communauté mondiale, malgré la multiplicité de mécanismes technologiques et sociaux dont elle est pourvue, de s’adapter autrement que par réaction aux évènements, sans être capable de les anticiper _ et, faute d’un contrôle approprié de ces mécanismes, cela devient de plus en plus difficile à réaliser. En effet, toute organisation, pour atteindre la meilleure adaptation possible, nécessite coopération, spécialisation et coordination, schéma qui a fait ses preuves tout au long de l’Histoire, naturelle, puis humaine : dans l’évolution animale, en particulier, puis dans celle des groupes humains, depuis le clan et la tribu jusqu’à la constitution d’États, voire d’empires, en passant par les communautés territoriales et citadines _ et en les conservant.
Pour chacune de ces étapes, il a fallu une référence et une autorité apte à projeter et à coordonner. Or, ce qui distingue la communauté mondiale d’une personne, ou bien d’une organisation unifiée ou fédérée, c’est que ces dernières, l’une disposant de son cerveau, l’autre, d’un gouvernement ou d’un directoire, sont susceptibles d’une adaptation autre que réactive, dans les limites qui leur sont propres, sinon dans celles qu’elles sont susceptibles de s’assigner collectivement.
La question posée par la crise concerne les évolutions respectives de ces deux catégories de limites et la manière dont peut s’en trouver affectée la répartition des contraintes pour tous : Vers plus de stress ou vers plus d’autonomie ? Si l’on s’en tient au statu quo, celui où le monde ne peut se réguler seul et que, à l’instar des individus, chaque structure de la société _ en panne de dialogue _ ne cherche alors qu’à évacuer des contraintes en utilisant systématiquement le déni, le stress ne cessera de s’accumuler partout et la crise de s’enrichir de conflits et de s’amplifier. La crise générale présente est une crise du développement de notre monde.

Reo

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Le monde aujourd'hui

Dans ce blog, j’ai tenté de montrer combien la piste empruntée pour assurer notre développement est devenue incertaine, voire dangereuse, encombrée qu’elle est par une multitude croissante de convois de bagages dont on n’a pas eu le loisir ou le courage de faire le tri, sans doute parce que la question de leur destination n’a _ de longtemps _ plus été posée. Si on ne fait rien pour amender, réparer ou transformer le « système », on risque de se retrouver en très mauvaise posture. Et déjà, modestement, on peut essayer d'en discuter. Tout système a ses imperfections, qui ne l'empêchent pas de fonctionner _ la perfection n'est pas de ce monde _ mais à mesure que celui-ci évolue, elles peuvent se révéler gênantes, puis gravement invalidantes, et fatales enfin, si on n'a pas su les pallier. Comme une machine qu'on n'entretient pas et/ou qu'on soumet à des sollicitations trop élevées ou inadaptées à l'usage auquel elle était destinée (*cf note de bas de page). Les dérégulations, sans aucun doute, font partie de ces contraintes brutales et inadaptées au développement des populations. Que je ne crois pas devoir confondre avec celui qu’on a coutume de repérer _ et même de quantifier _ par des PNB, des balances commerciales ou des taux de croissance. Chaque Etat essaie d’attirer à lui cette croissance annoncée comme salvatrice. C’est donc l’escalade des moins-disants fiscaux, donc sociaux, et la dégringolade pour ceux qui, comme au poker, ne peuvent pas suivre. Cela surtout depuis qu’est intervenue ce qu’on appelle la mondialisation. Avant celle-ci, chaque pays, au moins parmi les plus développés, était maître chez lui, en ce sens qu’il ne dépendait pas aussi étroitement qu’actuellement du commerce avec ses pairs. Et plus encore, d’un réseau financier global aujourd’hui omnipotent. Dont il est impossible de suivre les transactions, dans leur instantanéité et leur multiplicité. Il pouvait aussi remédier à ses insuffisances en exploitant des terres vierges ou en colonisant le tiers-monde. Mais l’émergence continue de nouveaux concurrents a banalisé ce schéma et porte désormais la guerre économique à son paroxysme, en « quart-mondisant » du même coup des collectivités jusque dans les pays les plus développés. L’objectif primordial du revenu _ profit ou salaire _conditionne le fonctionnement de l’économie. Toutes les entreprises, grands groupes en tête, se disputent les créneaux les plus rentables, avec une surenchère de produits, aux moindres coûts. Il s’ensuit une double élimination de produits et de producteurs, les uns et les autres éjectés vers la poubelle : faillites et chômage d’une part, mévente et pollution d’autre part, créant partout déséquilibres et conflits. C’est un désordre mondial, réfractaire jusqu’à présent à toutes les concertations de dirigeants, préoccupés qu’ils sont, avant toutes choses, de conserver le pouvoir et de préserver leur confort personnel. A chacun de réfléchir, à tous d’en discuter, pour trouver une solution par des moyens intelligents, c’est-à-dire non violents (*bis repetita). Cela passe par la prise de conscience que nous sommes tous _ sans exceptions _ plus que jamais solidaires de fait, ce qui n’a rien à voir avec l’abnégation que l’on prête ordinairement à l’altruisme. *Cependant il existe une option qui permet de faire l’économie d’un entretien a priori fastidieux : c’est d’admettre la fatalité de la victoire de l’agressivité de l’être humain sur le génie dont il a pu faire preuve dans la conquête de la planète;c'est cette option qui est actuellement retenue.

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Le jour d'après

C’est le jour à partir duquel, ayant épuisé depuis la veille les ressources annuelles disponibles, nous sommes obligés, nous les humains, d’entamer les réserves planétaires. Il est question d’une habitude prise dans les années 70, avec une date qui s’est éloignée au fil du temps du 31 décembre, d’où un crédit de 151 jours pour l’année 2017. Cela donnerait donc, sur 40 ans, avec une progression constante, environ 3000 jours de crédit cumulé, soit à peu près 9 années de renouvellement.

Vu l’ancienneté de l’information, il s’agit d’un fait avéré. Et, compte tenu de son importance, un problème qui concerne l’ensemble des habitants du globe, car cela implique des actions de préservation et, vraisemblablement, de restriction dans nombre d’activités. D’où quelques conseils rituellement dispensés par les médias aux consommateurs et usagers de services.
Cependant, il est permis de s’interroger sur le possible épuisement des réserves, selon les ressources : de combien seraient-elles entamées, et à combien d’années cela correspond-il ?
Il va de soi que cette question n’est pas essentiellement destinée à connaître la durée pendant laquelle on pourrait continuer à s’en désintéresser, mais plus sérieusement à élaborer un programme mondial cohérent pour remédier durablement à une situation ainsi compromise.

D’ores et déjà, il a été révélé qu’une bonne moitié de toutes les espèces d’animaux vertébrés avait disparu depuis le début du siècle dernier, ce qui signifie que nous sommes capables d’évaluer le niveau de certaines réserves, donc le temps d’action qui nous serait imparti pour redresser la situation.
Mais cela ne suffit pas. On ne peut pas se contenter de dire aux gens : faites ceci, ne faites pas cela, car en général les économies préconisées se situent radicalement à l’encontre des politiques de consommation convenues et pratiquées, pour soutenir croissance et compétitivité.
Donc la nécessité d’un programme mondial est impérative, pour d’une part, déterminer la pertinence des gestes de préservation à réaliser, d’autre part infléchir la politique générale en fonction de ces gestes à faire.

Et pour ça, il faut une information exhaustive pour tous. La panique, c’est quand on ne sait pas à quoi s’en tenir.  

Reo

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Issue ?

Dans une société, quelle qu'elle soit, les conflits sont inévitables : ils font partie de son fonctionnement ordinaire et participent à son développement, dans la mesure où leur issue appelle, et peut amener, de nouvelles perspectives d'organisation. Ce qui apparaît inquiétant dans la conjoncture actuelle, c'est l'impression largement partagée que nombre d'entre eux, non seulement restent sans issue, mais s'amplifient et en alimentent de nouveaux : un effet «boule de neige» créateur de stress pour tout un chacun. Impression qui s'appuie sur le fait, confirmé quotidiennement, qu'il n'existe de par le monde aucune institution possédant quelque efficacité pour enrayer au plus haut niveau ce processus potentiellement autodestructeur.   Or, à l'heure actuelle, notre conception _ universellement admise _ du développement, repose essentiellement, pour toutes les entreprises, et pratiquement pour l'ensemble des personnes morales, sur l'absolue priorité à donner, avant tout autre impératif, à la recherche de bénéfices, sous menace de liquidation. D'où notre conviction profondément ancrée que la réussite, pour toute collectivité, ne puisse s'apprécier autrement qu'au rythme d'évolution du taux de profits que constitue la «croissance». Laquelle n'a de chances d'être maintenue qu'à la condition, aujourd'hui devenue incontournable pour tous ces acteurs, de se montrer «compétitifs».
  Ce qui explique que, dans tout secteur d'activité, chaque partie prenante, pour subsister, demeure tributaire de la conquête de parts de marché sur ses concurrents. Et qui dit gagnants, dit perdants… Ce qui fait que la croissance ici repose sur la régression ailleurs et vice-versa. Petites entreprises, ménages modestes, territoires délaissés doivent, au mieux, se contenter de végéter sans autre perspective. Et en outre, le plus souvent, de subir les innombrables dégâts collatéraux provoqués par le sous-équipement et les pollutions et nuisances en tous genres, quand ce ne sont pas les conflits armés…. A ce jeu, le développement général n'est qu'une illusion.   Aussi longtemps qu'aucune limite de quantité, de durée, de domaine, ne semble devoir être fixée à l'arbitraire comptable, nous nous trouverons confrontés, sans alternative, dans une compétition générale où l'enchaînement des conflits ne connaît nulle trêve. Humainement parlant, il s'agit d'une guerre.
 La lucidité, ce serait de se rendre compte que les institutions décidantes ont perdu de vue le principe conducteur du développement, à savoir le service des populations.
La perte de repères provient de ce que les outils de contrôle, qui se sont diversifiés avec les techniques, n'ont pas été régulièrement étalonnés par rapport aux exigences de ce service. Pour des raisons de commodité, ces étalonnages n'ont été réalisés que par l'application de critères logistiques, les critères qualitatifs requérant beaucoup trop d'investissement.
  Comment sortir de l'impasse, dans l'hypothèse d'une lucidité et d'un volontarisme revenus au sommet ?   Quelle issue ?  

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Incohérence

Pour apprécier le niveau de développement d’un pays, d’une région, trois types de situations peuvent être observées :

 1 - Les moyens d’un pays ne suffisent pas à assurer protection et ressources vitales à l’ensemble de la population : il n’est pas surprenant d’y constater des inégalités.
 2 - Le potentiel technique est suffisant pour atteindre ces objectifs basiques, mais il y subsiste en la matière d’importantes disparités : vraisemblablement, une partie de la population a pu s’organiser pour bénéficier, au détriment des autres citoyens, d’un confort incomparable en abondance comme en qualité.
 3 - Si, de plus, à l’échelle de la planète :
a) Les situations 1 et 2 perdurent,
b) Une grande partie de la population se trouve au chômage,
c) Il y a pléthore de produits obsolescents (ou non consommés) et de ressources dilapidées,
d) Il existe, en même temps, une prolifération planétaire de diverses nuisances,
il est difficile de s’en tenir à cette simple hypothèse du point 2 pour expliquer la persistance et l’extension des conflits sociaux et géopolitiques.  Comment imaginer, en effet, tout en reconnaissant l’animosité que peuvent se manifester entre elles différentes catégories ou communautés, qu’un tel désordre ait pu être concerté à cette échelle et durablement mis en œuvre à travers le monde, à seule fin de maintenir certaines d’entre elles dans la pauvreté, le dénuement ?
 Comment comprendre, surtout, la coexistence
 d’avancées exceptionnelles dans les techniques et certaines formes d’organisation
 avec une perte manifeste des fondamentaux de la société, la menaçant de régression ?
Clairement, la maîtrise du développement mondial échappe à tous les intervenants, les plus puissants y compris.

Ce qu’on peut observer, c’est un glissement progressif de schéma de la société mondiale :
- d’un modèle de souveraineté des États et d’autonomie des ménages et des entreprises
- vers un modèle de dépendances mutuelles _ souvent de dépendances tout court _ entre les un(e)s et les autres.
En effet :
- d’une part, la notion d’États souverains est fortement battue en brèche, au point que leur indépendance _ dans l’Union Européenne, par exemple _ vienne à être de plus en plus mise en question, notamment sur le plan financier,
- d’autre part, se multiplient les mises en œuvre de plans d’assistance, tant pour les entreprises, y compris bancaires, que pour de nombreux ménages, voire des populations entières.
  Rien d’étonnant à ce que se fassent entendre des revendications d’autonomie, voire d’indépendance et que se développent des économies parallèles.

 Quant au marché, sa "bonne santé" s'appuie en principe sur l'abondance et la diversité des investissements engagés et des transactions réalisées, garantes de la fluidité de circulation des biens. Sur le maintien de l'équilibre entre offre et demande.
 Par ailleurs, l'existence de conflits nombreux et répétés est de nature à lui porter atteinte, en fragilisant les entreprises et les collectivités, en dissuadant les investisseurs.

Malheureusement, force est de constater :
1) la réalité des déséquilibres entre offre et demande dans différents secteurs et territoires, essentiellement parce que l'une au moins des deux conditions favorables à cet équilibre n'est pas réalisée :
- la disponibilité suffisante de services basiques _ publics ou non _ pour couvrir la demande correspondante (compte tenu de perspectives de rendement limitées),
- l'accessibilité des demandeurs potentiels à nombre de services ou produits disponibles _ limitée qu'elle est par leur faible solvabilité _ (cette offre se trouve donc pénalisée);

2) l'évolution régulièrement conflictuelle des confrontations sur le terrain :
- d'une part,
  .entre la logique écologique, celle des exigences biologiques des animaux, des plantes, des êtres humains qui tous en vivent
et la logique économique, celles des exigences éthiques de responsabilité comptable des personnes morales représentant les différents acteurs économiques,
- d'autre part,
 .entre ces mêmes acteurs économiques, la réussite des uns reposant _ selon les critères de la responsabilité comptable _ sur la liquidation des autres, en fonction du rapport des forces, seul autre élément constitutif du marché.

 En soi, il n'y a rien d’anormal à ce qu'apparaissent des conflits entre différentes exigences, particulièrement entre besoins biologiques _ au sens le plus large _ et nécessités économiques. Le fait qu'ils soient de plus en plus fréquents et étendus _ n'est-ce pas ce qu'on observe ? _ tend à démontrer que les arbitrages sont de plus en plus difficiles à réaliser, ce qui signifie que soit les uns, soit les autres, selon les cas de figure, voire les deux, ne peuvent plus être tempérés.

 Si, malgré cela, on postule qu'il n'est pas réalisable _ ou pas souhaitable _ de réviser significativement projets et objectifs, tels qu'ils sont définis et déterminés, il est clair que les acteurs économiques poursuivront leurs périlleuses surenchères....
Sans égards particuliers pour les personnes physiques (leur personnel, celui des fournisseurs ou sous-traitants, voire les "utilisateurs finaux") qu'ils sont censés représenter : en effet, dans une compétition sans limites ni répit, leurs objectifs demeurent prioritairement concentrés autour des créneaux de rentabilité les plus recherchés.
 Il s’ensuit que les secteurs les moins rentables sont délaissés : services non disponibles, emplois supprimés, revenus, notamment salariaux, comprimés, d'où prestations de base non accessibles pour une part grandissante de la population...ce n'est pas de la fiction. D’où les déséquilibres désormais structurels entre offre et demande.
A part revoir mondialement les objectifs économiques, définis sans concertation préalable, quel autre chemin ? Nous sommes aujourd’hui prisonniers d’un système dans lequel les moyens et les objectifs sont inversés.
Nous produisons d’abord pour constituer des revenus ; la destination des produits est devenue secondaire devant cette finalité, leur justification résidant essentiellement dans les bénéfices retirés de leur vente et les salaires qu’ils procurent _ le cas échéant….

Cependant la vocation primordiale des entreprises, des établissements publics ou privés, est de fournir des services et des biens consommables pour les personnes dans leur vie quotidienne.
Si cette fonction, l’une des fondatrices de la société, n’est plus assurée, les garanties individuelles deviennent illusoires et les relations sociales se détériorent.
Dans le projet apparemment insurmontable, utopique, de restaurer cette vocation, le plus gros défi n’est-il pas, à l’heure où s’installe la défiance vis-à-vis de la classe politique _ ainsi que de la finance actuelle qui perturbe gravement l’économie réelle _ de retrouver la confiance en nous-mêmes et entre nous ? 

 

Reo

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Gouvernance

Notre développement, si c’est bien celui d’un monde pour l’homme que nous prétendons rechercher, ne diffère nullement, dans son principe, du développement biologique de l’être vivant : comme lui, il consiste à tendre sans cesse à une meilleure adaptation mutuelle avec le milieu et c’est, semble-t-il, le but que les hommes, où qu’ils soient, ont toujours pensé poursuivre en se donnant leurs institutions. Vu l’extension planétaire de nos moyens de communication et d’échange, ce principe, loin de s'arrêter aux frontières, ne peut dès lors que s'appliquer à la société humaine dans son ensemble. Car les Etats comme les organisations internationales, si tant est que demeure leur vocation originelle, apparaissent aujourd’hui désarmés devant l’imbrication croissante de leurs responsabilités, qui les dessaisit de plus en plus brutalement de leurs prérogatives.
Une telle situation, faute d’être aménagée, remet en question, au-delà de leurs développements respectifs, celui de leur mandant et fondateur, la personne humaine. Aussi ce développement conjugué, actuellement anarchique et soumis à tous les aléas, réclame-t-il une gouvernance, qui prenne le relais à l’échelon mondial. Cependant une autorité supranationale ne peut tirer sa légitimité que d’une prise de conscience générale de cette interdépendance planétaire et de la nécessité de la prendre en charge.
Ce qui revient à dire que, parmi les communautés de notre planète, aucune, quels qu'en soient l’origine et le statut, ne puisse encore ignorer les autres et se comporter comme si certaines d’entre elles n'existaient pas.
Condition indispensable pour la découverte de cette souveraineté commune et l’adhésion à son exercice. Si l’option d’une gouvernance mondiale devait être retenue, son premier objectif, préalable naturel à de nouveaux choix de développement, serait, pour évacuer les désordres écologiques et socio-économiques et les crises qui en dérivent, de rechercher au plus tôt un premier équilibre de solvabilité entre l’offre et la demande des prestations de services, et un équilibre correspondant dans la distribution des missions et des charges. Avec la fragilisation, puis la rupture de ces équilibres, entraînée par une mondialisation inéluctable, l’armature de droit international politique et économique, telle qu’elle est perçue et appliquée, est devenue _ sans doute définitivement _ inadaptée au développement des personnes et des populations. En effet, au lieu de les soulager des charges confiées _ comme naguère dans chaque Etat _ à différentes institutions, elle a, dans sa configuration actuelle, incité la plupart de celles-ci à s’en débarrasser, en les autorisant à poursuivre _ au grand large _ leurs propres objectifs. Aujourd’hui revendiqués comme prioritaires, ces derniers s’avèrent _ paradoxalement _ de moins en moins compatibles avec la poursuite du développement. Dès lors, en reprenant à son compte les vocations chancelantes des puissances continentales, avec cette part de souveraineté qu’elles sont désormais incapables d’assumer, l’institution d’une gouvernance mondiale aurait comme objectif essentiel de libérer la planète et ses occupants de cette situation d’assujettissement.
Et pour cela, de faire en sorte de restituer :
- aux instances locales, régionales, nationales, un réel pouvoir de décision _ attestant la part respective de souveraineté qui leur est dévolue _ en leur permettant d’y voir plus clair sur les problèmes généraux et de faire bénéficier les citoyen(ne)s de cette transparence,
- aux citoyen(ne)s, grâce à cela, la possibilité à tous les échelons de responsabilités, techniques et territoriaux, de se déterminer sur des options concrètes et de compléter les informations sur les problèmes particuliers qui se posent sur le terrain. En retour, il reviendrait à chacun(e) _ dûment informé(e) _ de se prononcer sur :
- le contenu de la mission de régulation à proposer pour assurer cette gouvernance,
- la structure de droit la mieux appropriée à sa réalisation. De ce fait, les mesures spécifiques, parmi les plus urgentes, éventuellement adoptées contre… le chômage, les diverses pollutions, les anomalies de la finance, le gaspillage de l’énergie, etc. …pourraient retrouver quelque efficacité dans la mesure où, insérées dans une politique générale, elles ne risqueraient plus d’entrer en conflit.

Reo

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Gilets jaunes : et maintenant.

Les oubliés du pouvoir d’achat, les invisibles du service au public, ont pu se faire voir et entendre de tout le monde avec :
- leurs protestations multiples et croisées sur le net,
- le gilet jaune comme symbole commun de protection individuelle,
- leur présence sur les lieux publics d’accès obligé pour circuler ou se ravitailler.
 Et aussi des manifestations en ville ayant débouché sur des confrontations violentes.

 La durée des blocages qui en ont résulté a contraint le pouvoir à infléchir sa politique sociale, sans toutefois renoncer au cap économique qu’il s’était fixé pour la durée de son mandat.
 Au-delà d’une prise de conscience et d’une reconnaissance de ces personnes, ménages, entrepreneurs, en grande difficulté, cela a amené des décisions, d’application à court terme, et l’entame publique d’un dialogue.

 Beaucoup de commentateurs, y compris dans le mouvement, préconisent de le personnaliser dans une représentation nationale, admise à la discussion selon le schéma classique du parti ou du syndicat. L’aspect paradoxal de cette invitation à instaurer le débat est d’ignorer le rejet, par la grande majorité des revendicants, de ce mode de représentation …qui confirme pourtant le rejet du corps électoral vis-à-vis des partis, aboutissant à la victoire du rassemblement «En marche» _ lui-même mis en cause aujourd’hui, après 18 mois d’exercice.

 Il devrait être possible de mieux comprendre ce paradoxe eu égard à la grande diversité
- des revendications, sur les thèmes communs de la précarité et de la reconnaissance,
- des opinions politiques déclarées ou écartées par leurs porte-parole.
 Sans doute en s’appuyant sur le fait que chaque parti _ ou syndicat _ s’éloignait le plus souvent de l’électorat de par :
 1- sa ligne politique trop étroite pour retenir les aspirations communes au plus grand nombre,
 2- la gestion de son appareil, ayant tendance à l’absorber dans des préoccupations exclusives, au détriment de sa mission de service.

 De sorte que les électeurs se sont peu à peu détachés de leurs représentants nationaux, au point de renouveler la quasi-totalité de l’Assemblée. Ce qui a eu pour effet de substituer à un lien très affaibli un «greffon» qui tarde à prendre. Et ce qui les a confortés, semble-t-il définitivement, dans la conviction de l’inadaptation de ce mode de représentation à l’expression de leur souveraineté.

 C’est pourquoi, indépendamment de la mise en place d’une forme de dialogue _ à définir _ avec le gouvernement, il est indispensable de renouer le lien au plus près pour reconstruire une représentation mieux débattue des questions qui touchent les citoyens.
 Après les contacts sur le net prolongés par les rencontres sur le terrain, voire le soutien des élus locaux, nul doute que cette phase révélatrice de la détresse sociale _ et sociétale _ parvienne et cède la place à une étape constructive salvatrice.

Reo

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Exemple

Ci-dessous le post du 22 février dont le sujet m’oblige à revenir à l’actualité (voir le deuxième paragraphe) « Le leader mondial des constructeurs d'automobiles a reconnu une fraude sur 15 millions de voitures Diesel, en ce qui concerne leur niveau de pollution atmosphérique. Et le ministre des transports de l'Etat allemand d'admettre qu'il était au courant. Ce qui revient à officialiser le caractère institutionnel de la tricherie dans le monde du commerce transnational; ce que ne dément pas la démarche des autorités françaises de vouloir faire la lumière sur ces pratiques, tout au moins dans le secteur de l'automobile. En effet, on ne voit pas pourquoi la concurrence en serait exempte, tous les coups étant permis, tant qu'on pense avoir les moyens d'échapper à des sanctions _ pour autant qu'elles aient été anticipées. Alors il est logique de se demander pourquoi les groupes industriels, au plus haut niveau de la hiérarchie mondiale, dans l'énergie, l'agroalimentaire, la santé,... enfin, toutes activités confondues, n'en feraient pas de même. Ou plutôt, s’ils ne tomberaient pas déjà dans le même type d'errements pour optimiser leurs bénéfices. Ou maintenir, voire augmenter leur part du marché. Cela renvoie aux notions de base de l'économie, l'intérêt général _ ici, la santé publique _ confronté à des intérêts privés. Peut-on raisonnablement soutenir, aujourd'hui comme hier, qu'il suffit de faire la somme de ceux-ci pour réaliser celui-là ? La réponse est oui, si la définition de l'intérêt général se résume à un bilan comptable des bénéfices réalisés par l'ensemble des puissances économiques cotées comme telles. Mais comme il s'agit d'une guerre permanente entre les concurrents, il existe naturellement une énorme majorité de perdants _ entreprises et particuliers, publics ou privés _ dont les préjudices subis ne sont pas pris en compte et, par conséquent, cette définition est erronée. Aussi l'intérêt général ne peut-il pas être défini comme une somme _ ni comme une liste _ d'intérêts particuliers, mais comme une synthèse à réaliser et à maintenir, et cela, on le sait depuis longtemps _ c'est ainsi que sont nées les communes, qu’ont grandi les Etats. Pour sa pérennité, en constituer une à sa mesure est indispensable au monde globalisé. » Du moins le semble-t-il. Mais l’erreur ne serait-elle pas de privilégier le confort et la santé des personnes au détriment de l’emploi ? En effet l’application des règlements, en ce qu’elle nécessite une coûteuse mise en place de structures adéquates et l’entretien d’une armée de fonctionnaires, représente un handicap désormais insurmontable pour la compétitivité. Mea culpa.

Reo

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