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À propos de ce blog

La fatuité est le privilège des ratés

Billets dans ce blog

 

Walking Ghost Phase

Reflets de nuages verdâtres
Immeubles coupés
Horizon superbe, inverse Ce monde tremble
En oublie d’être inquiet
Du métal qui s’immerge Tu me parles comme d’une distance
Mes réponses sont impressions d'autres temps
En négatif : ici, maintenant Au soleil délavé
Nul besoin des radios, muettes
Toute alerte serait superflue Au courant de la situation
Ni dieux ni maîtres
Enfin : raz-de-marée Reparti d’un coup, moteurs noyés
Conducteurs qui ne valent guère mieux
Pris au piège, dans l’aurore boréale
Et nucléaire de ces jours atrophiés Encore debout
Une publicité
Panel à marchander l'infini Des billets flottent
Passé papier précieux
L’acide bruine s’annonce Je ne te demande rien
Tes réponses sont intervalles d’un écho
Oublieux de pourquoi nous sommes là Solitaires sursis au suicide
L’envie de vivre
Comme raison de mourir Torchon gras
Ou canette vide
L'origine du monde ?   Note : pour savoir ce que signifie le titre, n'ayant aucun équivalent réel en français... http://fr.wikipedia....ing_Ghost_Phase   =========================================== Bande son : FEVER RAY - "Keep The Streets Empty For Me"

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Ne Pas Déranger

Sur son affichette
« Ne pas déranger »
Il y avait
Et sur son assiette
Du yabon manger
On lui servait
Aux matins drolatiques
Guettaient les domestiques Car il n’y touchait pas
N’en voulait pas
N’ouvrit jamais
Plus ne lui était rien
Rien ne lui était plus
Hormis la paix
Son plateau, apparu
Intouché, disparut… À la fin c’est mortel
En Rolex, c’est la classe
La mort dans un hôtel
De luxe, pas de passe
Séjour de 5 mois
Est réservée
Une suite
D’avance, 2 mois
Il a payé
Nuits gratuites ?
10 % des vacances
Remise d’importance Au début, il sortit
Puis ses draps les prit
A la porte
Bien vite abandonna
Ne se plaignit pas
De la sorte
Passa pour un ivrogne
Mais l’odeur de charogne… Ah ! La faim c’est mortel
Dura lex, c’est la classe
La mort dans un hôtel
De luxe, pas de passe
Contraire au SDF
Qui affiche sa faim
Au trottoir
Sa volonté de chef
Le fit devenir fin
Purgatoire
Misanthropie aiguë
Ou mysticisme cru ? S’est-il vu en ermite
A dévorer les mites
Les cafards ?
S’est-il cru musulman
À faire un ramadan
Du bizarre ?
A-t-il atteint l’extase
D’une étrange oxylase ? Allah feint c’est mortel
Et fiat lux, c’est la classe
La mort dans un hôtel
De luxe, pas de passe   Source : http://www.7sur7.be/...-deranger.dhtml

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Gai Vernal

Amène-
Toi Baisse-moi verglacé
Défonce-moi la jonquille
De ma jonque, fais une torpille
Vin de transhumance
Ivresse de mon essence
Au diable ce jus de cadavres
Je préfère exister par ta sénescence
Qu'ils se taisent, mes ex-minets
Je préfère ce fier festin
Telle l'offerte confesse
La fenaison qui déflore
La floraison de l'aphone
Qu'est-ce tu crois :
Si tu recules ?
Comment veux tu que je t'asticule ?
Défonce moi le monticule
Torticolis du tentacule
Vas-y à fond
Que j'en morde les genoux
Que je m'inspire gnou
Saint Pie 14 sans 16
Priez pour nous
Dans l'arène du diocèse doux Amen Si tu ne comprends pas, tu piges
C'est pareil c'est callipyge
Freudien jusqu'au bout de là – que ?
Mouillé dans le coléoptère
Si tu figes, c'est collé aux sphères
Je t'en prie, ne parle point du sphinx, Herr
Il préfère se faire ravir
Plutôt qu'être collé aux points
En souvenir du pain d'épices
Qui se surannait le réglisse
Tout ça sent le manque de pratique
Comme symbiote ?
Un symbole phallique
Et rebelote dans le magique
En va-et-vient
C'est magnifique
Je prends une option sur tes actions
Adepte de la bourse à foison
Ridiculise tes obligations
En garant de ton découvert
Je prends tout et ne donne rien
À force, ça entre à l'économie
La salive s'en éblouit Allez,
Amant

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Dysboulique

Mon aimance, Il existe des écrivains – ou autoproclamés tels – qui causent de l’absurdité (et) de la vie, ou l’inverse ou les deux, de leur vision de l’existence qu’ils espèrent élevée au rang d’art, d’un vomir intrabiliaire quoique intrinsèque qu’ils désirent éternel, d’une chierie vocabulaire qui leur appartient en propre (sic) mais qu’ils veulent partagée par d’autres, ayant encore besoin d’un lectorat pour être raccord avec eux. Ils ont tout loisir de parler, dans une société comme la nôtre : ils ont la liberté d’expression, ont de petits problèmes à faire partager – pas de trop grands, on s’en détourne – puis portent leur immense nihilisme en bannière. À notre époque, n’est-ce point une hérésie de ne pas jouer nihilistic-style, d’ailleurs : fidèle à ses principes comme elle l’est, mais sans trop le savoir comme toute société vivant d’une foi cachée, en belle du poker ! De mini-misères pour une totale détestation de la vie, cocktail gagnant, surtout qu’ils ont l’avantage de mieux savoir parler que la plupart de leurs contemporains – ce qu’il faut bien l’avouer n’est plus très dur, depuis que l’inculcation d’un sens à l’existence fut définitivement abandonnée, juste avant l’abandon de l’inculcation du sens des mots ; les uns soutenant l’autre, et vice-versa pour les plus vicieux. Il y aura donc dans ces lignes mes insultes aux scribouillards qui annihilent, veulent rendre leur alentour fossile, oui ! Comme une envie de faire rendre gorge à leurs écrits, à ces pisse-froid qui non contents de ne savoir vivre tiennent absolument à le faire savoir, ou à ce que d’autres se risquent à les suivre, dans leur glauque assomption qu’ils érigent en rocs sanctions : suçons de l’esprit, inefficaces dédicaces qu’ils offrent en pâture à l’humanité – tout du moins à ce qu’ils croient connaître d’elle. Mon aimance, errer en tes fragrances est réifier un honneur pétri d’innocence, y compris s’il faut pour ce jouer aux adultes épris d’ironie, à s’exercer l’esprit sur l’autre pour succomber à sa propre fragilité – car il n’est point vrai que l’erreur primaire est père de tous les vices, tant l’horreur ne sait mordre que par artifice, et les palmaires familles qu’il nous reste à créer seront délétères pour ceux qui rétrécissent. Là, où un seul café pris dans un troquet bondé suffit à jouir, on apprend l’immunité que les premiers de cordée prennent aux surplombs du délire ; et on ne va certainement pas s’offusquer que vivre fasse plaisir ! Alors cachez-vous, les impromptus du dégoût : on, nous offrirons 1000 et 1 ans d’escalade sur les falaises de vos sarcasmes, et la sueur de vos miasmes jamais ne s’érigera au-dessus de nos cieux, purs du bleu de ne vous avoir jamais rencontrés. Vous êtes des ascètes de l’anorexie, matérialistes du manque d’appétit, mais nos appétences abandonnent vos étrons à n’être que de la lourdeur promise aux bas-fonds, idem haut-fonds s’ils s’en sentent le pouvoir d’abjuration – alors votre plancton rejoindra ce limon d’où sortit l’énergie. Et l’espoir, car tel est le juste à-voir que le cycle vivant promet aux déchets. Mon aimance, tu seras une fleur issue de ce fumier qui aura chlorophyllé au-delà de la pensée, servie aux handicapés du sobriquet vital. En anaérobie, tu auras été une résistance – une de plus – qui ne se laisse décomposer ; et il faudra encore seoir à les asphyxier pour assouvir la torture du plaisir, un soir souvenant nos désirs d’une aurore réservée au rugir. Où nous fauves, croquant l’empérite, nous écrirons qu’il n’est qu’une cénesthésie et qu’eux ne furent que mites. Mais on s’en fout. Car ils perdirent, au croisement des ermites, la route du je-m’en-foutisme sachant ravir nos frites – les cénobites. D’amarrage, classés sans suite, où la fuite des idées est un carquois de fortune, halte de Père Noël parti aux gallinacés pour relaxer ses rênes. Tu m’étonnes ! Son hymen lui sert de sonotone depuis qu’ils le malmènent ! Vierge de toute acouphène, il s’en rend sourd ; depuis dans son domaine, bras-dessus bras-dessous, on s’y promène, ma chère aimance amène... Yabof, comme qui dirait.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Lady Epidémie

Drapée de silence, elle entra dans nos contrées : nul n'était à l'abri, nul ne put s'en cacher. Son port était royal, ses baisers trop parfaits : vierge inhumaine, tête bicéphale. Elle désignait… Ceux qui devaient la suivre étaient alors perdus : Jeunesse et vieillesse entraînées dans l'inconnu, Dans un abîme de peur, de sueur, de sang. On sentait sa venue, simple question de temps. Là, on guerroie mais elle gagne ces batailles : Seuls ses dévots peuvent survivre aux funérailles. La mort les accompagne, ne les frappe pas : Portant leur lourd fardeau, avançant pas à pas. Ainsi vêtus de blanc, sans fanfare ou pleureuse, Pour enfouir le tribut de cette dévoreuse En une terre stérile. Mouches sur cible ? Semblant si fragiles, en cette ambiance horrible Où leur abnégation ressemble à de la chance. Si pauvres en sentiment ; riches en souffrance. J'ai refusé d'être l'un de ces survivants : Lâcheté me coûtant la vie dès à présent. J'aime à me rappeler, seul sur mon lit de mort, Qu'un jour j'ai pu sourire : l’âme espère encore Voir la clarté du soir lors d'un prochain automne. Je sombre en l'état d'une symphonie aphone – Criante de douleur : légère est ma raison, Mon esprit s'engourdit – mon corps est ma prison. Non encore au coeur de la phase terminale : sûr ! Si je survis, serai dévot idéal. Je fais le vœu pieux de m'éveiller au matin, ma plus longue nuit commence… En verrais-je le lendemain ?   Note : texte inspiré par le roman "La Peste" de Camus

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Dialogus Canino-Sapiens

« - Je ne sais pas du tout ! » lui avouai-je, en lui caressant l'arrière des oreilles. « - Mais pourquoi cherchez-vous à tout contrôler, même ceux que vous n'aimez pas ? Même des territoires trop grands pour vos pattes ? Quand je sais où retrouver mes os enfouis, cela me suffit, idem quand je sais où sont passés mes semblables grâce à leur urine : vous non ? » « - C'est simple, nous avons peur, horriblement peur : nous désirons tout asservir, nous voulons triompher de tout, parce que nous nous savons trop faibles devant la nature, or le seul moyen d'être plus fort est de la posséder. Et au fond de nous, véritablement, nous voulons absolument nous libérer de la mort. » « - La mort ? Qu'est-ce que c'est ? » me demanda-t-il, avant de bâiller en ouvrant grande la gueule. « - ……… » silence, qui s'éternisa, puis : « - Tu ne sais pas ? Comment fais-tu pour parler de quelque chose que tu ne connais pas ? » « - La mort, c'est quand ton cœur cesse de battre, quand tu deviens froid, puis quand tu commences à pourrir pour alimenter les mouches et les plantes : tu vois ? » lui rétorquai-je, tout de même interloqué. « - Oui. Ma maman est morte, donc : un jour, elle était comme tu dis, et j'ai beaucoup pleuré parce que soudain j'étais tout seul, et toi aussi tu pleurais, puis tu l'as mise sous la terre. Et quand j'étais chiot : tu m'avais laissé m'échapper dans la rue, et tu m'as rappelé et je courais vers toi, puis une voiture est arrivée, tu as crié et j'ai eu très peur, et j'ai fait un grand bond sur le côté pour lui échapper… J'ai failli mourir cette fois ? » « - Certainement que tu serais mort, oui, comme ta maman chienne, qui était très bonne, comme tu l'es, et qui avait cette identique tache blanche sur le front… » disant cela à moitié pour moi-même, triste, puis me ressaisissant, suite à la sensation d'une léchouille râpeuse sur la main ; je lui demandai : « - Mais alors, tu sais ce qu'est la mort ? » « - Je sais que j'ai failli mourir, et que maman est morte, mais je ne sais pas ce que c'est : toi, comment sais-tu ce que c'est ? » « - Je ne sais pas, j'imagine ce que c'est, c'est différent bien sûr… Et tous les humains font comme moi, ils sont capables d'avoir peur, de quelque chose qu'ils imaginent : et comme notre peur se transforme en colère, nous voulons tout maîtriser pour pouvoir espérer un jour maîtriser la mort, même si nous ne savons pas ce que c'est. » « - Vous êtes bizarres… » dit-il, me fixant de son regard humide : « et toi ? Au fond, tu es comment ? » « - Je ne sais pas trop, à vrai dire… » avançant vers lui ; j'approchai le nez de sa truffe et, avant qu'il me donne un coup de langue, l'embrassai sur le haut du crâne, puis m'écartai un peu pour convenir : « - Si, je sais au moins une chose : je crois que j'aimerais être un petit chien comme toi, pour pouvoir me poser toutes ces questions, sans croire devoir y répondre, par de vaines gesticulations… »

Tequila Moor

Tequila Moor

 

V.I.E je t'Abhorre

Premier pastiche de notre histoire pour Radio Absurdement Pêcheresse : aujourd’hui un MC célèbre vous enchantera de ses versets moqueurs, sous couvert de l’anonymat. Après donc le remaniement de notre gouvernement, en voici un autre… Alors pour que le remaniement du mike s’adore, voici Mike A-Bord ! Beau… Bobo… Bonobo… J’abobo… J'abhorre ! La musique de variété : invariante, avariée Même en voulant l’éventrer, jamais elle ne va varier J'abhorre ! Ses publicistes, ses producteurs, instrumentistes, distributeurs Puis ses choristes, ses managers, journalistes et présentateurs Puis ses danseuses ou ses comiques, aussi les ingénieurs du son, ses chanteuses, ses chanteurs Et… son public J'abhorre ! La musique de variété : invariante et avariée Et j’éventre un de ces sons Dévorons donc ce son Oui voilà : j’éventration Dévote dévoration J’avance en l’antre, son Ou sa latence, ion ? Dévorante dévotion J'abhorre ! Les zombies arrêtent de bouger Puis se regardent, interloqués Ils commencent à se suicider Leurs cervelets découragés Le Mike A-Bord, je leur fredonne Mon sang, l’eau dans leur sonotone Soudain, se change en belladone De par ma langue, heurt monotone J'abhorre ! La musique de variété : invariante, avariée Même en voulant l’éventrer, jamais elle ne va varier J'abhorre ! Et j’éventre un de ces sons Dévorons donc ce son Invariante est la fusion Ça varie en conclusion Je t'abhorre ! Variété ! Invariante ! Eventrée ! Superbe, évidemment... merci Miky. Rappelons la dernière news : l’Horrible Organisation du Rapolitiquement Correct ayant été démantelée – façon puzzle – par quelques uns de nos invités passés, nous pourrons donc vous proposer d’autres pastiches dans le futur. En tout quiétude !

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Diagnostic

Demain, démuni je pourrai déchoir
Trépasser, peut-être juste en ce soir Malsain, que ce sera, de s’abdiquer sinistre
Or mon entière vie – snif – est devenue si triste
Peut-être, cela m’effraye d’exister
Ou suis-je trop égoïste pour donner
 
Trop faible pour faire ce travail moi-même
J'ai besoin, à mes côtés : quelqu'un d’idem Or, pourquoi ceci devra vous toucher ?
Quand cela deviendra plus doux à porter
Pour moi, d'être celui qui la rendra libre
La fracassera en un don, une fibre D’errance, vouloir qu’elle jaillisse en ma chair
En mon immense solitude, mon ire, mon aire
Mon aimance, voici ce que je ne peux contrôler
Béance, mon crâne est devenu une tranchée Quand se répand dans ces artères un parfum mélancolique
Tous vos principes ne pourront nous sauver de ce diagnostic
Morale : fuyarde conseillère qui se mêle en colique Tu fus, de ce sentiment, la génitrice
C'est pourquoi je veux que tu scintilles
En ce bel instant, comme veau et génisse
En mon agonie, que plus rien ne cille Mon implacable butin sera ta culpabilité
Car je ne souhaite que tu grandisses
Et toute ta confiance, toute ta sincérité
Me soulève le coeur, pure malice Tu ne peux t’absoudre de m’abandonner en cet inconfort
Plus je vis plus je meurs d’envie de sentir la mort Plus tard, vous qui apprendrez ces mots
Ne méconnaissez point que j'avais tort
Qu’ici le morbide constituait mon lot
Que là se réclamait, désaccord L’égoïsme, prédateur de pitié
Ne sacrifiez votre vie par fidélité
Sachez insuffler votre délicat amour
À qui saura l’offrir en retour Snif – en retour   =========================================== Bande son : BLOODBATH – "Eaten"

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Pair Lendemain

Virtuels chers J'aimerais être la mort, pour vous faire tous taire
D'un coup d'un seul, d'une faux tant décrite
D'un écrit inscrit en faux
Idiome idiot Mais je ne suis que vivant
Et ne peux que vous lire
Vos mots et ce que j'y devine
Non vos maux, mais ce qu'ils vous serinent La vie est une lente asphyxie
Où chaque inspiration est une victoire sur la défaite qui vient
Un rappel de ce pleur premier d'où nous sommes nés
La douleur qui nous a mus, belle en continu Félicitations
Vous avez tant à dire
À donner sans rougir, à maquiller sans rire
Pixels d'absolution C'est beau !
Le saviez-vous ?
Comme la neige en équateur...
Superflu mais cérébral À dans un même jour, donc

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Panik

Des gens passent, et des meilleurs
Ça se tasse sur le « dance-fleur »
Pile en face pour dos en sueur
Un palace pour les pêcheurs Des gens passent, et des meilleurs
Guitare, basse, à 100 à l’heure
Ça fracasse les haut-parleurs
Ma carcasse attend son heure Des gens passent, et des meilleurs
Scène salace pour vieux rockeurs
Qui s’effacent, de jeunes tireurs
Dans la place – musique de tueurs Des gens passent, et des meilleurs
Sans tignasse ou cheveleurs
Volte-facent, font des horreurs
Sur la trace de dieux moqueurs Panik ! Panik ! Panik ! Apokalypse !   Des gens passent, et des meilleurs
Dédicace aux extincteurs
Qui grimacent, un feu vengeur
Nous enlace, nous fait pas peur Des gens passent, et des meilleurs
Sacré as chez les rêveurs
J’en ramasse un vrai bonheur
Un pur race, un pur branleur Panik ! Panik ! Panik ! Apokalypse !   … Et j’en passe et des meilleures
S’amuser de vos torpeurs
Trop agile en sacrifice : ces gens lassent encore mon coeur
Mésuser de vos erreurs
Mes gens pilent vos artifices … Et j’en passe et des meilleures
Abuser de ma candeur
Loi docile entre mes cuisses : ces gens brassent d’autres valeurs
Déboiser mon intérieur
Mes gens filent d’autres abysses … Et j’en passe et des meilleures Panik ! Panik ! Panik ! Apokalypse !

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Locataire

Atone et assis sur le trône, en matinée :
Là j’entends sonner, plusieurs fois ; mais je m’en fiche.
Atone et pas pressé, j'ânonne : « laiss’pisser »
Mais la clé tourne dans la serrure ! hey ho, fichtre ? Fâché, je m’empresse de vêtir mon derrière…
Serait-ce ma belle revenant par surprise ?
Non ! Mon proprio m’apportant maintes affaires :
Me croyant au taff il en faisait à sa guise. Fâché, je le jette : interdit de me surprendre
En rentrant tel un voleur chez moi ; j’ai des droits !
Il dépose ses trucs et repart se faire pendre,
Referme la porte – ici, je suis toujours roi. Locataire ! Tu le vois au jour dans ta rue :
Loque à terre, pas de chez-soi, les pieds qui puent,
Sale à rayer de la carte ou purger fissa…
Salarié il fut, puis au feu se hissa.
Plus tard, après ma douche, enfin je veux sortir :
Là j’ai l’air naze, ne pouvant aller ailleurs.
Les serrures bloquées, car aussi – sans mentir –
Il ferma celle ne s’ouvrant de l’intérieur... Ne sachant que faire, je pose un cul un temps,
Puis j’ai l’idée lumineuse – pour une fois ! –
D’aller sur le Net, l’annuaire du moment :
À mon adresse, phoner des voisins sympas. J’en essaye 5 mais ça sonne dans le vide ;
Le 6ème – cool ! – veut bien m’aider, c’est trop bien !
Je lui envoie mes clés, il me sort de ce bide :
Fenêtre restée ouverte… Bof, ça fait rien. Locataire ! Tu le vois au jour dans ta rue :
Loque à terre, pas de chez-soi, les pieds qui puent,
Sale à rayer de la carte ou purger fissa…
Salarié il fut, puis au feu se hissa.
En fin de journée, après différents bizness
J’hésite, ne sachant : ce soir, je sors ou rentre ?
Pour moi, le temps décide et me chauffe les fesses :
Je me mets à l’abri, l’orage éclate ; diantre ! Me souvenant alors de cette damnée fenêtre,
Il me faut braver la pluie, mouiller le costard.
Mais ce sont mes pompes à qui je fais la fête
Car elles prendront l’eau dans ma course de tocard. Le pire ? Tout cela ne servit à rien, certes !
Dans mon appartement, l’eau s’était imposée
Or le convecteur, sous la vitre grande ouverte,
Avait court-circuité ; hop, un feu déclaré ! Morale de l’histoire ? Mon proprio me fait un procès…
Mais deviendrais-je SDF ou pyromane : no lo sé !

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Jeux

Les mouches sont pieux naufrages :
Elles servent la destruction, elles subissent le fromage.
Les mouches fuient en tire – d'aile.
Salissent sans sommation : elles agissent, et se révèlent. Les pensées sont potimarrons :
Elles endorment l'énergie, elles corrompent sa fusion.
Les pensées traînent aux orteils.
Définissent la folie : elles séduisent ; ce sans pareil. Les humains, ces infimes,
Remontent un moment puis s’échouent dans l'abîme.
Les humains – bonobos –
Survivent sur l'instant puis s'ébrouent dans les eaux. Les sentiments, ces paris,
Trichent avec brio et pistonnent l'ennui.
Les sentiments – saouls bébés –
Imposent des duos et engluent les athées. Les dents, tel un don d’Adam,
Nous attendent en l’envers pour montrer tout leur mordant.
Les dents, maîtresses du jeu,
Nous baladent vers Anvers pour montrer que notre Je Peut s’oublier dans la colère, peut s’avérer n’être que rêve.
Rien d’autre qu’une chimère
Qui peut s’échouer sur la falaise, comme un fat naze sur son Eve,
Quand douleur en prend à son aise.   =========================================== Bande son : MARILYN MANSON – "WOW"

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Secondes

La pluie s'effondre solitaire, en un désert de gris, un océan de vert.
Mon âme se referme, coquillage mourant :
Les terres promises n'ont pas tenu leur serment. Et les clameurs de la marée humaine
Remontent, déferlantes
Comme la tempête, en automne. La beauté est en chute, oisillon en liberté.
L'abandon discute, debout à tes côtés. Le vide peut se lire dans la vague, corail de fatigues atrophiées,
Telles ces artères exsangues où s'époumone mon coeur.
Un mot est sur toutes les langues, le ton en est moqueur. Pauvre alcôve d'eau vive,
Ton filet est fragile :
La vie l'a traversé. Esprit au centre de l'océan, le calme te révèle :
D’humides duvets, promesses d'arc en ciel. Ainsi, le silence s'est tu, la musique revenue.
Oiseaux, je vous remercie : j'ai aimé ce sursis. Une âme est la solitude incarnée,
Car elle est un espace-temps
Où rien d’autre qu’elle ne réside.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Xénomorphe

Egout, où les égos s’égarent, où grandissent faune et flore de l’asphalte, en berceaux de basalte. Caniveau, où s’éventent secrets et aveux, où se vendent bruits et brisures, où se vante le fait de faire le mur. Impasse de violence, où le silence se rompt quand les pleurs se propagent, impasse en sursis se dissout dans la rage. Peut-on s'y relever fièrement comme une escouade en déploiement, survie menacée par le sombre, et savourer la force hostile du nombre ? En cette rue une fleur de bitume, pour tuer la petite mort, loue son corps pour un rien : rue qui s'éteint d'un rouge qui s'allume. Artère où se dressent des poubelles comme autant de tourelles de Babel, artère de corps incandescents, de cœurs qui espèrent, de cerveaux effervescents. Même les enfants doivent jouer contre le temps, attendre dans l'ombre agile, amasser la fureur pour leurrer les vigiles. À éviter : les boulevards de rêves qui crèvent, d'abcès en cauchemars, d’excès en largage d’amarres. Périphérique où la décadence s'éveille telle une danse acide en sommeil ; périphérique crucifié, périphérique mortifié. Va falloir y trouver la trace de l'instant d'avant, cette éternité si tranquille, afin d'oublier l'amour qui va faiblir. Malgré la cité défiance où l'on chasse une idée nommée volonté, méfiance envers sa propre foi, cité où l'on invective l'envie et l'amitié. Quartier chaud, quartier ghetto, où se fondent tendresse et histoires de fesses, quartier d'anges et de démons, où subsistent frange et sermon. Âpres au gain, certains entraînent leur cuir, dans leurs rondes autour des périls, à joindre les endroits d'où ils pourraient s'enfuir. Pourtant ville d'exil, où chacun s'annihile, où le voisin est île fossile ; ville d'aliénation, ville d'exploitation. Alors errer dans la nuit sans donner un seul cri : rester les yeux ouverts, terminer dans l'éclair. Alors franchir le seuil, ne plus subir le deuil : sortir à l'unisson puis cueillir la passion – fruit d’espoirs, de clins d’oeil et d’aplomb. Alors, Métropolis : que gise le vice !

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Oublier

Découverte, vision, cliché : cette nuit se finit, ceci est l'aube de mon crépuscule. S’y résoudre. Le premier de mes jours derniers : voici venir l'annonce de fin de ma vie, journée que j'annulerai. Car demain ne sera plus jamais ce début ; enfin, demain saura le temps de jamais. Quand hier, je rimais avec toujours : hier de nouveau je rêvais d'un éternel amour. Stop ! Voilà comment atteindre le point néo-Godwin de la petite poésie dilettante : faire rimer « amour » et « toujours ». Indescriptible de mauvais goût. Cela mérite la flagellation en place publique, à coup de glaïeuls, mais un précieux chanteur anglais ne s’en est-il pas déjà chargé ? I didn’t realise you wrote such bloody awful poetry.(1) Recommençons... Quand hier, je rimais avec discours : hier de nouveau je rêvais d'un éternel retour ; mais combien de souvenirs hantent ces lieux, combien de joies chantent encore sur ces terres ? Ces murs ne sont plus mes murs et ce lit n'est plus le mien – et ces danses, comme une transe, s'atténuent en un rien. Un frisson sur ma peau : la brise m’entraîne au loin. Ouais. Pas mieux, hein ? Symptôme de l’apprenti poète qui joue au malin, sur un thème plus que rabâché, de quoi laborieusement moudre des mots tel un meunier maniaque. Sans compter l’illusion de volonté, en filigrane, alors qu’il n’est guère de choix : soit tu te remets en route, soit tu te suicides. Tout le monde vit cela, un moment ou l’autre, nul besoin d’en pondre des kilomètres de phrases. On peut aussi se mettre en veille, bien sûr. Pratiquer le « pas de côté » d’un contemporain écrivain français, même si ce dernier ressemble depuis au moins 20 ans à un cancéreux en phase terminale, donc qu’il ne soit pas certain que ses conseils fonctionnent bien. N’ayez pas peur du bonheur ; il n’existe pas (2) ... Alors pourquoi se remettre en route, restons dans la stase : liberté souveraine, dans la non-action. Hop, double illusion : je veux, je suis libre. Catalogue de concepts, du verbiage fécond, pour se croire créateur : de soi, des autres, de nos choix, de nos existences. On voit pourtant où ce raisonnement peut se fendre, où il est possible de lui faire gorge rendre. Car si la liberté est illusion, alors toutes nos ratiocinations s’opèrent dans l’espoir d’oublier cette condition – ce qui nous est nécessaire pour survivre. Application du principe de précaution. Il s’agit d’oublier l’impossibilité de vivre en gardant à la conscience nos propres limites, il s’agit de se payer de mots pour mériter d’être plus qu’un primate, en monnaie de singe... Il s’agit ? Taire ! Or, même savoir ceci n’est pas suffisant : à peine un remède au fait de ne rien trouver de mieux à faire, ce savoir n’est pas une arme. Traîtrise : nous nous croyons individuellement libres, car le discours ambiant parle de notre liberté. Maîtrise : nous adoptons ce discours, son illusion consolante, le propageons de façon zélée en retour. Cerise : tout un chacun se retrouve fort content de cette situation ; pourquoi chercher à en faire plus, à aller plus loin ? Gâteau ! Apporter des réponses aux questions que personne ne pose ? Poser des questions aux réponses que personne n’apporte ? Il est loisible de douter que quelqu’un en soit encore capable, Dieu s’étant vengé d’un irascible philosophe allemand. Ohne Musik wäre das Leben ein Fehler (3) – et tant pis pour les sourds. Résoudre tout, À un début : Un milieu est une fin.   Notes : (1) Morrissey, « je n’ai pas réalisé que vous écriviez de la poésie si dégueulasse » dans la chanson de The Smiths, Frankly Mr Shankly : http://www.youtube.com/watch?v=2ownZDWNIRs Morrissey aimait parfois faire subir des outrages aux fleurs, comme ici : (2) Michel Houellebecq, dans ses anciens écrits – Rester Vivant et Approches du Désarroi – avant même son premier roman : l’idée du « pas de côté » n’est pas de son invention, il s’agirait plutôt d’une réactualisation en mode mineur de la pensée d’Ernst Jünger (période post-Seconde Guerre Mondiale) qui a développé un concept d’anarchiste individualiste, l’Anarque ; plus individualiste qu’anarchiste, bien entendu. (3) Friedrich Nietzche, « sans musique, la vie serait une erreur » dans le Crépuscule des Idoles – partie Maxime et Pointes, aphorisme 33 – où notre ami se moque dans le même temps du bonheur, de Dieu, des Allemands… Quel farceur ! Comme Nietzsche est souvent incompréhensible, que mon texte l’est aussi, je me suis dit que ça ferait bien de le citer : il est une sorte de caution culturelle pour dilettante de l’esprit, en quelque sorte.

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Héroïne

Je suis l'étalon de feu, robe éther, liberté
Oui – la crinière, la queue, sauvage et indomptée
Donne-toi à moi, et tu verras d'autres mondes
D'autres chez soi
Des rondes, des joyaux
Des îles sur l'étendue du chaos
Viens, afin que le ciel se donne, que ses nuages t'émerveillent
Viens, et que le ciel enfin dorme, qu'il nous laisse sans voix
Sans sommeil Puis, en acceptant les rites, acceptant cette folie
Tu me chevauches si vite
Chevauchant toute la nuit
Sans logique, aussi sans suite, la rythmique de nos lits
Tu as chevauché jusqu'à l'océan, sous la lune
Tu m'as chevauché sur le sable blanc, dans les dunes
Tu voulus mélanger
Le liquide et la flamme
Être le trait d'union entre l'homme et la femme
Introduire la poussière et l'or dans nos drames Là où les juments sont loi
Nous avons nagé à en pleurer
Nos larmes étaient si salées
De joie, que l'eau en est montée
Nous avons nagé dans la marée
Là où les esprits se noient Mais la mer stérile se fendit
Ses courants, le vent les a suivis
Ses courants sans vie, ses viscères, qui se nouent en chimères
Or la tienne s'évanouit et dans l'eau tu t'enfouis
Tes membres tentent leur verte fuite
Ta peur attend la suite En équilibre, délicatement
Sans pause, libre et sans consentement
Bis d'infortune, tu frémis au même
Excuse exquise au site – crise en thème
Entropie de ton ego criant
Agonie d’orifices béants Tu t’empliras
Sur les algues, la pluie retombera
En un bouquet final de tes hurlées
Harmonique en résonance, mâchée…

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Somesthésie

Lenteur du liquide qui s'écoule – noirceur de la nuit, de la houle – sur la terre, reflets phosphorescents. Dans le ciel l’astéroïde pâle et blanc, dont autour sa traînée de courtisanes : invisible de jour, étrange voile diaphane. Et tandis que la blafarde s'éclipse, dans les nuées, des hiéroglyphes se calligraphient, sur un fait mûr. Sang, vin de la vie. « Comme le frère qui attise mon sosie. » Sueur, eau de la vie. « Comme l'amante qui tire ma rêverie. » Sperme, sève de la vie. « Comme se perdre, se mentir par lui. » Salive, encre de la vie. « Comme la suivre, la manquer sans bruit. » Suit l'amertume des vagues surprises à s'étaler, à laisser faire la drague, à ne plus s'y noyer, sinon dans une mère… Mais, où l'astérie de fiel cache-t-elle son tourment, pour ces derniers instants ? Litanies enfin finies en vue du lendemain, seul un sombre s'imagine encore serein, jusqu'au levain. Que trahit l’abri ? Sentiments si fragiles : Un corps féminin, Un insecte en péril, L'aperçu d'un lit, Attente de la mort, Les désirs d'un saint ; Sous le mépris d'essor. Les boréales ? On y glisse, isolé à plat sur un tic, où on satyre sans surprendre : simulé, ensemencé comme un pic, sans fond dans l'hymne de la foi. Alors s’en retourner dans ce sable d’un rance arable, au choix : enfouir encore nos lunaisons en attente d’une prochaine révolution ! Où, pour démonter, penser à des cendres. =========================================== Bande son : STEVE VON TILL – "To The Field"

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Vivisection

Demain point, puis vient, sourire ou sermon.
Or, je suis toujours vivant !
Martèle l'excaveuse qui s'approche, tournevis. J'observe des oiseaux sur une branche
Vertement discourir, sans s'arrêter.
Comme ce jouet est à jamais cassé !
Pour avancer, contendant, il me fallait son âme…
Consentant que l'artère s'étame. Ils accourront plus tard, se serviront de beaux discours :
Un système pour une valeur –
Vouloir – la fuite dans la scission. J'ai perdu mes amours embolies
Et j'ai perdu ma vie sous biopsie,
Circonscrites dans la chute
Du temps, ce calcul qui s'égrène. Horloge atomique au mal mène :
Faire comme si – de rien – n'était
Fait. La spirale de la démence m'insinue sa vrille :
Je ne peux boire ses paroles
Même, devant l'épreuve électrode. Mais, patate rat ?
Comment fait un petit rat
Pour opérer un entrechat
Sans finir en mou, là-bas ?
Simple : il s’efface entre les aiguilles,
Car entre les chas, le rat passe…
Couic, fait l’anguille : technique des deux sabres. Et ça, en moi, connaît le risque
Car ça, en soi, en est complice.
Pourtant, les jours s'écoulent tranquilles.
L'un doux-amer, l'autre relié à la masse, à la terre :
Des typhons alternatifs, sur une île.
Adorable somesthésie. Les savants m'ont assigné en stade terminal,
M'ont conseillé de jeter le bébé avec les eaux de la mère :
Et si je me manquais ? Allez, pour rire…   =========================================== Bande son : PHOTEK – "Ni Ten Ichi Ryu" – ("Technique des 2 Sabres" en japonais) http://www.youtube.com/watch?v=GMjq0fa4RbU

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Chez Ma Nana

Chez ma nana La La La, c’est pas chez moi car c’est chez elle Vous pouvez visiter : vous verrez du réel Ouvrez : porte d’entrée, au fond de la ruelle     Chez ma nana On ne dort pas Ses études dictent leur dictat Parfois elle travaille jusqu’à 3H du mat’ Et moi qui suis gentil, ben je lui fais des pâtes     Chez ma nana Immeuble tout confort Y’a du double vitrage Mais aucun risque que le bruit vienne du dehors C’est plutôt en dedans qu’il y a du tapage     Chez ma nana On ne dort pas Non, en fait c’est seulement moi Car de ronfler trop fort, je n’en ai plus le droit Ou silencieusement (ou peut-être tout bas)     Chez ma nana Sous son appart’ Au rez-de-chaussée, vit un couple Agé, sans le sou, latino, pas très souple En face, un étudiant, sans papiers, de Stuttgart     Chez ma nana On ne dort pas Un squatteur dort dans l’escalier Ou dans la cave, quand elle n’est pas inondée Or, pour les ronflements il n’est pas le dernier     Chez Ma Nana Y’a elle, qu’est l’amour de ma vie Y’a moi qui suis bientôt parti Rigolez pas Y’m faut un chez moi aussi !     Chez ma nana Sur le palier d’en face Le voisin gueule sur son chien de race Il l’appelle Colonel Ce jeune labrador qui fiche le bordel     (chœurs : « Colonel, reste à ta place ! »)     Chez ma nana La vieille du dessus veut virer tout le monde Elle voudrait que la nuit on commence des rondes Et croit que ma nana est une coco immonde     Car ma nana Oui, elle reçoit et lit tous les matins l’Huma Oui, elle adhère à un syndicat, mais surtout a Dit que le squatteur, il a le droit d’être là !     Chez ma nana La radio nous réveille En été comme hiver, tous les jours à 7H Super comme réveil France Culture au matin, c’est juste du bonheur     Et ma nana Parfois elle me vire façon butor Quand elle est en colère ou qu’on n’est pas d’accord Je joue aux échecs avec le squatteur, dehors     Chez ma nana Y’a une fuite qui n’est pas réparée Faut changer la baignoire mais c’est trop compliqué Les pauvres du RDC n’ont qu’à écoper     Chez Ma Nana Y’a elle, qu’est l’amour de ma vie Y’a moi qui suis bientôt parti Rigolez pas Y’m faut un chez moi aussi !     Chez ma nana C’est vieux mais les cafards ne font pas de vieux os On a un spray d’enfer qui les tue aussitôt M’enfin ça pollue l’eau – embêtant n’est-ce pas ?     (chœurs : « On s’en fout, mort aux cafards ! »)     Chez ma nana Y’en a encore un autre, de propriétaire On dirait Houellebecq croisé avec un cocker Il a toujours l’air de sortir du cimetière     Rigolez pas Car j’ai appris qu’il est médecin légiste Enfin : était ! Il se fit à vie gréviste Le jour où un mort s’éveilla sur son étal froid     Chez ma nana Le loueur du squatteur est gardien de la paix Il loue des lieux de squat en sus de sa paye L’étudiant allemand le fuit : on ne sait jamais…     Et croyez moi Y’a un dernier appart’ : paraît qu’il est hanté Que des extra-terrestres y prennent leur repas Ou bien y jouent aux cartes en dégustant du thé     Chez ma nana La vieille du dessus va un jour y passer Le loueur du squatteur va la dézinguer Puis logera quelqu’un dans l’appart’ libéré     Chez Ma Nana Y’a elle, qu’est l’amour de ma vie Y’a moi qui suis bientôt parti Rigolez pas Y’m faut un chez moi aussi…     Et le loueur du squatteur Ben je suis dans ses prix !   (chœurs : « Et la vieille du dessus, tant pis… »)

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Sol Invictus

Ci-joint l'histoire
Déboires d'un patatoïde
Qui tourne sur lui-même
Aussi qui tourne dans le vide En tandem, pourrait-on dire
Un satellite lui tourne autour
Automatisme du désir
Mise en orbite de l'amour Les deux – en sus !
Se sont piqués d’héliocentrisme
Petits plaisirs qu’ils éveillent
Perverse forme de tantrisme Ce Soleil, pourra-t-on voir
Leurs corps en langoureuse ellipse
Le décider à s’émouvoir
Ménage à trois ou bien éclipses ? Quand les astres sont vieux amants, que leurs enfants sont météores
Le silence du vide est d’argent, la musique des sphères est d’or
Or l’équilibre n’est présent, on s’y séduit en dinosaures…
Car déjà, ce fut
Au passé que tout a commencé
Quand Théia, en un point Lagrange
D’apparaître s’est décidé Engrangeant de la matière
Pour aller courtiser Gaïa
Mais celle-ci, qui était fière
Faire – ne se laissa pas Il a fallu
Qu’elle la force, l’équinoxe
En fut témoin, et sybarite
En fut l’orgasme, mais paradoxe Du coït, les fortunes
À tout jamais, les en changèrent
Petite, l’une devint Lune
Grande, l’autre devint Terre Quand les astres sont vieux amants, que leurs enfants sont météores
Le silence du vide est d’argent, la musique des sphères est d’or
Or l’équilibre n’est présent car règne la loi du plus fort…
Ci-gît l'histoire
Déboires de ce vieux couple
Car, Sol en a un peu marre
Plus ça va moins il se sent souple Il prépare un piège hostile
Sur le Lagrange plus opposé
Poussière stellaire & fossile ?
Planète géante à former ! Pour, au final
Les rejeter dans l'espace
Il suffisait d’un interstice
Entre les temps pour qu’ils filassent Au solstice, vers l’inconnu
Répudiés par les lois comiques
Il n’y a rien à dire de plus
Laconisme des voies cosmiques Quand les astres sont vieux amants, que leurs enfants sont météores
Le silence du vide est d’argent, la musique des sphères est d’or
Or l’équilibre n’est présent : s’y joue une danse de mort…   Notes explicatives : * Pour connaître le rôle théorique de cette coquine de Théia, lire ici : http://fr.wikipedia....pact_g%C3%A9ant * Pour savoir ce qu'est un Point de Lagrange, voici un autre lien : http://fr.wikipedia....int_de_Lagrange

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Forums Internet

t'as vu la dernière pub de ? top délire ! les hommes tous des salauds, c'est con une blonde vivement les vacances, non chéri pas ce soir, si je deviens handicapé, suicide yabon espèce de facho ! sois raisonnable, ils sont pas assez bronzés, trop une idée de ouf fait pas beau aujourd'hui, demain j'arrête, si tout va bien l'année prochaine t'es mon amour à moi, trouve un métier, arrêtez d'boire c'est mauvais pour la santé les étrangers on leur donne tout, j'déprimais grave ce week-end, faut voter quand même tu vas pas mettre ça, j'adore quand on baise c'est si bon, tuez-moi ! p'têt bin qu'oui p'têt bin qu'non, j'sais pas j'peux pas dire, il déteste les gens qui se laissent aller nos enfants nous donnent du souci, la flemme que j'avais ce matin, c'est dur la vie sans argent tu n'as rien, faudrait tuer les vieux à la naissance, sans argent tu n'es rien passe ton bac d'abord, elle a bien de la chance, t'es dégueulasse, ils n'ont pas souffert les pauvres, s'ils s'en sortent pas c'est de leur faute, arrête de jouer l'intello salut, fumer tue, comment va ? gaffe à toi, tu sais pas à qui t'as affaire, aidez-les ! faut souffrir pour être beau, en politique tous des pourris, l'amour rend aveugle j'aime pas les flics j'sais pas pourquoi, chanter c'est cool, tu fais de la gym, un régime? mes parents me rendent cinglé, arrête je bande ! il peut plus s'passer d'son portable c'est ma star préférée, finis ton assiette, tous en prison j'vous dis ! tu devrais passer ton permis j'kiffe trop son corps, bin oui c'est pas simple tout ça, vraiment de la merde ce truc     t'as vu la dernière idée de ? top ouf ! les hommes tous des portables, c'est con un métier vivement les étrangers, non facho pas ce soir ! suicide cinglé, si je deviens argent espèce de raisonnable sois chéri, ils sont pas assez handicapés, trop une pub de pourri fait pas régime aujourd'hui, si tout va bien l'amour prochaine, demain j'aide t'es mon année à moi, trouve une blonde, arrêtez d'tuer c'est mauvais pour la santé les flics on leur souffre tout, faut déprimer, j'votais délire ce week-end quand même tu vas pas dire ça, j'adore quand on passe c'est si dur, détestez-moi ! p'têt bin qu'argent p'têt bin qu'assiette, j'sais pas j'peux pas mettre, il arrête les gens qui se bandent nos prisons nous donnent du souci, la star que j'avais ce matin, c'est bon ce truc sans bronzé tu n'as rien, faudrait tuer les salauds à la naissance, sans beau tu n'es rien passe ton oui d'abord, t'es yabon, l'intello a de la chance, ils n'ont pas donné les pas pauvres, s'ils s'en sortent c'est de leur politique, elle joue pas de bien boire salut, souffrir tue, comment va ? gaffe à l'amour, tu sais à qui t'as affaire, baisez-les ! faut fumer pour être dégueulasse, en grave tous des fautes, la gym rend aveugle j'aime pas les vacances j'sais pas pourquoi, kiffer c'est cool, tu fais de toi un permis ? mes parents me rendent beau, arrête je laisse aller ! il peut plus s'passer d'son vieux c'est ma flemme préférée, finis ton non, tous en enfant j'vous dis ! tu devrais arrêter ton bac j’chante trop son corps, bin oui c'est pas de la merde la vie, vraiment simple tout ça   t'as bac n'as pas d'métier, pas bon les chances, toi c'est argent ! on va tuer bronzé vivement l'amour pour étrangers dégueulasses, sois bin gaffe, c'est sons de l'année espèce raisonnable, j'arrête pas tous les gens salauds, à ton soir tu me devrais prison fait faute à délire trop rien, vas pas vraiment boire t'es cinglé ! elle sais tout d'son con t'es parent j'peux, yabon blonde ! tous sortent de politique, ce trop c'est si permis les oui de suicide, la vie se rend pas, d'abord à mon pas, c'est du affaire qui dis quand bien dur l'intello, aidez-les, la flemme des oufs, ce portable baise un rien p'têt pas facho, quand j'sais corps si beau, le merde bin vieux si tu voter pas bien nos mois sont soucis, on donne sans arrête, je bandes souffert, j'adore ce pub en régime sans prochaine préférée, tu es de la tous, trouve de la week-end, ce top peut s'mettre cool passe que, arrêtez la ! ma beau rendent plus ton non, une idée qu'ils faut s'passer les hommes ? aller tuez-moi ça, tu deviens flic, j'avais pas fini pour amour la santé salut tu nous graves, ils n'ont p'têt vu qu'il est truc dernière, c'est simple de passer matin faut naissance, un je n'arrête, de t'as même bin jouer tout ! non pas assez demain j'aime être assiette ! ils donnent de tout, c'en faudrait pas de mauvais, tu la s'en ? mes enfants pauvres laissent les vacances, ça oui j'sais qui va souffrir à leur argent c'est ton chéri j'vous déteste, comment dire pourquoi ? j'déprimais chanter les pourris j'kiffe la gym handicapé, c'est fumer aveugle, une star a pas fais, il leur tue aujourd'hui   =========================================== Bande son : APHEX TWIN - "Flim" http://www.youtube.com/watch?v=RhHkUg-QCwk

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Soeur Solitude

Sœur Solitude d’un homme ivre n’est universelle
Médisant que pour améliorer les choses
Elle dit qu’il faudrait faire telle une ou telle autre
Mais qu’elle pense à toute chose, sérieuse
Elle se tait Soeur Solitude d’un homme ivre n’est individuelle
Médisant que pour améliorer la vie
Elle dit qu’il faudrait vivre telle une ou telle autre
Mais qu’elle pense à toute vie, sérieuse
Elle se tait Soeur est houle, Solitude ainsi s’écoule Soeur Solitude d’un homme ivre est artifice
Hors – de l’univers qui l’a vue apparaître
Artificiellement seule, ne sachant pas penser
Hors de l’individu qui l’a laissée naître
Juste se taire Soeur est fluide, Solitude pas solide Soeur Solitude n’est rien, ni individuel ni universel
Mais silence impuissant, stérile parole, à rejeter
Comme on rejette l’homme si on ne l’aime pas
Comme on se rejette si on ne s’aime pas Reste à régler
Sommeil à réguler
Tant mieux – si Soeur Solitude n’est qu’une virgule Tant mieux si Soeur Solitude Est ma ,   =========================================== Bande son : JOHN CALE – "Fear Is A Man's Best Friend"

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Poly-Game

Le poli game du polygame
Cela consiste à avoir plusieurs femmes
Or je suis poli, or j’en fais autant
Car j’ai eu plusieurs femmes
Successivement Le mono game du monogame
Vrai, unique, qui n’a qu’une seule femme
C’est monotone, selon la tradition
Toute une vie avec une femme
Quelle dévotion ! Les femmes aussi savent être polygames
Ces Eves peuvent consommer plusieurs Adams
Sur le marché de la satisfaction
Plusieurs produits, plusieurs gammes
Poly-séduction Les monosexuels ne sont pas monogames
Homosexuels, damoiseaux ou dames
Lapeuse de clitoris, licheur de séminal
L’inconstance de leur âme
Se lit dans les annales En musique ou en sexe, quand on jam
Le plaisir vient se loger dans l’accord
Dans les gammes En musique ou en sexe, le mélange
Des plaisirs forme le charme du corps
Serait-ce étrange ?

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Bouquet

Des fois, tu me fais me sentir
Comme si nous étions tous 2 des fleurs coupées
Bouquet dans un vase en train d'agoniser
« C'est ma façon de rire » tu dirais… C’est comme une voile
Qui sombre sous la surface
Un babil, infantile, pour combattre le silence
Un atoll en avril où s’abat une pluie dense
– Quand ton rire brise la glace C’est comme une étoile
Qui ne serait pas à sa place
Comme ne plus savoir si on sut quelque chose un jour
Découvrant la mort qui recouvre tout discours
– Quand ton rire brise la glace
Des fois, tu me fais me sentir
Comme si nous étions tous 2 des fleurs coupées
Bouquet dans un vase en train d'agoniser
« C'est ma façon de rire » tu dirais… C’est comme le fait
De soudain perdre la face
Un pistil, de profil, égarant son androcée
Un taureau en son toril résolu à s’échapper
– Quand ton rire brise la glace C’est comme un forfait
Perpétré sans laisser de traces
Comme ne plus savoir ce qu’il reste à accomplir
Devant l’ampleur de vie qu’on peut encore offrir
– Quand ton rire brise la glace
Ces fois où tu te mets à rire
Je vois tout ce que nous aurions enduré
Si telle avait été notre volonté
« C'est un feu d’artifice, ce bouquet » Tu dirais…

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Agrappe Coeur

Ode à mon amante J'adore une enseignante À prendre, la liberté M'enseigner l'amour M'en saigner est avisé Désir de tes atours Ton éternel retour Mon coeur s'en est grippé L'infarctus me tente Si ton absence me hante, si je suis las Eternelle Si l'on se trouve dans un bar, si tu me bois Si tu ne joues pas, si l'on jouit ensemble En retour Si j'espère un demain, si tes membres tremblent Si j'espère un ailleurs, si tu es étonnée Eternel Si ton rire éclate, si tu es fécondée Si je ne veux t'ennuyer, si tu es studieuse Discours Si je bise tes paumes – où tu es amoureuse Si l'on discute de tout, si tu t'emportes au loin Eternel Si l'on n'est pas d'accord, si tes voeux sont destin Si tu m'attaques au ventre, si l'on se fout des mots Discours Si tu garçon manqué, si tu me trompes en faux Si je crois en la vie, si je te relève Eternelle Si l'on se découvre, si tu offres ta sève Si je regarde ici, si tu égares mes yeux En retour Si s'enterre la tristesse – car je suis amoureux Si tout autour s'agrippe Si l'on touche et l'on fond Si notre amour s'agrappe Où le coeur est foison =========================================== Bande son : EXPERIENCE – "Deux" http://www.youtube.com/watch?v=QO3HxXEzwq4

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