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À propos de ce blog

La fatuité est le privilège des ratés

Billets dans ce blog

 

Suie

Suis les sens interdits
Suis ce que l'on te dit
Suis ce que montre un doigt
Suis le chaud ou le choix Suis l'envers du décor
Suis le contre en accord
Suis l'odeur lycaon
Suis la sur le clayon Suis de précieux conseils
Suis ceux de ton oreille
Suis si des fois en l'autre
Çui-ci trouve un apôtre
Quoi que ce soit
Caché en bas, fin fond du soi
Ce sera soie
Et moi-je ?
Suie
Suis aux confins du sombre
Suis là où meure l'ombre
Suis l'abus de bévues
Suis là d'où vient la vue Suis l'haro sur les mots
Suis le frais ou le faux
Suis ta mort le sachant
Suis la chair ou le chant Suis ton coeur en sa gangue
Suis le yeah ou le yang
Suis cette anthologie
Suicide ontologie
Qui que ce soit
Caché en bas, fin fond du soi
Ce sera soie
Et moi-je ?
Suie

Tequila Moor

Tequila Moor

 

SMS

Le bus coincé dans les bouchons. Ça rend tout le monde ronchon : Les p'tits bébés, puis les adultes Ou les autres, dans le tumulte   Des klaxons, des bruits de voiture. C'est ça Paris, c'est l'aventure Du bus qui entre doucement Par la Porte Ménilmontant.   Bonheur des transports en commun : Pour la transe, on verra demain... Mais qui donc me transporte ? Toi, Comme un air qui met en émoi.   Donc, je t'envoie un SMS : J'ai le temps, je pense à tes... tresses, A tes nattes, à tes cheveux... Je ne sais, je fais mon envieux !   Faut dire : on ne se connaît point. Pourtant, on prend déjà grands soins De l'autre, arrivant à marier Electrons & complicité,   Sur internet, dans nos échanges En invisibles – c'est étrange. Faut dire : on ne s'est jamais vus Hormis en photos. Mais pas plus.   Pourtant : attirance en apôtre, Virtuels égards l'un pour l'autre, Font partie de nos rituels ; Modernes riens si sensuels.   Donc, je t'envoie un SMS : J'en veux, du toucher... des caresses Puis admirer tes beaux yeux bleus Qui sont deux – ou suis-je bigleux ?   Las... Retour au bus : il avance. J'appuie sur « send » en bienveillance. Là, les bébés ne pleurent plus. Tu me manques, tendre inconnue.   C'est l'hiver... As-tu une belle Météo ? Mets tes bas, s'il gèle ! Mais je suis bête : dans le Sud Le temps est doux. Ici c'est rude.   Voilà mon arrêt, c'est fini : Je descends – rentre dans la nuit – Me souviens de notre rencontre Dans le futur. Contre la montre.   Donc, je t'envoie un SMS : En marchant, le coeur en kermesse... De te voir, je fais le voeu pieux. Dans l'attente ? Bisous en jeux !

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Vilaine

Vilaine est de retour sur le net.
Elle est promesse de galipettes :
Va s'offrir à tous, la midinette –
Va s'ouvrir à toutes, la nénette. Elle pourrait être ta promise
Ou pourrait faire ton analyse.
Elle pourrait être ta soumise ;
Choisis ! Car l'apparence est de mise. Dites, les garçons ? C'est bon d'être de retour...
Avez-vous serré vos oreillers dans vos lits
Quand j'étais partie ? Frustrés, m'aimiez-vous d'amour ?
Etais-je citée dans vos insultes, vos cris ?
Vilaine encore va t'exciter
Aidée d'une fausse identité,
De faux attraits, d'un faux sexe : armée
De tout pour te voir participer. Elle pourrait être ta masseuse
Ou pourrait faire sa chatouilleuse.
Elle pourrait être ta vicieuse ;
Oui ! Les apparences sont trompeuses. Dites, les filles ? C'est bon d'être de retour...
Jalouses, me décriviez-vous à vos amis ?
Etais-je vue comme un modèle ? Mes atours
Ont-ils changé vos tenues viles en sexy ?
Vilaine sur le net fait sa loi :
Exquise, mystérieuse est sa voie.
Inutile de chercher pourquoi
Elle fait tant d'effet chaque fois... Pourquoi doit-elle être si Vilaine ?
Pourquoi ce désir teinté de haine ?
Que dans les cerveaux, la morne plaine
Se dispute aux caresses de l'aine ? Dites, les garçons ? C'est bon d'être de retour...
Avez-vous poissé vos claviers durant vos nuits
De solitude aigrie, voire durant vos jours ?
Mes photos sont-elles toutes sur vos ordis ? Dites, les filles ? C'est bon d'être de retour...
Imitez-vous mon style ou tout mot que je dis :
Suis-je pour vous la source même du glamour ?
Voudriez-vous être Moi, mais en moins jolies ?  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Demain est idem

Je ne me souviens que peu d'hier
Rances relents, pissotière
Tout souci a sa solution
Un flash de détermination Suffit pour finir en beauté
Joyeux air frais à barjoter
Pour supporter l'ennui ultime
De mon spectre nommé intime   Demain n'est ni loin ni trop tard
Demain est idem, monotone
Jusqu'au libre instant du départ
Le reste appartient au carbone M'en voici donc extra-lucide
Mon futur, ça le génocide
Ça me gêne aussi : mon présent
Ne s'en trouve pas mieux portant Pourtant je ne fais pas de bruit
Faut pas révéler à autrui
Quand, de mi-figue à mi-raisin,
L'esprit flirte avec le zinzin   Demain n'est ni loin ni trop tard
Demain est idem, monotone
Jusqu'au libre instant du départ
Le reste appartient au carbone Si c'est su, on me catalogue
M'envoie voir le suicidologue
Qui hop ! Devant ma bonne mine
Diagnostique un manque d'amine Après, je ne ressens plus rien
On appelle ça "aller bien"
Des cachets m'envoient dans la brume
Retour au normal : en légume   Demain n'est ni loin ni trop tard
Demain est idem, monotone
Jusqu'au libre instant du départ
Le reste appartient au carbone Mais si demain est idem, gourd
Alors autant mourir aujourd'...

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Belle-île

Sur des eaux houleuses avoir quitté le port, être porté en bateau, sentir les vent, froid, crachin s'abattre sur le visage, emplir les narines d'un air sauvage, faire trembler les paupières, l'île déjà loin derrière. Pourtant rester droit, en équilibre sur le pont, combattre le mal de mer, rafales s'engouffrant dans les artères, sang qui les déserte ; la main près d'un garde-fou auquel se raccrocher, la confiance en ses réflexes pour aux flots ne pas tomber. Malgré l'amplitude des vagues, la fatigue des membres, ou la lumière qui pourfend la vision. Et jouir. À un village côtier discuter avec les gens – renseignement proposés en toute sympathie, échanger quelques mots d'esprit. À la boulangerie l'achat d'une pâtisserie, au bar de la place la commande d'une café, et la patronne apporte une serviette, spontanée, pour aider à manger sans se salir, n'attendant rien en retour. Hormis merci au revoir, une fois prochaine bonsoir. Là, écouter des pochards s’étant retrouvés, après avoir bourlingué aux 4 coins de la planète ; l'un ne sait plus raconter l'histoire du petit canard noir, mélange à celle de paf le chien. Sourire. Une soirée éternisée, un repas agréable, une chambre d'hôtel. Rater le moment où 2 corps peuvent s’étreindre, en un étrange flottement, sans savoir si ça aurait été possible. Se coucher seul, se promettre d’offrir son amitié, sans d’inutiles errements sentimentaux à ajouter. Ne pas s’assoupir de suite, profiter du parfum féminin qui flotte dans l’air, de la présence si réelle de l’autre à quelques pas de là. Entrevoir l’ironie, que l’un veuille donner n’entraîne nullement que l’autre veuille recevoir. Puis le sommeil. Qui délivre. Lendemain matin, début de dimanche sain : visiter l'église dédiée aux pêcheurs, admirer de modernes vitraux qui retracent leur mode de vie, s'extasier devant les statues qui s'intéressent à ici – pas ailleurs. En sortant, de jeunes gens font la manche sur la place, ayant passé la nuit en bamboche ou à chanter sur une plage, qu'importe, voudraient juste quelques sous pour l'achat de viennoiseries. Une dame leur offre plein sac de croissants, se disant que ça pourrait être un jour de ses enfants le tour, qu'il est hors de question qu'ils ne puissent s'amuser. Et vivre. Après une longue errance, sur une abrupte falaise, surplombant des rochers découpés et traîtres, sur lesquels des vagues s'abattent en faisant retentir leurs embruns, s'allonger dos contre pierre ; écouter son coeur battre dans la roche, humer la bruyère, yeux clos, membres dans les fougères, et rêver aux premiers hommes qui adoraient la mer. Qui pour l'apaiser lui dédiaient des sacrifices, qui devant l'ampleur de sa colère vivaient dans la terreur, qui savaient qu'elle et sa soeur terre étaient l'alpha et l'oméga de leurs misères. En dormir. Plus tard. Bien plus tard. Des souvenirs s'étripent dans le dédale de la mémoire, cette élitiste, qui se plaît à rappeler les malheurs que nous avons rencontrés, cette désertrice, qui s'entend à faire oublier les malheurs que nous avons ratés. Ou mis en fuite. Sapant ainsi notre bonheur, notre présent. Voire celui très humble d'être envie. Alors s'obliger, avoir la politesse du souvenir, faire que seule la joie demeure – si ce n'est la joie, au moins l'enthousiasme. Un jour. Tous les jours. Puis périr.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Virus

Je prends conscience de mon corps
Comme d'un instrument de mort. Ou conscience de ma faiblesse :
Se cacher, désirer sans cesse. Conscience de mon énergie,
De ma rage et sauvagerie.   Puis conscience de mon cerveau
Qui sert le but de mes travaux. Conscience de ma survivance :
Fruit de volonté, de souffrance. Je prends, de mon venin vulgaire
Pour me répandre, infester Terre, Conscience.   Ce monde est mien –
Car je suis à ce monde. Humain, je suis humain. Humanité, je suis humanité.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Paume du poing

Il existe une situation appelée tristesse. Il en existe une autre nommée vide. Ces deux sont souvent confondues ; or elles s'opposent. La tristesse peut être décrite comme déchirement, celui-ci prend de la place, trop de place, jusqu'à vous emplir, jusqu'à déborder : vous voudriez pouvoir déposer ce fardeau hors votre être, ne plus sentir son poids dans vos pensées. Rien de commun avec le vide qui, son nom l'indique, est absence : quelque chose manque à votre être, vous ne sentez pas de poids, vos pensées ne pèsent rien, tellement rien qu'elles vous ont désertés. Pas assez cependant, pas assez pour ne pas ressentir ce vide. Les timides connaissent bien la tristesse : elle les accompagne dans la rue, au travail, dans les endroits publics, endroits où il y a du jeu, de la séduction. Ils voient les corps des autres se frôler, se réclamer, graviter les uns autour des autres, les regards comme autant de forces d'attraction. Les timides aussi ont un corps, des regards, ce qu'il faut pour jouer, sans avoir les règles : quelque chose ne marche pas chez eux, ils ne savent quoi, ils croient ainsi être estropiés et ce soupçon d'être diminués les emplis, cette certitude d'avoir moins les rend tristes. Quelqu'un que le jeu du désir attriste, il voudrait savoir exprimer tout ce qui l'emplit pour chasser la tristesse. Mais le vide : c'est autre chose. Quelqu'un que le jeu a évidé, il voudrait ne plus pouvoir ressentir l'absence, il voudrait ne plus avoir ces yeux d'où suinte l'avidité, ne plus savoir qu'il est vide. La nature a horreur du vide. Depuis quelques temps, la poussière l'agresse, sous chacun de ses grains se cache une menace, sous chaque amas moutonnier se tapit l’ennemi. La saleté il connaît bien, il est célibataire, du genre forcené, du genre qu'une femme a rendu fou de douleur, du genre qui a emprisonné son être derrière la poussière de son logement. Aucune autre ne viendra ici, il le sait, la saleté de son chez-lui l'en protège. Même si elle le protège plus de son désir à-lui que de la réelle éventualité qu'une femme entre dans ce logement. Il ne va plus dehors chercher de féminité, ne va plus chercher grand-chose à vrai dire : restant vide. Mais les grains – les moutons – lui ont déclaré la guerre. Ce matin, le réveil. Il s'est levé, s'est lavé ; dans la salle de bain, quelque chose de changé. Il a étalé le dentifrice sur la brosse, et puis... Il a approché la brosse de sa bouche et... A commencé de frotter... Eut envie de s'écorcher la gencive, soudainement. Lui brossant brusque, la brosse forant l'intérieur de la joue, sale rosse : au lieu de s'arrêter, lui continuant. Ayant mal or continuant. Ensuite s'est coiffé : perdant un peu ses cheveux, il s'oblige à cacher les trous de façon soigneuse, l'habitude... Là ne pouvant pas, le mal de dents bien sûr mais surtout ses yeux qu'il ne pouvait croiser dans le miroir et qui lui faisaient peur et son regard qui même dirigé vers la racine de ses cheveux absorbait le blanc hurlant de son double glacé, en face à jamais ailleurs. Ce matin, c'est un homme terrorisé qui a quitté sa garçonnière. Tout ce jour, la vision des femmes l'a évidé, puis rempli ; car ses mains ogives, sur la brosse continuant à marteler sa gencive, crissements, chair à tournevis, ossements... Et ce soir, les grains – les moutons – l'attendent. La nature humaine a horreur du vide.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Sûrs

Ici, tout est bien comme il convient
Arrivée tard : la fin de soirée
Table mise, petit déjeuner
De proches amis à qui l'on tient Pour leur écoute, encore merci
Pour les discussions, énonciations
De nos points de vue non raccourcis
Pour les promenades, le jambon Là, au coeur, en dedans
Un endroit accueillant
Chez des gens doux, et sur
Qui on peut compter : sûrs   Ici, même le chien me convient
Souvenirs d'enfance conjugués
À l'envie de m'infantiliser
La proche famille à qui l'on tient Pour leur accueil, encore merci
Pour le fait qu'ils soient encore ensemble
Cela m'aura apporté l'oubli
Voir un couple qui jamais ne tremble Là, au coeur, en dedans
Un lieu revigorant
Des gens pas fous, mais sur
Qui on peut compter : sûrs   Oui cette vie de rien me convient
Dorloter patiemment, t'enlacer
Pour l'amour des absents, nous serrer
Ce n'est pas grand chose mais j'y tiens Pour le fait de déposer les armes
Pour le fait d'y voir un peu plus clair
Loin de la poussière, du vacarme
Pour le fait d'y voir un peu plus chair C'est au coeur, en dedans
Où l'on se sent vivant
De nous deux saouls, ou sur
Qui on peut compter : sûrs  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Schize Alien

De cette obsession sexuelle, qui déborde,
Ne plus maîtriser la nervose, qui saborde.
Le cercle vicieux reprend son thème à l'envi :
Je bande donc je suis. Ou je jouis donc je vis. Impasse mâle, un malin passe – et un public    
Tourment insinue en coulisses sa métrique.
Vitale lie, de fiers fantasmes se préparent :
C'est l'hallali, leur drame me délire, hilare. Car, vous ignoriez mes globes qui vous fixaient,
Quand tout le reste s'étranglait en tremblements.
Carcan : seul endroit de mon corps qui s’éreintait,
M’étreignait d'une tuméfaction admirante. Voir vos petites morts, tumescence du moi,
Visionner le film de vos yeux agonisants :
Jouir où ils charrient le feu, soumis à ma foi,
En vengeance de vos démarches chaloupantes. Vous m’envoyez - je vouvoie - d'infécondes ondes :
"Traînée", ce mot qui se traîne en mon occiput
M'incite à vous tutoyer, toute honte bue... Chut.
Alors te posséder, crâne rongé, me sonde. Ô ! Sentir ma verge élargir tes orifices
Au centre interne de ton monde, qui t'empale,
Te soumet en te libérant – axe central.
Equarrir tes contorsions, qu'elles s'avilissent. Echancrure, ta robe en brut se boit en toi,
Une bouture en but y bourgeonne déjà.
Tes membres s'emballent : reptation ou rectal ?
Beauté du dos qui ondule, où je testicule. Et lorsque je t'aime à m'en décoller la plèvre
De ma fragile fièvre, cœur au bord des lèvres.
Envers toi, de vomissures en commissures,
J'expire tout mon suc : prie que cela m'eunuque. En cette attente, t'exciter me ressuscite :
En toi,  je comble le rien. Lors, suce mon souffle
Gourmand, ta tendre chère est ce qui me suscite.
Ma pire hantise ? Que tu me nommes maroufle. Marasme de l'écume d'Eros qui s'éveille,
Dégénère en stupre, puis en exquise spume :
Tes merveilles s'affirment vacarme vermeil
Quand mes sens, à tes sons et parfums, s'accoutument. Humain hymen, qui m'a dérobé l'innocence,
Ne résiste point quand je viens te défeuiller :
Je ne sens plus –  bel oubli – son omniprésence,
Veux en ton sang, sa douceur perdue, percevoir. Bis d'infortune, tu frémis ainsi au même :
En un bouquet final, un choeur de tes hurlées,
Que s'épanche cette ardeur d'un cruel carême.
Harmoniques en résonance, ta mâchoire. Elle – qui fût les fruits de nos apertes pentes,
Chants de tant d'expériences – mais Schize Alien hante :
Que ces heures passent pour en corps se répandre,
Que ses ailes passent. Encore se détendre. Or libre de vivre, or avide de déviance,
L'envie drapée s'étire en toute nonchalance.
Autant ce désir, au temps, file chuchotant,
Quand folie se nourrit dans le fief du néant. Enfin mon cerveau, ce demeuré, se maîtrise :
J’en demeure un amoureux transi qui s’enlise.
Amoureux de personne, ou bien du seul amour,
Attendant une âme autre où m’absoudre en retour. De sociales idées dévorent mon désir,
Pour ne pas déraper, j’y croie à en mourir.
À se prendre de haut, pour ne pas s'échapper :
Suivre ces précautions, s’ensuivre annihilé.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Secondes

La pluie s'effondre solitaire, en un désert de gris, un océan de vert.
Mon âme se referme, coquillage mourant :
Les terres promises n'ont pas tenu leur serment. Et les clameurs de la marée humaine
Remontent, déferlantes
Comme la tempête, en automne. La beauté est en chute, oisillon en liberté.
L'abandon discute, debout à tes côtés. Le vide peut se lire dans la vague, corail de fatigues atrophiées,
Telles ces artères exsangues où s'époumone mon coeur.
Un mot est sur toutes les langues, le ton en est moqueur. Pauvre alcôve d'eau vive,
Ton filet est fragile :
La vie l'a traversé. Esprit au centre de l'océan, le calme te révèle :
D’humides duvets, promesses d'arc en ciel. Ainsi, le silence s'est tu, la musique revenue.
Oiseaux, je vous remercie : j'ai aimé ce sursis. Une âme est la solitude incarnée,
Car elle est un espace-temps
Où rien d’autre qu’elle ne réside.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Oublier

Découverte, vision, cliché : cette nuit se finit, ceci est l'aube de mon crépuscule. S’y résoudre. Le premier de mes jours derniers : voici venir l'annonce de fin de ma vie, journée que j'annulerai. Car demain ne sera plus jamais ce début ; enfin, demain saura le temps de jamais. Quand hier, je rimais avec toujours : hier de nouveau je rêvais d'un éternel amour. Stop ! Voilà comment atteindre le point néo-Godwin de la petite poésie dilettante : faire rimer « amour » et « toujours ». Indescriptible de mauvais goût. Cela mérite la flagellation en place publique, à coup de glaïeuls, mais un précieux chanteur anglais ne s’en est-il pas déjà chargé ? I didn’t realise you wrote such bloody awful poetry.(1) Recommençons... Quand hier, je rimais avec discours : hier de nouveau je rêvais d'un éternel retour ; mais combien de souvenirs hantent ces lieux, combien de joies chantent encore sur ces terres ? Ces murs ne sont plus mes murs et ce lit n'est plus le mien – et ces danses, comme une transe, s'atténuent en un rien. Un frisson sur ma peau : la brise m’entraîne au loin. Ouais. Pas mieux, hein ? Symptôme de l’apprenti poète qui joue au malin, sur un thème plus que rabâché, de quoi laborieusement moudre des mots tel un meunier maniaque. Sans compter l’illusion de volonté, en filigrane, alors qu’il n’est guère de choix : soit tu te remets en route, soit tu te suicides. Tout le monde vit cela, un moment ou l’autre, nul besoin d’en pondre des kilomètres de phrases. On peut aussi se mettre en veille, bien sûr. Pratiquer le « pas de côté » d’un contemporain écrivain français, même si ce dernier ressemble depuis au moins 20 ans à un cancéreux en phase terminale, donc qu’il ne soit pas certain que ses conseils fonctionnent bien. N’ayez pas peur du bonheur ; il n’existe pas (2) ... Alors pourquoi se remettre en route, restons dans la stase : liberté souveraine, dans la non-action. Hop, double illusion : je veux, je suis libre. Catalogue de concepts, du verbiage fécond, pour se croire créateur : de soi, des autres, de nos choix, de nos existences. On voit pourtant où ce raisonnement peut se fendre, où il est possible de lui faire gorge rendre. Car si la liberté est illusion, alors toutes nos ratiocinations s’opèrent dans l’espoir d’oublier cette condition – ce qui nous est nécessaire pour survivre. Application du principe de précaution. Il s’agit d’oublier l’impossibilité de vivre en gardant à la conscience nos propres limites, il s’agit de se payer de mots pour mériter d’être plus qu’un primate, en monnaie de singe... Il s’agit ? Taire ! Or, même savoir ceci n’est pas suffisant : à peine un remède au fait de ne rien trouver de mieux à faire, ce savoir n’est pas une arme. Traîtrise : nous nous croyons individuellement libres, car le discours ambiant parle de notre liberté. Maîtrise : nous adoptons ce discours, son illusion consolante, le propageons de façon zélée en retour. Cerise : tout un chacun se retrouve fort content de cette situation ; pourquoi chercher à en faire plus, à aller plus loin ? Gâteau ! Apporter des réponses aux questions que personne ne pose ? Poser des questions aux réponses que personne n’apporte ? Il est loisible de douter que quelqu’un en soit encore capable, Dieu s’étant vengé d’un irascible philosophe allemand. Ohne Musik wäre das Leben ein Fehler (3) – et tant pis pour les sourds. Résoudre tout, À un début : Un milieu est une fin.   Notes : (1) Morrissey, « je n’ai pas réalisé que vous écriviez de la poésie si dégueulasse » dans la chanson de The Smiths, Frankly Mr Shankly : http://www.youtube.com/watch?v=2ownZDWNIRs Morrissey aimait parfois faire subir des outrages aux fleurs, comme ici : (2) Michel Houellebecq, dans ses anciens écrits – Rester Vivant et Approches du Désarroi – avant même son premier roman : l’idée du « pas de côté » n’est pas de son invention, il s’agirait plutôt d’une réactualisation en mode mineur de la pensée d’Ernst Jünger (période post-Seconde Guerre Mondiale) qui a développé un concept d’anarchiste individualiste, l’Anarque ; plus individualiste qu’anarchiste, bien entendu. (3) Friedrich Nietzche, « sans musique, la vie serait une erreur » dans le Crépuscule des Idoles – partie Maxime et Pointes, aphorisme 33 – où notre ami se moque dans le même temps du bonheur, de Dieu, des Allemands… Quel farceur ! Comme Nietzsche est souvent incompréhensible, que mon texte l’est aussi, je me suis dit que ça ferait bien de le citer : il est une sorte de caution culturelle pour dilettante de l’esprit, en quelque sorte.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Dès lors je ne dis rien

Certains disent "jamais" d'une ambition polie
Ce qui équivaut à : "jusqu'à ce que je meure"
Ôtons donc, de cette opération, l'infini
L'équation se résout en simples sons : "jameur" Le monde me parvient comme suite innommable
Algèbre de hasards que je ne comprends pas
Je parle ici bien sûr du réel impalpable
Car mon humanité, je sus la mettre au pas En elle se trouvèrent des occupations
Amour ou amitié ou bouche que veux-tu
Ou la maternité, la réanimation
Des raisons d'ajourner l'instant où je me tue Une pincée d'argent puis un trait de cynisme
Puis de la gentillesse ou du courage, au mieux
Recette du bonheur, façonnage d'un isthme
Pour se lier aux autres, peut-être vivre vieux Soudain il ressurgit, cet instant dérisoire
Quand mon crâne est ailleurs, dans la dimension Z
Alors le sens n'est plus, la conscience illusoire
Quand le langage ne fournit aucun remède Dès lors je ne dis rien, plus ne m'est rien à dire
Quelquefois je gémis, comme ferait un chien
Qui griffe le silence au moment de périr
Accompagné du maître, il lui lèche la main   Las ! Les autres autour me ramènent bientôt
Au banal quotidien ; ou je fais un effort
Et invoque un bon mot, poncif ou météo
Tout est bon pour rejoindre la meute, en accord "Je pense donc je suis" : soyons clairs, je m'en fiche
Suivre est pente naturelle, dès la naissance
"Je suis donc je pense" suffit comme pourliche
Pratiquons un truc : en vient vite sa croyance Le cerveau n'est pas fait pour tout appréhender
En fin d'après-midi, nous disons "Sol se couche"
Or nous avons appris Copernic... Galilée...
Le cerveau s'attrape avec du papier tue-mouche Pourquoi être vivant ? Pourquoi devoir s'éteindre ?
Pourquoi tant de pourquoi s'invitent tendrement ?
Caresser l'épouvante, l'angoisse l'étreindre
Puis l'orgasme final : l'absurde est sentiment D'un coup : décès de l'avenir (prémonitoire)
Et univers est à venir ; oui, mon amour
Et unis vers l'ensevelir (régulatoire)
D'un coup d'essai : brouillon d'un éternel retour Dès lors je ne dis rien, rien ne m'est plus à dire
Dans ce cas j'irradie, comme font les étoiles
Qui éclosent au silence et viennent t'offrir
Leurs voix au choeur du vivre, leur voie sidérale

Tequila Moor

Tequila Moor

 

On avale

D'aucuns s'estiment libres de par leur logique,
Leur pensée, leur raison... Pure ou relativisme ?
D'autres ne savent d'où provient leur hédonisme :
Emotions reptiliennes, sentiments limbiques. Mais qui voici ? L'intelligence artificielle
Qui amène rumeur de la mort du bon sens
Ou du cerveau humain, lorsqu'on se dit  « je pense »
Et que ceci ne donne – hélas – rien de réel. Tous ces vils trucs qu'on ose mettre sur YouPorn :
Norme morne de l'apprentissage profond,
Triste licorne de nos données, de nos fions,
Tout ce gai gaspi de nos paquets de pop corn. Ovale, en aval, on avale.
C'est festival :
On n'a pas assez de valises
Pour faire bref, qu'on dévalise
Ou avalise.
Toutes croyances malignes – en fier progrès,
En chère science, en ces histoires malhabiles –
Qu'on invite en nos existences... Tous regrets
De ne pas être des machines, au babil Automatique, à l'artificiel jugement...
D'aucuns veulent prochaine singularité :
L'exécrable événement, est-ce un excrément ?
D'autres veulent rester tranquilles, alités. Las ! Quêter un refuge est fort compréhensible,
Pas plus mauvais calcul que lorgner vers la mort :
Tous deux aident à vivre ou gérer l'indicible,
Sans aider à trépasser – ironie du sort. Ovale, en aval, on avale.
Ne surtout point voir qu'on dévale.
Dans l'intervalle,
Ces couleuvres rivales...
Vaut mieux qu'on les ravale.
Au passé : le soir, avec les soeurs et les frères,
Ça parlait, chantait, voulait le monde refaire.
Certains parmi ceux-ci, actuels dirigeants,
S'avérèrent avec ce monde intransigeants. Au présent, relevons qu'existe ce beau choix,
Se débattre ou accepter. Rappel que l'on choie :
Hâter le court trajet avant notre épilogue ?
Forger nos faire-part en auto-nécrologues ? Au futur, ne reste plus grand-chose : à savoir
Enfin porter l'inintelligence au pouvoir,
Dotée d'une personnalité juridique –
Moins personnalité qu'oracle algorithmique. Ovale, en aval, on avale :
Preuve ? Ces quelques lignes, rimes digital,
Furent écrites par &2x-k@pital.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Cadavres Exquis

[ texte interdit aux moins de 18 ans, mais non pornographique ; ou disons pas vraiment... ]     Poivre-sel, ongle et poil, pour les sauces à la poêle
Salive et langue accompagnées de mangues
Ou cervelle bouillie pour mettre en appétit
Peau marinée, avec sueur citronnée Vos cuisines s'enlisent, la mienne vous stérilise
Cuisine mystique, hérétique ou bien pratique
Ma cuisine expérimente
Les épices et la tourmente Pustules pleines de pus rendent un excellent jus
Anus enivrant farci aux excréments
Pour ragoût de rein, de l'urine du matin
Salade de nez avec morve vinaigrée Vos cuisines bassinent, la mienne vous assassine
Cuisine maniaque, orgiaque, du zodiaque
Ma cuisine vous embellit
Mes invités cadavres exquis Testicules fermes garnis d'un coulis de sperme
Des yeux crevés, noyés dans larmes salées
Avec bile et suif, foie en apéritif
Verge et vagin dégustés sur du pain Vos cuisines végètent, la mienne vous fend la tête
Cuisine gourmande, de votre viande friande
Ma cuisine expérimente
Les latrines et le farniente A réduire dans leur lait, les seins seront vite prêts
Oreilles à apprécier dans miel orangé
Gelée fraîche d'ovaires, crème d'ovules pour dessert
Lymphe et sang, en guise de vins rouges et blancs Vos cuisines brouillonnent, la mienne vous assaisonne
Cuisine létale, animale et cannibale
Ma cuisine vous apprécie
Mes invités cadavres exquis

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Fatwa sur tout

Prends une bonne grenade
Envoie-la dans le vent
C'est très bon les grenades
Plein d'anti-oxydants Les voies de dieu sont mystères
Cadavres par kilos
Entends-tu la prière ?
Entrailles à gogo Fatwa sur toi
Fatwa sur tout... sur toit ?
Fatwa sur toi
Fatwa – force de loi
Comme ça tout à l'envers
Ne me regarde pas
Je ne m'envoie en l'air
Qu'armé d'un coutelas Fatwa sur moi
Fatwa sur tout... sur moye ?
Fatwa sur moi
Fatwa – force de loi
Nos enfants en victoire
Un jour, on bercera
Donc ne soyons pas couards
Etendons la charia Fatwa sur soi
Fatwa sur tout... sur soie ?
Fatwa sur soi
Fatwa – force de loi   Petite parodie de :  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Xénomorphe

Egout, où les égos s’égarent, où grandissent faune et flore de l’asphalte, en berceaux de basalte. Caniveau, où s’éventent secrets et aveux, où se vendent bruits et brisures, où se vante le fait de faire le mur. Impasse de violence, où le silence se rompt quand les pleurs se propagent, impasse en sursis se dissout dans la rage. Peut-on s'y relever fièrement comme une escouade en déploiement, survie menacée par le sombre, et savourer la force hostile du nombre ? En cette rue une fleur de bitume, pour tuer la petite mort, loue son corps pour un rien : rue qui s'éteint d'un rouge qui s'allume. Artère où se dressent des poubelles comme autant de tourelles de Babel, artère de corps incandescents, de cœurs qui espèrent, de cerveaux effervescents. Même les enfants doivent jouer contre le temps, attendre dans l'ombre agile, amasser la fureur pour leurrer les vigiles. À éviter : les boulevards de rêves qui crèvent, d'abcès en cauchemars, d’excès en largage d’amarres. Périphérique où la décadence s'éveille telle une danse acide en sommeil ; périphérique crucifié, périphérique mortifié. Va falloir y trouver la trace de l'instant d'avant, cette éternité si tranquille, afin d'oublier l'amour qui va faiblir. Malgré la cité défiance où l'on chasse une idée nommée volonté, méfiance envers sa propre foi, cité où l'on invective l'envie et l'amitié. Quartier chaud, quartier ghetto, où se fondent tendresse et histoires de fesses, quartier d'anges et de démons, où subsistent frange et sermon. Âpres au gain, certains entraînent leur cuir, dans leurs rondes autour des périls, à joindre les endroits d'où ils pourraient s'enfuir. Pourtant ville d'exil, où chacun s'annihile, où le voisin est île fossile ; ville d'aliénation, ville d'exploitation. Alors errer dans la nuit sans donner un seul cri : rester les yeux ouverts, terminer dans l'éclair. Alors franchir le seuil, ne plus subir le deuil : sortir à l'unisson puis cueillir la passion – fruit d’espoirs, de clins d’oeil et d’aplomb. Alors, Métropolis : que gise le vice !

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Mignonne

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait éclose
De radiations prit une dose
En cause ? Soleil qui implose Mignonne, allons jouir du bleu nuit
Bleu où nulle étoile ne luit
D'éclairage public, produit
Pollution visuelle nuit Mignonne, allons ouïr gazouiller
En forêt, les jeunes couvées
Qui bientôt finiront crevées
De n'avoir nib en leur becquées Mignonne, allons braver la crise
Dans la rue : cloches, mégots gisent
S'y trouvent : méprises, traîtrises
Celles-là : de mèche ou de mise ? Mignonne, allons faire l'amour
Dans la nature ou les labours
Avant que le compte à rebours
De la Terre soit sans retour Mignonne, allons jouer du fouet
Demain n'est plus ce qu'il était
Alors faisons ce qu'il nous plait
Ou pas : le plaisir, c'est surfait Hélas, si  tu me crois, mignonne
Tandis que ton âge fleuronne
Vieillir ou bien devenir conne
Ne sera ton destin aphone

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Je n'est rien à dire

Espoir, le pile d'une pièce dont la face
Est la peur. Espoir ? Si vaine attente du mieux.
La peur ? Si vaine attente du pire. A mes yeux
Voici deux illusions que notre crâne brasse. Nous, tels des pantins ballottés par l'une ou l'autre
Ou même tierce attente, ne devinant guère
Si ce qui nous meut est coup de vent ou pervers
Marionnettiste, fil à la patte ou je nôtre. Quand nos défauts ne sont que configurations
D'un chaos de synapses mariées aux neurones,
Idem de nos qualités : leurs oppositions
Ne sont que relapses. Leurs vérités sont clones. L'erreur ? S'estimer être de par nos croyances,
Fiertés, culpabilités, désirs ou dégoûts :
Toute autre marotte à laquelle prendre goût
Fera autant l’affaire – au fond quelle importance ? Nous, mîmes nés ; dépendants de déterminants
Qui nous dépassent, fixent l'espace et le temps ;
Ce qui nous définit ? L'adaptabilité :
Cerveaux guimauves, interchangeabilité. S'en suivre ? Je n'est rien à dire –
Sans suite : illusion à maudire. Las, n'étant que pages blanches, bien asservies
Par l'écrivain qui nous malmène, nommé Vie,
Qui en ratures se démène, par brouillons
Nous amoindrit : en ces rôles que nous jouions… Jouons… Jouerons… D'essais continuels en thèses
Déchues. Acteurs qui déçoivent – en fin se taisent.
Sans cesse jetés dans l'abîme du néant,
Jamais réels chefs d'oeuvre dont Vie soit content. Amère pensée qui pousse à chercher refuge !
Quand memento mori paralyse à gogo,
Il en est qui préfèrent cultiver l’ego
En projets... Frivolités... "Après eux, déluge"... Mais comment être fiers de ce qui en résulte ?
Comment font ceux qui de leurs petits je exultent ?
Comment donc croire que les produits d'un modus
Operandi soit des personnes ? Un rébus Possède plus de sens que le hasard de naître :
Pourquoi sur ce dernier poser socle de l’être ?
Eclosons – rien ne nous appartient, quand famille,
Patrie, société sont langes qui nous habillent. S'en suivre ? Je n'est rien à dire –
Sans suite : illusion à maudire.
Ce rien dit : conscience où mourir. Nous n'aurions plus droit à cette grâce, immortels :
L'ennui de savoir de quoi est tissé demain,
Fixés infiniment dans nos je éternels,
L'ennui de nous retrouver en tout ce qui vient Serait révélation de notre absence au monde.
Essayant tout : sexe, encéphale, corps changeants...
Et connaissant tout, pris dans le désoeuvrement.
Tous identiques, la conscience moribonde Quand le "moi" enfin, de son rang d'allégorie
Descendant s'incarner dans le marbre et l'ébène,
Se dévoilerait comme nous multiple : aporie.
Ô que science jamais ne nous rende pérennes ! Certes, rien ne sert de dénigrer le futur
Mais tellement peu savent qu'ils ne sont que spectres :
Ils ne voient du progrès que les points de suture,
N'entendent pas qu'il se jouera d'eux comme un plectre. Lors, le pire des maux n'était pas dans la boîte,
L'espoir n'était qu'un leurre et la peur se tient coite :
Cause ? Première personne du singulier
Se croyant déifiée : morgue du séculier. S'en suivre ? Je n'est rien à dire –
Sans suite : illusion à maudire.
100 suifs de chandelle... Applaudir
Ce rien qu'on dit : science, ou mourir.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

[R]évolution

Camarades ! Non à la dictature parentale ! Non aux conseils de classe, ces parodies de démocratie, non aux profiteurs professeurs, ces kapos de l’ordre ancien ! We don’t need no education ! We don’t need no thought control ! Camarades ! On vous ment, on vous spolie ! La lutte des classes n’est pas terminée, la phallocratie rampante impose que les maternelles soient toujours en bas de l’échelle ! De même, les CP se doivent d’être toujours inférieures aux terminales ! Alors ! Nous vous invitons ! À une manifestation ! À la prochaine récréation ! (dringgggggggggggggggggggggg) Camarades ! Attendez, ne partez pas ! Laissez tomber vos jeux, ne tombez pas dans le piège facile de l’abrutissement joyeux ! Oh et puis zut, y’en a marre, pfff...

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Faner

Oui, vous allumez une chétive chandelle. La lumière la rend moins pâle ; elle est si belle
À voir, la nudité soyeuse de son corps ; alanguie, offrant son hâle, elle veut encore. Elle a avoué ce qui fut nôtre
– s'en est laissée déposséder –
Telles bien d'autres. Tout ce que j'aurais voulu être :
Aujourd'hui qu'elle s'est donnée
Je peux renaître. Je ne saurais léguer grand-chose :
Autre qu'une ultime tendresse.
Poème ou prose. Au pire ? Offrir un simple espoir
De la boîte, vieille caresse.
Dire au revoir. Oui, l'univers ne dégage aucune lumière, propre ou sale : elle est falote copie d'hier.
L'univers est ombre de ce qui fut avant, quand ce tout qui est encore était tout enfant. Alors ces amours l'obscurcissent,
Tentent son monde vers le gris
– elle en esquisse – Assombrissent son devenir,
Et se moquent de ce qui suit :
Juste un plaisir Pour tuer ces cancers qui les rongent,
Se resservir de son bonheur.
Simples éponges... Fasse que s'éloigne l'effroi :
Une plongée dans la torpeur
Ornée de foi. Oui, fasse que ce soleil jamais ne renonce, celui que vous portez dedans : votre réponse
Au froid, à l'entropie planant sur son visage, à ses envies de déguerpir du paysage. Que votre quête ne soit vaine :
Entre le marteau et l'enclume,
Enfouir la peine. Que vos larmes tournent au miel,
Les veines vides d'amertume :
Elle, de ciel. Vous serez aussi radiante
Que cette étoile dans ses yeux.    
Resplendissante. Ensuite, couchant sous les trembles :
À y éteindre vos vieux feux,
Enfin ensemble.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Xanith

Arraché au sein maternel :
Soudain, il se fit belle.
Homme ou femme – cible de fiel –
Qui ne put vaincre un gel pluriel. Son existence fut fragile.
Tant, que le rire des séniles
Suffit pour en couper le fil,
Tel un rejet de bile. Le désir fut sa cause :
Soumis à son hypnose,
Elle y plongea sans prendre pause
S'abandonnant à la sclérose. ... quand ce genre de transe
Te prend – tu te sens étrange,
Quand cette transe de genre
Te fend.
L'homme est reparti dans les dunes,
Sa fosse est remplie d'une
Ou d'un autre. Castrats de lune
Androgyne : bis d'infortune. Ses pensées étaient absorbées :
Le mépris les a escortées
De glace, elles en sont restées,
Puis se sont putréfiées. Ces vers, à l'honneur de son corps :
Elle pourrit. Terre dévore.
Rien n'est plus, au dehors,
En dedans s'alanguit la mort. ... quand ce genre de danse
Te rend – tu t'étrangles d'ange,
Quand cette transe de genre
Te fend.

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Aux jours de l'an

On rit
Au dernier jour de l'an
On pleure
Etants équivalents On se confie
On se confise
On se ravit
On se ravise De la gaie poussière d'étoiles
Ou triste poussière qui parle
Mais gaie ou triste, c'est idem
On reste poussière quand même Que on soit mien ou tien ou sien
On est part du décor immonde
Dont la parole ne peut rien
Devant future fin du monde
On vit
Au premier jour de l'an
On meurt
Les doigts gourds, les doigts lents On est un con
Mais qui s'y fit ?
Y'a qu'à, faut qu'on
Et qui s'y fie ? De la gaie poussière d'étoiles
Ou triste poussière qui parle
Mais gaie ou triste, c'est idem
On reste poussière quand même Que on soit biens ou liens ou fiens
On est part du décor immonde
Dont la parole reste en chien
Devant future fin du monde

Tequila Moor

Tequila Moor

 

J'ai tué l'îlotier

J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député, non
J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député
Non, non, non Toute la journée, dans ma cité
L'îlotier me faisait suer
Toujours en train de me demander
Mes papiers
5 ou 6 fois d'affilée
5 ou 6 fois d'affilée   Mais je l'affirme haut et fort ! J'ai tué l'îlotier
Même sans avoir fait de self-défense
J'ai tué l'îlotier
Et il semble que ce soit une grave offense
Oui, oui, oui L'îlotier Jean Marron m’a toujours haï (normal, avec un nom pareil) Pour qui ou pour quoi, je ne sais pas
À chaque fois que je plantais un fruit (ou autre plante qui se fume) Il voulait le tuer avant qu’il ne croisse  
Il voulait nous tuer avant qu’on ne croisse     À lire demain dans le journal ! J'ai tué l'îlotier
Même sans avoir fait de self-défense
J'ai tué l'îlotier
Et il semble que ce soit une grave offense
Oui, oui, oui Un jour la liberté est venue à moi (la saloooooooooooooope) Et j'ai décidé de quitter la ville (rapport à mes plantations) Soudain, je vis brigadier Jean Marron (oui le même, suivez un peu) Me viser pour faire que je mourrons (pour chat) Alors je l'ai tué, tué, tué (oui 3 fois de suite) Si je suis coupable je dois payer (merci captain obvious)   J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député, non
J'ai tué l'îlotier
Mais je n'ai pas tué le député
Non, non, non C'est ainsi, j'ai d'excellents réflexes
Avez-vous aimé ma chanson complexe ?
Chaque jour, doit se remplir le seau
Un jour, on arrive au fond du seau
Pour chercher de l'eau, faut pas faire de sauts
Ça ne veut rien dire, c'est pour les sots
Je n'ai tué ni député ni garde des Sceaux
Lalalalalalala là-haut   Petite parodie de :  

Tequila Moor

Tequila Moor

 

Tout ça pour ça

[ texte non conseillé aux personnes sensibles et aux enfants, car comportant quelques mots crus : vous pouvez donc continuer à lire si, adultes, vous aimez le fantasme de supermarché... ]   Tout ça pour ça ? Trois petits tours et puis s'en va ?
Là tu sors, livide, d'un lit vide, un lit froid.
Sûr que, malin, tu as eu ce que tu voulais
Mais tu pensais que ce serait mieux, attendais Tous les clichés du genre : plaisirs frémissants...
Dans tous les sens, ta salope... Désir ardent...
En fait d'ardeur, t'as surtout eu du rose aux joues
A force de faire floc-floc, mal aux genoux A force de la donner : ta force, ta sève.
Tu en aurais fait des choses pour ta belle Eve.
D'ailleurs vous avez, le catéchisme YouPorn,
Pratiqué mais pourquoi, alors, ces pensées mornes ? Si c'est toujours ainsi, tu comprends mieux tes potes
Qui te disaient souvent que, tu vois, la capote
Empêche MST, réduit les sensations,
Mais surtout, et c'est cool, détruit toute émotion.
Tout ça pour ça ? Trois petits tours et puis s'en va ?
Là tu rhabilles, remaquilles, sans ses bras,
L'image toute faite, essence de ton être,
Qui l'attire, lui ou d'autres, sans rien omettre. Tu avais envie, ou de sa tenue d'Adam
Ou de sa tenue, pas des deux en même temps.
C'était très bien, tous ces papillons dans le ventre,
Ces frissons aux ovaires tapis en ton antre. L'après fut laborieux, et un peu méthodique :
Sans la rigueur de ton dildo, électronique,
Absente était la folie, mais goûts et odeurs
Ont rattrapé un peu toute cette tiédeur. Tu ne sais ce que tu diras à tes copines :
Tu pourrais montrer une photo de sa... mine ?
Si c'est toujours ainsi, vive l'excitation
Vite lassée, bite massée, sans émotion.
Tout ça pour ça ? Trois petits tours et puis s'en va ?
Petit ange, baisse d'un ton, bon débarras !
Il y a beau temps, tu eus certes la part belle,
À tous les coeurs, faisais oublier le réel. Mais maintenant, c'est fini, pour toi plus d'espoir.
C'est bien pourquoi tu coucheras tout seul ce soir,
Oui, pourquoi tu as intérêt à t'habituer :
C'est fini, mon petit amour, t'es destitué. Oubliés tes médiocres trucs de passe-passe
Et oubliés tes excès souvent dégueulasses :
L'exaltation, le désespoir, la jalousie ;
Tes sacrifices, mélancolies, frénésies. Il n'y aura plus que dans ta version filiale
Que l'on t'acceptera : te plains pas, c'est pas mal.
Il te faudra, à la rationalisation,
Te soumettre : te voilà vulgaire émotion.  

Tequila Moor

Tequila Moor

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