![]() | Qui ne dort pas assez, dîne trop...07 décembre 2004 - 22h08 La réduction du temps de sommeil semble stimuler l'appétit et favoriser l'obésité. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs de l'ULB et de l'Université de Chicago. Un nouveau facteur à prendre en compte pour expliquer en partie le fléau? |
Toujours à la recherche de nouveaux facteurs susceptibles d'expliquer l'obésité galopante, des scientifiques viennent de faire une découverte tout à fait passionnante. Menée conjointement par une équipe de l'Université Libre de Bruxelles et des chercheurs de l'Université de Chicago, une étude, publiée ce mardi dans les «Annals of internal medicine», suggère qu'une restriction de la période de sommeil chez des sujets bien-portants est associée à une augmentation de l'appétit.
Au terme des études, il s'est avéré que deux jours de restriction de la période de sommeil à 4 heures par nuit entraînaient une diminution de 18pc des concentrations de leptine (hormone impliquée dans la satiété), une augmentation de 28pc des concentrations de ghreline (peptide qui augmente la prise alimentaire). Les modifications de ces deux hormones sont liées à une augmentation de 24pc de la faim et de l'appétit, plus particulièrement pour des aliments riches en glucides et en graisses (+33 à 45pc), comme les sucres, gâteaux, crèmes glacées, chips, cacahuètes... Il s'agit donc bien d'une augmentation très significative puisque si l'on rapporte ces chiffres à une augmentation de prise calorique, cela correspondrait pour un adulte jeune ayant une activité sédentaire et un besoin calorique quotidien d'environ 2000 à 2400 Kcal, à un excès calorique de plus de 550 Kcal par jour, ce qui induirait une prise de poids conséquente.
Cette étude a permis de démontrer, pour la première fois, qu'une réduction de la période de sommeil provoque, chez des hommes en bonne santé, une élévation des concentrations sanguines d'un peptide stimulant l'appétit, la ghreline, et une diminution simultanée d'une hormone induisant uns sensation de satiété, la leptine. Cette privation partielle de sommeil s'accompagne effectivement d'une augmentation de la faim et de l'appétit, dont l'importance est proportionnelle à l'importance des modifications hormonales.
En accord avec ces études épidémiologiques, les résultats de la présente étude montrent pour la première fois une altération des concentrations sanguines de deux facteurs clé impliqués dans la régulation de l'appétit et suggèrent très vivement que la réduction du temps de sommeil, qui caractérise l'évolution des sociétés industrialisées depuis un demi-siècle, pourrait jouer un rôle déclenchant - ou à tout le moins favorisant - de la véritable épidémie d'obésité, et ses conséquences comme le syndrome métabolique et le diabète, qui frappe les Etats-Unis, et qui arrive en Europe.
Jusqu'ici non reconnu, le sommeil, et plus exactement le manque de sommeil, pourrait à l'avenir être considéré comme nouveau facteur de risque environnemental et comportemental impliqué dans la pathophysiologie de l'obésité, au même titre qu'une alimentation inappropriée ou qu'un manque d'activité physique.
ID
| Source: La libre Belgique |










